Bonjour à tou(te)s !

Je remercie tout d'abord mes super revieweuses ainsi que les lecteurs qui ont fait des ajouts en favoris/alertes. :) Vous êtes toujours plus nombreux à venir lire cette fic' alors merci beaucoup pour cela également, ça me fait super plaisir !

Voici donc enfin le chapitre 11 tant attendu ! Chapitre au cours duquel vous découvrirez si Hermione va ou non, se rendre au rendez-vous avec Drago…

.

RàR anonyme :

MiaGranger : Tu penses qu'Hermione ira au rendez-vous car elle constate que Drago fait des efforts ? Ce serait effectivement une très bonne théorie. Je te laisse prendre connaissance de la « réalité » juste au-dessous ). Et sinon, je te remercie pour tes magnifiques compliments sur ma fic' et mon style qui va encore (grandement) s'améliorer par la suite :). Bref : merci de ta review et j'espère que ce chapitre et les suivants te plairont !

.

Voilà, sans plus de blabla de vous laisse découvrir le chapitre !

Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 11 : Bienvenue en France (Partie 1)

18h45.

.

18H59

.

19H15

.

19H30

« J'y vais. »

.

19H32

« Mauvaise idée. »

.

19H35

« J'y vais et je reste suffisamment longtemps pour lui passer la soufflante de sa vie. »

.

19H40

« Mauvaise idée, il va quand même gagner. »

.

19H41

« C'est décidé, je n'y vais pas. »

.

19H47

« Bon, j'y vais et je ne le laisse pas décrocher un mot. »

.

Il était présentement vingt-heures quinze et Hermione était toujours aussi indécise. Elle ne savait que faire. Y aller ? Ne pas y aller ? Hurler après Malefoy ? Demander des explications ? Les écouter ? Ne pas les écouter ?

Finalement agacée par son propre comportement puéril et hésitant, elle finit par se lever de son lit sur lequel elle était assise depuis une bonne heure et demie, elle saisit son sac à main et transplana.

De toute façon, Malefoy ne l'avait certainement pas attendue tout ce temps. Il n'avait pas mentionné d'horaire dans sa lettre mais elle se doutait bien que si le projet était de se rendre au restaurant, après qu'elle lui ait passé un savon, ce qui pourrait durer un long moment, il avait certainement prévu qu'elle arrive relativement tôt. Cela dit, ça n'avait guère d'importance puisque, dans tous les cas, elle ne se rendrait jamais au restaurant avec Malefoy.

.

Par ailleurs, la Gryffondor ne savait pas vraiment comment elle allait réagir en la présence du Serpentard. Elle n'était plus tout à fait certaine d'être capable de lui hurler dessus. Peut-être allait-elle tout simplement rester plantée devant lui à attendre qu'il parle ou bien peut-être tournerait-elle directement les talons à son approche.

La jeune femme n'eut pas plus le temps de réfléchir à la question puisqu'elle venait d'arriver dans l'une des ruelles du Chemin de Traverse.

.

Hermione s'avança alors d'un pas rapide vers le bar dans lequel Malefoy l'avait emmenée la fois précédente. Elle voulait en finir rapidement avec tout ceci et ne perdit donc aucune seconde supplémentaire. Elle s'était attendue à tout sauf à ce qu'elle vit. C'est à dire Malefoy, vêtu aussi somptueusement que lors de la réception donnée à Poudlard, un air passablement maussade sur le visage et en train de patienter, le dos appuyé contre la façade en pierre de l'établissement.

Devant cette vision presque irréaliste Hermione s'arrêta abruptement si bien que deux ou trois personnes manquèrent de la percuter de plein fouet.

Alerté par le léger vacarme, Malefoy tourna la tête et le regard de la jeune femme rencontra ses prunelles grises. Elle vit rapidement son visage, initialement triste et terne, s'illuminer pour finalement arborer une moue plutôt... joyeuse ?

Cela déstabilisa grandement Hermione, encore plus que la tenue et l'attitude morose qu'avait le jeune homme quelques secondes auparavant. Il semblait réellement… heureux qu'elle soit venue. Face à son comportement si peu habituel, la Gryffondor fut forcée d'envisager la possibilité que les mots écrits dans sa lettre soient sincères.

Elle n'eut toutefois pas le loisir de se plonger plus longuement dans ses pensées puisque Malefoy faisait, à présent, quelques pas dans sa direction. Il s'arrêta à une distance assez raisonnable d'elle, voulant certainement éviter une nouvelle marque rouge sur la précieuse peau pâle de sa joue.

.

- Granger, la salua-t-il.

- Malefoy, répondit Hermione sur le même ton.

- Je suis content que tu n'aies pas brûlé ma lettre et que tu sois venue.

- ...

- Euh tu veux entrer pour discuter ?

- Non.

- Ah... D'accord.

Hermione savait parfaitement qu'ils étaient en plein milieu de la rue et que tout le monde pouvait les entendre mais elle s'en fichait. En plus, Malefoy paraissait mal à l'aise et cela la ravissait.

Présentement, le blond semblait attendre qu'elle dise quelque chose. Sans doute pensait-il qu'elle se mettrait à lui hurler dessus, à peine aurait-elle posé les yeux sur lui. Bien qu'elle sut qu'elle aurait dû exprimer son mécontentement, la jeune femme n'arrivait tout bonnement pas à décrocher un mot. Trop de choses se mêlaient dans son esprit et elle ne parvenait pas à y faire le tri.

- Tu vas me crier dessus, Granger ? Parce que, tu sais, je peux tout entendre...

- ...

- Granger ?

- ...

- Eh oh, Granger ? Ça va ?

- Ouais, ouais.

- T'es bizarre.

- Je ne sais vraiment pas ce que je fous ici.

Le blond accusa le coup mais reprit toutefois :

- Tu veux rentrer chez toi ?

- Non.

Elle n'osait imaginer son embarra face à une Molly Weasley qui lui demanderait pourquoi elle était rentrée si tôt, l'air hagard et incapable d'expliquer quoique ce soit alors qu'elle était supposée passer une banale soirée entre filles.

Sa réponse dut donner de l'espoir au Serpentard puisqu'il lui demanda si elle avait faim.

Hermione savait pertinemment ce qu'il sous-entendait mais ne put retenir le grondement de son estomac qui se manifesta à cet instant. Elle répondit donc d'une petite voix, en faisant bien attention de ne pas croiser le regard du blond :

- Un peu.

C'était un euphémisme. Elle était affamée et ce depuis qu'elle avait envisagé la possibilité de demander à Molly de lui préparer son fameux pâté en croûte.

.

- Tu me suis ?

- On va où ?

- Tu verras.

Hermione ne sut jamais comment elle se retrouva à consentir. C'était comme si son corps s'était détaché de son esprit et agissait tout seul, sans tenir compte des remarques que ce dernier pouvait faire. Elle s'était pourtant convaincue des heures durant que si elle acceptait de venir voir le Serpentard, se serait pour lui passer la soufflante du siècle et rien d'autre. Seulement voilà qu'elle venait d'accepter son invitation à dîner et qu'elle n'avait même pas élevé la voix, ni même rien dit qui pouvait, de près ou de loin, ressembler à un début de reproche.

Son comportement semblait également perturber Malefoy qui s'était, semblerait-il, attendu à tout sauf à ce qu'elle accède à sa requête. Il ne paraissait pas vraiment à l'aise et Hermione se sentit momentanément mieux. Si Malefoy n'avait rien prévu pour leur soirée, elle ne manquerait pas de lui faire remarquer qu'il ne tenait pas sa parole et cela créerait, immanquablement, une nouvelle dispute dans laquelle il pourrait, une nouvelle fois, tenir le rôle du « méchant ».

Son contentement ne dura qu'un temps puisqu'après avoir consulté sa montre, le jeune homme reprit la parole.

- On a raté le Portoloin, l'heure est passée. Il va donc falloir transplaner.

« Et merde ! » fut la première pensée qui vint dans l'esprit d'Hermione. Il avait vraiment des plans pour la soirée ! Bien qu'elle se soit félicitée pendant quelques secondes pour les avoir fait capoter en arrivant relativement tard, elle perdit toutefois bien vite son sourire. Ils allaient devoir transplaner et elle allait devoir le toucher.

Cependant, et elle ne sut une nouvelle fois comment, son corps se mit à réagir tout seul et elle se sentit, tout simplement saisir le bras du blond, sans opposer aucune résistance.

.

Le transplanage lui fit comme un électrochoc à peine furent-ils arrivés qu'Hermione se détacha vivement de Malefoy. La première chose qu'elle ressentit fut une nette hausse de la température. Ils étaient dans une ruelle plutôt sombre, qui aurait pu s'apparenter à n'importe laquelle de Londres, mais il faisait nettement plus chaud ici que là d'où ils venaient. Ils semblaient, de plus, avoir fait un bon dans le temps car le soleil était presque couché.

- Où est ce qu'on est, Malefoy ? l'interrogea Hermione, un peu inquiète.

- Détends-toi, Granger ! ricana-t-il.

- Je suis parfaitement détendue, je veux juste savoir où je suis ! répliqua-t-elle en tentant de contrôler les tremblements de sa voix.

- Bien sûr, railla le Serpentard, absolument pas convaincu.

La case « énervement contre Malefoy » semblait s'être réenclenchée dans son esprit et Hermione s'apprêtait à lui faire savoir ce qu'elle pensait de ces commentaires à deux Noises lorsqu'il reprit la parole.

- Nous sommes en France, Granger.

- En… France ? balbutia la jeune femme.

Cela expliquait le rehaussement de la température et le ciel plus assombri qu'à Londres puisqu'ici, il ne devait pas être loin de vingt-et-une heures trente.

- Oui.

- Pourquoi sommes-nous en France ?

- Tu ne veux pas arrêter deux secondes avec tes questions chiantes ?

- Non.

- ...

- Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- Tu sais, Granger, il ne fallait pas accepter si tu ne voulais pas venir !

- Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais c'était, de toute évidence, une erreur.

Cette petite phrase eut un effet immédiat puisque Hermione vit le dos du blond, qui se tenait face à elle, se contracter instantanément avant qu'il ne se tourne vers elle.

- Bon écoute, Granger, je ne sais pas pourquoi tu as accepté de venir mais tu es là et je suis prêt à écouter tous les reproches que tu as à me faire. Je vais même t'offrir un repas, alors tu devrais en profiter.

Hermione ne répondit rien mais se renfrogna. Malefoy venait de la mettre au pied du mur et elle ne trouvait plus vraiment d'arguments à lui opposer. Parce qu'il était vrai que pouvoir faire tous les reproches possibles et inimaginables au Serpentard sans qu'il ne dise rien tout en dînant à ses frais et en plus en France était vraiment très tentant. Elle allait accepter lorsqu'elle ressentit un pincement au cœur tandis qu'une bouffée de culpabilité s'insinuait sournoisement en elle. Que penserait Ron s'il la voyait en ce moment même alors qu'elle s'apprêtait à aller dîner avec Malefoy ?

Non ! Elle ne devait pas penser à Ron. Elle devait plutôt se concentrer sur la colère que lui inspirait le blond et la lui faire subir. Cela lui ferait certainement du bien de se défouler et on ne pouvait pas dire que Ron aurait été contre le fait qu'elle passe ses nerfs sur son ennemi de toujours. Forte de cette résolution, elle foudroya le Serpentard du regard et lui répondit avec tout le mépris dont elle était capable :

- Ok, Malefoy. Allons-y.

OoOoOoO

- On va encore marcher longtemps ?

- Non.

- Pourquoi, par Merlin, est ce que tu nous as fait transplaner si loin ?!

- Je te l'ai dit, nous aurions dû arriver par Portoloin dans une zone où des sortilèges de Repousse Moldu ont été mis en place. Mais comme je ne savais pas où elle se trouvait j'ai transplané dans un endroit où j'étais certain qu'il n'y aurait personne.

- Les sortilèges de Désillusion, ça existe aussi…

- ... Tu aurais aussi pu venir plus tôt, Granger.

- Tu préfères que je reparte, Malefoy ?! l'agressa la jeune femme en faisant mine de tourner les talons.

- Non, c'est bon. Allez, viens, nous y sommes presque, capitula-t-il finalement.

.

Hermione ne savait pas dans quelle ville Malefoy l'avait emmenée mais elle la trouvait magnifique. Ils avaient marché pendant plusieurs minutes durant lesquelles elle avait pu apprécier les petites rues marchandes et pavées de pierre. Lorsqu'ils s'étaient éloignés du centre ils étaient passés en dessous d'un large rempart, également en pierre, qui semblait faire le tour de la petite ville. Ville qui lui apparaissait finalement nettement plus grande qu'elle ne l'avait tout d'abord imaginée. La jeune femme se rendit surtout compte que Malefoy l'avait fait transplaner dans une ville côtière lorsqu'elle avisa, peu de temps après, la mer - ou l'océan - s'étendre à perte de vue devant elle. Elle aurait aimé s'arrêter un instant afin d'admirer le magnifique reflet du coucher de soleil sur l'eau, mais le blond n'y semblait définitivement pas aussi sensible qu'elle et ne ralentit même pas l'allure. Il marchait devant et ne se retournait que de temps à autres pour vérifier qu'elle était toujours là. Au bout d'un moment, ils parvinrent en vue d'une magnifique plage. Plage dont le Serpentard prit la direction, à la surprise d'Hermione. Elle ne savait vraiment pas à quoi il jouait et lui demanda alors s'ils allaient rapidement arriver à destination. Elle n'avait pas particulièrement mal aux pieds ou quoique ce soit d'autre mais elle était un peu angoissée par cette soirée et ne pas savoir ce qui l'attendait renforçait son mal-être.

Un restaurant se dressa magiquement devant eux après qu'ils aient marché quelques temps aux abords de la plage et Hermione comprit qu'il s'agissait de l'établissement choisi par le Serpentard.

.

Malefoy ne s'était vraiment pas moqué d'elle sur ce coup-là. L'emplacement était tout simplement paradisiaque et elle se demandait si elle n'avait jamais vu un endroit aussi beau. Le restaurant était fait de grandes baies vitrées ce qui permettait d'apprécier la vue sur la mer, et n'était supporté que par de grandes colonnes en bois flotté. Une petite allée menait à la porte d'entrée et était bordée de magnifiques plantes en tout genre. Le toit du restaurant n'en était pas un puisqu'il s'agissait d'une large terrasse, également faite de bois, sur laquelle des tables et des chaises étaient éparpillées. Rien qu'en avisant la façade, Hermione comprit que cet endroit était très chic et raffiné et elle regretta aussitôt de ne pas s'être plus élégamment vêtue. Elle ne portait qu'un jean, un chemisier, une veste et des chaussures plates, le tout étant assez banal. Elle se félicita toutefois de n'être vêtue que de noir puisque cela donnait à l'ensemble une légère note de sophistication. Ce qui ne l'empêchait néanmoins pas de faire pâle figure à côté de Malefoy qui était, en cet instant, le symbole même du raffinement.

Ce salopard aurait quand même pu la prévenir que son foutu restaurant était aussi guindé ! Une petite voix raisonna à son esprit, lui affirmant que même s'il avait fait mention de ce point, elle n'aurait sûrement fait aucun effort supplémentaire, puisqu'aller au restaurant avec lui n'avait tout simplement pas été dans ses projets.

Maugréant contre elle-même, la jeune femme tenta cependant de lisser les plis de son chemisier et de son blazer, allant jusqu'à ôter l'élastique qui retenait ses cheveux afin de les laisser glisser librement sur ses épaules. Heureusement pour elle, Hermione avait travaillé ce matin-là et était donc légèrement maquillée.

.

De son côté, même s'il remarqua son comportement, Malefoy ne pipa mot. Il marchait toujours devant et s'approchait irrémédiablement de la porte d'entrée du restaurant.

Il la lui tint ouverte et Hermione hésita quelques secondes avant de finalement pénétrer à l'intérieur. Des dizaines de senteurs exquises vinrent lui titiller les narines et son appétit se raviva immédiatement.

Elle sentit Malefoy se placer derrière elle tandis qu'un serveur venait à leur rencontre. Comme la fois précédente au bar, ce dernier reconnut immédiatement le Serpentard et les enjoignit de le suivre.

Cependant, Malefoy l'arrêta rapidement et lui glissa quelques mots que la jeune femme ne parvint pas à entendre. Le serveur avait dû en saisir le sens puisqu'il acquiesça et changea de direction. Tous trois traversèrent le restaurant alors que des regards se tournaient parfois vers eux. Hermione constata qu'il s'agissait surtout de femmes qui regardaient alternativement Malefoy, comme s'il était un dieu descendu sur Terre, puis elle-même, comme s'il s'agissait d'une crasse collée sur leur chaussure.

Ils arrivèrent finalement dans un coin assez reculé du restaurant et le serveur leur désigna une table isolée. Malefoy avait dû vouloir s'assurer que si elle lui faisait une scène, ils ne se retrouveraient pas au milieu des autres clients et Hermione ressentit instantanément une pointe d'agacement. Elle savait se tenir en public tout de même ! Quoique...

.

Les deux sorciers restèrent debout quelques secondes sans bouger après que le serveur soit reparti. Ni l'un ni l'autre ne semblait vouloir - ou pouvoir - faire le moindre geste. Finalement, Malefoy s'avança vers la chaise qui se trouvait devant Hermione et la lui tira afin qu'elle prenne place. La jeune femme, tout d'abord assez surprise par son geste, se reprit bien vite et le regarda droit dans les yeux avant de faire le tour et de s'asseoir sur l'autre chaise.

Elle entendit Malefoy soupirer d'agacement mais ne releva pas. Elle s'assit plutôt avec toute la dignité dont elle était capable et commença à détailler son environnement. Sa première impression s'était confirmée, ils se trouvaient bien dans l'un des endroits les plus chics qu'il lui avait été donné de voir.

Le mobilier était foncé et sobre mais très luxueux et elle était actuellement assise sur l'une des chaises les plus confortables qu'elle n'ait jamais testée. Une composition florale dans les tons de rouge et blanc avait été déposée au centre de leur table et dégageait une si bonne odeur qu'Hermione se demandait si elle n'avait pas été enchantée. Une douce mélodie envahissait la pièce, ce qui rendait l'ambiance très apaisante. La jeune femme songea que tout aurait été parfait si seulement Malefoy n'avait pas été assis en face d'elle. Après tout, qui d'autre que lui avait les moyens de se payer un repas dans un endroit pareil ? Et qui appréciait autant mettre en évidence l'argent qu'il possédait...

- Tu sais, Malefoy, ce n'est certainement pas en faisant étalage de tes richesses que je vais te pardonner quoique ce soit, annonça-t-elle sur un ton faussement dégagé.

Le jeune homme, qui s'était assis à son tour, eut un petit rire et secoua la tête.

- Je ne fais étalage de rien du tout, Granger et si tu voyais l'état de mon coffre à Gringotts, tu ne penserais pas cela.

- Toi, pauvre ? Laisse-moi rire.

- Ce n'est pas drôle, Granger ! s'agaça-t-il intensément.

Malefoy était-il aussi fauché qu'il le laissait entendre ? Et, si oui, pourquoi l'avait-il invité dans cet endroit ? Peu importait, elle s'en fichait pas mal.

- Ok, ok, Malefoy. Eh bien, tu sais quoi, je vais adorer commander les plats les plus coûteux que je trouverai sur le menu.

Le Serpentard soupira une nouvelle fois et Hermione nota qu'il semblait énormément lui en coûter de ne rien répondre. Ses yeux, en revanche, lançaient des éclairs qui lui firent clairement comprendre le fond de sa pensée et la Gryffondor songea que, finalement, elle allait peut-être finir par apprécier la soirée. Elle comptait bien pousser le Serpentard à bout pour voir jusqu'où il était capable d'aller sans lui cracher son habituel venin.

.

Le serveur revint rapidement vers eux avec les menus. Hermione ouvrit le sien et faillit tomber de sa chaise en avisant les prix affichés à côté des différents plats. Malefoy ne devait certainement pas être si fauché que cela s'il pouvait s'offrir au moins l'un d'eux. Elle reporta son attention sur les propositions et son estomac gronda de contentement. Tout semblait délicieux et elle ne savait pas quoi choisir. Finalement, elle s'en tint à la remarque qu'elle avait faite au blond et s'amusa à commander ce qui était le plus cher sur la carte. C'est ainsi qu'elle se retrouva à annoncer au serveur qu'elle prendrait, en entrée, une assiette de foie gras qui, il le lui avait confirmé, était particulièrement exceptionnel, suivi d'un filet de lotte à la sauce vanillée et de ses petits légumes croquants puis d'un « dessert du chef ». Le tout, accompagné d'un verre de vin blanc qui, à lui seul, lui aurait demandé de vider une petite partie de son coffre-fort de Gringotts.

Après avoir passé sa commande, elle nota que Malefoy avait l'air d'avoir avaler une boîte entière de gnomes au poivre et ne put retenir un petit rire moqueur.

Le serveur repartit quelques secondes puis réapparu avec le verre de vin de la jeune femme et un autre, de ce qui semblait être du Whisky Pur Feu, pour Malefoy. Celui-ci en but d'ailleurs une longue gorgée juste après qu'il eut été déposé devant lui.

.

- Tu sais, Granger, je crois que le Choixpeau s'est trompé quand il t'a envoyée à Gryffondor. Tu as, apparemment toutes les qualités requises pour être une Serpentard, commenta le blond d'un ton morne, après avoir avalé une nouvelle gorgée de whisky en faisant référence au comportement revanchard de la jeune femme.

- Garde tes remarques pour toi, s'il-te-plaît. Je ne suis pas venue ici pour me faire insulter, rétorqua-t-elle, sarcastique.

Le Serpentard ne répondit rien mais Hermione sentait qu'elle le poussait, de plus en plus, à bout. Il fallait qu'elle enfonce le clou.

- Alors, qu'as-tu à me dire ? fit-elle mine de s'impatienter.

- Pardon ?!

- Eh bien oui, pour t'excuser de ton comportement abject de l'autre jour.

- Tu as lu la lettre, tu le sais très bien, répliqua-t-il, agacé.

- Oh pitié ! Tu ne vas pas me demander de me remémorer ce torchon ?! Parce que, franchement, c'était tellement mauvais et ça sonnait tellement faux que je n'ai absolument pas envie de me souvenir de cette… chose.

Malefoy serra les poings tellement forts qu'Hermione entendit craquer les jointures de ses doigts. Elle s'en fichait toutefois complètement de lui faire perdre son sang-froid. Ou plutôt, si, elle en avait quelque chose à faire puisque c'était l'objectif qu'elle s'était fixée. Elle voulait lui faire autant de mal qu'il lui en avait fait.

- D'ailleurs, je me suis même demandée si tu ne l'avais pas faite écrire par ton fils. Bon, il faut avouer que même pour un gamin de onze ans cela ne serait pas fameux, mais c'est ton fils après tout… On ne peut pas trop lui en demander.

Tout se passa ensuite très vite. Malefoy se leva, les yeux comme fous et il lui hurla dessus :

- JE SAIS MÊME PAS POURQUOI J'ESSAYE DE FAIRE DES EFFORTS AVEC TOI, GRANGER. TU N'ES QU'UNE PETITE CONNE ! ET, CETTE FOIS-CI, JE PENSE RÉELLEMENT CE QUE JE DIS ! T'EN PRENDRE À MON FILS ÉTAIT PETIT, GRANGER, TRÈS PETIT, MÊME POUR TOI ET JE PEUX TE JURER QUE SI JAMAIS TU REPARLES UNE SEULE FOIS DE LUI EN CES TERMES, TU T'EN SOUVIENDRAS !

Puis il tourna les talons.

.

La jeune femme, restée assise, était totalement hébétée. C'est vrai qu'elle avait cherché le blond mais elle ne pensait pas qu'il s'énerverait si vite et surtout qu'il se mettrait dans une telle rage. Il lui semblait qu'elle ne l'avait jamais vu comme cela. Le pire était que les mots qu'elle venait de prononcer avaient réellement dû le blesser car un voile de tristesse avait traversé ses yeux quelques secondes avant qu'il ne se mettent à lui aboyer dessus.

Froisser les sentiments de Malefoy semblait cependant lui avoir redonner sa bonne humeur et quand le serveur apporta les entrées, Hermione se jeta sur la sienne sans attendre. Malefoy n'était pas revenu et ne reviendrais sûrement pas mais elle s'en fichait. Enfin, elle aurait aimé qu'il revienne juste pour payer, parce qu'en son absence, elle se doutait bien que ce serait à elle qu'on demanderait de régler la note. Elle trouverait bien une solution à ce moment-là et, en attendant, elle n'allait certainement pas se priver de goûter à ce fameux foie gras.

}{

De son côté, Drago était monté directement sur la terrasse. Granger l'avait mis dans une rage telle n'avait tout simplement plus répondu de lui-même. Une fois à l'air libre, il ferma les yeux quelques secondes et inspira. L'odeur iodée ainsi que les embruns rejetés par l'océan eurent un effet apaisant sur lui et il s'assit sur l'un des fauteuils d'extérieurs disposés face à l'étendue sombre.

Une fois sa colère quelque peu retombée, la tristesse s'empara de lui. Il avait vraiment tout tenté avec la jeune femme mais elle semblait être tout bonnement hors de contrôle quand il se trouvait dans les parages. Il savait bien qu'il l'avait profondément blessée, deux jours auparavant, mais ses propos à elle n'étaient guère mieux et, surtout, il ne l'avait jamais vu aussi virulente. Son objectif semblait être de le faire souffrir le plus possible. Bien sûr, au début, il n'avait pas vraiment compris pourquoi elle avait accepté de l'accompagner ici et avait naïvement pensé qu'elle allait lui laisser une véritable chance de se racheter. Maintenant, tout lui semblait plus clair. Il était évident qu'elle était venue dans le seul but de lui faire payer son attitude, au sens propre comme au sens figuré et il lui en voulait terriblement.

Il s'en voulait surtout à lui-même pour avoir été aussi stupide et s'être rabaissé devant une... une Née-Moldue insupportable, égoïste, belliqueuse et peste au possible. Ah ça oui, il ne lui avait certainement pas menti en lui affirmant qu'elle aurait fait une très bonne Serpentard !

Dire qu'il avait été heureux - oui heureux ! - de la voir arriver un peu plus tôt au rendez-vous. Parce qu'il avait pensé que si elle était venue c'était dans le but de, bien évidemment, lui passer un sacré savon mais aussi de rétablir les quelques liens qui avaient pu se créer entre eux auparavant. Seulement, à présent qu'il avait été témoin de son comportement, il était persuadé du contraire.

Il ne voulait pas redescendre pour la voir mais il ne voulait pas, non plus, rentrer chez lui, où il devrait subir l'inquisition de son fils qui ne manquerait pas de remarquer l'état dans lequel il était. Il décida donc de rester encore un peu là, à contempler l'océan, le temps que sa colère retombe totalement.

}{

Quelques mètres au-dessous, Hermione venait de terminer son entrée. Malheureusement pour elle, son estomac la faisait toujours souffrir mais certainement pas pour les mêmes raisons qu'auparavant. A présent, elle avait plutôt l'impression d'avoir une énorme pierre à la place et avait même eu des difficultés à terminer son assiette. Après avoir jubilé pendant cinq minutes pour avoir réussi à faire enrager Malefoy, elle s'était soudainement sentit très mal à l'aise. Elle ne se reconnaissait décidément plus du tout et son comportement violent et médisant lui faisait peur. Encore une fois, il lui semblait qu'elle était devenue une version beaucoup plus sombre d'elle-même et elle ne le supportait pas. Qu'elle insulte Malefoy était une chose, mais qu'elle s'en prenne à un enfant qu'elle ne connaissait même pas en était une autre et ce même s'il s'agissait du fils du Serpentard. De plus, de ce que ce dernier lui en avait dit, le fameux Scorpius ne lui ressemblait absolument pas et était un enfant très gentil. Après tout, n'était-ce pas lui qui avait convaincu son père de s'excuser auprès d'elle la première fois ?

La jeune femme se sentait complètement perdue et elle ne savait plus quoi faire. Pourquoi, par Merlin, fallait-il qu'elle ait accepté de venir ici ?! Malefoy semblait, en plus, réellement enclin à faire des efforts, pour une fois et elle devait avouer que même si les propos du blond avaient été on ne peut plus déplacés, son contact lui manquait. Parfois. Bien sûr, s'avouer ceci faisait naître de la culpabilité vis-à-vis de Ron mais elle se sentait encore plus coupable du comportement qu'elle avait eu, quelques minutes, plus tôt avec Malefoy.

Hermione se pencha en avant et passa une main devant ses yeux comme pour effacer tous ses soucis. Évidemment, cela n'eut pas l'effet escompté. Elle attrapa alors le verre de whisky que le Serpentard avait laissé et le termina cul-sec. N'étant absolument pas une habituée de l'alcool, elle se mit à tousser fortement lorsque le liquide coula dans sa gorge, lui faisant l'effet d'une brûlure. Cela eut au moins pour avantage de la secouer et de la sortir de sa torpeur. Elle avait été tout bonnement odieuse avec Malefoy et il fallait qu'elle s'excuse. Elle s'en fichait pas mal de se faire rembarrer mais elle se devait à elle-même d'aller lui dire qu'elle était désolée. Elle haïssait viscéralement la personne aigrie que la mort de Ron et Rose l'avait fait devenir.

Ce fut donc sa bonne résolution en tête que la Gryffondor se leva de sa chaise et partit à la recherche de Malefoy. Elle parcourut le restaurant dans tous les sens et se rendit même dans les toilettes pour hommes mais dut se rendre à l'évidence, le Serpentard n'était plus là. Leur serveur, qui lui lançait des regards soupçonneux depuis l'accueil, finit par la rejoindre et lui demander s'il pouvait l'aider.

- Je cherche euh... le monsieur avec lequel je suis venue, l'avez-vous vu ? demanda Hermione en français.

Elle se félicitait d'avoir passé quelques vacances dans ce pays, étant plus jeune, ce qui lui avait appris à maîtriser un minimum la langue.

- La dernière fois que je l'ai vu, il se rendait sur la terrasse, répondit le serveur, le regard de plus en plus suspicieux.

- Ah ! Très bien, merci !

Hermione espérait qu'il ne soit pas parti et s'apprêtait à monter les marches quand elle se retourna vers le serveur :

- Pourriez-vous ne pas débarrasser nos assiettes, s'il-vous-plaît ?

- Bien sûr, Madame.

Elle ne fit aucun commentaire sur le « Madame » et s'empressa plutôt de gravir l'escalier le plus rapidement possible.

.

Heureusement pour elle, la Gryffondor trouva Malefoy assis de dos sur un fauteuil moelleux en train d'observer le va-et-vient des vagues. De petites boules lumineuses volaient à des points stratégiques de la terrasse ce qui lui permettait de voir correctement son environnement et de se diriger aisément sans toutefois avoir l'impression d'être en plein jour. Cependant, le Serpentard c'était assis dans le coin le plus sombre et il était plus complexe pour elle d'appréhender l'état d'esprit dans lequel il se trouvait. Elle se sentit soudainement mal à l'aise, ne sachant pas vraiment comment entamer la conversation. Elle décida finalement d'annoncer sa présence en se raclant légèrement la gorge. Malefoy tourna vaguement la tête vers elle avant de reporter son regard sur l'océan. Il avait, cependant, gardé suffisamment longtemps les yeux sur elle pour qu'Hermione aperçoive son regard et surtout la tristesse qui l'avait investi. Même plus que de la tristesse, il y avait du désespoir dans ses prunelles. Désespoir qu'elle ne lui avait jamais vu, lui qui était toujours si sûr de lui.

Se sentant à présent totalement désemparée, la sorcière sentit ses jambes la porter d'elle-même vers l'un des fauteuils voisins à celui du blond et s'y assit. Ce dernier ne tourna pas la tête vers elle mais sa voix s'éleva dans l'obscurité :

- Si tu viens pour insulter mon fils ou moi-même tu peux repartir.

Son ton morne fit comprendre à Hermione qu'il était réellement las de tout ceci et son mal-être grandit en conséquence. Cela ne lui ressemblait vraiment pas d'avoir des propos d'une telle méchanceté que même Malefoy en était à ce point touché.

Il fallait qu'elle réagisse et vite.

.

- Écoute, Malefoy, je... je suis vraiment désolée de ce que j'ai dit. Je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris, ce soir, s'excusa-t-elle d'une toute petite voix.

- Tu voulais me faire payer, c'est tout. Pas besoin d'épiloguer là-dessus, Granger.

Il avait tourné la tête vers elle et Hermione put lire de la déception dans son regard. Assez étonnement, le fait qu'elle puisse décevoir Malefoy l'ébranla et lui mit un coup au moral. Sans doute parce qu'il était, dans son entourage, l'une des personnes qui en attendait le moins d'elle. Et surtout, l'une des personnes les moins atteignables qu'elle connaissait. Parce que si elle était capable de même décevoir le Serpentard elle ne voulait même pas imaginer ce qu'il en était des personnes proches d'elle telles que Molly ou Ginny, par exemple.

Le fait de pouvoir décevoir Malefoy lui fit alors prendre conscience qu'il fallait vraiment qu'elle se reprenne en main, dès maintenant, si elle ne voulait pas finir si aigrie et venimeuse que personne ne voudrait plus jamais l'approcher.

- Oui, c'est vrai que je voulais te faire payer, avoua-t-elle. Mais ça n'excuse en aucun cas mon comportement. Je n'aurais jamais dû mentionner ton fils et surtout pas dans ces conditions. Je te promets que ça ne se reproduira plus.

- ...

- Je suis désolée.

- Hum, grogna le blond.

Son regard c'était une nouvelle fois perdu à l'horizon et il ne semblait pas l'écouter.

- Malefoy ? l'appela-t-elle doucement.

Il ne répondit pas et elle tendit la main vers son bras. Lorsque leur peau entra en contact, une brûlure maintenant familière se fit ressentir. Ceci de toute évidence des deux côtés puisque le blond s'écarta vivement de sa main et se leva.

- Ne me touche pas !

Hermione accusa le coup, se sentit peinée et baissa les yeux.

- De toute façon, ça ne sert à rien, tout ça ! reprit Malefoy, en faisant un geste vague de la main, désignant la situation en elle-même.

Sa mauvaise humeur était visiblement revenue comme un hippogriffe au galop et Hermione tenta de rester la plus calme possible.

- Et pourquoi cela ?

- Parce que, de toute façon, ça ne changera jamais !

- Qu'est ce qui ne changera jamais ?

- Rien, laisse tomber.

- Malefoy, explique-moi, tenta de l'amadouer maladroitement Hermione.

Le silence s'installa et elle crut qu'il ne dirait rien de plus, lorsqu'il reprit finalement la parole.

- Tu ne me verras toujours que comme un Mangemort et surtout un complice dans le meurtre de ta famille, exposa-t-il d'une voix grave.

- Non, répondit-elle simplement.

La réponse était sortie toute seule de sa bouche et elle n'avait pas pu la contrôler. C'est certainement cela qui fit comprendre à la jeune femme que c'était ce qu'elle pensait véritablement. Avouer haut et fort qu'elle ne considérait pas Malefoy comme un complice sembla ôter un poids énorme de ses épaules mais sa culpabilité vis-à-vis de Ron et Rose augmenta de façon paradoxale. Elle enfouit cependant bien vite ce sentiment dans un coin de son esprit. Pour l'instant, il fallait qu'elle arrange les choses avec Malefoy.

- Qu-quoi ? bredouilla-t-il, visiblement très confus.

- Non, je ne te crois pas complice de leur meurtre et je ne t'ai jamais considéré réellement comme un Mangemort.

- Pardon ?! répéta le blond totalement désemparé à présent.

- Je sais que tu n'es pas comme eux, répondit simplement la jeune femme d'une voix douce.

.

Ce qui était purement et simplement la vérité. Même à l'époque de leur sixième année, durant laquelle il avait eu pour mission de tuer Dumbledore, Harry, Ron et elle n'avait jamais réellement pensé que Malefoy était un Mangemort. Enfin sauf Harry, pendant un certain temps, mais il était vite revenu sur sa conviction. D'ailleurs, n'était-ce pas pour cela qu'il avait accepté de témoigner en sa faveur lors du procès de Malefoy et de sa mère ? Il avait affirmé devant le Magenmagot que, bien que l'occasion eut été offerte aux deux de le tuer et de le livrer à Voldemort, aucun ne l'avait fait. Ce qui prouvait sans nul doute qu'ils avaient été enrôlés contre leur gré. Bien sûr, après la mort de Ron et Rose, Harry était rapidement revenu sur ses positions. Enfin, après que Malefoy, sa mère et le fils de ce dernier eurent été soumis au Veritaserum, il avait bien dû reconnaître s'être une nouvelle fois trompé sur leur compte. Seuls Hermione et les Weasley avaient continué de croire en la culpabilité des trois Malefoy car cela leur permettait d'avoir quelque chose à quoi se raccrocher.

Admettre finalement l'innocence de Malefoy dans cette affaire faisait se rendre compte à Hermione qu'elle avait été très dure avec le jeune homme. Elle ne le connaissait pas très bien mais elle doutait qu'il devait se sentir mal à l'aise par rapport à toute cette situation. D'ailleurs, ils avaient déjà eu cette conversation et elle savait la culpabilité qu'il pouvait éprouver vis-à-vis de son fils. Elle avait également appris à connaître un autre Malefoy, que celui de Poudlard et à, en quelque sorte, l'apprécier. Même s'il lui avait dit des horreurs, il était clair qu'elle avait également son lot de responsabilités dans cette histoire. Elle allait lui faire part de ses pensées quand il s'approcha brusquement d'elle en lui mettant son avant-bras gauche, dénudé, sous le nez.

.

- Regarde ça et ose me dire ensuite que tu ne me crois ni coupable, ni Mangemort, lança-t-il.

Ses yeux étaient fous et Hermione baissa timidement le regard sur la zone de peau pâle qui s'étendait au-dessous. Son avant-bras, long et fin, était barré d'une immense cicatrice qui lui fit froid dans le dos. La balafre était légèrement rosée, comme si elle venait d'être faite et Hermione comprit que le jeune homme avait dû tenter d'effacer la Marque des Ténèbres de toutes les manières possibles mais que, comme il s'agissait de magie noire, la blessure ne guérirait jamais réellement.

.

Elle ne sut jamais ce qui la poussa à agir mais elle se retrouva bientôt à passer son index le long de la cicatrice de Malefoy. Sa peau était étonnamment froide à cet endroit. Ce fut pourtant lui qui frissonna violemment et elle retira rapidement sa main, craignant d'avoir raviver la douleur.

- Ex... Excuse-moi, je n'aurais pas dû faire ça, bredouilla-t-elle très mal à l'aise.

Elle était décidément complètement incontrôlable ce soir.

- Comment tu as fait ça ? l'attaqua Malefoy.

Il ne semblait pas particulièrement fâché mais plutôt intéressé et un peu effrayé.

- Fait quoi ? demanda Hermione, désemparée.

- Comment tu as fait ? C'était quoi le sort ?!

- Quel sort ? Je ne comprends pas.

Il lui attrapa brutalement la main et passa une nouvelle fois l'index de la jeune femme sur sa cicatrice.

- Ça ! Comment tu fais ?!

Voyant qu'il commençait à s'agacer Hermione récupéra vivement sa main et se recula de quelques pas. Elle ne comprenait rien à ce qu'il lui racontait et elle était un peu inquiète à présent. Le blond semblait comme possédé et son regard était un mélange d'agacement, de peur et de joie. La Gryffondor craignait vraiment que quelque chose de grave se soit passé.

- Je suis désolée je n'aurais pas dû, excuse-moi, je ne sais pas ce qui m'a pris ! répéta-t-elle dans l'espoir qu'il entende raison.

- Pas dû ? Pas dû ?! Tu aurais dû faire ça plus tôt, oui ! s'exclama vivement Malefoy.

Alors là, c'était Hermione qui était en état de choc. Elle ne réagit même pas quand il s'approcha d'elle pour reprendre sa main et, une nouvelle fois, passer son index sur sa blessure. Elle ne réagit pas non plus lorsqu'il ferma les yeux, visiblement apaisé.

Finalement, elle retira doucement sa main et la tint fermement contre elle avant de lui demander :

- Tu pourrais m'expliquer ?

- Quand tu fais ça, je ne ressens plus la douleur. Enfin si, ça me brûle un peu mais ça c'est comme à chaque fois que je te touche. Mais ça ne me fait plus mal comme d'habitude. Tu comprends ?!

Il semblait surpris et, surtout, très euphorique. Elle ne répondit pas à sa question mais lui-même réattaqua quelques secondes plus tard.

- Quel sort as-tu jeté ? l'interrogea-t-il, avide de connaître la réponse.

- Mais je n'ai jeté aucun sort, Malefoy ! Je te l'ai dit, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça.

Il commençait à sérieusement l'agacer à présent.

- Mais tu as forcément jeté un sort informulé.

- Non, Malefoy.

- Je ne te crois pas. Tu ne veux juste pas me dire ! s'énerva le blond.

- Mais puisque je te dis que je n'ai rien fait !

- Tu l'as peut-être jeté sans t'en rendre compte.

- Ah oui et comment j'aurais fait ça, explique-moi ?

- J'en sais rien moi !

- Écoute, je te promets que je n'ai pas jeté de sort. Je ne comprends pas ce qu'il a pu se passer.

- Refais-le, retouche mon bras ! l'intima-t-il.

- Malefoy, je ne suis pas..., commença Hermione.

- S'il-te-plaît, Granger.

Elle ne répondit rien sur le moment et préféra réfléchir à sa demande.

- Bon, très bien. Mais alors tu acceptes de me pardonner pour mon comportement idiot et tu redescends avec moi pour finir le repas.

- Ok, ok ! concéda-t-il immédiatement, agitant la main en signe d'impatience.

Son empressement étonna la jeune femme. Il semblait vraiment très joyeux, à présent, comme si elle venait de lui offrir un cadeau qu'il attendait depuis toujours. Elle s'était donc empressée de lui faire du chantage. Premièrement parce qu'elle ne se sentirait bien que quand elle serait certaine qu'il lui aurait pardonné et ensuite parce que, maintenant que la boule qu'elle avait dans l'estomac s'était dissipée, elle se rendait compte qu'elle avait toujours très faim.

Il lui tendit donc son avant-bras et elle y apposa, une nouvelle fois, son index, le faisant descendre lentement le long de la marque.

Le jeune homme recommença à fermer les yeux de contentement et elle se sentit un peu mal à l'aise.

Finalement, elle laissa retomber sa main le long de son bras et Malefoy rouvrit les yeux.

- Bon allez, viens. J'espère qu'ils n'auront pas débarrassé, ajouta-t-il alors qu'ils reprenaient la direction de l'escalier.

- Je leur ai demandé de ne pas le faire.

Elle suivit donc le jeune homme, déstabilisée par tout ce qui venait de se passer et surtout par l'étrange comportement qu'ils avaient eu au cours des dernières minutes.


Tadam... Alors, vous ne vous attendiez pas à ça, n'est-ce pas ? ;)

Hermione qui accepte d'aller au restaurant Drago qui l'emmène en France Hermione qui devient insupportable Drago qui la laisse en plan... les excuses et le GROS rapprochement de la fin !

Et, enfin, le mystérieux "pouvoir" qu'a Hermione sur la cicatrice de notre beau blond préféré...

Pour ceux qui reviewront, j'attends avec impatience vos théories à ce propos...

Ainsi que celles sur le contenu de la partie 2 ! Alors, allez-y, reviewez, reviewez, reviewez ! :)

Sinon, à dimanche avec la suite de « Bienvenue en France » ! :)

Kisses,

Chalusse