C4est avec énormément de retard que je vous présente ce nouveau chapitre de Démons ! Il en a mit du temps hein ? J'espère que je mettrais moins de temps pour la suite, mais je ne promet rien, ma rentrée arrive, et je sais pas du tout si j'aurais le temps. 'fin bon, stop aux bavardages, bonne lecture, et oubliez pas les review!^^
Le vent soufflait avec une force inhabituelle sur le désert. Naruto, afin de garder une visibilité correcte, enroula un bout d'étoffe de couleur claire autour de sa tête, ne laissant qu'une étroite fente pour ses yeux... et constata que ce n'était pas franchement mieux qu'avant. « Tant pis », se dit-il, ça devrait suffire. De toute façon, il ne voyait pas à deux mètres devant lui, et il soupçonnait fortement Gaara d'être responsable de ce brouillard de sable. Le vent soufflait fort, certes, mais pas assez pour soulever de tels nuages. L'enfant du désert se trouvait donc là, quelque part dans le sable, nullement gêné par les grains s'insinuant absolument partout, ses tatouages brillant d'une lumière vive, mais sûrement pas assez pour percer l'écran opaque qui masquait tout, et avec un démon prêt à attaquer. C'est lui qui l'avait voulu, il le savait parfaitement et ne regrettait pas sa décision. Seulement là, tout de suite, il était dans une merde royale.
Il n'y voyait absolument rien, il n'avait aucun espoir que le vent retombe et le sable par la même occasion, et Gaara pouvait surgir de n'importe où et n'importe quand. Le blond fit rouler les muscles de ses bras et de son dos et fit sauter le scellé du parchemin qui était jusque-là coincé dans sa ceinture pour en sortir sa lourde épée. Il la saisit fermement, la lame pointée devant lui, et il fit un premier pas, prudent, ne prenant pas garde à ses bottes légères qui s'enfonçaient dans le sol. Il savait qu'elle ne lui serait pas d'un grand secours et que son arme serait d'une autre nature, qu'il le veuille ou non, mais sentir le poids de l'arme dans sa main le rassurait.
Il comptait beaucoup plus sur son ouïe que sur sa vue, aussi cessa-t-il de scruter l'épaisse brume sablonneuse pour se concentrer uniquement sur les sons. Mais rien. Rien à part le vent hurlant à ses oreilles et son cœur battant plus fort sous l'effet de la tension. Il avança prudemment, guettant le moindre signe de la présence de son adversaire. Les minutes s'écoulaient, et il faisait tout pour ne pas relâcher sa concentration, se disant que peut-être il aurait Gaara sans avoir à recourir à « ça ». Pourtant il ne se faisait pas d'illusions. Tôt ou tard, il aurait à puiser dans la force du démon.
Ça faisait presque dix jours qu'ils étaient là, et, bien que sachant qu'il n'avait pas le choix, Naruto rechignait encore à se servir de la force colossale de la créature.
Le premier contact avec cette puissance avait été... immonde. Il en avait encore la nausée. Il lui avait fallu un temps d'adaptation afin d'apprendre à vivre en étant deux et en sentant la présence du monstre en lui. Mais ce n'était rien, vraiment rien face à ce qu'il avait ressenti quand il avait voulu utiliser pour la première fois dans cette énergie. Ça avait été une lutte sans merci du moment où la première goutte de puissance s'était écoulée en lui jusqu'à ce qu'il cesse complètement de l'utiliser.
Le démon l'avait prévenu qu'il devrait lutter de toutes ses forces pour lui soutirer la moindre goutte d'énergie, et il n'avait pas menti. Il s'était imposé dans son esprit, hurlant, criant et vomissant sur lui tout ce qu'il savait d'insultes, lui chuchotant aussi parfois des choses horribles, glissant dans son esprits des images de tueries, de corps déchiquetés et démembrés. Naruto avait dû user de toute la force de sa volonté pour le repousser dans un coin de son esprit et l'empêcher de le submerger. Puis il avait dû se battre encore et encore pour lui soutirer la moindre petite once de force. Quand enfin le démon, las de lutter, lui avait laissé le contrôle, le blond n'avait pu que tomber à genoux et vomir sur le sol.
Cette force était dégoutante, écœurante, comme souillée par les pulsions meurtrières de la bête, et elle était écrasante, pesant de tout son poids, trop énorme pour un corps d'humain. Naruto avait eu beaucoup de mal à supporter l'afflux qui traversait son corps, et c'était encore pour lui une expérience éprouvante.
Il avait tenu trois minutes. Puis il avait laissé le démon majeur retourner là où il nichait, au plus profond de son esprit.
Gaara, impuissant, avait regardé son ami à genoux sur le sol, les membres tremblants et crispés, comme s'il essayait de soulever une chose extrêmement pesante installée sur ses épaules. Il ne connaissait que trop bien cette sensation. Les premiers contacts qu'il avait eu avec le démon qui l'habitait avaient été une épreuve qu'il ne désirait revivre pour rien au monde et qu'il ne souhaitait à personne. La souillure de cette âme ne pensant qu'au sang et à la mort, les mots susurrés et la puissance bien trop forte et trop agressive pour qu'un corps humain ne puisse la supporter longtemps... Il avait confiance en Naruto, et il savait que le garçon y arriverait, mais il était aussi sûr que les prochaines tentatives ne seraient pas beaucoup plus concluantes. Il fallait du temps, et ils en manquaient, mais ça, aucun des deux ne voulait y penser.
Naruto avait passé les jours suivants dans un état proche de celui dans lequel il s'était retrouvé après que le premier sceau ait été levé. Puis il avait fait ce dont lui seul était capable. Il s'était relevé et s'était battu avec entêtement, quelle que soit l'épreuve. Ses nuits étaient agitées et ses journées épuisantes, le rendant presque aussi cerné que le roux, mais il avait poursuivit ses efforts, jusqu'à réussir à enfin utiliser toujours un peu plus de cette énergie dévorante qui semblait vouloir brûler son âme et engloutir son corps.
Le blond était conscient qu'il avait encore beaucoup de chemin à faire, mais il était sur la bonne voie.
Naruto déglutit avec difficulté. S'il voulait s'en sortir sans bleu ni égratignure, il devait le faire. Ils avaient maintenant combattu plusieurs fois et il savait parfaitement que Gaara n'avait pas de pitié. Il était dur et froid en combat et il n'hésiterait pas à utiliser toutes les armes à sa disposition pour pousser le blond dans ses derniers retranchements. Resserrant les doigts sur la poignée de son épée, faisant par là craquer le cuir de ses mitaines, Naruto ferma les yeux pour se concentrer plus facilement. Il le sentait, là, au fond de lui. Il remuait, parcourait ce qui lui servait de cage de long en large, arpentant inlassablement sa cellule pour tromper l'ennui de son enfermement, ses neuf queues battant rageusement l'air, comme animées d'une vie propre.
Il ne laissa pas au Kyuubi le temps de prononcer un mot et alla droit au but, entamant la bataille enragée qu'il devait mener à chaque fois qu'il voulait approcher de cette source infinie de pouvoir. Il n'aurait pas su expliquer exactement comment il s'y prenait, mais il repoussa le Kyuubi dans un coin de son esprit et extirpa de la créature un mince filet d'énergie qu'il relia à son propre corps sans lui laisser l'occasion de se rebiffer. Il savait qu'il était capable d'en puiser un peu plus, mais il espérait que ça suffirait pour l'instant. Il avait failli perdre le contrôle deux jours auparavant, alors qu'il avait utilisé trop de force en une seule fois, et il ne voulait pas prendre de risques. Ses muscles se crispèrent instantanément sous l'afflux de l'énergie du démon. Puis ils se tendirent subitement, réagissant au quart de tour.
Gaara avait senti l'augmentation de sa puissance. Et il attaquait.
Naruto eut tout juste le temps d'éviter l'immense bras fait de sable compact qui s'abattait sur lui. Il toucha le sol avec fracas, le faisant trembler sous les pieds du blond, et se disloqua en un nuage de poussière. Un éclair rouge passa sous les yeux du blond et il eut tout juste le temps de parer un nouveau coup grâce à son épée. Il ne réussit cependant pas à échapper à l'autre bras qui le prit en traitre et lui faucha les jambes avec une violence inouïe.
Le blond roula maladroitement et se remit sur pieds avec un peu plus d'agilité que dans sa chute, ignorant la douleur et déjà prêt à encaisser le prochain assaut. La situation n'était pas à son avantage et il le savait. Il avait l'habitude de se battre contre un mage grâce à ses entrainements avec Sasuke, et il était évident qu'il devait faire face à Gaara pour espérer s'en sortir. Il n'arriverait à rien dans ce brouillard de sable où il était à la merci de l'enfant du désert, et la seule solution pour l'en sortir, à savoir le provoquer et l'énerver pour qu'il quitte sa cachette, ne marcherait pas sur le roux qui savait faire preuve d'une maîtrise de soi incroyable.
Naruto laissa échapper un ricanement nerveux. Gaara ne lui laissait pas d'autres options, pas de choix, aucune alternative. Alors, résigné mais ne pouvant retenir une grimace de dégoût, il fit enfler le flux d'énergie.
Le changement fut brutal et violent, et il lui comprima l'estomac à tel point que l'Héritier crut qu'il allait s'évanouir, mourir et vomir puis se disloquer tout à la fois. Il se sentait écrasé par cette puissance si forte qu'elle le faisait souffrir, imprimant une douleur sourde dans chaque parcelle de son corps. Il n'en avait encore jamais appelé autant à la fois, et il frissonna en pensant que ce n'était que le début, que la première série d'entraves qui avait sautée.
Il avait l'impression que sa sensibilité à ce qui l'entourait était décuplée. Il sentait le moindre souffle de vent caressant sa peau et faisant bouger le tissus de ses vêtements, chaque petit grain de sable se laissant porter dans l'air... Et Gaara. Il savait exactement où se situait le garçon et il ressentait la puissance qui se dégageait de lui. Les choses sérieuses allaient commencer. Laissant son épée trainer derrière lui dans le sable, traçant un profond sillon derrière lui, il s'élança avec une rapidité qui l'étonna et bondit dans la direction de l'enfant du désert. C'était comme si son corps était devenu celui de l'animal en lui et qu'il s'était appuyé sur quatre pattes pour s'élancer.
Gaara, le sentit arriver plus qu'il ne le vit et mit en place un écran de sable protecteur plus dur que la roche. Naruto abattit une première fois son arme, puis encore et encore. Gaara, immobile et confiant, semblait narguer Naruto qui tentait de détruire le bouclier qui lui résistait. Il entendit distinctement le roux ricaner derrière la barrière protectrice.
« Tuer. Dévorer. Tue-le ! Laisse-toi faire. Nous devons nous laisser aller, et goûter au sang et à la chair. Tuer et déchiqueter le corps de l'humain. Lécher le sang chaud et le sentir couler le long de notre gorge. Tu es à moi, nous sommes un. Tu dois tuer avec moi. Dévorons-le ! »
Il s'acharna de toutes ses forces sur le bouclier, frappant encore et encore, ne s'arrêtant que pour esquiver les bras de sable que Gaara envoyait par moments, les contrôlant depuis son cocon protecteur. Il n'y avait pas d'autre solution. Il devait briser cette chose pour atteindre le garçon, et il le ferait. Il raffermit sa prise sur le manche de l'arme et asséna des coups avec toute la force dont il était capable.
« La chair qui se déchire sous mes griffes et les os qui craquent et se déchiquètent. Les hurlements et la mort. Tuer et dévorer tous ceux qui passent à ma portée. Le sang chaud et la mort. Nous devons tuer. »
Des craquement se firent entendre là où il attaquait en continu la coque de sable. Sans réfléchir, il planta l'épée dans le sable à ses côtés et continua son œuvre à main nue. Il remarqua à peine ses ongles plus longs que la normale, presque semblables à des griffes aiguisées, et entreprit de marteler à coup de poings le sable de plus en plus friable. Il s'acharna encore et encore jusqu'à ce qu'enfin...
Le sable craqua et se fissura, laissant enfin voir un Gaara ébahit, les paupières grandes ouvertes, et ses tatouages brillant avec force. Naruto lui donna un coup de poing dans les côtes et le fit tomber au sol. Saisissant son épée, il en appuya la pointe contre la gorge du garçon, faisant perler une goutte de sang.
Il avait gagné.
Avec un soulagement non dissimulé, mais également avec une pointe de réticence qui lui retourna l'estomac et l'emplit de peur, il laissa le flux d'énergie se disloquer et disparaître tandis qu'il sentait que Gaara faisait de même. Tombant à genoux, il s'étala sur le sable aux côtés de son ami. Il dut fournir un effort surhumain pour ne pas se pencher sur le côté et vomir. La tête lui tournait, et le Kyuubi ne l'aidait pas en s'agitant en tous sens, furieux de n'avoir toujours pas réussi à prendre le contrôle.
Le vent soufflait toujours sur eux, mais le sable qu'il charriait était retombé au sol à l'instant où les tatouages du roux avaient cessé de luire. Naruto regarda les siens s'éteindre doucement, leur lumière traversant le tissus fin de sa chemise.
_Alors ?
_C'était mieux. Mais tu as hésité, et tu ne peux te le permettre, je te l'ai déjà dit. Le Démon est ton arme, sa force est à toi, et tu dois t'en servir.
_Je le sais.
_Alors fais-le et cesses d'attendre d'être acculé. Je sais que ça n'a rien d'agréable et que le corps d'un humain n'est pas fait pour supporter tant de puissance, mais tu dois oublier la douleur, les nausées et ne penser qu'à faire tienne cette force, à la laisser emplir ton corps sans pour autant te laisser submerger.
_Il est fort tu sais, et il me chuchote des choses tellement...
_Tu devras t'y habituer. Il est impossible de faire marche arrière, et ce n'est que le début. Autant te faire tout de suite à l'idée que tu ne seras jamais débarrassé de ce monstre et que ça n'ira pas en s'arrangeant quand les autres entraves ne seront plus là. Soit tu prends le dessus et tu lui montres que tu ne cèderas pas, soit tu te dis que c'est injuste, tu laisses ta douleur et la colère prendre le dessus, tu lui montres l'impuissance que tu ressens, et il finira par engloutir ta conscience et prendra le contrôle. C'est à toi de choisir.
_Comme si j'avais le choix...
_On a toujours le choix Naruto. Toi comme moi n'avons pas décidé de nous retrouver avec ces créatures, mais dès l'instant où nous avons été au courant de leur présence, nous avons eu le choix de nous battre ou de nous laisser dévorer. C'est à toi de voir ce que tu préfères.
_Jamais je ne laisserai cette bête prendre le contrôle.
_Alors bats-toi et mets de côté la douleur.
Le regard de Gaara était dur comme l'acier, et Naruto commençait à se sentir mal à l'aise. Il souffla de soulagement quand le jeune homme se détourna enfin de lui pour retourner vers leur campement.
Le silence régnait. Gaara n'était pas d'un naturel très causant, et Naruto n'était pour une fois pas d'humeur à parler. Plongé dans ses pensées, il s'employait à ignorer avec soin les chuchotements incessants du démon renard.
Quand la nuit vint, et avec elle l'heure du couché, Naruto fut heureux de se glisser dans ses couvertures. La journée avait été épuisante tant physiquement que psychologiquement, et il avait besoin d'une bonne nuit de sommeil. Il était tellement fatigué qu'il ne s'étonna même pas du calme intérieur que lui accordait le démon.
Oui, il était tant fatigué, qu'il vit pas venir les cauchemars.
OOOOOOOOOOOOOO
Le Palais, splendeur de la capitale et demeure de sa Majesté l'Empereur, était endormi et sa masse noire écrasait la ville et ses habitants avec autant de poids que le faisait le Traitre. Seules les rondes des gardes venaient, à un rythme régulier, troubler la tranquillité des couloirs, ponctuant le silence de la nuit d'intermèdes métalliques joués par le fer des cuirasses portées par les soldats et il semblait que même la clarté de la lune ne voulait pas pénétrer en ce lieu maudit.
La salle du trône, centre du Palais et interdite à tous sauf aux plus nobles d'entre les nobles, était vide depuis des années. Depuis le jour de la déchéance de Tsunade à vrai dire. Orochimaru n'aimait pas vraiment cette pièce et il la trouvait beaucoup trop chargée du souvenir de l'Impératrice, ainsi la mettait-il mal à l'aise. Il avait donc tout naturellement installé ses quartiers dans une autre aile du Palais afin de fréquenter le moins possible ce lieu, mais il était à présent obligé de s'y rendre, poussé par des choses plus fortes que le frisson qui le traversait dès qu'il était dans cette pièce. L'autre avait insisté pour qu'ils se retrouvent ici sous prétexte que c'était le dernier endroit où on viendrait les chercher. « Il » prenait toujours un grand soin à ne pas être vu et lui donnait d'habitude rendez-vous dans un quelconque couloir abandonné et humide que l'on trouvait à foison dans les sous-sols du château, et Orochimaru, même s'il n'appréciait pas cet endroit, était heureux de ne pas avoir à salir ses habits de soie dans des souterrains insalubres. Il serait fâcheux que quelqu'un ait vent de leur projet, c'est pourquoi Orochimaru ne s'était jamais plaint et se rendait sans rechigner là où son associé le lui indiquait.
Le « traitre » comme on l'appelait quand il avait le dos tourné, était déjà bien assez mal vu depuis sa prise de pouvoir et il n'avait nul besoin que les imbéciles sur lesquels il régnait apprennent ses intentions envers l'Héritier et ce qu'il se trimballait dans le bide. Un nombre relativement réduit de personne était au courant pour le démon et les autres avaient toujours étés persuadés que la créature était retournée de là où elle venait après que l'invocation ait mal tourné, et c'était une bonne chose qu'ils pensent ça. Il serait fâcheux que tout le pays sache qu'un gamin se promenait librement avec un démon majeur, et encore plus qu'il comptait bien le récupérer pour l'utiliser afin de les persécuter encore un peu plus, et éventuellement d'aller persécuter aussi un peu les pays voisins afin d'étendre son territoire.
Orochimaru scruta avec insistance le long couloir plongé dans l'obscurité, redoutant de voir apparaître la lumière d'une lanterne annonçant une ronde de la garde. Lorsqu'il fut sûr et certain que personne ne viendrait, il poussa la lourde porte et se faufila en silence dans la salle vide.
Le Traitre déposa la lampe à huile qu'il avait apportée avec lui sur une table basse posée à l'entrée et qui supportait autrefois le poids d'un imposant vase de fine porcelaine ou une quelconque babiole hors de prix, promettant une mort prématurée au serviteur qui aurait le malheur de la briser en faisant le ménage.
Comme à son habitude, son associé surgit de nulle part, sortant d'un recoin mal éclairé, comme s'il avait surgit de l'obscurité elle-même. Il ne le salua pas, il n'en prenait jamais la peine, et il s'installa simplement sur un des gros coussins poussiéreux qui jonchaient le sol et qui servaient autrefois à recevoir les proches de l'Impératrice. Lui-même s'était vu de nombreuses fois convié à prendre place sur ces sièges moelleux et confortables disposés sur de riches tapis. Seulement les tapis avaient disparus et plus personne ne prenait la peine de faire le ménage dans cette pièce depuis longtemps. Tout était couvert de poussière et d'innombrables toiles d'araignée s'étalaient dans chaque coins de la pièce si bien qu'elles recouvraient presque tout le plafond. Orochimaru prit le temps de lisser sa tenue d'intérieur avant de s'installer avec un dégoût affiché sur un coussin sale, puis il attendit patiemment que son associé prenne la parole, ce qui ne tarda pas.
_Comment avancent les préparatifs ?
_Nous serons prêts dans les temps impartis. Les tranchées autour de la ville sont quasiment terminées, beaucoup de nouveaux soldats ont été recrutés dans les campagnes environnantes et entrainés afin d'en faire autre chose que des bouseux seulement aptes à tenir une fourche, des tours de guet ont été construites et toutes les forges des alentours tournent à plein régime.
_Mais? Car il y a un « mais » n'est-ce pas ?
_Et bien, j'ai cru comprendre que les hommes s'inquiètent. Ils craignent un siège et seraient rassurés si nous nous approvisionnions en conséquence. S'il y a effectivement un siège, nous ne tiendrons pas longtemps, certainement moins d'un mois et...
_Je te l'ai déjà dit, il n'y aura pas de siège, ils n'auront jamais la force de frappe nécessaire. Ils ne peuvent pas se permettre de nous coincer dans cette ville, et nous n'avons aucunement l'intention de nous y cloitrer. Notre but est justement de les faire venir à nous, pas de nous cacher en attendant qu'ils dépérissent, se lassent et partent. Trouves un moyen de rassurer tes hommes. Tu peux me croire, il n'y aura en aucun cas à tenir un siège.
_Et tant mieux. Les sièges sont toujours atrocement longs et épuisants.
_Raison de plus pour nous en passer.
_Et pour le garçon, comment allons-nous le faire venir ? Jusqu'à nous je veux dire. Je suppose que tu as une idée, sinon tu ne serais pas là.
_Nous allons lui présenter un appât auquel il ne pourra pas résister.
_Un qui se trouverait dans une de nos cellules par exemple ?
_Exactement. L'envie de la libérer sera plus forte que tout une fois qu'il aura la confirmation qu'elle est en vie et qu'elle n'est pas logée dans un lieu des plus confortables.
_Il sera furieux, laissera son armée se débrouiller sans lui et viendra à nous tout seul comme un grand.
_Veilles bien à ce que tes hommes reçoivent l'ordre de le laisser franchir nos ligne dès qu'il tentera de passer. Il serait plus que fâcheux qu'il soit tué par accident avant qu'il n'ait vu Tsunade à deux doigts de se faire écarteler.
Un sourire carnassier s'étira sur la face du Traitre sans qu'il ne puisse le retenir. Il en aurait ri s'il ne devait pas rester discret. Quand l'autre serait reparti, il irait dans les cachots annoncer lui-même la nouvelle à sa prisonnière. L'évocation du mot « écarteler » réveillait en lui un sentiment plus que plaisant. Se frottant les mains, un ricanement silencieux secoua ses épaules. Il se réjouissait d'avance et c'était une source de joie sans fin pour lui de voir Tsunade dans une telle position de faiblesse.
L'associé du traitre, quant à lui, en avait plus que marre. Il s'était éclipsé dès qu'il l'avait pu. La vue du Traitre le dégoûtait de plus en plus à mesure qu'il était obligé de le côtoyer et il attendait le jour où il pourrait enfin l'écraser comme la vermine qu'il était. Il s'était tassé dans un recoin où l'obscurité était particulièrement profonde après s'être levé sans bruit de son coussin et avait activé son pouvoir. Sentir la magie affluer dans son corps était une expérience de plus en plus pénible et il regrettait amèrement le temps où il était un mage puissant et redouté. Seulement les regrets ne menaient à rien et il avait trop donné de sa personne pour en arriver là où il en était à présent. La fin de tout ceci était proche et très bientôt il n'aurait plus à supporter la vue de cet Orochimaru ni la souffrance et la faiblesse occasionnées par la moindre utilisation de la magie. Dans peu de temps le démon serait à lui et alors tout allait changer.
Comme il s'y attendait son élève avait guetté son retour et il passait déjà une main sous ses bras pour l'aider à se relever. Ce petit était un bon garçon et il éprouvait presque quelques infimes remords à l'idée de le tromper comme il trompait l'Empereur. Oui, presque. Au moins le garçon avait-il réellement les moyens de l'aider et, plus important encore, il lui était fidèle, complètement dévoué. Orochimaru était un abruti fini qui ne se rendait même pas compte qu'il était écrit sur son front en grosses lettres « je veux doubler mon associé » et qui profiterait de la première occasion pour récupérer le démon renard. Malheureusement pour lui, il ne savait pas qu'il mourrait dès que cette occasion se présenterait.
Se remettant sur ses pieds, toujours soutenu par son élève, l'homme fut prit d'un vertige et manqua de rejoindre à nouveau le sol.
_Maître, vous devriez faire attention avec vos techniques de téléportation, elles vous épuisent.
_Je suis obligé de m'en servir, mais c'est de plus en plus éprouvant pour moi.
_Désirez-vous manger quelque chose ?
_Plus tard. As-tu reçu les nouvelles que j'attendais ?
_Oui, un pigeon voyageur est arrivé il y a un peu moins d'une demi heure. Le porteur du démon est toujours dans le désert avec le chef des rebelles et les préparatifs se poursuivent dans la forteresse de sable. Le nombre de leur soldat n'est encore qu'approximatif, de nouveaux hommes arrivent chaque jour, cependant nous n'avons aucune raison de nous inquiéter pour l'instant, nous leur restons supérieurs. Seuls leurs mages pourraient présenter quelques problèmes si la bataille venait à durer. C'est apparemment Sasuke Uchiha qui les entraine. Le Protecteur lui-même.
_Intéressant... Je pensais qu'il aurait suivi le porteur du démon dans le désert. Peut-être y aura-t-il là une faille inespérée à exploiter le jour où le démon viendra à moi. Peut-être se montrera-t-il plus utile que son abruti de frère. C'est sa faute si tout a échoué. La honte de tout un clan et des années de travail fichues par terre par sa faute ! J'aurais dû me douter qu'il trahirait le clan... Il a toujours été trop...
_Il ne sert à rien de ressasser tout cela Maître. Il a payé le prix de ses actes, et bientôt les dégâts qu'il a causé seront réparés. Le démon sera bientôt en votre possession.
_Hun. Viens, aide-moi, j'ai besoin de m'allonger.
L'homme pesa de tout son poids sur son élève qui le porta presque jusqu'à un des deux lits que contenait la petite chambre qu'ils louaient dans une auberge miteuse. Le jeune homme, après avoir prit soin d'installer son maître convenablement, saisit une coupe en fer bosselée et la remplit d'eau avant de la donner à l'homme sur le lit. Celui-ci la vida lentement. L'eau lui fit du bien, et il se sentait les idées un peu plus claires. Il avait du pain sur la planche et absolument pas le temps de lambiner sur ce lit. Il avait des ordres à donner. Il devait envoyer des espions dans le Palais pour surveiller cet abruti d'Orochimaru et faire parvenir de nouvelles instructions à son espion dans la forteresse de sable. Il fallait surveiller Sasuke et apprendre pourquoi il n'avait pas suivi Naruto dans le désert. Et puis il avait ses propres hommes à rassembler et une multitude de choses à mettre en place pour être prêt le jour où le Kyuubi serait à portée de main. Il s'en emparerait, et les efforts d'Itachi pour ruiner ses plans seraient effacés, soufflés en un rien de temps. Ce gamin avait tout gâché, lui avait fait perdre le démon et avait décimé presque tout le clan, mais il était sur le point de réparer son erreur. Il lui fallait seulement encore un peu de patience. Juste encore un peu.
_Petit, prends du papier et de l'encre. J'ai des messages à te dicter.
_Bien...Madara-sama.
OOOOOOOOOOOOOO
Naruto comprit tout de suite qu'il était à nouveau dans un de ces rêves provoqués par le Kyuubi. Il était dans une pièce aux dimensions si impressionnantes qu'elles lui donnaient le vertige. Une eau claire s'écoulait sur le sol et recouvrait ses pieds jusqu'aux chevilles et le glaçait jusqu'à la moelle tant sa température était basse. Le blond chercha le parchemin scellé contenant son épée dans un réflexe défensif, mais il ne le trouva pas à sa place habituelle, à savoir coincé dans sa ceinture. Un étrange son lui parvenait, de loin, très loin, comme si un grognement résonnait et était amplifié des centaines de fois contre les parois rocheuses. Naruto n'était pas dupe et il savait parfaitement d'où provenait ce bruit, ou plutôt de qui. Le démon renard rôdait sûrement quelque part, tapis dans les ténèbres les plus épaisses
_Tu es une vraie plaie tu sais, sale gosse. Tu ne veux pas me laisser la place, et tu as l'air d'être plus têtu qu'un troupeau de mules. J'ai été patient, mais maintenant je vais devoir employer les grands moyens.
_Ta gueule ! Je ne te laisserai en aucun cas prendre le contrôle, et tu ne peux rien tenter avec les deux séries d'entraves qui sont encore là.
_Ma liberté d'action est peut-être grandement réduite, gamin, mais elle n'est pas nulle.
Le démon ouvrit grand la mâchoire tandis que ses yeux s'étrécissaient jusqu'à se fermer complètement. Un rire sauvage et guttural s'échappa du fond de sa gorge et retentit si fort que le sol et les murs tremblèrent en même temps que l'eau aux pieds du blond s'agitait. Le monstre en face de lui n'en finissait pas de répandre sa joie féroce et Naruto devait lutter pour retenir les frissons glacés qui lui parcourraient le corps. Quand finalement le rire cessa et que la gueule hérissée de crocs aiguisés se referma, Naruto pensa être soulagé, mais une boule d'angoisse pure se forma au creux de son estomac quand il tomba sur les yeux brillants et cruels du démon renard. Le blond ne put empêcher son corps de bouger. Un de ses pieds glissa sur le sol, suivit du deuxième, en un mouvement de recul instinctif et incontrôlable.
_Ne recule pas, pauvre humain. Où que tu ailles, tant que tu seras en ce lieu, tu ne pourras échapper à la souffrance.
Naruto vit la créature se tasser sur elle-même et il comprit qu'elle se préparait à bondir. Il aurait voulu courir et s'enfuir quelque part, mais cela impliquait de tourner le dos à la bête et il était certain que s'il faisait cela il sentirait les dents pointues déchirer sa chair. Malgré les claques mentales qu'il se donnait, il ne parvint pas à bouger le moindre muscle. La bête retroussa ses babines en un sourire carnassier, et en un bond puissant, ses queues battant l'air comme avec joie, la gueule se refermant sur lui. Puis ce fut l'obscurité et le rêve dans le rêve.
L'atrocité.
Le blond avait disparu à l'intérieur de lui-même. Il n'était plus et flottait dans le rien, mais il voyait, et s'il avait encore un estomac, il aurait vomi tripes et boyaux. Il sentait le démon renard fouiller dans sa tête et tenter de lui arracher des souvenirs. Naruto n'était plus qu'une conscience avec un corps invisible et impalpable mais qu'il sentait encore d'une certaine façon. Le démon était dans sa tête et il était dans la sienne. Dans la tête de la bête, il préféra ne pas y regarder plus que nécessaire. Il n'y avait visiblement rien à y trouver de toute façon. Rien mis à part des meurtres et la souvenance d'une délectation sans fin provoquée par le goût du sang chaud et bouillonnant sur sa langue. Le porteur du démon retint un haut-le-cœur et repoussa aussi loin qu'il le put ces images abominables qui peuplaient la tête du Kyuubi.
Le démon par contre se plongeait avec un entrain visible dans les souvenirs de Naruto, il sembla en choisir un premier, et tout bascula une première fois sans que le blond n'y comprenne rien.
La pièce sombre où il se trouvait un instant auparavant avait maintenant disparu et il se sentit flotter un instant dans le néant, perdu entre le tout et le rien. Puis une image apparut, d'abord floue et indistincte qui devint petit à petit plus précise. D'un coup Tsunade se tint devant lui. Naruto se demanda quel intérêt le démon pouvait bien trouver à lui montrer l'image de l'impératrice.
Il le comprit très vite quand il vit à travers ses propres yeux la femme mourir. Il lui semblait sentir dans chaque parcelle de son corps qui n'existait pas le sang chaud s'écoulant du ventre déchiré de la femme et descendant le long de son avant-bras enfoncé dans les entrailles de la femme, à présent morte, presque jusqu'au coude. Ses yeux étaient révulsés d'horreur et un filet de sang s'échappait du coin de ses lèvres serrées. Le regard du blond se fixa sur la plaie béante. C'est un long cri d'horreur qui s'échappa de sa gorge immatérielle et qui déchira le vide dans lequel il flottait.
Naruto savait que ce n'était pas lui, il savait que Tsunade était quelque part enfermée dans le Palais et non ici dans le rêve du Kyuubi, il savait que ce n'était pas ses mains qui étaient couvertes du sang et que tout cela n'était que des illusions provoquées par le Démon Majeur, mais le sang humide qui gouttait lentement de ses doigts et la blessure immonde qui s'étalait dans le corps mort de Tsunade paraissaient tellement réels... Il tenta de se secouer et c'est d'une voix qu'il aurait voulu ferme mais qui partit légèrement dans les aigus, qu'il s'adressa à la créature qu'il ne pouvait voir mais qu'il sentait farfouiller un peu partout dans sa tête. La voix de celle-ci explosa dans sa tête, amusée.
_Arrête ça tout de suite !
_Hahaha, tu me menaces pauvre humain ? Et que vas-tu faire ? Tu es impuissant ici, et d'autant plus faible que ton corps est endormi. Je peux jouer avec toi autant que ça me plaira. Voyons voir ce qu'il y a d'intéressant dans ta tête, gamin.
_Je peux te contrôler, tu n'as pas réussi à prendre le contrôle jusqu'à maintenant ! Je suis plus fort que toi et tu le sais.
_Tu es plus fort grâce à ces foutues entraves, et j'attends avec impatiente que le vieux fasse sauter les autres. Et je ne prends pas le contrôle de ton corps, je m'amuse simplement, mais il serait regrettable pour toi que mon petit divertissement soit la cause de ta perte de contrôle à venir. Si tel est le cas, saches que je m'en excuse platement.
Naruto n'eut pas le temps de répliquer au rire du Démon Majeur. Une nouvelle vision s'imposait à lui, et cette fois c'est Jiraya qui se trouvait debout devant lui.
Il vit mille et une morts et autant de souffrance, toutes provoquées de sa main. Il sentit encore et encore le sang couler le long de ses doigts et les organes palpiter au creux de sa main. La folie, le meurtre et le sang s'étalaient sous ses yeux et dans ses membres et il ne pouvait rien y faire. Toutes ces images tourbillonnaient dans sa tête à une vitesse ahurissante et il vivait et revivait ces meurtres qui ressemblaient de plus en plus à des boucheries et pouvait voir la joie immense qu'y prenait le Kyuubi. Son esprit était emporté, balloté comme une feuille un jour de grand vent entre tous ces instants d'horreur, impuissant physiquement et mentalement, prisonnier des rêves du démon renard.
Sa seule victoire,bien mince mais une victoire quand même, sur cette domination complète de son esprit coincé dans son corps endormi et fatigué était le souvenir qu'il était parvenu envers et contre tout à protéger. Celui de Sasuke. Dès qu'il avait compris ce que le démon était en train de faire, il avait tenté de repousser loin, très loin dans un recoin tout ce qui était en rapport avec le brun, mais il faiblissait et il lui semblait qu'il se regardait éventrer des gens qu'il aimait depuis des heures et des heures.
Ce n'est que longtemps, bien longtemps après que le Kyuubi fit tomber ses dernières défenses avec une lenteur si pleine de délectation que Naruto fut persuadé que s'il avait voulu, il s'en serait pris à Sasuke dès le début mais qu'il trouvait beaucoup plus drôle de lui laisser espérer qu'il y échapperait .
_Tiens tiens, qu'avons-nous là ? C'est donc ça que tu tentes de me cacher depuis tout ce temps ! Amusons-nous avec lui aussi. Je sens que ça va être merveilleux de le faire mourir de tes mains.
Naruto était complètement à bout et il avait la certitude qu'il était à deux doigts de sombrer dans la folie. Il fallait que tout cela cesse, c'était la seule certitude qu'il parvenait à garder en tête.
Il avait pu entendre les os craquer un à un, il avait vu la peau se déchirer petit à petit pour parsemer le corps pâle d'une myriade d'entailles rouges et sanguinolentes. Il avait senti son nez se plisser à cause de l'odeur dérangeante du sang qui avait également investi sa bouche lorsque sa langue était venue lécher une des plaies. Il avait vécu comme si elle était sienne la jubilation du démon, superposée à sa propre horreur. Il avait envie de crier, de hurler, de s'arracher les cheveux et de se frapper jusqu'à ce que mort s'en suive si cela lui permettait d'oublier le spectacle qui se jouait juste devant lui. Seulement il n'était que le spectateur impuissant de ce corps dans le rêve.
Le Sasuke créé par le Kyubi – il ne cessait de se répéter que ce n'était pas vraiment Sasuke – se tordait de douleur sur le sol et devenait de plus en plus pâle. Ses traits étaient déformés par une grimace de douleur et sa voix devenue rauque à force de hurler implorait à présent une pitié qu'il n'était pas en mesure de lui donner. Il était le passager de son propre corps, condamné à regarder son ami périr de sa main.
Le blond sentait la conscience flottante qu'il était se déchirer et son âme était en larme. Il ne pouvait en supporter davantage. Il ne le voulait pas. Mais ça le démon s'en fichait, et il sentit que le coup de grâce était venu quand il vit et sentit ses doigts s'enrouler autour du cou rougi par le sang séché.
Ce fut une longue et terrible agonie. Le corps se tordait et convulsait tandis que ses doigts serraient de plus en plus fort.
C'en était trop. Beaucoup trop. Il n'en pouvait plus.
Il accueillit l'obscurité et l'oubli avec bonheur et soulagement.
Naruto n'aurait su dire combien de temps il était resté inconscient. Son réveil fut lent et douloureux et il avait l'impression que quelqu'un tentait de percer son crâne tant celui-ci le faisait souffrir. Sa bouche était pâteuse et la moindre parcelle de son corps le faisait atrocement souffrir. Il tenta de bouger son bras, mais il n'y réussit pas, et ce simple effort lui causa un vertige tel qu'il fut à deux doigts de retomber dans l'inconscience.
Laissant son bras et ses autres membres de côté, Naruto décida que lever ses paupières était déjà un bon début. Sa première tentative se solda par un échec. C'était comme si tout son corps ou presque était écrasé par un poids phénoménal qui alourdissait tous ses membres.
Il mit une éternité à entrouvrir les yeux et il était si faible qu'il les referma presque aussitôt.
Il eut juste le temps de voir le visage de Gaara recouvert de sang, éclairé par la lumière du feu qu'ils avaient fait quand la nuit était tombée.
Il écouta avec épouvante ce que Gaara lui murmura avant de sombrer à nouveau dans un sommeil noir et sans rêves.
_Le Démon est sorti. Je te ramène à la forteresse.
