Les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer, et l'auteure de cette histoire est mybluesky. Je ne suis que la traductrice...
Chapitre 12
BPOV
Je n'ai qu'un seul désir, et c'est de me relaxer dans mon bain, mais aussitôt que je plonge finalement mon corps fourbu dans l'eau, on frappe à tout rompre à la porte. Je me raidis ; putain, qui cela peut-il bien être ? Je n'attends personne, et j'ai expressément dit à Rose que j'ai un rancard avec Johnny Pomme-de-douche ce soir. Pourtant, le martèlement continue, et je me retrouve hors de la baignoire, grelottant dans l'air frisquet en plus d'être de très mauvaise humeur alors que je m'enveloppe dans mon peignoir en me dirigeant rapidement vers la porte.
Je suis irritée au max, prête à me déchaîner sur Rose, mais après avoir ouvert la porte à toute volée, je me retrouve soudainement face à face avec un Edward Cullen trempé de la tête aux pieds, et glorieusement sexy.
Je suffoque sous le coup de l'ébahissement, serrant mon peignoir plus étroitement contre mon corps de manière inconsciente. « Que fais-tu ici ? » Je demande d'un ton accusateur.
Edward m'adresse un sourire enjôleur, et je trouve difficile d'avoir l'air offensé alors que je suis si proche de ce fantasme sexuel ambulant. « Je suis venu te voir, » dit-il. « Et regarde, j'ai apporté le dîner. » Il tient un contenant de fraises trempées dans le chocolat et une bouteille de champagne.
« Le dîner ? » Je persifle, essayant de continuer à simuler le désagrément, mais en réalité mes ovaires se réjouissent du spectacle devant eux. Il fait un pas à l'intérieur sans avoir été invité, dégoulinant d'eau partout sur mon plancher. Sa chemise est blanche et transparente – je le reluque ouvertement. « Tu es venu ici à la nage ? » Je m'enquiers avec sarcasme.
« À la nage, à la course – n'importe quoi pour parvenir à toi, » répond-il d'une voix onctueuse. Quand je relève un sourcil, il devient sérieux. « Il pleuvait, Bella. »
Je ne me souviens pas d'avoir vu tomber l'ombre d'une goutte de pluie, mais peu importe. Je ferme la porte derrière lui – quand je me retourne, je vois qu'il me zieute dans mon peignoir.
« Est-ce que j'ai interrompu quelque chose ? » Demande-t-il.
« Oui, je prenais un bain. »
« Eh bien, ne te gêne surtout pas pour moi. »
Non mais quel culot ! Tellement gonflé tout à coup. Et plus arrogant que jamais, bien entendu.
« Ne compte pas là-dessus, Cullen, » je lui réponds en grimaçant. Je retourne à la salle de bain en trottinant pour aller récupérer mon pyjama sagement plié sur la vanité. Je suppose qu'Edward m'attend dans le séjour, mais lorsque je m'apprête à fermer la porte, une main puissante se faufile dans l'embrasure pour la bloquer. Je sursaute, n'ayant pas réalisé qu'il me suivait. « Merde ! Qu'est-ce que tu fais ? » Je demande, atterrée.
« Je me joins à toi, » dit-il tranquillement. La porte se ferme avec un petit 'clic', et soudain je me retrouve prise au piège dans l'espace minuscule. Les yeux d'Edward sont sombres et invitants. Je me perds dedans avant de secouer la tête et reculer.
« Non, je ne crois pas. »
« Ne sois pas ridicule, Bella. Tu le veux autant que moi. » Il dit ça comme s'il annonçait les prévisions météo pour demain.
« Tu ne sais pas ce que je veux... »
Mais de toute évidence, il le sait, parce que dans la seconde qui suit, je me fais pousser contre le comptoir du lavabo, son corps dur et humide pressé sur le mien. Je n'ai nulle part où aller, non pas que j'aie envie de partir. Il a raison – je veux ceci.
« Dis-moi ce que tu veux, » murmure-t-il. Sa voix est grave, séduisante – je peux sentir la chaleur de son souffle dans mon cou alors qu'il se penche vers moi. Avec précaution, il touche mon cou du bout des doigts, écartant lentement le col de mon peignoir. Je respire plus fort lorsqu'un des côtés du vêtement glisse le long de mon épaule. Il embrasse la peau exposée, mordant doucement. Je perds le fil de mes pensées.
« Je... Je... »
« Dis-le, Bella. » Ses mains se dirigent au sud, détachant habilement le cordon de mon peignoir. En un éclair il tire violemment sur celui-ci pour l'ouvrir, et je suis exposée, complètement nue devant lui. Ses yeux me scrutent avec indolence, noirs de désir. Étonnamment, je ne suis pas embarrassée qu'il me voie comme ça. Je suis excitée, sexy, et pleine d'assurance je croise son regard avide sans sourciller.
« Tu es foutrement belle, » dit-il en m'admirant sans retenue. « Maintenant dis-moi ce que tu veux. »
J'ai le souffle coupé rien qu'à le regarder.
« Toi, » je murmure.
« Comment tu me veux ? »
Je n'ai pas honte de lui répondre, « Je te veux en moi. »
« Montre-moi, Bella. »
Je le pousse pour le faire reculer, me donnant l'espace nécessaire pour m'agenouiller devant lui. Je tâtonne fébrilement sa ceinture, j'ouvre brusquement sa braguette au risque de la déchirer, et je fais glisser son pantalon le long de ses jambes, puis de ses chevilles. Son boxer imbibé d'eau ne peut contenir l'énorme érection dissimulée à l'intérieur. D'un mouvement leste je tire son caleçon vers le bas, et son érection me saute presque au visage.
Il est dur et chaud devant moi, pourtant je ne perds pas mon temps à m'émerveiller sur sa beauté avant de le prendre dans ma bouche. Il halète, puis grogne et ferme les yeux, ses mains en poings dans mes cheveux tandis que je suce toute sa délicieuse longueur.
« Bordel, Bella, » gémit-il. « Putain que c'est bon. »
Je suis ravie de lui procurer ces sensations voluptueuses, sans compter que je suis douloureusement excitée. Avant que je ne réalise ce qui se passe, il me remet sur mes pieds, et ses lèvres capturent les miennes dans un baiser brutal et passionné. Lorsqu'il me libère, ses yeux flambent dans les miens.
« Comment tu me veux ? » Demande-t-il encore, sa voix basse et menaçante. Je gémis.
« Je te veux en moi. Maintenant. »
« Tourne-toi, » exige-t-il, et je m'empresse de lui obéir. Une fois que je suis face au miroir, il se dépêche de finir de me débarrasser du peignoir, et je suis encore plus nue qu'avant. Je le regarde attentivement dans la glace. Sa grande main saisit mon épaule, me poussant vers l'avant au-dessus de la vanité. « Penche-toi. » Sa voix est rauque je fais ce qu'il me dit, et en un seul mouvement leste il glisse à l'intérieur de moi, me remplissant complètement. C'est encore mieux que je ne l'avais imaginé, et ça me fait crier de plaisir. Il continue de me pousser vers le bas, mon corps pressé contre le comptoir du lavabo alors qu'il me domine. Jamais je n'ai connu quelque chose d'aussi foutrement sensuel. Son regard est arrogant une fois de plus quand ses yeux rencontrent les miens dans le miroir.
« Est-ce que c'est ce que tu veux ? » Interroge-t-il d'une voix enrouée. Il saisit subitement mes cheveux, me tirant vers le haut de sorte que je doive cambrer le dos – ce qui a pour résultat de le faire buter encore plus loin en moi, et dans une mer de sensations, je peux à peine voir, à peine me concentrer sur quoi que ce soit sauf sur ce que j'éprouve en ce moment.
Il ne me faut pas longtemps avant d'exploser autour de lui, tombant en morceaux et criant sans vergogne. Il est toujours en train d'aller et venir sans relâche quand nous entendons une sonnerie bruyante en provenance de ma chambre. C'est quoi ce bordel ? Il est probablement 20h. Pourquoi diable mon réveille-matin se met-il en marche maintenant ?
Le vacarme est de plus en plus fort. Edward me regarde dans le miroir. « Vas-tu aller l'arrêter ? »
Mais il ne me laisse pas bouger. Aveuglément, j'envoie ma main percuter les bouteilles qui se renversent sur la vanité jusqu'à ce que mon gros flacon de laque en métal frappe le sol avec fracas...
J'ouvre grand les yeux même si je n'avais pas réalisé qu'ils étaient fermés. Tout est sombre autour de moi ; il me faut quelques minutes pour m'ajuster avant de réaliser que je suis dans ma chambre, plus précisément dans mon lit. L'alarme de mon réveille-matin est impitoyable, ses cris remplissant l'intérieur autrement silencieux.
Je l'éteins, la poitrine haletante. Toute ma merde est allée heurter le sol, y compris ma lampe de chevet. Tout devient soudainement étrangement calme. Un mince rayon de lune se déverse à travers les voilages de ma fenêtre, mais sinon tout baigne dans l'obscurité.
Je suis à bout de souffle comme si je venais de courir un marathon... ou d'avoir une incroyable baise dans ma salle de bain. Putain de merde, est-il possible de jouir dans son sommeil ? Je n'aurais jamais pensé que ça pouvait arriver, et pourtant me voilà en train de récupérer du meilleur orgasme que j'aie eu de mémoire récente. Tout ça grâce à ce putain d'Edward Cullen qui n'était même pas dans la pièce. Je ne me suis même pas touchée... Merde, il faut que je note ça dans mon journal intime ou quelque chose. Mais je n'ai pas de journal intime !
Il semblerait que cette nuit soit le moment idéal pour en commencer un.
ooo
« Oh mon Dieu... Tu as couché avec lui ! »
Je m'étouffe avec ma salade. Ça me prend une minute pour recouvrer mon aplomb. « Quoi ? Non, » je finis par bafouiller.
Rosalie me sermonne à l'autre bout du fil. « Ne me mens pas. Je sens ce genre de merde à cent lieues à la ronde. »
« Rose, je jure sur un millier de bonnes saintes vierges que je ne me suis pas envoyée en l'air la nuit passée. » Pas techniquement.
« Alors pourquoi parles-tu avec la voix d'une fille qui a eu un orgasme y a pas longtemps ? »
« La quoi ? » Je suis confuse... et légèrement mortifiée... et extrêmement étonnée. Jésus Christ, Rose est comme Yoda ou quelque chose avec cette étrange clairvoyance nouvellement acquise.
« Ça s'entend dans ta voix ; tu sonnes comme si tu venais de baiser, » élabore-t-elle.
« Comment une personne peut-elle sonner comme si elle venait de baiser ? »
« Écoute, je peux tout simplement sentir ces choses-là – ce n'est pas un truc qui s'enseigne. Alors, tu l'as fait, oui ou non ? » Sa question est comme un reproche.
« Non ! Rose ! »
« Es-tu sûre ? »
« Oui, Rose. Je pense que je me rappellerais un truc comme ça, » je réponds, exaspérée.
« Tu me le jures ? »
« Rose ! »
« Bon, d'accord. Je vais devoir te croire sur parole, je suppose, » dit-elle à contrecœur. « Mais tu me parais drôlement louche. Alors, les gamins, qu'avez-vous fait la nuit dernière ? »
« On a seulement passé du temps ensemble. Je lui ai préparé à dîner. » Je ne donne pas de détails.
« Hmm. As-tu détruit sa cuisine tel que prévu ? »
« Euh... ouais. »
« Avant, ou après avoir baisé ? »
« Maudit, Rose- »
« Ça va, pas la peine de t'énerver. C'était seulement une blague. » Non ce n'en était pas une, je peux le dire. Qu'elle soit damnée. « Alors que s'est-il passé ? » Elle cherche à me tirer les vers du nez. Ma salade, à peine touchée, est perchée sur mon bureau, dans un coin, afin de ne pas me gêner. Comme il ne se passait pas grand-chose hier au boulot, j'ai quitté deux heures plus tôt, mais le travail s'est amoncelé pendant mon absence. En conséquence, aujourd'hui je déjeune à mon bureau pour essayer de rattraper mon retard. Rose a téléphoné quatre fois d'affilée avant que je ne capitule et décide finalement de lui répondre.
« Nous nous sommes chamaillés avec de l'eau. »
Elle semble perplexe. « Chamaillés avec de l'eau ? »
« Ouais – avec la douchette de l'évier. »
« Putain, comment en êtes-vous arrivés là ? »
« J'ai fouetté son cul avec un linge à vaisselle. »
Elle rit de façon hystérique en arrière-plan. Je me tourne vers ma paperasse avec un petit sourire, mais ça ne sert à rien – le multitâches n'a jamais été ma force.
« Eh ben merde, Bella. Tu t'arranges toujours pour pimenter la sauce, hein ? Mais qu'est-ce qu'il a fait quand il a vu la cuisine ? Tu l'as bel et bien ruinée, pas vrai ? »
Je me sens tellement friponne de parler de ces choses avec Rose, mais c'est si amusant que je ne suis pas loin de m'en ficher.
« En fait il est demeuré vachement calme, » je dis, consternée rétrospectivement. Je parle tout bas car je ne tiens pas à ce que mes collègues de travail entendent cette conversation. « Je veux dire, je voyais bien que ça le faisait tiquer, mais il ne s'est jamais mis en colère ou quoi que ce soit. » Je néglige de lui dire à quel point j'ai trouvé ça réconfortant, mais aussi très frustrant.
« Vraiment ? En bien je suis sûr qu'il a joué celui qui prend bien les choses, mais qu'en vérité il bouillait intérieurement, » dit-elle prosaïquement.
« Je suppose. »
« Le but de notre démarche, c'est de le faire chier un peu et lui faire regretter ce qu'il fait, » me rappelle-t-elle. « Donc si ça semble l'avoir embêté, ça signifie que notre plan a réussi. Est-ce que tu es partie en le laissant se débrouiller tout seul avec le ménage ? » Demande-t-elle avec impatience. J'hésite, presque effrayée de révéler la réponse.
« Disons que je l'ai, euh... un peu aidé à nettoyer. » Je parle avec une toute petite voix. J'espère qu'elle ne m'entendra pas – qu'elle aura une crise d'amnésie impromptue et oubliera toute cette maudite affaire.
Puis il y a comme une courte pause forcée, et je sais que j'ai espéré en vain.
« Que veux-tu dire par un peu aidé à nettoyer ? » Elle forme les mots avec précaution, incertaine.
Je soupire et commence à remanier les papiers dans une tentative futile de me distraire et, sait-on jamais, bloquer mentalement une partie de ses répliques.
« Tu sais ce que je veux dire, » je réponds avec réticence.
Je l'entends souffler bruyamment avant de s'emporter. « Bordel de merde, pourquoi as-tu fait ça ? »
« Je ne sais pas. »
« Tu ne sais pas ? »
« Non, Rose. Je. Ne. Sais. Pas. »
« Garde cette attitude pour toi, Bella. Tu te montres seulement irritée parce que tu as été stupide la nuit dernière. » Son humeur a fait un tour à 180 degrés, ce qui ne me surprend pas. Et je ne lui ai pas encore parlé de nos petites cabrioles sur le sofa... Quelque chose que je suis à présent certaine de ne jamais, au grand jamais, lui avouer, pas même sur mon lit de mort.
« Au cas où tu l'aurais oublié, Rose, j'ai des objectifs ici. Tel que d'obtenir qu'il m'accompagne au mariage. Je n'essaye pas de le faire fuir à toutes jambes. » Ma voix est un murmure étouffé parce que je me dois de dissimuler cette conversation aux collègues qui passent à côté de moi. Ils n'ont pas besoin de savoir que j'ai une vie un peu tordue.
« Il ne va pas s'enfuir en courant. Il essaye de gagner un pari, » me rappelle-t-elle encore.
« Nous ne connaissons même pas l'enjeux du pari. Si c'est de l'argent ou un truc débile, il pourrait juste dire 'oh, et puis merde' et passer à autre chose. »
« Aux dires d'Em, il est très friqué. Tu penses vraiment qu'il s'agit d'argent ? »
« Je ne sais pas. Je n'en ai aucune idée. »
« Pourquoi quelqu'un de bien nanti ferait-il un pari immoral pour de l'argent ? Ça n'a aucun sens, » poursuit-elle.
« À moins que cet individu ne soit immoral, » je réplique.
« Crois-tu que ce soit le cas ? »
« Non. Je ne sais pas. Peut-être un peu... »
« Emmett ne pense pas que ce soit pour de l'argent. »
« Si Emmett est si bien informé, quelle est son opinion au sujet du pari ? » Je demande sarcastiquement. Mon attitude ne décourage pas Rose.
« Il ne sait pas. Il est tout aussi perplexe que nous. »
« Eh bien, merci pour rien. »
« Tu sais, ça n'aurait pas été plus difficile pour Jacob de les suivre dans le couloir, » réfléchit-elle.
« Je sais ! Sérieusement, c'est quoi son foutu problème ? »
« Ah, les hommes, » grogne-t-elle.
Je suis bien d'accord.
« De toute façon, quelle merde essaye-t-on de se faire croire ? » Je questionne, exaspérée. « Ce n'est pas comme si Emmett était le putain d'omniscient Confucius. L'enjeu pourrait être un truc aussi stupide que de l'argent. »
Rose éclate de rire bruyamment et s'éclaircit la gorge en vitesse. « Désolée, j'imaginais Em en Confucius, » admet-elle. « C'était plutôt hilarant. »
Je pouffe de rire aussi malgré moi. « Ouais, sûrement. »
Rose lance d'une voix très sérieuse, « Emmett a dit 'Que dois-tu faire si ta petite amie commence à fumer ? Ralentis la cadence et utilise un bon lubrifiant.' »
Je me retiens à peine de hurler de rire, attirant l'attention de plusieurs personnes qui se retournent et me regardent. Merde, je ne peux pas parler de ça ici, même si c'est l'heure de la pause-déjeuner.
Rose rit toujours à l'autre bout du fil, s'apprêtant à m'envoyer une autre blague. « Emmett a dit... »
« Non, Rose ! » Je m'exclame en rigolant. « Je suis encore au boulot. »
« Tu travailles sur ton heure de pause ? Pourquoi ? »
« J'ai du retard à rattraper, alors je mange ici. »
« Oh, » répond-elle simplement. Elle poursuit. « Alors à part nettoyer, qu'avez-vous fait hier soir ? »
« Rien, » je dis innocemment. Je suppose que mon ton est trop innocent, parce qu'elle n'y croit pas une seconde.
« Dis-moi. Maintenant. » Foutue merde.
« Rose, je suis au travail, » je chuchote instamment.
Je l'entends respirer plus fort. « Tu as couché avec lui ! »
« Non ! »
« Quoi, alors ? »
« Ce n'était rien, vraiment. Je te raconterai plus tard. »
« Pas de ça avec moi, Bella. Si ce n'était rien, tu peux me le dire maintenant. »
« En fait il faut que j'y aille... »
« Nah. Vide ton sac. Tout de suite. » Tellement exigeante !
« Ce n'était rien ! »
« Bella... » Son ton est une mise en garde.
« Okay, je ne peux pas en parler ici. Je dois y aller. Je te raconterai ça plus tard. Au revoir. » Je raccroche sans lui donner le temps de répondre. Je m'assure que mon téléphone est en mode vibreur et je le range dans mon tiroir. Quelques minutes plus tard, je me fais honte en le ressortant pour vérifier si j'ai manqué des messages. Aucun.
Pourquoi suis-je si avide d'avoir de ses nouvelles ? Je n'arrête pas de me dire que c'est parce que je m'ennuie, mais de toute évidence ce n'est pas vrai – je me défonce à l'ouvrage en ce moment. Même s'il appelait, je doute fort que j'aurais le temps de bavarder avec lui.
Peut-être que c'est l'orgasme fulgurant que j'ai eu en rêvant qu'il me prenait sauvagement – ouais, ça semble plus raisonnable. Cet orgasme était plus intense que tout ce que j'ai jamais connu dans la vie réelle, ce qui est un peu attristant. Et effrayant aussi. Me languir d'Edward à cause d'un orgasme stupéfiant dans mon sommeil est une très, très mauvaise chose.
Avec un soupir résigné, je ferme mon téléphone, éliminant toute tentation. Il faut que je redescende du nuage sur lequel je flotte depuis cet orgasme avant de le voir ou lui parler à nouveau. À contrecœur, j'enfouis mon cellulaire au fond de mon sac à main, où il demeure bien sagement pendant le reste de la journée.
EPOV
Après que Bella soit retournée chez elle la nuit dernière, je me suis branlé. Deux fois. Et encore ce matin.
Jésus Christ.
J'ai un peu laissé déraper les choses hier. Je peux l'admettre ; je m'étais promis que nous n'allions rien faire, mais la logique a tendance à voler par la fenêtre quand une fille comme Bella lèche mes lèvres et gémit dans ma bouche. Si elle ne m'avait pas arrêté, je l'aurais probablement prise juste là sur le canapé. Ma bite se morfondait de désir ; ça aurait été facile. Le pari serait chose du passé – la vie reprendrait son cours normal, essentiellement. En fait, les choses iraient probablement encore mieux.
Mais elle m'a arrêté.
Quand je reviens de ma seconde réunion, mon assistante me délivre un message. « Vous avez eu un appel pendant que vous étiez parti, M. Cullen. De la part de M. James Smith. Il a dit que c'était urgent, et de le rappeler dès que possible. » Elle me donne son numéro.
C'est quoi ces conneries ?
« Merci, Jane. » Elle acquiesce et disparaît.
Putain, que peut-il bien me vouloir ? Selon toute probabilité, il veut vérifier, déterminer si j'ai progressé – voir si j'ai déjà abandonné. Je secoue la tête et ignore le message – je doute que ce qu'il veut me dire soit urgent. Je ne suis simplement pas d'humeur à lui parler en ce moment.
Mais quelques minutes plus tard, Jane communique avec moi par l'interphone.
« Oui, Jane ? »
« M. Cullen, j'ai encore James Smith au téléphone. Est-ce que je vous transfère l'appel ? »
Je soupire. « Allez-y. » Aussi bien en finir avec ça tout de suite. Je réponds en vitesse. « Edward Cullen. » Mon ton est concis et railleur, comme c'est souvent le cas quand je suis contrarié.
« Hé, mon pote, quoi de neuf ? » Demande-t-il de manière désinvolte.
« Je travaille, James. Qu'est-ce que tu veux ? »
Mon ton semble le déconcerter. « Content d'avoir de tes nouvelles aussi. »
« James... »
« Alors dois-je conclure que les choses ne vont pas bien ? » Demande-t-il en suggérant la réponse. Je gémis intérieurement je n'ai vraiment pas envie de l'entendre jubiler. Je n'ai pas du tout envie de discuter au sujet de Bella avec lui.
« Les choses vont très bien. »
« Eh bien ça fait presque une semaine, mec. Il ne t'en reste plus que deux. Sinon... »
« Je sais, James. Il faut que je travaille, là. J'apprécierais que tu perdes ce numéro – j'ai un téléphone cellulaire. »
« Je sais, mais tu n'y répondais pas, » est tout ce qu'il trouve à répliquer.
« Il y a une raison pour ça. Je. Travaille. »
« Bon sang, mon vieux, n'es-tu pas le patron ? Tu peux faire ce que tu veux. »
Pourquoi, putain de merde, est-ce que tout le monde pense que je peux diriger une compagnie en restant assis à me tourner les pouces toute la journée ? Pour l'amour du Christ...
« Au revoir, James, » je dis sèchement.
« Bon, d'accord, » fléchit-il. « Tiens-moi au courant, mec. »
Je raccroche sans lui répondre. James a toujours été fâcheusement persistant – qu'est-ce qui lui prend de m'appeler au bureau pour me parler de ça ? Ça aurait pu attendre à ce soir.
J'ai eu envie d'appeler Emmett toute la matinée. J'ai tellement hâte de me défouler sur ce couillon. Je l'ai appelé la nuit dernière, mais comme il fallait s'y attendre, il n'a pas répondu. Directement à sa messagerie vocale les deux fois – je ne me suis même pas donné la peine de laisser un message. Plus que tout, je suis impatient d'entendre ses excuses.
Vers midi, j'ai enfin une occasion de lui donner un coup de fil.
« Banque de sperme de Burbank. La branlette est à vous. La récolte est à nous, » répond-il joyeusement. C'est quoi ce délire ? Je ne suis pas surpris, étant donné que les salutations bizarres et lancées à tout hasard d'Emmett ne sont pas rares.
« Ça t'ennuierait de me dire ce qui t'est passé par la tête hier ? » Je m'emporte immédiatement dans le combiné. Il y a une courte pause à l'autre bout de la ligne.
« Puis-je demander à quoi tu fais allusion ? » Finit-il par dire.
« Tu sais à quoi je fais allusion, Em. Il n'y a que toi pour donner les clés de ma maison et le code d'accès à Bella sans d'abord me demander la permission. »
« Qui, moi ? » Il joue les idiots pour gagner du temps.
« Qu'est-ce qui t'a traversé la putain de cervelle ? » Je répète.
Il retrouve son sérieux, poussant un énorme soupir. « Je ne sais pas, mec. Elle a dit qu'elle voulait te faire une surprise. »
« Ça fait moins d'une semaine que je la connais, » je lui rafraîchis la mémoire.
« Eh bien... Elle est amie avec Rose, » dit-il en toute simplicité. Comme si être amie avec Rose était une garantie que rien ne pouvait aller de travers.
« Laquelle tu ne connaissais pas non plus il y a une semaine. »
« N'as-tu pas apprécié rentrer chez toi et te retrouver en présence d'une belle femme et d'un bon repas maison ? » Demande-t-il d'un ton mesquin. On dirait qu'il est impatient.
« Elle a démoli ma cuisine à elle seule, » j'explique, excédé. « Elle a même réorganisé ma foutue collection de CD. »
« Oh, quel péché ! » Marmonne-t-il avec sarcasme. Avant que je ne puisse commenter, il ajoute, « Tu sais, je pense que Bella est bonne pour toi. »
Je suis confus. « Que veux-tu dire ? »
« C'est évident qu'elle t'affecte – et de plusieurs façons, je pense – et pourtant tu continues à la voir. »
« Ça, tu ne le sais pas. »
« Alors tu ne vas pas la revoir ? »
« Je... oui. » Pour le moment, du moins. Je n'ai pas été en mesure de réfléchir la nuit dernière, après mes deux séances d'auto-gratification.
« Tu vois, » dit-il avec suffisance. « Quoi qu'il en soit, mec, je dois y aller. Je n'ai toujours pas pris ma pause-déjeuner – c'est une journée de fous aujourd'hui. »
« Eh bien tu n'es pas pardonné, » je lui réponds, maussade.
« Je ne t'ai jamais présenté mes excuses. »
« Exactement. »
« Paix, mon frère. »
Je quitte le travail un peu tard, juste après 18h. Je n'ai pas eu de nouvelles de Bella de toute la journée et, bien que je ne sois pas étonné, je suis étrangement déçu. Même un échange de brefs messages railleurs aurait fait passer le temps de manière plus agréable. Quoique j'aurais pu initier cet échange... mais je ne l'ai pas fait. Pourquoi ne l'ai-je pas fait ?
Je réalise que je ne peux pas répondre à cette question. Il y a une part de moi qui pense que j'aurais dû la contacter aujourd'hui, tandis qu'une autre part considère qu'il est plus sûr de garder mes distances afin de pouvoir réfléchir. En toute équité, je décide d'agir en accord avec cette dernière. Je ne l'appelle même pas au cours du trajet de retour chez moi. Je ne prévois pas l'appeler du tout.
Et là mon téléphone sonne, et pendant un bref instant j'espère que ce soit Bella. Puis je me sens stupide ; le nom de Lauren apparaît sur l'ID de l'appelant. C'est une des très rares filles avec qui je couche régulièrement – nous sommes amis, en quelque sorte, mais plus du genre connaissances qui baisent ensemble de temps en temps. Mais elle tient autant que moi à ce que ce soit comme ça – elle considère l'engagement avec autant de mépris et de dédain que moi. Je soupire bruyamment et je réponds.
« Allô ? »
« Hé, Edward, » dit-elle paisiblement dans le téléphone. « Tu viens de finir de travailler ? »
« Euh, ouais. »
« Tu veux venir chez moi ce soir ? »
S'il y a une chose que j'aime chez Lauren, c'est qu'avec elle on a toujours l'heure juste. Elle va droit au but sans tergiverser. Et pourtant ce soir j'hésite. Mais pourquoi ? Lauren n'est pas compliquée – il n'y a pas de questions, pas de manipulations psychologiques. Pas de maux de têtes pour trouver un moyen de la laisser tomber ou l'éviter carrément. Et bon Dieu, avec toute la tension sexuelle occasionnée par Bella, une partie de jambes en l'air serait certainement la bienvenue...
Et à ce moment là il y a un déclic dans ma conscience. Bella. Est-elle la raison pour laquelle je me sens soudainement coupable de vouloir baiser ? De vouloir faire quelque chose que je fais toujours ?
C'est une sensation étrangère. Je m'en préoccupe à peine, et j'imagine qu'il n'y a qu'une façon de m'en débarrasser : par la conquête.
« Bien sûr, Lauren, » je m'empresse de répondre, désireux de dissiper le doute. « Je vais juste arrêter chez moi quelques minutes, et j'arrive. »
Elle ne se donne pas la peine de s'inviter chez moi. Je n'aime pas ramener des filles à la maison, une règle dont elle est au courant – nous en avons déjà discuté à maintes reprises.
Elle ronronne quasiment dans le téléphone. « D'accord, Edward. Ne me fais pas attendre longtemps. » Elle raccroche.
Je me sens nerveux et je ne sais pas pourquoi. Ça ne m'est jamais arrivé avant. Puis je tourne dans mon allée et j'aperçois... une voiture ? Encore ? Un nœud se forme dans mon estomac, un million de pensées à la fois se bousculant dans ma tête tandis que je me prépare à revoir Bella.
Il s'écoule beaucoup plus de temps qu'il ne le devrait avant que je ne me rende compte que ce n'est pas la Prius bleue de Bella qui est garée là, mais bien plutôt une Porsche jaune. Ceci sans compter qu'il y a une silhouette petite et filiforme perchée sur le capot, me souriant de toutes ses dents alors que je m'engage dans l'allée. Mon choc se dissout immédiatement pour être remplacé par une agréable surprise.
« Alice ? » Je me glisse hors de mon véhicule, incapable de contenir mon sourire tandis qu'elle saute en bas du capot de sa Porsche pour m'accueillir. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
