Résumé Harry et Drago ont quitté leur époque, laissant Raphaël à ses parrains, Severus et Remus… Le voyage temporel en quête de l'enfant de l'amour commence pour les deux sorciers… bonne lecture…

Harry Potter et l'enfant maudit – Livre II

(Suite de Harry Potter et l'enfant de l'amour)

Chapitre 12 : La tapisserie de l'enfant au ballon

(POV Harry)

Le vide, le noir, l'impression d'un tunnel sans fin, d'un tourbillon effrayant, un déchirement alors qu'un fil vous arrache à tout ce que vous aimez, à tout ce qui compte réellement… Un mélange entre la sensation particulièrement désagréable du transplanage, la turbulence d'un voyage par cheminette et la perte de repère que j'avais ressentie avec le retourneur de temps que Mione et moi avions utilisé à l'insu du ministère pour sauver Buck et Sirius au cours de notre troisième année puis, brusquement une lumière littéralement éblouissante…

Tout redevint enfin plus stable, tellement différent et étrange, ailleurs. Je n'étais plus dans le salon des Black, avec mes amis, ma famille, célébrant le baptême magique de notre fils et mon dix-huitième anniversaire. Disparue la demeure de mon parrain, reçue en héritage, après qu'il soit tombé dans le voile au ministère, disparue la maison où j'ai connu véritablement Dray, où je l'ai aimé, disparue la résidence où j'ai bercé mon enfant, cette havre de paix et de douceur, disparue pour ce froid étrange, ce monde nouveau, cette lumière dérangeante… Et mon bébé, je ne tenais plus Raphaël entre mes bras. Sa chaleur, sa douceur, l'impression de plénitude absolue qui me transportait depuis sa naissance et que rien d'autre ne semblait pouvoir égaler, me manquaient déjà plus que je ne pouvais supporter. Ma tête me tournait, mes jambes flageolaient et je manquai de m'écrouler au sol. Lorsque finalement j'ouvris péniblement les yeux, je vis le regard, visiblement très inquiet de Dray. Ses bras m'enserraient fermement, comme pour me protéger :

« Comment te sens-tu, petit chéri ?

- Dray ?

- Mon ange, regarde-moi… Est-ce que tout va bien ? »

Je me sentais désespéramment vide, vide de toutes sensations. Mon cœur avait été arraché et était resté quelque part dans une autre dimension temporelle, je me retrouvais à une époque où Drago et Harry n'existaient pas, ils n'existaient plus. Désormais, il ne restait qu'Aristote Potter et Dante Yvan Malefoy, Vème du nom. J'avais l'impression atroce d'avoir abandonné mon enfant, comme si mon esprit refusait de se rappeler que je n'avais d'autres choix que de confier mon petit bébé à ses deux parrains, que nous avions agi au mieux pour lui. Je ne doutais pas de Rem et Severus qui seraient des guides, de vrais parents pour Raphaël, qui l'entoureraient de leur protection, de leur amour comme nous l'aurions nous même fait. Quand le sortilège du voyage temporel s'était enclenché, au moment même de l'alignement magique de la lune, à quelques secondes de notre départ, Rem avait retiré Raphaël de mes bras… Je sentis à nouveau mes jambes flageoler dangereusement et Dray me retint contre lui une seconde fois :

« Petit chéri… qu'est-ce qui se passe ? Dis-le moi, la transcendance paradoxale est très fortement altérée, je n'arrive plus du tout à comprendre ce que tu ressens, il faut que tu m'aides, dis-moi…

- Raphaël, Dray… J'ai mal… J'ai tellement mal !

- Assieds-toi ! »

Je sentais Dray me soulever, passant son bras droit sous mes genoux et son bras gauche autour de ma taille. Je me laissais aller contre son torse, mon visage s'enfouissait naturellement dans le creux de son cou, respirant profondément l'odeur de mon époux. Dans un mouvement souple, Drago me câlina contre lui alors qu'il s'asseyait. J'ouvrais péniblement les yeux, je reconnaissais la cabane hurlante devant nous, Poudlard au loin que l'on devinait. Dray s'était installé sur un rocher recouvert de mousse, à l'endroit même où je l'avais attaqué lors de notre troisième année à coup de boules de neige caché sous la cape d'invisibilité de mon père :

« Ecoute, petit chéri, concentre-toi sur Raphaël, tu verras… Son aura a changé déjà depuis quelques minutes, je le sens de plus en plus, il irradie littéralement, sa magie de l'amour est partout. Ouvre-toi, concentre-toi sur son aura !

- Je… Je…

- Chut… Sens sa magie, tu es lié à lui et il sait que nous sommes là, il a perçu notre arrivée. Tu as manqué de perdre connaissance, tu n'as pas pu te rendre compte des changements mais sa force est de plus en plus présente. »

La main de Dray passait en une caresse sur mes cheveux ébouriffés, je fermais les yeux pour me laisser envahir par la puissance blanche de notre fils et une seconde plus tard, je tremblais et tressaillis lorsque je me sentis comme transporté dans un endroit sombre, humide, des barreaux, un lieu crasseux, je vis aussitôt une petite silhouette recroquevillée sur elle-même, des cheveux blonds, presque blancs et de yeux si semblables aux miens, d'un vert émeraude profond qui me souriaient, m'emplissaient d'une force extraordinaire. Je passais au travers de cette prison étrange et m'avançais vers lui. Pendant quelques secondes, je serrais mon enfant contre moi…

« Dray, je l'ai vu…

- Quoi ?

- Je… J'ai eu une vision… Un peu comme avec Voldemort, je l'ai serré dans mes bras, il était dans une espèce de prison, pas vraiment un bâtiment, c'était tellement sombre et humide, mais il va bien… Merlin soit loué, il est apaisé…

- Pratique… Encore un nouveau pouvoir mon petit chéri…

- Mais, tu m'as dit que...

- Je t'ai dit que j'avais ressenti sa présence, sa force magique, après, je n'ai pas fait des milliers de kilomètres, je t'ai appelé à plusieurs reprises, tu m'as fait vraiment peur.

- Tu veux dire ?

- Que ton corps était avec moi… Ton esprit plus vraiment.

- Tu crois que ça pourrait nous aider pour le localiser, pour découvrir le repaire de Voldemort. Jamais Albus, Severus ou Rem ne nous ont parlé d'une telle éventualité.

- Dois-je te rappeler qu'ils nous ont tous répété à de nombreuses reprises qu'on touchait aux confins des expériences magiques et qu'ils ne savaient pas du tout quelles seraient les conséquences de ce voyage temporel sur nos pouvoirs. J'imagine assez mal en plus l'élu faire comme tout le monde, tu ne crois pas ?

- Très drôle, Malefoy… Comme si j'avais déjà eu le choix… »

Les lèvres de Dray recouvrirent ma bouche et patiemment, il retraça de sa langue le contour de la mienne, je lui en ouvrais l'accès dans un soupir et comme à chaque fois, ses baisers m'apaisaient complètement. A bout de souffle, je m'écartais de lui et je vis ses yeux pétiller de malice :

« Oh ! Je t'en prie, Malefoy ! Tu attendras un peu !

- Oui, mon Potty, mais, tu peux me croire, tu ne paies rien pour attendre. Bien, alors, commençons par le plus important…

- Dumbledore.

- Oui, mais avant… »

Je vis alors mon bond farfouiller dans les replis de sa robe de sorcier et extraire une minuscule fiole :

« Amplificatum. »

Aussitôt, la petite bouteille verdâtre reprit sa véritable dimension.

« Bien, alors, nous devons boire deux gorgées de Métamorphosoeil et notre iris se colorera d'une teinte différente pendant deux mois, soit comme nous sommes le 31 Août, je devrais refaire de cette délicieuse concoction pour Halloween…

- Super, et vu ta tête, je suppose que c'est infâme.

- Disons que Severus m'a dit que nous pouvions avoir des nausées et quelques petits désagréments suite à son absorption pendant environ une heure, deux toutes au plus.

- Désagréments… Tu peux préciser…

- Tu te souviens de Marietta après qu'elle ait dénoncé ta petite armée de Dumbledore. »

Je ne pus retenir un petit sourire sarcastique :

« Oui, vaguement… Pourquoi ?

- Et bien, Marietta et son visage recouvert de pustules pourrait être qualifié de charmant en comparaison.

- Sublime, je rêvais que mon mari se transforme en Quasimodo !

- Qui ça ?

- Laisse tomber, c'est dans un livre moldu…

- Ne t'inquiète pas de toute façon, c'est extrêmement rare, cette réaction n'apparaît qu'en cas d'allergies majeures aux queues de salamandres.

- De toute manière, on n'a pas vraiment le choix, alors… »

Je pris la fiole des mains de Drago et avalais l'étrange mixture. Après deux gorgées, je plaquais ma main contre ma bouche, retenant à grand peine de recracher le mélange abject. Je pensais que les dragées Bertie Crochue au goût de poubelle et de moisissure étaient assez plaisantes en comparaison.

« C'est…

- Infâme, je sais, je t'avais prévenu… Comment te sens-tu ?

- Nauséeux mais ça va, et mes yeux ?

- Tu as les plus beaux yeux bleus que j'ai jamais vus, petit chéri… »

Farfouillant dans le sac à dos, Dray sortit un minuscule miroir, d'un amplificatum murmuré, l'objet reprit sa taille habituelle et le blond me le tendit, je saisissais le manche finement ciselé aux armoiries des Black. Je me regardais quelques instants, c'était encore plus étrange, se reconnaître, tout ayant perdu ce qui selon la plupart de mes proches faisait de moi qui j'étais, je n'avais plus les yeux verts émeraude de ma mère. Ils étaient désormais bleus, un bleu si pâle. Lorsque je me détachais de mon reflet, je regardais mon blond qui me fixait étrangement. Ce n'était plus les iris grises, orageuses qui me dévisageait mais de sublimes yeux sombres, presque noirs, absolument fascinants qui tranchaient impitoyablement avec la couleur diaphane de sa peau et ses cheveux d'or.

« Alors… Pas mal, c'est assez surprenant mais j'aime beaucoup, j'espère juste pouvoir revoir très bientôt ta véritable couleur. »

Dray reprit le petit miroir et s'admira quelques minutes, d'un air assez satisfait qui me fit sourire malgré moi, il en profita pour replacer parfaitement ses mèches de cheveux avec beaucoup d'attention. Exaspéré, je finis par soupirer, pour sortir Narcisse de sa contemplation.

« Quoi ? Ce n'est pas parce que tu es perpétuellement décoiffé que je dois paraître tout autant négligé !

- Hé ! Tu pourrais dire carrément que je ne te plais pas comme je suis, Malefoy !

- Allez, Potty, ne te vexe pas… Tu ne serais plus vraiment toi sans ce petit côté désordonné, si… Charmant !

- Oui, c'est ça ! »

Alors que je m'étais retourné, m'éloignant de quelques pas de mon blond, Dray m'avait rejoint en deux grandes enjambées et m'enserrait, son torse contre mon dos, dans une étreinte possessive et ses lèvres parcouraient ma nuque avec un talent indéniable, alternant baiser et mordillement sensuel. Je me retenais de me laisser aller, empêchant un grognement de franchir mes lèvres, je me retirais brusquement, le laissant un peu penaud :

« Parce que tu crois en plus que je vais céder et te pardonner aussi facilement. J'ai l'impression que tu vas attendre vraiment longtemps cette fois…

- Laisse-moi rire ! Comme si tu étais capable de résister à mon terrible charme malefoyen, mon charisme époustouflant, ma beauté surnaturelle, tu succomberas irrémédiablement, mon Potty.

- Tu me confonds avec toi, là. Moi, je ne suis pas obsédé et je suis sûr que tu te jetteras sur moi avant même que…

- Mon petit chéri, tu ne me lancerais pas un défi par hasard !

- Hum… Et pourquoi pas d'abord ? Mais dois-je te rappeler que nous devons rencontrer Dumbledore au plus vite, histoire de faire inscrire en septième année Aristote Potter et Dante Malefoy ?

- Oui, oui, on va aller à Poudlard, mais on n'en restera pas là, Potty… Tu peux me croire.

- Enfin tu sais que c'est la seconde fois que tu me dis ça ! Tu me déçois beaucoup ! Et moi qui croyais que les Malefoy ne revenaient jamais sur leur promesse…

- Un Malefoy n'a qu'une seule parole, Potter, cette histoire n'est pas terminée ! Je te jure que c'est toi qui viendras en rampant pour que je te baise.

- Je tiens les paris, c'est toi qui me supplieras…

- Un Malefoy, supplier tu délires complètement, cette fois, Potter !

- Ouh… Monsieur est vexé !

- Rajoute encore un mot et tu comprendras ce que veux dire le mot 'frustration' !

- Arrête, je vais finir par croire que j'ai épousé Severus. »

J'éclatais de rire à la mine outrée de mon Serpentard. Visiblement j'avais réussi à clouer le bec à Dray ce qui n'était pas un mince exploit à mon avis. Je pris la main de Dray et le tirais sans ménagement en direction du château de Poudlard. Il ne nous fallut que quelques minutes pour atteindre les piliers d'entrée de l'école de sorcellerie que je considérais comme une véritable maison. Nous avions à peine atteint la moitié du vaste parc qu'une silhouette grande et élancée se précipitait vers nous, je reconnus aussitôt la directrice des Gryffondors qui semblait particulièrement contrariée. Lorsqu'elle arriva à notre hauteur, j'inclinais poliment la tête en signe de salut, mon serpentard, très en colère grogna un 'bonjour' qui lui valut un regard profondément outré et hautain, le genre de regard qui vous fait sentir si petit que vous pourriez vous enfoncer sous terre, sauf bien entendu lorsque vous répondez au patronyme des Malefoy. Minerva nous dévisagea plus en détail et je voyais une certaine stupéfaction dans ses yeux inquisiteurs. Sans nul doute, la directrice des Rouges et Ors avait remarqué la ressemblance assez frappante entre Lucius et mon blond et entre mon père et moi. Elle hésita un bref instant :

« Vous êtes…

- Dante Yvan Malefoy, Vème du nom, et à qui ai-je l'honneur de m'adresser ?

- Je vous prierais de vous adresser à moi sur un autre ton, Monsieur Malefoy. Vos origines ne vous donnent certainement pas tous les droits ici ! Je suis Minerva Mac Gonnagal, professeur de métamorphose, directrice de la maison des Gryffondors et adjointe au directeur de Poudlard, Albus Dumbledore et jeune homme, qui êtes-vous ?

- Aristote Potter, Madame. »

Le visage incrédule de Minerva était des plus drôles et je me retenais à grand peine d'éclater de rire, par contre, mon blond lui fit un sourire sarcastique. Apparemment, l'idée d'un Potter et d'un Malefoy côte à côte lui posaient déjà à cette époque des difficultés et son air traduisait sa réelle incompréhension, comme lorsque Raphaël était arrivé à Poudlard.

« Et pourrais-je savoir ce que vous désirez ?

- Nous souhaiterions nous entretenir avec le directeur de cette école, Albus Dumbledore.

- Et à quel propos ?

- Il ne me semble pas que vous soyez Albus Dumbledore, Madame, donc cela ne vous concerne en rien !

- Dray, tu voudrais bien arrêter deux secondes. Excusez-nous, madame la directrice, je suis originaire de Beauxbâtons et Dante est élève de Durmstrang. Nous devons rencontrer Albus Dumbeldore, nous disposons d'un parchemin officiel expliquant notre situation particulière. Nous arrivons à l'instant de l'institut de Salem.

- Bien, Monsieur Potter, vous pouvez me suivre.

- Et moi, j'attends ici, peut-être ?

- Dray !

- Quoi, j'ai juste demandé si j'attendais ici !

- Mais bien sûr ! Tu es d'une mauvaise foi, c'est effrayant, Dray ! Euh… Madame, nous devons voir ensemble Monsieur Dumbledore. Alors serait-il possible que Dante m'accompagne avec vous ?

- Humm… Suivez-moi, Messieurs ! »

En quelques grandes enjambées, Minerva s'avança vers la porte du château. Je soupirais profondément et me retournais vers Drago :

« Tu ne pouvais pas lui parler gentiment ?

- Petit chéri, je te rappelle que je dois jouer le rôle du parfait mangemort en devenir.

- Et bien, si tu veux mon avis, elle est persuadée que tu as déjà le tatouage et l'attirail qui va avec !

- Allez, viens, avant qu'elle ne soit trop loin. Au cas où tu aurais oublié, on n'est pas censé connaître les lieux. »

Sans attendre, Dray attrapa ma main fermement, nos doigts enlacés et nous nous précipitions à la suite de Minerva. Nous arrivâmes à sa hauteur au niveau des sabliers magiques et je profitais de l'occasion pour lui poser des questions sur Poudlard, jouant ainsi le rôle du parfait étranger découvrant une école des plus extraordinaires :

« Excusez-moi, Madame, à quoi servent ces grands sabliers ?

- Humm… Il représente les quatre maisons concurrentes de Poudlard : Serpentard, Serdaigle, Pousouffle et ma propre maison, Gryffondor. Tout au long de l'année, les élèves sont en concurrence et en fonction de leur investissement, de leur talent, ils gagnent ou perdent des points qui sont matérialisés par des pierres précieuses, vertes pour les élèves de Salazar Serpentard, bleues pour les descendants de Rowena Serdaigle, jaunes pour les blaireaux de Pousouffle et rouges pour les héritiers de Godric Gryffondor. Ainsi, en passant devant les sabliers, vous savez qui est en première position pour remporter la coupe des Quatre maisons.

- Et comment les élèves sont-ils répartis dans ces différentes maisons ?

- Vous êtes bien curieux, jeune homme, mais nous sommes arrivés au bureau d'Albus. S'il vous juge dignes de confiance, je ne doute pas un seul instant qu'il ne vous expliquera le fonctionnement de notre prestigieuse école.

- Je suppose.

- Sucre d'orge et chocogrenouille. »

Je souriais au mot de passe, visiblement, la manie de donner des noms de friandises comme clef d'entrée à son bureau datait de très longtemps. Je vis aussitôt l'ouverture magique, Minerva, Dray et moi avancions d'un pas sur l'escalier en colimaçon qui commença sa lente ascension vers la lourde porte en chêne. Après un regard froid pour Drago, Minerva se tourna vers moi et déclara posément :

« Attendez-moi ici, je préviens le directeur de votre arrivée et je verrais s'il souhaite vous recevoir.

- Merci beaucoup, Madame. »

La femme aux cheveux grisonnants s'avança et pénétra sans plus de cérémonie dans le bureau d'Albus, nous laissant seuls.

« Merci beaucoup, Madame… Bien sûr, Madame… Oh ! Potty, tu es absolument pitoyable !

- Connaîtrais-tu par hasard le terme 'politesse', Dray ?

- Bien évidemment. Je suis un Malefoy et tu sais quoi, elle peut aller se faire…

- DRAY ! Comment veux-tu que votre relation progresse si tu te comportes avec elle comme…

- Un MALEFOY, peut-être ?

- C'est ça !

- Dois-je te rappeler que je suis un Malefoy et qu'elle n'est pas sensée apprécier Dante ?

- Ca, tu peux être rassuré, il y a peu de chance que cela se produise.

- Hum… Tu as bien fini par m'apprécier, toi ? Et il y avait peu de chance également, non ?

- Que veux-tu ? C'est mon côté absolument pitoyable !

- Pas très sympa ! Mais dix points pour gryffondor, mon Potty… »

J'éclatais de rire, mon blond me fit un petit sourire très malefoyen, il fit une grande enjambée pour s'approcher de moi. Il me dominait d'une bonne tête et se pencha dangereusement, soufflant sur mes lèvres, mon visage. Je nous revoyais dans ce même vestibule, attendant que Minerva et Rem nous fassent entrée dans le bureau d'Albus, juste avant de rencontrer pour la toute première fois notre enfant. Je revoyais Dray me dire que je niais la réalité… qui mesurait un mètre et s'appelait Raphaël.

« Tu te souviens de la dernière fois où nous nous sommes retrouvés, ici, seuls.

- Vaguement, vaguement Potty ! J'ai vraiment cru que j'allais te tuer, ce soir-là…

- Et moi donc… Tu étais juste insupportable !

- Non irrésistible comme d'habitude !

- Tu aimerais bien !

- Mais c'est un fait, mon Potty… JE SUIS IRRESISTIBLE !

- Mais bien sûr !

- En douterais-tu, par hasard ?

- Mais non, mon chéri… »

Mon ton était volontairement moqueur et je voyais mon blond adopter une adorable moue boudeuse. Au fur et à mesure, il me poussait délicatement vers le mur dans un coin du vestibule, me privant de tout échappatoire, je n'avais de toute façon pas l'intention de fuir.

« Comme d'habitude, Monsieur Potter refuse d'admettre l'évidence…

- Quoi ? Que tu es le meilleur, le plus beau, le plus séduisant !

- Oui, parfaitement, et tu as oublié le plus intelligent et le plus clairvoyant aussi car si je n'avais pas été là, je crois qu'on en serait encore au stade du 'je t'aime, moi non plus'. Monsieur, ', il n'y aura jamais rien entre nous, tu délires complètement, Malefoy, ce n'est qu'un jeu, je te hais, Malefoy…'

- Dois-je te rappeler qu'à cette époque, nous nous étions embrassés seulement TROIS FOIS ? Non, non, non, d'ailleurs pour être très précis, c'était plutôt toi qui m'embrassais et moi, je devais subir tes assauts particulièrement acharnés.

- Eh ! Tu ne vas pas t'en plaindre en plus. Tu devrais plutôt être reconnaissant, tu n'imagines pas combien de personnes auraient voulu être à ta place. »

Devant cette réplique si malefoyenne, j'éclatai de rire, ce qui me valut un nouveau soupir exaspéré.

« C'est étrange tout de même, je ne vois pas beaucoup de gens se bousculer pour prendre ma place.

- Qu'est-ce que tu cherches, Potter ? »

Dray avait prononcé cette dernière phrase contre mes lèvres, avec une expression de pure luxure dans ses yeux encore plus noirs. Je devais bien reconnaître que j'étais assez fasciné par leur nouvelle couleur, tellement sensuelle et forte. Ses mains, posées à plat contre le mur, encadraient mon visage, son corps était tout contre moi, même si je me haussais sur la pointe des pieds, il me dominait largement de toute sa hauteur. Avec un petit sourire, je lui susurrai :

« Toi.

- Mon petit lion semble vouloir jouer ?

- Je ne sais pas, c'est toi le plus intelligent et le plus clairvoyant dans notre couple, non ?

- J'ai envie de toi, Potter, tout de suite.

- Humm… J'avais raison.

- Par… Pardon ?

- Je t'avais bien dit que tu te jetterais sur moi… »

Au moment où Dray s'apprêtait soit à me tuer, soit à me dévorer tout cru pour son déjeuner, Minerva sortit brusquement du bureau directorial. Je suivis son regard qui naviguait à toute allure entre nous deux d'un air réprobateur, tandis que mes joues me brûlaient littéralement, je m'écartai aussi rapidement que possible de mon blond, un sourire démoniaque sur les lèvres, trop heureux de me voir aussi mal à l'aise face à ma directrice, pris à mon propre piège.

« Le directeur vous attend, suivez-moi ! »

Sans demander mon reste, je m'engouffrais dans la pièce où trônaient les nombreux portraits des anciens directeurs de la prestigieuse école et aperçus aussitôt derrière le large bureau en acajou Albus, ses longs cheveux argentés tombant en cascade sur une magnifique robe bleue nuit.

« Entrez, jeunes gens, entrez et installez-vous confortablement. »

Deux splendides fauteuils rouges sombres étaient apparus, après un bref regard vers Dray, je pris place et le vieil homme croisa comme à son habitude ses mains, ses yeux pétillants de malice me transperçaient littéralement :

« Minerva m'a informé de votre requête, vous souhaitiez me rencontrer tous les deux, puis-je en savoir la raison ?

- Professeur Dumbledore, je suis Aristote Potter, je suis le petit-fils d'Archibald Potter, vous connaissez mon grand-père ?

- Oui, oui, bien sûr, c'est un des plus grands médicomages qu'il m'ait été donné de croiser.

- Il m'a souvent dit la même chose de vous, Monsieur et m'a affirmé que sans votre brillante intelligence, il n'aurait jamais découvert les propriétés médicamenteuses des mandragores.

- Il se sous-estime grandement, je n'ai rien fait d'autres que lui parler de cette plante étrange, c'est lui qui en a extrait tous les composants nécessaires pour en faire le parfait antidote au terrible poison de la…

- Tentacula venematum, Monsieur…

- Bien, bien, peu de gens connaissent encore cette plante abominable qui a quasiment disparu de nos jours grâce à votre grand-père… Mais dites-moi qui est donc votre compagnon de route ?

- Dante Yvan Malefoy, Vème du nom, arrière-arrière petit-fils de Dante Malefoy, directeur de l'école de Durmstrang.

- Certes, et comment va cette chère Elena ?

- Ma grande tante se porte comme un charme, elle vient de fêter ses cent-dix neuf printemps et on lui en donnerait à peine quatre-vingt.

- Oui, oui, elle m'avait invité à la cérémonie mais j'ai dû décliner son offre à grand regret. Alors, expliquez-moi la raison de votre présence dans notre école.

- Nous sommes respectivement originaires des écoles de Beaubâtons et de Durmstrang. Vous savez parfaitement que suite aux différents incidents survenus lors de la dernière compétition de la coupe de feu, ici même à Poudlard, le ministre des relations internationales a interdit le déroulement de cette épreuve dans votre pays.

- Effectivement, les conséquences dramatiques de la dernière confrontation expliquent cette décision que j'approuve complètement.

- Cependant, vous n'êtes pas sans savoir, Professeur, que nos deux écoles ont décidé malgré tout, de poursuivre la tradition, en créant « le trophée des deux baguettes » dans le but de renforcer les liens d'amitié entre les élèves de Beauxbâtons et Durmstrang. Lors de notre cinquième année, Dante et moi avons été désigné comme coéquipier.

- Harry et moi, enfin Aristote et moi avons été confrontés à différentes épreuves magiques et nous avons remporté le trophée des deux baguettes face à des élèves de septième année.

- Certes, Monsieur Malefoy, je ne doute nullement de vos compétences magiques au vu de votre généalogie respective.

- Bref, Dray… Pardon Dante et moi avons obtenu comme récompense de poursuivre notre sixième année d'études à l'institut de sorcellerie de Salem et notre septième année doit se dérouler normalement à Poudlard. Tenez, Professeur.

- Qu'est-ce donc, Aristote ?

- Ce parchemin a été établi par la directrice de Beaubâtons et le directeur de Durmstrang, expliquant notre situation particulière et vous demandant de nous accueillir au sein de votre prestigieux établissement pour notre septième et dernière année d'étude.

- Voilà qui est fascinant… Accio parchemin. »

Les yeux bleus pétillants d'Albus lisaient avec attention le parchemin qu'il avait fait léviter jusqu'à lui. Je me sentais terriblement anxieux, j'avais l'impression que Dray et moi avions réussi à déjouer les pièges du directeur qui nous avaient testés habilement sur nos origines, mais je ne pouvais me raisonner dans ce sens, mon cœur battait furieusement dans ma poitrine. Je regrettais amèrement l'altération de la transcendance paradoxale, j'aurai tellement voulu savoir ce que pensait mon blond et je n'osais tourner mon visage vers lui car je sentais peser sur moi le regard scrutateur de Minerva. Le toussotement d'Albus me sortit brusquement de mes pensées :

« Et bien, tout me semble, on ne peut plus clair et je serai ravi d'accueillir deux étudiants aussi brillants que vous deux dans mon école. »

Je retins à grand peine un profond soupir de soulagement lorsque le vieux directeur reprit la parole :

« Nous sommes le 31 Août et comme vous le savez peut-être nos élèves arriveront par le Poudlard express demain soir. C'est alors que sera faite la répartition des nouveaux venus dans les quatre maisons des fondateurs… Avez-vous déjà eu connaissance de notre mode de fonctionnement, disons un peu différent de vos deux écoles respectives ?

- Oui, en partie, lorsque nous sommes arrivés, j'ai remarqué les quatre immenses sabliers et le professeur Mac Gonnagal nous a brièvement expliqué leur utilité. Cependant, j'ai encore une interrogation, Monsieur ?

- Laquelle mon garçon ?

- Et bien, comment décide-t-on qu'un élève aura sa place à Serpentard, un autre à Gryffondor ? Réalise-t-il un sortilège de magie simple ?

- Vous le découvrirez dès demain soir ; juste avant le repas de bienvenue, célébrant la nouvelle année scolaire qui commence. Vous serez vous aussi répartis, au même titre que les premières années, comme tout nouvel élève entrant à Poudlard. Mais, j'ai déjà une idée de la maison à laquelle vous appartiendrez Aristote… Comme d'ailleurs pour vous, Dante.

- Vraiment ?

- Oui, mais inutile de me le demander, je ne vous dirais rien pour ne pas influencer le résultat d'une quelconque façon. Vous suivrez les cours avec les élèves de septième année, comme n'importe quel sorcier de votre âge. Il y aura cependant une petite différence sur laquelle je ne transigerais pas.

- Laquelle ?

- Vous demeurez avant tout des élèves de Durmstrang et Beaubâtons, c'est pour cela que si Minerva n'y voit pas d'inconvénients, vous logerez dans des appartements à part. Après tout, le but de cette démarche est de lier vos deux écoles, il est donc judicieux que vous viviez ensemble. Cela vous convient-il ?

- Parfaitement, Professeur Dumbledore.

- Minerva, que diriez-vous de conduire nos jeunes amis dans les appartements de l'enfant au ballon ? Je me doutais qu'un jour, ces derniers auraient enfin une utilité. Ces logements n'ont jamais servi et vous y serez très bien, j'en suis convaincu. Il y a trois chambres, mais je demanderais aux elfes de maison de réaménager la petite chambre d'enfant en une salle d'entraînement. Cela vous convient-il ? »

Dray et moi hochions la tête dans un même instant, je me retenais de toutes mes forces de sourire trop ouvertement, les appartements de l'enfant au ballon, nos appartements… Là, où Drago m'avait fait l'amour pour la toute première fois, l'endroit où nous avions élevé pendant presque un an notre Raphaël. Lorsque je croisais les yeux pétillants de Dray, je ne doutais pas qu'il était tout comme moi ravi de la décision de Dumbledore.

« Ecoutez, jeunes gens, je dois malheureusement prendre congé, j'ai, vous vous en doutez, des milliers de choses à faire d'ici demain. Minerva va vous montrer votre résidence pour l'année qui commence et les elfes viendront comme convenu réaménager l'appartement à votre convenance. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites-le leur savoir. Vous pouvez vaquer à vos occupations, comme bon vous semble jusqu'à demain soir. Visitez le château, le parc, le village de pré-au-lard, profitez-en et à demain.

- A demain, Professeur. »

Dans un même ensemble, Drago et moi avions salué le directeur qui nous gratifia d'un sourire énigmatique, ses yeux bleus semblant rivés aux miens pour transpercer mon âme. Pendant une seconde, je restais comme médusé, persuadé qu'il savait qui nous étions réellement, c'était simplement terrifiant. Minerva n'attendit pas une minute de plus, elle sortit brusquement, se précipitant vers l'escalier magique, visiblement elle n'approuvait pas la décision d'Albus de nous accueillir à Poudlard. Drago lui emboîta le pas. Alors que je m'apprêtais à refermer la porte du bureau du directeur de Poudlard, je me retournais une dernière fois vers Albus qui me fit un petit clin d'œil complice, tellement étrange, comme venu de l'au-delà.

Minerva et Dray m'avaient déjà largement distancé quand je repris mes esprits. Je ne les rattrapais finalement que dans un couloir que je connaissais parfaitement pour l'avoir parcouru des milliers de fois l'an passé. La tapisserie de l'enfant au ballon était telle que nous l'avions toujours connu. La directrice des Gryffondors se tourna vers nous et parla sur un ton peu amène :

« Le mot de passe est Raphaël. Inutile de me demander pourquoi, la tapisserie refuse d'en changer, vous pouvez vous installer dans ces appartements comme vous le désirez ainsi qu'Albus vous l'a déjà précisé… »

J'aurai voulu répondre quelque chose, n'importe quoi, mais d'entendre que la clef d'entrée de ce lieu était le même dans les deux réalités temporelles, me laissait totalement perdu… La voix blanche de Dray me confirma que mon blond était au moins aussi surpris que moi :

« Bonne fin de journée, Professeur… »

Dans un soupir hautain, Minerva s'éclipsa, nous laissant seuls devant l'enfant au ballon… Dray murmura le mot de passe, sa main enserra la mienne et nous pénétrions à nouveau dans nos appartements…

A suivre…