Chapitre 12 : La blessure.

Ils arrivèrent alors devant une nouvelle porte. Ryô prépara son arme et regarda Kaori sérieusement. Elle venait de faire la même chose. Lentement, Ryô tourna la poignée de la porte et l'ouvrit brusquement. Il rentra en trombe couvrant la droite tandis que Kaori surveillait la zone gauche. Ce n'était qu'un vaste couloir vide à la décoration riche. En face de l'entrée se trouvait une autre porte. Un peu plus loin dans le couloir il y en avait une seconde. Et tout au bout du couloir se trouvait une sorte de guichet.

— Kaori tu t'occupes de cette pièce je vais jeter un coup d'œil dans l'autre. D'accord ?

Le cœur de Kaori battait rapidement mais elle parvint à se calmer intérieurement et acquiesça d'un hochement de tête. Ryô lui sourit et se rapprocha alors de la seconde porte. Il regarda Kaori ouvrir la porte d'une main tremblante et entrer dans la salle avant de s'occuper de la sienne.

Lorsque Kaori entra à pas feutrés, la porte se referma dans un grincement sinistre. La lune éclairé faiblement la petite pièce jouant sur les ombres irréelles du décor. L'air était lourd. Kaori respira une grande bouffée d'oxygène. Cependant une odeur maintenant familière était dans l'air. Kaori n'eut aucun mal à la reconnaître. C'était celle d'un corps en décomposition avancée. Sa main chercha à tâtons un quelconque interrupteur contre le mur glacial. Enfin la lumière fut.

La pièce n'était pas trop grande et paraissait même ordonnée. Devant elle, se trouvait trois fauteuils eux-mêmes devant une petite table basse où se trouvait un vieux livre ouvert en son centre. Il y avait aussi un ordinateur, une corbeille en papier vide, et une lampe ornementale dont le pied était un dragon.

Autour de la lampe, attirés par la lumière source de convoitise, virevoltait une dizaine de mouches. En face du bureau de l'ordinateur se trouvait donc cette petite table basse.

Kaori se dirigea lentement vers la table histoire de voir le livre en question. Prenant place sur un fauteuil face au livre, elle le prit et l'examina. La double page était un schéma de corps humain annoté de divers commentaires et chiffres qu'on aurait pu interpréter comme des dates. Machinalement, elle arracha ces deux feuilles et les rangea dans le sac à dos que Ryô avait trouvé et qu'il lui avait passé après avoir récupérer les chargeurs de Python.

Soudain, il y eut un frémissement, un frottement non loin d'elle. Fermant le livre par réflexe, elle leva son arme et tourna sa tête vers la source de ce bruit. L'odeur qu'elle avait sentie en entrant lui revint en esprit.

Une fois Kaori à l'intérieur, Ryô entra à son tour dans une nouvelle pièce. C'était une vaste salle de bain au carrelage étincelant.

Le spectacle qui s'offrit à Ryô lui fit perdre toutes notions de sécurité et de prudence. Dans la baignoire face à lui se trouvait une jeune femme, belle, blonde de surcroît, de profil et nue.

Ryô, la bave aux lèvres devant ce spectacle si réjouissant en perdit son self-control.

— Youhou belle jeune fille j'arriveee ! Lança-t-il en plongeant littéralement sur elle.

Lentement la blonde se tourna vers lui… Laissant alors apparaître son autre côté qui n'avait rien d'humain. Elle n'avait qu'un œil proéminent. Son visage était à moitié squelettique et sa peau n'était pas visible sur une bonne partie de son corps. Sa chair était à nu !

Ryô, alors en l'air, rangea sa mine perverse et laissa place à une tête de déterré surpris. Il était devenu livide. Tombant alors à terre verticalement et rudement il tenta de se relever pour faire demi-tour mais la blonde l'avait déjà attrapé par la cheville. Elle sortit alors complètement de la baignoire se traînant sur des jambes inorganiques. Ryô eut le temps de s'apercevoir de l'extrême longueur de ce bras qui le tenait. La femme n'avait pas d'appareil génital. Elle était asexuée. Une sorte de proéminence osseuse se dégageait de son épaule droite. Une queue griffue tel un diable balayait l'air derrière elle. Le bout de cette queue semblait extrêmement pointu.

Dans une pseudo-réalité Ryô parvint à se dégager de l'étreinte de cette femme s'accrochant à ses ongles acérés au passage. Son pantalon au niveau de sa cheville se retrouva en lambeaux.

La jeune femme oscilla la queue dangereusement et tenta par trois fois d'en perforer le crâne de Ryô avec… Sans succès. Ryô se releva alors et repris du poil de la bête. Il tira sur elle. Les balles firent mouche dans les deux bras, le cœur et les jambes mais la blonde ne semblait guère ressentir les coups. Elle semblait différente des autres créatures.

Tandis qu'il pointa alors son arme vers le crâne de la blonde et qu'il tirait, il ressentit alors une vive douleur dans son épaule gauche. La balle entra avec fracas dans le seul globe oculaire de la jeune femme le lui faisant exploser couvrant Ryô d'un liquide visqueux.

Elle tomba alors à terre tandis que son dard se retira douloureusement avant de partir en fumée en touchant le sol.

En nage Ryô sortit de la salle de bain et s'adossa au mur du couloir où il se laissa glisser sur le sol. La blessure ne semblait pas trop profonde mais elle le brûlait intérieurement. Il haletait et tenta de se calmer pleinement avant le retour de Kaori. Elle ne devait pas tarder… Elle aussi avait eu un ennemi face à elle. Il l'avait entendu tirer.

Petit retour en arrière de deux trois minutes.

Soudainement un homme en treillis fit face à Kaori. C'était lui dont émanait cette odeur infecte. Ecœurée, Kaori se releva et fit un pas en arrière avant de se décider à tirer, visant soigneusement la tête. Celle-ci vola en éclat ornant les murs d'une nouvelle et naturelle peinture. Cependant au sol le corps subissait des soubresauts nerveux telle une queue de lézard arrachée par un chat.

S'empêchant d'avoir des hauts le cœur Kaori respira en pensant à ses exercices de yoga. Elle parvint à se détendre et se pencha sur ce cadavre et le fouilla. Cachant son dégoût elle trouva une paire de menottes, un chargeur d'Uzi, une feuille de papier pliée qu'elle rangea machinalement dans une de ses poches et la clef des menottes. Récupérant le vieux livre, elle sortie de cette pièce et trouva Ryô assis sur le sol, adossé au mur. Il était blême et au-dessus de lui une longue traînée rouge décorait le mur.

— RYÔ ! S'exclama Kaori.

Lentement il tourna sa tête vers elle, la faisant devenir livide.

— Qu'est-ce que tu ? Fit-elle en se penchant sur lui et en lui tâtant le front.

— Mais tu es brûlant… qu'est ce qui c'est passé ?

— Une créature m'a blessée dans le dos avec son espèce de dard. Répondit-Ryô qui trouva soudainement sa bouche sèche.

— Fais voir !

— Non ça va aller !

— Ryô, ne fais pas l'enfant. Lui reprocha Kaori tout en examinant sa blessure.

Ce n'était pas très joli, cependant ce n'était pas trop profond non plus. Kaori soupira.

— Peux-tu te lever Ryô ?

— Oui ! Je t'attendais c'est tout. Tu as trouvé quelque chose ?

— Oui ! Un livre, une feuille papier plié, une paire de menotte et sa clef, un chargeur d'Uzi et un nouveau cadavre et toi ?

— Rien si ce n'est cette blessure.

Kaori lui tendit la main pour l'aider à se relever oubliant un instant sa douleur que le tir avait ravivée.

Soudain un bruit de verre cassé attira leur attention… Celui-ci provenait de la salle où Ryo se trouvait tantôt. Kaori fit un pas en avant mais fut stoppé net par Ryô qui hocha la tête négativement.

Levant alors son arme, il plaça délicatement Kaori en retrait et s'approcha de la porte sur ses gardes. Aucun bruit ne se faisait entendre ni à l'intérieur ni à l'extérieur. Ryô ouvrit la porte pour la seconde fois. A l'intérieur la femme avait disparu et le miroir était brisé. Ryô eut du mal à en croire ses yeux. Il savait qu'il venait de l'éliminer pourtant le corps n'était plus là. Certes le dard avait fondu laissant une empreinte noire et grasse sur le sol. Mais le corps lui était resté en l'état.

— Je n'y comprends rien ! Laissa-t-il échapper.

— De quoi ? Demanda Kaori.

— Tout à l'heure il y avait une de ces créatures, une femme ! Je suis certain de l'avoir tuer et elle n'est plus là !

— Une femme ? Tiens donc… Et tu dis que son corps a disparu.

— Oui… Bon ne traînons pas par ici ! Dit Ryô en s'essuyant le front d'un geste machinal.

— Tu vas bien ? S'inquiéta Kaori qui avait remarqué le geste de Ryô.

— Oui ! Fais chaud c'est tout. Allez, on retourne à la bibliothèque ranger ce livre à sa place.

— Je te suis.

D'un pas que Kaori trouva légèrement mou, ils rejoignirent de nouveau la bibliothèque où Kaori s'occupa de ranger le livre. Il y eut soudain un bruit sourd et grave sur leur droite.

Stoïques ils regardèrent le mur s'enfoncer inexorablement dans le sol faisant lentement apparaître trois

nouvelles portes.