Disclaimer : Les personnages de "Call of Duty : Infinite Warfare" appartiennent à Infinity Ward et Activision et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. Je ne retire aucun profit de l'histoire qui suit.
Rating : T
Genre : Drama / Tragedy / Family
Personnages : Nora Salter ; Nick Reyes ; OC : Farah Salter
Situation temporelle : Démarre quelques années avant la première scène du jeu.
Dates d'écriture : 10/2016 - ?
Beta lecture : Electre1964
Parution : En 2019, toutes les 3 semaines
Nombre de chapitres écrits : 21 + 3000 mots en vrac
Bonjouuuur !
Je suis désolée, je devais poster hier et... bah, life happened !
Quant à ce chapitre, je vous annonce que nous rentrons officiellement dans le script du jeu. Ceux qui s'ennuyaient... je pense que vous allez vite regretter le calme. Ou pas XD.
Je vous laisse avec ce chapitre.
Je ne le dis pas assez souvent, mais merci pour vos reviews, vos mises en favoris, en follow. C'est toujours une joie pour moi de voir un nouveau mail d'alerte du site (quand ça fonctionne, bien entendu -_-) .
Notes :
- La plupart d'entre nous ont déjà entendu parler du DEFCON, dans des films, des séries, et on voit à peu près ce que ça signifie. Je vous mets tout de même une petite définition. À la base, il concerne les USA. Ici je le rattache à l'UNSA, parce que ej ne peux pas avoir un code d'alerte différent par pays.
DEFCON : contraction de DEFense readiness CONdition (littéralement « état de préparation de la défense ») est le niveau d'alerte (ou de préparation) des forces armées. Ce système définit cinq niveaux graduels, allant de DEFCON 5 (niveau le plus bas) à DEFCON 1 (niveau le plus élevé), correspondant à différentes situations militaires. Il n'y a pas un statut DEFCON unique en un temps donné, car les différentes branches de l'armée américaine peuvent être à des niveaux de DEFCON différents au même moment (en l'occurrence, pour cette fiction, des bâtiments différents pourront se trouver à des niveaux différents).
- Parce que ça fait beaucoup de noms à retenir, voici les SCARs du Retribution :
1-1 : Nick "Raider" Reyes
2-1 : James "Iceberg" Evans ; 2-2 : Nora "Fever" Salter
3-1 : Antony "Sid" Black ; 3-2 : Virgil "Peps" Potts
4-1 : Greg "Clik" Kael ; 4-2 : Jamie "Uncle" Adler
5-1 : Simon "Mac" McMurray ; 5-2 : Terry "Bill" Clinton
6-1 : Pete "Maverick" Mitchell ; 6-2 : Frank "Brock" Rumlow
7-1 : Thomas "Lucky" River ; 7-2 : John "Angel" Smith
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Julindy, Saber 1-1, merci pour la review !
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Bonne lecture !
CHAPITRE 11
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Les entraînements devinrent quotidiens. Ils recrutèrent et formèrent plus de mécaniciens. Dans les académies, les professeurs devinrent plus exigeants, et on autorisa les meilleurs à sauter une classe, à condition qu'ils passent l'examen de fin d'année du programme qu'ils n'allaient pas étudier.
L'état-major pensait avoir trois ou quatre années devant lui – mobiliser des vaisseaux en grand nombre et former le personnel pour les faire fonctionner demandait au moins huit, voire neuf ans. Mais le SetDef avait de l'avance sur la SATO. Beaucoup d'avance.
« À tous les postes, » grésilla la voix d'Alder dans les hauts parleurs du vaisseau. « Notre vaisseau vient de passer en DEFCON4. Passerelle, réparez-vous pour un saut en direction de Jupiter dans trente minutes. Briefing des chefs d'unité dans dix minutes. Briefing des S.C.A.R.s en salle principale dans quarante minutes. Briefing du reste des unités à sept heures dans leurs salles de réunions dédiées. »
Salter, comme le reste de ses équipiers – et du vaisseau, sans aucun doute – sursauta et se leva d'un bond. Elle jeta un œil au réveil en se déshabillant. Trois heures trente quatre. Elle ferma les yeux.
On y est... fut la seule chose à laquelle elle put penser.
Elle se jeta dans la douche et s'habilla. Elle arriva à la salle de réunion avec huit minutes d'avance. Elle était la première. Alder et Reyes discutaient dans l'encadrement de la porte. Elle effectua un salut militaire rapide et le commandant du vaisseau la salua d'un signe de tête sec avant de s'en aller. Les deux S.C.A.R.s se retrouvèrent seuls. La brune s'approcha.
Elle n'aima pas l'inquiétude latente dans le regard de son supérieur.
« Comment va ton genou ? » demanda le Lieutenant.
« Très bien. Je peux... »
« Le doc a dit une semaine sans entraînement ou mission pour ta jambe, et tu vas respecter ce délai, » répliqua-t-il d'un ton sans appel et elle se renfrogna.
« Reyes, c... »
« Tu le sauras dans quelques minutes, en même temps que tous les autres » coupa-t-il.
« Je n'allais pas te le demander, » rétorqua-t-elle. « Je voulais juste savoir comment tu allais. »
Il la regarda et sourit doucement, mais son regard resta inquiet.
« J'en sais rien, » avoua-t-il en rentrant dans la salle.
Elle le rattrapa et posa une main sur son bras pour l'arrêter.
« On est tous dans la même merde, Reyes. Oui, c'est toi qui diriges. Mais on est une famille. Aie confiance en nous pour encaisser les coups durs. Ne garde pas tout pour toi Okay ? » déclara-t-elle doucement. « La guerre est presque là. Ce n'est plus le moment de jouer au chef solitaire. »
Il ne s'étonna même pas qu'elle sache que le SetDef avait commencé à bouger. Les autres devaient le savoir aussi d'ailleurs. Il posa sa main par-dessus celle de la brune et pressa ses doigts doucement. Il hésita. Une fois encore, il voulut lui proposer le poste de 1-2. Mais elle formait une bonne équipe avec Evans. Une remarquable équipe, même. Elle vit son incertitude et l'encouragea à parler du regard.
Ils entendirent le reste de l'équipe approcher alors elle recula, un peu frustrée, et s'assit à sa place habituelle. Elle se releva pour saluer les autres. L'air était lourd. Black ne rigolait pas, Rumlow faisait la gueule mais ne paraissait pas... hostile, James la salua en pressant affectueusement son épaule, comme s'ils étaient amis – ce qu'ils n'étaient toujours pas, malgré les mois qu'ils avaient passés à s'entraîner ensemble.
Une fois tout le monde assis, Reyes les regarda et se lança.
« Je viens d'apprendre que nous avons un labo de recherche et un site de production d'armes sur Europe, » déclara-t-il. « Nos agences de renseignements, qui savaient que le SetDef les recherchait activement depuis plusieurs semaines, ont appris qu'ils les auraient trouvés. En tout cas, ils savent que ce qu'ils cherchent est sur une lune de Jupiter. Nos experts pensent qu'il s'agit d'une partie d'une opération qui répond au nom de code : RIAH et qu'ils veulent voler un prototype d'arme. Ceux qui ont demandé la construction de cette base veulent que les S.C.A.R.s récupèrent le prototype et crament le site avant que le SetDef s'en empare, » finit-il.
Les autres hochèrent la tête.
« Quelle est la difficulté ? » demanda Evans
« C'est que le SetDef surveille Jupiter. Je ne sais pas comment, mais l'Amiral en est certain. Nous allons devoir opérer en équipe réduite pour ne pas être repérés. Trois personnes descendront. »
Un concert de protestation s'éleva, que le Lieutenant fit taire d'un geste de la main.
« Pas de discussion. Vous pensez vraiment que je n'ai pas conscience que je vais séparer une équipe ? » gronda-t-il et les autres se turent immédiatement. « Ça ne me fait pas plus plaisir qu'à vous. Maintenant, j'ai besoin de trois volontaires. »
Black et son coéquipier se regardèrent.
« Potts et moi, » déclara-t-il.
« Et moi, » ajouta James. « Salter est blessée et on ne va pas séparer une équipe opérationnelle au cas où on en ait besoin ailleurs. »
La brune serra les dents. Elle aurait voulu virer tout le monde et sommer son coéquipier de retirer sa proposition, mais elle ne pouvait pas. Elle avait respecté son deal, et leur relation était resté strictement professionnelle... de son côté à lui. Parce que pour elle, il était son coéquipier, et elle l'aimait comme tel. Elle avait mal de voir les autres paires être proches et complices et ne pas être dans le même cas, mais elle s'estimait chanceuse qu'il n'ait pas décidé de se séparer d'elle et d'opérer en solo au bout d'un certain temps.
« Autre difficulté, » continua Reyes, « le Ret' ne pourra pas rester. Le plan est le suivant. Vous embarquerez dans un raven, que le Ret' déposera en orbite géostationnaire au-dessus de l'Europe avant de se replier dans les anneaux de Saturne. Ensuite vous effectuez l'opération, le raven vous récupère et vous filez en direction de Mars, au cas où vous soyez suivis. C'est seulement lorsque nous serons sûrs que personne ne vous file le train que le Ret' vous récupérera. Des questions ? »
« Probabilités de réussir la mission ? » demanda Black.
Le silence qui tomba surprit et inquiéta tous les soldats.
« Soixante-cinq pour cent, » répondit finalement le Lieutenant.
« Fantastique, Reyes, » grinça Rumlow, « Si t'en as marre de certains d'entre nous, demande une réaffectation, ne nous envoie pas dans des missions suicides !
Reyes le regarda, le regard flamboyant de colère contenue, mais finit par se calmer, alors que Potts se frottait le visage de ses mains.
Il y eut encore un moment de flottement, auquel Reyes décida de mettre fin.
« S.C.A.R. 2 et 3, allez vous préparer, » ordonna Reyes. « Je vous veux dans le raven avant le saut. Rompez. »
Une lueur de douleur passa dans le regard de Salter. S.C.A.R. 2, c'était elle, et pourtant elle ne participerait pas. Le Lieutenant se rendit compte de sa bévue et lui lança un rapide regard d'excuse, auquel elle répondit en levant les yeux au ciel. Elle n'était pas en sucre.
Elle laissa les autres partir devant.
« Je vais avec eux, je copiloterai le raven, » lâcha la brune une fois qu'elle fut seule avec son supérieur.
« Salter... »
« S'il te plait Reyes, ça ne me demandera aucun effort, » le coupa-t-elle.
« S'il y a du grabuge, tu devras solliciter ta jambe. »
« Ma semaine de repos se termine demain. Tu sais pertinemment que quelques heures ne feront pas de différence. » répliqua-t-elle en se rapprochant de lui.
Il secoua la tête.
« Comme tu veux. Je n'ai pas la force de me battre contre toi, là, » soupira-t-il en se détournant.
Elle posa une main sur son bras et attendit.
« Raines pense qu'ils planifient une attaque de grande envergure. Qu'ils veulent frapper les esprits. Fort. » avoua le brun.
Salter secoua la tête.
« Comme tous les méchants, Reyes, » rappela-t-elle avec un sourire. « On finit toujours par gagner pourtant, » rappela-t-elle. « Ne t'inquiète pas de ce qui pourrait arriver. Pense à la mission, ce sera amplement suffisant. »
Elle serra doucement le bras sous sa main avant de partir se préparer.
Salter était dans la cabine arrière du raven avec Black, Potts et James. Les deux premiers discutaient tranquillement tandis que James regardait à l'extérieur alors qu'ils se rapprochaient du satellite glacé de Jupiter.
« Tu viendras la prochaine fois, arrête de t'en faire gamine, » lâcha finalement James dans un soupir, sachant que sa coéquipière ne le lâchait pas des yeux. Elle ne dit rien, se contentant de retourner au poste de pilotage.
« Une minute, » déclara-t-elle un moment plus tard. « Préparez-vous. J'ai envoyé les coordonnées dans vos ordinateurs de bord. »
« Reçu, » déclara Black.
...
« Trente secondes. Vérifiez vos combinaisons, » déclara le pilote du raven.
« Dix secondes, » lâcha Salter.
« La porte ! » ordonna James.
« Vous avez le feu vert. Fair Wind ! » s'exclama Salter.
« Fair Wind ! » répondirent les autres en cœur avant de sauter.
Les gars étant sous couverture, et leurs communications étant potentiellement écoutées par le SetDef, Adler avait décidé qu'ils auraient des noms de code spécifiques. James n'était plus Iceberg mais Wolf, Black non plus Poney mais Tee, et Potts était devenu Sipes. Le raven était Reaper et le Ret' était Warlord.
La porte latérale du raven se referma et Salter et le pilote plongèrent dans les nuages pour éviter de se faire repérer.
« Warlord, ici Reaper, troupes larguées. En attente. »
« Reçu Reaper, » répondit la voix de Reyes. « Coupez les communications longue portée pour ne pas vous faire repérer. Nouveau contact dans deux heures. »
« Reçu. Reaper terminé. »
« Reaper, ici Wolf. On a les deux pieds sur le sol. On est à trois cents mètres au sud de notre objectif. On avance. »
« Reçu Wolf. »
« On vous recontacte quand on est au point d'entrée. Wolf terminé. »
L'attente commença.
Une dizaine minutes plus tard, la radio se mit à grésiller, avant que deux coups de feu soient tirés. La brune se crispa, s'empêchant de contacter les gars. Elle risquait de les mettre plus en danger qu'autre chose.
« Reaper, ici Sipes. On est au-dessus du point d'entrée. Le SetDef est déjà sur place, on ne sait pas si c'était deux éclaireurs ou des gardes, » souffla Potts.
« Ici Reaper, je transmets à Warlord. »
« On va avoir besoin des détecteurs du raven. Vous pouvez nous couvrir ? » demanda James.
« Pour le moment oui, mais plus vous serez en profondeur, moins la caméra thermique sera fiable, » rappela le pilote.
« Pas grave. On prend ce qu'on a. Wolf terminé. »
« Warlord, ici Reaper. Le SetDef est bien sur place. »
« Fait chier, » marmonna Alder. « Warlord, bien reçu. Restez discrets. »
« Reçu. Reaper terminé. »
Salter se plaça devant le moniteur de la caméra thermique et avertit les hommes en bas de chaque mouvement.
« Wolf, Deux signatures thermiques droit devant vous, à trente mètres. »
...
« Une signature, à deux heures, vingt cinq mètres. Attention, une seconde vient d'apparaître derrière vous. »
...
« Trois signatures... non, quatre. À dix heures. Douze mètres. »
...
« Wolf, on ne capte plus vos signatures thermiques, faites attention, vous êtes seuls. »
...
« Wolf, Un vaisseau de combat du SetDef vient de sauter. Multiples aéronefs en direction de la surface. Dépêchez-vous. »
« Wolf, bien reçu, on fait au plus vite. »
.
« Reaper, on est à l'entrée de la base. Ils ont abattu tout le monde, » souffla James et Salter sentit à sa voix qu'il était déstabilisé par tant de violence gratuite.
« Le SetDef ne fait pas de prisonnier, » souffla-t-elle, écœurée. « Faites gaffe à vos culs les gars. »
« Oui maman, » souffla Black. « Tee, terminé. »
.
« Reaper, on progresse, direction armurerie. »
« Reçu. Le SetDef est presque sur vous. »
« On est au max. Peut pas aller plus vite sans nous mettre en danger. Wolf terminé. »
.
« Reaper, ici Warlord. »
« Reaper, j'écoute. »
« Nous devons récupérer le colis. L'opération RIAH ne doit PAS réussir. Une fois l'arme sécurisée, nous enclencherons l'autodestruction de la base, » déclara Alder, tendu.
« Ils font au plus vite, » assura Salter.
« S'ils ne sortent pas assez vite... nous enclencherons également l'autodestruction, » ajouta le commandant.
« ... Reçu, » souffla-t-elle après une hésitation.
« Warlord terminé. »
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Salter et le pilote se regardèrent. Elle décida de ne pas transmettre l'information aux mecs à la surface. Ça leur mettrait la pression et ils n'avaient pas besoin de savoir ça pour se dépêcher. Le pilote sembla de son avis vu son sourire amer.
Les minutes recommencèrent à s'égrener à la lenteur d'un escargot en marche arrière.
« On est sur place. Le terminal est dans la pièce d'à côté. »
...
« On est à l'intérieur de l'armurerie. On commence à sécuriser l'arme. Attendez notre signal pour vous rapprocher, Reaper, » demanda James.
« Reçu Wolf. »
...
« Ennemis ! » cria soudain Black.
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Les minutes qui suivirent ne furent qu'échanges de tirs et cris de rage ou de douleur.
« Sipes ! Enclenche l'arme maintenant ! » hurla soudain James.
Salter écarquilla les yeux. Quelle force ennemie nécessitait qu'on utilise une arme de dernière génération faite pour détruire des véhicules... ou des gros robots. Elle grimaça et tendait la main vers la radio longue portée au moment où celle-ci grésilla.
« Reaper ici Warlord. »
« Ici Reaper. J'écoute. »
« Que se passe-t-il, nos instruments ont détecté le signal thermique d'une explosion mais les bâtiments sont toujours intacts. »
« Les gars ont dû utiliser le proto... stand-by ! » demanda-t-elle soudain en enclenchant la radio des gars pour que le Retribution entende tout.
« Tee, NON ! Attention ! Décompression ! Accrochez-v... »
Puis plus rien.
Le Ret' ne tenta pas de continuer la conversation. Le silence devint insupportable.
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Sur le vaisseau Amiral, Reyes faisait les cent pas. Trois de ses hommes étaient face à des dizaines d'ennemis, et devaient mener à bien une mission impossible à réaliser. Il les avait envoyés à la mort. Et il pensait aussi à Salter, isolée des S.C.A.R.s dans le raven. Il entendait la respiration de la brune à travers la radio. Elle paraissait toujours calme et c'était ce qui inquiétait le Lieutenant. Elle aurait au moins dû rager, si ce n'est demander à être déposée sur la planète. Quelque chose clochait.
« Fever... »
« J'en sais rien Raider, » répondit-elle sans attendre qu'il continue. « J'ai un mauvais pressentiment. Je sais que la dernière fois aussi, et rien de grave ne s'est passé, mais il n'empêche que la sensation est présente, » finit-elle en marmonnant.
Reyes n'ajouta rien, se retenant de débiter quelques mots réconfortants qui ne serviraient à rien. Il ne se rendit pas compte qu'elle avait su ce qu'il allait lui demander avant même qu'il pose la question.
Ils attendirent encore quelques secondes, la passerelle du Ret' et le Raven plongés dans le silence le plus total. Soudain, la voix de Sipes se fit entendre, et tout le monde se détendit – un peu.
« Tee ? » appela Sipes dans un grognement.
« Yep... » répondit l'autre en étouffant une exclamation de douleur.
« Wolf ? » demanda ensuite Sipes.
« J'ai une fuite d'air, » souffla James.
« J'arrive, » déclara Sipes.
Puis il y eu des bruits de lutte.
« Wolf, que se passe-t-il ? » craqua Salter. « Wolf ! »
« Warlord à Reaper, l'équipe émet toujours mais ne peut pas recevoir. Nous essayons de réparer ça, » déclara l'officier de pont.
« Reaper reçu. »
« Warlord terminé. »
Soudain un coup de feu retentit.
« Nom de Dieu ! Que se passe-t-il ? » ragea Reyes.
« Relevez-le, il a besoin d'air, » déclara une voix inconnue. « Reprends ton souffle, soldat, » ajouta la même voix.
Puis la voix d'un autre homme s'éleva.
« Amiral Kotch, les canons ont été détruits et les données récupérées. RIAH est en train d'être initialisé. »
« Combien êtes-vous ? » demanda le premier homme – Kotch, s'ils devaient se fier à ce qu'ils venaient d'entendre.
« On est tous là, » répondit Wolf.
« Qu'en est-il du vaisseau de transport que nous avons abattu ? »
« Quoi ? » s'étrangla Reyes. « Fever ! Tu es là ? » s'écria-t-il d'une voix tendue.
« Oui on est là Raider. Il veut leur faire croire qu'ils sont seuls, c'est tout, » répondit-elle, partagée entre affection et agacement qu'il panique aussi vite.
« Mes hommes ont besoin de soins, » souffla Wolf
Dans le raven, Salter ferma les yeux. C'était le SetDef, ils ne soignaient pas. Ils tuaient.
« Tu tiens à tes hommes ? » demanda Kotch.
Puis il y eu un silence. Et un coup de feu, suivi de cris de douleur.
« Putain qu'est-ce qui se passe ! » beugla Salter.
« La préoccupation obscurcit le jugement, » continua Kotch. « C'est pourquoi vous ne pouvez pas gagner. Cet endroit n'est plus le vôtre désormais. »
Puis il y eu un bruit de dépressurisation, et James ahana.
« Tuez-les, » déclara Kotch.
« Non ! » hurla Salter.
« Et économisez les balles. »
Il y eut un bruit de verre brisé et de craquements sinistres. Puis plus rien. Un silence horrifié commença à s'étirer.
Sur les écrans du raven et du Ret', les aéronefs se mirent en mouvement et retournèrent sur le vaisseau, puis tous disparurent des radars.
« Salter, vous rentrez immédiatement, » déclara Reyes d'une voix enrouée. « Je sais ce que tu veux faire mais on ne peut pas les récupérer. Ils ont probablement laissé du monde en bas. Vous vous feriez prendre. Alors vous revenez sur le Ret'. C'est un ordre. Warlord terminé. »
La brune regarda le pilote qui avait les dents serrées et secoua la tête lentement.
« Il a raison. On rentre, » murmura-t-elle en se laissant tomber dans le siège du copilote.
Ils retournèrent au vaisseau dans un silence absolu.
Une fois à bord, Salter évita tout le monde et fuit littéralement dans sa chambre. Elle prit son ordinateur et tapa son débriefing dans un état second. Puis elle l'envoya au Capitaine et prit une douche. Enfin, elle se glissa dans son lit.
Potts.
Black.
Evans. James. Son coéquipier depuis presque deux ans.
Elle refusa de s'effondrer. Elle lutta contre le trou dans sa poitrine durant des heures. Elle finit par s'endormir d'épuisement, tombant dans un sommeil rempli de cauchemars.
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Ce furent des coups à sa porte qui la réveillèrent.
« Oui ? » grogna-t-elle.
« Je peux entrer ? » demanda la voix de Reyes.
Elle savait parfaitement ce qu'il faisait. Il n'était pas venu la veille parce qu'il savait qu'elle l'aurait jeté, pour ne pas s'effondrer dans ses bras. Et il venait ce matin, assez tôt pour être sûr qu'elle ne s'était pas encore levée. Elle avait les yeux encore gonflés de fatigue et les pensées en vrac. Elle n'était pas prête à lui faire face.
« Non, » répondit-elle.
Mais lui voulait savoir dans quel état elle était, sans la carapace. Alors il entra. Elle n'essaya pas de protester, se redressant et se calant en position assise, le dos contre la tête de lit.
Reyes referma doucement la porte derrière lui et se tourna vers la brune qui regardait droit devant elle. Elle finit par soupirer et tapota le matelas à côté d'elle. Il obéit et vint s'assoir à ses côtés. Elle laissa tomber sa tête sur l'épaule du brun qui passa un bras autour de ses épaules.
« Comment tu te sens ? » souffla-t-il au bout d'un moment.
« Je n'ai pas encore réalisé, » avoua-t-elle. « Je ne sais pas quand... Je ne veux pas aller au self. Je ne veux pas voir les places vides. Je... »
« Nous rentrons sur terre pour préparer le Ret' pour la semaine de la Flotte. Je peux te donner une perm, » proposa-t-il.
« Et pour aller où ? » railla-t-elle. « Dans mon adorable famille ? »
Elle pinça les lèvres en sentant les larmes monter.
« Désolée, je ne voulais pas dire ça, » souffla-t-elle, avant de se redresser et de le regarder, chassant les quelques larmes qui étaient montées d'un clignement de paupières. « De toute façon, hors de question que je te laisse. Comment vas-tu ? »
Il haussa les épaules et tenta de lui sourire, mais ce fut plus une grimace qu'autre chose.
« Le Lieutenant Reyes est attendu dans la cabine du Commandant, » grincèrent les hauts parleurs.
Les deux soldats se regardèrent et hochèrent la tête. Salter disparut dans sa salle de bain alors que le brun sortait de la pièce. Lorsqu'elle fut habillée, elle attendit le saut vers la Terre en potassant un bouquin de mécanique. Trois heures plus tard, elle aurait été incapable d'en citer une ligne.
Elle sortit et alla se placer, comme la plupart du personnel qui n'était pas d'astreinte, devant une baie, pour regarder la Terre se rapprocher peu à peu.
La descente dans l'atmosphère, moment qu'elle avait toujours adoré, ne lui fit ni chaud ni froid. Elle eut si mal en s'en rendant compte qu'elle faillit craquer devant la moitié du bâtiment qui s'était réuni sur le pont avant pour admirer la maison se rapprocher. Elle s'esquiva, attendant aussi patiemment que possible devant les sas de sortie. Lorsqu'enfin le vaisseau fut stabilisé dans son hangar, deux heures plus tard, elle jaillit du vaisseau et attrapa le premier bus de ville qui passait.
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Farah était en train de prendre sa douche lorsqu'elle sentit la cloison la séparant de l'entrée vibrer légèrement. Elle se figea, sortit de la cabine en laissant l'eau couler – faire croire au cambrioleur qu'elle n'avait rien entendu. Elle enfila un peignoir à la va-vite tout en sortant un flingue de son holster, accroché à la patère derrière la porte. Elle ouvrit cette dernière, qu'elle n'avait pas verrouillée – quel intérêt, elle était seule dans son appart après tout.
Elle ferma les yeux un dixième de seconde, posa sa main à plat à la jonction de son cou et de sa poitrine. Elle sentit au bout de ses doigts et à la base de sa paume la chaine de ses plaques militaires. Et au creux de sa main, sa médaille et sa croix. Toute sa vie tenait là-dedans. Toutes ses convictions, sa vocation, sa vie. Tout.
Elle rouvrit les yeux alors que sa main gauche filait retirer la sécurité de l'arme, la droite l'ayant déjà fermement empoignée. Elle poussa la porte en grand, l'arme pointée vers la porte d'entrée.
La demi seconde suivante, elle avait remis la sécurité, déposait – lâchait – l'arme sur le meuble le plus proche et se précipitait sur sa sœur, qui était en larmes, en train de se laisser glisser le long de la porte d'entrée qu'elle avait refermée. Elle referma les bras autour de sa cadette, affolée. Nora était un roc. Nora ne montrait aucune faiblesse devant sa grande sœur. Alors pour qu'elle soit là, assez mal en point pour ne pas réussir à cacher ses larmes... la Terre devait avoir arrêté de tourner... Ou quelqu'un était mort. Farah espéra que ce n'était pas son chef. Reyes. Nora ne s'en remettrait jamais.
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Nora était née onze mois après elle. Les premières années, elles avaient été inséparables. Des vraies jumelles. D'autant qu'elle se ressemblait beaucoup. Seuls leurs yeux les différenciaient. Nora les avait brun foncé, presque noir. Farah les avait bleu/gris, comme leur père. Et puis... la vie avait fait son œuvre. Elles avaient été séparées, et même si elles avaient choisi la même vocation, elles ne se voyaient que tous les ans. Au mieux. Durant la formation de Nora, elles ne s'étaient pas croisées une seule fois. De toute façon, aucune des deux ne cherchait à voir l'autre davantage. Elles avaient à peine échangé quelques mots pour l'enterrement de leur mère. Elles étaient presque deux étrangères. Presque.
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La plus âgé ne chercha pas à parler. Elle tint sa sœur contre elle, patiemment. Lorsque Nora commença à se calmer, elle l'aida à se relever et l'emmena dans sa chambre – la laissant quelques secondes pour passer par la salle de bain, couper l'eau qui coulait toujours et ranger son arme – l'aida à enlever sa veste et ses chaussures et la coucha. Elle alla ensuite lui chercher un verre d'eau et patienta de longues heures, avant qu'elle se calme et finisse par s'endormir, épuisée, après que Farah se soit résolue à lui faire avaler un léger somnifère. L'aînée lutta très fort contre le sommeil, restant résolument debout près de la fenêtre.
Puis Farah avait fouillé les poches de la veste de treillis de sa sœur et en avait retiré son téléphone. Elle était ensuite sortie, avait fermé la porte de la chambre et s'était isolée à la cuisine.
Elle se trouvait donc là, assise sur la table de cuisine, les jambes se balançant dans le vide. Elle avait posé ses coudes sur ses genoux et avait laissé tomber sa tête dans ses mains, le téléphone posé à côté d'elle. Elle ne savait quoi faire, mais le téléphone se chargea de la décision puisqu'il se mit à vibrer quelques minutes plus tard.
Farah le prit et regarda le nom qui s'affichait.
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Appel en cours...
Lt Reyes
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Le supérieur de sa sœur. Lieutenant, si elle se fiait au préfixe. Elle le laissa sonner quatre fois, hésitant à répondre. Puis elle fit glisser son doigt sur l'écran.
« Oui ? »
« Nom de Dieu Salter ! Ou es-tu ? » Hurla presque l'homme.
Eh bien, au moins, ce n'était pas lui qui était mort.
« Navrée, ce n'est pas Nora, » répondit simplement la jeune femme. Le silence au bout du fil fut insupportable. « Elle va bien, physiquement en tout cas, » ajouta-t-elle. Le soupir qu'elle capta la convainquit qu'elle avait dit ce qu'il fallait.
« Qui êtes-vous ? » demanda l'homme d'une voix polaire.
« Sa sœur. »
« Salter n'a pas de famille. »
La réponse avait claqué dans l'air et la jeune femme eut l'impression de prendre un poing dans le ventre, peu importe que l'homme n'ait aucune idée de la force de ses mots.
« Merci, » ne put que rétorquer Farah.
« Qui êtes-vous ? Où est-elle ? » Ajouta-t-il encore plus sèchement, si c'était possible.
Farah se mordit la lèvre, avant de se résigner.
« Rue Powell. Numéro 483. Deuxième étage, » répondit-elle seulement. « Ne sonnez pas, elle dort enfin. »
« Je suis là dans la demi-heure. »
« Reçu, » répondit-elle par réflexe militaire.
Il y eut une seconde de flottement puis Reyes raccrocha. Et Farah laissa sa tête retomber dans ses mains, grimaçant lorsque le téléphone qu'elle tenait toujours rencontra son front sans douceur.
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Effectivement, une vingtaine de minutes plus tard, elle entendit une voiture se garer dans la rue. Cela aurait pu être n'importe qui si elle ne se trouvait pas dans un quartier résidentiel bien sous tout rapport – dont elle était la paria – qu'il était quatre heures du matin et que, ô grand jamais qui que ce soit ne se serait aventuré hors de chez lui passé la permission de minuit – sûr qu'elle en entendrait encore parler. Elle mobilisa assez de volonté pour descendre de la table, ignora les fourmis qui se ruèrent dans ses jambes et se dirigea vers la porte d'entrée. Elle ouvrit la porte et la referma derrière elle, avant de descendre l'escalier et d'aller ouvrir la porte de l'immeuble. Elle sortit du bâtiment avant qu'il arrive, laissant la porte se refermer derrière elle. Hors de question de laisser un inconnu rentrer chez elle.
L'homme avança jusqu'à elle, et s'arrêta à un mètre cinquante environ. Ils se jaugèrent une bonne quinzaine de secondes, sans rien dire. Farah prit le temps de le détailler.
Grand, très grand, même pour la girafe qu'elle était, elle et son mètre quatre vingt trois. Brun, coupe militaire, rasé de la veille a priori. Yeux bleu clair ou gris glacier, elle n'en était pas certaine sous la lumière des lampadaires. Il avait l'air renfermé mais elle sentait l'inquiétude et surtout la tristesse qui émanait de lui à 5 lieues à la ronde, et cela le rendit immédiatement plus sympathique aux yeux de la brune. Elle se décida à faire le premier pas.
« Farah Salter, » finit-elle par lâcher du bout des lèvres, sans bouger d'un pouce.
« Nick Reyes, » répondit-il abruptement. Il la regarda encore. « Vous êtes vraiment sa sœur ? »
« Dites-moi, quel intérêt aurai-je à mentir ? » répondit-elle avec agacement.
« Je n'en sais rien. Pourquoi n'étiez-vous pas à l'enterrement de sa mère ? De votre mère, si ce que vous dites est vrai. »
Aie, soupira le cœur de la brune. Même pas vrai, se répondit-elle en pensée. Bien sûr que si, arrête de faire comme si ça ne te touchait pas.
« Nos problèmes de famille restent en famille, » siffla-t-elle, le regard lançant des éclairs, ignorant sa conscience. « Mais sachez que j'étais présente. Je suis peut-être celle qui a le plus parlé avec elle ce jour-là. Nos relations étant ce qu'elles sont aujourd'hui – c'est-à-dire quasi inexistantes – j'ai préféré vous laisser la soutenir. Elle n'aurait pas bien pris le fait que je la voie dans l'état où elle était une fois que la famille l'a chassée du cimetière. » Elle grimaça légèrement, puis décida d'aller au bout de sa réflexion. « À ce propos, je voulais vous remercier d'être là pour elle, quoi que puisse valoir à vos yeux la parole d'une inconnue. Je ne sais pas où elle en serait aujourd'hui sans vous. »
Il hocha la tête sans rien ajouter, mais sa posture était un peu moins raide. Farah pinça les lèvres et décida de faire rentrer le militaire. Après tout, si elle lui avait donné son adresse, ce n'était pas pour le laisser dehors.
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Pas peur, Farah ne sera jamais un personnage principal. Elle jouera son rôle de "personne avec des liens du sang dont on n'est pas très proche mais qu'on aime malgré nous". Rien de plus. Un jours je vous raconterai comment elle est arrivée dans cette histoire. Promis.
Oh, j'aurais dû dire "désolée pour les trois mecs", c'est ça ? Eh ben non.
L'hécatombe vient de commencer. La guerre est là. Préparez les mouchoirs !
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N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
Fair Wind !
Kae
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