Chapitre Onze
Just know that these things will never change for us at all*
Amy était prête à rentrer chez elle. Non pas qu'elle n'avait pas apprécié son temps passé avec Matt, ou sa rencontre avec John, Chris et Rory, mais sa maison lui manquait. C'était le dernier jour, et John (qui avait fait ses bagages en un temps record afin qu'il puisse se dépêcher de rentrer chez lui vers Rose) aidait Matt, puisqu'elle était indisposée à cause de sa 'condition'. Les mecs. Elle était enceinte, pas handicapée. Elle était assise près de Rory, qui partait le premier. Il vérifiait qu'il n'oubliait rien.
« Alors, où est ta maison ? » Demanda Amy, appuyée contre lui. Elle se préoccupait vraiment de Rory ; dans un autre monde, elle était sure qu'elle l'aurait choisi. Ce qui ne voulait pas dire qu'elle n'aimait pas Matt, car elle l'aimait ; mais Rory était vraiment un type super et elle admirait sa façon de vivre sa vie, sa manière de se donner à fond dans tout ce qu'on lui demandait, et il était toujours là pour ses amis. Elle s'était autant attachée à lui qu'elle s'était attachée à John.
« Euh, je repars pour Leadworth. » Répondit Rory. La jeune rousse l'observa, choquée. « Leaworth ? Je viens de Leadworth ! » Rory hocha la tête. « Je sais. » « Pourquoi n'as-tu jamais rien dit ? » Voulu savoir Amy. « Nous avons grandis dans des voisinages différents, et avons eu des amis différents, Amy. Nous avions nos propres vies, et la première fois que je t'ai rencontré, c'était aux funérailles de tes parents. » Expliqua-t-il patiemment. « Même ! Tu aurais dû dire quelque chose, Rory ! Je n'aime pas savoir que je suis passé devant toi dans la rue en t'ignorant ! » S'exclama-t-elle, horrifiée. « Tu ne m'as pas ignoré. Tu m'as souris et tu m'as dit que tu aimais ma veste. » Lui assura Rory. Se sentant un peu mieux, elle lui demanda pourquoi il ne lui avait pas dit plus tôt. « Honnêtement, ça ne me paraissait pas important. On s'est tous plutôt bien entendu, bien que nous venions d'endroits différents. Ça faisait du bien, de voir un visage amical. Je suis content que tu ailles mieux, à propos de tes parents. Ils auraient été aux anges de te voir enceinte. »
Amy le fixa pendant un long moment, avant de lever la tête légèrement et de placer un baiser chaste sur ses lèvres. « Sans Matt et sans parents morts, j'aurais été tienne, Rory Williams. » Rory sourit. « Dans un autre monde, Amélia Pond. »
« Très bien tout le monde ! On a fini ! » Annonça Matt, trainant le dernier sac hors de la salle. John ferma la porte, vérifia qu'elle soit verrouillée, et le groupe traversa le labo, la pièce vide qui était devenue une maison pour eux. Beaucoup de souvenirs avaient été créés dans cette pièce, et ils ne changeraient cela pour rien au monde.
C'était un sentiment triste, de savoir que pour la première fois en six mois, ils allaient être séparés. Le vol de Rory allait embarquer d'une minute à l'autre, alors ils se disaient adieu. « Bon, vous deux, » commença Rory en s'adressant à John et Matt, « n'allez pas chercher les ennuis maintenant que vous n'avez plus rien pour occuper votre temps libre. » John et Matt s'observèrent, un regard mi-moqueur mi-offensé sur leurs visages.
« Rory- »
« - et Amy, »
« Ils ne nous font pas confiance. »
« Tu penses que je penses que- »
« Inéluctablement. »
« Tu vois, je suis heureux qu'on soit sur la même- »
« Longueur d'ondes. Tu vois. Grands esprits. » Acquiesça John. Faisant face à Amy et Rory, Matt enchaina.
« Les ennuis sont juste des petites parties ! Ils attendent tous là-bas, Rory. Je ne les ai pas encore vu, pas avec ces yeux de père-imminent. »
John repris le fil, « Car les choses qui ce sont passées ici n'étaient que des trucs et des magouilles. » Il regarda Matt. « Magnifique mot. Magouilles. »
Matt sourit. « Entre nous, ça sonne merveilleusement bien. »
« Est-ce ce à quoi tu pensais- »
« Oui, c'est juste tellement inspirant de m'entendre le dire. »
« Je sais ! »
« Est-ce que c'est si important, de flirter ? Parce que j'avais l'impression que, vu que je pars, je devrais être en haut de la liste pour l'instant. » Se plaignit Rory. John et Matt serrèrent fort le jeune homme, l'écrasant entre eux et étouffant ses protestations. Amy les écarta finalement et jeta ses bras autour de Rory.
« Prends soin de toi, d'accord ? Tu es une mère, maintenant. » Dit Rory, la serrant contre lui. « Ouais, toi aussi. On se retrouve tous à Londres, après avoir rendu visite à la mère de Matt en Écosse. Je te téléphonerai pour te dire la date. » Lui dit-elle, ses yeux remplis de larmes. Rory les chassa doucement avec ses pouces, embrassant son front. « À plus tard. » Amy sourit. « À plus tard. »
V
C'était à présent au tour de Matt et d'Amy. Ils rentraient en Écosse, donc leur voyage allait être plus long. Après avoir fait le plein de sédatifs pour Matt (qui détestait voler), ils étaient prêts. Les deux docteurs se firent une poignée de main compliquée, suivie par un au revoir dans une langue qu'ils avaient inventé. « C'est du Gallifréen, Amy ! » Elle ne fit même pas semblant de comprendre.
Amy pris le visage de John entre ses mains, afin qu'il comprenne qu'elle était sérieuse. « Je sais que toi et Rose avaient beaucoup parlé au téléphone, mais ça ne veut pas dire que tout est réglé. Vous allez devoir parler de beaucoup de choses, et vous ne pouvez pas prétendre que ça n'est jamais arrivé, autrement, vous serez de retour à la case départ. » John opina, les traits sérieux. « Tu l'aime, John, et elle t'aime. Laisse cet amour vous guider, vous devez être sûrs que tout rentre dans l'ordre. Le vrai amour comme celui-ci n'arrive pas tout les jours, alors sois reconnaissant de l'avoir. » John sourit à la future maman. « Promis, Amy. Tu vas me manquer. » Amy le serra fort.
« Tu vas me manquer, grand dadais. Prends soin de toi et appelle-moi une fois que tu as atterri, d'accord ? »
« Je le ferais. N'oublie pas de m'appeler quand toi et Matt arrivez en Écosse. Prenez un tas de photos, je n'ai jamais été là-bas. »
« Promis. On se voit dans quelques semaines.
« Salut, Amy. Salut, Matt. »
V
Matt tapotait ses doigts contre son accoudoir, sentant la panique qui se manifestait chaque fois qu'il savait qu'il allait être dans les airs, la seule chose les séparant d'une chute libre étant quelques moteurs. Il sentit la main d'Amy sur son épaule et tourna son regard vers elle. « Ça va aller. »
« Tu mens. »
« Je ne mens pas. »
« Jure-le moi. Jure-le moi sur quelque chose de valeur. »
Elle posa sa main sur une de ses joues. « Batonnets de poisson et crème anglaise. »
Matt chercha ses yeux avant de hocher la tête, prenant les médicaments qu'elle lui tentait. « Ma vie est entre tes mains. Amélia Pond. »
Un vol de Salt Lake City (d'où John s'en allait) à Chicago. Cela prendrait environ une heure et demie. John prit le temps d'étudier sa prochaine action. Il avait décidé de surprendre Rose avec son retour, et d'utiliser le temps passé en l'air pour tout préparer. Une fois que l'avion eut atterri à O'Hare, il disposa de deux heures de halte et, après avoir trouvé un endroit calme, appela Rose préparant le terrain pour son plan.
« Salut, toi. J'étais justement en train de penser à toi. » Dieu seul savait comment il avait fait pour partir pendant six mois.
« Des pensées positives, j'espère. » Taquina-t-il, les mains dans les poches en commençant à arpenter le couloir comme à son habitude.
« Seulement les meilleures, bébé. Alors, quand part ton avion demain ? »
« Il part à une heure. Mais je n'y serai pas. » Ce qui était la vérité.
« Quoi ? Pourquoi ? »
Il fit semblant d'hésiter. « John ? »
« Il s'est passé quelque chose. Je ne pourrai pas prendre l'avion demain. » Il s'assura d'avoir l'air vraiment contrarié et désolé.
« Je ne comprend pas. Tu m'as dit que tout était fini, que tu prendrais cet avion demain quoi qu'il arrive. » Bon dieu, il détestait l'entendre tellement bouleversé et déçue. Mais il devait continuer ; cela valait la peine de voir son visage lorsqu'elle découvrirait qu'il était déjà rentré.
« Tout est fini, et je sais que j'ai dit que je serais à la maison demain, mais ça ne se passera pas comme prévu. Désolé Rose. » Prétendit-il, tentant d'empêcher un sourire de s'installer sur son visage.
Son soupir frustré failli le tuer mais en même temps, il lui dit qu'elle était aussi anxieuse de son retour que lui l'était. « D'accord, très bien. Quand rentres-tu alors ? »
« Dès que je peux, Rose. Je te le promets. »
« D'accord. Je… Je suis vraiment impatiente que tu rentres, John. » Oh, elle allait adorer.
« Moi aussi. Je te rappelle plus tard. » Après qu'elle eut raccroché, il appela rapidement Jack pour mettre la seconde étape de son plan en action.
Jack mit une paire de lunettes de soleil, s'admirant dans le petit miroir avant de se tourner vers Donna pour les lui montrer. « Haha ! De quoi j'ai l'air ? » Demanda-t-il, excité.
« Ridicule. » Déclara Donna avec un sourire.
Il fit la moue, ne prenant pas en compte son affirmation. « Les lunettes de soleil sont cool, tu vois ? Oh, ouais. Salut ma mignonne. » Dit-il en voyant Rose revenir dans le magasin.
« Salut. » Elle semblait triste.
« Qu'est-ce que ne va pas ? » Demanda Donna.
« Je viens d'avoir John au téléphone. Il dit qu'il ne rentre pas demain. »
« QUOI ? »
« Pourquoi ? » Demandèrent le frère et la sœur, Jack arrachant les lunettes de soleil. Rose haussa les épaules, tentant de ravaler sa grande déception. « Tout ce qu'il a dit, c'est qu'il s'était passé quelque chose et qu'il essaierait de prendre un autre vol dès qu'il pourrait. »
« Quel idiot. À tous les coups, il a raté son avion. » Grogna Donna. Elle attendait avec impatience de revoir le géni tout autant que Rose. Jack soupira, et enlaça Rose. Il pouvait sentir sa déception comme des vagues qui sortiraient de son corps. « Je suis désolé, Rose. Un jour à attendre, hein ? »
« Ouais, je suppose. »
V
Jack donna un peu d'argent à Donna et lui dit de distraire Rose avec des frittes afin qu'il puisse appeler John. Lorsque le jeune docteur répondit, Jack était prêt à lui arracher la tête. « C'est quoi cette histoire, tu ne rentre pas demain ? » Demanda-t-il dans un sifflement silencieux. Il serra sa mâchoire en entendant John rire légèrement à l'autre bout du fil.
« Ce n'est pas ce que tu crois, Jack. La seule raison pour laquelle je ne rentre pas demain, c'est parce que je suis actuellement à l'aéroport international de O'Hare. »
Jack cligna des yeux, incertain qu'il ait bien entendu. « Tu es où ? »
« Je suis à Chicago. J'ai une escale avant sept heures de plus pour Londres. »
« Mais Rose a dit-»
« Ce que je voulais lui faire penser. Elle pense que je suis toujours dans l'Utah, alors qu'en fait-»
« Tu lui fais une surprise ! » Jack rit de soulagement. « Génial ! Vas-y, donne-moi les informations de ton vol. » John lui transmit qu'il devrait atterrir vers onze heure plus tard dans la nuit, et que ce serait à Jack d'amener le groupe à Heathrow.
« Qu'en est-il de Donna ? Je ne lui dis pas non plus ? »
« Ne le dis à personne, Jack. Je veux que ce soit une surprise totale. » Jack acquiesça, et après avoir raccroché, il prit quelques minutes afin d'être sûr qu'il ne se trahirait pas trop tôt.
Cela allait être la meilleure surprise que Rose Tyler avait jamais eue.
John observa le soleil se coucher par la fenêtre à côté de son siège. Il regarda sa montre, constata l'heure et pencha sa tête en arrière, fermant les yeux.
Cinq heures et demie, Rose. Cinq heures et demie.
*Chanson « Chasing Cars » de Snow Patrols
Traduction : Sache que ces choses ne changeront jamais pour nous
