Louloulouu... Toulouloulouuu... Turlututuuuu...
La guerre.
Si vous vous dites qu'une guerre va durer longtemps, elle va finir dans un mois.
Si vous estimez qu'elle prendra fin dans quelques mois... Vous vous trompez.
La stupidité humaine est sans limites. C'est prouvé, maintenant.
- Papa, dis, on va s'en aller ? Et Céline, qu'est-ce qu'elle va faire ? demanda Beyhan à son père d'un ton inquiet. La boutique Chanel où elle travaillait avait fermé ses volets et son père passait ses jours à réfléchir.
- Il n'y a pas de problème pour Céline, elle est protégée.
- Mais nous ?
Frederico soupira. Les sorciers vont sûrement penser à quelque chose. Une protection magique, peut-être...
- Nous ? Eh bien, ce n'est pas encore un problème. Mais les soldats ne tarderont pas à venir et emmener Ari.
Beyhan regarda son père, choquée. L'elfe lui-même était étonné par ce qu'il venait de dire.
Mais qu'est-ce que je fais, moi ? Rester ici sans rien faire ? Il n'est pas question d'envoyer mon fils à une quelconque guerre humaine.
Après un moment, le père de famille continua :
- On reste ici, mais...
- Comment faire pour ne pas m'envoyer à la guerre ? fit Ari en surgissant de nulle part.
- Oui, comment faire ?
- Aucune idée, mais ne t'inquiète pas, j'irai pas.
Pourquoi je reste paralysé comme ça ? Je n'aime pas cette idée de guerre. Ces humains s'entretueront comme toujours, mais...
- Il faudra que ton frère disparaisse, dit l'elfe à l'attention de sa fille.
- Ah, j'ai compris. On va dire que je suis parti au pays de ma mère, mais je resterai ici, hein ? dit Ari, en essayant de croiser le regard de son père. L'elfe acquiesça, et partit dans sa chambre dans dire un mot de plus, pour méditer sur les absurdités des humains.
Loin de là, une fillette rousse se rongeait les ongles. Elle attendait devant la porte de la salle des professeurs et tapait du pied. Finalement, Dumbledore sortit de la salle mais fut surpris de voir une petite fille tremblante et visiblement troublée.
- Qu'est-ce qui se passe, miss Spencer ? dit-il d'une voix douce.
Céline essaya de répondre, mais en vain. Elle bégaya un peu, trembla, puis tira sa main de sa bouche et la passa dans ses boucles. Dumbledore la regarda dans les yeux un moment, puis dit :
- Venez avec moi, on va trouver une solution à votre problème.
Il posa sa main sur l'épaule de la petite fille et sourit aimablement.
Quelques minutes plus tard, Dumbledore était assis derrière son bureau mais Céline hésitait.
- Assieds-toi ma petite, dit-il en montrant le fauteuil confortable derrière lequel se tenait l'enfant. Céline s'assit, un peu calmée par cet élan d'affection venant de son professeur de Métamorphose.
- Voilà, p-professeur... Je ne sais pas comment vous le dire...
- Veux-tu quelque chose à boire ? lui proposa Dumbledore.
- Non, non... C'est urgent. V-vous savez, une guerre moldue vient de commencer...
- Et tu t'inquiètes pour ta famille.
- Je veux les protéger. Je dois les protéger ! fit Céline cette fois sans bégayer.
- Nous avons un plan pour les familles des élèves nés de Moldus. Une sorte de bouclier magique sera installé sur vos maisons, et il n'y aura plus rien à craindre, expliqua Dumbledore d'un ton calme.
Gryffondor est la maison des courageux. Mais le courage n'est pas le manque de peur. C'est la capacité à vouloir protéger les êtres qu'on aime, surtout dans une situation comme ça.
- Ne t'inquiète pas pour eux, Céline. Du moment qu'ils ne voudront pas enlever la protection, ils seront en sécurité.
- M-merci, merci ! dit Céline, toujours tremblotante. Elle sautilla vers la porte du bureau, sourit à Dumbledore, puis sortit et quelques étages plus tard, s'écroula et fondit en larmes.
Si Céline avait été dans un conte de fées, Tom serait passé par là à ce moment précis. Mais Céline était bien dans la dure réalité, et la seule personne dans le couloir était Alice qui l'attendait depuis quelques minutes. Alice savait que son amie n'avait pas dormi de la nuit, et quand elle l'avait vue entrer dans le bureau de Dumbledore, elle avait décidé de s'asseoir et d'attendre patiemment. Elle avait vu Céline s'en aller presque en courant. C'était comme si son amie fuyait quelque chose. Alice ne s'était pas montrée et s'était contentée de la suivre. Finalement, après avoir monté quelques escaliers (et laissé une Alice essoufflée) elle s'était effondrée par terre et avait commencé à pleurer.
À vrai dire, Alice s'y attendait. Mais voir son amie si joyeuse d'habitude en cet état l'avait choquée. Son cœur s'affaiblit, et elle alla s'asseoir à côté d'elle. Elle resta silencieuse pendant quelques minutes, attendant que son amie se calme un peu et puisse à nouveau parler.
Enfin, Céline leva sa tête de ses genoux. Elle se tourna vers Alice et la regarda avec ses iris bleus contrastant horriblement dans ses yeux injectés de sang.
- T'es là depuis quand ? dit-elle avec une voix légèrement rauque.
- Maintenant, répondit Alice.
Céline savait qu'elle devait des explications à son amie. Elle fit un effort pour ne pas tourner sa tête et commença à parler. Elle raconta un peu la guerre moldue, puis son frère et finalement, l'assurance que Dumbledore lui avait donnée. Elle se rendait compte au fur et à mesure que ses angoisses étaient inutiles, et Alice était contente de ne pas avoir à lui expliquer cela. Pourtant, ces pleurs et ces pensées révélaient une chose bien plus importante ; Céline s'inquiétait pour son frère. C'était peut-être dû au manque d'assurance maternelle dans le foyer, ou Ari était vraiment insouciant, même à son propre sujet.
Céline, un peu honteuse d'avoir pleuré comme ça, alla se laver le visage dans les toilettes les plus proches. Une autre fille était là aussi, mais ne daigna pas accorder un regard aux deux amies venant d'entrer. Les fillettes discutèrent comme à leur habitude, jouèrent un peu avec l'eau puis allèrent à la tour de Gryffondor pour finir leurs devoirs donnés juste après la rentrée. Alice protestait : "On n'est qu'en deuxième année et regarde tous les trucs qu'on doit faire !" et reçut en guise de réponse : "S'il te plaît, va dire ça à Slughorn" de la part de Minerva. Céline rigola, et fit sécher rapidement l'encre pour ne pas en mettre partout. C'est comme ça que leur premier week-end se passa, et le dimanche soir, Céline essaya pour la première fois de sa vie de dormir les yeux ouverts, comme le faisaient les elfes à part entière.
La demi-elfe fut réveillée par le cri d'Alice. Elle pensa que la vision d'Alice et son cri étaient trop réalistes pour être vrais. Alors ?... avant même de pouvoir se demander ce qui se passait, Alice la secoua comme une démente et beugla de nouveau.
- CÉLINE ? CÉLINE !
La vision brouillée, Céline ferma les yeux. Elle fit un mouvement pour écarter les bras d'Alice, et rouvrit les yeux avec une moue idiote sur le visage.
- Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
Alice était choquée. À son réveil, elle avait vu Céline fixer le vide sans aucun mouvement, comme un... cadavre. Elle avait perdu tout contrôle et avait crié, puis secoué son amie. Et là, Céline avait fermé les yeux comme si elle avait été dérangée, ensuite s'était dégagée de sa prise puis avait rouvert les yeux et parlé comme si tout était normal, qu'elle était tout simplement réveillée.
Tout le dortoir était debout à cause des cris. Les autres filles (dont Céline avait finalement appris les noms) s'étaient rassemblées autour de son lit et la nouvelle préfète de cinquième année venait de débarquer. Mais qu'est-ce que j'ai encore fait pour avoir tellement d'ennuis ? pensait Céline. Alice était toujours choquée, deux filles la regardaient sans rien comprendre et une autre fille essayait de chasser la préfète. Finalement, elle s'en alla en leur disant que la prochaine fois, elles auraient toutes une retenue. La même fille vint écarter les deux autres et aida Alice à s'asseoir. Aux yeux de Céline, elle était devenue un ange, ou même un Maia.
Qu'est-ce que j'ai fait ? se dit-elle une énième fois. Elle m'a réveillé en criant... j'ai fait quelque chose dans mon sommeil.
- Tu... dormais les yeux ouverts, déglutit Alice en regardant Céline. J'ai cru que tu... n'allais pas bien, finit-elle.
- Ah, mais c'était ça ! dit Céline en se frappant le front avec la paume de sa main. Désolée les filles, continua-t-elle, je rêvais éveillée.
Ouf.
La fille-ange souriait. Elle semblait compréhensive. Même trop compréhensive pour une sorcière normale. Mais en ce moment, le choc d'Alice était plus important que ça.
- Alice... commença la rousse.
- Tu m'as fait peur, dit Alice.
- Je suis désolée de ne pas t'avoir prévenue, dit-elle. C'était certes stupide de dire ça, mais elle devait bien faire quelque chose pour remédier à l'état de son amie.
- La prochaine fois que tu me fais autant peur, je te tue sur place et ma peur devient réalité. Compris ? fit Alice avec une fausse colère. Céline alla l'enlacer, et Alice se sentit de nouveau bien, rassurée du bien-être de son amie.
- Donc, si j'ai bien tout compris, fit une fille, tu rêvais éveillée ? Alors, y avait pas à s'inquiéter...
- Oui, fit Céline. Encore désolée de vous avoir réveillées.
Elle s'excusait pour quelque chose qui était dans sa nature. Si elle n'avait pas su tellement de choses sur l'arrogance humaine (dont elle avait hérité aussi), elle ne se serait pas excusée du tout. Mais là, la peine d'avoir causé un tel choc à son amie dominait sur son orgueil. Elle laissa Alice, puis alla mettre ses robes comme elle l'aurait fait en un matin normal.
La pensée de la fille-ange ne la troubla qu'en fin de journée. Dans la salle commune, elle abandonna Alice en train de galérer sur le tout nouveau devoir de Métamorphose et alla vers Lisa, ou "la fille-ange" comme elle la surnommait dans sa tête.
- Salut, dit-elle en se laissant tomber sur le fauteuil à côté d'elle. Lisa cessa de regarder la cheminée, et tourna sa tête en souriant de la même façon que le matin.
- Salut Céline, répondit-elle. Tu as fini le devoir ?
- Oui... Mais dis, merci pour ton aide le matin, dit Céline. Elle jeta un coup d'œil vers la préfète, puis continua :
- Sans toi, j'aurais eu une belle retenue...
- Pourquoi tu aurais une retenue à cause de ta nature ? demanda subitement la fille. Elle continua à voix plus basse :
- Même si tu as tort de ne pas lui en avoir parlé plus tôt, ça reste juste un petit accident.
Si Céline n'avait pas eu cette expression stupidement choquée sur le visage, elle aurait pu tout nier. Mais elle était occupée à digérer les paroles de la fille-ange.
- Tu sais... comment ? Quoi ?
- Un ami de mon père était un elfe aussi, et il paraît qu'il dormait les yeux ouverts... ou il ne dormait tout simplement pas.
- Mais... moi je dors ?
Lisa leva les yeux au ciel.
- Parce que tu es une demi-elfe. D'ailleurs, les elfes normaux ne font pas de la magie humaine, ils sont trop "magiques" pour avoir besoin d'une baguette.
C'est donc pour ça que ni Ari ni Beyhan sont "magiciens". Qui aurait cru qu'ils seraient plus elfes que moi ! J'irai leur demander des explications plus tard... là il y a une affaire urgente !
- Dis, tu connais combien de demi-elfes ?
- Mon père en connait un. C'est un demi-elfe-demi-créature ou quelque chose comme ça, mais il vit en Allemagne.
QUOI ?
- N'importe quoi.
- Alors comment tu expliques le fait que je sais autant de choses sur toi ? demanda Lisa d'un ton énervé. Céline ne répondit pas, elle ne pouvait pas. Lisa continua sur un ton plus calme :
- Écoute, je n'ai pas l'intention de te vexer ou autre chose comme ça. J'ai juste voulu te dire... non, en fait je ne sais pas du tout comment c'est d'être un demi-elfe sorcière, mais sache que ton amie apprendra la chose que tu lui caches tôt ou tard. Je ne veux pas que ça se passe d'une manière... mauvaise, si tu comprends ce que je veux dire.
Lisa esquissa un sourire crispé, puis dit un petit "Bonne nuit" et alla se coucher. Céline avait compris plus qu'elle ne devait, et Lisa avait sauté un point ; les elfes pouvaient aussi faire ce que les magiciens appelaient "légilimencie". Ni son instinct elfique, ni ses pouvoirs ne fonctionnaient à sa guise mais là ils s'étaient tous réunis pour faire émerger un souvenir de l'esprit de Lisa.
Tu ne me comprends peut-être pas, mais moi je te comprends... un peu.
Lisa est finalement une fille-ange, décida Céline en se souriant à elle-même. Elle n'avait pas voulu voir une deuxième fois des amis se disputer comme ça. Elle n'avait jamais oublié le demi-elfe qui avait été l'ami de son père jusqu'à un passé assez proche.
En voilà, un elfe non soucieux de discrétion. Il faudra que mon père fasse connaissance avec ce gars.
Les pieds de Céline se mirent en route d'eux-mêmes pour aller vers Alice qui avait tout juste fini.
- Céline, tu peux faire sécher l'encre s'il te plaît ? J'ai galéré dessus pendant trois quarts d'heure et sans aide !
Et si ce n'était pas encore temps ?
Dans les cachots de Poudlard, un certain élève de première année feuilletait un livre tout fraîchement piqué à la bibliothèque. Il n'avait pas voulu éveiller les soupçons de la bibliothécaire et n'avait pas vu d'intérêt à attendre dans la file composée d'élèves stupides venus emprunter des livres pour faire leurs devoirs à la dernière minutes.
Cet ouvrage était en bon état comparé à d'autres qu'il avait consultés. L'année dernière, il avait cherché longtemps le nom de son père dans les trophées et les listes des préfets. Il avait demandé à plusieurs professeurs s'ils n'avaient pas eu un élève du nom de Tom Jedusor auparavant. Il avait même envoyé des lettres aux enseignants retraités. Cela avait été en vain. Peut-être que son père n'avait justement pas étudié à Poudlard ? Il avait entendu dire que certaines familles envoyaient leurs enfants à l'étranger. Maintenant, il recherchait son nom de famille dans des registres de familles de sorciers, plus décidé que jamais à trouver l'information qu'il désirait.
Il n'avait jamais pensé à ce qui se passerait s'il ne la trouvait pas.
Encore un chapitre de fini ! Ouuaaiiis !
Merci à Matteic pour la relecture *envoie des bisous*
Merci à Lalina et Mébah pour la lecture *envoie des chocolats*
Et puuiiiis, je vais faire de la pub pour mes deux OS !
Et je vais aussi demander des reviews !
Yeeaaappaaaa ! Demander, demander, demander !
* Attention, les neurones de l'auteure ont surchauffé à cause de l'énorme quantité de devoirs et travail qu'elle a. Veuillez laisser une review pour lui remonter un peu le moral, sinon elle risque d'exploser. *
