Chapitre 12 – Le Conte d'un Nouvel Espoir
L'idée était venue aux Nullos lors d'une Convention Geek : présenter devant tout Poudlard une version théâtrale de leur film préféré, la Guerre des Etoiles. Bien sûr, sur le moment, l'idée leur avait parue géniale. Il se révéla qu'en fait, monter une pièce de théâtre était loin d'être une sinécure.
L'écriture de la pièce par exemple.
Ils avaient pensé que tout se déroulerait sans anicroche. Qu'ils n'auraient qu'à s'asseoir autour d'une table et que les idées viendraient naturellement.
Ils s'étaient lourdement trompés.
Jamais les trois garçons ne s'étaient autant disputés, chacun ayant sa propre version du meilleur long-métrage de la galaxie. Et puis surtout, il fallait condenser un film de 2h05 en une représentation théâtrale d'une heure, au risque d'ennuyer le sorcier néophyte.
Et les problèmes s'envenimèrent lorsque Sean Hastings se rendit compte au beau milieu de l'écriture qu'ils allaient passer à côté de la scène culte, celle qui avait fait battre leurs petits cœurs de Nullos : Dark Vador annonçant à Luke Skywalker l'atroce vérité.
Il fallut donc tout revoir depuis le début, et faire tenir désormais une trilogie de 6h28 en une pièce de deux heures, entracte incluse.
Les Nullos en auraient pleuré de dépit.
Ils prirent alors une décision radicale, implorant le pardon total de Georges Lucas pour ce qu'ils allaient faire subir au sacro-saint scénario. Ils raccourcirent, supprimèrent, réécrivirent certaines scènes, bref, ils furent impitoyables, gardant l'essence même de l'univers.
Contre toute attente cependant, les Nullos reçurent une aide inestimable de la part d'Abigail Swann, aussi férue de Star Wars qu'eux.
Entre nés-moldus, ils se comprirent aussitôt.
Abby surtout se révélait être une alliée de poids : elle prit sur elle le soin de lire, corriger et annoter des kilomètres de parchemins. Sa main ferme était cependant sans pitié. Les Nullos s'en voulurent un peu – quand même – de faire perdre autant de temps à la jeune fille, et lui firent parvenir par hibou – et de manière anonyme (« de la part de Tu-Sais-Qui, Tu-Sais-Pourquoi. Bisous. ») – des boîtes de Fondants aux Chocolats.
Vint ensuite le casting.
Cette fois-ci, ils trouvèrent une oreille complaisante auprès de Rose Merryweather, qui accepta de passer un article dans le Petit Poudlard (que le puissant Thor bénisse sept fois le jour où elle décida de créer ce journal).
L'annonce était d'une efficace simplicité :
La troupe des Geekos en folie
Recherche pour une pièce de théâtre
Des sorciers désirant crever les planches.
Merci de contacter les Nullos,
Poufsouffle.
Malheureusement, personne ne se présenta pour le casting, et les Nullos commencèrent à se demander si leur spectacle était une bonne idée. Peut-être que le monde de la sorcellerie n'était pas prêt à voir la plus grande saga de tous les temps...
Ce fut Polly McBee qui leur redonna espoir.
Même si cette dernière n'était pas enchantée de les voir « gâcher leur temps à monter ce stupide spectacle » (selon ses propres mots), elle leur conseilla tout de même de ne pas baisser les bras et de poursuivre leurs rêves. Après tout, ils n'avaient qu'à faire avec ce qu'ils avaient sous la main (eux, en l'occurrence) ils étaient assez débrouillards.
Certes, dirent-ils d'une même voix, mais comment interpréter une dizaine de personnages à trois ?
Ça, ce n'était pas son problème, répondit Polly.
Le miracle s'opéra par un bel après-midi pluvieux : un Serpentard de 6ème année à l'air renfrogné vint les trouver discrètement à la fin des cours et leur annonça qu'il était intéressé pour jouer dans leur machin moldu, à condition que son nom n'apparaisse pas sur l'affiche et qu'il porte un masque (par mesure de sécurité, les Nullos le baptisèrent « Monsieur Carambar »).
Il avait quand même une réputation à tenir.
Les Nullos en auraient pleuré de joie. Ils étaient désormais quatre acteurs.
Et puis William Swann déboula dans la Grande Salle un jour et tapa un scandale : comment les Nullos avaient-ils pu songer un instant que lui, le génial William Swann, ne serait pas de la partie ?
Ça faisait cinq acteurs !
Les trois Poufsouffles en arrivèrent alors à la conclusion suivante : si les acteurs ne venaient pas aux Nullos, ce serait les Nullos qui iraient à eux !
Ils demandèrent dans un premier temps à leur amie Abby : elle leur répondit par un non catégorique. Il ne fallait pas non plus pousser le magicien dans les orties.
Rose Merryweather déclara qu'elle était trop timide pour réciter un texte devant une pléthore de spectateurs.
Ils se tournèrent ensuite vers Polly McBee (surtout après que Will eut déclaré qu'elle ferait un superbe Chewbacca), mais elle les envoya promener, leur indiquant au passage que s'ils n'avaient pas rendu leur devoir de Sortilège en temps et en heure, elle mettrait le feu à leurs caleçons.
Charlie Weasley déclina plus gentiment l'invitation : il ne connaissait pas l'univers de la Guerre des Etoiles, et préférait le découvrir assis devant la scène.
Stephen Piccadilly (congénère gryffondorien du susnommé) accepta lui, de bon cœur, même s'il ne connaissait que fifre et – pire – n'en avait jamais entendu parler.
Ce qui faisait maintenant six acteurs.
Enfin, après des jours de tergiversions, les Nullos osèrent demander à Nymphadora Tonks si elle voulait bien intégrer leur joyeuse troupe de bras cassés.
Tout reposait sur ses épaules : elle était une fille, ce qui arrangeait bien leur affaire (parce que jamais Will n'accepterais jamais de se coller des macarons sur la tête pour jouer la Princesse Léia).
Ils n'avaient cependant pas le courage d'aller parler franchement à Tonks.
D'abord parce qu'elle était drôlement impressionnante. Ensuite parce qu'elle avait toujours tendance à se moquer d'eux. Et pour finir, parce que c'était elle la principale instigatrice de ce surnom débile dont elle les avait affublés lors de leur première année, et qui était resté depuis : les Nullos.
Comme ils s'y attendirent, elle les observa sans rien dire pendant qu'ils formulaient maladroitement leur demande, ponctuée par des « désolés », « s'il te plait » et « tu es une sorcière géniale, on t'adore ».
- Oui, pourquoi pas. Ça peut être marrant après tout.
Ces quelques mots changèrent le spectacle du tout au tout.
Peut être même leur faire gagner l'oscar de la meilleure adaptation théâtrale.
oOo oOo oOo
Quand enfin le point final fut apposé à côté du mot « THE END », les Nullos poussèrent un profond soupir de soulagement. Ils se seraient volontiers accordé une pause bien méritée, si seulement ils n'avaient pas eu autant de devoirs à rendre (dont une thèse dont ils n'avaient pas encore écrit une seule ligne), et, surtout, s'il ne fallait pas déjà penser à l'acte II de leur aventure théâtrale : la mise en scène.
Et les décors.
Et les costumes.
Et la musique.
Et les effets spéciaux.
Heureusement, le trio le plus geek de Poudlard avait plus d'une corde à son arc. D'abord, ils étaient de bons dessinateurs, et surtout, leurs expériences de cosplayers aguerris jouaient en leurs faveurs.
La Grande Salle fut ainsi témoin d'une spectaculaire descente de hiboux apportant un énorme colis contenant « 2/3 bricoles » qui se révéleraient bien utiles pour la suite, tel que :
- Trois sabres lasers en plastique,
- Le masque de Dark Vador avec respirateur intégré
- Un pistolet laser
- Le costume intégral de Chewbacca, fait main
- Le masque de C3PO en carton
- Un mini R2D2 avec sons intégrés
- L'album Panini
- La maquette du Faucon Millenium
- La maquette d'un TIE Fighter
Pour le reste, ce fut de la débrouille. Les filles de Poufsouffles (enfin, surtout Polly et Tonks) avaient éclaté de rire quand les Nullos leur avaient déclaré qu'ils savaient parfaitement coudre, merci bien pour eux.
Leur dortoir (qui, jusqu'à là, ressemblait à une chambre d'adolescents geeks – odeur incluse), se transforma soudain en marché aux puces, avec leurs ébauches de costumes et leurs chutes de tissus multicolores.
A tel point que même les elfes de maison finirent par se plaindre auprès du professeur Chourave, qui finit par venir voir de ses propres yeux le dortoir des garçons.
Ils eurent l'impression de se faire enguirlander par leurs propres mères.
- Mais, mais, mais... bafouilla-t-elle, les yeux ronds. Ce n'est plus un dortoir, c'est un dépotoir !
Les yeux du professeur allèrent des murs tapissés d'affiches de films, au plafond d'où étaient suspendues des maquettes de différents vaisseaux (le Battlestar Galactica et l'Enterprise pour ne citer qu'eux), jusqu'au sol sur lequel étaient clairsemés des grimoires, des comics, des legos, des figurines articulées, des cassettes-audios...
Et c'était sans parler des lits.
- Explications ! Immédiatement ! aboya Chourave, les poings sur les hanches.
Les garçons baissèrent piteusement la tête.
- Je veux que votre chambre soit rangée avant ce soir ! Sinon, je retire des points à Poufsouffle ! Et si j'entends encore une plainte des elfes, vous irez dormir dans la Forêt Interdite, c'est compris ?
Ils retroussèrent alors leurs manches, les oreilles rouges, et firent le tri de leurs affaires. Les filles, par bonté d'âme, vinrent à leurs secours (mais les Nullos les soupçonnèrent de vouloir en fait mettre un pied dans leur dortoir).
Ce petit contretemps eut cependant deux mérites :
1) Siffler en travaillant se révéla bénéfique. Alors qu'ils chantonnaient « It's a hard knock life » (1) à base de « tadam dam dam » et de « ploum ploum ploum » pour marquer le rythme, ils se dirent que ça ferait vachement bien de chanter de la sorte le thème d'ouverture de Star Wars.
2) Tonks leur demanda pourquoi ils n'utilisaient pas leur salle du JDR pour y mettre tout ce qui avait attrait au spectacle et OH MON DIEU, JE REVE OU VOUS AVEZ RAMENE DE LA PIZZA DANS VOTRE DORTOIR, BANDE DE CRADOS ?
Les Nullos convinrent que Tonks avait raison (pour la salle et la pizza), et qu'il fallait aussi peut être songer à commencer les répétitions.
Parce que, mine de rien, on arrivait au début du mois de novembre.
Un morceau de parchemin fut apposé sur la porte de la Salle des Sortilèges :
LES GEEKOS EN FOLIE
NE PAS DERANGER
REPETITION EN COURS
Dans le plus grand secret, la Bande des Geekos commença à répéter, et, même en collant son oreille contre la porte, pas le moindre chuchotement ne parvenait à l'oreille du sorcier trop curieux.
L'effet fut immédiat à Poudlard : chacun se demanda ce qui se tramait derrière cette porte close.
On savait plus ou moins qu'il s'agissait d'un spectacle et on savait que c'étaient ces trois Poufsouffles un peu toqués du cerveau qui l'organisaient, mais, pour le reste, les Nullos furent muets comme des tombes.
Il y eut un tel engouement que, lorsque le dernier numéro du Petit Poudlard apparut, tout le monde se l'arracha pour avoir ne serait-ce qu'une brindille d'information.
Les lecteurs ne furent pas déçus :
LA TROUPE DES GEEKOS EN FOLIE
Ont le plaisir de vous convier
A leur représentation
STAR WARS
Ou le Conte d'un Nouvel Espoir
Une aventure en 5 actes de G. Lucas
Le vendredi 21 décembre 1990 à 21h
Grande Salle de Poudlard
Les passions se déchainèrent parmi les jeunes sorciers ayant grandis dans le monde moldu.
Pendant des semaines, les mots de Jedi, Force, Empire, Rebelle et Bikini furent sur toutes les lèvres, au grand désespoir des sorciers n'ayant jamais entendu parler de cet univers.
Enfin, le jour tant attendu arriva. Les professeurs eurent un mal fou à garder concentrés leurs élèves (Rogue comptabilisa une perte de 140 points pour les 4 maisons sur la seule journée de vendredi).
Le dîner fut bien sûr avancé : la Grande Salle devait impérativement être vidée à 20h, ordre du professeur Albus Dumbledore lui-même. Il y eut cependant des curieux qui firent exprès de manger le plus tardivement possible pour voir quelque chose, ne serait-ce un bout de décor.
Quant aux Nullos et leur troupe de Geekos, personne ne les vit de la journée.
oOo oOo oOo
- Par la barbe de Merlin ! pesta Tonks en essayant d'agrafer le dos de sa longue robe blanche.
Elle recula jusqu'à Will Swann et lui demanda de l'aide. Le jeune Gryffondor rougit furieusement tandis qu'il remontait la fermeture éclair, sous les ricanements des deux Stormtroopers qui se tenaient non loin de là.
- Je me demande s'il y a beaucoup de monde, fit Kenway en ignorant le regard noir que lui lançait Swann.
Il coinça son casque blanc sous son bras et s'approcha en catimini du rideau qui séparait la scène des spectateurs. Il écarta délicatement les deux pans et jeta discrètement un coup d'œil.
Il déglutit.
Tout le monde était présent.
Subitement, sa pression artérielle monta en flèche.
Il remit le rideau en place et retourna auprès des autres qui le dévisagèrent :
- Alors ?
- Ça... peut aller, s'entendit-il répondre d'une petite voix.
Nul besoin de les angoisser.
Les autres poussèrent un soupir de soulagement. Parce que présenter un spectacle devant une dizaine de neuneus, c'était la loose totale quand même.
Soudain, la montre de Samuel Fey émit un bip bip discret. Tout le monde se figea.
L'heure avait sonné.
Les sept comédiens se dépêchèrent de revêtir leurs robes de sorciers noires par-dessus leurs costumes et se mirent en rang sur scène. Ils entendaient derrière le flot de conversations.
Hastings, armé d'un long bâton (relique d'un balai de Rusard), cogna lourdement sur le sol pour réclamer le silence.
Bam bam bam bam bam bam bam.
Bam.
Bam.
Bam.
Le silence enveloppa la Grande Salle, entrecoupé de quelques toux et de fous rires.
- Merde comme on dit chez vous, chuchota Tonks.
Swann agita sa baguette et le rideau se leva.
La grande salle était archi comblée.
Les tables avaient été poussées contre les murs, et les élèves et les professeurs étaient installés sur les bancs et des chaises apportées des salles de classe.
Une fois le choc passé, Samuel lança d'une voix sonore :
- Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...
Les sept sorciers entonnèrent d'une même voix le thème de la Guerre des Etoiles, répété depuis des semaines en grand secret.
Des applaudissement nourris crépitèrent dans la salle.
Ça commençait plutôt bien.
Puis, Samuel se détacha du groupe qui regagnait les coulisses. Sa voix magiquement amplifiée résonna entre les murs :
Les temps étaient troublés par la guerre
Et les rebelles se battaient dans le vaisseau mère
Tentant d'échapper à leur ennemi invisible
Le cruel EMPIRE GALACTIQUE, jusqu'alors invincible.
Au cœur de la bataille, les espions rebelles s'infiltrèrent
Et les plans d'une station spatiale s'emparèrent.
La puissance de cette arme détruisait des civilisations,
L'infâme ETOILE DE LA MORT était son nom.
Pourchassée par de sombres et froids soldats,
La belle et courageuse PRINCESSE LEIA
Tenait dans ses mains l'espoir infini
D'apporter enfin la paix dans la galaxie.
Voici le début d'une histoire exposée sur scène,
Dans une galaxie lointaine, très lointaine.
Grace à la magie, la scène prit les allures d'un couloir de vaisseau d'une blancheur immaculée. Sean Hastings, coincé dans le corps d'un droïde dorée, entra sur scène, en compagnie d'un robot blanc et bleu fait en carton pâte, et manipulé depuis les coulisses par Monsieur Carambar du bout de sa baguette :
C3PO : Voici les heures sombres qui arrivent :
Nous avons été surpris par cette attaque agressive.
Notre vaisseau est assagi par les troupes de l'Empire
Et rien ne servira de nous enfuir.
R2, as-tu entendu ? Le réacteur principal est détruit !
Nous allons tout périr ! Quelle folie !
R2D2: Beep, beep, mep, squeak, beep, beep, beep, beep.
C3PO : Hélas ! Nous sommes tous maudits !
La Princesse ne s'échappera pas cette fois-ci.
J'ai peur que cette bataille ne soit la dernière
Pour la rébellion. Oh ! Quelle misère !
R2 ! Où es-tu passé ?
M'as-tu, à ton tour, abandonné ?
Tonks, sa longue chevelure ramenée sur ses oreilles en deux macarons imposants, apparut à son tour sur scène et se pencha sur RD2D.
R2D2 : Beep, beep.
C3PO : Te voilà enfin ! Que faisais-tu caché ?
Vite, vite ! Nous devons nous échapper !
Les troupes de choc arrivent dans notre direction.
Nous risquons tous la dislocation !
Sean Hastings avait attendu ce moment toute sa vie. Son heure de gloire. Son moment de vérité. Son instant magique. Son...
- Bon, y va ? grommelèrent deux Stormtroopers derrière lui.
- Oui, bon, ça va !
La terrible Marche Impériale résonna tandis que Dark Vador entrait sur scène.
Les deux droïdes avaient disparu et les soldats amenèrent Tonks devant le Seigneur Noir des Siths.
LEIA : Seigneur Vador, cette attaque porte bien votre nom :
Prendre d'assaut un vaisseau diplomatique, sans raison !
Le Sénat Impérial ne laissera pas ce crime impuni
Vous vous exposez à...
VADOR : Silence, Altesse ! Ne me mentez pas !
Il ne s'agit pas d'une mission diplomatique,
Ou d'un quelconque événement politique.
Nous avons intercepté des communications,
Et nous savons que vous cachez la Rébellion.
Dites-nous où sont les plans !
LEIA : Nous sommes sous la protection d'Alderaan !
Nul besoin de nous menacer,
Car je ne vois pas de quoi vous parlez.
Je suis membre du Sénat Impérial...
VADOR : Vous mentez, Altesse Royale !
Vous êtes une traître, pire une révolutionnaire !
Gardes ! Emmenez la prisonnière !
STORMTROOPER : Pardonnez-moi, Seigneur Vador,
Mais les plans ne sont plus à bord.
Une capsule de sauvetage a été lâchée
Mais aucune vie, dedans, n'a été détectée.
VADOR : Dans cette capsule, la Princesse, les plans a caché.
Je vous ordonne d'aller les chercher !
- Et alors, comment ça se passe ? demanda Swann au bout de 45 minutes de représentation.
Il portait à merveille le costume de Han Solo, jusqu'à son petit sourire un peu canaille.
- Pas mal, répondit Sean, se débattant avec sa longue cape de Dark Vador.
Sur scène, Luke Skywalker, interprété par Stephen Piccadilly, commençait son apprentissage de Jedi sous la férule de Yoda (une peluche que Monsieur Carambar maniait avec dextérité, Chourave leur ayant refusé la participation d'un elfe de maison).
Les spectateurs avaient l'air de bien se divertir, et les Nullos étaient extrêmement fiers d'eux même. Toutes ces semaines de préparation en valaient vraiment le coup.
Durant leurs performances sur scène, ils avaient vu la barbe blanche de Dumbledore au premier rang, la chevelure ébouriffée de Polly (donc, Charlie, Bony et Rose ne devaient pas se tenir loin d'elle), et Stephen avait cru apercevoir la silhouette de Rogue dans un coin.
- Hé, Vador ! s'exclama Tonks. Ça va être à ton tour !
Sean prit une profonde inspiration, pour calmer l'excitation qui faisait battre son cœur. Il remit son casque et alla confronter pour la première fois Luke Skywalker.
LUKE : Où suis-je à présent, et où sont mes amis ?
Quel destin vais-je rencontrer ici ?
Est-ce la Force qui a guidé mes pas ?
VADOR : Jeune Skywalker, la Force est avec toi.
Mais tu n'es pas un Jedi, pas encore !
Ainsi, nous nous défierons, peut être jusqu'à la mort.
Armés de leurs sabre lasers en plastique, Stephen et Sean se battirent en duel. Sean manqua de tomber plusieurs fois, s'empêtrant les pieds dans sa cape.
VADOR : Impressionnant, très impressionnant !
Obi-Wan t'a bien entrainé, et pourtant,
Tu maitrises encore mal tes émotions. Allez !
Libère ta colère pour me terrasser !
Ils continuèrent à se battre, sous les encouragements des spectateurs. Sean conçut une certaine fierté quand il entendit plusieurs de ses camarades hurler : « Allez Vador ! ».
Après une pirouette mal maitrisée, Sean réussit à trancher la main de Stephen, qui poussa un hurlement.
VADOR : Tu ne peux pas t'enfuir !
Ne m'oblige pas à te détruire.
Joins-toi à moi, je terminerai ta formation,
Et ensemble, la galaxie nous gouvernerons !
LUKE : Jamais je ne serai de votre côté !
Je préfère nettement trépasser !
VADOR : Si seulement par le Côté Obscur tu étais séduit !
Obi-Wan ne t'a jamais dit,
A ton père, ce qui était arrivé.
LUKE : Oh si, il l'a fait ! Il m'a raconté toute la vérité :
Comment vous l'avez horriblement massacré,
Sans remord et sans aucune pitié !
VADOR : Non, je suis ton père !
La Grande Salle poussa des cris de stupeur.
« Non, c'est impossible ! » hurlèrent Luke et la moitié des élèves, choqués.
Sean en aurait pleuré de bonheur (enfin, si le casque de Vador était équipé d'un système lacrymale).
Stephen parvint à lui échapper à bord du Faucon millenium à moitié délirant, et, quelques scènes plus tard, Nymphadora Tonks alla délivrer son bien-aimé Han Solo – alors congelé – des griffes de Jabba le Hutt.
Will et Tonks échangèrent un baiser, et mille poitrines se soulevèrent dans un soupir de bonheur.
Hélas, Jabba les fit tous prisonniers, prêts à être exécutés.
Sauf Léia, fraichement promue esclave personnelle de ce dernier.
Les sifflements fusèrent quand Tonks apparut dans la tenue si sexy que Carrie Fisher portait dans le film.
Les Nullos avaient longuement hésité à lui faire porter ce costume. Tonks avait grimacé en le voyant, et les avait assommés avec un super long discours sur l'hypersexualisation de la femme.
Si encore, elle avait dit tout ça dans sa robe de sorcière boutonnée jusqu'au cou... Mais elle avait débité son laïus dans la tenue bikini sexy de Léia – une vison que les garçons garderaient dans leur tête à vie.
Ainsi que l'école entière.
Jamais encore ce genre de tenue n'avait été admis dans l'enceinte même de Poudlard, ce qui provoqua un formidable tollé. Les Nullos ne surent jamais qui poussa le cri le plus outré de l'histoire entre le professeur McGonagall et le professeur Rogue.
Luke, avec beaucoup d'héroïsme, sauva une nouvelle fois ses amis, avant de s'envoler une nouvelle fois pour Dagobah, auprès d'un Maître Yoda mourant, et revoir une dernière fois la silhouette de Obi-Wan Kenobi.
Le désert de Tatouine et les marécages de Dagobah laissèrent place à la luxueuse foret d'Endor. Pour des raisons d'esthétismes, les Nullos (en accord avec Abby Swann) avaient décidé de supprimer les Ewoks du scénario. D'abord parce que les trois apprentis metteurs en scène ne les aimaient pas du tout et ensuite parce qu'ils ne savaient pas comment les faire intervenir sur scène (Chourave, les elfes et tout ça).
Pas d'Ewoks, donc, mais Tonks, Swann et Monsieur Carambar se battirent courageusement contre les Stormtroopers, tandis que Stephen, son sabre laser à la main, allait défier l'Empereur Palpatine et Dark Vador sur l'Etoile de la Mort.
Le spectacle approchait de la fin, fallait-il encore faire exploser pour la deuxième fois et de manière encore plus spectaculaire l'Etoile de la Mort.
Pour cela, les Nullos avaient fait appel à deux jeunes artificiers de talent, chaudement recommandés par Charlie Weasley.
C'était assez régulièrement que la Salle Commune des Gryffondors tremblait sous les expérimentations un peu folles de Fred et Georges Weasley.
Quoi de plus naturel que de faire exploser une base spatiale factice, aussi grosse qu'un Souafle ?
Sauf que rien ne se passa comme prévu.
Oh, pour exploser, l'étoile explosa en un magnifique feu d'artifice digne des pétards mouillés du Dr Flibuste, à la sauce Weasley. S'étaient-ils trompés sur la commande ou l'avaient-ils fait exprès ? En plus de la puissante déflagration qui ébouriffa les cheveux des spectateurs assis au premier rang, une odeur nauséabonde se propagea.
Ce qui rendit le final assez comique, lorsque Stephen assista à la crémation de Dark Vador et à son élévation dans la Force, le teint verdâtre et la limite de l'évanouissement ou du vomissement.
La musique célébrant la victoire de la rébellion retentit enfin. Une fois de plus, la Force avait triomphé du Côté Obscur.
La mission des Nullos était terminé. Ils avaient apporté la bonne parole dans la monde de la sorcellerie.
Les applaudissements retentirent longuement quand le rideau se leva pour la dernière fois sur les comédiens s'inclinant devant le parterre de spectateurs. Devant eux, Dumbledore leur adressa un sourire rayonnant et le professeur Chourave était très fière d'eux.
Quand enfin ils se retrouvèrent à l'abri des regards derrière leur rideau, Hastings, Kenway, Fey, Tonks, Swann, Piccadilly et Monsieur Carambar se tombèrent dans les bras les uns des autres, épuisés mais ravis d'un tel succès.
Pour sûr qu'on entendrait parler encore longtemps de ce spectacle de Noël !
oOo oOo oOo
ARTICLE PARU DANS LA GAZETTE DU SORCIER N°3187
EN DATE DU 31 DECEMBRE 1990
Le 21 décembre dernier, l'école de sorcellerie de Poudlard a eu la surprise d'assister à la représentation d'une œuvre connue chez les moldus, sous le nom de la Guerre des Etoiles, sous forme de spectacle.
Mis en scène et écrit par trois jeunes Poufsouffles, le spectacle a réuni une troupe d'acteurs débutants, qui ont réussi à embarquer le spectateur « dans une galaxie lointaine, très lointaine », pur une aventure mêlant aventure, humour, amour, magie et combat entre le bien et le mal.
Cette unique représentation a été un franc succès, et la Gazette tient à saluer la performance de ces apprentis sorciers !
(1) De la comédie musicale Annie, sortie en 1977.
Petit Disclaimer avant de passer à la suite: les personnages de Star Wars appartiennent à Georges Lucas. Je me suis aussi largement inspirée du travail de Ian Doesher et de sa trilogie sortie en livre reprenant l'univers de la Guerre des Etoiles à la sauce Shakespeare. Si vous avez l'occasion de mettre la main dessus, n'hésitez surtout pas, c'est vraiment... rigolo à lire!
Alors, franchement, qu'avez vous pensé de la pièce des Nullos? Je dois avouer que je me suis éclatée à l'écrire. Ca m'a fait changé d'écrire du point de vue des trois loustics! J'espère que vous avez quand même aimé ce chapitre!
D'ailleurs, je dédie ce chapitre à vous, petits geeks qui me lisez! Un million de mercis! Ainsi qu'à alea (oui oui, tu as bien lu, elle a osé offrir une peluche à Charlie Weasley!) et à Mimi70 (Il y aura plus de Tom Morrow dans les chapitres à venir...) pour vos si gentils reviens (et mille pardons si je ne vous ai pas répondu comme il fallait!).
Et puis, à ma Tartopom Eternelle, qui a pris le temps de me lire, corriger et annoter ce chapitre, alors qu'elle faisait une excursion au pays de Polly (l'Ecosse donc - chanceuse va!).
Le prochain chapitre sera en ligne le 17 juin (déjà?).
A bientôt mes Nullos!
Votre Citrouille
PS: mes excuses pour la présentation de la pièce de théâtre en elle-même, mais Fanfiction ne veut pas prendre en compte ma mise en page...
