Bonjour tout le monde!

Bon, déjà, j'envoie un énooooooooorme merci à toutes celles qui ont laissé une review au dernier chapitre, ça m'a encouragée quelque chose de bien! X) Donc encore merci, merci, merci! Je vous répondrai personnellement dés que j'aurai le temps, c'est à dire sûrement demain ou dans la semaine. Encore merci! :D

Ensuite, je dois dire que je ne suis pas du tout satisfaite de ce chapitre. Mais alors, pas du tout! Ça m'énerve mais je tiens à tenir mes délais, je sais combien ça peut être irritant d'attendre alors... bon, on verra bien, je compte sur vous pour me dire ce qui n'allait pas ici. :/

OP ne m'appartient pas, au contraire de cette fic qui elle, m'appartient bien (pour le meilleur mais surtout pour le pire!)

Bonne lecture!


- Sanji !

La vue est chouette, d'ici. J'aperçois le soleil se coucher, flamboyant, sur les nuages d'un blanc cotonneux devant moi, y apportant des dizaines de petites nuances rouge orangées, voire roses. Si Doflamingo pouvait être à ma place, je suis sûr qu'il apprécierait la vue, lui et ses grenadines !

- Sanji !

Bon. Le procès va commencer. Comme si j'avais envie d'y aller. Le Haut Conseil est réputé comme très dur sur ses sanctions : je risque de finir ma journée en tant que Damné ou pire, complètement radié. Or, aucune de ces solutions ne me donne envie…

- SANJI ! Ah, tu es là…

Je me retourne.

- Bonjour Rayleigh. Ou bonsoir, plutôt.

- Bonsoir à toi aussi. J'ai mis un temps fou à te trouver. Tu sais que la séance commence dans une heure ? Il te reste à peine de quoi nous préparer ! Je ne comprends même pas pourquoi ils l'ont commandée si tôt d'ailleurs… Ça ne pouvait pas attendre un an ou deux ? La dernière séance de jugement du même type a eu lieu un siècle après que l'ange ait commis la faute qui le faisait convoquer !

Je hausse les épaules.

- C'est plus rapide et plus vite expédié comme ça.

- Sûrement. Ceci étant, là n'est pas la question. Pour te préparer un peu, je t'ai rédigé une liste des noms de tous les anges présents à cette séance. Il y aura un public bien sûr, et tu n'as pas les noms de ceux qui le constitueront, mais tu as ceux qui essayeront de t'attaquer parce qu'ils considèrent que de trop lourdes charges pèsent sur toi, et ceux qui sont de ton côté ou qui n'ont rien contre toi.

- Il ne fallait pas ! protesté-je en constatant à quel point il se sent impliqué dans l'affaire.

Je jette un coup d'œil à la liste qu'il me tend.

- Euh… Qu'est-ce que veulent dire les minuscules « A » que tu as inscrits à côté de certains noms et les « C » un peu partout ?

Rayleigh se fige. Puis il se gratte la nuque. Puis il fronce légèrement les sourcils. Puis il s'éclaircit la gorge.

Pas de doute, il est gêné. Ou il n'a pas envie de me dire ce qu'il doit me dire.

- Hum… Les « A » t'indiquent les anges avec toi et le « C », les anges contre toi.

Ah oui. Donc les quelques « A » qui se baladent en grande minorité sur la feuille et qui sont largement concurrencés par les « C » omniprésents, ce sont les confrères assez sympas pour me soutenir. Super. J'ai des chances de m'en tirer titanesques, à part ça !

- Il ne faut pas que tu ne te focalises que là-dessus, hein, me prévient mon vieux supérieur en remettant ses lunettes sur le bout de son nez. Certains de nos Confrères vont changer d'avis pendant le procès, en écoutant ta plaidoirie ! Tu en as préparé une, bien sûr ?

- Euh, bah… C'est-à-dire que… Hum… Pas… Pas exactement ?

- C'est une blague ?!

- Que… Bah non… Je… euh… Je ne me le permettrai pas…

Rayleigh a l'air d'avoir avalé une bouteille entière de vinaigre de travers.

- D'accord. On a donc encore plus de travail que ce que je pensais.

J'acquiesce piteusement. Me défendre devant une armée d'anges qui m'en veulent tous plus les uns que les autres, voilà ce que va être la mission de Rayleigh. Ce n'est pas de la tarte : s'il ne s'agissait pas de mon propre procès, je ferai l'impasse sur cette séance, c'est certain. J'ai toujours trouvé que voir des anges se faire démolir en direct n'était pas très divertissant.

Pour le coup, j'ai très peu de chances de trouver ça amusant. C'est tellement agréable d'arriver à se sortir d'affaire et d'être aussitôt attaqué par ceux de son propre camp. Tellement sympathique. Tellement joyeux.

- Bon. Comment es-tu arrivé en Enfer, déjà ?

Je soupire.

- Il y avait un bouton rouge et…

- Un bouton rouge ?! me coupe Rayleigh. Mais c'est la base, ça ! Quand tu vois du rouge, tu te méfies !

- Oui, bah, je n'y ai pas pensé moi ! Sur le coup, j'avais d'autres préoccupations ! Donc j'ai pressé le bouton rouge – on était dans un manège de fête foraine – et pouf ! Atterrissage direct en Enfer…

Rayleigh me fixe d'un air dépité.

- Un bouton rouge… Ça va encore être facile à expliquer au jury, ça ! Le coup du bouton rouge est connu de tous à la Confrérie !

- Pas de moi, grogné-je en croisant les bras.

Je ne sais pas si c'est moi ou quoi, mais le coucher de soleil me paraît tout de suite plus sanglant et beaucoup moins magnifique.

- Bon… Et après le bouton rouge ?

- Après le bouton rouge, j'ai réalisé qu'on n'était pas au meilleur endroit possible et les événements se sont enchaînés sans que je puisse réagir… jusqu'à ce qu'on tombe sur Satan.

- Au sens propre ou figuré ? me demande Rayleigh en faisant fébrilement courir une de ses plumes sur un parchemin.

Cette fois, c'est à moi de lui jeter un regard ahuri.

- Au sens figuré, évidemment. Je ne serai plus là depuis longtemps sinon… Ça semble évident !

Rayleigh opine du chef.

- Il est vrai que Satan est quelque peu susceptible…

J'explose de rire intérieurement. Déjà, « susceptible » est un euphémisme quand on parle de Satan. Mais rajouter « quelque peu » devant… Est-ce qu'on peut être à ce point dans le déni ? Oui, clairement. Ou alors Rayleigh cherche à atténuer la gravité de ma situation.

- Bref. Tout ça pour dire que je n'y suis pour rien, c'est plutôt moi la victime dans tout ça !

- Malheureusement Sanji, si tu es la victime, on ne peut pas dire que tu n'aies rien fait pour te fourrer dans une telle situation… constate mon interlocuteur en me toisant, dépité.

Yep. Désolé, Rayleigh. Je sais bien que je ne t'arrange pas, moi, avec toutes ces histoires. Mais je ne fais pas exprès de m'y fourrer jusqu'au cou à chaque fois, tout ça ne devrait pas me tomber sur la tête. C'est trop injuste !

- Sinon, bien entendu, tu as reçu ta convocation ?

Je hausse les sourcils.

- Ma convocation ?

- Ta convocation au procès en tant qu'accusé.

- Bah… non.

- Comment savais-tu que tu devais t'y présenter, alors ? me demande Rayleigh, éberlué.

J'esquisse un pauvre sourire.

- Hina m'a conseillé de venir me défendre moi-même ? tenté-je, pas idiot.

Rayleigh soupire et soulève ses lunettes entre le pouce et l'index pour pouvoir se frotter les yeux. Il paraît soudain très, très vieux et très, très fatigué. Je dois accélérer son vieillissement à une vitesse éclair, avec tout ce que je lui rajoute comme poids sur les épaules. Un peu comme ces crèmes qu'utilisent les humaines pour rester jeune et belles, mais avec l'effet inverse.

Sur Rayleigh.

Imaginer Rayleigh se badigeonner avec application le visage d'une crème de beauté m'arrache un gloussement débile que je réfrène du mieux que je peux. J'ai ma fierté quand même.

Je m'en veux un peu d'abuser de son temps mais bon, d'un autre côté, il s'est porté volontaire. Et puis, je ne le répéterai jamais assez, tout ça n'est pas de ma faute…

- Bon. Bon, bon, bon. Ça va être l'heure, soupire mon accompagnateur/avocat/soutien dans les pires situations en fronçant les sourcils. Il va falloir assurer.

J'acquiesce. J'ai la gorge nouée. Le soleil est définitivement couché derrière nous mais les environs restent silencieux, à l'opposé de la salle de la séance d'aujourd'hui qui doit être bruyante au possible à cette heure-ci.

Que fait Zoro en ce moment ?

Si, ça se trouve, il est rentré chez lui. Et, hum… Il cuisine. Voilà, il cuisine. Quoi que non, il ne cuisine pas, sinon il ferait cramer la cuisine. Il est en train de réchauffer des plats tous préparés (une horreur) au micro-ondes en lisant ses nouveaux mails pour faire passer le temps. Peut-être qu'il a un vague souvenir de moi.

Ou peut-être que la cuisine est en flamme, qu'il court partout en compagnie de Kidd pour éteindre l'incendie parce que oui je m'appelle Zoro et je suis capable de faire deux choses en même temps (faire mine de se faire écraser par un camion lancé à pleine allure tout en vérifiant que ledit camion ne va pas vraiment vous écraser, par exemple). Peut-être même que Law est là et qu'il boit tranquillement une tasse de café dans le sofa en se disant que décidément, il fait bien chaud chez ces deux crétins, c'est agréable pour feuilleter le nouveau catalogue de scalpels qu'il vient de recevoir. Peut-être que…

- Sanji, allo la Terre, ici Rayleigh.

- C'est la lune normalement, corrigé-je instinctivement, l'index levé en l'air.

Rayleigh me lance un regard presque déçu.

-… Mais pas grave, Rayleigh ça le fait très bien aussi, enchaîné-je avec un pauvre sourire, histoire de bien me rattraper aux branches.

- On y va.

Et mon futur défenseur se laisse tomber dans le vide au bord du nuage où nous nous trouvons, les ailes déployées pour pouvoir se remettre droit lorsqu'il sentira un flux d'air adapté.

Je fais pareil en me rappelant qu'une de mes ailes est encore endommagée, alors gare.

En quelques coups d'ailes, nous rejoignons le siège du Haut Conseil de Sécurité Angélique qui n'a pas changé d'un pouce : toujours la même façade de nacre d'où s'élèvent des exclamations et le bruit assommant d'une foule qui s'installe et bavarde.

Rayleigh me lance un regard par-dessus son épaule mais ne dit rien, et je l'imagine inconsciemment se prendre un autre ange passant par-là juste à cause de cette erreur d'inattention.

Et vous savez quoi ? J'ai vraiment la poisse.

- MAIS VOUS POURRIEZ FAIRE ATTENTION OÙ VOUS VOLEZ, BORDEL !

La vulgarité près de chez vous : bienvenue à la Confrérie ! Une espèce d'olibrius à la face violacée me postillonne à la figure, visiblement mécontent que je lui sois accidentellement rentré dedans. Vu son poi… sa masse corporelle, c'est plutôt moi qui devrait hurler en ce moment.

- Vous n'aviez pas la priorité, c'était à moi de passer, rétorqué-je alors que Rayleigh tente de se réinsérer dans la circulation angélique pour me rejoindre en contrebas.

L'autre taré passe du violet au rouge. S'il y rajoutait du vert, du bleu, du orange, de l'indigo et du jaune, il ferait un arc-en-ciel. Trop beau ! (non, je n'ai pas fumé. Je vais juste me faire juger pour quelque chose dont je ne suis même pas vraiment coupable, bordel de crotte !)

- J'AVAIS LA PRIORITE, PETIT ÉCERVÉLÉ!

- Hé, on se calme ! Mon cerveau se porte bien, merci ! Et je vous signale – si vous avez des problèmes de vision –, que je suis dans le flux aérien qui a la priorité ! Vous alliez me la gril…

- N'IMPORTE QUOI !

- MAIS VOUS COMMENÇEZ À ME COURIR SUR LE HARICOT ! hurlé-je à mon tour (faut pas pousser Kokoro dans les orties, non plus!)

- JE SUIS PRIORITAIRE ! J'ESCORTE UN ACCUSÉ JUSQU'AU HCSA !

- PREMIÈRE NOUVELLE !

- EH OUI !

- ET VOTRE AURÉOLE QUI CLIGNOTE POUR SIGNALER QUE VOUS ÊTES UN CONVOI EXCEPTIONNEL, ELLE ÉTAIT OÙ ?!

- ALLEZ-VOUS FAIRE…

- Dites, messieurs, vous gênez la circulatio…

-… VOIR ! hurlé-je en même temps que mon agresseur vers l'angelot qui vient de se dresser entre nous, sa tête de premier de la classe nous lorgnant cinquante centimètres en-dessous.

Il déguerpit rapidement.

Monsieur « Je-ressemble-à-une-tomate-farcie » n'en a malheureusement pas terminé avec moi. Me désignant d'un air triomphant la tripotée de chérubins à peine sortis du Centre Formation qui l'accompagne, il enchaîne, un peu calmé :

- Vous voyez ?! Je suis quelqu'un d'important. Le démon que j'emmène va se faire juger à l'instant, je n'ai pas de temps à perdre avec un freluquet qui ne connaît rien au Code des Airs !

Ces paroles m'interpellent à tel point que j'oublie de lui renvoyer une réponse cinglante. Je déteste ce genre d'anges qui se croient supérieurs dès qu'ils ont une petite responsabilité mais là...

Mes yeux se portent une nouvelle fois sur le convoi derrière lui. Des grognements de temps à autre m'annoncent que je bloque la circulation mais je m'en fiche pas mal : il est là.

Cavendish.

Un démon.

Aujourd'hui…

Cavendish va se faire juger en même temps que moi.

Je vais me pendre.

- Vous avez bien dit que ce démon allait se faire juger à la séance immédiate du HCSA ? m'assuré-je en blêmissant à la vue des cheveux blonds d'où émergent deux cornes d'un noir cendreux, sans parler de l'air de supériorité évidente qu'affiche le démon à cause duquel je suis dans une telle galère.

- Ouaip, c'est bien ce que j'ai dit ! ricane l'autre huluberlu. Maintenant, fichez le camp sinon je serai pas à l'heure ! ET FAITES GAFFE À LA PRIORITÉ !

Et, avant que je n'ai eu le temps de l'arrêter, il bondit en avant sans se retourner, immédiatement suivi par son escouade. Cavendish me passe devant, à un mètre à peine, et je sais qu'il m'a reconnu. Son regard croise le mien au moment où il passe et un long sourire aussi aiguisé qu'un couteau tranche son visage en deux.

Il a le même sourire que Law.

Je reste à faire des cercles dans le ciel comme un idiot jusqu'à ce qu'une main ne se pose sur mon épaule, me secouant un peu.

- Sanji, on va être en retard ! Qu'est-ce qu'il y a, avec qui parlais-tu ? Est-ce que ça va ? On dirait que tu as vu Satan…

- Oh mon Dieu Rayleigh, achève-moi tout de suite !

A la pression que Rayleigh met dans ses avants-bras, je comprends qu'il n'en a pas l'intention et que je vais bien devoir aller à ce fichu procès.

Où se trouvera ce fichu Cavendish.

Qui est la cause de cette fichue situation.

Et avec qui j'avais déjà du mal quand nous étions à ce fichu Centre de Formation des Chérubins.

Autant le dire tout de suite…

Ma vie est fichue.


- Accusé Sanji, levez-vous.

Bon, ça va un peu mieux. Après tout, autant aborder cette séance avec le plus de zénitude possible. Si c'est possible, justement.

Je suis installé sur un banc nuageux lévitant à mi-parcours entre le sol et le plafond, plus bas que les juges et les jurés, qui me regardent tous bizarrement.

Je n'ai plus la liste confiée par Rayleigh sur les anges avec moi, et ceux qui ne me portent pas dans leur cœur. Ça n'aurait pas été très fin de l'exhiber devant la Cour, mais j'avoue que ça m'aurait rassuré. Entre tous ces visages renfermés j'ai du mal à savoir qui m'en veut ou non.

Mais le pire…

C'est Cavendish. Nonchalamment assis à ma droite, une jambe placée par-dessus l'autre et un air de suffisance sur le visage… J'ai juste envie de lui mettre des claques.

Ce qui ne serait pas très intelligent dans le moment présent.

Bref, je me lève.

- Bien, continue le Président de la Cour (un vieux barbu aussi maigre qu'un tronc d'arbre – oui, oui, je sais, tout est relatif). Tout d'abord… Etes-vous sourd ?

Je le regarde bêtement.

Il me regarde (tout aussi bêtement).

J'attends qu'il dise quelque chose pour me prouver qu'il n'est pas aussi idiot qu'il n'en a l'air. Histoire de m'assurer que je ne vais pas me faire juger par une bande d'anges auxquels il manquerait quelques cases.

Il n'ajoute rien.

Bon.

- Ça ne se voit pas ? Evidemment que je suis sourd !

- Ah. Vous avez donc l'obligation d'avoir un interprète. Hermepp, venez-là, on a besoin de vous !

J'ouvre de grands yeux ébahis.

Rayleigh, situé sur un nuage à quelques mètres de là, me lance un regard à la fois consterné et désolé.

Ah bah en effet, c'est pas gagné-gagné...

- Dites… m'insinué-je en levant un doigt, c'est une blague n'est-ce pas ?

L'audience composée de centaines d'anges en dessous de nous retient son souffle. Mais zut, il est complètement débile ce Président, je ne peux pas me faire juger par ça !

- En quoi serait-ce une blague ?! me rétorque le Président en fronçant les sourcils (qu'il a d'ailleurs très broussailleux) Je vous demande si vous êtes sourd, vous me répondez que oui, je ne vois pas où est le problème !

Cavendish éclate de rire à côté de moi.

- Qu'est-ce qui vous fait rire ?! s'énerve le Président (m'arrachant un gémissement plaintif).

- Mais vous êtes complètement stupide ou vous le faites exprès ?! Si je vous ai répondu, c'est que j'ai entendu votre réponse !

- Sanji, tente de me calmer Rayleigh, parle plus respectueusement s'…

- MAIS IL EST BOUCHÉ !

- Du respect, jeune ange !

Le public fait « Ooooooh » en dessous.

Je me tape la tête contre le nuage. Et merde. Ça fait même pas mal.

- Si je vous ai entendu, c'est que je ne suis pas sourd... expliqué-je le plus calmement possible, et Dieu sait que c'est compliqué.

Le Président paraît soudain avoir une illumination. Les jurés se grattent la tête, gênés, tandis que Rayleigh se mord la lèvre.

- Ah mais oui ! Pas bête du tout !

Attendez, ne vous méprenez pas. Les larmes à chaque coin des yeux de Rayleigh ne sont pas des larmes de désespoir, non. Il a juste un gros fou rire intérieur. C'est dire.

Moi, je suis à deux doigts de me pendre. Avec un juge pareil, autant retourner en Enfer en exhibant un panneau : « TUEZ-MOI, JE SUIS SANJI ».

Comme le dénommé Hermepp ne s'est pas présenté à son appel, pas besoin de le renvoyer. Je n'aurai donc pas d'interprète. Pas plus mal. Le Président grogne et trifouille dans ses papiers, ce qui me laisse le temps de consulter du regard mon jury (et celui de Cavendish), que je n'ai pas eu le temps d'inspecter plus en détail avant.

Ce que je vois me rassure un peu.

Beaucoup.

Passionnément.

- Tu as vu, me chuchote cet horrible (moche) vilain (sadique) méchant de Cavendish, Conis fait partie des jurés.

Et à cet instant, je ne peux qu'acquiescer. Conis fait partie des jurés. Je ne l'ai pas revue depuis plus d'un siècle, et elle est toujours aussi…

Fraîche, belle, pimpante, fragile, délicate ? Magnifique ?

-… Tu ne trouves pas qu'elle a pris du poids ?

… rustre.

- Ne parle pas de ma Conis comme ça, espèce de… je ne te parle même pas, je ne m'adresse pas aux idiots. Ça les rends intelligents.

- Je suppose donc que tu ne te parles jamais à toi-même. Au moins, on sait que tu es sain d'esprit…

Il me faut quelques secondes pour comprendre ce qu'il a voulu dire par là. A peine une de plus pour lui écraser le pied avec la férocité d'un tyrannosaure-rex tombant sur une pauvre chèvre après dix jours de diète.

- AÏE ! L'ACCUSÉ SANJI M'AGRESSE ! hurle Cavendish en s'écartant d'un bond, un air terrifié de façade au visage.

- Même pas vrai !

Conis se redresse aussitôt.

- Sanji, enfin ! Ce n'est pas bien ! Excuse-toi auprès de ce pauvre Cavendish !

Les autres jurés la regardent comme si Dieu venait d'apparaître subitement au centre de la pièce, bouche bée.

- S'il-vous-plaît, Conis, rasseyez-vous, demande le Président en lui faisant signe. Nous ne sommes plus au Centre de Formation, si les accusés décident de s'entre-tuer, grand bien leur en fasse, ça me fera moins de jugement à rendre !

- Mais… protesté-je devant tant d'incompétence. C'est quoi ce tribunal pourri ?!

- Sanji ! s'exclame Conis en se relevant.

- Sanji ! renchérit Rayleigh en me lançant un regard glacial.

- Sanji ! me gueule Cavendish dans l'oreille (parce que c'est marrant, de PERCER LES TYMPANS DES GENS !).

- SILEEEEEEEEEEEENCE ! hurle le Président en brandissant son marteau vers le plafond et en l'abattant de toutes ses forces sur son bureau, ce qui ne fait qu'un petit « schpoumf » puisque son bureau est en nuage (c'est moins impressionnant, ça c'est sûr).

Tout le monde se tait.

J'en profite rapidement pour dévisager les jurés devant moi qui sont… Connis, bien entendu, d'autres que je ne connais pas et…

Dans l'ordre, de gauche à droite : Sabo (auquel j'adresse un petit salut discret sans qu'il me réponde, je suppose que c'est en rapport avec l'impartialité de sa fonction), Hawkins, Hina, Killer (Killer ?!), Marco, Morgan et Bellamy.

Autant dire que je vais me faire défoncer.

Je ne connais pas les deux juges occupant chacun une place au côté du juge principal, le président un peu débile.

A ma gauche, Rayleigh, mon avocat. A ma droite, Cavendish, empêcheur de tourner en rond de service.

Mon Dieu, si vous m'entendez, écoutez ma prière. Venez me soutenir, vous êtes la justice, si vous n'arrêtez pas ce pitoyable simulacre de jugement à la noix, je vais me faire écraser comme une crotte de pigeon sous la chaussure d'un vacancier (oui, les comparaisons pourries recommencent…)

- Bien. Accusé Sanji, relevez-vous, ma lance le juge.

Je me redresse de nouveau. C'est parti.

- Les peines qui pèsent contre vous sont les suivantes : déclenchement d'une évasion massive d'âmes condamnées purgeant leur peine en Enfer, déclenchement d'une légère irritation en la personne du grand maître des ténèbres et… en somme, déclenchement d'une catastrophe planétaire à haute répercussion sur le monde humain.

- Ça fait beaucoup de « déclenchement », commente Cavendish en se créant un sourire amusé.

Je me retourne vers lui.

- Entièrement d'accord. Tape-là.

Il tape dans la paume de ma main sous le regard perplexe du Président.

- Euh… On peut savoir ce que vous faites ?

- Vous avez répété trois fois « déclenchement » en deux phrases.

- Et alors ?!

Je jette un coup d'œil vers Conis. Rayleigh, qui s'est approché, me file un coup de coude dans les côtes l'air de dire « arrête-toi maintenant ».

Désolé, Rayleigh. Pas question de rester les bras croisés.

Conis a intercepté mon regard.

- Eh bien techniquement – ou, disons, langagièrement –, faire une répétition plusieurs fois n'est pas très joli. J'apprends ça à mes chérubins de premier cycle (elle se tourne vers nous). C'est bien, vous avez bien appris votre leçon pour la retenir aussi longtemps !

Saint Pierre, je crois que c'est bon : je rougis.

- Tu ressembles une tomate pas mûre, me nargue Cavendish par-derrière. Oh, attends, j'y suis : tu imites une tomate pas mûre !

Il ne pourrait pas être un peu plus poétique, une fois dans sa vie, lui ?!

- Je rougis de bonheur, nuance.

- La vache. Quand tu rougis, on dirait une tomate pas mûre. Ne palis pas, s'il-te-plaît. Epargne moi-l'asperge.

- Mais vas te… !

- Hum, tousse Rayleigh, et pour l'autre accusé ?

Le président, qui n'a pas pu en placer une jusque-là (et ça l'énerve parce que mince, à l'origine, c'est lui le président quand même !) brandit une nouvelle fois son marteau.

- SILEEEEENCE !

Toute l'assistance le fixe et j'entends presque leurs pensées d'ici : « Il est vraiment stupide ou il le fait exprès ? ».

Je me tourne vers l'assistance.

- Il l'est vraiment. C'est une cause perdue d'avance…

La moitié du public acquiesce instinctivement. Ah, ça prouve bien que j'avais raison : tout le monde prend ce pauvre ange pour un crétin !

Bon, l'autre moitié me regarde de travers.

Que voulez-vous, les grands esprits ne se rencontrent pas toujours…

- Accusé Cavendish, vous êtes accusé…

- Déjà deux « accusé », vous êtes fort vous… le coupe mon voisin blond, narquois.

- Accusé Cavendish, les charges qui pèsent contre vous sont…

- Vous pourriez vous dépêcher ? Je n'ai pas tout mon temps, après, il faut que je retourne en Enfer…

- Mais laissez-moi parler, bon sang de bonsoir !

- Vous êtes lent, vous êtes lent : je n'y peux rien moi !

- SILEEEEEEEEEEEENCE !

Les bavardages dans l'assistance cessent. Comme quoi, il y a des anges dans le public qui s'ennuient déjà.

- Accusé Cavendish, vous êtes accusé d'être volontairement devenu un démon suite à une petite tentation ce qui, selon vous, justifiait tous les péchés que vous avez commis par la suite. Comme couper en deux la voie d'un grand huit en plein parc d'attraction humain, par exemple.

Un des jurés pouffe. En y regardant de plus près, j'aperçois Marco, une main plaquée sur la bouche et les yeux réduits à deux fentes où pétille la malice.

- Amusant, le coup du parc d'attraction…

Offuscation du président.

- Marco, reprenez-vous, il s'agit là d'une faute très grave !

- Il n'empêche que c'est amusant.

- Mais grave.

- Amusant.

- Grave.

- Amusant.

- Grav…

- On s'en fiche comme d'une guigne, la séance est plus grave encore ! beugle Morgan en tapant du poing sur le nuage qui lui sert de siège, genre je-ne-suis-pas-content-donc-je-fais-un-truc-qu'on-a-prouvé-qui-était-stupide-un-peu-plus-tôt-dans-la-séance-mais-j'aime-ça.

Rayleigh se lève. Manifestement, il est mécontent.

- Puis-je dire que mon client est innocent ?

Le Président grogne.

- Ah non Rayleigh, ce n'est pas le moment. Il n'est pas innocent, de toute manière !

- Non, mais peut-être qu'il est moins coupable qu'il n'en a l'air, s'insinue Hina en levant un index en l'air.

- Ce qui voudrait dire que quelque part, il est innocent, complique Sabo en hochant la tête.

Le juge fronce les sourcils.

- Je ne vous suis plus. Il ne serait donc pas coupable ?

- En résumé, c'est à peu près ça, acquiesce Hina.

- Mais j'ai besoin d'un coupable, moi !

- QU'ON LUI COUPE LA TÊTE ! mugit Morgan qui a envie de parler mais ne sait pas quoi dire.

- SILEEEEEEEEEENCE !

L'assistance fait « Ooooooh ».

- Sanji, qu'avez-vous à dire pour votre défense ?!

- Je suis innocent.

Le « schpoumph » qui suit m'informe que le Président vient de laisser tomber son crâne sur le nuage. Trop de déception.

- Jemefichequevoussoyezinnocentdetoutefaçnvousêtescoupable, marmonne-t-il dans sa barbe (et les juges à sa droite/gauche acquiesce vigoureusement).

- Comment ça je suis coupable ?!

- Mais c'est injuste ! proteste Sabo.

- Moi je trouve ça pas mal, affirme Cavendish.

- C'est pas possible, mais c'est pas possible… gémit Rayleigh.

- J'apprends l'impartialité à mes élèves, ce n'est pas pour que vous en fassiez la peinture inverse, Votre Honneur ! renchérit Conis.

- QU'ON LUI COUPE LA TÊTE ! beugle Morgan au hasard.

- SILEEEEEEEEEN…

Le Président s'arrête net.

Il vire au cramoisi.

Puis il se met à tousser à s'en arracher les poumons.

Puis quelqu'un tape dans son dos.

Puis il tombe par terre.

L'assistance fait « Aaaaah ».

- Il est mort ? demande Cavendish avec espoir.

Je dois bien avouer (honteusement) que j'espère la même chose.

- Les anges ne meurent pas, récite Conis en nous fixant. Ils disparaissent. C'est d'ailleurs comme ça que Robert le Grand An…

- Oui, oui, Conis, nous verrons cela plus tard, la coupe Rayleigh. Comment se porte Son Excellence ?

Bellamy vole jusqu'à son corps inanimé.

-' L'a pas l'air très en forme…

Marco est lui aussi penché au-dessus du corps, au contraire des deux autres juges qui regardent leur supérieur avec une répulsion manifeste. C'est beau l'amitié et la solidarité entre juges, c'est moi qui vous le dit…

- JE ME PORTE TRÈS BIEN ! mugit soudain une voix courroucée alors que le Président se relève, une main pressée contre sa bouche et l'autre se tenant à Marco qui le soutient tant bien que mal. CESSEZ CES JÉRÉMIADES ET REPRENONS LA SÉANCE !

Hina s'interpose.

- Vous n'êtes pas obligé de crier, Votre Honneur. Tout le monde vous entend très bien, vous savez…

- SILEEEEEEEENCE !

Nouveau tapage de marteau sur son nuage, sans aucun bruit évidemment. Je retiens un rire nerveux alors qu'à ma droite, Cavendish affiche un air déçu.

Même Rayleigh en a assez.

- Donc, se calme l'autre idiot de juge à la face toujours violacée après ce « petit » incident. Que disions-nous ?

- Que Sanji n'était pas coupable, affirme Hina (j'ai envie de l'embrasser).

Le juge n'a pas l'air d'apprécier.

- Attendez, Hina, que nous soyons bien clairs. Il s'est rendus lui-même en Enfer, et vous savez par quel biais ? Par un BOUTON ROUGE !

L'assistance fait « Iiiiiiih » (je vous jure, à la fin de la nuit, on a atteint toutes les voyelles).

- Un bouton rouge ?! s'étrangle Bellamy en me lançant un regard en coin mauvais. C'est certain Votre Excellence, il est coupable !

- Ah, enfin un ange responsable et qui sait de quoi il parle !

Hina grince, s'apprête à dire quelque chose…

- Je ne vois pas en quoi Bellamy, le sous-fifre officiel de Doflamingo d'ailleurs aux abonnés absents 51% du temps, sait de quoi il parle, tranche une voix que je prends du temps à reconnaître, glaciale.

Hawkins. Les yeux rivés sur Bellamy, il semble prêt à le jeter dehors. Son intervention n'étant pas prévue, le Président (qui a une certaine envie de me condamner) grogne.

- J'aimerais aussi signaler que le coup du bouton rouge n'est plus connu des jeunes générations, renchérit Marco. Désolé de vous le dire, Conis, mais vous devriez penser à l'aborder dans l'un vos cours pour les prévenir du danger que représente ce simple bouton…

Conis baisse la tête. Finalement, j'aime un peu moins Marco qu'Hawkins...

Mais quand même si.

Oui mais non.

Mais si.

Mais non.

Mais s…

- Tu te parles à toi-même où je rêve ?! s'exclame Cavendish subitement.

Là-haut, ça débat encore. Rayleigh s'est joint à eux. J'ai donc tout le loisir de remettre Cavendish à sa place.

- Je menais un débat intérieur, nuance !

- C'est bien ce que je pensais. Tu disais n'importe quoi, tout à l'heure. Tu parles bien aux crétins…

- Qu'est-ce que… Je ne te permets pas !

- Qu'est-ce que vous ne permettez pas, Sanji ? m'interromps le Président.

Je grogne. Qu'est-ce qu'ils peuvent m'énerver, tous autant qu'ils sont.

- Je ne permets pas à Cavendish de m'insulter. Tout comme je ne permets pas que vous me jugiez coupable sans aucune preuve, juste pour le plaisir de condamner quelqu'un. Et je permets encore moins que mon avenir soit joué par des…

- Sanji, me coupe Rayleigh, on va s'arrêter là. Monsieur le Président, est-ce que je peux parler ?

Le Président en a visiblement marre.

- Faites Rayleigh, de toute façon, personne ne suit les règles ici. Si le Saint Père voyait ça… !

- Malheureusement, il ne le voit pas. Donc… Sanji n'est pas coupable, tout d'abord parce qu'il ne savait pas pour le bouton rouge – comme l'a si aimablement fait remarquer mon collègue Marco – mais aussi parce que l'évasion infernal n'était pas de son fait.

Oulah. Qu'est-ce qu'il compte dire, là ? Je vois Hinase figer contre son siège et je comprends qu'elle aussi a peur que Rayleigh ne dise quelques mots à propos du complot.

Mais il n'en fait rien.

- Ce n'est pas un démon qui aurait ouvertes les portes infernales, commente le juge supérieur qui est moins bête que je ne le pensais. Aucun démon n'est assez stupide pour cela…

- Je vous remercie, fait Cavendish.

- Pardon ?

- Je ne suis en effet pas stupide. Si je suis là, j'aimerais qu'on parle de mon cas aussi au lieu de plaidoyer uniquement pour Sanji!

- CE PETIT A RAISON ! beugle Morgan qui a enfin trouvé un moment pour s'imposer (ou pas).

C'est alors qu'une voix à donner des frissons à n'importe quel ange bien portant s'élève dans la salle.

- Il est vrai que physiquement, mon pauvre Morgan, tu es plus grand que lui. Mais on ne peut pas dire que mentalement tu puisses le suivre. Donc utiliser l'adjectif "petit" en parlant de cet accusé me paraît... abusé.

Doflamingo. Tranquillement en train de voler vers la place où se tient Bellamy, qui la libère sans protester, blanc comme un linge. Règne de la terreur sous Doflamingo oblige.

- DOFLAMINGO ! hurle Morgan, à court de réparties intelligentes (comme toujours).

- Merci de me rappeler comment je m'appelle Morgan, j'avais déjà oublié !

Le juge n'apprécie pas. Mais alors pas du tout.

- SILEEEEEEEEEENCE !

Doflamingo se mord la lèvre.

- Votre Honneur, si je puis me permettre, votre marteau ne fait aucun bruit.

L'assistance fait « Ooooooh » (finalement, pas toutes les voyelles pour ce soir).

Le juge plisse les yeux.

- Ce n'est pas faux. En attendant, vous êtes en retard, confrère Doflamingo…

- Je me suis fait remplacer par Bellamy, il n'y a donc aucun problème. Bon. Où en sommes-nous ? La peine de ce cher Sanji a déjà été décidée ?

Quel salop.

- Merci, je ne suis pas coupable, rétorqué-je alors que Rayleigh s'interpose.

- Il n'a pas fait exprès de…

Doflamingo le coupe d'un ricanement surpuissant. Saint Pierre, je n'ai jamais entendu quelqu'un capable de produire un tel son, ça en fiche les chocottes !

- Qu'il l'ait fait exprès ou non, là n'est pas la question, Rayleigh ! Quand un chérubin fait une faute eu Centre de Formation, Conis le reprend, elle l'aide à ne pas la reproduire après ! Mais les crimes involontaires, les crimes où personne n'a « fait exprès », est-ce que leurs auteurs en sont jugés coupables ? Oui !

Morgan fronce les sourcils. Il n'a pas dû tout comprendre.

- Mmmmh… marmonne le juge d'un ton plein d'espoir. Ça veut dire que j'ai le droit de le condamner ?

- Mais pourquoi tenez-vous autant à le condamner, Votre Honneur ? se rebiffe Hina, mécontente.

Doflamingo sourit de ce sourire sadique qu'il a en commun avec Law, et sans doute avec Cavendish.

- Parce qu'il est coupable. Hina, ne te mêle pas de ça, on parle de vraie justice ici…

Hina blêmit. Tout le monde a la frousse de Doflamingo ou je rêve ?!

Tant pis, pas moi !

- Dites donc, je ne l'ai pas déclenchée, votre évasion infernale ! J'étais bel et bien en Enfer, mais j'avais déjà assez de problème avec Satan et Charon pour me préoccuper de faire sortir les âmes de milliers de tarés hors ce bouge !

Et là, quelque chose se passe. Le visage du Président semble s'illuminer.

- Charon ? Vous connaissez Charon ?

Je saute sur l'occasion.

- Bien entendu ! Un très bon ami à moi, d'ailleurs ! (les mensonges peuvent parfois servir à défendre des causes justes).

- C'est aussi l'un de mes plus proches amis ! Nous n'étions alors que deux pauvres chérubins perdus dans l'immensité nuageuse quand…

- Pitié Votre Honneur, épargnez-nous votre enfance avec cet illuminé de Charon, gémit Doflamingo. On y est encore dans cent ans sinon…

Le juge vire au rouge.

- SILEEEEEENCE ! Je ne suis pas si vieux que ça, d'abord ! Et ensuite, je ne vous permets pas d'insulter Charon ! Le pauvre n'a pas fait exprès de se faire enrôler par ce fourbe de Satan…

Je tiens ma chance.

- Tout à fait. Il est d'ailleurs très sympathique ! Et il a été débordé par l'évasion…

Le juge pâlit.

- Non, c'est vrai ?! Oh mon Dieu... Je lui enverrai une carte de bon rétablissement.

- Avec des tas de petits cœurs roses et d'ailes, mention « Bons baisers du Paradis » ? le nargue Doflamingo.

- Est-ce qu'on a le droit de couper la tête à un membre du HCSA ? demande Morgan à Killer, qui ne bronche pas.

Il se recule juste vers Hina le plus possible. Hina lève les yeux au ciel.

- Non Morgan, tu n'as pas le droit de couper la tête de Doflamingo.

- Même pas un tout petit peu ?

- Même pas un tout petit peu.

- En revanche, tout le monde a envie de te couper la tienne… susurre le blond. Avec ou sans tête, de toute manière, quelle différence ?

Morgan se gratte la tête. Il n'a pas compris. Il ne lui reste plus qu'une chose à faire.

- QU'ON LUI COUPE LA T…

- SILEEEEEEENCE !

L'assistance fait « Aaaaah ». Le Président de la séance se tourne vers eux.

- Et vous, arrêtez avec vos « Ooooooh » et vos « Aaaaah » ! Fer-mez-là !

- Objection Votre Honneur ! se redresse Cavendish, silencieux jusque là. Vous êtes obscène, là !

- Je ne suis pas obscène, jeune idiot !

- OBJECTION !

- SILEE…

- MAIS TAISEZ-VOUS TOUS, A LA FIN ! crié-je, au bord de l'implosion. VOUS ÊTES TOUS PLUS BÊTES ET BRUYANTS LES UNS QUE LES AUTRES ! OUI, MÊME VOUS MONSIEUR LE JUGE ! À QUOI ÇA VOUS SERT DE HURLER « SILENCE » À CHAQUE FOIS, QUAND PERSONNE NE VOUS ÉCOUTE ?!

- JE NE VOUS PERMETS PAS JEUNE INSOLENT !

- QU'ON LUI COUPE LA TÊTE !

- MA TÊTE SE PORTE TRÈS BIEN, MERCI !

- SILEEEEEEENCE !

Cette fois, le silence est accompagné d'un grand bruit qui fait sursauter et calme tout le monde, y compris moi.

- Euh… lance Hina. Je crois que Killer s'est endormi…

Grand silence dans la salle.

- Sabo, faites moi le plaisir de sortir cet imbécile, gémit le Président en ponctuant son ordre d'un signe de la main. Et faites aussi sortir mes incapables de subordonnés, messieurs les juges, qui n'ont pas décroché un mot depuis le début de la séance !

Des protestations s'élèvent mais sont très vite étouffées quand Morgan se charge de virer les deux juges qui accompagnaient le Président lui-même.

- Bien. La séance peut reprendre. Rayleigh, vous avez la parole. De toute façon, comme même les jurés parlent à tort et à travers, cette séance ne respecte absolument rien…

Rayleigh se racle la gorge.

- Je ne vois pas pourquoi vous condamneriez Sanji, quand vous avez réussi à capturer Cavendish et que vous ne dites pas un mot sur son cas. Selon l'article 123 de la Loi 99 des Textes de la Loi…

-… que personne ne lit plus aujourd'hui… commente Doflamingo.

Le Président lui intime de se taire d'un regard. Bien fait.

- … Je disais donc, reprend Rayleigh, que selon cet article de nos lois, tout ange tenté et transformé en démon doit être jugé devant le HCSA, et, en accord avec l'Enfer, radié à tout jamais. Evidemment, dans la pratique, il est impossible de juger tous les anges devenus démons puisque nous ne parvenons pas à les retrouver, et que cela amuse beaucoup Satan de nous voir nous acharner pour rien. Mais il est normalement tenu de donner son accord si nous retrouvons un ange tenté et que nous décidons de le radier. Et là, alors que nous sommes dans cette situation qui n'est pas arrivée depuis des millénaires, tout le monde se préoccupe de Sanji et non de Cavendish !

Le Président paraît s'illuminer.

- C'est tout à fait vrai ! J'ai le droit de le condamner, lui ! Confrères, votons !

Il y a un grand silence pendant lequel chaque juré écrit quelque chose sur un petit bout de papier. Je préfère largement le système humain : ici, c'est du gros n'importe quoi…

Le Président relève les papiers et les lit pour lui-même puis annonce d'un air de profonde satisfaction…

- Les jurés ont délibéré. Cavendish, vous êtes condamnés à la peine maximum… Vous êtes radié à tout jamais de la Confrérie. Votre exécution aura lieu, hum… attendez, quand est-ce que vous êtes libres, tous ?

Et là, la chose la plus grosse et stupide de l'univers se produit : d'un air affairé, tous les jurés sortent un agenda et se mettent à le feuilleter, les sourcils froncés.

- Je suis là toute l'année prochaine, commence le Président en s'arrachant une plume pour la tremper dans un encrier venant d'apparaître subitement sur son bureau.

- On pourrait l'exécuter la semaine prochaine, propose Doflamingo.

- Mais attendez… tente de protester Cavendish.

- Chuuuuut ! le reprend Morgan. Moi je suis pas là du tout dans les années à venir…

Silence.

- Tu t'es trompé d'année, soupire Hina en se penchant vers lui. Nous ne sommes plus en 1043…

- Ah oui !

Doflamingo secoue la tête.

- Moi qui pensait que ça s'arrangerait avec le temps…

- QU'ON LUI…

- Taisez-vous donc !

- Je ne viendrai pas, de toute manière, annonce Sabo.

- Moi non plus, renchérit Hina.

- Ça ne m'intéresse pas, approuve Marco.

- J'ai 22% de chance de venir, termine Hawkins.

Le Président grince des dents.

- Tant pis, nous ferons ça en petit comité. L'année prochaine ?

- Parfait.

- Pas mal.

- Mais je ne veux pas me faire exécuter !

- SILEEEENCE !

- Et pour Sanji ?

Tout le monde se tourne vers moi.

- Interdiction de revenir à la Confrérie pendant un mois, propose soudain Marco d'une voix placide.

J'ouvre la bouche pour protester, mais Rayleigh me lance un regard qui m'intime clairement de me taire si je ne veux pas tomber sur pire.

Mais je ne veux pas de ça, moi ! Etre interdit de Confrérie, ça signifie que je devrai rester vingt-quatre heures sur vingt-quatre auprès de Zoro, le cauchemar !

Remarque, à côté de Cavendish… Peut-être que je ne m'en sors pas trop mal.

- Vous… Vous me condamnez vraiment, là ?

- Non, là ils t'offrent une petite balade de santé. Dix jours en Enfer, sauna et jacuzzi inclus, rétorque Cavendish, visiblement refroidi par sa condamnation.

Je me tourne vers lui.

- C'est une blague ?

- Sanji, est-ce que Dieu aurait oublié de te doter d'un cerveau ou est-ce que c'est moi qui raconte des bêtises ?!

-…

- C'est bien ce que je pensais.

- SILEEEENCE !

Je me tais.

- Le verdict va être rendu. Sanji, à partir de ce soir minuit, vous avez interdiction de revenir à la Confrérie pendant un mois, voire plus si le jugement est changé par la suite. Cavendish, votre exécution aura lieu dans un an.

Coup de « schpoumfh ».

- La séance est terminée.

Je me laisse retomber dans mon siège.


Je viens de sortir du procès. Secoué. Qu'est-ce que c'était que ces conneries ?!

Bon, récapitulons. Récapituler me fait du bien.

Procès : OK. On ne peut pas dire que ce soit une réussite, mais finalement, je pense que je ne m'attendais vraiment pas à un jugement aussi « léger ». Ça encore été un sacré boxon là-dedans. Je ne sais pas si ça arrive de temps à autre au Haut Conseil d'être un peu sérieux : si ça se trouve, la situation ne part en délire total que quand je suis dans la salle et c'est pour ça que la moitié des anges qui y sont souvent présents me détestent.

Ça tient debout comme raisonnement, non ?

Oui, je suis d'accord, on s'en fiche pas mal.

Donc, pour continuer ma petite récapitulation, la seule chose qu'il me reste à régler est de dénicher Nami pour lui faire mon rapport (j'ai l'impression d'être son subordonné en parlant de « rapport ». Or, je suis un ange libre, moi ! Bon, peut-être un peu exploité par la gente féminine. Peut-être. Un peu.)

Toujours est-il que la seule info que j'ai sur la position actuelle de ma chère rousse, je la tiens de Doflamingo. Non pas que je tienne Doflamingo pour une source peu fiable (mais enfin c'est évident qu'on ne peut pas faire confiance à ce type !), je veux juste signifier par là que, bah…

C'est bien gentil tout ça mais je ne sais pas où c'est le service de gestion Enfer/Paradis, moi. Il y a bien dû avoir un cours dans le genre au Centre de Formation des Chérubins, lors d'un forum des métiers angéliques par exemple, mais on ne peut pas dire que j'étais un élève très, euh… attentif ? J'ai toujours préféré admirer Conis de loin que m'approcher de vieux barbus qui ont oublié ce que c'est de se laver après plusieurs siècles de protection humaine, qu'ils soient anges supérieurs ou non. Alors les écouter, non merci.

J'avais bien mieux à faire.

Mais maintenant, je dois avouer que savoir où se trouve ce fichu centre de gestion m'intéresse quelque peu. En fait, carrément. J'aurai mieux fait d'écouter un de ces vieux barbus, ça m'aurait sûrement plus aidé que de connaître chaque cheveu de ma magnifique maîtresse par cœur. Honnêtement, je ne cracherai pas sur un bon guide de la Confrérie en cet instant et, en échange de quoi, je livrerai toutes mes connaissances sur le blond nordique des cheveux parfaitement lisses et fluides de Conis sur lesquels je constituais de petits poèmes dégoulinant d'amour restés dans les annales des Chérubins (pour poème le plus pourri de l'année 1888. Mais bref.)

Seulement, pas de guide en vue. Revenons donc à la base.

Je retourne rapidement à « Heaven's gate », où m'attend la face grimaçante de ma nouvelle copine, la vieille Amazon. Comme je l'ai déjà dit (au pire, je me répète) : cette bonne vieille gardienne tout juste apte à faire le ménage (comme le faisait si bien remarquer Morgan lors de ma première séance du Haut Conseil de Sécurité Angélique – nostalgie) me devient de plus en plus agréable.

J'ai songé au fait qu'elle exerçait peut-être une puissance démoniaque sur moi pour que je plie plus facilement devant ses grimaces perfides et ses sourires édentés (qui ne sont pas de vrais sourires). Mais, en faisant un petit bilan de mes dernières rencontres avec elle, je pense pouvoir dire qu'en fait, c'est sa manière à elle d'être sympathique : faire suer les gens jusqu'au bout en les poursuivant pour leur piquer de l'argent sans le réclamer par la suite (on ne voit absolument pas de quoi je parle), les prendre en photo en feignant de se gratter le nez (noooon), les interroger subtilement à la solde du Haut Conseil (franchement, quels exemples loufoques !), bref, faire tout un tas de trucs bizarres tout en manifestant quand même son soutien.

Elle m'a laissé passer quand je n'avais pas un berry en poche deux fois.

Elle est fan de moi.

Elle ne me surnomme pas « l'ange cramé » (ou au moins, elle évite de le faire devant moi).

Elle… elle me prend en photo !

OK, elle l'a fait une fois. OK, c'était peut-être pour ramener les photos au club des anges-plus-vieux-que-le-monde-et-Kokoro (c'est dire), histoire de faire remonter sa côte de popularité.

Mais elle m'a pris en photo. Je me serai presque senti comme une star, si je n'en avais pas eu autant marre à ce moment-là. J'ai besoin de reconnaissance, comme tout le monde ! Même Conis trouvait mes poèmes nulles et les jetait du haut d'un nuage quand elle pensait que j'avais les ailes tournées (ce qui m'a profondément blessé, d'ailleurs). Si Conis, la gentillesse incarnée, avait ce genre de réactions là… imaginez le reste de mes charmants petits camarades.

Sans parler de Zeff.

J'arrête tout de suite sur ce sujet, j'ai des sueurs froides qui me dégoulinent dans le dos et je crois que c'est lié à lui.

Zeff.

Les humains pourraient appeler un film d'horreur comme ça, rien qu'en lisant le titre, j'irai pas voir le film. L'affiche représenterait son sourire sadique lorsqu'il m'a poursuivi à travers le Centre de Formation des Chérubins il y a longtemps (l'histoire de l'auréole fleurie. M'obligez pas à me la remémorer encore une fois. Pitié.)

Et en-dessous, en grosses lettres sanglantes et sombres à la fois, la phrase qui tue : « Zeff : le film qui a terrorisé la Confrérie… ».

Saint Pierre, voilà, j'ai le cœur qui lâche. Ça devait bien arriver un jour avec ce timbré comme tuteur.

Je m'accoude au nuage qui constitue l'arche d'« Heaven's gate », le cœur battant à tout rompre. Zeff. Quatre lettres, quatre fois plus d'horreur.

- Confrère ? Vous vous sentez bien ? Vous voulez que j'appelle la Sécurité ou le Service d'Urgence Angélique ?

Petite voix aigrelette et masque grimaçant. Devinez qui c'est ?

- Non merci, ça ira, soupiré-je alors que le nom « ZEFF » s'accroche encore, s'imprimant en lettres de feu dans mon crâne. Je repensais juste à… de mauvais souvenirs.

ZEFF.

- Est-ce que vous pourriez m'indiquer le chemin du centre de gestion Enfer/Paradis ? J'ai juste besoin de ça, là, maintenant.

- Mouiiii…

Je sens qu'on se comprend.

Elle déserte « Heaven's gate » pour ouvrir la bouche…

… mais une voix en particulier la coupe. NON.

- Sanji ?

Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.

NON.

- Sanji ? Je pensais justement à toi !

ZEFF.

Une bourrade qui se veut affectueuse mais qui me coupe la respiration et me fait cracher par la même occasion mes poumons me laboure le dos. Zeff m'offre son éternel sourire précédant la torture, caché sous les innombrables replis de sa moustache titanesque (oui, sa moustache a des replis. Non, je ne plaisante pas).

- Figure-toi que j'ai visionné un film humain il y a peu – oui, j'avais du temps à perdre – et un passage m'a interpelé, je le trouvais assez bien fichu… enchaîne-t-il sans que j'ai eu le temps de reprendre une goulée d'air suffisante.

Charmante entrée en matière. Même pas de "bonjour", ni de "comment vas-tu?". Zeff, ou comment mettre les pieds dans le plat dés le début tout en effrayant son monde.

Il se tourne vers moi et je recule de deux pas. Distance de sécurité. Un mètre cinquante minimum.

Aussi dangereux qu'une voiture pour un piéton, cet ange flippant.

- Sanji, je suis ton père.

C'est le moment que choisit ma bouche pour laisser échapper le cri le plus pitoyable de toute l'humanité. Mais vraiment.

Genre marmotte avertissant ses congénères d'un danger.

Ou gerbille toute mignonne se faisant bouffer toute crue par un serpent (ça existe ?).

Bref, vous voyez l'idée.

- C'EST PAS VRAI !

Zeff a un mouvement de recul.

- Evidemment, c'est juste une réplique de film ! Tu ne la trouves pas géniale ? Il paraît qu'elle est culte…

Oh non, je ne l'aime pas du tout ! Ça c'est certain !

- Euh… Confrères, je vais vous laisser, j'ai un ange qui veut entrer à la Confrérie, nous interromps la vieille Amazone. Zeff, pourriez-vous emmener votre fils au centre de gestion Enfer/Paradis ?

- Je ne suis pas son fils !

- Bien entendu, je vais le faire.

Noooooooon.

- Viens par-là, Sanji, je voudrais te demander quelques petites choses à propos de ton procès…

Qu'est-ce que disent les humains dans ces cas-là ?

Ah oui.

VDM.


Zeff ne me lâche que quand nous arrivons à destination, l'air grave.

- Fais attention, Sanji. Tu t'en es bien sorti cette fois, mais ce n'est pas le cas de Cavendish, ç'aurait pu être beaucoup plus grave… Ah, voilà justement ton amie !

J'ai à peine le temps de me retourner qu'une tempête rousse m'accoste, me saisit par le bras et m'entraîne tout en saluant Zeff qui lui rend son salut, amusé.

- Bon, Sanji, je te préviens d'ors et déjà que je n'ai pas toute ma journée.

OK, comme ça, c'est dit. Je sors d'un procès pendant lequel on m'a condamné pour pas grand-chose et où j'ai dû supporter un démon hystérique qui n'avait rien à faire là, tout ça pour tomber sur un Zeff rapide et une Nami pressée. Moi qui pensais pouvoir discuter un peu avec elle et faire durer le plus longtemps possible mon dernier séjour à la Confrérie avant quelques semaines, histoire de raccourcir ma peine même de quelques minutes, ça m'a tout l'air d'être rappé.

Ma chère démone m'entraîne vers une porte qu'elle ouvre à la volée, tout ça pour se hisser sur son bureau (plaqué or, une vraie œuvre d'art finement sculptée) et prendre un air ennuyé.

- C'est que j'ai du pain sur la planche, figure-toi. Quand on m'a annoncé que j'allais être assignée ici, j'ai tout de suite compris ce qu'il me restait à faire…

Je hausse un sourcil. Euh…

- Commencer une relation saine et amicale avec tes collèges angéliques, démoniaques et tes supérieurs ?

Elle me renvoie un regard catastrophé, la bouche agitée d'un tic.

- Tu plaisantes j'espère ?! Evidemment que non ! Une relation « saine » et « amicale »… Tu es bien un ange, toi ! Et un ange benêt en plus : je suis sûre que même tes confrères ne pensent pas à ce genre de chose en entrant dans leurs nouvelles fonctions. Ils pensent… Ils pensent à gravir les échelons ! A laisser leur empreinte dans l'histoire ! À…

- À… ?

- À SE FAIRE DU POGNON !

Oh non.

- Hum, Nami… Comment comptes-tu te « faire du pognon » à la Confrérie ? Tu sais que les anges sont rémunérés uniquement pour leurs bonnes actions ?

Ah, tiens, je viens de lui apprendre quelque chose qu'elle ne savait pas. Et qui n'a pas l'air de lui faire plaisir. Mais alors pas du tout.

- Comment ça ?

Sa voix est alarmée. Aïe, elle va déchanter.

- Le seul moyen de gagner de la notoriété ici, c'est en devenant ange gardien et en faisant tellement bien son boulot pendant un certain temps que Dieu décide de nous récompenser. On monte d'un grade, devient ange supérieur et on peut espérer avoir… je ne sais pas, une maison chic dans le quartier des anges supérieurs, par exemple…

- Oh… Donc pas de billets tombant du ciel ?

- Je ne crois pas, non.

- Bon, pas grave, je me contenterai de la maison chic. On trouvera bien moyen d'y installer un coffre-fort.

- Sans argent à l'intérieur ? Tu ne peux pas devenir « démone gardienne », hein !

- Merci Sanji, je ne suis pas idiote. Non, je pensais plutôt à trois solutions intéressantes : soit je pique l'argent des anges supérieurs…

- QUOI ?!

-… soit j'amasse tristement mon salaire jusqu'à ressembler à un vieux pruneau… continue-t-elle sans tenir compte de ma réaction.

- MAIS…

-… soit je… Sat… Mon Dieu, j'ai la solution ! Je vais séduire Dofla-quelque chose ! Il est bourré de fric, lui ? Génial ! En plus il a l'air pas mal fichu…

Je suis plus que désespéré. Atterré. Plus bas que terre, même.

- Nami… Tu ne peux pas faire ça…

Elle penche la tête sur le côté dans une attitude toute mignonne. Comment un visage aussi magnifique peut-il contenir un esprit aussi tordu et machiavélique ? C'est tout simplement inconcevable.

- Désolé Sanji, mais les anges fauchés ne m'intéressent pas. Tu n'as pas eu ta chance, c'est triste, mais c'est comme ça. Alors… séduire Dofla-quelque chose…

- Doflamingo.

- C'est ça, merci. Séduire Doflamingo… Tu n'aurais pas des conseils ?

- NON MAIS TU PLAISANTES ?!

- Bien sûr que non !

- TU NE VAS PAS SÉDUIRE… TU NE VAS PAS LE SÉDUIRE LUI !

- Bien sûr que si !

- NON, NON, NON ! NAMI, TU NE PEUX PAS FAIRE ÇA !

- Faire quoi… ? fait irruption une voix dans mon dos.

Devinez qui c'est ?


Voilà.

Chapitre très long, en plus. Je ne sais vraiment pas quoi dire.

Des avis? :/