Hi everyone! Chose promise, chose due, voici la seconde partie du chapitre, qui clôt ainsi la mise en place des personnages et de l'histoire.

Le chapitre suivant verra donc débuter le coeur même de mon histoire. Un grand merci à vous tous qui me lisez ainsi qu'aux personnes qui m'ont laissé des reviews. Savoir que mon histoire vous plait est une très grande récompense.

Bonne lecture

Chapitre 11 : Dangereuse Alliance : Deuxième partie

Après avoir salué ses amis de Poufsouffle, Élisabeth s'arrêta devant le tableau marquant l'entrée des cuisines et chatouilla la poire pour pouvoir entrer.

- Salut Gin', j'espère que tu n'attends pas depuis longtemps.

- Non, ça va t'inquiète, les elfes de maison m'ont tenu compagnie…

- Bonjour Miss Élisabeth.

- Bonjour Gipsy, comment vas-tu aujourd'hui ?

- Gispsy va toujours bien quand Miss Élisabeth vient lui rendre visite. Souhaitez-vous manger quelque chose ?

- Juste le dessert de ce soir, mais attends un peu, j'ai quelque chose pour toi.

Élisabeth sortit un petit paquet de sa poche. Chaque année, pour Noël, elle se débrouillait toujours pour lui donner quelque chose. Gipsy, comme tous les elfes de maison, adorait les petits objets, et en particulier les bracelets. Il n'était donc pas étonnant de voir le petit elfe de maison couiner de bonheur en découvrant un bracelet alternant des pierres multicolores avec différents objets (un dé, un trèfle à quatre feuilles, un fer à cheval…).

- Oh merci ! Miss Élisabeth est vraiment trop bonne avec Gipsy.

- De rien, c'est bien normal, répondit la jeune fille en s'asseyant en face de sa cousine.

- Miss Gipsy va s'occuper de vous tout de suite. Est-ce que l'amie de Miss Élisabeth veut prendre quelque chose ?

- Oh j'en sais trop rien…Commença Ginny

- Bien sûr qu'elle va prendre quelque chose, répondit Élisabeth à sa place. Tu peux lui trouver un pot de glace au chocolat, s'il te plaît ?

- Tout de suite Miss Élisabeth !

Élisabeth regarda sa cousine. Celle-ci avait de grosses cernes, comme si elle n'avait pas dormi depuis plusieurs jours, ce qui devait être le cas. Elle avait aussi les yeux très rouges, comme si elle avait pleuré pendant plusieurs jours, ce qui devait aussi être le cas.

- Tu n'aurais pas du lui demander de m'apporter de la glace, protesta Ginny.

- La glace est le meilleur remède au chagrin d'amour, rétorqua Elisabeth.

- Comment tu sais…Ah oui, laisse-moi deviner…Peter ?

- Oui, désolée Ginny…Ce n'était même pas pour ça en plus, mais apparemment l'ambiance au Terrier était telle qu'il n'a pas pu s'empêcher de m'en parler.

- Oui, je me doute…De toute façon, j'allais t'en parler…

La benjamine des Weasley s'interrompit en voyant Gipsy venir vers elles en compagnie de plusieurs autres elfes. Les elfes posèrent les plateaux devant elles, s'inclinèrent et repartirent en trottinant. Élisabeth sourit de contentement en voyant l'énorme part de tarte aux pommes qui l'attendait bien sagement.

- J'ai l'impression de voir Ron, dit Ginny en souriant légèrement.

- La tarte aux pommes et moi c'est une longue histoire d'amour, répondit Élisabeth en prenant une grosse bouchée de tarte. Oh par Merlin…Chais délichieux !

- Et d'entendre Ron aussi…

- Attends, elle est vachement bonne cette tarte. T'en veux pas un bout ?

- Non merci, je n'ai pas vraiment d'appétit, répondit tristement Ginny en jouant avec son bol rempli à ras bord de glace au chocolat.

- Bon, vas-y, vide ton sac ma belle, je t'écoute.

- Tout à mal commencé dès le départ, raconta Ginny. Moi qui pensait qu'on allait avoir des moments d'intimité - enfin, aussi intime qu'on puisse l'imaginer dans une maison remplie de monde - je me suis lourdement trompée. À peine arrivés au Terrier, lui, Hermione et Ron se sont enfermés dans la chambre de mon frère. Ils y sont restés jusqu'à l'heure du dîner. J'ai essayé de le faire parler, mais il me répondait à peine. Je voyais bien qu'il était perdu dans ses pensées. Il a à peine touché à son assiette. Je ne te raconte pas la réaction de ma mère. Enfin, bref...Une dizaine de minutes plus tard, il s'est brusquement levé et il est parti sans dire un mot. Ron a voulu le suivre mais un coup d'œil de maman a suffit pour le faire rasseoir. Et ça ce n'était que le premier jour. Le lendemain, quand je suis descendue prendre mon petit déjeuner, j'ai trouvé ta mère et la mienne en train de discuter dans la cuisine. Elles se sont interrompues quand je suis entrée, mais j'ai deviné qu'elles parlaient du comportement d'Harry. Ta mère était vraiment énervée.

Ginny s'arrêta un instant, le temps de manger deux cuillerées de glace, puis elle reprit.

- Même si je t'avais dit que j'allais y réfléchir, je n'avais pas vraiment l'intention d'espionner Harry, pas même pour toi. Mais son comportement avec moi – m'ignorant totalement pour privilégier Ron et Hermione – a fini par m'énerver. Je voulais juste savoir ce qui le tracassait autant, rien de plus. Seulement comme Harry ne quittait quasiment pas sa chambre, c'était difficile pour moi d'y pénétrer. J'ai donc essayé une autre stratégie. Chaque fois, qu'il daignait sortir, je restais auprès de lui, et pas seulement pour glaner quelques informations. J'étais vraiment inquiète pour lui, tu l'aurais vu…Il n'était plus que l'ombre de lui-même.

Élisabeth leva les yeux au ciel.

- Non, je te le promets ! De toute façon, ça n'a pas vraiment d'importance, c'est comme si je n'existais pas. Alors, je me suis un peu plus énervée, tu vois…Je voulais juste qu'il me parle, qu'il dise quelque chose, même si c'était pour m'envoyer balader. Et là, il m'a sorti qu'il me trouvait trop collante, et qu'il avait besoin d'air ! Non, mais tu te rends compte ?

- Au moins, il t'a adressé la parole.

- On s'est disputé, reprit Ginny amèrement, après avoir avalé deux autres cuillérées de glace. En fait, à partir de ce moment-là, on n'a pas arrêté de se disputer

- Oui, Peter m'en a parlé…Et comment les autres ont réagi ?

- Percy n'a rien dit comme d'habitude…Monsieur Si-je-ne-dis-rien-tout-rentrera-dans-l'ordre dans toute sa splendeur. Fred et Georges voulaient ouvrir un stand de paris. Bill et Fleur sont restés à l'écart du conflit. Hermione et Ron ont pris le parti d'Harry, Hermione ayant même ajouté qu'Harry avait des choses plus importantes à faire en ce moment que de se préoccuper de moi…

- Mais quelle charmante amie, railla Élisabeth.

- Ouais, comme tu dis. Tu sais, je commence à penser que tu avais peut-être raison à propos d'elle.

- Peut-être seulement ?

- Écoute…Hermione fait quasiment partie de la famille depuis la deuxième année….

- Oh ne m'en parle pas, j'ai encore le souvenir de ce partage de tente en quatrième année.

- Elle avait toujours été sympa avec moi, et ça m'embêtait vraiment que mes deux meilleures amies ne puissent pas se supporter. Mais quand je l'ai vu, me regardant avec…Mépris…J'ai eu mal tu vois, vraiment mal.

Élisabeth ouvrit la bouche avant de la refermer. L'heure n'était pas vraiment au « je te l'avais dit ». Elle avait tendance à oublier que Ginny considérait Hermione comme sa sœur.

- Mais le pire tu vois c'est ma mère…Elle m'a dit la même chose qu'Hermione !

- T'es pas sérieuse !

- Je te promets. « Tu comprends, Harry a besoin de calme ma chérie, il a des choses importantes à faire ».

- Tante Molly a toujours considéré qu'Harry était le garçon parfait, à tous égards, mais quand même, te dire ça…C'est vraiment pas sympa.

- C'est là que j'ai pris la décision d'aller fouiller dans sa chambre. J'étais vraiment en pétard tu vois. Peter s'est gentiment proposé d'aller occuper Harry et Ron en leur proposant un match de Quidditch...

- Et Granger ?

- Elle est restée les regarder en compagnie de Fleur, pendant que tes parents et les miens étaient partis renforcer les sortilèges protégeant la maison. J'avais la maison pour moi toute seule, vu que les jumeaux et Bill s'étaient joints aux garçons. J'ai commencé à fouiller un peu partout et c'est là qu'Harry m'a surprise.

- Aïe !

- Il m'a demandé ce que je faisais là, et je lui ai répondu le premier truc qui m'est passé par la tête...Je lui ai que je cherchais Coq.

- Bien joué ma grande ! C'est très bien trouvé !

- Merci, mais ça n'a pas convaincu Harry, il est resté très suspicieux. Et là, il a eu le culot de me demander pourquoi je cherchais le hibou de Ron dans sa chambre ! Non mais, tu le crois ça ? Alors je me suis énervée, et je lui ai rappelé que cette chambre était celle de mon frère, et qu'il était logique que je cherche le hibou de Ron dans sa chambre. Et là il m'a sorti « mais pourquoi t'as besoin d'un hibou ? À qui tu peux bien écrire ? ». Le ton est monté très vite et il a fini par me sortir que je fouillais dans ses affaires parce que tu me l'avais demandée.

Elisabeth, occupée à dévorer sa tarte aux pommes, leva brusquement les yeux vers Ginny.

- Eh bien, il est plus futé que je ne l'aurais pensé, celui-là.

- Arrête, j'en ai eu le souffle coupé. Je ne savais pas comment me sortir de ce pétrin. J'étais en train de bredouiller un truc, je ne sais pas vraiment plus ce que c'était, quand j'ai entendu un petit hululement provenant d'un tas de vêtements sales. Je me suis dirigée vers le son, et devine ce que j'y ai trouvé ?

- Coq ?

- Gagné ! T'aurais vu la tête d'Harry…Pour un peu, je lui aurais pardonné, tellement il avait l'air perdu. Mais j'étais vraiment en colère. J'ai pris Coq dans ma main, et je suis sortie de la chambre. Il a commencé à me parler, mais je l'ai ignoré. Le soir, il est venu frapper à ma porte. Il s'est excusé, en disant qu'il s'est comporté comme un crétin. J'étais encore en colère, mais j'ai fini par accepter ses excuses. Je lui ai dit qu'il pouvait tout me dire, et là il m'a dit que je n'avais pas à être au courant, que c'était trop dangereux et qu'il faisait ça pour me protéger. Du coup, ma colère est revenue au galop. Je lui ai demandé ce qu'il y avait de si dangereux pour qu'il accepte l'aide de mon frère et d'Hermione mais pas la mienne. Il m'a répondu que je n'étais qu'une gamine et…Enfin, c'est parti en vrille. On s'est méchamment disputé et pour finir je l'ai giflé en lui disant qu'il n'avait plus à s'encombrer d'une gamine comme copine car c'était fini entre nous. Autant dire que j'avais hâte de retourner à Poudlard après ça.

- Donc c'est officiel, vous n'êtes plus ensemble ?

- Tout ce qu'il y a de plus officiel.

- Je suis désolée Ginny, vraiment.

- Non, c'est bon, de toute façon, tu ne l'as jamais aimé alors…

- Mais toi oui…Tu l'as toujours aimé, et même si je n'ai jamais compris ce que tu lui trouvais, je t'aime assez pour le respecter. Et je suis désolée que tu souffres à cause de lui, car il n'en vaut pas la peine. C'est sûr que maintenant, ça va être difficile de les espionner pour avoir des renseignements sur les Horcruxes, mais on va se débrouiller…

- Mais je n'ai jamais dit que je n'avais rien trouvé…

Sous les yeux ébahis d'Elisabeth, Ginny sortit un papier de sa poche.

- J'ai trouvé un papier dans la chambre. J'ai eu le temps de lire ce qu'il y avait dessus avant qu'Harry ne me surprenne et quand je suis retournée dans ma chambre après ça, j'ai pris le temps de noter sur cette feuille ce qu'il y avait d'écrit.

- Ginny…Tu es absolument merveilleuse !

- Oui, ça m'arrive parfois, répondit Ginny qui avait, et pour la première fois, un franc sourire.

Elisabeth lut attentivement ce que sa cousine avait marqué : Horcruxes : « Journal : Fait/ Bague : Fait/ Collier : ?/ Coupe : ?/ Serdaigle : ?/ Nagini ? ».

- Je n'ai absolument rien compris à ce charabia, mais…commença Ginny

- Oh mais au contraire, tout s'éclaire ! J'avais raison ! s'exclama Élisabeth. Ah oui, je ne t'ai pas mise au courant, mais Alicia et moi avons fait quelques découvertes.

Élisabeth raconta en quelques mots ce qui s'était passé de son côté pendant les vacances, ainsi que l'hypothèse monstrueuse qu'elle avait envisagée.

- Ombrage posséderait donc un Horcruxe ? C'est…Tout bonnement incroyable.

- Oui je sais. Ce qui me paraissait étrange, et Peter l'a très bien souligné, c'est qu'un objet censé être très puissant soit un simple collier. Mais si Potter l'a inscrit sur cette liste…

- Alors c'est surement vrai, termina Ginny avant de lâcher soudainement sa cuillère, le teint brusquement pâle.

- Eh, ça va ? demanda Élisabeth en lui prenant le bras.

- Oh ce n'est pas vrai ! Ce ne peut être vrai !

- Mais de quoi tu parles ? Dis-moi !

- Je crois que j'ai possédé un Horcruxe !

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?

- Tu te souviens, en deuxième année, quand j'ai mystérieusement disparu ? Et tous ces gens pétrifiés ?

- Difficile d'oublier ça ! J'étais morte d'inquiétude pour toi ! J'ai vraiment cru…

- C'était ma faute, tout ça. Les gents pétrifiés, les messages sur les murs…Ma faute ! dit Ginny, frissonnant alors qu'elle se remémorait toute l'histoire. J'avais trouvé un journal dans les toilettes. Sauf qu'il ne s'agissait pas d'un journal ordinaire…

Et Ginny raconta à sa cousine l'une des rares choses qu'elle lui ait cachée.

- Alors, il y avait réellement une Chambre des Secrets, avec un serpent géant. Et le journal appartenait à Face-de-Serpent quand il était jeune, et Harry l'a détruit avec un crochet du serpent géant…

- Oui, un Basilic…Enfin, moi je n'ai rien vu, j'étais évanouie. Mais Harry m'a raconté par la suite que ce journal aspirait ma force vitale et que s'il ne l'avait pas détruit, je serais…Enfin tu vois…

- Donc, le journal de la liste serait celui-là ? Mais comment un simple journal peut faire autant de dégâts ? Comment peut-il posséder une personne ?

- C'était le journal de Tu-Sais-Qui quand il était jeune, dit Ginny comme si c'était la seule explication plausible.

- Justement, à l'époque, il n'avait pas autant de pouvoir. Il n'était qu'un simple élève de Poudlard.

- Je doute que Tu-Sais-Qui ait jamais été un simple élève.

- Tu n'as pas tort, songea Elisabeth. Réfléchissons…Un journal qui possède les personnes qui ont le malheur d'écrire dedans…Et Potter qui arrive à le détruire avec un croc de Basilic…Pourquoi n'a-t-il pas utiliser sa baguette pour le détruire ?

- Il n'y a pas pensé, il venait d'être mordu par le Basilic. Il tenait son croc à la main et il a agit instinctivement.

- Instinctivement…reprit Elisabeth.

Bien que cela lui en coûtait, Elisabeth reconnaissait que Potter était doté d'un solide instinct. C'était d'ailleurs ce qui faisait de lui un si bon Attrapeur. Et aussi pourquoi, malgré toutes les tentatives de Face-de-Serpent, il était toujours en vie.

- Et si…commença Elisabeth avant de s'arrêter.

Ce serait absurde. Digne d'un conte pour enfant. En plus cauchemardesque.

- Et si quoi ? demanda Ginny, intriguée.

- Non, rien. C'est surement stupide. Laisse tomber.

- Non, vas-y. J'ai besoin d'entendre des choses stupides. Cela me changera d'Hermione. Je ne m'en étais jamais rendue compte, mais qu'est-ce qu'elle est pénible à ramener toujours sa science !

Elisabeth éclata de rire, timidement suivie par Ginny. Puis, se rappelant le sujet de leur conversation, elle reprit son sérieux.

- De ce que tu m'as dit, le journal semblait…je n'ai pas d'autre mot que « vivant » en tête.

- Oui…Oui, c'est exactement ça ! Harry m'a dit que lorsqu'il l'avait poignardé, le journal avait émis un son horrible, comme s'il hurlait à la mort.

- Et la version plus jeune de Face-de-Serpent utilisait ton…énergie vitale pour se renforcer, continua Elisabeth, la voix tremblotante.

- Oui, c'est ça.

- Je me disais que peut-être Face-de-Serpent avait mis une partie de lui à l'intérieur du journal ?

- Comment ça ? Et pourquoi faire ?

- Je n'en sais rien moi…Mais réfléchis. Un Horcruxe est un objet tellement empreint de magie noire que peu de gens sont réellement au courant de son existence. Le seul ouvrage qu'on ait trouvé à la Réserve en parle sans en parler. Par conséquent, seuls des puissants sorciers peuvent en connaître l'existence…Tu me suis ?

- Pas vraiment, mais continue quand même.

- Face-de-Serpent, quoi qu'on puisse en dire, est un puissant sorcier. Il a réussi à tromper la mort. Dumbledore est un puissant sorcier. Il est donc normal que ces deux personnes soient au courant. Dumbledore met à son tour Harry, Ron et Hermione au courant pour qu'ils trouvent plusieurs de ces objets empreints de magie noire, car lui-même ne le peut pas, de peur d'être espionné. Et si Face-de-Serpent s'est servi de ces différents objets pour tromper la mort ?

- Tu veux dire qu'il aurait créé, un, deux…Six Horcruxes ? Pour devenir immortel ? C'est hallucinant !

- Ce serait plausible…Il est le seul être à avoir survécu à un Avada Kedavra !

- Pas le seul, répondit Ginny. Harry aussi. Tu crois qu'il est un Horcruxe ?

- Non, je doute qu'une personne puisse être un Horcruxe, répondit Elisabeth pour rassurer Ginny. Je pense qu'une telle puissance en soi tuerait n'importe qui.

Elisabeth reprit la liste et se tapota la lèvre, l'air songeur.

- Nagini…Nagini…C'est quoi un Nagini ?

- Aucune idée, je n'ai jamais entendu Harry ou même Ron prononcer ce nom.

- Il l'a mis en dernier, je pense que c'est voulu. Lui aussi doit ignorer ce que c'est. Si on suit sa liste, deux Horcruxes ont été trouvés et vraisemblablement détruits. Grâce à toi, on sait où se trouve le collier, ou du moins qui le possède. Ensuite vient la coupe, que ton ex n'a pas encore réussi à localiser. Et enfin Serdaigle. Un objet ayant appartenu à un Serdaigle ?

- Possible, réfléchit Ginny. Après tout, le journal a appartenu à un Serpentard. Peut-être que les objets ont chacun appartenu à un membre d'un Maison ?

- Pas bête, répondit Elisabeth avant de froncer les sourcils. Mais il y a six objets. Et quatre Maisons.

- A moins que tous les objets, sauf celui indiqué par Serdaigle, aient appartenu à un Serpentard, continua Ginny. Ce qui serait logique, vu que Tu-Sais-Qui était à Serpentard.

- Six objets, quatre à Serpentard, un à Serdaigle, et ce Nagini…Là aussi ça se tient. Je pense que nous avons pas mal avancés, mais nous devrions mettre les autres au courant. Avec un peu de chance, ils auront d'autres idées qui nous permettront de mettre la main sur ces objets.

- De la chance ? Dois-je te rappeler que l'un de ces objets a failli me coûter la vie ? demanda Ginny en haussant la voix. Ce n'est pas un jeu.

- Je n'ai jamais dit que cela l'était ! Mais Ginny, il y a encore deux semaines, on ignorait tout des Horcruxes. Harry, Ron, Hermione doivent avoir une longueur d'avance sur nous et ils ne sont pas beaucoup plus avancés. Si trouver les Horcruxes à leur place peut les aider…

- Les aider ? Ou les devancer ? demanda Ginny d'un air suspicieux.

Elisabeth soupira de frustration à l'idée d'être aussi transparente. Heureusement, elle avait plus d'un tour dans son sac.

- Ouh là, tu as vu l'heure ? Si Rusard nous chope, on est fichues.

- Ne pense pas t'en tirer avec cette pirouette, répondit Ginny en fusillant sa cousine du regard. Cette discussion est loin d'être terminée.

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Lorsque le réveil sonna le lendemain matin, Élisabeth ouvrit les yeux en grimaçant. Elle s'était endormie très tard la veille, préoccupée par toute cette histoire d'Horcruxes. Elle sentait qu'elle était sur la bonne voie, mais elle ne voyait pas comment convaincre le reste de son groupe de la suivre aveuglément sur la base de sa seule intuition. Après s'être douchée et habillée, la jeune fille prit ses affaires et retrouva Peter et Neville qui l'attendaient dans la Salle Commune.

- Génial, te voilà, dit Peter en prenant sa sœur par le bras. Il faut vite qu'on chope McGo avant le début des cours.

- Euh…Je pensais plutôt qu'on irait la voir après les cours…Il faut que je prenne mon petit-déjeuner là…

- Tiens, je m'en suis occupé, fit Peter en donnant à sa sœur un sac en papier. Il vaut mieux qu'on y aille maintenant pendant que tout le monde se trouve dans la Grande Salle.

- D'accord, comme vous voulez, soupira Élisabeth en prenant un muffin dans le sac.

Les trois amis quittèrent à toute vitesse la Salle Commune qu'ils croyaient vide…Mais ce n'était pas le cas. Une silhouette, alors cachée par les fauteuils, prit ses affaires de cours, avant de suivre la même direction qu'eux.

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- Si ça se trouve, elle est dans la Grande Salle, dit Élisabeth

- Non, elle n'y était pas quand nous y sommes allés, répondit Peter

- D'accord, mais elle y est peut-être maintenant !

- Et si on frappait tout simplement, suggéra Neville qui toqua à la porte.

- Tiens, des Gryffondor ? Vous êtes bien matinaux !

- Oui, je croyais que les Gryffondor étaient réputés pour être très paresseux.

- Génial, le duo de choc, soupira Élisabeth. Vous devriez prendre exemple sur vos frères Moldus, au moins ils restent silencieux eux !

- Comment osez-vous nous confondre avec ces cancrelats ! Nous sommes des Gargouilles de Poudlard, nous avons une très grande réputation.

- Ouais, on se demande bien laquelle, fit la jeune fille en levant les yeux au ciel.

- Désolé les amis, dit Peter, quand ma sœur n'a pas bu son café matinal, elle est aussi aimable qu'un Troll des cavernes. Nous voudrions parler au Professeur McGonagall si c'était possible.

- Tout est possible, si vous répondez à cette devinette…

- Oh pitié…Pas les devinettes ! Nous n'avons pas le temps pour cela !

C'est alors que la porte s'ouvrit brutalement sur le professeur McGonagall.

- Mais que faites-vous donc ici ? Les cours vont commencer dans cinq minutes !

- Désolé Professeur, dit Neville, mais nous avons quelque chose à vous demander, au sujet du Concours.

- Monsieur Londubat, bien que j'aimerais beaucoup que le concours soit remporté par quatre Gryffondor, je ne fais pas de favoritisme.

- Ce n'est pas ça Professeur, dit Élisabeth. Nous avons fait une découverte, avec les autres membres de notre groupe, et nous aimerions juste avoir confirmation quant à la justesse de notre hypothèse.

- Un groupe ? Quel groupe ?

- Oh oui, nous travaillons avec plusieurs autres personnes, répondit Peter. Samuel Barrow, Laura Cartwright et Nicolas Turner des Poufsouffle et Alicia Johnson des Serdaigle.

- Sans oublier Lucas Carter, Théodore Nott, Blaise Zabini, et Millicent Bulstrode, ajouta Elisabeth.

- Des Serpentard ! s'étonna le Professeur McGonagall. Vous travaillez avec des Serpentard ?

- Oui, nous nous entraidons pour la Métamorphose, parce qu'à plusieurs, nous avons plus de chance de trouver des informations pouvant nous aider…commença Élisabeth

- …Ce qui explique notre présence ici, de si bon matin, termina Peter.

- Très bien, rentrez quelques minutes, et parlez moi de cette fameuse hypothèse.

Les trois Gryffondor rentrèrent dans la Salle des Professeurs. S'ils avaient pris le temps de jeter un coup d'œil derrière eux, ils auraient pu apercevoir une silhouette familière, serrant les poings avec rage.

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Hermione Granger marchait dans le couloir, espérant tomber sur quelques retardataires violant le couvre-feu. Elle avait besoin de se défouler sur quelqu'un, après sa découverte de ce matin. Comment le Professeur McGonagall osait-elle favoriser cette petite garce de Parker ? Alors qu'elle pactisait avec l'ennemi ! Travailler avec des Serpentard, et puis quoi encore ? Quand elle avait aperçu Élisabeth, Peter et Neville arriver en retard au cours de Potions, elle avait cru, comme tout le monde d'ailleurs, que Rogue allait leur enlever des points, malgré le mot d'excuse que McGonagall avait dû leur signer, et qu'Élisabeth avait donné au Maître des Potions. Quelle ne fût pas sa surprise quand Rogue, ayant pris le papier des mains de son ennemie jurée, leur avait simplement fait signe de s'assoir et de préparer la potion inscrite au tableau. Mais qu'est-ce que tous les professeurs pouvaient lui trouver à cette rouquine de malheur ? D'abord McGonagall qui lui octroie cinquante points, totalement injustifié selon elle, et maintenant Rogue. Si n'importe quel Gryffondor s'était amusé à faire ça, Rogue l'aurait humilié avant d'enlever des points, points qu'elle se serait empressée de rattraper grâce à son intelligence. Mais pas Miss Parfaite, ça non !

Depuis la première année, elle était bien la seule à qui Rogue ne faisait pas la moindre remarque. D'accord, Hermione le reconnaissait, Élisabeth Parker était douée en Potions. Elle était probablement la seule à être apte à rivaliser à elle. Mais elle aussi était capable de faire d'excellentes potions ! Et pourtant Rogue n'avait de cesse de l'humilier. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Même Slughorn avait passé toute leur sixième année à complimenter les potions réalisées par Élisabeth, qu'il jugeait comme étant la digne héritière de Lily Evans, la mère d'Harry. Hermione avait regardé Élisabeth s'installer à côté de Lucas Carter et lui sourire en lui chuchotant quelque chose à l'oreille. Mais bien sûr, c'est l'évidence même. Rogue ne devait pas considérer Élisabeth comme une Gryffondor, mais comme une Serpentard ayant été répartie dans la mauvaise Maison. Bien entendu, elle avait passé toutes ces années en compagnie de cette blondasse qui s'était faite tuée l'année dernière. Hermione avait secoué la tête de dépit, avant de se radoucir en regardant Harry, assis à côté d'elle. Heureusement qu'il était là. Il comprenait. Pas comme ce crétin de Ron. Elle l'aimait, c'est vrai, mais qu'est-ce qu'il était stupide ! Encore ce matin, alors qu'Hermione leur avait part, à Harry et lui de ce qu'elle avait vu, il s'était contenté de répéter que ça ne voulait rien dire, que McGonagall ne favoriserait jamais un élève…Enfin à part Harry. C'est fou ce qu'il pouvait être aveugle…Tout ça parce qu'elle était sa cousine. Mais chaque famille à sa brebis galeuse après tout.

Hermione secoua la tête, tout en poursuivant sa ronde. Elle avait raison, elle savait qu'elle avait raison. Mais ça n'allait pas se passer comme ça. Elle était à deux doigts de percer le secret de la polymétamorphose, et elle n'allait pas laisser cette pimbêche lui voler la vedette, plutôt mourir. Alors qu'elle passait à côté des toilettes des filles, elle entendit quelqu'un sangloter à l'intérieur. Pensant à Mimi Geignarde, elle poussa la porte. Peut-être que cette pleurnicharde pouvait se révéler utile, si Hermione arrivait à la convaincre d'espionner Élisabeth, la prochaine fois qu'elle irait aux toilettes. Mimi Geignarde se trouvait bien dans les toilettes, sauf qu'elle ne pleurait pas. Elle était en train de consoler…Pansy Parkinson. Hermione leva sa baguette, réflexe obligatoire pour elle lorsqu'elle se trouvait face à un Serpentard, et prit la parole.

- Tu tombes bien Parkinson, ça me démangeait d'enlever des points aux Serpentard. Vous allez encore échouer à remporter la Coupe des Quatre Maisons, c'est trop bête.

- Tu pourrais avoir un peu de compassion, dit Mimi Geignarde alors que Pansy était trop occupée à verser toutes les larmes de son corps pour répondre à Hermione.

- Oh mais je compatis, je compatis, Mimi. Je vais probablement me contenter d'enlever vingt points au lieu de cinquante, tu vois, je suis généreuse.

- Fais ce que tu veux Granger, ça m'est égal, fit Pansy en reniflant très fortement. Plus rien n'a d'importance maintenant.

Hermione était partagée entre le dégoût et la curiosité, et cette dernière finit par l'emporter

- Bon, c'est quoi ton problème ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu vas te moquer de moi de toute façon.

- Certainement, mais tu vas quand même me répondre.

- Ou sinon quoi ? Tu vas me jeter un sort ? Comme ton précieux Potter a jeté un sort à Drago l'année dernière

Pansy se remit à pleurer bruyamment. Hermione leva les yeux au ciel, exaspérée.

- Ne me dis pas que tu pleures pour ça ! Mais c'était il y a une éternité !

- Oh mais tu ne comprends rien ! Tu n'as aucune idée, absolument aucune idée…Tu es comme elle…Vous les Gryffondor…Vous êtes cruels, et sans pitié. Vous ne pouvez pas vous contenter de ce que vous avez…

- Ralentis Parkinson, je ne te suis plus. C'est quoi ce charabia ?

- Apparemment, une Gryffondor lui aurait volé son petit ami, répondit Mimi Geignarde à la place de la Serpentard.

- Quel petit ami ? Je ne t'ai jamais vu avec qui que ce soit à part Malefoy et sa ban…Oh attends…Dans quel monde as-tu pu bien imaginer sortir avec Drago Malefoy ?

- Mais c'est la vérité, dit Pansy en se levant brusquement. Il serait sorti avec moi si cette garce de Parker ne me l'avait pas volé !

- Élisabeth Parker ? releva Hermione, soudainement intéressée.

- Evidemment ! Pas son frère!

- Mais ils ne sont pas en couple…commença Hermione avant de s'interrompre.

Élisabeth avait toujours été proche des Serpentard, mais Hermione ne l'avait jamais vu sortir avec l'un d'entre eux. À bien y réfléchir, le seul garçon avec qui elle était sortie était Seamus en quatrième année. Hermione avait au début cru que sa condisciple était intéressée par Lucas Carter, avant de réaliser que ce dernier était en couple avec la meilleure amie d'Élisabeth. Mais cela ne voulait rien dire. Il était fort possible qu'Élisabeth soit en couple avec un Serpentard, mais qu'elle préférait garder leur relation secrète. Mais Malefoy ? Non, aucune chance.

- Et qu'est-ce qu'il s'est passé pour que ta petite tête de linotte soit allé imaginer que Parker et Malefoy était en couple ?

- Parce qu'il me l'a dit ! cria Pansy.

- Drago Malefoy t'as avoué être amoureux d'Élisabeth Parker, dit sceptiquement Hermione. Mais oui c'est ça…

- Bon, il ne me l'a pas avoué volontairement, dit Pansy, montrant pour la première fois des signes de gêne.

- Comment ça, pas volontairement…Oh, tu lui as fait boire du Veritaserum ? Ah mais quelle gourde !

- Eh oh, je ne t'ai pas demandé ton avis, la Sang-de-Bourbe.

- Tu aurais eu plus de chance en lui faisant boire de l'Amortentia, ajouta la Gryffondor, sans relever l'insulte.

- Tu crois ? demanda Pansy, un air d'espoir se peignant sur son visage.

- Laisse tomber, fit Hermione. T'es sûre au moins que c'est du Veritaserum que tu lui as fait boire ?

- Oui, j'en suis sûre. Je l'ai eu…Bon, ça ne te regarde pas de toute façon, la Sang-de-Bourbe.

- Tu ferais mieux de faire attention Parkinson. Tu n'es pas réputée pour être intelligente, alors je te conseille vivement de ne pas insulter la seule personne qui peut t'aider.

- Et pourquoi tu m'aiderais, toi ? La petite copine de Potter ?

- Ça te dirait de te débarrasser d'Élisabeth Parker ? demanda Hermione, sans répondre à la question de la Serpentard.

- Bien sûr…Oh attends, c'est un piège, pas vrai ?

- Non, il n'y a aucun piège. Réjouis-toi Parkinson, toi et moi allons mettre hors d'état de nuire cette petite garce de Parker. Je te garantis qu'avec mon plan, plus personne ne voudra la fréquenter.

Hermione tendit la main à Pansy qui la serra après un moment d'hésitation. Une dangereuse alliance venait de se former.

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