N/A : Je remercie toutes les personnes qui prennent le temps de me lire, et de me mettre dans leurs favoris. Cela me fait autant plaisir qu'une review, même si parfois je préférais lire les critiques pour me faire une idée. Je suis heureuse de voir aussi qu'on me lit.

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CHAPITRE XII : OVERFLOWING


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« Tu es une véritable imbécile »

Bella observa le reflet que lui renvoyait le miroir avec un certain dégoût. Elle était parvenue à gâcher son amitié avec Jacob, elle en avait conscience, en moins d'une journée. Comme si sa vie ne l'était pas déjà assez.

Et tout ceci pour quoi ? Parce qu'elle avait « défendu » la cause de Damon ? Au départ, elle n'en avait pas eu conscience, elle avait nié. Mais elle s'en rendait compte, à présent. Il avait eu raison, elle avait tenté de trouver des excuses, comme si cela était important de savoir que Jacob ne détestait pas Damon.

Elle n'était pas censée le détester elle-même, d'ailleurs ?

Bella ne se souvenait plus de ce qu'elle devrait faire, ni de ce qu'elle pensait exactement. Tout ce qu'elle pouvait dire en cet instant, c'était qu'elle avait énormément merdé.

Et encore ! Si cela ne s'était arrêté qu'au départ précipité de Jacob, elle aurait pu s'en remettre. Elle savait que Jake lui reviendrait, un jour ou l'autre, lorsqu'il serait plus calme. Mais comme elle était spécialiste dans le domaine des bourdes, elle ne s'était pas stoppée à cet événement...

Maladresse ou malchance, elle se trouvait bien mal logée.

Il avait fallu que ce satané vampire vienne remettre son grain de sel dans l'histoire. Sans lui, tout ceci ne serait peut-être pas arrivé. Elle n'aurait jamais prononcé des mots qu'elle ne croyait pas penser.

Elle se souvenait parfaitement avec quelle agressivité il lui avait parlé, les jours précédents, elle savait qu'il ne voulait plus la voir. Or, il avait précisément fait son retour ce jour même, alors que Jacob était présent. Pour quelle obscure raison avait-il fait cela ?

Bella savait que ce n'était pas dû au hasard, Damon savait que Jacob était là, et elle se doutait bien que c'était pour cette raison qu'il était revenu si vite, pour mettre son foutu jeu en place.

Si tout ceci ne s'était arrêté qu'à cela, seulement qu'à cette petite entrevue avec Jacob, elle l'aurait sûrement mieux pris.

Mais comme la malchance ne la quittait jamais, il avait continué.

Il savait que Jacob partirait vite, et elle savait que c'était ce qu'il voulait. Peut-être que son meilleur ami représentait un obstacle pour lui et qu'il voulait s'en débarrasser au plus vite. Cela devait-être l'une des principales raisons.

Une fois de plus, il était parvenu à ses fins : il l'avait poussée à bout. Si elle avait eut l'impression durant quelques temps d'avoir gagné une bataille, cela avait été de très courte durée. Elle devait avouer qu'il excellait dans son propre jeu...

Et puis, lorsqu'elle était venue le rejoindre au Manoir, elle n'avait pas pensé au jeu. Non. Pour elle, cela n'en faisait plus parti au départ. Elle y avait été pour obtenir des réponses à ses questions. Parce qu'elle en avait senti le besoin durant cet instant et qu'elle ne pouvait pas penser à autre chose.

Ce n'était bien qu'après que l'idée d'avoir gagné lui était venue à l'esprit. Et encore, cela n'avait duré qu'un court instant à ses yeux.

Il était revenu lui rendre la pareille, en balayant tous ses derniers espoirs de victoire. Il était de retour, et il lui avait bien fait comprendre qu'elle n'avait plus aucune chance. Qu'elle ne reculerait plus, dès à présent.

L'issue de tout cela était encore brouillée, et elle ne savait pas vraiment où tout cela était en train de la mener. Quelle serait la fin si elle ne pouvait plus refuser les règles, si elle suivait son rythme effréné et dangereux ? Parce qu'elle savait que Damon et ses jeux n'avaient rien d'enfantins. Et ce n'était pas quelque chose qui serait drôle. Elle venait d'en faire l'expérience, et elle se souvenait de ses premières sensations lorsque tout ceci avait commencé. Elle avait l'impression que tout ceci durait depuis longtemps, alors que tout se déroulait à un rythme rapide et sans relâchement.

Il était revenu, parce que lui aussi voulait des réponses aux questions qu'il se posait. Et aussi pour lui montrer qu'il n'avait pas faiblement abandonné. Comme si de rien était, balayant la nouveauté que représentait Jacob, très facilement.

Elle ne savait pas ce qui la bouleversait le plus à présent. Ce qu'elle avait répondu, ou les phrases amères que Jacob avait prononcées avant de disparaître ?

En cet instant, la seule chose qui lui tourmentait l'esprit était ses propres réponses aux questions de Damon. Des réponses qu'elle mesurait parfaitement, à présent... Et elle était horrifiée.

Le fait qu'il ait insinué qu'elle avait quémandé son retour en allant le trouver chez lui l'horrifiait d'autant plus. Elle s'était ensuite elle même vendue en ne trouvant pas ses mots, et c'était réellement terrifiant pour elle. Depuis quand était-elle à court d'arguments pour se défendre ?

Damon avait sut la faire taire, en employant des mots bien cherchés, en lui répétant ce qu'elle tentait d'oublier : qu'elle savait déjà qu'il ne tenterait pas de la tuer bien avant de venir au manoir pour soit disant le vérifier.

Et lorsqu'il lui avait demandé pour quelle raison elle était venue, encore et encore, la réponse était sortie de sa bouche sans qu'elle ne l'ait pensé auparavant. Comme si cela était naturel, comme si c'était une évidence. La vérité.

Et pourtant ce n'était pas le cas.

Depuis quand appréciait-elle le jeu ? Et par tous les Dieux, depuis quand exactement désirait-elle qu'il continue de se jouer d'elle ?

Elle avait beau réfléchir, elle était incapable de trouver des réponses. Et comme pour la narguer, la scène se répétait encore et encore dans son esprit, se mêlant à son cauchemar précédent.

A présent, elle était terrifiée. Elle avait peur de ce qu'elle pouvait faire ou dire par la suite, de ce qui adviendrait le jour suivant... Et par dessus tout, elle avait peur de ce qu'il ferait.

Parce qu'avant de disparaître comme il savait si bien le faire, il lui avait fait subir une véritable torture en prononçant cette dernière phrase qui l'horrifiait : « Maintenant c'est à moi de jouer... ».

— Et personne ne reculera, murmura-t-elle ensuite.

Et oui, cela la terrifiait.

Bella quitta son reflet des yeux et entra dans sa chambre. Charlie ne tarderait pas à rentrer, et elle ne supporterait pas d'affronter ses questions au sujet de Jacob. Elle savait à quel point elle était nulle en mensonge dans ces instants là. Il vaudrait mieux reporter cette inévitable conversation au lendemain qui, elle l'espérait, serait bien meilleur que ce jour maudit.

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Damon jeta sa veste en cuir sur le dossier du fauteuil et salua Stefan. Comme à son habitude, il se dirigea vers les bouteilles de bon bourbon. Cette journée avait décemment était meilleure que les précédentes. Pour la première fois depuis bientôt une semaine, il se sentait revivre, et l'ennui avait disparu de son esprit.

Ah ! Comme il s'était délecté de la perdition de Bella... Il ne cessait de revoir la scène, songeant à d'autres plans encore plus délicieux.

Il était facilement parvenu à ses fins. Bella s'enlisait et il en avait conscience. De toute manière, elle s'était-elle même perdue en venant ici par elle-même. Elle n'avait plus le droit de fuir, et il savait qu'elle ne commettrait plus cette erreur une seconde fois. Ou si elle essayait, il ne la laisserait pas faire.

Ce serait un immonde gâchis.

Il émit un léger rire, faisant sursauter son frère qui fronça les sourcils, levant la plume de son ridicule journal intime.

— Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda-t-il soupçonneux.

Damon lui adressa un geste las.

— Rien d'important.

Il parcourut la pièce pour se rendre à l'étage.

La colère qu'il avait ressentit avec violence durant ces jours de solitude et de remise en question était toujours là, mais elle semblait se calmer peu à peu. Elle était plus supportable, du moins. Il savait que tout changerait en sa faveur. Ce serait simple, très simple.

Mais, à présent, autre chose le tourmentait. Il était seul, et le jeu était en pause, ne reprenant que le jour suivant.

D'autres questions le taraudaient, encore. Ce n'était pas habituel pour lui. Il avait toujours été très impulsif, et depuis quelques temps, il évitait de se contrarier. Il n'y parvenait plus depuis un moment déjà, et cela allait bien plus loin qu'il ne le pensait, hors de son contrôle. Et ne pas contrôler ses pensées et ses émotions était quelque chose de très désagréable, pour lui.

Il émit un petit grognement en portant pensivement son verre à ses lèvres.

S'il n'avait pas été si froid et calculateur, il aurait pu mentalement se comparer à Stefan sur quelques points. Et c'était détestable de sa part. Il grimaça. Jamais il n'aimerait lui ressembler en vérité.

Bella était l'une des personnes qui lui était le plus semblabe, ici. Pas du tout au niveau de la personnalité, ce serait vraiment trop étrange pour lui, non. Mais sur d'autres points plus subtils. Elle était vraiment faite pour vivre à Mystic Falls. Tout d'abord par sa connaissance du monde des vampires, et aussi par sa carapace presque efficace. Comme tout le monde ici. Comme lui.

Brisée, joueuse et redoutable menteuse, tout comme il l'était. Mais surtout, elle était semblable à lui à cause des questions qu'elle se posait quotidiennement. Il avait parfois l'impression de ressentir le même désarroi qu'elle, sauf qu'il ne laissait rien voir et que son regard à elle était translucide.

Et elle était l'une des seules personnes à avoir eu un semblant de confiance en lui. Et pour cela, il la respectait autant qu'il la haïssait. Elle avait eut raison, et il détestait être percé à jour. Malheureusement pour elle, il savait reprendre le dessus des choses. C'était ce qui comptait à présent.

Tout ce qu'il avait pu ressentir avant cela n'était rien.

Elle avait perdu, elle avait avoué, c'était tout ce qu'il voulait savoir. Elle avait dit à voix haute ce qu'il voulait entendre.

Mais qu'avait-il ressenti ?

Il avait été partagé entre un mélange de satisfaction, d'étonnement, et surtout de colère. Elle avait avoué aimer ce jeu. Et ce n'était pas son but mais il avait été fortement heureux de l'entendre dire, sans réellement savoir pourquoi. Sûrement parce qu'il savait jusqu'où il pouvait la mener, à présent, grâce à ce qu'elle venait de lui avouer. Au-dessus de cela, il avait été surpris. Parce qu'elle avait déclenché en lui des choses qu'il ne saurait expliquer en cet instant.

Une nuit de repos serait sûrement appréciable. Et il pourrait se soulager l'esprit.

Le lendemain serait bien plus amusant.

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La journée avait été relaxante. Caroline avait su lui remonter le moral, et elle était parvenue à oublier la plupart des événements précédents qui conduirait à sa perte définitive.

Elle s'était remise au travail lors de la journée. Cela avait été d'une aide appréciable. Elle venait presque à regretter de ne pas pouvoir rester une heure de plus dans le lycée qui constituait presque une forteresse protectrice.

Parce que Bella savait que lorsqu'elle sortirait, Damon passerait une fois de plus à l'attaque. Elle était inquiète car elle ne savait pas quelle carte il allait jouer. Elle détestait les surprises, et elle savait que celle qui l'attendait serait sûrement de mauvais augure pour elle.

Il fallait qu'elle soit impassible, il fallait qu'elle soit forte.

Lorsqu'elle franchit les portes et qu'elle rejoignit le parking, un léger sourire se forma sur ses lèvres, la surprenant elle-même, et ses jambes la menèrent automatique jusqu'à la voiture de Damon, sans se soucier du reste.

Par dessus tout, elle avait hâte de lui prouver qu'elle n'était pas faible. Son regard dériva ailleurs, puis elle s'arrêta.

Charlie était là. Elle fit demi-tour, ignorant alors la Mercedes noire et grimpa dans la voiture de fonction de son père, le saluant chaleureusement. Il engagea un demi-tour aisé et lui jeta un coup d'œil étonné.

— Où est Jacob ?

Bella tenta de parler avec une certaine nonchalance pour éviter que son père soit soupçonneux à ce sujet.

— Il est rentré à Forks, il ne pouvait pas rester très longtemps. Je n'ai pas trop compris pour quelle raison, mais, je pense qu'il reviendra nous voir.

— Oui, je l'espère, répondit Charlie visiblement déçu, j'aime beaucoup ce gamin.

Bella baissa la tête et croisa les mains sur ses cuisses. Elle détestait mentir à Charlie, et pourtant, elle n'avait pas le choix.

Elle savait que Damon serait sûrement fâché, parce qu'elle était partie avec son père, mais elle ne craignait rien. Fâché ou pas, elle savait que tout cela n'était que reporté à bien plus tard. Et, finalement, elle trouvait cela amusant elle ne pouvait qu'imaginer la tête qu'il avait pu faire en la voyant partir dans son rétroviseur. Ensuite, elle voyait parfaitement son sourire narquois. Elle savait que ce n'était que partie remise et qu'il finirait par se venger. Étrangement, elle aimait cette alternative.

Bella se reprit bien vite et secoua la tête. Non, cela n'avait rien de drôle, finalement.

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Caroline ne pouvait rester seule. C'était l'une des impressions que Bella avait à son sujet. La jolie blonde ne pouvait dépenser son temps libre sans la présence de l'un de ses amis. Peut-être parce qu'au fond, elle ne voulait par-dessus-tout en profiter. Elle savait que tout ne tenait qu'à un fil, et cette ville semblait être une description parfaite du danger. Caroline voulait profiter de ses amis, de ce qui lui restait à vivre à leurs côtés, parce que tout pouvait basculer d'un jour à l'autre. Même pour les vampires.

Et depuis que Bella était venue vivre ici, elle savait à quel point elle pouvait avoir raison. Quand elle voyait la mine faussement joyeuse d'Elena et de Stefan, celle de Caroline, puis la sienne, elle savait que tout ceci n'était que mensonge et qu'un jour, tout basculerait rapidement.

Seul Damon ne semblait pas atteint par ce qu'il se passait autour de lui. Peut-être qu'au fond, il se cachait mieux que quiconque. Bella savait qu'il ressentait des choses semblables au fond de lui, et qu'il les masquait du mieux qu'il le pouvait. C'était peut-être pour cette raison qu'il passait la plupart de son temps à s'amuser comme un abruti, et par-dessus-tout, comme un véritable salaud.

Bella ne pouvait elle-même rester à se morfondre, sans rien faire. Parce que, quand elle essayait de le faire, elle était bien souvent embarquée avec Caroline dans ses virées décontractées, ou, Damon venait changer sa vision des choses.

C'était donc ça, le changement qui commençait tout juste à s'opérer en elle ? Un changement qu'elle refusait parfois d'accepter tandis que d'autres fois, elle semblait vouloir s'y jeter entièrement. Était-ce réellement bénéfique pour elle ?

Elle perçut une voix féminine à l'étage du dessous, puis son père l'appela en bas des escaliers. Bella quitta alors sa chambre et descendit prudemment les marches il était inutile qu'elle tombe lamentablement comme elle en avait l'habitude.

Elle sourit lorsqu'elle découvrit Caroline, sur le pas de la porte.

— Entre, prononça-t-elle en se souvenant qu'elle ne pouvait pas passer si elle ne le disait pas.

Caroline sourit à son tour et la rejoignit.

— Une amie à toi ? demanda Charlie visiblement enthousiaste.

— Caroline Forbes, se présenta « blondie » avec tout autant de joie.

Charlie parut d'autant plus enchanté.

— Je rencontre enfin la fille de ma collègue.

La jeune fille pencha la tête en souriant et regarda ensuite Bella.

— Il fallait absolument que je te vois, tu dois venir avec moi au Grill.

Bella écarquilla les yeux.

— Ah bon, pourquoi ?

Caroline haussa les épaules, une lueur amusée passa dans son regard. Charlie décida de s'éclipser dans le salon à cet instant, laissant les deux jeunes filles se retrouver, satisfait par les nouveaux amis de Bella. Il était vrai qu'il n'avait vraiment jamais apprécié les Cullen et il savait que Bella avait toujours été plus que solitaire par la suite, après l'abandon de ses prétendus « amis ». Et la voir à présent entourée de personnes normales de son âge était un pas de plus vers la guérison. Charlie le pressentait et c'était pour cela qu'il laissait Bella se comporter comme elle le souhaitait. Et pour le moment, cela avait été plus que favorable.

Il avait même remarqué que sa fille reprenait des couleurs humaines, au fil des jours. Il lui arrivait parfois de retomber, il le voyait bien, mais elle se rattrapait bien vite. Il découvrait une rage de vivre en elle qu'il ne pensait jamais retrouver.

Après tant de mois de bataille, il savait que sa fille finirait bien par lui être rendue. Il devait cela à Jacob, et à son idée de changement radical.

Bella et Caroline grimpèrent à l'étage, et même si sa curiosité souhaitait le faire écouter aux portes, il s'y refusa et s'affala dans le sofa, allumant la télévision.

Bella guérirait, il le savait.

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— Où est passé Jacob ? demanda Caroline en chuchotant.

Bella ferma les yeux et se reprit :

— Il est parti, et je pense qu'il ne reviendra pas.

La jolie blonde parut étonnée.

— Mais pourquoi ? Il avait l'air de bonne humeur hier !

Bella émit un petit rire jaune et se laissa tomber sur son matelas.

— Oui, il avait l'air, précisa Bella, on va dire que nous nous sommes expliqués, et que ça a assez mal fini.

— Oh... Je suis désolée.

Bella haussa les épaules. Ce n'était pas qu'elle s'en fichait, non, bien au contraire. Mais elle avait compris depuis quelques temps déjà que s'apitoyer sur son sort ne servirait à rien. Jacob était parti, et elle ne pouvait rien y faire. Il fallait lui laisser du temps, tout comme elle savait. Elle en avait besoin, elle aussi.

— Ce n'est rien. C'était inévitable.

— Pourquoi ? Vous aviez l'air de vous entendre à merveille, j'ai failli être jalouse, rigola Caroline.

Bella eut un petit sourire triste.

— On va dire que, comme beaucoup de monde ici, nous sommes experts dans le domaine de « faire comme si ». J'ai fait comme si Jake et moi allions bien depuis trop longtemps, et je crois que ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Jake a craqué, tout simplement. Je ne pouvais pas l'éviter. J'ai été trop loin.

Caroline ne sembla pas comprendre au départ. Elle avait omis de lui raconter énormément de détails au sujet de Jacob et de leur « relation » si l'on pouvait la nommer ainsi. Tout ce que Caroline savait à son sujet, c'était que Jake était son meilleur ami. Rien de plus. Et ce n'était pas tout à fait vrai.

— Jacob me demandait beaucoup trop, et nous nous disputions souvent à ce sujet, mais ça ne durait jamais longtemps. Mais cette fois c'est différent, parce que nous avons craqué tous les deux. Faire semblant que tout va bien n'est pas une bonne chose à faire.

— Je comprends, murmura doucement Caroline, je sais à quel point ça peut-être dur et ce que tu peux ressentir à ce sujet. Je suis désolée Bella.

— Ce n'est pas comme si je ne m'y attendais pas. Il n'a suffit que d'un élément déclencheur pour que tout se termine. Je ne peux pas faire semblant d'aimer quelqu'un. J'aime Jacob, mais pas comme il l'aurait voulu, tu comprends ? Et il me demandait souvent d'essayer, sauf que je savais que cela n'aurait rien donné d'autre qu'une foutue destruction mutuelle. Cela n'aurait servi à rien d'essayer. Il ne voulait pas le comprendre.

Caroline posa sa main sur son épaule.

— N'y pense plus, il comprendra ce que tu as voulu dire un jour, tu verras.

Bella releva les yeux. C'était bien plus compliqué que cela, elle le savait. Il devait la haïr à présent, et elle avait été incapable de pleurer sa perte. Il avait été là pour elle durant des mois, quand elle ne ressemblait plus qu'à un cadavre, il avait recollé légèrement les morceaux avant de l'envoyer ici, pour l'aider à survivre. Et tout ce qu'elle avait su faire pour le remercier était de le rendre malheureux. D'un côté, elle savait qu'il avait lui aussi ses torts, mais d'un autre, elle s'en voulait terriblement.

Caroline ne la laisserait pas se morfondre après les confessions viendrait le temps d'oublier pendant quelques minutes, quelques heures. C'était une chose dont elle semblait experte et Bella l'en remerciait parfois.

— Les hommes sont de véritables imbéciles, crois-moi, répliqua Caroline avec une mine sombre.

— Pourquoi, qu'est-ce qu'il se passe avec Matt ?

— En vérité, je n'en sais rien. Il devient de plus en plus distant et je ne comprends pas. Dès que je veux lui parler, il trouve toujours une excuse. C'est très déstabilisant pour moi et je n'ai pas vraiment besoin de ça maintenant.

Bella eut un petit sourire doux.

— Je confirme, les hommes sont idiots.

— Nous en avons d'ailleurs de très bons exemples.

Bella acquiesça. Entre Edward, Damon, Jacob et maintenant Matt, il était certains que leurs exemples étaient presque hors du commun. Cette pensée la fit rire et Caroline la suivit bientôt, mais Bella lisait une certaine tristesse au fond de ses yeux.

— Alors, vu que nous sommes toutes les deux de plus en plus mal logées, j'étais venu te proposer une autre virée au Grill, pour nous détendre. Rien que nous. Elena a quelques problèmes en ce moment et Stefan reste avec elle. Pas de garçons !

Bella sourit.

— Et Tyler ? Il va sûrement y être.

— Oh, Tyler reste toujours supportable… pour un homme, se moqua la jolie blonde.

Elle ne savait pas si Damon y serait, mais elle savait qu'il finirait par venir la trouver au bar. Et puis, elle avait bien besoin de se détendre, elle aussi. Elle en avait bien le droit, depuis le temps où elle se sentait en totale perdition. D'autant plus que rien ne semblait s'arranger pour elle aujourd'hui.

— Très bien, toutes les deux… répondit Bella.

Le regard de Caroline s'illumina.

— Merci Bella.

Sa voix était bien plus douce que d'habitude, elle savait que la jeune fille était sincère.

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Bella avait revêtu une robe légère, sous les conseils de Caroline. Et elle ne s'y sentait pas réellement à l'aise, mais elle tenta de faire plaisir à « Blondie » qui conduisait jusqu'au centre-ville. Le soleil était encore haut dans le ciel, et la chaleur était déjà plus supportable pour elle. Elle savait qu'elle s'habituait de plus en plus à cette nouvelle vie qu'on tentait de lui offrir. C'était un pas de plus, même si parfois, tout s'effondrait totalement.

Lorsqu'elles arrivèrent au Mystic Grill, leur lieu de prédilection, Bella fut satisfaite de voir qu'il n'y avait pas énormément de monde contrairement aux autres jours.

Elle retrouvait à la même place que d'habitude, le professeur d'histoire, Alaric, un ami de Stefan et Elena. Sûrement de Damon, même si elle doutait que celui-ci ait beaucoup d'amis proches avec un tel caractère.

Le vampire n'était d'ailleurs pas présent. Mais elle était persuadé qu'il finirait par passer les portes du bar, et venir l'enquiquiner. Et au fond, ce n'était pas si désagréable pour elle à présent, même s'il pouvait aller beaucoup trop loin. Cela n'avait jamais été un problème, sans qu'elle ne sache pourquoi.

Elle supposait qu'une vague de lycéens arriveraient un peu plus tard. Elle ne savait d'ailleurs pas combien de temps Caroline souhaiter rester, et elle s'en moquait. Elle était invisible ici.

La jolie blonde choisi une table éloignée des autres qui jouaient au billard autour d'un verre et salua Alaric d'un sourire aimable, mais faux, Bella savait le reconnaître, à présent.

Elle devinait d'ailleurs que Matt ne travaillait pas ici aujourd'hui et que Caroline en profitait pour venir. Ce fut Jeremy Gilbert qui vint prendre leur commande.

— Hé, Jeremy ! Qu'est-ce que tu fais-ici ?

— Oh, je remplace Terry, et j'ai besoin d'argent.

Il sourit aux deux jeunes filles, et attendit.

— Un scotch, demanda Caroline avec fermeté.

Bella la regarda, surprise. Elle se souvenait très bien de Damon qui avalait très facilement chacun de ses verres, et pour elle, ce genre de boisson alcoolisée n'était pas pour les filles. Mais Caroline semblait déterminée et elle songea que sa condition de vampire devait l'aider à supporter plus de choses qu'une simple humaine.

Jeremy ne sembla pas étonné par sa demande mais leva un sourcil.

— Contrariée ?

— Tu n'imagines même pas à quel point, répondit amèrement Blondie, mais ce n'est rien. Bella, tu prends quoi ?

Elle hésita. Elle se souvenait parfaitement du goût agréable du Punch qu'elle avait bu à la dernière soirée, mais elle se savait peu résistante à l'alcool. Après tout, elle ne buvait jamais auparavant, elle n'y connaissait pas grand chose.

Elle savait qu'à Forks, la plupart des filles de sa classe, qu'elle ne connaissait pas très bien —et qu'elle ne souhaitait pas connaître à cause de leurs commérages—, buvaient de la Vodka lorsqu'elles sortaient.

— Une vodka, dit-elle après quelques secondes de réflexion.

Jeremy n'hésita pas non plus. Elle savait que normalement, elles n'avaient pas le droit de boire à leur âge, l'âge conseillé étant de vingt-et-un ans.

Le frère d'Elena les quitta un instant pour retourner derrière le bar et préparer leurs commandes. Caroline lui fit un clin d'œil amusé, puis elle balaya la salle du regard, à la recherche d'un visage connu. Elle se pencha vers elle, par dessus la table, et Bella devina qu'elle avait une confidence à lui faire. Complice, la jeune fille tendit l'oreille.

— J'ai oublié de te dire, mais ne sois pas étonné que Tyler soit toujours avec toi lorsque tu viendras pour son anniversaire. Je crois qu'il a un faible pour toi.

Bella fronça les sourcils. Il ne manquait réellement plus que ça ! Mais au fond, elle ne pouvait pas dire qu'elle ne s'en doutait pas. Mais là, c'était une confirmation.

— Oh... Il te l'a dit ?

Caroline sourit.

— Je le connais, murmura-t-elle, je sais parfaitement quand une fille lui plaît ou non. Je voulais te prévenir, simplement. Je sais qu'il ne t'intéresse pas. Donc, détends-toi et ne soit pas étonnée.

Bella rougit, gênée. Elle ne pensait pas être si prévisible. Caroline rit légèrement.

— T'inquiètes pas pour ça, il ne fera rien, mis à part s'il est saoul. Dans ce cas là, sauve-toi, ironisa la jolie blonde tandis que Jeremy rapportait leurs verres.

Bella se détendit, finalement. Cela n'avait aucune importance, elle doutait que Tyler en serait profondément vexé, comme Jacob l'avait été. Mais il ne semblait pas si rancunier…

« Blondie » leva son verre dans sa direction et Bella renifla le sien avec méfiance avant de la suivre.

— Aux déceptions ! précisa Caroline.

— Aux déceptions, tu as raison, répondit Bella amusée.

Elle grimaça en trempant ses lèvres dans le liquide. Elle sentait plus le goût brûlant de l'alcool que celui du jus de fruits qui l'accompagnait. Caroline, elle, prit une bonne gorgée de l'alcool ambré sans en paraître écoeurée.

Bella se demandait si elle n'était définitivement pas différente des autres filles, puis se souvint qu'Elena ne buvait pas non plus. Du moins, elle n'était pas aussi à l'aise que Caroline.

La jeune fille décida qu'elle devrait tenter de s'y habituer et porta de nouveau le verre à ses lèvres, sans hésiter.

— C'est Damon qui t'intéresse, pas vrai ?

Elle s'étrangla, et manqua de défaillir à cause de la brûlure que provoquait la gorgée mal avalée de Vodka dans sa gorge. Elle toussait avec violence, puis parvint finalement à se calmer, les yeux rougis et larmoyants.

— Désolée, j'aurais dû attendre que tu finisses…

— Damon ne m'intéresse pas ! se défendit piteusement Bella d'une voix encore rauque et cassée.

Caroline fit une moue amusée et la quitta des yeux un instant.

— Je t'assure que c'est vrai, continua la jeune fille avec un certain désespoir.

— D'accord, d'accord, répondit Caroline en tentant de masquer le petit sourire qui naissait sur ses lèvres, mais tu sais... Ce n'est pas une honte de...

— Il ne m'intéresse pas, je veux juste parvenir à lui faire fermer son clapet pour une fois dans sa vie.

Caroline pencha la tête, pensive et plus sérieuse.

— Tu risques de t'y brûler les ailes, si je puis dire, personne n'y est jamais arrivé, la prévint-elle.

Elle ne répondit pas au départ, parce que son esprit lui criait qu'elle avait raison et qu'au fond, elle voulait la contredire.

Elle avait l'impression de s'être déjà brûlé les ailes —si elle en avait déjà eu—, depuis bien longtemps. Pas vraiment depuis sa rupture avec Edward, non, depuis qu'elle était arrivée ici. Il lui restait encore quelque chose de censé lorsqu'elle était à Forks. Elle déprimait, certes, mais elle était encore capable de penser de manière intelligente, parfois.

A présent, depuis qu'elle était arrivée à Mystic Falls, tout était bien différent. La dépression qu'elle subissait semblait s'être adoucie, mais elle se sentait totalement perdue depuis le jeu. Elle ne cessait de tenter de refaire surface, de redevenir une jeune fille comme les autres, qui n'était pas obligée de mentir à tout le monde. Quand elle parvenait légèrement à un changement, elle prenait peur et régressait, retombant un peu plus bas à chaque fois. Et lorsque cela lui arrivait, c'était parce que Damon était passé par là et l'avait provoquée.

Alors, elle pouvait dire que d'une certaine manière elle s'était déjà brûlé les ailes. Cependant elle nia devant Caroline, même si elle savait que celle-ci n'était pas aveugle et encore moins idiote.

— Alors, si tu n'es pas intéressée par Damon, qu'est-ce qu'il se passe entre vous ?

Bella hésita et fit tourner son verre long drink entre ses doigts fins, pensive. Elle ne savait pas elle-même ce qui leur arrivait, mais elle pouvait déjà donner un début de réponse.

— Ce n'est qu'un jeu, murmura-t-elle, un simple jeu et quelques défis, rien d'autre. On va dire que je n'ai pas vraiment le choix, tu connais Damon, non ?

— Oui, je vois ce dont tu veux parler, mais … Enfin, c'est peut-être une impression, mais je crois que ça ne te déplaît pas, non ?

Bella haussa les épaules.

— Ça ne me dérange pas, répondit-elle, ce n'est rien de grave, il s'amuse et je le laisse faire dans la limite du raisonnable.

Il y avait eu un léger tremblement dans sa voix, signifiant bien qu'elle mentait, et Caroline le savait.

— Vraiment ? Damon raisonnable ? Tu es certaine que nous parlons de la même personne ?

Bella s'empourpra très légèrement et secoua la tête.

— Oui, c'est juste que je suis capable de supporter ses humeurs, et puis même si j'aimerais que tout ceci s'arrête, je ne peux rien faire d'autre que d'attendre qu'il change de passe-temps, ironisa Bella.

Mensonge, encore une fois. Elle s'étonna elle-même. Mentir à ce point n'était pas très habituel. Surtout quand cela concernait Damon.

Comment pouvait-elle dire que cela ne la dérangeait pas ? Cela aurait dû la déranger ! Elle aurait dû ne pas se laisser faire, si elle avait été normale. Caroline devait le savoir, elle n'était pas dupe. Bella était en train de combattre mentalement deux parties d'elles qui se perdaient.

— J'avais raison, murmura Caroline avec prudence et amusement, tu vas te brûler les ailes, Bella.

La jeune fille releva ses yeux verts sur son amie, étonnamment translucides.

— C'est déjà le cas depuis bien longtemps.

Elle baissa les yeux et avala le contenu de son verre d'une traite. Elle se souvenait qu'il n'y avait rien de mieux pour oublier tout ce qui la tracassait depuis trop longtemps. Caroline la suivit. Elle aussi semblait perdue et malheureuse, au fond.

— Fais attention à toi Bella, je n'aimerais pas qu'il t'arrive quelque chose, et Elena non plus, tu le sais.

Bella et Caroline passèrent à nouveau commande et quand Jeremy s'éloigna de leur table, la jeune fille répondit.

— Je sais, ne t'inquiètes pas, je vais déjà mieux, je pense. Je n'ai pas peur de Damon, si c'est ce que tu insinues, j'ai peur de beaucoup d'autres choses, mais pas réellement de lui.

Caroline haussa les épaules.

— Tu fais ce que tu veux… je sais qu'à ta place j'en ferais moi-même qu'à ma tête, murmura-t-elle, mais je préfère te prévenir.

— Tu l'avais déjà fait, Caroline, sourit doucement Bella, et je te remercie de te soucier de moi, ça m'a fait beaucoup de bien.

« Blondie » retrouva son sourire.

— A moi aussi, Bella.

Elles trinquèrent à nouveau, et Bella ne grimaça pas autant en buvant sa première gorgée.

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Damon savait que Bella ne l'avait pas rejoint dans la voiture parce que son père s'était pointé à l'improviste, visiblement en pause. Il n'avait donc été que légèrement vexé. Il était rentré pour quelques temps au manoir, en compagnie de Stefan et d'Elena, et il avait passé son temps à les persécuter pour éviter de s'ennuyer définitivement.

Il avait ensuite été fortement étonné de voir que Bella n'était pas chez elle lorsqu'il avait voulu aller continuer ce qu'il avait laissé inachevé la veille.

Après la surprise été venu la colère. Elle savait qu'il serait venu, et elle avait tout bonnement disparue. Pour aller où, d'ailleurs ? Il n'était pas question qu'il attende ici, et encore moins qu'il rentre au manoir pour s'y ennuyer comme un rat mort. Rester seul n'était pas une alternative à choisir, en sachant qu'il pouvait très bien être d'une humeur massacrante ensuite et que cela risquerait d'être très dangereux pour ceux qu'il croiserait.

Voulait-elle vraiment le vexer à nouveau ? Si c'était le cas, elle n'était pas très maline, parce que même si elle avait réussi, elle devait savoir que cela finirait par mal tourner, et ce serait vraiment dommage pour elle.

Ou bien, elle avait fini par être entraînée par l'un des « amis » d'Elena, ce qui était plus probable, même si elle semblait vraiment être en colère à cause de ce qu'il avait fait la veille pour lui faire perdre tous ses moyens, et la partie par la même occasion.

Elle pouvait être certaine que cela n'en resterait pas là. Il l'avait bien précisé. Il n'était plus question pour elle de reculer, ni pour lui, et il espérait franchement que ce n'était pas ce qu'elle tentait de faire à présent. Il monta à nouveau dans sa voiture et démarra en trombe. Il était temps de prendre un verre.

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Bella et Caroline riaient à présent. Ce n'était pas vraiment l'effet de l'alcool, non. Elles riaient pour ne pas pleurer, parce qu'elles savaient qu'il n'y avait que cela à faire, après s'être mutuellement confiées. Elles savaient que rire pouvait les aider et c'était ce qu'elles tentaient de faire.

Les effets de l'alcool sur Bella étaient tout autres, mais pas totalement désagréables. Elle avait entendu beaucoup de chose à propos des filles qui buvaient sans en avoir l'habitude. La plupart de celles qu'elle avait vu boire ainsi s'étaient plaintes d'avoir envie de vomir, d'avoir trop chaud, tenant à peine sur leurs jambes, se ridiculisant définitivement... Ce n'était pas son cas.

Elle se sentait relativement bien. Ni trop chaud, ni trop froid, elle ne se sentait pas malade et n'avait aucunement l'envie de se mettre à danser sur la table, toute nue, aguichant les nouveaux arrivants du bar. Non.

Bella avait l'impression d'être apaisée. Autant physiquement que mentalement. Elle ne pensait à rien de douloureux, ni de compliqué, elle n'était plus crispée. Et Caroline semblait plus détendue qu'auparavant, même si elle doutait que ce soit vraiment l'alcool qui ait cet effet sur elle, ou sa présence à ses côtés, pour la soutenir.

Quelle qu'en soit la raison, elles riaient, et Bella en était soulagée.

Le bar semblait se remplir de plus en plus, elle voyait Jeremy faire de rapides allers-retours entre les différents clients. Tyler était lui aussi arrivé, sortant visiblement de son entraînement, et paraissait d'excellente humeur.

Bella observa la course rapide de Jeremy et s'en amusa. Il y avait un bruit de plus en plus monstrueux dans le bar, mais on distinguait quand même la musique. Elle se détendit et termina son verre, répondant aux questions et blagues de Tyler. Caroline se figea et Bella fronça les sourcils.

— Matt est là, cria-t-elle pour se faire entendre.

Tyler se tourna pour vérifier ses dires.

— Tu veux que je le retienne ?

Caroline acquiesça.

— Tu devrais vraiment aller lui parler, la conseilla Bella tandis que le garçon s'éloignait et entraînait Matt vers le billard, je suis sûre que ça s'arrangera.

La jolie blonde haussa les épaules, dubitative, et à présent de mauvaise humeur. Bella fit la moue et la tira hors de son siège.

— Hé ! se plaignit la jeune fille en avalant son verre, où tu m'emmènes ?

— Lui parler.

Si, au moins, elle pouvait aider Caroline, Bella n'hésiterait pas, quitte à ignorer ses protestations. Elle la poussa jusqu'au billard où elle avait repéré les deux garçons quelques minutes plus tôt, et recula pour se frayer un chemin jusqu'aux toilettes.

Elle fut saisie par un bras et une main qu'elle connaissait bien se plaqua contre ses lèvres avant qu'elle ne puisse crier de surprise. Elle ferma les yeux et son dos rencontra un mur épais et froid, fermement, mais sans douleur. Elle frissonna et les rouvrit.

Bella entendait toujours les rires et les conversations des autres, et la musique dominait le tout, mais elle n'était plus dans la salle principale. Elle ne savait pas où il l'avait entraînée, mais cela ressemblait sérieusement à un entrepôt miniature, il y avait de tout. Elle était coincée entre deux grandes palettes remplies de fûts de bière. A cet endroit, la lumière filtrait à peine, elle était à demi dans l'obscurité. Elle soupira, soulagée. Ce n'était que Damon, év idemment. Elle avait eut peur l'espace de quelques secondes, juste le temps qu'elle réalise qu'elle connaissait ce parfum.

— Tu… commença-t-elle.

Il posa un doigt sur des lèvres et resta immobile, un sourire naissant sur les siennes. Elle ne comprit pas pour quelle raison il était si important de se taire. Puis elle glissa les yeux vers la partie éclairée de la petite pièce où Jeremy venait de passer, très proche d'eux, sans les voir. Il saisit un fût, le hissa dans ses bras, puis sur son épaule, et ouvrit la porte d'un coup de pied avant de la refermer.

Bella plongea son regard dans celui de Damon et elle se détendit.

— Tu as failli me tuer !

Son cœur battait toujours à tout rompre et ne semblait pas vouloir se calmer. Il ricana.

— Je croyais que tu étais sûre que je ne te tuerais pas ?

L'ironie était largement mesurable dans sa voix, et Bella s'en amusa. Elle sourit.

— Pourquoi tu m'as emmenée... Là dedans ?

Il se retourna, pour parcourir la petite pièce du regard, comme s'il semblait seulement remarquer ce qui les entourait. Dans l'immensité océanique de ses yeux, elle décela une étrange lueur. Il se contenta simplement d'un petit sourire en coin.

— Peut-être que je n'ai pas apprécié ta subite disparition...

Il voulait se faire menaçant, mais Bella savait qu'il ne faisait que jouer. Elle ne lisait pas vraiment de colère dans son regard.

— C'est Caroline qui m'a embarquée, je n'ai rien pu faire, fit-elle en se souhaitant enjôleuse.

Elle ne savait pas d'où lui venait cette voix et cette assurance qu'elle ne se connaissait pas, et elle se reprit instantanément. Il était inutile de se ridiculiser un peu plus pour ensuite le regretter amèrement. Elle peignit un masque d'indifférence suprême sur son visage, même si elle savait que les pulsations irrégulières de son cœur la trahissaient.

— Qu'est-ce que tu veux ? fit-elle finalement.

— Quel accueil ! il en se courba de moitié, tu m'en veux encore pour hier ?

Elle haussa les épaules. Il était faussement attristé.

— Un peu. Et tu le sais.

— Et je m'en réjouis, se moqua-t-il.

Elle lui jeta un regard noir et il rit légèrement.

— J'adore quand tu me regardes de cette manière là, fit-il d'une voix doucereuse.

— Arrête, siffla-t-elle, lâche-moi, je vais rejoindre Caroline. Elle doit me chercher partout.

Il fit une moue déçue, ce qui l'agaça légèrement autant que cela l'amusa. Il s'écarta d'elle, la défiant de partir. Elle ne bougea pas.

— Tu vois ? Ta victoire était de courte durée.

Il cherchait à la déstabiliser, elle le savait. Cependant, elle ne s'énerva pas.

— Je m'en fiche. De toute façon tu sais aussi bien que moi que tu gagneras toujours.

Il sourit.

— Tu devrais boire plus souvent, ça te rend réaliste.

Bella rit légèrement et haussa les épaules. Elle se décida enfin et voulut le contourner pour passer entre les deux palettes et sortir discrètement. Elle sentit ses yeux du plus pur des azurs glisser sur elle tandis qu'elle passait avec lenteur, sans qu'il ne daigne bouger.

— Et tu devrais t'habiller comme ça plus souvent, ajouta-t-il alors qu'une flamme s'allumait au fond de ses prunelles charmeuses.

Elle s'arrêta et se regarda, s'empourprant très légèrement. Elle avait presque oublié qu'elle portait une robe pour la première fois depuis bien longtemps et le regard que le vampire posé sur elle consummait sa peau nue. Son cœur s'accéléra et elle ne se retourna pas, posant sa main sur la poignée, elle quitta la pièce.

Elle resta un instant devant, immobile, le cœur toujours affolé dans sa poitrine, et les sens en éveil. C'était une sensation étrange qu'elle mit d'abord sur le compte de l'alcool, puis sur une folie passagère.

Mais cela ne se calma pas et quelques secondes plus tard, Bella entrait à nouveau dans la pièce, où Damon était resté, fouillant dans les réserves pour voler une bouteille. Elle sourit, il se retourna.

Elle resta quelques secondes appuyée contre la porte, pour garder son équilibre, puis lâcha la poignée, le rejoignant en quelques foulées rapides et assurées.

Il y avait quelque chose qui lui manquait depuis pas mal de temps et qu'elle venait de remarquer. Elle voulait y remédier, juste pour voir si la sensation oppressante disparaîtrait ensuite. Une petite expérience.

Il haussa les sourcils surpris de la voir s'approcher de lui aussi déterminée. Il reposa la bouteille qu'il tenait, et qu'il allait boire, par prévention.

Bella ne savait pas si ce qu'elle s'apprêtait à faire l'aiderait ou non par la suite, mais elle ne reculerait pas comme il le lui avait demandé la veille. Les règles, ça ne se discutait pas.

Elle s'arrêta très légèrement, hésitante.

— Et merde !

Tout se déroula en une seconde, sans qu'elle ne puisse stopper le processus. Dans un premier temps, ce furent ses bras qui s'enroulèrent autour de la nuque du vampire, puis, elle se dressa sur la pointe des pieds, collant son corps contre le sien comme s'ils avaient toujours étés destinés à s'emboîter à la perfection. Enfin, elle l'embrassa.

Il resta quelques secondes surpris, alors qu'elle avait pris ses lèvres d'assaut, sans vraiment réfléchir. Peut-être était-ce l'un des effets de l'acool…

Damon entoura sa taille d'un bras et parcourut son corps de sa main, avec lenteur. Il se délectait de la sentir frissonner sous ses doigts, et il écoutait chaque battement irrégulier de son cœur, ce qui lui donnait envie de la dévorer littéralement.

Il sentait qu'elle se tendait légèrement de temps à autre, et il la ramena contre le mur, où elle s'y appuya.

Bella se sépara très légèrement de sa bouche et croisa le regard fiévreux de Damon, une lueur animale et dangereuse brilla dans ses prunelles. Elle inspira profondément, parce que durant les longues secondes où elle l'avait embrassé, elle en avait oublié de respirer. Elle fut assaillie par le parfum sucré du vampire et manqua de défaillir, perdant définitivement la raison.

Damon la regarda durant quelques secondes, une lueur d'incompréhension traversant leurs regards qui se croisaient. Elle n'avait jamais été aussi belle qu'en cet instant, les lèvres rougies, les joues étonnamment roses et pleines de vie, le cœur palpitant à une vitesse qui aurait pu la tuer.

Il ne lui laissa pas le temps de souffler, ni de fuir si elle l'avait voulu et il l'embrassa à son tour. Ce fut plus violent, et Bella gémit. Il glissa la paume de sa main jusqu'à sa gorge et elle frissonna, entrouvrant les lèvres pour davantage apprécier le baiser qu'il lui offrait. La sensation de sa langue taquinant la sienne la rendit folle et elle se savait incapable de penser sereinement. C'en était terminé de Bella. Tout ce qui comptait à présent était cette pièce sombre et étroite, cette main tiède contre sa peau et ces lèvres sur les siennes. Tout ce qui importait était sa présence.

Plus aucun bruit extérieur ne leur parvenait.

Damon glissa sa main jusqu'à sa poitrine, englobant son sein gauche sous sa paume où il put sentir son cœur palpiter. Il devint plus fiévreux, plus gourmand, tandis qu'il la sentait défaillir totalement contre lui.

Il quitta ses lèvres et elle pencha la tête en arrière, laissant sa bouche glisser sur sa peau, mordiller fougueusement son cou. Elle avait l'impression qu'il la dévorait et cette sensation la grisait totalement. Cette fois, elle se savait ivre, mais cela n'avait rien à voir avec l'alcool, non, c'était plus puissant, plus jouissif. Elle s'enivrait de lui, tout entier.

L'une de ses mains resta plaquée contre son sein, provoquant une chaleur violente à l'endroit où elle touchait sa peau, par dessus le sous-vêtement. Elle savait qu'il écoutait les battements de son cœur et qu'il l'appréciait. L'autre main était plus aventureuse et glissait contre sa cuisse nue, où ses doigts la chatouillaient outrageusement, laissant mille frissons sur son passage.

Bella ferma les yeux, laissant sa bouche la dévorer et ses mains la découvrir avec une lenteur indécente. Elle n'était plus capable de rien d'autre que de se laisser submerger par ces nouvelles sensations. Comme si la raison qui l'habitait encore dernièrement s'était enfuie pour ne jamais revenir. Elle n'était plus qu'un corps dont seuls les sens semblaient encore présents, ressentant tout ce qui était possible de ressentir.

Sa main droite resta à sa place, serrant un peu plus son sein où elle fut rejointe par ses lèvres. Elle haleta et appuya son crâne contre le mur froid, frissonnante. Ses jambes semblèrent ne plus la porter, et pourtant, elle était toujours debout.

Sa paume gauche remonta contre sa cuisse lentement, relevant sa robe sur ses hanches.

Une autre sensation inconnue encore plus agréablement dérangeante vint se joindre aux autres alors qu'elle pensait que c'était impossible.

A présent, elle brûlait de l'intérieur. Un feu qui la dévorait, à la fois douloureux et jouissif, une flamme puissante qui lui léchait le ventre, battant furieusement en elle, se répercutant dans tous son corps.

Il glissa sa main gauche sur son ventre lentement, elle frémit, haletante. Ses lèvres remontèrent sur sa gorge et elle sentit ses dents titiller sa peau.

Ses doigts passèrent sous l'élastique se son sous-vêtement et elle se crispa, saisissant son poignet et rouvrant les yeux.

Il releva la tête et fronça les sourcils, sans retirer ses mains de son corps. Non. Le regard océan du vampire semblait se moquer d'elle, mais exprimait une colère mélangée à de l'incompréhension. Comme s'il lui disait « Tu vois, tu as peur, tu as menti. Tu ne reculeras pas, tu l'as voulu, tu as promis ! ».

Elle resta quelque seconde le souffle coupé, le cœur battant au ralenti, la rendant nauséeuse. Bella était incapable de penser, tout ce qu'elle comprenait s'arrêtait à toutes les sensations qui la parcouraient et à ce regard profond et beau qui la fixait.

Le feu la dévorait encore et ne s'apaisait pas, lui tordant le ventre.

— Tu as peur ?

Cette fois, le regard de Damon était très expressif. Elle se détendit légèrement.

— Non, murmura-t-elle.

Elle s'abandonna de nouveau à la fièvre qui s'était depuis longtemps emparée de tout ce qu'il lui restait elle glissa ses doigt dans les mèches sombre du vampire, le ramenant contre ses lèvres et relâchant son poignet qu'elle avait inutilement emprisonné.

Il retira ses doigts du bord de son sous-vêtement et elle entendit un claquement aigu d'élastique bien avant de ressentir la légère douleur. Il avait tiré dessus pour le lui arracher et cela venait tout bonnement de lui fouetter la peau. Elle émit un gémissement plaintif et lui mordit la lèvre. Il ne sembla s'en préoccuper et sa main glissa à nouveau entre ses cuisses, provoquant un sursaut chez Bella.

Personne ne l'avait touchée comme ça. Cela n'avait jamais été aussi loin. C'était la seule pensée qui lui avait traversé l'esprit, qu'elle croyait avoir définitivement perdu. Une nouvelle vague de plaisir enivrant la submergea à nouveau et elle se cambra contre lui.

Sa main qui courrait entre ses cuisses était chaude et elle distinguait la brûlure glaciale de la chevalière en argent qu'il portait au majeur. Cette sensation pourtant simple fit grimper l'excitation et le plaisir en elle, la grisant d'autant plus.

Experte et sûre d'elle, sa paume se glissa contre son intimité, entre ses cuisses serrées qui s'ouvrirent d'elles-même, sans une once hésitation, pour la laisser passer. Bella frémit à nouveau et le feu se propagea en elle tandis qu'il effectuait une pression ciblée et envoûtante. Elle gémit et appuya son front contre le sien.

Sa main qui était restée posée sur sa poitrine la quitta rapidement et attrapa l'une de ses jambes, la remontant contre lui. Il la maintint dans cette position, puis glissa jusqu'à ses fesses, en une caresse lente et exquise. Il rapprocha leur corps et glissa un doigt en elle.

Bella se cambra, entrechoquant leurs corps et émit un gémissement rauque. Elle glissa son visage contre son épaule, les yeux clos. Il entama un mouvement lent et constant qui la rendit folle,plus ivre que jamais, incapable de se reprendre.

Elle chercha ses lèvres et glissa ses mains sur sons torse couvert par sa chemise tandis qu'il se rapprochait au maximum, jusqu'à ce que sa paume soit plaquée contre son sa chair, continuant encore et encore le mouvement lent de son doigt en elle qui la maltraitait autant qu'il lui offrait un plaisir démesuré.

Sa respiration était entrecoupée et elle ne parvenait pas à se calmer, ses mains devenaient fiévreuses et malhabiles, contrairement aux siennes. Cependant, il sembla devenir plus brutal, sans chercher à lui faire mal.

— Bella, tu es là ?

En quelques secondes, elle se figea, il se sépara d'elle, retirant ses mains de son corps et fit un bond de plusieurs mètres. Elle se recoiffa et tira sur sa robe, se redressant. Tout cela en un temps record.

La seconde d'après, Caroline fit son entrée dans la pièce et remarqua Damon, à présent assis sur une caisse, nonchalamment courbé, une fausse mine sérieuse sur le visage. Elle avisa ensuite Bella, à quelques mètres de lui, collée contre le mur et visiblement tremblante, et effarée.

Elle jeta un regard mauvais au vampire qui lui répondit par un sourire narquois et vint chercher Bella, la tirant par le bras hors de la pièce. La jeune fille semblait ailleurs, les jambes encore flageolantes. Alors que la porte se refermait derrières elles, sur Damon et la pièce sombre, Bella se sentit revenir à elle, peu à peu.

Bon sang, mais qu'est-ce qu'elle venait de faire ? Jusqu'où cela aurait été si Caroline ne les avaient pas interrompus ?

Dans l'immédiat, elle eut envie de se frapper la tête contre un mur. Mais elle ne fit rien d'autre que suivre Caroline à l'extérieur, de plus en plus horrifiée.

La scène tout entière repassa dans son esprit et elle ne put qu'avoir honte.

Elle venait de permettre beaucoup trop à Damon. Et le jeu n'avait rien à voir là-dedans. C'était elle qui était venue à lui, une fois de plus. Et cette fois, elle n'avait aucune excuse valable à se mettre dans la tête. Rien.

Elle connaissait peu de chose sur le vampire et elle l'avait laissée franchir les limites qu'Edward n'avait jamais pu se permettre de passer. Et pire encore, elle l'avait voulu, elle en avait pris un plaisir non mesurable, qui lui était encore inconnu jusqu'alors.

Comment avait-elle pu faire ça ?

Caroline avait raison, elle venait tout juste de se brûler les ailes, sans comprendre comment tout ceci avait bien pu arriver. Cela n'avait été qu'un jeu dès le départ, mais les limites avaient étés franchies depuis leur premier baiser. Elle avait trouvé beaucoup d'excuses qui pouvaient être valables, mais cette fois, elle n'en avait aucune en réserve.

Elle ne ressentait maintenant qu'une grande incompréhension, et des questions fusaient de plus en plus en elle, comme d'habitude, la taraudant, la menant vers son état de perdition habituelle.

Elle ne le connaissait que depuis quelques semaines ! Elle avait l'impression que tous ces événements s'étaient déroulés trop rapidement.

Caroline la regarda avant de la faire entrer dans la voiture, inquiète face à son teint subitement blafard.

— Il ne t'a rien fait de mal j'espère ? Je le tuerais si c'était le cas !

Elle savait que la blonde devait se douter de quelque chose. Elle avait dû voir... Alors pourquoi posait-elle cette foutue question ?

— Bella, parle-moi !

Elle sentit son cœur reprendre un rythme convenable, et ses pensées habituelles l'envahirent, accompagnées par la honte et les questions sans réponses.

— Non, répondit-elle finalement, non. Je vais bien.

Oui, elle allait bien. Elle était en bonne santé, et pour la première fois depuis longtemps, elle s'était sentie humaine et vivante. Et ce nouveau pas qui s'ajoutait aux autres, qui étaient déjà effrayants, lui faisait peur.

Cela n'aurait jamais dû arriver, et pourtant, elle ne parvenait pas à le regretter.

Et cette constatation l'horrifiait.

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Elle regarda les deux jeunes filles sortir précipitamment du Grill, et s'appuya contre le mur. Il ne fallait pas que la blonde la remarque. Elle avait très peu de temps pour rester ici, elle devrait bientôt retourner rapporter ce qu'elle avait vu.

Elle savait que c'était elle bien avant que la blonde n'ait prononcé son prénom d'une voix inquiète. Elle avait l'odeur caractéristique de Damon Salvatore sur elle.

Kathrine les regarda grimper en voiture et s'éloigner dans un crissement de pneu. Elles avaient l'air pressées.

Klaus voulait savoir si cette fille était bien présente à Mystic Falls, pour une raison encore mystérieuse, avant qu'il ne parte pour régler une affaire qui sembler lui tenir à cœur. Elle avait une réponse favorable à lui fournir, et cela le mettrait sûrement de bonne humeur.

Le regard hagard de cette jolie fille l'avait d'abord surprise, puis elle avait passé outre. Ce n'était pas important. Ce n'était pas ce que Klaus voulait savoir absolument.

La jeune femme releva la tête vers le ciel sombre et étoilé et soupira. Il était temps de rentrer.

Peu importe ce qu'on réservait à cette humaine, tout ce qu'elle voulait était de rester en vie un peu plus longtemps. Le sort de chacun était un détail qui la laissait de marbre.

Si la mort attendait cette fille, tout comme le double, si cela pouvait la sauver, elle ne ferait rien pour interférer. Elle la livrerait sur un plateau d'argent s'il le fallait.