Heya !
Cette partie, bien que plus courte que les autres, n'a pas été des plus faciles à écrire. J'espère cependant avoir réussi ce que je voulais faire.
Je rappelle aussi que si j'ai prévenu que cette histoire sera particulièrement sombre, ce n'est pas pour des prunes. Soyez-en avertis.
Encore toujours merci à Illheart pour son soutien indéfectible.
Sur ce, bonne lecture.
L'Ombre du Temps
Partie 11
Tu hurles. Tu es incapable de faire autre chose en cet instant. Les larmes inondent tes yeux, coulent sur tes joues en un flot ininterrompu. Tu n'essaies même pas de les arrêter, de les essuyer. Tu t'effondres. Tes genoux heurtent violemment le carrelage froid mais tu t'en moques. Tu ne ressens pas cette douleur. La seule souffrance que tu ressens, c'est celle qui poignarde ton cœur. Celle qui t'arrache le cœur de ta poitrine.
Tes mains tremblent. Ta vision se brouille à cause de tes pleurs. Tu n'y crois pas. Tu refuses d'y croire. Fébrile, tu tentes de te relever. Tes jambes ne te soutiennent pas. Tu rencontres une nouvelle fois le sol. Tu t'obstines, tu prends appui sur le mur. Tu te précipites autant que tu le peux vers la baignoire.
Tu n'as même pas osé allumer la lumière de la salle de bains. Tu ne veux pas voir. Tu ne veux pas confirmer tes peurs. Ta respiration s'emballe, la nausée te prend. Tu te sens à deux doigts de régurgiter ton repas. Tu exècres cette odeur métallique. Tes larmes s'intensifient. La voix éraillée, tu l'appelles. Tu répètes son nom, tu lui ordonnes de te répondre.
Tu as aussitôt saisi ses mains, ses poignets. Tu exerces une pression désespérée. Tu supplies les cieux, le Temps lui-même. Tu implores qui veut t'entendre, même l'Ombre si elle accepte ta supplication. Pitié, quelqu'un, non…
Tes pensées s'emmêlent. Tu perds pied. Tes doigts deviennent poisseux, rencontrent le froid. Tu ne te retiens plus, tu cries. À cet instant, tu oublies les autres qui dorment. Tu te moques complètement de les réveiller. Tout ce qui t'importe, c'est crier ta peine au monde.
Ses poignets sont froids, rigides. Elle baigne dans son sang. Dans un geste incontrôlé, tu la serres contre toi de toutes tes forces. Tu essaies désespérément de la ramener. Tu refuses l'évidence.
Tu passes tes mains poisseuses de son sang dans ses cheveux, inconsolable. Tu ne comprends pas. Ta raison a foutu le camp au moment même où tu as aperçu ce couteau à côté de la baignoire. Tu tentes de la réchauffer, de chasser la froideur qui l'envahit. Tu t'y opposes. Tu contestes cette décision arbitraire et égoïste.
Elle semble dormir. Les yeux clos, des larmes séchées sur les joues, un air apaisé un peu triste sur le visage. Tu aurais pu t'y méprendre sans la lame couverte de son sang. Et dès que tu t'es approchée, la réalité t'a frappée de plein fouet. La vérité a broyé ton cœur jusqu'à laisser un trou béant, suintant d'un désespoir amer.
Des plaies tailladent ses avant-bras. Profondes, longues, dans le sens des veines. Faites pour se vider de son sang rapidement. Pour n'avoir aucune seconde chance. Elle a refusé d'être sauvée. Elle a signé sa fin.
Un cri résonne derrière toi, mais tu n'y prêtes pas attention. Tu continues de pleurer ta souffrance. Tu ne peux rien faire d'autre. Ton impuissance t'accable. Les reproches t'assaillent. Tu culpabilises. C'est ta faute. Cette pensée se répète en boucle dans ta tête. Elle t'anéantit.
Une main se pose sur ton épaule. Tu ne réagis pas. Tu refuses de parler à qui que ce soit. Tu veux juste rester là, la garder contre toi. On attrape ton bras mais tu te débats. Laissez-moi ! Non ! Tu ne peux pas la laisser seule. Tu n'écoutes pas ce qu'on te dit. Une seule chose t'importe, rester à ses côtés.
Mais rien n'y fait. Tes forces t'ont abandonnée. Tu n'arrives pas à lutter et tu es contrainte de la lâcher. Tu cries encore, tu hurles que tu veux rester avec elle. Qu'elle a besoin de toi. Tu refuses de capituler. Tu essaies de frapper la personne qui te retient, parce que personne ne t'écoute. Personne ne te comprend. Comment peuvent-ils se montrer aussi insensibles face à tant de désespoir ?
Une poigne forte t'enlace alors. Tu te retrouves la tête plaquée contre un torse. Des bras passent dans ton dos pour te maintenir. Le choc t'empêche de réagir. Cette chaleur humaine t'aide à reprendre pied. Tu inspires profondément. Tu sens une odeur mentholée et de café.
Tu défailles. Tes jambes te lâchent mais Kuzan te retient. Tu fonds en larmes. Tu laisses aller toute la souffrance qui t'assassine à petit feu.
Ton ami te conduit doucement hors de la salle de bains. Une de ses mains caresse ton dos pour te rassurer. C'est la seule chose qui te lie encore à la réalité.
Puis tu lâches un dernier cri étouffé ; un nom.
Koala.
Je vais m'abstenir de tout commentaire, je crois.
Pour l'instant je poste rapidement, mais je rappelle que je n'ai pas de rythme de publication particulier.
N'oubliez pas : les reviews, ça réchauffe et ça constitue l'alimentation principale des auteurs. Et c'est délicieusement bon ! Même si c'est pour m'assassiner pour ce que j'ai osé faire dans cette partie.
See ya !
