Hello ! Nous voici donc au commencement de la deuxième partie de cette histoire (donc au chapitre 11) Rien que d'y penser, ça me rend toute chose :D
Bien donc nous nous étions quittés sur le premier entrainement de Bianca. Nous allons faire un petit saut dans le temps (rien de très grand mais bon) histoire de voir un peu ce qu'il se passe d'un point de vue... politique ! C'est une fois de plus un chapitre assez narratif mais la fin va surement vous donner envie d'avoir la suite ;)
Merci Neyel pour la correction ! :D
Disclaimer : je ne possède pas Star Wars
Sur ce, bonne lecture et j'attends votre avis.
DEUXIEME PARTIE : AU CARREFOUR DU DANGER
Chapitre 11 : Prise de parole
Deux semaines plus tard - Coruscant
POV Bianca
Deux semaine que j'ai quitté Tatooine. Deux semaines que j'ai retrouvé mon père. Deux semaines que je squatte la chambre de Zack (seule, faut pas abuser !). Et deux semaines que je subis un entrainement de Jedi de manière… intensive ? Oui, intensive ! – si j'utilise un autre terme, je redoute la fureur de Ben. Enfin j'exagère un peu…
Depuis deux semaines, Ben essaye d'être aux petits soins pour moi, et je dois reconnaitre que cela me touche et me gêne à la fois. Je n'ai jamais été habituée à ce genre de traitement en dehors de maman. Moi-même je fais des efforts mais… Enfin je ne me sens pas encore prête à l'appeler « papa »… Donc je ne l'appelle pas : je l'interpelle.
Chaque jour, il vient me réveiller avant même que Zack ne soit debout. Je passe devant lui tous les matins alors qu'il dort sur le canapé et je regrette de ne pas pouvoir immortaliser cette image pour lui faire du chantage. Bref. Donc Ben m'emmène manger – mon rapport à la nourriture en quantité suffisante tend à s'améliorer – avant qu'il ne m'entraine. Et sans vouloir me vanter, je trouve que je progresse assez vite. Je ne dis pas que j'égale déjà feu maître Yoda ; au contraire, je dois être à un millionième de son talent (et encore…). M'enfin, par rapport aux jeunes enfants que j'ai croisé dans le Temple, je pense me débrouiller.
Honnêtement, l'expression que Ben a le soir, après le repas au moment où Zack me ramène chez lui, me fait intérieurement mourir de rire. C'est comme s'il ne nous faisait pas confiance ou un truc du genre. Hé, on est assez grands, non ?
Mes liens avec le reste de la famille se… développent. Je ne peux pas dire qu'ils se consolident dans la mesure où ma découverte du clan est trop récente. En tout cas, je suis capable de décrire globalement le caractère de chacun des membres de la famille Solo-Skywalker. Evidemment, je cerne davantage les plus jeunes que les plus âgés (excepté Luke qui vient par moment surveiller mon entrainement avec son fils).
Will est assez distant mais comme il m'adresse la parole tous les trente-six du mois, j'imagine que c'est parce qu'il est timide ou réservé.
Reese continue toujours de me regarder avec un visage presque niais ; et franchement, c'est assez déstabilisant.
Allana… je ne peux rien reprocher à Allana. Elle est un vrai rayon de soleil. Depuis notre échange à la bibliothèque, elle vient me voir tous les soirs à la salle de repos et nous parlons d'à peu près tout et rien à la fois. Elle est vraiment adorable.
Quant à June… Disons que nos rapports n'ont pas pu s'améliorer tant ils sont inexistants. Elle est l'exact opposé de sa cousine. Dès que je la salue, elle tourne aussitôt les talons d'un air dédaigneux. Je ne dirai pas que je la déteste (je ne la connais pas assez pour cela) mais elle m'énerve avec son attitude froide. Oui, je comprends qu'on ne puisse pas aimer tout le monde… mais comme elle refuse de me parler, j'ignore ce qu'elle aurait à me reprocher. Qu'ai-je pu faire le jour même de notre rencontre pour la mettre dans un état pareil de détestation à mon égard ? Pourtant, un jour, j'ai eu l'occasion d'apercevoir sur son visage une chose qui ressemblait presque à un sourire. Quand Zack nous a rejoints avec Jacen un soir pour le repas familial complet. En dehors de ses parents, Jaina et Owen, on dirait que June apparait presque sympathique avec Allana et Zack seulement (même pas avec Reese, son propre frère !).
Concernant ma relation avec ce dernier… Honnêtement, je n'en sais rien. Zack est gentil avec moi, on parle bien, on rigole bien. Cela pourrait s'apparenter à une relation amicale ; pourtant, cet adjectif ne me plait pas. Que sommes-nous exactement l'un envers l'autre si ce n'est des amis ? Des connaissances ? Des confidents ? Des incompris de la vie ? (Je ne connais d'ailleurs toujours pas son passé, mais les propos d'Allana me laissent à penser qu'il est assez lourd de conséquences.) Deux personnes dérangées dans leur tête ? Ou alors, suis-je juste la danseuse d'un night club qu'il a sauvé, consolé et sorti de la misère ? Suis-je juste cela pour lui ? Une récompense de son devoir de Jedi ? Si c'est ce qu'il pense et ressent réellement, j'en serais déçue…
Non d'un Ewok ! Mais pourquoi je me fais des idées là-dessus ?! Ce que Zack, June ou un tiers pensent de moi ne me regarde pas !
– Bianca, nous sommes arrivés.
Je sortis de mon état de transe en entendant les paroles de Ben. Je repris petit à petit conscience de l'environnement qui m'entourait.
Une navette.
Cela me revient. Ben avait spécialement écourté mon entrainement aujourd'hui pour m'emmener dans un lieu tenu secret.
Ben se leva de son siège et je fis de même. Nous sortîmes du vaisseau transporteur et nous fîmes face à un bâtiment gigantesque !
C'était l'immeuble le plus volumineux que j'ai vu de toute ma vie (en même temps, l'architecture sur Tatooine est assez… rustique). Il était de forme circulaire et formait un dôme blanc aux reflets argentés provoqués par le soleil. Plusieurs personnes allaient et venaient par la porte d'entrée. Ces personnes étaient plutôt bien habillées ; j'avais l'impression de faire tâche à côté. D'ailleurs : aucun Jedi à l'horizon.
– Euh, qu'est-ce qu'on fait ici ? demandai-je à Ben un peu suspicieuse.
– On va régler une affaire, me répondit-il simplement.
Il sourit et commença à avancer vers l'entrée. Je le suivis au pas de course. Quand on pénétra à l'intérieur, j'eus l'impression d'être une étrangère. Cette horrible impression d'être oppressée et observée, scrutée, analysée de la tête aux pieds.
Ben et moi montâmes un grand escalier avant de déambuler dans un couloir au ton pourpre et gris.
– Tu es sûre de ne pas vouloir savoir où nous sommes ? demanda mon père.
– Bah si, j'ai envie de savoir. Mais j'ai peur de paraître inculte car ça a l'air d'être un lieu important.
Ben rit de ma franchise avant de répondre :
– Nous sommes au Sénat.
– Oh.
Voilà tout ce qui put sortir de ma bouche.
– Le Sénat ?! repris-je après être sortie de mon bug mental. Mais qu'est-ce qu'on fait ici ?!
– Une affaire à régler, je t'ai dit. Mais nous devons attendre la prochaine séance de réunion des sénateurs.
– Qui est dans ?
– Un petit quart d'heure.
Je hochai la tête et décidai de me taire. Dire que mon entêtement est censé venir de maman ; je pense plutôt l'avoir hérité des deux côtés.
Dans les couloirs, plusieurs personnes saluèrent mon père et il leur répondit poliment. Je lui dis alors de me présenter comme son Padawan et non comme sa fille, ne voulant pas qu'il soit gêné ou ait honte de moi. Il répondit qu'il se contrefichait de l'avis des autres et que je devais en faire autant ; que les politiciens devaient le respecter pour ses actes de servitude envers la République et non pour sa vie privée qui ne regardait personne d'autre que lui – et moi.
Alors que j'allais contester ses propos, nous fûmes interrompus par une énième salutation. Je tournai la tête pour souffler et ne pas montrer mon exaspération, avant de porter mon regard sur un nouveau duo masculin.
Le premier homme était le plus âgé des deux. Il devait avoir cinquante ans tout au plus. Il avait le teint mat, des yeux sombres et surs d'eux, et des cheveux assortis.
Quant au plus jeune, je lui donnai vingt ans grand maximum. Et ça me coûte de l'avouer, mais il était extrêmement beau ! On l'aurait cru tout droit sorti d'une de ces publicités holographiques que j'ai aperçues en masse depuis mon arrivée sur Coruscant. Grand, un physique athlétique, un visage dur et carré. Il avait la même teinte de peau que le quinquagénaire, des cheveux aussi noirs que l'hyperespace, coiffés de façon très négligée, et des yeux gris… comme la carrosserie neuve d'un vaisseau. Bref le type de beau gosse pour lequel je ne comprends pas la fascination des midinettes. Pourtant, dès qu'il posa les yeux sur moi, je me sentis étrangement mal à l'aise. Je devais faire une drôle de tête.
– Skywalker, salua le plus vieux alors que le plus jeune continuait de me fixer. Ça me fait plaisir de te voir, continua-t-il en serrant la main de mon père.
– Amun, mon ami, cela fait un sacré bout de temps. Et toi Cal, comment te portes-tu ?
Ben lâcha la main du dit Amun et serra celle du jeune répondant au nom de Cal – qui cessa enfin de me regarder intensément pour se concentrer sur mon père.
– On ne peut mieux, lui répondit-il. Alors, qu'as-tu fait pendant que nous débattions ?
– J'ai contribué au maintien de l'ordre dans la galaxie. Tu pensais que je passais mes journées à faire autre chose ?
J'avais senti l'ironie de sa dernière phrase.
Tous trois se mirent à rire et je ne compris pas pourquoi. Je décidai alors d'afficher un sourire neutre et transparent, histoire de disparaitre de la circulation.
– Ben, mais qui est cette charmante jeune fille ? fit Amun d'un ton un peu trop enthousiaste selon moi.
– Oh oui, excusez-moi.
Ben se plaça à mes côtés et passa un bras sur mes épaules. Heureusement que mes cheveux étaient maintenus en hauteur par le bâton décoratif que j'avais chipé la dernière fois, ou mon père aurait eu bien du mal à adopter cette posture.
– Bianca, laisse-moi te présenter Amun Kiptorio, le sénateur de la planète Fondor, et son fils Cal. Amun, Cal, voici Bianca Darring, mon Padawan… et ma fille, ajouta-t-il sans leur laisser le temps de réagir.
Passées la surprise et les têtes de poisson, c'est Amun qui réengagea le dialogue.
– Et bien, je n'étais pas au courant.
– Mais moi non plus, dit Ben en riant presque. (J'avais un envie folle de répliquer : « Et moi aussi » mais je me retins.) Cela ne fait que deux semaines que nous nous sommes retrouvés.
– Ben, ce n'est pas l'envie de bavarder avec toi qui me manque, mais la séance va bientôt commencer, reprit Amun. Pourrai-je te toucher un mot juste après sur une affaire ?
– Bien sûr, aucun souci.
– Bien, alors à tout à l'heure. Bianca, au plaisir de vous revoir.
Amun vint me faire un baisemain que je n'avais en aucun cas anticipé, et son fils Cal me fit un signe de tête avant que tous deux ne repartent dans le couloir.
Je n'avais pas pu placer un seul mot durant cette « conversation ».
– Ce n'est pas tout, mais nous devons nous aussi nous dépêcher.
Ben entreprit d'adopter une marche rapide puis nous montâmes dans un ascenseur. Nous descendîmes au quinzième étage – heureusement que je n'avais pas de vue sur l'extérieur. Après un nouveau dédale de couloirs, mon père et moi nous plaçâmes dans une sorte de box… Duquel on pouvait voir l'intérieur du dôme et tous les sénateurs, assis sur des sortes de petites plates-formes pour trois ou quatre personnes maximum.
– Waouh, dis-je avec émerveillement. C'est… incroyable.
– Cela fait toujours cet effet la première fois.
– Tu m'offres la possibilité d'assister à une séance du Sénat. Je croyais que les Jedi ne s'occupaient pas de la politique, demandai-je.
– Tu as raison. Mais à ton avis, qui nous demande d'intervenir lorsqu'il y a un souci ?
– Les politiciens, déduisis-je après quelques secondes.
– Nous ne débattons pas avec eux, commença-t-il à m'expliquer. Mais nous servons la République, acheva-t-il en s'adossant à un mur tout en croisant les bras.
– Il n'empêche qu'on n'est pas censé y assister. Alors pourquoi est-on ici ?
– Etre un Skywalker a ses avantages, fit-il en souriant. Et pour la troisième fois, nous devons régler quelque chose. Et tu vas contribuer à une certaine… prise de conscience.
– C'est-à-dire ?
– Ecoute et essaye de me pas m'en vouloir.
Je portai à nouveau mon regard vers les sénateurs qui commencèrent à évoquer différents problèmes. Je m'assis sur le rebord de notre petite plate-forme, observant celles des sénateurs léviter autour de celle du président du Sénat. Ou devrai-je dire de la présidente !
– Dis, recommençai-je sans pour autant quitter des yeux les politiciens. Pourquoi Leia est à la place du président ?
– Je croyais que tu avais été à l'école.
Il n'avait pas dit cela d'un ton désagréable ou désespéré, mais plus par ironie.
– Je ne suis pas totalement idiote si c'est ce que tu te demandes.
– Donc tu n'es pas censée ignorer le fait que ta grand-tante a pendant longtemps été sénatrice puis présidente du Sénat.
– Oui je sais cela mais… Je croyais qu'elle avait démissionné.
– C'est le cas. Mais elle reste la présidente d'honneur, en vertu de tout ce qu'elle a accompli sur la scène politique. Elle n'assiste pas à toutes les réunions, mais c'est grâce à elle que nous pouvons assister à celle du jour. Il est normal qu'elle veuille connaître l'enjeu de notre visite.
– Oui mais je ne sais toujours pas pourquoi on est là ! protestai-je une bonne fois pour toute.
Ben désigna du menton l'hémicycle et je décidai d'arrêter de parler. Cela ne m'avancerait à rien d'essayer de lui soutirer le moindre mot : il ne dirait rien. Ce qu'il pouvait être têtu !
J'ai dû écouter les débats pendant une demi-heure à peu près. C'était vraiment intéressant d'y assister. Mais j'avoue ne pas comprendre la moitié de ce que les sénateurs racontent. M'enfin, c'est plutôt amusant de les voir se taper dessus verbalement.
Au bout d'un moment, Leia se leva de son siège et s'adressa à l'assemblée, certainement pour annoncer la prochaine question à débattre.
– J'ai reçu une requête il y a quelques jours. Vous n'êtes pas censés ignorer le fait que, depuis une vingtaine d'années, nous délaissons les planètes de la Bordure Extérieure, ou en tout cas celles qui ont refusé de rejoindre la République, et non celles avec qui nous avons passé un accord. Nous ignorons donc tous les problèmes qui y subsistent : nous ne pouvons que les supposer. Et bien mes amis, aujourd'hui une personne va témoigner devant vous, et vous racontera son expérience en tant qu'habitante de la Bordure Extérieure. Accueillez-la chaleureusement et je vous demande de ne pas le juger. Elle s'appelle Bianca et vous offre aujourd'hui son témoignage.
Des applaudissements fusèrent.
La plate-forme sur laquelle je me trouvais commença à bouger.
La panique s'empara de moi.
Je me retournai vivement dans l'espoir d'échapper à ce discours en public forcé. Ben arrêta l'engin et, remarquant mes tremblements, se saisit de mes épaules.
– Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller, répétai-je doucement, mon cœur battant trop vite et mes membres tremblant d'eux-mêmes.
– Bianca, calme-toi. Tout va bien se passer.
– Non. Non !
– Tu ne comprends pas. Faire prendre conscience aux parlementaires qu'il y a des problèmes ailleurs que chez eux est important ! Cela te paraît évident qu'ils le sachent déjà ; mais c'est faux. La plupart des sénateurs ici présents se contrefichent des problèmes extérieurs.
– Et tu crois que mon seul témoignage les fera changer d'avis ?! C'est impossible ! Je l'ai déjà expliqué à Zack sur Tatooine.
– Alors prend ça comme une revanche.
Je fermai ma bouche, soudainement attentive aux derniers propos de mon père.
– Tu m'as dit vouloir te prouver à toi-même que tu étais capable d'autre chose que de suivre la voie qui t'attendait sur Tatooine : danser et peut-être même devoir aller plus loin ! continua-t-il de manière plus énervée. Certes, ton témoignage ne changera certainement pas les choses dans la tête des politiciens ; mais cela t'aidera à avancer. Tant que tu n'auras pas complètement laissé les jours sombres derrière toi, tu ne deviendras jamais une vraie Jedi, puisque tu regarderas sans cesse le passé au lieu de regarder l'avenir.
Mon corps se raidit – et je préfèrais cette sensation aux tremblements – puis je me calmai peu à peu.
– Tu vas tout déchirer, m'encouragea Ben en prenant mon visage et m'embrassant sur le front. Et si tu as du mal à parler devant les autres, imagine que tu t'adresses à moi. Je t'autorise à me faire tous les reproches que tu veux.
Je souris de sa plaisanterie, et lui aussi. Je fis un signe de tête et mon père, lui, me fit un clin d'œil. Il lâcha la prise qu'il avait sur moi et laissa la plate-forme s'éloigner vers le centre du dôme, moi dessus.
Ce n'était pas tant l'idée de parler qui me faisait peur. (Au contraire, je ne suis pas gênée de devoir m'exprimer.) … C'était plus le fait que tous les regards allaient se tourner vers moi – d'ailleurs, techniquement ils l'étaient déjà. J'ai horreur d'être le centre de l'attention – ce qui est assez paradoxal étant donné mon ancien boulot. A la différence que c'était Lidia et non Bianca qui dansait et excitait les hommes (et mâles) au Gengou Bar. Aujourd'hui c'est Bianca et uniquement Bianca qui allait prendre la parole devant des centaines (voire des milliers) de personnes.
Je laissai la plate-forme arriver au centre. Je balayai vite fait l'hémicycle du regard. Puis je croisai celui de ma grand-tante qui me sourit chaleureusement.
Je décidais alors de ne pas dire que j'étais une Skywalker car j'entendais déjà les propos désobligeants dans ma tête.
Le silence me fit mal aux oreilles. Allez, quand faut y aller…
– Bonjour.
Je sursautai suite à l'entente de l'écho de ma voix. Même pas besoin de micro dans ce dôme : la structure faisait le nécessaire. Passé ce petit moment, je décidai de reprendre, le plus lentement possible tout en paraissant sure de moi.
– Je m'appelle Bianca Darring et je viens de Tatooine. (Dès que je prononçai le nom de ma planète natale, des murmures distincts se firent entendre.) Je suis arrivée sur Coruscant il y a deux semaines et je n'étais pas au courant que je devais témoigner devant vous aujourd'hui ; auquel cas j'aurais fait l'effort de préparer un discours.
La grande majorité des sénateurs rit de ma blague. Un sourire se forma instantanément sur mes lèvres et je me détendis un peu. Je laissai passer les rires avant de reprendre :
– J'ai grandi à Mos Espa. J'imagine que vous connaissez la réputation des tatooiniens pour leur activité dans la contrebande ou un tout autre trafic. J'ai été élevée par ma mère. Je n'avais pas de père. (J'autorisai mes yeux à lancer un regard furtif à Ben.) Nous n'avions pas beaucoup de moyens ; ma mère gagnait tout juste de quoi nous faire vivre toutes les deux. J'ai appris à me contenter de peu. J'ai survécu au manque de nourriture et de confort. D'ailleurs pour moi, avoir depuis deux semaines la possibilité de manger à ma faim et de prendre une douche quotidiennement me fait toujours un drôle d'effet. (Nouvel éclat de rire dans l'assemblée.) Il y a deux ans, ma mère est tombée gravement malade. Pour la soigner, elle devait subir une très lourde opération, très coûteuse sur une autre planète… Nous avions tout juste de quoi vivre, alors il nous est apparu impossible de réussir à la guérir. J'ai quitté l'école à quinze ans pour travailler en tant que serveuse.
Je me retins de trop en dire sur l'autre partie de mon travail.
– J'arrivai à nous faire vivre et à économiser un peu chaque jour pour l'opération future. J'ai tenu pendant deux ans… Et puis ma mère est morte sans que j'ai pu faire quoi que ce soit.
Mon cœur se serra, comme à chaque fois que j'évoquai le décès de ma mère. Mais j'avais décidé que cela me rendrait plus forte, de sorte que je me battrai pour vivre. Je suis sûre que c'est ce qu'elle aurait souhaité pour moi. Et pour mon père.
Je sentis très bien le froid que j'avais jeté sur l'assemblée. Je portai alors ma main au collier de maman, qui n'avait pas quitté mon cou depuis cette tragédie.
– Cela fait deux semaines qu'elle a disparu. Et la raison pour laquelle je suis ici, c'est parce qu'un Jedi m'a trouvé. Il m'a sauvé, m'a fait sortir de la misère et je lui en suis éternellement reconnaissante. (L'image de Zack avec son sabre, la nuit où il m'avait sauvé du truand après le show, me revint en mémoire. Etrangement, je sentis mes joues chauffer. Je fis un effort pour que cela ne se remarque pas.) Je sais bien que vous avez renoncé à aider les peuples de la Bordure Extérieure et je suis consciente que mon intervention ne changera pas la situation. Mais on m'a appelé pour que je témoigne (énorme mensonge dans la mesure où je n'étais pas au courant !). Alors laissez-moi vous dire que, sur Tatooine, le choix de carrière est assez limité. Je vous souhaite bonne chance pour trouver un boulot légal. Je vous souhaite également bonne chance pour ne pas vous attirer les foudres des Hutt, des hommes des sables, ou d'un autre peuple dangereux : ils n'hésitent pas à tuer si vous vous trouvez sur leur chemin. Bonne chance aussi à ceux qui ne supportent pas la chaleur. Bonne chance pour trouver des personnes en qui avoir confiance…
Je m'arrêtai deux secondes, repensant à mes soi-disant amis (et petit-ami) qui m'avaient laissé tomber sans me donner le temps de m'expliquer. Au moment où j'avais besoin du plus de soutien possible. Au moment où j'ai connu la solitude et le rejet que je ne veux plus jamais, au grand jamais, revivre. Je secouai la tête avant de reprendre mon discours.
– Je n'insinue pas que les tatooiniens sont tous mauvais, méchants et barbares. Je dis juste que ce sont les personnes de ce genre qui ont fait la réputation désastreuse de ma planète. Moi-même j'ai toujours rêvé de la quitter : c'était mon rêve. Je pensais que je n'avais aucun avenir si je restais. Partir sans connaitre ni la destination, ni le chemin à emprunter… Juste partir. Et maintenant que je suis partie, je veux me prouver que je suis capable de vivre honnêtement, sans être obligée de m'occuper de clients malpolis aux yeux baladeurs – oui messieurs, être serveuse (j'insistai sur ce terme pour paraître plus convaincante et ne pas éveiller les soupçons sur mon vrai métier) est un travail éprouvant.
Tous les hommes et créatures mâles se regardèrent, visiblement atteints dans leur fierté. Je constatais alors qu'il y avait encore peu de femmes dans l'hémicycle. Pourtant, Leia devrait servir d'exemple !
Je vis Ben se retenir d'exploser de rire et je souris.
– Messieurs, dames, je ne compte pas m'éterniser sur la question si vous êtes aussi têtus que moi. Je ne souhaite pas que vous envoyiez des troupes armées sur Tatooine pour tenter d'éradiquer la vermine ou je ne sais quoi d'autre. Je veux juste que… vous compreniez qu'il existe des problèmes ailleurs que dans la République, et que les habitants de la Bordure Extérieure méritent un peu de reconnaissance. De la reconnaissance, pas de la pitié, insistai-je. La pitié est pour les faibles et vous ne devez pas nous considérer comme faibles. Nous sommes forts et nous sommes vos égaux. C'est juste que le système politique de là-bas ne permet pas de le voir.
J'essayai de regarder attentivement chaque paire d'yeux qui me fixaient de manière incrédule. Il y eut un silence quand j'achevai mon discours improvisé. Peut-être y étais-je allée un peu fort ? Non ! Mon père avait raison : avec les politiciens, il fallait marquer le coup pour que ça rentre dans leurs esprits.
Mais est-ce que tout cela servirait réellement à quelque chose ?
Alors que j'allai me tourner et essayer de faire marcher cette maudite plateforme pour retrouver Ben, j'entendis une vague d'applaudissements.
L'ensemble des sénateurs était en train de m'applaudir. Moi. Leia et Ben tapaient également dans leurs mains et me regardaient avec admiration.
Je remerciais l'assemblée et la plateforme remonta au niveau de mon père qui me prit dans ses bras dès que je retouchai la terre ferme (enfin façon de parler).
– J'étais sûr que tout se passerait bien, me dit-il, à mon avis plus pour se rassurer lui-même que pour me rassurer moi. Tu as été incroyable !
– Tu avais raison : je me sens libérée comme jamais. J'ai l'impression que je peux tout affronter !
– Attends de savoir te battre convenablement avant de tenir ce genre de propos.
Nous rîmes puis Ben m'entraina à nouveau dans les couloirs. On trouva une banquette recouverte de velours et on s'y assit. Bah oui, il avait promis à son pote Amun de l'attendre pour parler d'une affaire… Et j'ignore, de 1) combien de temps il restait au Sénat à débattre des problèmes de la galaxie, et 2) combien de temps discuteraient Ben et Amun. J'étais sûre à 95% qu'ils ne parleraient pas que de cette affaire et perdraient du temps à « évoquer le bon vieux temps ».
Ben profita de notre temps de pause pour me parler théorie dans la maitrise du sabre laser… Ouais bon, on verra avec la pratique. J'avais plus passé mon temps à acquiescer qu'à réellement écouter (et surtout comprendre) ce qu'il me racontait. Pour le détendre, je me concentrai et réussis à faire soulever quelques coussins à l'aide la Force. Mon père trouva cela amusant mais loin d'être sérieux.
– Le sérieux n'a jamais été mon fort, ai-je renchéri.
– Hum, tu n'as pas l'air très docile.
– Je préfère cela qu'être faible d'esprit.
– Et pour la partie « saine » d'esprit ?
– Oh celle-là j'ai le temps de la travailler.
Ben entreprit de me taquiner et tenta de me chatouiller. Ah non, il était hors de question qu'il y arrive ! Je suis beaucoup trop sensible au toucher pour y survivre ! Alors que nous rigolions et que je tentai de repousser désespérément mon père, j'entendis un raclement de gorge. Je tournai ma tête en direction du son et vis Amun et Cal Kiptorio nous fixer de haut avec chacun un sourire en coin.
Ben et moi nous remîmes debout et je baissai la tête, gênée d'avoir été interrompue alors que j'allai mettre une raclée à mon père.
– Très belle intervention, ma chère Bianca, me félicita Amun avec un air un peu outré (mais je devine bien qu'il se donnait ce genre afin de ne pas éclater de rire).
Je m'inclinai devant lui en guise de remerciement.
– Ben, puis-je te parler ?
– Bien sûr. Auquel cas je serai parti sans t'attendre.
Je me hissai sur la pointe des pieds pour chuchoter à l'oreille de mon père.
– Je vais rentrer. Est-ce que tu peux me passer un ticket pour la navette ?
Sitôt que je dis cela, Ben me lança un regard incompris.
– Quoi ? protestai-je. Je saurai me débrouiller.
– Ce n'est pas ça… J'avais pensé que Cal te tiendrait compagnie.
– Pardon ?!
– Oui c'est une bonne idée ! s'exclama-t-il plus pour lui-même avant de s'adresser au fils Kiptorio. Cal, cela ne te dérange pas.
– Aucunement. J'en serai ravi.
– Parfait ! Je te retrouve tout à l'heure, ma chérie.
Ben m'embrassa sur la joue et partit avec Amun dans les couloirs. Avant de disparaître complètement, il se retourna et me fit un clin d'œil.
Oh non ! Si Ben commence à se mêler de ma vie sentimentale, ça ne va pas le faire du tout !
Je n'ai même pas eu le temps de contester, de dire quoi que ce soit. J'étais restée plantée au milieu de ce couloir avec Mister Beau-gosse-aux-dents-blanches.
Cal Kiptorio me dit qu'il connaissait un endroit parfait où nous pourrions attendre nos pères respectifs. Le dit endroit était un bar situé au dernier étage du bâtiment.
Mais pas le genre de bar comme celui de Gengou où trainent les voyous et les hommes en manque de femmes. Non, ce bar-là sentait… le propre. Dans tous les sens du terme. Rien qui trainait par terre. Une bonne odeur de nourriture qui donnait faim rien qu'en la sentant. Calme puisque seuls des murmures se faisaient entendre. Et surtout : des personnes bien élevées !
Ouais. Cet endroit était définitivement bien différent du Gengou Bar.
Alors, pas question qu'un inconnu ayant conscience de son charme ne connaisse mon passé, ou je suis certaine qu'il réclamera des « requêtes spéciales ». S'il tente quoi que ce soit, je n'hésiterai pas me servir de mon sabre et de la Force, et à le découper en petits morceaux façon puzzle. Oui je suis sérieuse.
Vous vous dîtes surement que je suis un peu dure avec un pauvre garçon que je ne connais même pas. Et bien je l'assume !
Cal nous entraina à une table et il commanda directement pour nous deux à un robot visiblement en service. Faute numéro un : décider pour moi.
– Excuse-moi d'avoir commandé à ta place, mais je te promets que tu ne le regretteras pas, dit-il avec un grand sourire… charmeur ?
Le vieil adage dit « Faute avouée à moitié pardonnée »… Je ne l'ai jamais trouvé à mon goût ce dicton.
Je croisai les bras sur ma poitrine, m'enfonçai dans mon siège (confortable, je devais le reconnaître) et fusillai Cal du regard. Qui quant à lui, me regardait d'un air tendre avec ses iris grises.
– Tu vas bien ? s'inquiéta-t-il.
– Oui ne t'en fait pas. (Je me forçai à prendre un air hautain afin de montrer à quel point j'étais forcée de rester avec lui.) Je préfèrerai juste m'entrainer à découper des personnes en petits morceaux avec mon sabre laser, achevai-je d'une voix sensuelle pour le briser.
Ce qui fonctionna. Cal écarquilla les yeux, surpris de ma réponse. Je ris intérieurement. Même si je détestais danser pour séduire corporellement la nuit, je trouvais ce petit jeu très amusant appliqué de jour devant un garçon « sain d'esprit » comme le dirait Ben.
On aurait dit que Cal perdait pied avec la réalité. Hypnotisé… Par moi.
Il toussa – certainement pour se remettre les idées en place. Nos commandes (ou plutôt sa commande) arrivèrent. Deux grands verres remplis d'un condiment… vert !
– C'est comestible ton truc ? lui demandai-je suspicieuse.
– Je te promets que tu ne le regretteras pas. C'est une spécialité de ma planète.
– Fondor, me souvins-je.
– Humhum, approuva-t-il Le bar du Sénat a pour particularité de préparer des spécialités culinaires de chaque planète y siégeant.
J'acquiesçai d'un mouvement de tête, montrant que j'étais fort intéressée par ce que Cal racontait. (Ironie totale, bien sûr.)
Cal me fit signe de goûter. Je m'exécutai. Et je devais reconnaître que c'était vraiment très bon.
– C'est moins mauvais que ce que j'aurai cru.
– J'ai bien observé ta réaction : tu as trouvé cela bien plus que « moins mauvais », dit-il avec un sourire en coin.
Je faillis avaler de travers ; alors je toussai pour faire passer.
J'entrepris alors de faire la conversation. De cette manière, je pourrai choisir le sujet et être sûre qu'il ne fouinera pas dans ma vie. Et puis, quitte à attendre le retour de Ben et Amun pendant un bon moment, autant essayer de faire en sorte que cela passe le plus vite possible.
– Ton père doit être un homme très respecté chez toi pour avoir été élu sénateur, entamai-je en passant mon doigt sur la bordure du verre. (Je le voyais déjà flancher.)
– C'est vrai. Ma famille est très proche des dirigeants. On peut même dire que mon père est un des principaux conseillers de notre roi.
– Oh mais c'est très intéressant. Vous devez être… très riches. (Je n'avais rien trouvé de mieux à dire pour finir ma phrase, et je m'en voulus.)
– C'est le cas. Et puis, nous n'allons pas nous en priver. Je serai incapable de vivre sans un sou.
Je sentis ma mâchoire se détacher du reste de mon visage. Un fils de richou ! Bien sûr. Il devrait se payer des cours de modestie ou de savoir-vivre avec sa fortune… Et aussi des cours de délicatesse. (Bon je ne suis pas vraiment la mieux placée pour parler de délicatesse, mais bon !)
Cal sembla se rendre compte de la bourde qu'il avait commise car il perdit son sourire.
– Excusez-moi, c'est parti tout seul. Je-
– Ce n'est rien, le coupai-je. Moi c'est l'inverse de toi : jamais je ne pourrai vivre dans un palais. Ce ne sont pas les moyens qui me manqueraient maintenant, juste mon bon sens.
– Il n'empêche, je continue de penser que ton discours était magnifique. Je n'ai pas pu te quitter des yeux un seul instant.
– Ah bon ?
J'avais là la preuve même qu'il semblait intéressé par moi. J'avais tellement envie de lui dire : « Ecoute mon coco, t'es bien mignon mais j'suis pas intéressée. Le devoir de Jedi avant tout ! Puis je te trouve un peu trop sur ton argent. »
Sentant qu'il allait relancer par une question, je le pris de cours.
– Et sinon, j'imagine que, comme tu accompagnes ton père aux séances du Sénat, c'est que tu comptes prendre la relève ?
– J'essayerai. Nous sommes une démocratie. Cela sera au peuple de choisir leur représentant. Mais je me présenterai à la fin du mandat de mon père. Et puis, comme sa côte de popularité est au plus haut, je compte bien m'en servir, en digne successeur.
Et en plus, il profite de la réussite des autres. Mais honnêtement, si je le sens flancher face à moi juste parce que je le « charme pour mieux m'enfuir »… et bien, je me demande bien comment il serait face à toute une assemblée.
– Hum, c'est un projet très intéressant, mentis-je tout en minaudant.
– Plus qu'un projet ; c'est toute ma vie qui va se jouer sur ces élections.
– Tu n'as pas l'impression d'exagéré un poil de trop ? Tu as quel âge ? Vingt ans ?
– C'est ça.
– C'est ce que je dis : tu as toute la vie devant toi pour-
J'ai été interrompue – pour mon plus grand bonheur – par un étrange bruit. Cal commença à toucher ses vêtements, cherchant quelque chose. Il sortit d'une de ses poches un drôle de petit objet noir de forme cylindrique.
– Excuse-moi, il faut que je réponde.
Il se leva et alla à une dizaine mètres. Il tenait l'objet près de sa bouche et semblait parler dedans (je dis ça car je vois ses lèvres bouger d'ici).
Il ne resta pas longtemps éloigner de moi. Il revint, son sourire adamantin ayant disparu.
– C'était mon père. Ils ont fini de parler affaire. Ils nous demandent de les rejoindre dans le grand hall.
– Okay, fut la seule chose que je trouvai à répondre.
On se leva avant de sortir du bar et de prendre l'ascenseur, attendant d'atteindre le rez-de-chaussée vingt-cinq étages plus bas.
J'étais libérée de Cal Kiptorio… Bon il est gentil mais… trop riche ! Trop prétentieux. Trop sur son argent. Trop beau. Trop… trop ! Et puis, le fait que je voulais prendre la fuite à tout moment est un bon argument pour laisser notre relation au niveau… moins dix (sur une échelle de zéro à dix).
Mais je ne pus empêcher ma curiosité de parler à la place de mon cerveau rationnel (quand il le souhaite).
– Qu'est-ce que c'est cet objet ?
– Tu ne sais pas ce que c'est ?!
– Et bien… non. Je te rappelle que j'ai grandi loin de la technologie moderne.
– C'est un communicateur. Et comme son nom l'indique, ça te sert à communiquer avec différentes personnes. Tu devrais en avoir un ; cela te serait très utile en tant que Jedi pour parler à tes collègues.
– Hum… mouais.
En fait je n'ai pas voulu l'admettre à haute voix, mais il avait raison sur ce point. Un communicateur…
– Il en existe plusieurs types, m'expliqua Cal. Aux prix très différents, tout comme les formes et les couleurs. Tiens voilà mon numéro pour le jour où tu en auras un.
Il me tendit un bout de papier avec une série de chiffres écrite dessus. Bien, sachant qu'on est resté un moment tous les deux et que je ne l'avais pas vu écrire quoi que ce soit… Cela ne peut signifier qu'une chose : il avait préparé son coup pendant la séance du Sénat !
Cependant, je ne protestai pas pour ne pas le vexer. Bah oui, j'ai quand même un cœur.
Pendant le reste de la descente, Cal me décrivit sa planète, Fondor. Elle me rappela Tatooine dans le sens où il m'avait parlé de l'immensité du désert… Mais il semblait moins hostile que chez moi.
Quand on arriva dans le hall, Amun et Ben nous repérèrent. Mon père et moi saluâmes le père et le fils Kiptorio avant de nous en aller. Et j'ai bien remarqué le clin d'œil de Cal à mon égard. Quel dragueur !
– Alors, comment as-tu trouvé Cal ? me demanda Ben avec un sourire triomphant. Il est sympa, non ?
– Mouais… Quelconque. Mais s'il te plait, à l'avenir, n'essaye plus de te mêler de ma vie sentimentale. Je crois que c'est un domaine que je peux gérer toute seule.
Ben rit avant de reprendre.
– Certes, mais sache que le premier garçon qui tu feras souffrir, je lui ferai subir un sort qu'il ne sera pas prêt d'oublier.
– Je croyais que le Code interdisait aux Jedi d'avoir recours à la violence – sauf en cas d'extrême urgence.
– Mais protéger ton p'tit cœur est un cas d'extrême urgence.
Ce fut à mon tour de rire. Ben frotta le haut de ma tête, faisant ébouriffer mes cheveux plus qu'ils ne l'étaient naturellement. Nous continuâmes notre chemin jusqu'à l'arrêt de la navette. Puis je me retournai vers lui.
– Dis ?
– Oui ?
– Est-ce que je pourrai avoir un communicateur ? Le modèle bas de gamme bien sûr.
Ben sourit avant de rire, et la navette arriva.
Deux heures plus tard – Temple Jedi
POV Zack
– Zack tu aurais pu faire plus attention au vase préféré de Derrick, me reprocha Jacen.
– Voyons, vous comme moi savons que ce vase était d'une laideur.
– Je le reconnais ; il n'empêche que tu aurais pu faire un p'tit effort. Qu'est-ce qu'il t'arrive depuis quelques temps ?
– Il m'arrive quelque chose ? Je n'étais pas au courant.
– Allez, c'est ici que je te laisse. On se retrouve ce soir.
– Bien sûr, maître.
Je laissai Jacen s'éloigner de moi et quitter mon champ de vision. Puis je commençai à errer dans les couloirs du Temple Jedi.
Jacen m'avait entrainé toute la matinée ainsi que le début de cet après-midi. Je n'étais même pas essoufflé. Je n'étais pas fatigué. Et pourtant Dieu sait que j'avais travaillé des choses corsées aujourd'hui. La preuve, j'avais « sans faire exprès » cassé un vase… Qui se trouvait être le préféré de maître Derrick Randolf, le lannick membre du Conseil Jedi. Oh avec un peu de chance, il n'en saurait rien.
Jacen voulait me faire travailler jusqu'à ce que je tombe d'épuisement. Résultat : c'est lui qui est tombé de fatigue. Je me sentais en super forme… Du moins dans mon corps.
Je n'ai pas voulu l'admettre devant mon maître, mais je sens bien que quelque chose a changé depuis quelques jours. Quoi ? Je n'en sais rien. En tout cas, je sais que mon cerveau ne va pas bien. Au début, j'avais accusé le manque de sommeil dû au fait que je dorme dans mon canapé (étant donné que j'ai eu la politesse de laisser ma chambre à Bianca). Mais même après quelques siestes dans mon ancienne chambre chez Jacen, Talhia et Allana… Rien à faire ! Mon cerveau refusait de fonctionner.
J'en avais parlé à Allana quelques jours plus tôt. Elle qui veut exercer dans la psychologie, je suis son cobaye attitré. Elle, elle penche pour un changement qui est survenu dans mon quotidien. Si fort que cela aurait déréglé mon cerveau. Nous nous sommes regardés et avons dit en même temps : « Bianca ». Il n'y avait aucun doute si on voulait suivre la théorie d'Allana : l'arrivée de Bianca avait tout chamboulé, non seulement pour moi mais aussi pour le reste de la famille. Mais je note une défaillance dans sa théorie. J'ai vécu pire comme changement brusque ! Rien que mon passé est rempli d'éléments tout aussi traumatisants les uns que les autres… Et cela ne m'avait jamais fait ça.
J'ai alors laissé tomber la théorie d'Allana. Bianca n'y est pour rien. Si je vais « mal », c'est de ma faute.
Ces deux dernières semaines, elle et moi n'avons pu nous voir que le soir au moment de nous coucher. Malgré la fatigue, nous restions debout jusque tard à parler de notre journée et à en rire… J'avais retrouvé un peu des moments de complicité que je partageais avec Allana quand j'habitais chez elle. Mais une fois de plus, avec Bianca, tout était différent…
J'avais également recroisé à plusieurs reprises mon meilleur ami, Ernesto Ramirez, entièrement remis de sa « rupture mentale » avec Lidia (soit Bianca). Je lui avais également confié mon « problème ». Et il m'a sorti la même excuse qu'il me sort lorsqu'il veut m'aider : sortir. Pas juste aller dans un bar et boire un coup comme j'en ai l'habitude. Non il veut me présenter des filles… encore ! Comme si l'expérience sur Tatooine ne s'était pas révélée être une catastrophe (en plus comme j'avais perdu ce fichu pari, je n'avais plus le moindre argent).
– Crois-moi, man, m'avait-il dit. Tu es persuadé que ton cerveau te dit que tu n'as pas envie de compagnie féminine, mais tes hormones te disent le contraire. Ou te le diront.
Et puis non ! Ernesto est un homme à femmes. Moi, je me concentrerai sur ce point une fois que j'aurai fini ma formation. Chaque chose en son temps !
Cependant, Ernesto en a rajouté une couche en me demandant s'il s'était passé quelque chose entre Bianca et moi. J'ai protesté, bien évidemment… Un peu trop sur la défensive d'ailleurs. Résultat, mon meilleur ami est persuadé que je lui mens sur mes « passe-temps préférés ». C'est bien ma vaine…
Ce n'était pourtant pas compliqué à comprendre : mon cerveau avait un problème simple ! Il avait juste besoin de… tranquillité. De paix. D'être loin de toute agitation. Pour la première fois en douze ans, j'avais envie de vacances. Pis, j'avais besoin de vacances.
Alors que je cherchai la sortie dans le dédale de colonnes et de couloirs, j'entendis une dispute. Une dispute entre deux voix masculines que je connaissais mais sur lesquelles je n'arrivais pas à mettre de noms.
Je me laissai guider par mon instinct et arrivai dans une salle de repos non loin des salles d'entrainement. A l'intérieur, je remarquai Ben et Luke Skywalker au centre, en train de se crier dessus ; et Bianca, excentrée, en train d'assister à ce spectacle bras croisés, adossée contre une colonne.
Bon en vérité, elle était de dos par rapport à moi. Je l'avais reconnu uniquement grâce à sa tignasse rousse.
Pourtant, une toute petite partie de mon esprit voulut croire que je l'avais reconnue immédiatement pour une autre raison…
Je m'avançai vers elle et me postai à ses côtés.
– Salut, lui dis-je.
– Salut, me répondit-elle, toujours concentrée sur la dispute entre le père et le fils Skywalker.
– Tu m'expliques la situation.
– Papa et papy se disputent car selon papy, papa a fait une très grosse bêtise, dit-elle avec ironie.
– D'accord… Qu'est-ce que Ben a fait comme bêtise ?
– Il m'a fait prendre la parole devant le Sénat.
J'écarquillai les yeux, surpris de cette révélation – et du sang-froid incroyable dont mon interlocutrice faisait preuve.
– Attends… tu as parlé devant le Sénat ?
– Ouais. Y'a deux heures environ.
– Mais. Enfin je… Je ne comprends pas. Pourquoi ? arrivai-je à bredouiller.
– Déjà, je n'étais pas au courant. Je l'ai su à l'instant même où mon nom a été annoncé. Ben voulait que je parle aux sénateurs pour que je me libère du poids du passé. Et accessoirement, essayer de leur faire prendre conscience des problèmes de la Bordure Extérieure.
– Tiens, ça me rappelle une certaine nuit où tu m'as dit que cela était impossible.
Elle me sourit timidement, comprenant que je faisais allusion à la nuit de notre rencontre. (1)
– Je leur ai parlé franchement. Et puis, je me fiche complètement de ce qu'ils ont pensé de mon discours improvisé. Je me sens plus légère ; c'est le plus important.
– Il n'empêche, j'aurais bien voulu voir la tête des sénateurs face à ton franc-parler.
– Bah je n'ai pas vraiment vu leurs têtes. Faut dire qu'ils étaient des centaines. Peut-être mille !
Nous regardâmes à nouveau Ben et Luke en pleine dispute, qui n'avait pas l'air d'en finir.
– Cela fait longtemps qu'ils sont comme ça ?
– Une petite heure je dirai. Oh et il faut que je t'annonce quelque chose.
Elle se tourna complètement vers moi et prit un air sérieux. Puis elle me regarda droit dans les yeux.
Ce que les siens étaient beaux. Si lumineux. Si pétillants. Si bleus. Pour ne pas arranger l'état désastreux de mon cerveau, elle sourit. Cela illumina son visage tout entier. Je devais le reconnaître : elle était une très belle fille.
Je réussis à reprendre mes esprits pour me concentrer sur ce qu'elle allait m'annoncer.
– Ce soir, tu pourras récupérer ta chambre.
– Euh, sois plus claire.
– Ben m'a annoncé sur le trajet du retour que les travaux étaient finis. Donc dès ce soir, nous emménageons ensemble dans notre propre appart'… Et je te rends ta chambre.
– Ah c'est… super.
Pour une raison inconnue, je n'ai pas réussi à mettre plus d'enthousiasme et de conviction dans ma voix, alors que j'étais ravi de cette nouvelle. J'allais enfin pouvoir dormir correctement.
Vu l'expression de Bianca, elle devait également se poser des questions sur ma drôle de réaction. Alors avant qu'elle ne me demande la moindre chose, je remis sur le tapis le sujet « Sénat ».
– J'imagine que tu as rencontré quelques sénateurs. (Ma voix manquait encore d'un semblant de conviction. Bianca voulut contester, mais elle se ravisa et préféra répondre à mon propos.)
– Le terme le plus approprié serait « croiser ». Je ne leur ai pas parlé. Par contre, j'ai rencontré le sénateur de Fondor et son fils. Enfin, surtout le fils d'ailleurs.
– Qui sont… ?
– Amun et Cal Kiptorio.
– Ha ! Cal Kiptorio !
– Tu le connais ?
– Pas personnellement mais… Disons qu'Allana est une grande fan.
Bianca m'interrogea du regard et je ris en pensant à la réponse que j'allais lui donner.
– Il est très populaire auprès des filles.
– Hum, son physique doit aider pour ça.
– Il est si beau qu'on le dit ?
– Je ne connais pas sa réputation mais je peux approuver cette idée. Il est juste… chiant au plus haut point.
J'avoue que je ne m'étais pas attendu à cette réponse.
– Il me fait penser à un de ces gars dans les hologrammes publicitaires, reprit Bianca. Il ferait une promotion parfaite pour des produits destinés à faire blanchir les dents.
Je ne sais pas pourquoi, mais cela me rassura qu'elle critique ce mec dans son dos. Enfin, je ne le connais pas moi-même (et l'avis d'Allana était loin d'être le plus objectif).
– Mais sinon à part ton petit accrochage avec lui, qu'as-tu pensé de ta visite ?
– Honnêtement, c'était vraiment intéressant. Voir ces hommes et ces femmes décider de ce qui allait se jouer, comment les problèmes allaient être résolus ; ça m'a impressionné. Je suis même admirative.
– Ils restent plus assis dans leur villa de luxe qu'à s'intéresser aux problèmes du petit peuple.
Elle tourna la tête si vite dans ma direction que je crus qu'elle allait se détacher de son cou. Je vis à son visage qu'elle était choquée de mes propos. Ou juste surprise.
– Je n'ai rien d'autre à ajouter, continuai-je pour ma défense. Je ne m'intéresse pas à la politique. De toute façon, je n'ai pas confiance en eux.
– Mais… ce sont eux qui nous dirigent.
– J'ai foi en la République, pas en les politiciens. Pour moi, ils se ressemblent tous.
– Tu les méprises à ce point ? continua-t-elle de me demander, toujours aussi calme.
– Disons que plus je me tiens éloigner d'eux, mieux je me porte.
– Mais… (Elle réfléchit quelques secondes avant de reprendre.) Tu préfères un bon système politique gouverné par des incapables ou par une élite ? Quel est le mieux ? Des hommes riches et égocentriques mais qui savent quoi faire, ou des gens qui n'y connaissent rien et qui risquent de mener la démocratie à la dérive ? (2)
Je me mordis fortement la langue pour me retenir de rétorquer. Je respirai profondément pour me calmer, quand je sentis le goût du sang dans ma bouche.
Qu'avais-je à répondre ? Je n'aurais même pas su appuyer mes propos. Je n'avais aucun argument. Je ne savais pas quel était le mieux.
Oh et puis j'ai juré tout petit de ne plus penser aux affaires politiques ! Et ce n'est pas une question piège de Bianca qui allait changer cela.
Je hais la politique, un point c'est tout !
Un silence pesant s'était installé entre nous. Enfin, ce n'est pas comme si le silence régnait dans toute la pièce puisque Luke et Ben n'en avaient visiblement pas fini avec leur dispute.
J'aurais souhaité n'importe quoi pour me sortir de cette situation embarrassante.
Puis le ciel sembla avoir entendu mon désespoir.
J'entendis des bruits de pas vifs et rapides. Bianca et moi jetâmes un coup d'œil dans le couloir, et nous vîmes Jaina Solo qui courait dans notre direction. Elle nous salua brièvement avant d'aller s'adresser au duo Skywalker. Après un bref échange, ils quittèrent la pièce. J'avais remarqué que Ben avait passé une main sur l'épaule de sa fille et lui avait lancé un regard inquiet et désolé avant de partir.
Une fois de plus, on se retrouva à deux avec pour seule compagnie le silence que j'avais provoqué involontairement.
– Et si on allait échanger quelques coups, proposai-je soudain en souriant afin que Bianca accepte l'idée. Histoire de voir si tu as progressé en deux semaines.
– Euh… oui, ça peut être bien, dit-elle en bégayant avant de reprendre de l'assurance.
– Peut-être que j'accepterai de te montrer une technique spéciale.
On trouva un coin tranquille, à savoir le grand hall du Temple. Pour une raison que j'ignore, il était presque vide aujourd'hui – et cela avait été le cas quasiment toute la journée.
Nous retirâmes nos capes respectives avant de déployer nos lames, verte et mauve de part et d'autre, l'une face à l'autre.
– Alors, c'est quoi ta technique spéciale, monsieur je-me-crois-supérieur ? demanda-t-elle avec un regard curieux.
– Patience, jeune Padawan.
– Tu n'es pas autorisé à m'appeler ainsi.
– C'est pourtant ton statut.
– Et le tien aussi.
– Sauf que j'ai plus d'expérience alors, laisse parler le maître, lui répondis-je en faisant la révérence, me moquant de moi-même.
Elle rit mais reprit son sérieux lorsqu'elle remarqua le mien.
– Bon, alors ce coup-ci je l'ai appris assez tardivement dans ma formation. Mais comme d'après Ben, tu es douée et que tu apprends vite, je vais te le montrer. On va échanger quelques coups mais je te demanderai de ne pas trop me résister, histoire que tu comprennes la technique.
Elle acquiesça et nous nous mîmes respectivement en position d'attaque, attendant que l'autre frappe le premier. Je savais d'ores et déjà que ce serait elle : elle manquait trop de patience. Mais il fallait avouer que la spontanéité lui allait à ravir.
Bianca tint plus longtemps que je ne l'aurais cru… Soit dix secondes à peu près. Je n'eus aucun mal à parer sa première attaque. Ses coups manquaient encore d'une certaine précision mais ils étaient tout de même fluides et sûrs d'eux. Elle n'avait pas peur d'attaquer.
Si j'étais avantagé par ma force, ma taille et mon expérience, Bianca quant à elle était plus rapide et plus souple. La balance était toujours en ma faveur, mais pas à 100%. Bianca avait le don d'être surprenante et de se trouver là où on ne l'attendait pas.
Oui, j'ai appris tout cela d'elle en deux semaines !
Alors qu'elle avait paré un autre de mes coups, je fis en sorte qu'elle ne relance pas d'attaque. Elle était essoufflée.
– Okay. C'est maintenant que je te demande de ne pas résister. Prête pour le coup spécial.
Elle hocha la tête et fut prise de cours par mes soins.
J'avais vu à sa tête qu'elle n'avait pas eue le temps de comprendre ce qui lui arrivait.
En même pas une seconde, j'avais effectué une pression sur son épaule avec ma main libre, la surprenant et la déconcentrant quelques instants. Ainsi, j'avais pu la désarmer sans problème, et l'attirer contre mon corps, la lame de mon sabre laser sous sa gorge. Le tout en étant passé au-dessus d'elle.
Ma respiration était saccadée. La sienne aussi. Je sentais mes poumons se gonfler d'air à chaque inspiration et se rétrécir à chaque expiration. J'en déduisis la même chose pour Bianca puisque je voyais sa poitrine se soulever et s'abaisser au même rythme que sa respiration.
Je pouvais sentir le parfum qui se dégageait de ses cheveux et de sa nuque. Il était doux et sucré. Agréable à mon sens.
– Zack ? m'appela-t-elle, plus aussi sûre d'elle maintenant que j'étais en position de force. Si tu n'éloignes pas ce sabre de moi tout de suite, j'ai vraiment peur pour ma tête… Et je tiens à garder la tête sur les épaules, du moins physiquement.
Je réussis à faire sortir mon cerveau de son drôle d'état. Ça, ça ne l'a arrangé. Vraiment, le cerveau de Zack Perkins avait besoin de vacances !
– Comme tu as dû le deviner, recommençai-je en étant encore quelque peu déconcerté. Ce mouvement fonctionne surtout sur un adversaire qui n'est pas armé d'un sabre laser. Je ne l'ai pas fait, mais tu peux bien sûr utiliser la Force pour désorienter ton adversaire et-
– Mais voyons Zack, m'interrompit-elle en souriant. (Je sentis la blague venir à vingt mètres.) Pour désorienter l'adversaire, il te suffit juste de l'hypnotiser avec ton regard.
Qu'est-ce que je disais ! Une remarque à la Bianca. Je soupirai en riant presque.
– Je pense que toi aussi tu pourrais appliquer cette technique, tentai-je de me reprendre en main.
– Je ne pense pas y arriver.
– Mais si ! Il faut juste que tu l'adaptes à ton style. C'est sûr que si tu essayes de faire exactement comme moi, tu n'y arriveras. Je suis plus grand et j'ai plus de force.
– C'est sûr que mon petit gabarit est incapable de faire ça, dit-elle, plus aussi d'humeur à faire des blagues.
– Mais justement, fait de ton « petit gabarit » un avantage, dis-je en reprenant ses mots. Il te permet d'être plus rapide dans les combats rapprochés. Et puis tu es souple.
– Zack, je ne pense pas que la danse puisse me sauver dans un combat. A moins que je sois accompagnée en permanence d'une lumière tamisée et d'une tenue voyante.
Les images du numéro de danse au Gengou Bar défilèrent devant mes yeux.
Je remuai ma tête avant de perdre complètement pied.
– Je ne dis pas ça. Je dis juste que cela peut te permettre d'effectuer des mouvements auxquels l'adversaire ne s'attend pas. Aller, essaye.
Bianca essaya à plusieurs reprises d'appliquer la technique et les conseils que je lui avais donnés : ce fut un échec cuisant.
Puis à un moment, elle eut comme un déclic et ses mouvements changèrent.
Elle abandonna l'idée de m'attaquer de front et esquiva ma première attaque. Puis elle disparut complètement. Par réflexe, je baissai le regard vers le sol : rien.
Et sans prévenir, je la sentis monter sur mon dos. Mon corps flancha un peu sous l'effet de la surprise. La seule chose qui s'exprima de ma part fut mon rire. Il en fut de même pour Bianca.
Dans notre moment d'hilarité, je compris ce qu'elle avait fait pour me surprendre. Elle avait esquivé en passant sous mes jambes, puis elle avait sauté sur mon dos, brandissant la lame de son sabre sous ma gorge.
Ses jambes étaient enroulées autour ma taille, de même que son bras droit tenait fermement mes épaules par devant, et le gauche menaçait mon cou avec le sabre.
– Je dois reconnaitre que c'est très bien joué de ta part, la félicitai-je.
– C'est à mon tour d'être en position dominante.
– Certes mais… Je note une certaine faille dans ton enchainement.
Je brandis mon sabre laser et je sentis son regard se porter sur la lame verte. J'aurai tout donné pour voir sa réaction, constatant qu'elle m'avait certes bloqué, mais pas désarmé. Et que par conséquent, elle n'avait pas gagné.
– Euh… On peut trouver un arrangement, essaya-t-elle de négocier.
Pour toute réponse, je m'aidai de la Force pour l'obliger à quitter mon dos. A peine ses pieds touchèrent le sol que je passai un bras autour d'elle, l'attirant à moi. Je la bloquai, ma lame pouvant tranquillement la menacer par derrière.
– Règle numéro un : toujours s'assurer que l'adversaire n'a aucun moyen de riposter, lui dis-je avec un sourire triomphant.
– Mais règle numéro deux : s'assurer que le père de l'adversaire ne les observe pas en cachette avec un regard de tueur.
Pris de cours et paniqué, je lâchai l'emprise que j'avais sur Bianca et me retournai vivement. J'entendis Bianca littéralement exploser de rire. Elle m'avait bien eu. Certes, Ben venait dans notre direction (en compagnie de Luke et Jacen)… Mais il était à au moins cinquante mètres ! Soit trop loin pour avoir constaté dans quelle position je menaçai sa fille.
Je me retournai vers Bianca en lui lançant un regard noir.
– Tu as vraiment peur de mon père ?! réussit-elle à dire malgré son rire.
– Non ! protestai-je vexé. C'est juste que son comportement envers moi a changé depuis que tu es ici.
– Il n'empêche que je t'ai bien eu.
– Je dis que ce n'était pas du jeu.
– A la guerre, tous les coups sont permis, mon cher.
Je lui donnai un petit coup dans l'épaule, et elle répondit de la même manière. Mon rire se joint au sien. Mais comme je l'avais pressenti, nous fûmes interrompus par le trio que nous avions repéré au loin. Je leur demandai ce qu'il se passait.
– Une offensive a été lancée contre notre base sur la planète Rodia, nous expliqua Luke.
– Zack, nous partons tout de suite sur Rodia pour combattre, me confia Jacen.
Oh non s'il vous plait, pas une nouvelle mission ! Pas alors que mon cerveau a besoin de vacances !
(1) Si vous ne vous en souvenez pas, vous pouvez relire le chapitre 4 « Lidia »
(2) Bon je l'avoue, j'ai été très inspirée pour ce paragraphe par mon cours d'histoire des notions juridiques dans l'Antiquité ^^'
Voilà donc pour ce chapitre. J'espère qu'il vous aura plu. N'hésitez pas à laisser un petit commentaire :D Comme vous l'aurez compris avec les dernières phrases, nous allons partir en mission officielle où va y avoir de la baston ! :D (Enfin je transcrirai au mieux -.-)
Il s'agit du chapitre le plus long depuis le début de l'histoire (soit 22 pages Word et des poussières ! )
Sinon, qu'avez-vous pensé de l'intervention de Bianca face aux politiciens ? Des Kiptorio ? Et pourquoi Zack semble-t-il tant détester les politiques ?
Donc prochainement : on part en mission alors que c'était normalement réglé !
Bien il ne me reste plus qu'à vous dire au revoir et au prochain chapitre. Prenez soin de vous jusque là ! ;)
