Merci beaucoup les filles pour vos reviews, surtout après ce long moment sans update sur cette fic ! Je serai plus régulière sur celle-là désormais, promis :)
Euh ça n'a pas l'air d'être très clair pour tout le monde alors je le confirme : la fic n'est pas terminée, hein. Et je ne pense pas que le chapitre d'avant avait des allures de conclusion :)
Chapitre 12
Un simple dîner à six, à nouveau... et les dernières réticences s'envolèrent rapidement. Quand on a passé autant de temps à se serrer les coudes au sein d'un même groupe, la rancune s'envole rapidement, face à tout ce qui a pu se passer. Et puis Jin avait pu s'expliquer, et le prendre pour un salaud sans cœur après cela aurait été une erreur de jugement qu'aucune personne présente ici ne pouvait faire. Alors ils préféraient profiter de Jin, qui d'ici peu serait reparti, ne pouvant délaisser ses activités bien longtemps. Et pour les quelques jours qui lui restaient, il allaient en passer la majeure partie en famille, ce qui était bien normal. Ce dîner était d'autant plus important, alors. Et forcément, ils voulurent tout savoir, sur sa « nouvelle vie ». Le plus curieux, Junno, fut le premier à poser des questions... Mais Nakamaru n'était pas en reste non plus. Après tout ils n'avaient aucune idée de la vie que menait jin là-bas, alors c'était le moment de se rattraper... Mais il n'y avait pas que la musique, qui intéressait les membres de KAT-TUN. Et ainsi, ce fut Ueda qui posa un autre genre de question. Celle-là même qui mis Jin très mal à l'aise :
Et depuis tout ce temps que tu es là-bas, même pas une copine ? On t'a changé !
Ben je... expliqua-t-il en s'efforçant de ne pas regarder Kame, de peur que celui-ci soit gêné, je travaille beaucoup en fait et j'étais pas mal occupé... Et puis... Euh tu ne finis pas ton assiette ? Termina-t-il, espérant que Ueda se contente de cela.
Non, vas-y.
Ouf ! Au moins, il était tranquille pour un moment. C'est vrai que Jin n'avait pas spécialement la réputation d'être un célibataire invétéré... Mais pour être honnête, il devait bien avouer qu'emménager là-bas avait été un tel changement dans sa vie à tellement de points de vue, que se caser était un peu le cadet de ses soucis actuellement. Il travaillait beaucoup et souvent le soir, il était crevé et ne songeait qu'à se détendre. Quant aux week-end, il les passait entre amis, ayant retrouvé quelques personnes qu'il avait déjà côtoyé lors de son premier voyage aux Etats-Unis, quelques années plus tôt. En temps normal, il aurait répondu par une plaisanterie, évidemment. Mais il avait bien en tête les paroles de Yamapi : ménager Kame, faire attention, faire preuve de tact... Et éviter de parler de sa vie amoureuse, qu'elle soit vide ou remplie, devant lui, c'était faire preuve de tact à son égard, non ?
Kame avait bel et bien entendu la question et s'il avait dû en parler, il ne pouvait nier qu'il avait ouvert grand ses oreilles... Au fond cela ne changerait rien : que Jin soit seul ou en couple, rien ne changerait... Et Kame était résolu à tourner la page sur ce chapitre, il s'y employait même déjà, depuis le retour de Jin... C'était juste qu'inexplicablement, il s'était montré très attentif sans en avoir trop l'air... Heureusement, Koki l'avait empêché de cogiter là-dessus en lui parlant. En effet Koki était assis à côté de lui, et il y avait tant de monde dans cet endroit qu'en se penchant un peu vers Kame et en chuchotant, il se montra assez discret pour que seul Kame entende. Et c'est donc bien sincèrement qu'il chuchota :
C'est bien que tu sois venu, tu sais.
C'est normal.
Ca te va ? Insista Koki, désireux de savoir si Kame allait réellement bien.
Oui... Koki, je voudrais te dire... hésita Kame un instant. Je sais que tu t'es fait du souci à cause de moi. Je m'excuse. Je ne serai plus un problème maintenant, assura-t-il, bien décidé à s'excuser auprès de chacun d'eux pour son attitude ces dernières semaines.
T'as le droit de flancher... J'aurais juste aimer pouvoir t'aider. Mais c'est bien que tu ailles mieux, fit Koki, l'air visiblement soulagé.
Je vais recommander à boire. Bière, tout le monde ? Proposa alors Junno.
Pas pour moi, merci, l'arrêta Kame.
Ah bon ? Et quoi alors ?
De l'eau.
Ah bon ? Très bien...
Faire le ménage dans sa vie et repartir sur de bonnes bases n'impliquait pas non plus d'être un saint, évidemment. Mais Kame avait abusé de la bouteille ces temps-ci et sans dire qu'il ne boirait plus jamais une goutte d'alcool, parce qu'il n'en était quand même pas là, il estimait que quelques temps avec l'esprit très clair ne pouvaient que lui faire du bien. Alors dans ce cas, autant commencer maintenant. Jin comprit ce qu'il était en train de faire et il sourit, content de voir que Kame repartait du bon pied. A dire vrai il n'en avait jamais douté, parce que pour lui, Kame était l'une des personnes les plus motivées qu'il connaisse... Mais disons qu'il repartirait l'esprit plus tranquille d'ici quelques jours, maintenant qu'il l'avait vu à l'oeuvre, pour ainsi dire.
Alors que s'ouvrait le fameux débat « qui prend un dessert et si oui, quoi ? », le genre de trucs où les gens mettent 20 minutes à de décider pour finalement choisir comme le voisin, Jin souhaita prendre l'air un instant, dose de nicotine oblige. Et puis il faisait chaud ici, avec tout ce monde... Et parce qu'il voulait être sûr que la discussion à cœur ouvert de la dernière fois ne serait pas la dernière, il fit signe à Kame en se levant :
Tu m'accompagnes fumer un instant ?
Oui...
Tu sais, j'étais sûr que tu t'en sortirais, lâcha Jin à peine furent-ils sortis.
Pardon ?
Tu n'es pas du genre à te laisser couler sans réagir. En réalité, expliqua-t-il en tentant de faire marcher son briquet, je me demande s'il existe un truc qui pourrait t'abattre...
Un peu de sérieux... s'esclaffa Kame, dans la mesure où il s'était plutôt trouvé lamentable ces derniers jours.
C'est vrai. Tu te ressaisis... Tu bois de l'eau alors qu'une bière ne te tuerait pas, par exemple...
J'ai assez bu pour le reste de l'année... voire plus, se contenta-t-il de répondre, en redressant le col de son manteau.
C'est bien ce que je dis. Tu t'en sors tout seul, parce que tu es assez mature pour ça.
Pas vraiment « tout seul »... rectifia Kame, songeant qu'il y en avait deux qu'il avait particulièrement ennuyé les jours passés... Et ne te sens pas obligé de me complimenter, j'ai jamais attendu après toi pour savoir que j'agissais bien.
Là je te retrouve, sourit Jin, que cette pique, fidèle à ce que Kame avait l'habitude de lui balancer avant, réjouissait plus qu'il n'aurait su le dire.
C'est bien que tu sois là... poursuivit Kame. Ils sont contents de te revoir. Mais ne les laisse plus sans nouvelles, d'accord ?
Promis, assura le brun. Mais tu sais, de toute façon je ne resterai pas éternellement là-bas...
Comment ça ? Demanda vivement Kame.
Crois-tu vraiment que je finirai ma vie dans un autre pays que le mien ? Loin de ma famille et mes amis ?
Mais... Je ne comprends plus rien. Tu aimes ce pays. Tu y as des amis. Et ta carrière...
Tu as raison, oui. J'adore ce pays et les gens que j'y connais. Et je veux vraiment faire quelque chose là-bas, je travaille dur pour ça... Mais je sais bien que je ne parviendrai jamais au niveau de réussite que j'avais ici. Et même sans ça... Je veux continuer à chanter en japonais, ici... Mais pas maintenant. Maintenant je suis bien là-bas. Pour autant, il n'a jamais été question de ne plus jamais revenir.
Il n'a été question de rien, tu es parti si vite... marmonna Kame, que ce discours étonna un peu.
Désolé...
Non, ce que je voulais dire... C'est qu'en fin de compte j'ignore tout ça. Je pensais savoir pourquoi tu étais parti, je pensais même en être responsable, confia-t-il. Mais ça fait deux jours que tu es ici et je me rends compte que je ne sais pas à quoi tu pensais... C'est un peu triste, en fait.
J'aurais aimé me confier à toi... Mais pour être franc, je crois que je n'aurais pas su exprimer ce que je pensais. C'était vraiment confus.
Dommage... çà aurait aidé, lâcha Kame avec amertume.
Je sais.
C'était vrai, ce qu'il disait : finalement, Kame n'en savait même pas la moitié. Il y avait une époque pas si lointaine où il savait au moins pourquoi Jin agissait de telle ou telle façon... Là, il apprenait tout ce que Jin venait de lui dire. C'était une bonne chose de toute façon. Mais Kame comprit aussi que certes, Jin ne lui avait rien dit de tout cela... mais quand même temps, il ne lui avait rien demandé non plus. Kame n'avait pas cherché à savoir. Tellement mal dans sa peau et tellement en colère aussi, il n'avait pas cherché à comprendre... Est-ce que ça aurait tout changé s'il avait su ? Non, il aurait quand même était triste et amer... Mais il aurait sans doute moins plongé, assurément. Mais ce qui était fait, était fait. Il était inutile de perdre encore un jour de plus à pleurer sur son sort et sur ce qui s'était passé...
J'ai pas l'intention de te reprocher éternellement les choses... fit Kame avec détermination. Je suis fatigué de t'en vouloir, en fait. Fatigué d'être mal, de me sentir perdu... J'ai besoin que tout redevienne normal... soupira-t-il.
D'accord, mais... Qu'est-ce que ça signifie ? Demanda Jin, pas très sûr de ce qu'il fallait comprendre. Pour moi, je veux dire...
Toi... Pour le moment, tu vas repartir. Et cette fois je sais où tu vas. Je suppose que je dois te souhaiter le meilleur pour tout ce que tu entreprendras...
Tu n'as pas à dire ça.
Je ne suis pas pathétique au point d'espérer que tu te plantes, fit Kame avec un petit rire, amusé par sa soudaine compassion.
Pourquoi j'ai l'impression super angoissante que tu es en train de me dire adieu, là ?
Non parce que Jin était probablement le dernier sur les six, à s'inquiéter. Il ne voyait jamais où était le mal et s'il avait bien une chose en horreur, c'était qu'on dramatise tout facilement. Mais là quand même... Kame avait ce regard, cet air bizarrement serein du type qui prend les décisions les unes après les autres parce qu'il y a urgence... Et ses encouragements, si sincères qu'ils semblaient être, avaient vraiment une connotation particulière, que Jin n'était pas sûr d'aimer. Parce que si Kame avait décidé qu'il irait mieux en coupant tout simplement les ponts avec lui, là Jin n'était pas d'accord. Mais alors pas du tout. Il ne l'aurait pas volé, mais il n'était pas d'accord pour autant. Inquiet, il attendit que Kame s'explique.
En un sens, oui.
Hé, pas de blagues hein ! S'exclama-t-il. Tu m'en veux, mais je suis prêt à attendre patiemment que tu me pardonnes et...
T'inquiètes pas, le coupa Kame, amusé de voir Jin paniquer ainsi. C'est juste à une partie de toi que je dis au revoir.
Oh... ça...
Ouais, « ça », souligna Kame. Et puis à mon ancien camarade aussi. Je vais digérer tout ça maintenant.
D'accord... Je pourrai prendre de tes nouvelles quand je serai rentré ? Demanda Jin afin d'être sûr.
C'est même conseillé, répondit-il en souriant, laissant ainsi entendre que faire le mort ne passerait pas deux fois.
Des semaines pas terribles s'étaient enchaînées, mais elles venaient de prendre fin. Avec un rapide bilan, Kame se rendit compte que la situation n'était pas si mal : il était jeune, les choses marchaient bien pour lui, le groupe perdurait malgré les récents événements... et en plus il s'était découvert des amis fabuleux qui n'hésitaient pas à le couvrir, à l'aider... Non vraiment, tout n'était plus si noir désormais. Lorsqu'il regarda Jin, il sut qu'ils s'étaient tout dit. Ce chapitre là aussi était clos. Et ce n'était pas plus mal. Se demandant si le timing était bon, Jin ne put toutefois résister à l'envie de poser la question qui occupait pas mal son esprit, espérant que Kame ne se braque pas :
Est-ce que je peux te poser une question ?
Oui, quoi ?
C'est probablement déplacé et tu as le droit de m'envoyer bouler, mais...
Jin, accouche ! Fit Kame, peu habitué à le voir tourner autour du pot de cette façon.
Tu... Euh comment dire ça... hésita-t-il. Ces derniers temps... Je veux dire ces derniers jours. Tu ne t'es intéressé à personne à part...
A part toi ? L'aida Kame en tentant d'avoir l'air assuré.
Voilà.
Tu as du culot de me demander ça.
J'aurais pas dû. C'est pas mes oignons... murmura Jin, comprenant que même si ça allait mieux entre eux, l'heure des confidences n'était pas encore de retour.
En effet.
Cela dit, Kame... ajouta-t-il. Je demandais ça aussi parce que j'espère que tu trouveras vite quelqu'un, qui que ce soit. Cette personne aurait énormément de chance.
Je devrais t'en vouloir plus souvent. Ca te rend presque sympathique.
Kame accompagna sa remarque d'un sourire que Jin lui rendit, alors qu'ils allaient rejoindre les autres à l'intérieur. Yamapi avait parfaitement raison : Jin était trop rapide, il faisait les choses à son rythme, et probablement que ce soir, il avait épuisé son stock de tact pour les années à venir... Mais il le pensait, aussi : Kame était quelqu'un de bien et il méritait d'avoir quelqu'un à ses côtés. Et plus Jin y pensait, plus une idée folle germait dans son esprit... Mais il la garderait pour lui, parce que tout cela était beaucoup trop tôt, probablement.
