Allez, un petit peu de FrUk dans ce monde de brute, ça ne peut faire que du bien.
Merci pour les reviews ! Elles me font très plaisir. J'ai l'impression d'être moins seule dans mes délires.
Dans un grand soupir de contentement, Marianne s'affala dans les draps, bientôt recouverte par la chaleur de son amant.
Elle reprenait son souffle petit à petit, alors qu'Arthur se déplaçait légèrement pour ne pas peser de tout son poids sur elle. Elle ne comptait plus le nombre de fois où ils avaient fait l'amour. Le corps moite et chaud, elle avait déjà de sacrées courbatures dues à toute cette activité intense.
Alanguie contre lui, Marianne ne demandait plus qu'une pause dans leurs ébats. Leur enthousiasme trouvait son origine dans le fait qu'ils avaient loupé le coche la dernière fois. Ils avaient voulu passer autant de temps que possible ensemble, mais le transfert inverse entre Lisa et Arthur s'était réalisé avant qu'elle ne soit enceinte.
Cette fois-ci, ils auraient leur bébé avant Lisa. Vengeance.
Évidemment, Lisa avait réalisé un nouveau transfert pour avoir encore un bébé, sans leur demander leur avis. Cette fois-ci, Lisa aimerait que son poupin soit de Japon. En même temps, vu les numéros spéciaux qu'elle avait engendrés avec Francis, à savoir America et Sealand, ces réticences à retenter l'expérience pouvaient être très compréhensibles. L'Anglaise allait donc au-delà de gros problèmes.
Ils auraient leur bébé avant Lisa. Vengeance.
Marianne sourit de béatitude. En plus, elle allait profiter amplement d'Arthur avec la trêve qui s'annonçait.
Monika, toujours aussi professionnelle, s'occupait de tout. Quel bonheur de la compter parmi ses alliées ! Par moment, elle pouvait se révéler trop pointilleuse, mais ceci comportait de nombreux avantages par la suite. Tout était réglé comme du papier à musique avec elle. Marianne lui faisait confiance les yeux fermés.
Sa main se glissa le long de la colonne vertébrale d'Arthur qui semblait apprécier la caresse.
« One more time, deary ?
- Je t'aime beaucoup, Arthur, mais je suis épuisée.
- Me too. »
Marianne se félicita qu'il ne trouve pas ses mots en français, car ceci signifiait qu'il était complètement repu sexuellement. Elle avait ordonné qu'on leur prépare leurs repas et qu'on le leur emmène à la porte de son appartement. Marianne savourait toute cette tranquillité.
Elle avait encore quelques jours avant que sa compagne du moment n'ait vent de son infidélité. Si China n'était pas capable de comprendre qu'elle avait l'amour de sa vie dans son lit que pour quelque temps, elle pouvait aller se faire voir ailleurs. Marianne maudit Lisa de lui compliquer autant sa vie amoureuse. Elle pourrait faire les transferts quand elle était célibataire. Que diable !
Lisa devait le faire exprès.
La sale teigne !
Arthur leva ses yeux embrumés vers elle et déposa un baiser sur son épaule.
Cette Angleterre-là était beaucoup plus adorable. Marianne passa la main dans ses cheveux de sable ébouriffés par leurs parties de jambes en l'air. Elle ne devrait pas autant s'attacher à Arthur, car il lui serait à nouveau repris cruellement. En soi, c'était très difficile de résister à son premier grand béguin : ce pirate trop sexy pour son propre bien. Il y avait du laissé allé dans la tenue de tous les jours, mais, nu comme un ver, il retrouvait tout son piquant.
« Je t'ai vraiment manqué ?
- Of course… Je n'oublierai jamais mon premier amour.
- Tu as quelqu'un.
- Toi aussi, tu as quelqu'un.
- Je ne dirais pas que c'est quelqu'un de vraiment important dans ma vie. Pas comme toi.
- Ah…
- Tu aimes l'autre France ?
- Ne me dis pas que tu es jalouse de ton double. »
Ce serait plus simple d'en vouloir à Arthur d'aimer quelqu'un d'autre quand il partira.
« Il te voit tous les jours.
- Pas tous les jours.
- D'accord, pas tous les jours.
- Pendant quelque temps, Francis ne va pas me voir du tout, dit-il avant de se relever pour l'embrasser.
- Ah, c'est vrai. J'avais oublié, en rit Marianne.
- En plus, il va avoir une vilaine sorcière à gérer.
- Oh, le pauvre petit chou… »
Elle devrait vraiment penser à profiter de la présence d'Arthur, tant qu'elle le pouvait encore.
Francis soupira de soulagement quand il atterrit dans le lit, juste en-dessous de lui pendant sa lévitation forcée.
On ne dirait pas comme ça, mais c'était extrêmement physique d'essayer de se détacher dans les airs.
Quand il eut perdu un peu d'altitude en enlevant un bout de cordes, il comprit toute l'astuce. Et là, il ne devait pas rater le matelas.
Enfin, il retrouvait le plancher des vaches.
Francis ne comprenait pas pourquoi Lisa lui en voulait autant. D'un point tactique, il était tout à fait logique de l'empêcher de nuire… Seulement, pourquoi n'était-elle pas tombée dans ses bras ?
Avait-il perdu de sa superbe au fil des années ?
Il était empreint d'un gros doute sur ses capacités de séduction. Se faire voler la vedette par Japon… Non, mais !
Francis alluma son téléphone portable et se connecta à l'Intranet. Quelqu'un avait cafté ! Génial ! Il n'avait pas besoin de tout expliquer en long et en large au monde entier.
Tout le monde savait qu'il était prisonnier chez Arthur, mais passons. Il s'était délivré tout seul.
Prudent, Francis ne cria pas victoire et s'en alla de l'appartement.
Arrivé dans la rue, il vit passer une sorcière à toute vitesse dans les airs et courut se mettre à l'abri dans le premier bus. Il espérait qu'elle ne l'ait pas vu.
Une fois arrivé à la station de métro la plus proche, il se demanda s'il devait empêcher une rencontre entre Kirkland de mondes différents. Il n'aimait de toute façon pas les Kirkland aujourd'hui. Il allait les laisser se débrouiller entre eux. Serait-ce judicieux de laisser des otages faciles à cette satanée sorcière ? Non.
Il marqua dans l'Intranet que la famille Kirkland devrait laisser la sorcière tranquille parce qu'il s'était délivré tout seul comme un grand. Il était le meilleur ! Et ses soi-disant amis ne valaient pas un clou. Non. Il n'irait pas délivrer Antonio des douanes françaises, chère Allemagne. Il détestait quand Ludwig donnait des ordres à tout le monde. Oui, c'était ses propres douanes, ce serait plus simple, mais il n'en avait rien à faire. Aujourd'hui, il faisait grève.
Évidemment, il provoqua un tollé de protestation à propos de ses humeurs étranges.
Il avait été ligoté pendant toute une journée. Il avait bien le droit de se dégourdir les jambes. Évidemment, il téléphona aux douanes pour aider un certain senor Antonio Fernadez Carriedo, représentant de l'Espagne, qui avait heureusement mis ses papiers en règle selon ses conseils avisés. Il pouvait arrêter sa grève pour aider un ami dans la panade. Il n'en avertit pas Allemagne, parce qu'il aimait l'embêter et qu'Antonio finirait par le dire innocemment au détour d'une conversation.
Francis arriva à la gare et se fit immédiatement accoster par Lisa. Sa rapidité à le retrouver et à se déplacer l'avait toujours subjugué.
« Tu croyais vraiment pouvoir m'échapper ?
- Toutes les nations sont au courant de ton existence et de ta présence en ce monde. Donc, ça ne sert plus à rien de me séquestrer. Tu risques simplement de mécontenter tout le monde.
- Comment cela a-t-il pu m'arriver ? Personne n'aurait cru Japon.
- Une certaine America a cafté. D'autres nations ont validé son histoire. Tes copines ne sont pas très futées.
- Je pensais qu'elles tiendraient plus longtemps. Notre fille a ton mauvais penchant pour emmerder le monde.
- J'aimerais rentrer en France.
- Je t'accompagne et je m'invite chez toi. »
Ils se lancèrent des regards pleins d'animosité, jusqu'à ce que Lisa déclare :
« Je ne te demande pas ton avis… J'ai été reçue par une bande de magiciens minables à l'appartement.
- La famille Kirkland. Paix à leur âme. Ils auraient dû regarder leurs messages, chantonna Francis.
- Je ne les ai pas tués, se défendit-elle.
- Je suis sûr que tu les as traumatisés au plus profond de leur âme. »
Lisa eut un petit rire sadique qui ne présageait rien de bon pour une certaine fratrie.
« C'est quoi cette idée de te faire un autre mec dans mon monde ?
- Tu as vu le résultat de mes précédentes grossesses ?
- Oh ! Crois-moi ! Je m'en suis occupé de nos petites pestouilles.
- Moi aussi, je m'en suis occupée. Ce serait trop douloureux de recommencer. Et Sealand est en pleine adolescence.
- Préadolescence. Le pire est à venir.
- Je préfère ne pas y penser.
- Mais pourquoi veux-tu qu'on en fasse un autre ?
- Ma femme veut un bébé.
- Pourquoi ne l'as-tu pas envoyé, elle ? »
Lisa lui fit un regard qui se voulait éloquent, mais Francis ne le comprit pas.
« J'avais peur qu'elle ne revienne pas. Ponko peut très bien empêcher le transfert de se refaire.
- Je ne savais pas que tu avais une concurrente.
- Japon n'utilise que très peu ses pouvoirs. Et nous sommes alliées. Pas de quoi faire un drame. De plus, elle n'oserait pas pratiquer certains sorts.
- Contrairement à toi… C'est quoi ton plan pour la suite ?
- Kiku est complètement gay, râla Lisa en roulant des yeux.
- Je m'en doutais, vu comment il reluque Héraklès.
- Je ne m'en doutais pas. C'est tout », ronchonna-t-elle.
Une bonne chose de faîte, elle n'avait pas trop traumatisé un Asiatique qui n'avait rien demandé. Francis se souvenait des sous-vêtements affriolants cachés par sa grande robe de nurse punk. Penser à la conception de Sealand lui permit d'y voir plus clair.
« Je boude, continua Francis pour l'empêcher de s'en prendre à lui.
- C'est hors de question d'avoir un nouveau garnement aussi pénible que les deux autres. Je suis sûr que ton patrimoine génétique y contribue largement.
- À mon avis, on est deux sur ce coup-là. Je parie que Marianne et Arthur s'y sont déjà mis. Arthur était très déçu lors de la dernière fois. Heureusement, il avait Sealand pour le dégoûter de la paternité, plaisanta Francis. C'est une boutade. Bébé, Peter était adorable, même avec son hyperactivité. Et rien ne peut dégoûter Arthur de la paternité. Tu l'aurais vu avec Alfred… Franchement, Lisa, il faut que tu assures pour ce coup-ci. Il adore se venger. Ce trait désagréable de caractère que tu partages avec lui n'a rien de charmant.
- Je ne pouvais pas deviner qu'ils n'y étaient pas arrivés de leur côté. Maintenant, je peux le savoir.
- Oh, dis-moi tout ! Tu espionnes leur chambre à coucher ?
- Non. J'enverrai Rosemary Mc Bunny se renseigner. Le lapin peut voyager à travers les différents mondes sans se perdre.
- Bon à savoir.
- Ainsi, je peux continuer à donner des directives à mon gouvernement et être rapidement informée des problèmes.
- Tu ne fais pas confiance à Arthur ?
- Arthur n'a pas mes pouvoirs magiques, ce qui l'empêche de dissuader tout le monde de s'en prendre à l'Angleterre. J'ai érigé des barrières magiques pour que personne ne m'embête pendant mon absence. Heureusement, une trêve va être signée. Mes alliées vont reprendre du poil de la bête. Nous pourrons donner l'assaut final à mon retour.
- Nicolai est ici.
- Quoi ?
- Je crois que ton sort te dépasse.
- J'avais tout calculé ! L'alignement des planètes, le choix des nations, les incantations, les produits… Tout ! Qu'est-ce qu'il fait ici, bordel ?
- J'y suis pour rien ! », se plaint Francis.
Quand ils arrivèrent pour payer au guichet, se disputant comme un vieux couple, Lisa regarda le vendeur avec des yeux exorbités :
« Deux tickets pour Paris ! »
Ils s'éloignèrent avec leurs places, quand Francis comprit une chose.
« Mais on n'a pas payé !
- Je t'offre le voyage pour me faire pardonner de t'avoir ligoté toute la journée.
- Mais…
- Ne discute pas.
- Tu ne m'offres pas vraiment le voyage, puisque tu as hypnotisé cette personne pour qu'elle nous donne les billets. »
Lisa soupira et lui attrapa fermement l'épaule.
« Pas de scandale, mon chéri. Profite de mon influence magique pour voyager gratos.
- C'est ma compagnie de train que tu entubes, Lisa.
- Ah. Dans mon monde, c'est ma compagnie de train qui gère le tunnel.
- Tout ne fonctionne pas comme chez toi, ici.
- On va dire que tu m'offres le voyage et que tu te débarrasses de formalités administratives pour te faire rembourser ton billet de train par l'Élysée.
- Avec cet argument, j'apprécie beaucoup mieux ton geste altruiste. En plus, je passe pour un gentleman.
- Tu m'exaspères déjà, Francis.
- Mais ça te plaît. »
Les joues de Lisa se colorèrent d'un joli rouge, alors qu'elle niait intérieurement ses sentiments. Francis l'avait toujours appréciée. Elle était beaucoup plus directe et honnête qu'Arthur, ce qui l'avait séduit au premier abord. Par contre, elle était beaucoup plus dangereuse en raison de ses pouvoirs. Comme elle avait été amoureuse de lui, Lisa ne lui avait généralement pas causé de tort. Elle l'était encore. Francis le sentait dans sa façon de se tenir et de détourner le regard.
Fidèle à Arthur, Francis ne ressentait plus vraiment le grand challenge de séduire quelqu'un. La seule exception était Lisa Kirkland. Bien évidemment. Arthur aimait Marianne à un tel point qu'il acceptait que Francis s'acoquine avec Lisa. Heureusement, lui et son double féminin ne vivaient pas dans le même monde.
« À quoi tu penses ?
- Au bon temps que se prend Marianne avec mon compagnon.
- Tu ne devrais pas. Tu vas te faire du mal.
- Je suppose que Ponko t'attend bien sagement à la maison.
- Évidemment.
- Elle le prend comment ?
- Je lui ai expliqué que je ne pouvais prendre que ce créneau pour venir dans ton monde.
- Il y a des créneaux ?
- Je serais venu plus souvent si je l'avais pu.
- Ah… Pour me voir ?
- Entre autres », sifflota-t-elle.
Francis se hasarda à lui attraper la main sur le quai. Lisa le laissa faire quelques instants, avant de mettre un peu de distance.
Il la ferait très vite craquer. Il en était persuadé.
