Ndla : Après réflexion, je décide de ralentir le rythme de cette fic. Deux semaines d'attente entre deux épisodes, c'est mieux. Pour l'écriture et la correction.

Bonne lecture !


Épisode 10

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Je t'assure Sanji ! Y a quelque chose qui se trame !

Nami faisait les cent pas dans leur chambre. Paradoxalement, elle avait demandé à son amant de s'asseoir avant de tout lui dire. Mains crispées, jointes dans son dos, elle n'avait pas pris la peine d'enlever ses bottes et son manteau. Rouge à cause de la chaleur et de la surexcitation que toute cette affaire provoquait en elle, la jeune fonctionnaire avait eu autre chose en tête que se dévêtir. D'ailleurs, elle n'en avait pas laissé le temps à Sanji qui retira avec précaution son caban noir.

Je te crois ma douce mais il me semble peu probable que Tomoshibi et Kaya aient quelque chose derrière la tête.

J'ai entendu Kaya dire très clairement à Robin « J'espère que vous n'en direz rien ni à Usopp ni à qui que ce soit d'autre ! ». Tu sais ce que Robin a répondu ?

― … D'accord ?

Elle le foudroya du regard pour avoir osé glisser ce ton ironique dans sa réponse.

« De toute façon, votre projet va éclater au grand jour tôt ou tard, vous n'arriverez plus à le cacher à Usopp bien longtemps. »

Oh, ça... Sanji prit le risque de hausser les épaules avant de répliquer.

Ah, mais ça, j'étais au courant.

Ses paroles mirent hors d'elle la belle rousse.

Et voilà que je parle avec Kuroashi maintenant ! Formidable ! Dis-moi, grand manitou, qu'est-ce que Kaya cache de si important ?

Je n'en sais rien pour l'instant. C'est un grand projet dont tout le monde ignore jusqu'au but ou le suivi.

Il ajouta, constatant que l'Inspectrice venait de piler net, cette immobilité ne lui disant rien de bon.

C'était donc pour ça que tu t'intéressais à mon travail. Tu veux que j'éclaircisse cette affaire ?

Les épaules de la jeune femme s'affaissèrent et elle se laissa tomber en travers du lit, la tête sur les jambes du voleur. Elle leva les yeux et croisa les siens.

J'ai pas envie de te mettre dans une situation délicate avec Usopp mais j'aimerais... enfin tu comprends, il en a assez bavé alors...

J'ai saisi. Je ferais un tour dans sa demeure au plus tôt !

Sur les coudes, Nami se redressa légèrement, inquiète.

T'as le temps de partir avec tes amis au Québec quand même ! Profites-en à fond, tu les as si peu vu après ces deux années loin de nous tous...

A tes ordres Nami, je m'en occupe en rentrant alors.

Il eut un petit soupir de regret. Soupir qui fit hausser les sourcils de la fonctionnaire.

Dommage que tu me dises tout ceci maintenant, j'avais tant de fois songé que je pourrais te questionner après t'avoir fait l'amour, comme ça mine de rien...

Je vois que t'avais un plan pour me faire cracher le morceau, fit Nami en riant.

Elle se défit de son manteau, jeta ses bottes au loin et s'assit à califourchon sur les jambes du jeune homme, ses mains sur les épaules du voleur. Cet air mutin, Sanji le connaissait que trop bien.

Tu n'auras rien perdu à cause de ce changement de programme, fit-elle remarquer. Tu as tes éclaircissements et une partie de jambe en l'air. Du pareil au même non ?

Sans oublier la petite colère !

Cette discussion avait quand même beaucoup secoué le cambrioleur.

― Kuro ? Encore avec nous, parmi les vivants ?

Il se secoua, revenant à l'instant présent.

― Ouais, ouais... de justesse !

Ce qu'il pouvait détester les pays froids !

Kuroashi rentra sa tête au maximum dans son manteau, ses bras croisés plaqués contre son corps. Il grelottait et pourtant il avait sa combinaison chauffante ! Il n'imaginait pas l'état dans lequel il aurait été sans. Il fallait passer à l'efficacité supérieure.

― Tiens bon, Kuro, entendit-il dans l'oreillette. Ce n'est l'affaire que de quelques minutes et après, retour à la planque !

Il était bien gentil, le Usopp, de lui dire ça, mais il entendait d'ici les éclats de rire de Luffy qui devait prendre un bon café ou un chocolat chaud avec l'autre algue.

― C'est facile de dire ça ! ronchonna le voleur. Vous êtes au chaud, vous tous. Moi je me les pèle dehors, je congèle sur place !

― Si tu râles déjà pour ça, qu'est-ce que ça va être plus tard...

― Qu'est-ce que tu marmonnes ?

― Oh rien... Rien d'important.

Kuroashi avait cru entendre un ton mauvais. Il tacha de se persuader que ce n'était que le fruit de son imagination. Impossible qu'Usopp prépare un sale coup.

Quoique.

Il pâlit en voyant l'animal qui se promenait nonchalamment, les pattes s'enfonçant dans la neige. Kuroashi était bien content d'être en hauteur ! La bête grognait, soufflait bruyamment, le museau plaqué contre le sol à la recherche de nourriture, d'effluves alléchantes qui l'y amènerait. Le voleur remarqua qu'une large cicatrice barrait son œil gauche, la fourrure brune, hirsute et épaisse, qui le recouvrait n'avait pas repoussé à cet endroit.

Le coin était bourré d'immenses rochers, couverts par la neige, le cambrioleur pouvait continuer sa progression en restant hors de portée. Ce qui ne résolvait pas le gros problème qui se cachait derrière. La bête disparut en passant derrière un des rochers de son pas serein, n'ayant étonnamment pas repéré la présence de chair fraîche dans les environs.

― Par la Providence... Usopp...

― Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

― Il se passe qu'il y a un PUTAIN d'ours qui est passé juste devant moi ! DEVANT ! Tout près !

― Oui, Bravours.

― Alors qu'est-ce que t'attends pour– attends il a un prénom ?

― Il est connu dans la région. Il est vieux, fais pas attention à lui. Il ne sent et ne voit presque plus rien, les gens du village du coin le nourrisse.

― Ah puisque c'est comme ça...

― Par contre, il a encore une excellente ouïe, un bon sens de l'orientation et il court vite quand il est motivé. Met-toi en hauteur si il te repère.

― Je te hais Usopp.

Y avait-il besoin de rappeler que Kuroashi Sanji avait une peur viscérale des animaux ? Son enfance était bourrée d'anecdotes sur ce que des chèvres, oiseaux, chats, chiens, lamas, insectes lui avaient fait subir. Impossible de mettre les pieds dans un zoo sans qu'une tuile arrive.

Et là... on parlait d'un ours. Kuroashi ne se souvenait pas avoir dit au métis qu'il ne tenait plus à la vie. Il l'aimait bien quand même, sa petite vie.

Voilà POURQUOI je voulais pas mettre les pieds dans ce pays.

Kuroashi fit un bond pour atteindre un autre rocher, la neige lui arrivait aux chevilles. Pour la mobilité, ça pouvait encore aller.

Il entendit le crissement de pas dans la neige derrière lui et, instinctivement, il fit volte-face, prêt à attaquer. Il se décontracta en voyant qu'il ne s'agissait que d'un scientifique en combinaison beige. Il s'en détourna.

Usopp lui avait expliqué qu'il n'avait rien à craindre venant d'eux. Ils étaient là pour analyser le sol et la neige des environs. Bien au chaud dans leur combinaison, ils ne pouvaient rien entendre excepté le petit « bip » assourdissant de leur appareil qui les prévenaient soit qu'un être vivant s'approchait d'eux, soit qu'ils avaient trouvé ce qu'ils étaient venus chercher. Ce petit bruit était différent selon l'une ou l'autre option. Les quatre comparses ne savaient pas encore ce que venaient faire ici des scientifiques.

C'était justement pour ça qu'ils étaient là, eux.

Toujours est-il que ces gars n'avaient aucune raison de lever la tête. Avec les petites lunettes oranges qui faisait partie de ce déguisement de parfait petit chimiste, ils avaient un champ de vision très restreint qui, en réalité, se limitait à la petite lumière qui provenait des dites lunettes. Les mains accrochés à une étrange tablettes électronique rattachée à la combinaison par un épais câble pour y transmettre ces petits « bip », ils n'avaient jusque là jamais daigné s'en détourner. Kuroashi les entendait arriver de loin, néanmoins il craignait toujours qu'il s'agisse de gardes plutôt que de scientifiques.

Il devait se faire un raison, aucun homme de main ne viendrait dans les parages.

Le jeune homme prit de la hauteur, grimpant sur un rocher mesurant six bons mètres, et sortit ses jumelles pour jeter un œil à l'incroyable fourmilière qui se trouvait à six kilomètres de sa position.

Là-bas, le paysage avait complètement changé. Fini la nature, place à l'homme. Grues, boulets de démolition, c'était un chaos organisé – super paradoxe à ne jamais sortir devant Usopp soit dit en passant – qui s'était installé là-bas. Une fumée noire comme la nuit s'échappait des foreuses et des autres machines, polluant toute la terre.

Et c'était de cette manière qu'il voulait sortir le Canada de la flotte ?... Peut-être valait-il mieux qu'elle tienne compagnie à la mythique Atlantide encore quelques siècles.

Ça allait être un challenge d'entrer là-bas. Le secteur était bouclé, des hommes armés étaient postés à bonnes distances les uns des autres. Pour sûr, une souris ne pourrait pas s'y glisser.

Mais un Kuroashi ? Oh que oui !

L'œil brillant de convoitise, le jeune homme balaya son champ de vision d'un regard. Pas de risque qu'on le sache ici. Les gardes surveillaient les environs, certes, mais pas jusqu'ici. Ils s'en foutaient royalement.

Il était bien peinard en fin de compte. Cependant, dès qu'on lui interdise d'aller quelque part, c'était plus fort que lui, il fallait qu'il tente de trouver la faille. D'où les petites sorties telles que celle-ci. Jamais il n'avait vu de représentant de la faune locale jusqu'ici, à part de majestueux Harfang des neiges et quelques autres oiseaux. De loin, fort heureusement pour lui.

Le voleur se pencha pour voir l'eau juste en bas. Il n'avait jamais été aussi près des côtes auparavant, préférant d'abord s'habituer à évoluer avec aisance sur le terrain avant de s'intéresser à la mer.

― Pas bon, murmura t-il.

Kuroashi braqua un œil sceptique sur le petit brise-glace qui naviguait, avec une grande lenteur, sur l'eau calme. Son attention se porta immédiatement sur le mât jusqu'au sommet où il vit une petite plate-forme en bois sur laquelle avait été posée une imposante caisse métallique surmonté d'une parabole.

― Que se passe t-il ? s'enquit le métis.

― Attend deux secondes, je te montre.

Le temps de prendre le câble pour relier les jumelles à son portable et le tour était joué. Dès qu'il vit le petit navire, la décision d'Usopp se fit, aussi surprenante que déterminée.

― Il faut que j'aille y jeter un œil !

Kuroashi plissa les yeux, très dubitatif voir méfiant.

― Mauvais plan. Il a beau avancer avec la cadence d'une tortue, qui sait ce qui se trouve à l'intérieur ? Et si quelqu'un le garde ?

― Tu viendras avec moi si c'est nécessaire mais faut que j'y aille !

― Et si tu te rates et que tu plonges dans cette eau gelée ? Le temps que j'aille te chercher et crac ! La glace se referme et on crève.

― Les propulseurs de mon fauteuil sont opérationnels et ton Overboard est tout-terrain si je puis dire. Je suis certain que ce, ou ces navires s'ils y en a plusieurs, patrouille autour de ces côtes. Il y a forcément une raison à cela.

Kuroashi eut un long, très très long soupir. Depuis quand Usopp agissait en parfait petit effronté avec lui ? C'était intolérable. Il avait envie de lui rabattre son caquet, il choisit d'oublier cette option. Si faire sortir Usopp faisait accélérer le mouvement, il prenait.

Kuroashi Sanji allait quand même être assez anxieux en le sachant dehors, avec ces scientifiques et... ces ours. Bon un ours pour l'instant. Il descendit, préférant un rocher plus près du sol pour attendre Usopp. Les oiseaux du coin aimaient bien faire des descentes en piquée. Trop à son goût.

Dix minutes plus tard, le métis l'avait rejoint. Le bateau avait avancé de trois mètres. Son Overboard déplié en main, Kuroashi l'alluma et posa ses pieds dessus, la planche le souleva de quelques centimètres.

― T'as croisé personne ? demanda le gentilhomme.

― Quelques scientifiques. Luffy voudrait essayer d'allumer des pétards à côté d'eux pour voir s'ils n'entendent vraiment rien.

Que répondre à ce genre de proposition ? Kuroashi prit sur lui, exaspéré par cette tête de pioche. Son ami n'en pensait pas moins.

― Bon, on se retrouve à bord ! Je te préviens, si j'entends derrière moi ne serait-ce qu'un « ploc »...

― J'en suis conscient.

Kuroashi partit aussi sec, légèrement penché pour prendre de la vitesse, se dirigeant en toute hâte sur le petit navire. L'Overboard gagna en hauteur et son propriétaire bascula vers l'arrière pour le ralentir une fois au-dessus du navire. Cette manœuvre était rébarbative mais il était obligé de pousser la planche à prendre de la vitesse pour s'élever au-dessus de l'eau ou de la glace.

A peine eut-il posé un pied sur le pont qu'il entendit les bruits des propulseurs du fauteuil. Il venait de se poser juste au-dessus de lui, pile sur la plate-forme.

En entendant le « alors? » narquois, il se pinça l'arrête du nez de son index et de son pouce, expira et inspira lentement.

― Je vais faire un tour dans la cabine. Elle est petite, ça devrait pas prendre de temps. T'as pas besoin de moi je suppose ?

― Non, la caisse n'est pas fermée par une serrure ou un cadenas. C'est juste pour que l'ordinateur soit protégé du froid et de ses désagréments.

― Un ordinateur hein... Éclates-toi alors !

― J'y compte bien !

Ce fut avec un grand sourire compréhensif que Kuroashi s'engouffra dans la cabine. Avec un ordinateur entre les mains, Usopp s'amusait tout autant que le voleur lors d'un cambriolage. Il ne pouvait pas lui en vouloir longtemps en percevant autant de joie et d'excitation dans sa voix.

La cabine était vraiment petite. Bureau, casier, canapé. Le strict nécessaire pour rester ici en attendant le ravitaillement. Et tout était vide. Navrant. Il ressortit après cinq minutes de recherche désespérée. Usopp s'amusait encore là-haut. Il avait trouvé son bonheur apparemment.

Kuroashi ne l'enviait pas tant que ça. La petite dizaine de fois où il avait dû se heurter à des barrières informatiques, c'était Usopp qui s'en était chargé, de loin. Quand les manipulations étaient simples, le voleur les faisait lui-même. Il pouvait comprendre que le métis soit joyeux à l'idée de pirater, de relever les challenges que l'informatique lui proposait. C'était comparable à un cambriolage dans les règles de l'art aux yeux de Kuroashi.

Il détourna les yeux pour diriger son attention vers le littoral. Zut ! La glace qui recouvrait la mer devenait plus fragile, plus aisée à briser pour le petit navire qui accélérait de minute en minute. Il devait s'approcher de la zone occupée par les ouvriers. A ce train-là, ils allaient être trop près de la zone industrielle, avec les gardes, les machines et tout le bordel. De ce fait, on allait les voir arriver de loin.

― Je voudrais pas gâcher ta joie mais tu devrais te grouiller ! lança le voleur en surveillant l'horizon, apercevant les épaisses fumées noires au loin.

― Encore cinq minutes !

― Dans cinq minutes, le bateau serait assiégé par des hommes armés jusqu'aux dents et faudra appeler Zoro et Luffy pour pouvoir s'en sortir. Ça me fait mal au cul de dire ce genre de truc, pas que j'ai besoin de cette satané algue, cependant je vais pas me risquer à compromettre le plan pour une chose facultative !

― C'est pas aussi optionnel que tu le crois ! Pars si tu veux mais je reste ici !

Kuroashi pinça les lèvres, contrarié. Qu'est-ce qu'il faisait maintenant ? D'un côté, il en avait rien à secouer de l'importance qu'accordait Usopp à cette machine. S'il se faisait avoir par ces types et qu'on savait qu'il était ici, le Gouvernement allait être au courant, lui aussi. Et les ennuis allaient lui tomber dessus. Cela aurait des répercutions sur tous leurs plans, leur programme pour ces prochains mois, voir années si cela s'éternisait et avec une tuile comme celle-là, pour sûr, ça allait s'éterniser.

D'un côté, Sanji se révoltait. Il n'allait pas abandonner un ami, un frère. Le métis l'avait aidé alors que Kuroashi était avide de vengeance. Oui, il avait fait beaucoup pour lui, sans jamais rien demander en retour. Hors de question de le laisser là, vulnérable, entre les mains de ces hommes... et de César très certainement.

Le cambrioleur pesa rapidement le pour et le contre. Sans surprise, il se résigna dans un lourd soupir et tapa du pied.

― Deux minutes.

― C'est suffisant.

Ce satané petit génie tint l'échéance, redescendant triomphalement après avoir refermé la caisse. Ils évacuèrent le navire avant d'arriver dans la zone tant redoutée. Kuroashi se frictionna machinalement, jetant un œil vers Usopp qui trépignait sur son fauteuil, heureux d'avoir été utile.

Ce mot eut un goût acide dans la bouche de Kuroashi qui, repensant à cette période sombre que son ami avait vécu après son accident, se sentit obligé de faire un geste.

― Merci.

Argh ! Pouah ! Il avait besoin d'un bon bain dans une baignoire remplie d'or et de billets. Ou, au moins avec sa belle Nami.

Usopp ne fit aucune remarque sur cette preuve d'adoucissement chez Kuroashi. Valait mieux sinon il aurait fait une petite visite exclusive de la faune et flore sous-marine tout à fait exceptionnelle.

― Bon et maintenant ?

― Maintenant, on va devoir quitter le Québec et se diriger vers le Japon.

― Que–

― On va y revenir très vite, pas de souci ! Mais c'est bien ce que je pensais, il y a trop d'informations qui nous échappe. Impossible d'accéder aux communications sur cet immense chantier ni même au contrôle des machines. Il doit y avoir un centre de commande au cœur de cette fourmilière mais... La sécurité est sans faille apparente. Une bonne esclandre, ce serait le top mais on ne peut pas se passer de Zoro et Luffy pour le reste de l'opération.

― Je ne suis pas d'accord, je sais que je pourrais.

Usopp prit des pincettes, peu enclin à froisser la fierté du cambrioleur qui pouvait être une bombe prête à exploser quand on s'en prenait à son honneur et à sa dignité de voleur.

― Oui sans doute mais il nous faudra des semaines de surveillance pour la trouver et on a pas le temps. Il faut qu'on sache ce que César Clown projette au plus vite. On a pas le choix.

― En fait, tu voudrais qu'on recrute temporairement une personne qu'on peut mettre dans la confidence, qui n'aurait aucun problème pour taper un scandale sans que cela ait une répercussion sur sa vie... donc protégée par le Gouvernement par un bon statut social. Où est-ce que tu veux qu'on trouve une telle personne ? Et pourquoi le Jap–

Il se coupa. Usopp se recula un peu, prenant soin de ne pas glisser au bord du rocher. Il venait peut-être de créer une tornade là. Il venait de se souvenir d'un détail très important. Merde, va peut-être falloir appeler Zoro... Le regard de Kuroashi brilla d'une colère qui se contenait difficilement, les poings serrés.

― Non. Pas lui.

Trois mots qui exprimaient tout son dégoût, sa réticence. Un refus catégorique. Il allait être difficile de lui changer d'avis.

― On a pas le choix. On ne peut pas demander à Nami, Robin ou Kaya. Demander à quelqu'un d'autre, c'est beaucoup trop risqué. Lui, au moins, on sait qu'il s'en fiche pas mal de ce qu'on prépare. Tant qu'on lui rend service, il mettra le boxon pour nous. C'est dans ses habitudes, personne ne se posera de question, il est tellement capricieux !

― Justement ! T'imagines pas tout ce qu'il peut me demander, cet enfoiré. Ça va le rendre jouasse de savoir que j'ai besoin de lui. Non et non !

― Je t'en parlerais lorsque ce sera Sanji qui présidera. T'es plus raisonnable.

― Arrête de parler comme si j'étais schizo bon sang ! Si on fait cette différence, c'est pour éviter que des personnes fassent le lien.

― Il n'empêche qu'il y a une différence.

Un point. Kuroashi Sanji lui donnait raison. Usopp se propulsa sur le rocher le plus proche, décidé à reprendre la route vers leur planque. Une vieille cabane à deux étages que Zoro, Luffy et Sanji avaient retapé, la rendant chaleureuse et confortable. Installée sur un de ces grands rochers, la neige la recouvrait et les scientifiques la croyait abandonnée depuis des lustres. Ils n'y faisaient plus attention.

― Je. Ne. Veux. Pas ! martela Kuroashi en le rejoignant d'un bond. Pas ce type, c'est tout. Je ne veux rien devoir à ce petit crâneur d'aristocrate !

― C'est moi qui lui parlerait et négocierait. Tu viendras avec moi.

― Pourquoi ?

― Tu sais pourquoi.

Usopp lui lança un regard entendu et ajouta :

― Tu connais ses lubies et ses caprices... de ce fait il me faut un traducteur et il n'y a que toi qui t'y connaisse.

Pourquoi Sanji avait été aussi curieux sur ses vieilles origines ? Pourquoi il avait tenu à apprendre, faisant fi des lois ? Jamais Kuroashi n'aurait cru que cela lui serait retombé dessus de cette façon. Jamais.

― Donc grâce à... lui, on réussira ?

― Nos chances passeraient de 30 à 80%.

Ah oui. Quand même.

― Si ça peut te convaincre, je ferais ce que je peux pour qu'on empoche un peu d'argent du même coup.

Alors là d'accord ! L'amour de l'argent était commun à tous voleurs et Nami, qui le vénérait il l'avait appris à ses dépends, avait très certainement exacerbé cette facette du gentilhomme. Il aimait Nami beaucoup plus que l'argent quand même !

Imaginant l'argent, les cadeaux qu'il pourrait faire à sa douce avec, Kuroashi Sanji rendit les armes. Le froid lui donnait une excellente explication quand au rouge à ses joues. Il se racla la gorge, sa colère partie... pour le moment.

― C'est d'accord. Contacte-le.

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à suivre...


Ce sera tout pour cette fois ! On se retrouve dans deux semaines, cher lecteur.

N'oubliez pas la review avant de partir. Même un "merci", c'est déjà bien.