Salut à tous !
Je suis heureuse de vous retrouver pour la suite de cette fiction ! Vos messages sont de plus en plus nombreux et vos encouragements me font vraiment plaisir ! Tellement plaisir que j'ai décidé de ne pas être "sadique" avec vous et de vous donner les explications que vous attendez ! C'est d'ailleurs ce qui explique la longueur inhabituelle de ce chapitre. Je ne souhaitais pas vous couper dans l'élan des révélations ! Bonne lecture ;)
Chapitre XII : Entretiens
- Assez joué, Malfoy. Maintenant tu vas t'expliquer.
Drago haussa les sourcils.
- Pardon ? Même pas de « Alors, quoi de neuf ? » ou quelque chose dans le genre ?
- Je m'en fiche royalement.
- Même si tu t'en fiches, mets-y un peu de forme, Potter. C'est toujours plaisant.
Harry se mordit l'intérieur de la joue. Aucun doute possible, l'homme devant lui était bel et bien Drago Malfoy. Et si avec tout ça il réussissait encore à en douter, il lui suffisait de se fier à ses nerfs qui le titillaient déjà.
- Là c'est moi y mettant la forme, releva Harry. Je crois que tu es familier avec mon utilisation de la magie non conventionnelle, n'est-ce-pas ? Tu aimeras sûrement savoir que je suis devenu Auror. Je suis entraîné à faire parler les gars dans ton genre. Alors je te conseille de ne pas faire le malin avec moi.
La façon dont Malfoy avait abordé cette discussion en premier lieu ne lui disait rien qui vaille. Aussi, l'élu préférait commencer avec des politesses. Juste histoire de mettre tout le monde bien à l'aise. À son plus grand étonnement, le Serpentard face à lui n'eut pas une réaction de Serpentard. Plein de désinvolture, le blond se contenta de prendre appui sur le mur derrière lui.
- Quel parcours de succès, souffla-t-il sarcastiquement. J'ai entendu dire que tu avais encore fait parler de toi récemment. Mais dans une forme non conventionnelle si je ne m'abuse.
- Putain, murmura Harry exaspéré.
- Oh ! Potter, s'il-te-plaît. Chacun ses informations.
Le survivant bouillonnait déjà. À cet instant précis, sa conscience menait une lutte farouche contre lui pour tenter de lui rappeler toutes les raisons pour lesquelles il s'était lancé dans ces recherches. Il cherchait des réponses, certes. Il voulait les obtenir, certes. Mais pour le moment, l'élu se demandait si démonter la tronche de Malfoy ici et maintenant n'était pas préférable en fin de compte. Harry eut une pensée pour Ron : « Malfoy ? Sérieusement, Harry ? Un mec qu'on hait en plus... ». Il sourit intérieurement : Ron avait raison une fois de plus. Le blond n'avait pas perdu son don de le mettre hors de lui en une seule remarque affûtée. Mais l'élu se jura de ne pas se laisser avoir. À Serpentard atypique, méthodes atypiques.
- Je vois que tu as enfin trouvé tes couilles, Malfoy, se moqua le survivant.
Les lèvres de Drago s'étirèrent en un rictus désagréable. L'élu se félicita mentalement. Il avait touché le point sensible.
- Il m'est peut-être poussé des couilles, mais toi en revanche ton vocabulaire n'est toujours pas arrivé à maturité, rétorqua le blond.
Le double intérieur d'Harry cessa instantanément sa danse de joie. Le survivant s'humecta les lèvres. Oui, bon, il allait museler sa conscience et rapidement annihiler les principes qu'elle lui fourrait dans le crâne depuis plusieurs minutes. De toute évidence, pour toucher le point sensible de ce gars, il allait devoir le faire manuellement... Avec ses poings... Ces derniers se serrèrent en anticipation de la bagarre. Drago le remarqua.
- Tu n'as pas changé, Potter.
- Toi non plus.
- Toi et moi savons que ce n'est pas vrai, affirma simplement le blond.
Harry l'observa un instant avant de soupirer.
- Si on arrêtait ces enfantillages, maintenant ? demanda-t-il.
- Ah ! On passe de l'exigence à la proposition. Ça sonne un peu mieux à mes oreilles.
Drago réajusta sa position contre le mur pour tenter d'atténuer la douleur dans ses membres éreintés. Le jour commençait à se lever et, sous sa lueur, Harry pouvait enfin remarquer les traits tirés du blond. On aurait dit qu'il n'avait pas dormi depuis des siècles. Ça le tuait de l'admettre, mais physiquement parlant, le survivant ne pouvait pas faire autrement que de valider l'argument du Serpentard : il n'était plus le même. Adieu apparence royale, cheveux platines impeccables et teint rayonnant. Le Malfoy devant lui était désinvolte, ce qui en soi n'était pas très nouveau, mais cela créait une sensation étrange avec le tout. Ses cheveux toujours aussi courts avaient perdu leur vigueur, ressemblant à de la paille, ni plus ni moins. De la ficelle au mieux. L'éclat blanc de sa peau ne ressemblait plus à quelque chose de naturel. C'était une peau pâle et maladive tirant sur le gris, ridée prématurément à certains endroits. En fin de compte, c'était saisissant. Le jeune homme avait toujours « négligé » le don de la nature d'une certaine manière. À l'époque de Poudlard, son côté potentiellement attractif était ruiné par son comportement détestable, à la fois de fils pourri capricieux et de supposé menace Mangemort. Maintenant, son allure princière ne ressortait plus sous ce visage vieilli. Il n'y avait plus rien d'intéressant pour qui que ce soit.
Seulement, l'heure tournait et Harry n'avait pas le temps de s'attarder sur l'apparence de Malfoy. Il voulait des réponses, et il les voulait tout de suite. Il recula légèrement son bras vers l'arrière de sa cuisse. Drago fronça les sourcils puis fixa l'élu dans le blanc de l'oeil.
- Si tu sors ta baguette, tu n'obtiendras rien de moi, l'avertit-il.
- Tu es prêt à parler ?
- Je l'ai toujours été, Potter. Je le serai beaucoup moins si tu commences à utiliser ce genre de méthodes.
Harry laissa son bras revenir le long de son corps. Il tiqua intérieurement. Ça n'était pas ce qu'il voulait. D'un côté, son mouvement avait provoqué le commencement des choses sérieuses. Mais de l'autre, il avait réussi à placer Malfoy sur la défensive. Tout son corps n'était plus que tension et son esprit ne pensait plus qu'à rester sur ses gardes. Dans ces conditions, le survivant ne pourrait pas lui tirer du nez les éléments qui l'intéressaient si le blond ne les évoquait pas de lui-même. Harry regarda rapidement le ciel. Le jour était définitivement bien sur l'ascension. Ils avaient perdu trop de temps. Conscient qu'il n'obtiendrait rien sans rien avec Malfoy, le survivant engagea ses manœuvres.
- Qu'est-ce-que tu veux en échange ?
- En échange de quoi ? De la vérité ? ria Drago.
Harry acquiesça.
- J'ai un marché à te proposer, révéla le blond.
Drago traînait quasiment des pieds en parvenant en haut du dernier escalier à gravir pour rejoindre son palier. Il commença à chercher ses clés dans les poches de son grand manteau noir avant de se figer sur place. Ses yeux gris détaillèrent plus attentivement la porte de son appartement. Il pouvait voir d'ici que quelqu'un était entré en son absence. Aussitôt, le blond abandonna la recherche de ses clés et ouvrit doucement la porte. À pas de velours, le sorcier s'avança dans la pièce principale en inspectant les alentours du coin de l'oeil. Après quelques instants, il se rendit à l'évidence : il n'y avait personne... de dangereux. Juste d'extrêmement casse-pieds.
D'un seul coup, Drago fit volte-face. La porte se referma en claquant sous l'effet de la magie. Baguette en main, le blond menaça Théodore, auparavant dissimulé derrière le battant. L'ancien Serpentard leva les mains au ciel, un éclat de crainte au fond des pupilles. Se rendant compte que son ami ne bronchait pas pour autant, il décida de prendre les devants.
- Drago, c'est moi. Tu le vois bien. Tu peux abaisser ta baguette maintenant, s'il-te-plaît ?
- Je pourrais, oui. Mais j'en ai en quelque sorte assez de te retrouver en permanence ici sans mon autorisation, répondit le blond.
- Mais je...
- Même sous le prétexte de me tenir informé, ça n'est pas une raison. Je sais ce que je te dois, Théo, mais ici c'est chez moi. J'aimerais pouvoir y aller et venir comme bon me semble sans avoir l'impression désagréable que tu me surveilles.
Théodore abaissa les bras.
- Ah ! Mais je ne demande que ça, moi ! Je n'ai pas que ça à faire de te surveiller, figure-toi ! Si seulement tu m'aidais un peu en cessant de me cacher des choses, aucun de nous ne serait obligé de supporter ça !
Drago resta silencieux, sa baguette toujours pointée sur son ami.
- Alors maintenant tu vas cesser tout ce petit cinéma que tu es en train de me faire et tu vas me dire exactement ce que tu en en train de préparer dans ton coin ! s'exclama Théodore. Et sans rien omettre !
- Tu te rends compte que tu as une baguette dirigée sur toi quand même ? s'assura Drago.
- Qu'est-ce-qui te prends ? s'interloqua Théodore.
- Il me prends que je suis fatigué, que je voudrais me reposer et que je ne peux pas le faire parce que tu es encore là.
- Abaisse ta baguette, s'il-te-plaît, demanda l'ancien Serpentard.
- Non.
- Drago, abaisse ta baguette, dit-il plus sèchement.
- Non.
- Abaisse ta baguette ! ordonna-t-il.
Les deux amis se jaugèrent un moment avant que Drago ne finisse par plier et ne range effectivement sa baguette. Il soupira de fatigue en se détournant.
- Attends ! l'arrêta Théodore. On n'a pas fini !
- Et bien moi j'ai fini ! s'exclama Drago. Je suis exténué ! J'aimerais essayer d'attraper quelques heures de sommeil tant que j'en ressens l'envie !
- Tu me dois des explications ! objecta Théodore.
- Pourquoi je ne peux plus rien faire sans que ça nécessite aussitôt un entretien d'explication ? souffla le blond.
- Parce que tu ne fais rien comme il faut !
- Tu sais quoi, Théo ? Va au diable.
Le blond ôta son manteau qu'il jeta sur le canapé. D'un rapide mouvement de pied, il défit ses chaussures qu'il laissa en plein passage. Sans plus prêter attention à son ami, Drago entra dans sa chambre. Les rideaux étant toujours tirés de la veille, il se laissa tomber sur son lit. Avec soulagement, sa tête s'enfonça dans l'oreiller. Ses jambes s'étirèrent une dernière fois en prévision du sommeil à venir. Mais c'était sans compter sur Théodore qui débarqua à son tour dans la pièce. L'homme s'appuya contre l'encadrement de la porte et attendit, bras croisés sur la poitrine.
- Il n'est pas dangereux, déclara Drago d'une voix lourde de sommeil.
- Pardon ?
- Potter. Il n'est pas dangereux. Si tout se passe bien, et ça sera le cas, tout cette histoire sera bientôt finie.
- Tu l'as retrouvé, murmura Théodore.
- Je lui apporte les renseignements dont il a besoin à condition qu'il me laisse en paix et promettre de garder le secret. C'est le marché que je lui ai proposé.
- Quand as-tu eu le temps de lui proposer ça ?
- Ça n'a pas d'importance. Il doit me donner sa réponse ce soir.
- Ce soir ?! répéta Théodore, incrédule. Je croyais qu'on était censés faire ça ensemble, pour avoir plus d'impact sur lui !
Drago se redressa sur son lit, ses mains en soutien dans son dos. Il dévisagea son ami d'un air sérieux.
- Je ne veux pas que tu te mettes en travers du chemin. C'est bien compris, Théo ?
- On...
- Je gère ça à ma manière, Théo. Est-ce-que c'est clair ? l'interrompit le blond.
La mâchoire de Théodore se crispa sensiblement. Il déglutit.
- Est-ce-que c'est clair ?!
- Oui. Oui, c'est bien clair.
- Bon. Maintenant laisse-moi. Et ferme derrière toi en partant. Je ne veux pas recevoir d'autres visiteurs non attendus.
Le blond se rallongea sur son lit et, cette fois, se recouvrit des draps. Dormir tout habillé dans ses vêtements de ville lui importait peu. Ne pas avoir pris de douche pour se débarrasser de cette sensation de sueur collante, il s'en accommoderait. Il s'enfonça dans son matelas et tourna le dos à la fenêtre. Théodore quitta la pièce, en silence. Drago l'entendit remuer dans l'appartement puis revenir dans la chambre quelques instants plus tard.
- Blaise a trouvé la dague de ta tante au Square Grimmault. Il sait que tu es en vie.
Cela dit, l'ancien Serpentard s'en alla pour de bon, verrouillant la porte derrière lui comme demandé. La paralysie s'était emparée de Drago entre ses draps. Il voulait réussir à comprendre l'importance de ce que cette nouvelle impliquait mais son esprit fatigué refusa de le laisser faire. Dans le silence ambiant des lieux, les paupières du blond se transformèrent en chapes de plomb et s'abaissèrent. Son corps ne fut plus qu'une masse contre le sommier.
Dans son sommeil semi-comateux, Drago comprit très rapidement qu'il avait commis une grave erreur en s'acharnant à vouloir trouver le repos. Mais cela faisait déjà plusieurs jours, et aucun humain qu'il soit moldu ou sorcier ne pouvait garder sa santé mentale sans sommeil. Pas qu'il en ait déjà une qui soit réellement saine à la base... En réalité, il n'était pas sûr que dormir l'aidait davantage à garder le peu de raison qu'il possédait. À peine endormi, Drago était passé du noir des yeux fermés à un chemin sombre et humide au milieu de la forêt. Les arbres nus semblaient se courber au-dessus de lui pour former une voûte s'étendant à l'infini devant lui. Le sol, recouvert de feuilles mortes et d'épines, dégorgeait d'eau glacée sous ses pieds nus. Une brume épaisse cachait à sa vue les fourrés de chaque côté du chemin. Un froid insensé s'en dégageait et refermait progressivement la marche derrière lui le forçant à avancer droit devant lui sans échappatoire ni demi-tour possible. Seulement, cette barrière de brouillard ne semblait fonctionner qu'en sens unique. Des bruits qu'il ne reconnaissait pas lui parvenaient depuis cet au-delà invisible. Le blond cru même rencontrer deux grands yeux jaunes sur un fond de sifflement inquiétant. Effrayé, Drago marcha sans s'arrêter, se retournant parfois pour rationaliser cette impression vivace d'être suivi. À chaque fois, seule la brume recouvrant le chemin parcourut était visible. Soudain, l'écho d'un rire résonna partout autour de lui. Paniqué à cause de la voix familière, le blond scruta les alentours avec plus d'urgence. Marchant à reculons pour éviter que la brume ne s'empare de lui, il ne voyait rien. Une douleur monstrueuse lui déchira le pied droit. Son hurlement se fondit avec les rires de folie de sa tante introuvable. En inspectant son pied, des larmes lui montèrent aux yeux. Passé à travers la chair et les os de son membre, la dague rougeâtre de Bellatrix Lestrange se colorait de son propre sang. La chaleur subite du liquide sur sa peau nue et sale le terrifia profondément. Le choc encaissé, le blond fit tout pour se dégager, sans y parvenir. Il finit par comprendre pourquoi : la lame sur laquelle il s'était empalé alors qu'elle était lame vers le haut s'était à présent retournée, manche vers le haut et lame dans le sol. Ce qui n'était alors qu'un tapis de feuilles mortes et d'épines mouvant se solidifia, le rendant prisonnier pour de bon. Le moindre mouvement le transperçait de douleur. À moins de s'arracher littéralement le pied, Drago comprit qu'il ne pourrait pas se libérer. La brume gagnait doucement du terrain. Les volutes qui s'échappaient jusqu'à lui amenaient avec elles un froid intolérable. Pour se protéger, le blond se replia sur lui-même au-dessus de son pied scellé. Des sanglots le dévastèrent tandis qu'il tremblait violemment en attendant son sort. La brume blanche l'enveloppa doucement, comme une torture insidieuse. Elle paralysa chacun de ses membres à coup d'hypothermie, les uns après les autres. Sa respiration se bloqua brusquement dans sa poitrine trop faible pour se soulever. Drago suffoqua, les rires de sa tante lui déchirant les tympans, et un dessin étrangement familier dessiné dans la brume plein les yeux. Mais comme à l'accoutumée, le blond fut incapable de reconnaître les formes vaporeuses et il sombra dans l'obscurité tandis que les parois de ses poumons s'aplatissaient l'une contre l'autre.
Drago ouvrit les yeux avec violence. Son corps refusa cependant de bouger. Les palpitations de son cœur déjà bien brusqué augmentèrent sous la panique. Il ne voyait rien. Une main de fer enserrait sa gorge, l'étouffant. Qu'il s'agisse d'un sort ou de quelque autre moyen d'entrave, le blond ne parvenait pas à se débattre, laissant le champ libre à son agresseur. Puis, ce fut comme s'il se réveillait une seconde fois. Ses membres bougèrent enfin et il se redressa sur son lit en haletant. Une vive douleur le reprit au pied et il souleva hâtivement sa couverture. Ce n'était qu'une crampe. Affreusement douloureuse, mais une simple crampe. Ses mains enserrèrent son pied aussi fort que possible tandis que les pleurs émergeaient eux aussi depuis le cauchemar. Recroquevillé sur lui-même, le blond sanglota un long moment, perdant toute l'énergie récupérée. Lorsqu'il vérifia l'heure, Drago remarqua qu'il avait été enfermé dans cette horreur plus d'heures qu'il n'était bon pour lui. De ses yeux gris, il considéra son oreiller avec une grimace de dégoût. Fébrile, il décida de se lever. Au moins, éveillé, il était certain que son subconscient ne s'acharnerait pas à le piéger dans ces scénarios cauchemardesques. Un instant, il se demanda tout de même comment un objet comme la dague de sa tante avait pu atterrir là-dedans. Puis, ça le frappa : la réalité était déjà un scénario cauchemardesque en soi.
« Blaise a trouvé la dague de ta tante au Square Grimmault. Il sait que tu es en vie. »
Drago soupira. Il allait devoir rajouter une condition au marché de Potter.
- Bonsoir monsieur.
Harry salua la serveuse de l'enseigne moldue dans laquelle il venait d'entrer d'un hochement de tête.
- Une table pour une personne ?
- Je...
Le survivant n'acheva pas sa phrase. À l'abri des regards indiscrets, Malfoy était confortablement installé sur une banquette dans le fond du café.
- Je suis attendu, reprit Harry.
- Bien. Je vous laisse vous installer.
- Je prendrai un verre de liqueur.
L'homme aux yeux verts rejoignit la table coincée entre deux larges panneaux de bois qui rendaient le tout plus intime. Après s'être assis, il prit le temps de déposer son manteau à ses côtés. Ses pupilles se posèrent finalement sur le blond. Devant celui-ci trônait déjà un verre de whisky où flottaient trois glaçons à moitié fondus. Un sourire étira ses lèvres.
- Je ne suis pas en retard pourtant.
- Je ne répondrai pas à cette provocation lamentable, répondit le blond. Si je le bois, c'est que j'en ai envie.
Le visage d'Harry redevint indifférent malgré sa légère surprise. Effectivement, Malfoy ne semblait pas chercher à le mettre en rogne. Au contraire, son sérieux était empreint de fatigue. La serveuse s'immisça entre eux quelques secondes. Elle déposa la commande de l'élu sur la table puis disparut. Harry observa la réaction du blond à la vue du verre de liqueur. Elle ne vint jamais. Il était là pour discuter affaire et ça se voyait.
- Je suis prêt à accepter le marché, annonça alors le survivant.
Une respiration plus intense souleva les épaules de Drago.
- Puisque tu es celui qui demande les explications la tradition voudrait que tu commences, déclara-t-il. Mais au diable la tradition. Pourrais-je savoir ce qui a amené saint Potter à s'intéresser de si près à mon cas ?
- Je sais de quoi ça à l'air. On n'était pas proches. On ne se connaissait pour ainsi dire pas. Mais j'ai pensé que tu serais intéressé par quelque chose qui est passé entre mes mains. Quelque chose qui pourrait possiblement avoir de la valeur à tes yeux.
- Le dossier de mon père ? devina Drago. Pas besoin. Je sais déjà tout ce qu'i savoir.
- Qu'est-ce-que...
- Potter, on ne va pas épiloguer sur ce sujet, si ? Je sais déjà ce que contient ce dossier et bien plus encore... Et même si je n'avais rien su, je t'aurais quand même répondu que je ne voulais pas savoir.
Drago ingurgita une gorgée de son whisky.
- C'est ton droit, confirma Harry. Moi, en revanche, je serais très intéressé de savoir comment tu peux déjà savoir ce qu'il y a dans ce dossier étant donné qu'il a été classé il y seulement quelques semaines de cela.
- Je sais tout ce qu'il y a savoir à propos de ma famille, Potter. Je ne vois pas en quoi ça t'étonne.
- Étonné ? Non. Intrigué seulement.
- C'est vraiment ce que tu veux savoir ce soir, Potter ? Comment j'ai su que mon père avait reçu le baiser du détraqueur ? Pas besoin d'avoir accès aux dossiers pour savoir que mon père allait finir comme ça, tu ne crois pas ?
Harry n'osa pas acquiescer. Il avait toujours tenu Lucius Malfoy et ses pratiques en horreur. Il l'avait détesté peut-être même plus qu'il avait jamais détesté Drago. Mais le sujet des parents était très sensible pour lui. On parlait quand même de son père. Un Mangemort, un condamné à mort, mais un père. Ça le mettait mal à l'aise d'entendre parler de cette manière de cet homme dans la bouche de son fils, encore de ce monde ou pas. En fait, il ne comprenait pas où Malfoy voulait en venir avec cette remarque. Voulait-il le provoquer pour lui reprocher sa réaction après ? Était-ce de la sincérité ? Était-ce une manœuvre encore plus perfide consistant à lui faire croire en sa sincérité pour ensuite lui créer un magnifique mensonge ? Tout était possible avec les Malfoy.
- Je lis en toi comme dans un livre ouvert, Potter, lâcha Drago.
- Tu mens.
Malfoy était doué en tant que legilimens. Rogue lui-même l'avait affirmé. Mais ses propres capacités d'occlumens le rendaient imperméable. Alors comment ?
- Je n'ai pas besoin d'utiliser la magie pour savoir ce que tu penses.
- Si tu devines si bien ce que je pense. Dis-moi quelle est la suite de mes pensées, Malfoy.
- Qu'est-ce-que tu veux savoir de plus ? L'historique complet ou un condensé version Les aventures de Drago Malfoy ?
- J'aimerais autant prendre le tout, mais ça risquerait de prendre un temps qu'on n'a pas. Aussi, je vais juste me contenter de l'essentiel et demander à comprendre, tout simplement.
Drago haussa les sourcils. Une remarque acerbe sur le fait qu'il ne pensait pas Potter capable de formuler une phrase aussi complexe lui traversa l'esprit. Il la balaya. En avalant une autre lampée de son breuvage, le blond profita de la sensation de brûlure le long de son œsophage qui supprimait la morsure du froid imprégnant son être le plus profond. Son regard se perdit un instant vers l'extérieur de la brasserie moldue.
Pour la première fois de sa vie, Harry eut la drôle d'impression qu'il comprenait ce qui se tramait dans l'esprit du blond. Il cherchait par où commencer. Il ne savait pas comment mettre des mots sur son parcours, parce qu'on ne lui avait jamais demandé de le faire auparavant. Du moins, pas de façon si sérieuse. À tout hasard, le survivant décida de l'aider un peu. Si jamais il s'était trompé, cela passerait pour de l'impatience de sa part.
- Pourquoi partir ? Pourquoi fuir le monde magique de cette manière là ?
Un léger sourire étira les lèvres de Drago. Ce n'était pas de la moquerie, c'était de la résignation. Et Harry comprit aussitôt qu'il ne s'était pas trompé. Le blond était fatigué avant même de commencer.
- Tu penses comme ils le feraient tous s'ils savaient que je suis en vie, murmura-t-il. J'ai collaboré durant la guerre. Je pouvais poursuivre ma carrière dans le monde magique. J'avais tout pour être heureux.
- Je ne crois pas à ça, démentit Harry. Si tu es parti c'est que tu n'avais pas tout pour être heureux, ou que quelque chose te menaçait.
- Parce que tu crois que maintenant c'est le paradis sous le soleil et le ciel bleu ? rétorqua Drago.
- À toi de me le dire.
- Tu sais ce que ça fait de porter un nom, Potter. Un nom qu'on te martèle à longueur de temps. Un nom qui selon eux justifie ton implication dans tel ou tel projet. Un nom qui définit jusqu'à ton caractère, tes affinités et tes rêves sans te demander ton avis au préalable. Tu as payé pour une prophétie merdique. J'ai payé pour les imbécillités de ma famille. Mais au final, ton nom est ta plus grande réussite, Potter. Tandis que le mien est mon plus grand cauchemar. Et il n'y a rien qu'on puisse faire, ni toi ni moi, pour changer ça.
Harry écarquilla les yeux. Sa plus grande... réussite ? Il ne parvenait pas à croire ce qu'il entendait. L'impression qu'il donnait aux autres était-elle si fausse ? Sans aucun doute la réponse était oui. Le survivant réalisait avec effarement qu'il en était de même pour Malfoy. La masse pensait tellement que chacun d'eux avait l'honneur ou le déshonneur de porter ces noms légendaires du monde magique. Alors qu'au final, chacun d'eux aurait donné n'importe quoi pour s'en débarrasser. En comparaison avec son propre cas, Harry imaginait sans peine quelles images les gens posaient sur le nom de « Malfoy. » Quelles images il y posait encore lui-même il n'y avait pas si longtemps... C'était comme compter une histoire à un enfant. Le héros s'appellerait « Potter » sans l'ombre d'un doute, et le méchant sans nom serait indéniablement troqué contre un lâche malveillant du nom de « Malfoy. » Parce qu'une menace sans nom n'évoquait rien à personne. Et on élevait le futur et les esprits de la société sur ces principes. À eux deux, ils étaient les extrêmes parfaits, les opposés légendaires.
Harry sentit le regard du blond sur lui. Malfoy savait qu'il était en train de comparer sa propre situation avec la sienne. Le blond savait qu'il était en train de comprendre que si « Potter » ouvrait toutes les portes, y compris celles du paradis, « Malfoy » n'ouvrait que celles de l'enfer.
- Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, reprit Drago. Malgré la guerre et ses horreurs, et elle en comportait beaucoup, j'imagine que j'étais encore naïf au fond. J'apprenais à vivre avec les blessures que seule l'horreur peut causer. C'est le regard des gens qui a tout changé. Le monde réel m'a fait réaliser avec quelle force les murs de toutes ces forteresses, Poudlard, le manoir, me protégeaient. J'étais dans un petit monde doré duquel j'étais le prince. Personne ne me contredisait. Personne ne me refusait rien, hormis toi, bien sûr. Mais après la guerre... Plus rien n'était pareil. Je n'ai jamais été éduqué dans l'idée qu'on pourrait me refuser des choses à cause de mon nom, mais plutôt dans l'idée inverse : qu'on me les offrirait. Je suis devenu une personne de mauvaise fréquentation au véritable sens du terme : un paria.
- C'est ridicule, intervint Harry. Tu n'es pas le reste de ta famille, Malfoy.
- S'il-te-plaît, Potter, ne joue pas ce numéro de sentimentalisme avec moi. Je sais que tout le monde me voit comme ça. Et tu fais partie du monde jusqu'à preuve du contraire.
Le survivant ravala sa salive en baissant légèrement les yeux.
- Mais je me serais habitué à cette condition là... si seulement ça s'était limité à cela...
- Que veux-tu dire ? l'interrogea Harry.
- Mon passé m'a cerné d'un côté et mes actions de l'autre, répondit Drago. Dans le monde et mon cercle personnel. L'idée de base c'était de prendre un peu de distance avec tout ça... Décompresser.
- Et tu es parti, continua le survivant.
- Pas exactement, sourit Drago. Je me suis efforcé d'oublier cette période sombre de ma vie. Mais je me souviens clairement avoir pensé à toi et à tes amis à cette époque. Je n'ai jamais compris ce que vous trouviez de si fascinant au monde des sorciers. Jusqu'à ce que je songe que si vous, les Impurs voyiez le monde magique comme le paradis sur terre, le monde moldu devait être une sorte de pareille pour les sorciers. Ce n'était pas qu'il n'y avait pas d'exemples de Sang-Purs éperdus du monde moldu, c'est juste que j'en étais le premier exemple à oser le faire. Ou du moins c'est ce que je pense avec le recul.
Drago fit une petite pause.
- Le monde moldu ne m'est pas apparu comme un éclair de génie, loin de là, poursuivit-il.
- Alors comment ? demanda Harry.
- À cause de ma situation, il est vite arrivé des moments où je n'étais plus capable de m'en sortir. Je n'étais plus à même de supporter. Personne ne comprenait alors que j'avais l'impression de dire les bonnes choses... Beaucoup d'accrochages avec mes proches ont émergé de ça. C'est arrivé après une violente dispute avec Blaise. J'étais mal, j'avais mal. Furieux, j'ai transplané. Et encore aujourd'hui je ne sais pas ce qui a dysfonctionné... Ma magie était tellement corrompue par mon envie de m'échapper de ce merdier que j'ai réussi à transplaner dans le monde moldu sans jamais y avoir mis les pieds. Au début je me suis dit que ça y était : j'avais vraiment touché le fond. Et alors que j'étais au milieu des rues, l'impensable s'est produit : on me considérait avec désir, et encore mieux, on ne me regardait pas du tout ! Parce que tous ces gens ne voyaient rien de plus qu'un de leur semblables. Je ne suis resté que quelques heures avant d'avoir la force de transplaner une seconde fois... Pourtant, je me suis senti soulagé comme jamais.
Harry redressa légèrement la tête. Il avait l'impression qu'on lui récitait son propre parcours à quelques détails près. Lui aussi était parti pour la première fois après une dispute avec Ron en se disant que là-bas dans le monde moldu, il ne serait pas capable de le suivre. C'était sa première visite dans le monde moldu depuis la fin de la guerre...
- Et puis j'ai repris ma place dans le monde magique comme si de rien n'était. J'ai enduré, encore et encore. Mais l'idée ne m'a plus jamais quittée. Comme un drogué des premières heures, j'ai essayé de me convaincre que ça n'était qu'une folie d'une fois... Que jamais je ne recommencerai... Mais l'effet grisant d'une vie parallèle dans laquelle je pouvais être qui je voulais... On ne peut pas y résister. Au début, je n'y allais que lors de crises magistrales. Des crises qui sont devenues de plus en plus importantes et rapprochées. Ma vie magique ne tenait plus qu'à un fil. Et puis, il y a eut cette dernière dispute avec Blaise, à propos de mon père justement... J'ai enfin réalisé que le monde magique ne m'apportait rien d'autre que des regrets, de la peur et de la douleur. Et la décision sur laquelle je cogitais depuis un long moment déjà s'est imposée d'elle-même.
Harry hocha la tête. Il ne pouvait pas dire à Malfoy qu'il comprenait plus qu'il ne le pensait. C'était son histoire personnelle. Et puis, le survivant avait peur de le braquer à nouveau. Il savait que la parole ne tenait à presque rien dans ce genre de moments. L'homme aux yeux verts attendit un moment une suite qui ne venait pas.
- Tu es parti sur un semblant de coup de tête si je comprends bien. Alors... Comment as-tu été capable d'effacer tes traces ? interrogea l'élu.
- Je ne suis pas parti seul, révéla Drago.
- Quoi ? murmura Harry.
- Quand tous mes amis se sont rendus compte que quelque chose ne tournait pas rond, de son côté, l'un d'entre eux a décidé de prendre les choses en main. Il sentait le désastre arriver. Aux yeux de tous, il a fait croire que son travail l'envahissait trop pour pouvoir agir. Mais sous couverture, il a remué ciel et terre pour me suivre sans que je n'en sache rien. Tu n'es pas le premier à me prendre sur le fait dans le monde moldu, Potter.
- Il te filait le train ?
- À cause de la guerre certains d'entre nous ont développés des réflexes assez... spéciaux. Ça fait partie des siens. Lorsqu'il a découvert la vérité, il a exigé des explications, comme toi. Il a compris à quel point la situation était grave. Il place ça sur le compte de la loyauté qu'il a envers moi, mais sûrement aussi la peur de me voir disparaître aidant, il m'a soutenu autant qu'il a pu contre mon gré, comme un psychopathe, ria Drago. Et lorsque j'ai pris ma décision, il a usé de son influence pour me venir en aide.
- De quelle sorte ?
- Le temps que je me remette et que je sois capable de prendre les choses en main, il m'a couvert dans le monde magique. En parallèle, sa famille ayant eu des contacts avec le monde moldu par le passé, il m'a trouvé un logement et m'a tout fourni pour ma survie. Et par la force des choses il est devenu mon informateur et « homme de main. » Je lui dois beaucoup.
- C'est lui qui a posé le sortilège sur ton dossier pour qu'on ne puisse pas te traquer ?
- Oui. Je lui ai juste donné la marche à suivre, il a exécuté et ensuite il est revenu vers moi en m'enguelant : « qu'est-ce-que c'est que ce sortilège de psychopathe que tu m'as donné là ? » C'est encore comme ça.
Harry sourit légèrement à l'évocation. Mais une question subsistait dans son esprit.
- Zabini ne sait rien de tout ça, n'est-ce-pas ?
- Non.
- Alors, qui ?
- Théodore Nott.
- Je vois.
Drago acquiesça. Son verre de whisky était maintenant vide mais l'alcool était encore loin de réussir à lui monter à la tête. Voilà, maintenant Harry connaissait toute l'histoire, ou presque.
- Je t'ai donné ce que tu voulais, Potter. Alors à moins que tu ne me sortes encore une question de derrière les fagots, on va passer à ta partie du marché.
- Garder le secret et te laisser en paix, hein ? J'ai déjà donné mon accord au début de notre conversation.
- Excuse-moi de vouloir m'assurer que tu ne vas pas tout faire foirer. Tu as plus d'expérience qu'il n'en faut dans ce domaine selon mes souvenirs.
Harry tiqua. Le blond avait vidé son sac. Maintenant qu'il n'y avait plus rien à négocier, le blond redevenait exécrable.
- Maintenant tu vas gentiment rentrer chez toi et cesser toute activité qui pourrait transgresser notre marché.
- Rentrer chez moi ?
- Oui, et si tu pouvais te charger de rappeler les chiens qui sont à ma poursuite en même temps, ça serait vraiment gentil, répondit Drago sur un ton sarcastique.
Les yeux verts de l'élu s'écarquillèrent.
- Malfoy, je crois qu'on s'est mal compris.
- Pourquoi ?
- Parce que moi non plus je n'ai pas l'intention de retourner dans le monde magique.
Tout à coup, les lumières de la brasserie moldue se mirent à clignoter. Les clients relevèrent leurs têtes vers le plafond les uns après les autres. Seulement, bientôt, tous se retrouvèrent figés dans leurs différentes positions : tête en l'air, fourchette sur le chemin de la bouche, éclat de rire en suspens. Les deux hommes en affaires se scrutèrent interrogativement comme pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas de l'oeuvre de l'autre. Le temps s'était arrêté pour tous excepté eux. L'atmosphère s'était teintée d'un soupçon de magie presque imperceptible. Les deux hommes se levèrent avec prudence. Soudain, un des clients se détacha de la masse en se dressant de toute sa stature. Harry se saisit aussitôt de sa baguette.
- Expelliarmus ! s'exclama l'homme.
Le survivant suivit le mouvement furtif de sa baguette avant de se concentrer à nouveau sur l'intrus qui le menaçait toujours. L'inconnu murmura quelques mots et presque instantanément, son apparence se modifia. Sous les yeux ébahis des deux sorciers en affaires, Théodore Nott se matérialisa. Ses traits reflétaient une rage sans nom. Drago se crispa en réponse
- Je croyais t'avoir dit de ne pas intervenir ! s'exclama-t-il.
- Désolé, mais je n'ai pas pour habitude de me plier gentiment aux directives qui ne me conviennent pas.
- Je t'ai dit que je m'occupais de ça moi-même !
- Je t'ai laissé faire à ta manière jusqu'à maintenant parce qu'au fond ça me convenait. Je ne suis plus convaincu par ta méthode. Alors j'utilise la mienne.
Un silence s'abattit entre les sorciers. Théodore fit un mouvement de la main tenant sa baguette.
- Rapprochez-vous, ordonna-t-il.
- On peut savoir à quelle fin ? cracha Harry.
- Serment inviolable, ici et tout de suite. Ou ta tombe, ici et tout de suite. À toi de voir, Potter.
Oui bon j'ai dit que je n'étais pas "sadique" à propos des révélations. Je n'ai jamais parlé de l'action ^^ Bon la réalité c'est que ce chapitre aurait été beaucoup trop long si j'avais effectivement terminé cette scène.
Alors ? Que pensez-vous des révélations de Drago ? Comme vous l'aurez compris, il reste beaucoup de chemin à parcourir pour nos deux héros. Rien n'est encore décidé !
Je vous retrouve bientôt avec la suite ;) En espérant que cela vous ai plût !
