Chapitre 11
-Ce que c'est bon d'être chez sois !, s'exclame Derek en poussant la porte de notre appartement.
Je ris légèrement alors qu'il jette nos sacs par terre sans même y prêter attention avant de partir dans la cuisine.
-Derek... Râlai-je.
Il me jette un coup d'œil par-dessus son épaule et je lui montre le sac d'un geste de la tête. Faisant demi-tour, il ramasse le sac et le jette sur le canapé avant de se tourner vers moi et de m'interroger silencieusement du regard : « Es-tu satisfaite ? ». J'arque un sourcil sceptique et il dit :
-Tu attends que je le range, hein ?
-À ton avis.
-À mon avis tu veux que je le vide, que je mette mes affaires au sale et que je le range dans l'armoire.
-Quel garçon intelligent !
-EH bien avant je vais aller boire un coup et pisser. Rétorque-t-il en partant dans la cuisine.
Je souris d'amusement en allant vider mon propre sac. Une fois les affaires misent au sale et le sac rangé, je retourne dans le salon pour m'affaler dans le canapé, à côté du sac de Derek. Mes yeux commencent à se fermer tout seul...
-Casey ?!, appelle Derek.
J'ouvre les yeux alors qu'il s'arrête net face à moi.
-Oh excuses-moi. Dit-il.
-Pas de soucis, que se passe-t-il ?
-Tu as l'air fatigué...
-Je t'écoute Derek.
Il me montre son portable en m'expliquant :
-C'était Jake, il veut qu'on sorte ce soir.
-Tu n'as pas besoin de ma permission pour sortir avec ton pote. Réponds-je.
Il sourit d'amusement.
-Je ne suis pas en train de te demander ta permission, Casey.
-Alors que veux-tu ?
-Savoir si tu veux venir, il y aura Mélanie.
-Où allez-vous ?
-En soirée.
-Chez qui ?
Il grimace :
-Vince. Admet-il.
-Le lourdingue à cause duquel tu as fait croire que l'on était ensemble en premier lieu ?, m'étonné-je.
-Tu dis ça comme si ça avait été une mauvaise chose. Plaisante-t-il.
Je lui souris tendrement en corrigeant :
-Pourquoi veux-tu aller chez ce mec ?
-Je ne veux pas aller chez ce mec, je veux sortir avec mes potes et il se trouve qu'ils veulent aller là-bas.
-Et pourquoi viendrais-je ?
-Mélanie. Répond-il comme une évidence.
-Bien, je viendrais.
-Tu es la meilleure !
-Ouai, je sais.
Je le vois composer un message sur son portable.
-Tu étais obliger de t'habiller comme ça ?, s'enquiert Derek.
Je tourne mon regard vers Derek, le sien est posé sur mes cuisses. Je ris en posant ma main sur sa joue pour pousser sa tête afin qu'il regarde la route.
-Tu as dis : « Bien habillé ». Rappelé-je.
-Justement, « habillé ». Souligne-t-il.
-Tu trouve que je ne suis pas habillé ?
-Je trouve qu'autant que tu y ailles en sous-vêtement, ce serait la même chose.
Je glisse mes mains dans mon dos.
-Que fais-tu ?
-Eh bien j'enlève ma robe.
Il fulmine, je le vois bien, mais je trouve ça hilarant.
-Alors, non ?, insisté-je.
-Non.
-Dooonc ?, encouragé-je.
-Donc cette robe est parfaite. Maugréé-t-il.
-Merci, Derek !, m'exclamais-je en faignant d'être touchée.
Il soupire et dit doucement :
-Tu sais que tu es magnifique.
-Merci, Derek. Murmuré-je.
-Ça m'énerve simplement parce que je sais ce qui va se passer.
-C'est-à-dire ?
-Tout les mecs vont te relooker et je vais devoir leur casser la gueule.
-La dernière fois aussi tu as dis ça, mais tout le monde s'en est sortit. Plaisanté-je.
-J'ai un meilleur self-control que je ne le pensais, mais tu devrais peut-être pas en abuser.
Je retiens un petit rire et je le vois sourire en coin alors qu'il me demande d'un air entendu :
-Ça t'éclate hein ?
-Je ne vois pas de quoi tu parle. Assuré-je innocemment.
-De me voir jaloux.
-Parce que tu es jaloux ?, m'enquiers-je.
-Je le suis. Admet-il à contre cœur.
-Et tu l'avoue, waho, il y a du progrès !, me moqué-je.
Je le vois se renfrogner alors je décide d'arrêter de me moquer et j'assure :
-Tu n'as aucune raison de l'être, c'est promis.
Il acquiesce légèrement.
Lorsque nous passons la porte d'entrée de l'appartement de Vince j'ai une sorte de flashback remontant à la première soirée où j'ai accompagné Derek. En effet, cette même fumé aveuglante, cette même odeur d'alcool mélangé à celle de la cigarette – ou autre aller savoir -, des couples – ou pas – enlacé lubriquement... Bref, exactement le même tableau, ce qui me fait évidemment lever les yeux au ciel. Presque instantanément, Derek attrape ma main et me traîne derrière lui pour m'aider à traverser la pièce. Je vois Mélanie s'approcher de moi qu'au moment où elle saisit mon bras. Je me tourne vers elle, ses lèvres bougent mais je n'entends strictement rien ce que je lui fait comprendre en montrant mes oreilles. Elle rit en faisant signe à Derek qu'elle m'emmène. Dans la cuisine, le son de la musique est légèrement étouffé ce qui me permet d'entendre ce que me dit Mélanie, même si elle doit hurler pour ça. Elle me tend un verre et me demande :
-On va danser ?
Je lui souris en descendant mon verre cul-sec avant de la traîner à mon tour vers la piste de danse improvisée. Au bout d'une demi-heure de danse, Mélanie m'attire à elle pour me demander à l'oreille – en hurlant - :
-Qui c'est cette fille avec Derek ?
J'arque un sourcil d'incompréhension alors qu'elle fait un signe de tête en leur direction. La fille en question est grande, brune, pulpeuse, en mini robe... Le genre de fille qu'on déteste voir autour de notre mac. Je grimace. Ils ne font rien de mal après tout, ils sont simplement en train de parler, un verre à la main. Peut-être un peu – beaucoup - trop près à mon goût. Je me retourne vers Mélanie en haussant les épaules. Pendant le quart d'heure suivant, je ne peux m'empêcher de les surveiller du coin de l'œil malgré les tentatives de Mélanie pour me faire penser à autre chose.
Elle flirt manifestement avec lui, riant comme une pimbêche en lui touchant le bras. Lui ne semble pas réagir mais cela m'énerve simplement parce qu'il reste avec elle.
Le regard de Derek croise le miens et il me sourit, je fais comme si de rien était en répondant à son sourire avant de détourner le regard. Une fraction de seconde plus tard, je sens deux mains se poser sur mes hanches et, en reconnaissant le contact de Derek, je ne peux m'empêcher de sourire en laissant reposer mon dos contre son torse. Il referme ses bras autour de moi en me serrant et dépose ses lèvres sur mon épaule nu. Je me retourne en passant mes bras autour de son cou et lui demande :
-Eh bien, que me vaut cette démonstration d'affection ?
Il sourit d'amusement en plaquant brutalement ses lèvres sur les miennes. Je réponds à son baiser, décontenancée, avant qu'il ne s'écarte:
-Je montre à cette glu que je suis pris. Explique-t-il en montrant vaguement la brune qui nous regarde d'un air atterré.
Waho...
Je sens une bouffé de bien-être m'envahir alors que je me hisse sur la pointe des pieds pour déposer, de nouveau, mes lèvres sur les siennes.
-Bonne réponse. Murmuré-je.
Il sourit d'amusement :
-Étais-tu jalouse ?
-Peut-être légèrement.
-Tu n'as aucune raison de l'être, promis. Dit-il, utilisant mes propres mots avant d'ajouter : Je ne vois que toi.
-Eh bien, que t'arrive-t-il ce soir ?, demandé-je.
-Je t'aime. Répond-il en haussant les épaules.
-Je t'aime aussi.
