"Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens."
[Charles-Ferdinand Ramuz]
« Mais c'est une habitude chez eux d'enfermer les gens comme ça ? » explosa Lily.
« Absolument pas » répondit James « D'habitude ils les tuent directement, ils ne font pas de prisonnier. »
Elle le regarda fixement, avant de détourner les yeux, et une fois de plus parcourir leur cellule en long, en large et en travers. Ils avaient été jeté sans ménagement dans cette pièce froide. La même pièce que la dernière fois. Où ils s'étaient embrassés. A ce souvenir, Lily réprima un frisson. Au moins, ils n'avaient pas été séparé. Ils allaient peut être trouver un échappatoire. Il fallait l'espérer.
« Que peut on faire ? » demanda t'elle.
« Pas grand chose. Ces cellules ont été faite pour ne laisser sortir personne. A moins d'avoir la clef. En fait, ce sera selon leur bon vouloir... »
« J'ai horreur de rester là à ne rien faire ! »
James ria doucement devant l'impatience de la jeune femme, qui ne concordait pas du tout avec l'attitude qu'elle avait eu la veille. Sa blessure ne suintait plus, mais il avait par moment des élancements, la douleur le paralysant quelques secondes. Lily ne semblait pas s'être aperçue de son incapacité à se mouvoir normalement. Elle était bien trop occupée à chercher un moyen de s'échapper de cet endroit. James se figea soudainement. Il lui semblait entendre des bruits de pas devant la porte. Ses bruits firent mine de s'éloigner avant de revenir. Quelqu'un montait la garde. Même s'ils arrivaient à sortir d'ici, comment attendraient ils l'air libre sans mourir ? Certes James avait parcouru des centaines de fois ces couloirs lors de son infiltration, mais les gardes changeaient systématiquement de place et n'étaient jamais deux fois consécutives aux même postes. Lily ne cessait de faire les cents pas. Soudain elle se retourna vers lui.
« Vous ! C'est de votre faute si nous sommes coincés ici ! » s'écria t'elle. « Si vous n'aviez pas pris cette balle, nous aurions eu le temps de nous enfuir ! »
Allons bon, voilà que maintenant elle s'en prenait à lui ! Lentement, il se leva, prenant bien soin de ne pas s'appuyer sur sa jambe blessée. Tandis qu'elle débitait son flot d'insulte, il se rapprocha d'elle. Lily était tellement absorbée par son discours qu'elle ne le vit même pas se lever. Quand elle se rendit compte de leur soudaine proximité, elle oublia de respirer.
« Peut on savoir ce que vous faites ? » murmura t'elle troublée.
Il ne prit pas la peine de lui répondre. Après tout quel intérêt ? Les mots sont superflus. Et les gestes révélateurs. Par moments, céder à nos impulsions peut être une bonne chose. Et James n'avait pas l'habitude de retenir ses effusions de sentiments. Avec Lily, c'était différent. Tout à la fois. Noir et blanc et gris. Chaud et froid. Doux et dur. Simple et compliqué. Tant de paradoxe réunit en une si petite enveloppe corporelle. Il ancra son regard dans le sien. Profondément. Plein de vie. Une drôle de lueur aussi. Révélatrice ? Il déglutit lentement. Elle tressaillit. Son regard se posa sur ses lèvres. Il rencontra de nouveau ses yeux. Finalement il n'était plus aussi sur de lui. Il voulait juste qu'elle se taise. Dans quelle situation était il ? Était ce bien raisonnable ? En avait il réellement envie ? Et elle ? D'autre fois, les gens prennent les décisions à notre place. Lily se rapprocha, comblant le dernier espace entre, se mit sur la pointe des pieds, et l'embrassa sur la joue. Délicatement. Du coin de l'œil, elle s'assura qu'il n'allait pas s'enfuir. Elle se décala légèrement et recommença la même opération. Sur ses lèvres. Sans le toucher réellement, tel une brise légère. Elle s'écarta, et lui sourit. James reprit ses esprits. Cette fois ce fut lui qui se pencha vers elle. Et qui l'embrassa. Pleinement. Une décharge électrique lui parcourut le corps. Il intensifia son baiser, cherchant plus. Lily essayait de suivre le rythme qu'il lui imposait. Leurs mains se cherchaient, se caressaient, se griffaient. Il s'écarta, reprit son souffle, et entreprit de lui enlever son haut. Leurs vêtements ne tardèrent pas à joncher le sol, suivant la course du premier. Il ne pensait qu'à une chose : être en elle, avec elle, l'entendre gémir son nom, et soupirer de plaisir à chacun de ses gestes. Pas de préliminaires. A quoi bon ? L'excitation, leurs frustrations, la peur de ce qu'il pourrait leur arriver, la pression accumuler ces derniers jours. Tout ceci était le plus puissant aphrodisiaque. Soudain plus rien. Juste le plaisir. Une sorte de plénitude. Leurs deux corps moites serrés l'un contre l'autre, reprenant leurs souffles. Caler l'un contre l'autre, il s'endormirent à même le sol.
Réveil en sursaut. Courbatures. Bruits assourdissants. Bruits ? James se releva précipitamment, réveillant Lily. Il s'habilla rapidement, la jeune femme faisant de même. Deuxième bruit. Comme...comme une explosion. James avait déjà entendu ce genre de son. Troisième explosion. La serrure tourna, la porte s'ouvrit. Bien sur ! Sirius ! Il était un expert en explosif !
« J'espère qu'on ne vous a pas trop fait attendre ! » sourit il.
James lui sauta littéralement dessus. Derrière lui, Rémus arriva. Il tendit à James et Lily, un pistolet, et un couteau. La jeune femme lui sourit, ravie qu'il se souvint de son arme de prédilection.
« Bon, les enfants, c'est pas tout, mais les fumigènes vont bientôt cesser de faire effet. Et la prochaine explosion devrait avoir lieu dans cinq minutes. C'est maintenant ou jamais ! »
James et Lily ne se le firent pas dire deux fois, et s'élancèrent dans le couloir, à la suite de leurs deux sauveurs. Grâce aux différents pièges placer par Rémus et Sirius, ils évitèrent énormément de gardes, évinçant ceux qui leur bloquait le passage. Ils sortirent juste à temps pour éviter la dernière bombe. Le souffle les projeta au sol. Quand ils se relevèrent, la fumée commença tout juste à se dissiper. A travers ce brouillard de débris, plusieurs silhouettes se dessinèrent. Pettigrow. Malfoy. Et tout une horde de mercenaires, armés jusqu'aux dents.
« Ok. Et on fait quoi maintenant ? » demanda James.
Question pertinente. Peu de solutions envisageables. Une seule à vrai dire.
« Et bien maintenant... On se sépare. ET ON COURT ! »
