Chapitre 11
Disclaimer : les personnages et une partie de la trame scénaristique sont tirés de l'œuvre originale de Kurumada !
Un grand merci à NewGaïa qui a fait bien plus que bêta-lire ce chapitre.
Pour les « points de détails » de ce chapitre et autres « babillages » je vous retrouve sur mon blog dont l'adresse est située sur mon profil.
Bonne lecture.
Avril 1998. Deux jours plus tard dans une clinique d'Athènes.
Par la fenêtre de sa chambre Marine pouvait admirer la ville baignée dans une lumière éclatante. Tout, ici, paraissait serein. Elle n'avait vue personne depuis que Hyoga l'avait conduit dans cet hôpital trois jours auparavant. Le réveil avait été difficile et l'intervention encore plus. Oh, rien de bien méchant en soi, mais l'impact psychologique de cet acte, qui n'avait pas duré plus d'une heure, laisserait irrémédiablement des séquelles. A présent elle n'était plus une femme. Du moins elle ne se sentait plus comme telle. Le poison avait bien fait son œuvre et au-delà d'avoir mis sa vie en danger et de lui avoir fait perdre son enfant il avait commis des dommages irrémédiables qui la rendraient à jamais stérile.
Machinalement elle passa sa main sur son ventre qui ne s'arrondirait jamais. Elle sourit de lassitude. Si un jour on lui avait dit qu'elle regretterait cet état elle ne l'aurait pas cru. Elle était un chevalier, pas seulement « désigné » mais voulu également. Les épreuves traversées avaient été dures pour en arriver là. Elle avait dû se battre de toutes ses forces et renoncer à une part d'elle même pour réussir à intégrer ce cercle aussi fermé. Il ne fallait pas seulement « pouvoir » être chevalier il fallait surtout le « vouloir ». Et pour une femme cela signifiait être l'égal d'un homme. Ne pas porter la vie. Et pourtant, certaines le faisaient, renonçant à leur grade, pour élever des enfants. Elle avait toujours trouvé ça stupide et traitait ces femmes d'imbéciles qui ne savaient pas ce qu'elles voulaient. Elle savait. Elle portait en elle une certitude : celle d'être chevalier. Et pourtant. Lorsqu'elle s'était aperçue de sa grossesse beaucoup de choses avaient changé. Sa vie. Ce qu'elle était. Si un temps elle avait songé à le « faire passer », elle y avait très vite renoncé. En fermant les yeux elle voyait le visage d'Aiolia et sentait le Lion en elle. Son enfant. Leurs enfant qui bientôt grandirait, donnerait des premiers signes tangible de vie, viendrait au monde. Elle avait vu dans cette grossesse l'avenir. Son avenir. La liberté loin de l'emprisonnement du Sanctuaire. Mais, malgré tout elle se sentait plus que tout chevalier. Ne pouvait-elle pas être les deux ? Son maître à elle avait bien eu des enfants non ? Et pourtant elle était une femme. Lorsque Marine lui avait posé la question, elle avait répondu que sa vie appartenait à un autre temps et qu'aujourd'hui les choses avaient changées. En effet. Les choses avaient beaucoup changées là-bas. On l'avait empoisonné, on avait attenté à sa vie. On la traitait de putain. Etait-ce un crime d'aimer un homme ? A croire que oui.
Peu à peu l'esprit de Marine s'envola vers son passé, vers ses souvenirs, elle se souvint d'elle et Aiolia enfant, de leur premier baiser. De leur première fois.
Flash back, trois ans plus tôt.
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. A. Rimbaud
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, - la ville n'est pas loin, -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux-col effrayant de son père...Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire...!- Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade
La nuit était bien avancée et la lune avait déjà tracée un long chemin dans ce ciel de printemps. Dans une chambre, seulement éclairée par la l'astre de la nuit, deux jeunes gens enlacés apprenaient les jeux de l'amour.
- Il est tard, Aiolia je dois y aller.
- Il ne va pas s'envoler
- Hum, tu ne le connais pas. Si jamais il s'aperçoit que j'ai fait le mur
- Le mur ? Hé !, mais c'est toi le maître et lui le disciple, lui fait le mur, toi tu t'absentes
- Si tu veux, concéda-t-elle.
- Je veux, dit-il en lui donnant encore un baiser.
Ses lèvres vinrent délicatement caresser celles de son amie tandis qu'il plongeait un regard plein d'ardeur dans le sien. Sous l'impulsion de la passion il ne put réprimer un murmure.
- J'ai envie de toi.
Ces simples mots déclenchèrent chez la jeune femme tout un tas d'émotions qui firent tressaillir son corps. Lui aussi réclamait plus. Plus de baisers, plus de caresses, plus de paroles. Elle le fixa encore un moment, le regard trouble, avant de se ressaisir. Qu'allait-elle faire ? Avait-elle perdue la raison. Son cœur et son corps lui dictaient de rester, mais à la perspective de ce qui allait ce passer, si elle le faisait, elle senti soudain l'angoisse la saisir.
- Il est tard, je dois vraiment y aller. Mais son regard disait, à l'instant, le contraire.
- Heu, oui, tu as raison, il est tard.
Aiolia se sentait, lui aussi, troublé par les paroles prononcées. Dieu merci il faisait noir, l'obscurité camouflant ainsi la rougeur de ses joues.
- On peut se voir demain, glissa-t-elle soudainement mal à l'aise.
- Oui, si Milo me laisse filer.
- Quant il s'y met c'est une vraie sangsue celui-là, dit-elle en enfilant son chandail dont elle s'était délestée quelques heures plus tôt, j'ai bien cru que ce soir il ne partirait jamais.
- Oh, ne t'inquiète pas pour ça va, demain le « grand Camus » arrive pour quelques jours et on n'est pas près de le revoir.
- C'est vrai ? Camus arrive ? interrogea-t-elle en enfilant ses baskets. Mais je croyais qu'il avait la direction du centre d'entraînement en Sibérie ?
- C'est le cas, mais Saga veut le voir pour on ne sait quoi. Je ne sais pas ce qu'il manigance encore celui-là.
- Tu ne serais pas un peu jaloux toi ?
- Moi jaloux ? Mais de quoi ?
- Plutôt de qui. De Camus tiens !
- Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais lui envier à ce prétentieux
- L'amitié de Milo pardi.
- Rêve pas, Milo reste avec lui parce qu'il ne vient que quelques jours par-ci par là, crois-moi que s'il devait supporter ce putain de français tout le temps il se lasserait vite tiens !Et puis tu connais Milo, l'attrait de la nouveauté, des récits exotiques…
- Ouais, le coupa-t-elle peu convaincue en sortant de la pièce.
OOooOO
Le lendemain, tout en cheminant la jeune femme était plongée dans des pensées bien loin de l'entraînement de son disciple. Milo serait donc invisible pendant quelques jours. Il ne risquait donc pas de débarquer à l'improviste comme il le faisait si souvent. Cette idée fit rougir la jeune femme jusqu'à la racine des cheveux. Elle n'arrêtait pas de penser aux évènements de la veille au soir, et surtout à cette phrase que son amoureux avait prononcé. LA phrase. C'est sur cette réflexion qu'elle arriva enfin chez Shaina. L'italienne était occupée avec Cassios, son disciple. Un entraînement physiquement plus dur que celui qu'elle faisait subir à Seiya son propre élève. Mais au vu de la carrure du préadolescent cela allait de soi. Il fallait développer le potentiel de chacun. Cassios ferait probablement un excellent chevalier, s'il perdait le trop plein d'assurance qu'il avait en lui.
- Ciao bella, lui lançât le saint d'argent
- Ciao ! répliqua Marine avec un parfait accent.
- Alora ? come stai ?
- Bene, e tu ?
- Molto bene, grazie, je suis contente de voir que mes leçons d'italien portent leurs fruits
- Avec un professeur aussi intransigeant que toi je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.
- Ne me flatte pas ça ne marche pas avec moi, ricana-t-elle
- Alors, comment se passe l'entraînement ?
- Comme tu peux le constater il y a encore pas mal de travail à accomplir avant de sortir quelque chose de celui-ci. Bon c'est toujours ok pour demain ?
- Oui, enfin, je voulais te demander un service
- Ti ascolto (je t'écoute)
- Je sais qu'on devait partir tous les quatre pour cet entraînement spécial, mais ça te dérangerais si je ne venais pas ? demanda telle presque timidement.
- Ça ne me dérangerait pas mais je vais m'ennuyer toute seule avec les deux sales gosses. Et puis Seiya est ton disciple. Tu me le confierais totalement ? Tu sais, si tu peux pas, on peut remettre à un autre jour, rien ne presse ma belle.
- Non, c'est pas ça, dit-elle subitement gênée et tortillant une mèche de ses cheveux au bout de ses doigts.
- Arrête de tourner autour du pot et crache le morceau.
Marine fixa Shaina sans émettre un seul son. Comment avouer à la jeune fille une situation qu'elle avait elle-même du mal à envisager totalement. Devant le silence de son interlocutrice, l'italienne ne mit que quelques secondes pour percer le mystère.
- Oh mon dieu ! laisse-moi deviner, dit-elle subitement en entraînant un peu à l'écart la japonaise devenue cramoisie. Ne me dis pas. Ne me dis rien. C'est pas la peine de parler. Je sais tout. Toi, tu veux te débarrasser du parasite pour faire entrer le lion dans ta caverne.
- Shaaiiinaaa….s'offusqua t'elle devant ces paroles.
- Ho ! prends pas ton air de sainte nitouche, depuis le temps que vous fricotez, fallait bien que ça arrive un jour ou l'autre de toute façon, lui asséna Shaina en levant un doigt réprobateur.
- C'est pas ce que tu crois, tenta-t-elle sans convaincre personne.
- Hum ! c'est ça.
- Ho merde, lâcha-t-elle en se cachant le visage dans ses mains. Tu crois… tu crois que je ne devrais pas ?
- Je crois que tu devrais au contraire, depuis le temps ça tiens même du miracle qu'il ne se soit encore rien produit, franchement vous êtes désespérant tous les deux.
Shaina invita son amie à s'asseoir près d'elle, dans l'encadrement de la porte.
- C'est bon, ça va j'ai compris, soufflât la japonaise en prenant place à ses côtés.
- Ecoute, lui dit-elle en lui mettant une main sur l'épaule, le tout c'est de savoir si tu en as vraiment envie. Si t'es pas prête c'est pas la peine.
Un silence emprunt de réflexion s'invita entre les deux jeunes femmes de dix-sept ans.
- Et comment on sait si on est prête ? Comment t'as su toi ?, interrogea-t-elle.
- Hooo!, moi c'est une autre histoire. Elle marquât une pause. Tu sais j'suis pas une référence en la matière. Et puis les circonstances étaient différentes, j'l'ai pas fais pour les mêmes raisons que toi.
- Et c'est quoi mes raisons ? Demanda la rousse.
- Bah ! toi t'es amoureuse ! Lâcha la blonde les mains levées vers le ciel et les yeux arrondies, en signe d'évidence.
- Et toi, tu ne l'étais pas ?
- Tu rigoles ? Tu veux vraiment savoir comment et avec qui.
- Avec qui, ça, t'as jamais voulue me le dire, je cours plus après.
Le sujet restait encore amer et le secret bien gardé de Shaina avait placé une barrière entre elle, malmenant le mot confiance.
- Bon, puisque tu vas passer à l'étape supérieure je peux bien te le dire maintenant. Mais ne sois pas choquée surtout. Promet-le d'abord, dit-elle en la fixant droit dans les yeux et en levant la main droite.
- Promis, soufflât-elle en levant à son tour la main.
- Bon, la blonde fit une pause pour reprendre son souffle. C'est Milo.
- Quoi ?
- Non mais c'est pas c'que tu crois. On est sorti un soir, on avait quinze ans, on était bourré et on a décidé de le faire ensemble pour se débarrasser du problème. Tu vois, rien de romantique dans tout ça, débitât-elle d'un coups.
- Du problème ? Quel problème ? S'affola-t-elle presque.
- Le problème que t'as aujourd'hui : celui de la première fois, Bakka
- T'as perdu ta virginité avec ce coureur de Milo, juste pour ça ?
- ON a perdu notre virginité ensemble, juste pour… Comment on avait dit à l'époque ? A oui, pour « acquérir de l'expérience ».
- Alors, là je suis presque choquée, Asséna-t-elle en portant sa main sur son cœur.
- T'avais promis !
- Pardon, répondit-elle en japonais comme le lui avait appris en échange Marine.
- Bon revenons à toi, donc si j'ai bien compris, ce soir…
- Ou demain soir, la coupa-t-elle
- Ce soir, la repris à son tour Shaina, comme on se lève à trois du matin il dormira chez moi ce sera plus simple. Donc CE soir tu vas vivre la grande aventure.
- Mon dieu Shaina, on peut changer de sujet de conversation.
- Sûrement pas. CASSIOS ! cria-t-elle, va nager un peu et reviens dans deux heures. Bon, allons nous préparer, dit-elle en se levant brusquement.
- Nous préparer à quoi ? demanda légèrement effrayée la japonaise en acceptant la main que lui tendait son amie.
- Tu le fais exprès ?
Et l'italienne entraîna manu militari la pauvre Marine dans son antre.
- Alors on fait quoi pour se préparer ?
- Soulève tes jambières.
- Pourquoi faire ? demanda telle en s'exécutant.
- C'est bien ce que je pensais. T'as déjà entendu parler d'une torture antique qui s'appelle l'épilation ? J'sais pas comment vous vivez au japon mais franchement dès fois j'me pose des questions.
- J'ai quitté le japon à dix ans répliqua-t-elle ironiquement.
- Aller ! à la cire. Dit-elle en s'activant dans la cuisine dans le but de préparer la mixture à base de sucre. Je vais te donner la recette parce qu'après, faut pas rêver, ça repousse.
- Et ça fait mal ?
- Tu rêves
- Je veux dire, commença-t-elle d'une toute petite voix, la première fois ?
- La tu rêves encore plus. T'as vu cq'on a subie pendant toutes ces années ? Après ça rien au monde ne fait mal, crois-moi. De ce côté-là t'a strictement rien à craindre. Pense plutôt à te détendre et surtout à ne pas y penser. Laisse-toi aller et tout ira bien. Elle se retourna une spatule à la main, qu'elle agitait comme la baguette d'un maître d'école. T'as confiance en lui ?
- Oui
- Ben alors ça devrait aller. La seule chose qui va se passer va être agréable. C'est pas une torture, c'est de l'amour !
- Et toi ? c'était comment.
- Ho, tu t'aventures en terrain dangereux, mademoiselle sainte nitouche, dit-elle moqueuse. Tout en tournant la mixture qui commençait à fondre, elle posa un doigt sur ses lèvres, songeuse. Hum ! c'était bien, je garde un très agréable souvenir. Sans entrer avec toi dans les détails je dirais que Milo était déjà à la hauteur de sa réputation actuelle. Mais ne vas surtout pas lui dire à ce vantard, et rien à Aiolia non plus, parce que cette histoire c'était un secret entre lui et moi.
- Ho mon dieu ! c'était ça LE secret, réalisa-t-elle soudain. Aiolia a dis un jour que Milo lui faisait des cachotteries. Mon Dieu ce doit être ça alors.
Et les deux jeunes femmes se regardèrent avant d'éclater de rire.
OOooOO
En fin d'après midi, Marine vit arriver chez elle le jeune homme qui avait fait l'objet de la discussion principale de la journée.
Elle l'observa a la dérobé par la fenêtre tandis que celui-ci faisait mine de se battre avec le jeune Seiya. Il évita les coups portés par le garçon, feinta, le saisi par le fond de sa culotte et le renversa doucement sur le sol.
- Ouah, t'es drôlement fort Aiolia. Mais Marine elle a dit qu'un jour je s'rais plus fort que toi !
- Elle a dit ça ?
- Ouiais !
- J'ai dit que s'il s'entraînait vraiment beaucoup il deviendrait, peut-être, un jour aussi fort que toi, reprit-elle en sortant sur le seuil.
- Ben quoi ? c'est presque pareille non ?
- Remarque, il est ambitieux, c'est bien, commenta-t-il en lui ébouriffant les cheveux.
- Aller, va te laver, et va préparer tes affaires.
Sans demander son reste le japonais s'engouffra dans la maison et claqua la porte de la salle de bain.
- J'ai dû lui dire au moins cent fois de ne pas claquer cette porte, soupira Marine sur un ton las.
- Il est jeune, tenta le Lion
- Ce n'est pas une raison.
- Pourquoi il finit son entraînement aussi tôt ?
- Demain il part avec Shaina et Cassios pour une sorte d'expédition, elle se sentit soudain mal à l'aise, comme ils partent au milieu de la nuit, ce soir il va dormir chez elle, ce sera plus pratique. Les derniers mots moururent sur ses lèvres.
- Oui c'est sur, ce sera plus prati…il réalisa soudainement ce que les paroles de la jeune fille impliquaient. Il se reprit rapidement. Oui c'est mieux, tu ne vas pas te lever au milieu de la nuit pour l'accompagner.
- Oui, c'est sûr ce serait ridicule. A présent elle était rouge de la tête aux pieds, et regardait bêtement le sol, trouvant subitement les pierres d'un intérêt incroyable.
- Oui, c'est certain. Maintenant c'était Aiolia qui trouvait le mur de la maison passionnant à observer.
Un silence lourd de sens s'installa entre eux.
- Tu veux manger ici, tente-elle timidement sans cesser de fixer le sol.
- Heu, oui, répondit-il sur le même ton, tout en conservant la même posture, face au mur.
Un nouveau temps mort commença à s'installer avant que le jeune homme ne reprenne la parole
- Bon, je dois aller faire un truc, je reviens tout de suite, et sans oser la regarder il tournât les talons et s'enfuit.
Marine profita de sa « fuite » pour souffler. «Bon, les dés semblaient jetés ». Le moment allait arriver, le tout était à présent de se détendre. Une séance de méditation ne serait pas de trop pour l'aider à traverser cette nouvelle épreuve.
Le Lion courut le plus vite qu'il put. En quelques minutes il avait déjà atteint la colline derrière laquelle se trouvait sa maison. Des milliers de questions venaient s'entrechoquer dans son esprit. Que fallait-il faire, que devait-il dire ? Comment se comporter face à cette nouvelle situation inattendue. Il repensa brièvement aux évènements de la veille. A ses paroles qui lui avaient échappées. A ce qu'il avait ressenti dans les bras de Marine. A son souffle, dans le creux de son oreille, à la douceur de sa peau, au goût de ses lèvres. A ce qu'il avait, peut être initié par les mots qu'il avait osé prononcer. N'était-ce pas trop tôt ? Avait-il forcé la jeune femme ? Se sentait-elle obligée ? Ou en avait-elle simplement autant envie que lui ?
Sur ces réflexions, il arriva chez lui, se débarrassa de ses vêtements à la vitesse de la lumière, il se précipita sous une douche relaxante et bienvenue.
Il avait à peine fini de s'habiller que de nouvelles interrogations prenaient place dans sa pauvre cervelle. Devait-il amener des vêtements de rechange ? Prendre sa brosse à dent ? Ou avait-il mal interprété les propos de Marine. Après tout elle avait parlé de venir manger, pas de rester la nuit chez elle. Et si jamais il débarquait avec son sac et qu'il s'était trompé, il passerait au mieux pour un idiot et au pire pour un goujat.
Et si il se pointait sans rien ? Dans le pire des cas il se rhabillerait comme la veille. Oui, c'était sans doute la meilleure solution. Ne pas prendre de risque.
Il devait tout de même penser à emmener avec lui UNE chose nécessaire, fondamentale, obligatoire. Il était en train de farfouiller dans sa pharmacie et de mettre la main sur la boite convoitée, lorsqu'une voix un peu trop familière surgit derrière lui.
- Alors qu'est-ce que tu fabriques ?
- Milo ! je ne t'ai pas entendu entrer, on t'as jamais appris à frapper ou quoi ?, Dit –il en se retournant brusquement et en cachant derrière lui l'objet du délit.
- Relaxe ! ça va pas ou quoi ? T'as un problème.
- Non, répliqua-t-il toujours dos au lavabo et à l'armoire à pharmacie restée entrouverte.
- T'as l'air bizarre. Ça va ?
- Très bien, t'es pas avec Camus, tenta de changer de sujet, le rusé Lion.
- Il est pas encore arrivé, et puis faut pas exagérer non plus, crois pas que je vais disparaître parce qu'il arrive!
- J'ai pas dis ça, je pensais juste que tu lui rendrais visite parce qu'après tu pourras plus le voir, c'est tout, tenta-t-il de se dédouaner.
- Qu'est-ce que tu caches derrière ton dos ?
- Rien ! rugit la malheureuse victime.
- Hum, c'est ça…bon j'étais juste passé te prendre pour aller faire un tour a Rodorio pour voir le match, le harponna le scorpion.
- J'ai des trucs à faire, là, un autre jour peut-être ?, tenta le cinquième gardien.
- Toi tu me caches quelque chose, lui intima Milo en pointant un doigt accusateur vers son pair, tout en tournant les talons. Tan pis, j'irai tout seul, à plus tard, conclut-il en levant la main en guise de salut.
- A plus tard, souffla de soulagement Aiolia en regardant son ami disparaître derrière le couloir.
Il s'assura que son ami avait bien disparu avant d'ouvrir la boite tant convoitée, boîte « offerte » par le même Milo ici présent quelques instants plus tôt, et d'en extraite une partie de son contenu, qu'il glissa dans la poche de son jean.
OOooOO
Le soleil peinait à se coucher en cette fin de printemps et la clarté qu'il continuait de diffuser donnait au paysage des airs de contes pour enfants.
C'est intimidé et fort de ses réflexions qu'Aiolia se résolut enfin à taper à la porte. Elle s'ouvrit sur le sourire charmant de Marine. La jeune femme avait troqué son habituelle tenue d'entraînement pour un jean et un tee-shirt à manches longues. Un tee-shirt moulant doté d'un large col en v…
- J'ai, j'ai apporté du vin, dit-il en soulevant la bouteille.
Et mince ! voilà qu'il se mettait à bégayer maintenant. Aiolia se donna une claque mentale avant de se ressaisir. Il était un homme courageux, un chevalier, il n'allait tout de même pas trembler devant une fille, non !
- Tu comptes m'enivrer, lâcha-t-elle dans un sourire.
- Non, répliqua-t-il incrédule.
- Je n'étais pas sérieuse, elle le regarda bêtement. Mais qu'est-ce qu'il arrivait au jeune homme ? Bon, si on la finie pas fais-moi penser à bien la cacher, dit-elle en devançant son compagnon dans la demeure. Tu sais pas ce que Seiya m'a fait la dernière fois ? Il a piqué une bouteille de liqueur pour la boire en cachette avec ses petits copains. Non mais j'te jure, à 13ans il commence déjà ce genre de bêtises, je ne sais vraiment pas ce que je vais faire de lui !
- C'est un gentil garçon
- Oh mais j'ai jamais dit le contraire, seulement il a juste un don inné pour les bêtises.
- Oui, c'est sûr que de ce côté-là je lui fais entièrement confiance.
Le repas se passa de la manière la plus charmante qui soit. Ils bavardèrent de tout, de rien. Chacun plongeant son regard dans celui de l'autre. Aucun des deux n'était vraiment attentif à ce que disait l'autre, trop préoccupé par s'observer. Aiolia caressant des yeux le visage magnifique de la jeune femme rousse. Il adorait cette manière qu'elle avait d'entortiller ses doits autour de quelques mèches, ou de se mordre la lèvre inférieure lorsqu'elle réfléchissait. Marine, quant à elle, ne pouvait détacher son regard des yeux noisette du grec et rougissait à chaque fois qu'il passait sa langue sur ses lèvres après chaque gorgée de vin qu'il buvait.
A la fin du repas ils se levèrent pour débarrasser. Marine transporta enfin son verre pas encore vide sur le rebord de l'évier, tandis qu'Aiolia rangeait les derniers éléments posés sur la table. Elle fini cul sec les dernières gorgées de nectar lorsqu'il s'approcha et la saisie délicatement par la taille. Leurs regards se croisèrent avant qu'il ne dépose un baiser délicat sur ses lèvres. En approfondissant l'échange Aiolia goûta avec volupté le goût à la fois âcre et sucré du vin, sur les lèvres de la jeune femme. Le silence s'installa dans la pièce tandis qu'elle passa sa main dans la chevelure du grec. Il s'éloigna un moment avant de plonger son visage dans le cou laiteux de Marine. Un léger soupir s'échappa des lèvres entrouvertes de la jeune femme, tandis qu'il dégageait d'une main une épaule. Sa langue parcourut cette étendue de chair comme à la recherche d'un trésor.
Il fit un pas en arrière l'entraînant imperceptiblement vers le fond de la pièce, vers la porte de la chambre. Peu à peu leurs baisers se firent plus ardents, entraînant les protagonistes vers un monde mystérieux qui leur fit, un instant, perdre pied avec la réalité. Les minutes semblaient être des secondes, et à mesure que le temps passait, leurs corps et leurs esprits s'enivraient peu à peu l'un de l'autre. Les gestes devenaient progressivement plus marqués, plus affamés.
Ils poussèrent enfin, de concert la porte. L'obscurité présente plongea les futurs amants dans un environnement encore plus propice à leur rapprochement.
Les mains du Lion parcouraient avec avidité le corps de la jeune femme qui ondulait de plus en plus sous ses caresses. Encore un pas et ils butèrent contre la couche du Saint de l'Aigle. Toujours entraînant vers lui Marine, Aiolia s'assit sur le matelas, agrippant sa taille, l'obligeant ainsi à s'asseoir à califourchon sur ses genoux. Les deux cuisses de cette dernière enserraient avec force le corps de son futur amant. Elle saisit avec vigueur, mais retenue le visage du grec tout en continuant leur baiser qui semblait ne plus finir. Marine reprit un peu son souffle lorsqu'il plongea de nouveau son visage dans le large décolleté qu'elle offrait. Rapidement les mains du châtain se glissèrent sous le chandail, et dans un mouvement ample il déshabilla la rousse. Ses mains parcoururent alors son dos et sa taille si fine pour revenir trouver une poitrine abondante dissimulée derrière un sous-vêtement qu'il détacha maladroitement. C'est avec une sensualité, que Marine trouva bouleversante, qu'il glissa sa langue sur cette nouvelle étendue de chair qui s'offrait à lui. La douceur de cette poitrine offerte affola les sens du grec, qui y ensevelit le visage pour se repaître de son corps, de sa chaleur de son odeur qui le rendait à présent fou de désir.
Avec douceur ils basculèrent sur le lit et s'étendirent, se cherchant avec leurs mains, avec leurs jambes, avec leurs corps. Doucement, Marine défit la chemise du jeune homme pour y enfouir à son tour son visage et goûter avec délectation sa peau. Elle lécha du bout de la langue chaque partie du corps qui s'offrait à elle. Sans retenue elle mordilla le haut d'une épaule tout en glissant, subrepticement, ses mains entre son jean et les fesses musclées de son homme. Un soupir échappa au jeune homme tandis, qu'il répétait le même geste à travers le jean de la japonaise. Les gestes se firent plus marqués, plus indécents. Les mains ne semblaient pas avoir de limite à la découverte du corps de l'autre.
Soudain, Aiolia rompit le silence et demanda d'une voix rauque et mal assurée.
- Tu es sûre ?
- J'en suis sûre.
Alors le ballet recommença, et d'un geste malhabile, le Saint d'or tenta de déboutonner le pantalon trop serré de la jeune femme, tandis, qu'elle-même s'attaquait déjà à la ceinture de son vis-à-vis. Leurs mains glissèrent lentement pour ôter définitivement tout vêtement. Ils ne sentaient à présent que le corps de l'autre, en caressant inlassablement chaque partie dans le but de se découvrir. A mesure que les secondes s'égrenaient leurs souffles s'accéléraient et des soupirs s'élevaient dans les airs comme des murmures insufflant une douce mélodie. Les caresses se firent plus intimes et de moins en moins retenues. Les doigts du Lion partirent à la découverte d'un Sanctuaire à la chaleur et la douceur accueillante, provocant un frisson de plaisir à sa partenaire. Marine continuait d'explorer le torse et le dos tout en savourant de sa langue ce corps offert, et les gestes de volupté que lui offrait son amant. Enfiévré par le désir et la curiosité de la découverte, le Lion ne pu s'empêcher de lui saisir une main qu'il dirigeât vers son propre sexe érigé. Ce geste déstabilisa une Marine intimidée par ce qu'elle sentit sous ses doigts. Le corps brûlant et doux qu'elle connaissait avait laissé place à une intimité assurée qu'elle apprenait à connaître par un jeu de caresses qui provoquait des frissons de plaisirs et de contentement chez son partenaire. Peu à peu la chaleur se mua en une moiteur qui recouvrit leurs corps endiablés par une volonté sans cesse grandissante de découvrir l'autre. La main du Lion continuant son exploration vers un jardin chaud et humide fit de nouveau tressaillir la jeune femme qui avait de plus en plus de mal à se contenir. Envolées, toutes pensées rationnelles, toutes peurs, toutes angoisses, la seule chose dont elle avait envie c'était qu'il ne s'arrête pas, qu'il continue son exploration, qu'il la touche, qu'il l'embrasse. Encore et encore, que ce moment ne prenne jamais fin, et qu'il aille plus loin, toujours plus loin. Marine avait faim. Faim du corps de l'autre, de ses caresses, de ses murmures, de ses soupirs. Aiolia avait à présent de plus en plus de mal à se contenir. Son sexe glissait à présent sur celui de sa compagne dont il tenait fermement une de ses cuisses entourant sa taille. Il avait envie de sentir sur son membre la douceur et la moiteur de Marine, il avait envie de glisser en elle, d'approfondir l'étreinte comme on approfondie un baiser. De la découvrir avec la partie la plus sensible de son anatomie. Il ne sut pas comment, mais il comprit que le moment était venue lorsque le jeune femme, dans un soupir plus marqué que les autres plaça une main sur ses fesses pour approfondir l'échange. Elle voulait plus de lui, elle voulait le sentir en lui. La douceur du Lion sur son propre sexe provoquait chez elle des ondes de plaisirs qu'elle ne tentait même plus de contenir. Encore ! Que cette caresse-ci ne finisse jamais. Elle en voulait plus. Son corps ne semblait plus lui obéir, ni lui appartenir, à présent la caresse devenait une torture à laquelle il fallait mettre un terme. Un peu maladroitement, Aiolia se dégagea sous le regard interloqué de Marine. Les yeux un peu perdus, il chercha son jean à tâtons, et sortit de la poche arrière le préservatif qu'il contenait. Il la dévisageait l'expression baigné de désir et d'envie
Rapidement il retrouva sa place auprès de son aimée, entre ses bras, entre ses cuisses accueillantes qui ne cessaient de l'enserrer, comme un appel muet à venir plus près, toujours plus prêt. Leurs corps ondulaient à la cherche de l'autre jusqu'à ce qu'ils se trouvent, se reconnaissent et s'acceptent. C'est avec douceur et précaution qu' Aiolia se glissa en marine et qu'il força le barrage de chair. Une fraction de seconde une douleur infime l'effleura, mais déjà les mains caressantes d'Aiolia l'appelaient vers d'autres plaisirs. Dans la pièce les souffles saccadés avaient laissés place à des soupirs qui peu à peu se transformaient en gémissements de volupté. Les corps tendus des deux amants se livrant sans retenu à la plus belle des caresses, procurant à chacun le plaisir tant recherché. »
La nuit fût douce, et l'aube naissante trouva deux amants endormis et fatigués de s'être trop aimé.
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