Titre : Argaï
Auteur
: Nandra-chan
Disclaimer
: Rien n'est à moi, sauf ce qui n'est pas aux autres.
Note : Et voilà l'avant-dernier épisode de cette fic (après ça vous pourrez regarder la série de l'été sur TF1). Attention aux âmes sensibles, dans ce chapitre, quelqu'un meurt.
La review des reviews :

Anea : C'est qu'elle est coriace Sakura… je sais pas s'ils vont y arriver…
Hachi : Merci merci, je me suis un peu creusé la tête. Aujourd'hui, chapitre d'action (oui parce que jusqu'ici ils ont fait que glander)
Kuroxfyechan : oui, le manga en ce moment, c'est la déprime totale.
Emiko : je crois que là, effectivement, il vaut mieux rester sur le palier.
Sedinette : rappelle-moi de me rappeler que t'es une fille dangereuse, trop bien armée pour ma santé !

Etincelle, en remerciement pour tes encouragements et tout le temps que tu m'accordes (sans parler de tout le temps que tu vas encore m'accorder :p ) je te dédie ce chapitre, j'ai mis ce que tu aimes à l'intérieur, … des tiroirs.

Pour me jeter du mobilier à la figure, c'est en bas à gauche !


Chapitre 11 – Tiroirs

- Je vous ai trouvés ! fit une voix féminine joyeuse, juste derrière eux.

Ils n'eurent pas le temps de se retourner. Une salve de flèches d'énergie fondait sur eux à une allure vertigineuse. Elle s'écrasa sur les parois autour d'eux, et des tintements retentirent sur le sol. Chaque lance lumineuse dissimulait en son sein brûlant une pointe de fer.

- Recule ! Kuro-chan ! cria le mage en se précipitant à l'intérieur de la salle obscure.

Le guerrier obéit par réflexe, et alla se réfugier dans les ténèbres. Le rire de la fausse princesse retentit dans le couloir. Fye se plaça devant la porte, bras tendus, paumes vers l'avant et doigts ouverts, et fit apparaître un bouclier magique pour bloquer l'entrée. Il n'avait pas le temps de fermer les portes, et de toute façon, il doutait qu'elles fussent d'une quelconque utilité contre la maîtresse des lieux.

Un nouveau tir s'abattit sur son sortilège, mais il tint bon. Pendant ce temps, le ninja était parvenu à récupérer la boule de verre, mais sa clarté était insuffisante pour percer l'obscurité de la salle.

- Hé, le mage, on peut pas faire plus de lumière avec ce truc ?

Sans lâcher son sort, le mage se tourna vers lui.

- Frotte-la contre tes vêtements. Plus tu frottes, plus ça éclaire.

Effectivement, quelques secondes plus tard, l'artefact brillait de mille feux et éclairait les lieux comme en plein jour. Le ninja jeta un regard circulaire à la pièce, et demeura perplexe.

Ils étaient dans une salle ronde, dont le centre était occupé par un piédestal. Tout autour, des débris de verre étaient répandus sur le sol couvert de marbre. Et sur le dessus, il aperçut quelque chose. Il s'en approcha lentement, en essayant d'ignorer le bruit des attaques que « Sakura » faisait pleuvoir contre le bouclier du mage et le rire démentiel de la jeune fille.

Il reconnut immédiatement ce qui était posé sur le plateau de pierre. C'était une plume, ou plus exactement les cendres d'une plume. Voilà donc ce qu'il était advenu des morceaux de mémoire de la princesse après sa mort, ils s'étaient consumés. Au moins, c'était la preuve, s'il en fallait une, que la créature qui s'en prenait à eux n'était pas leur ancienne compagne de voyage.

Sans accorder plus d'attention aux restes de l'objet, il continua son examen du décor autour de lui. C'était une pièce circulaire, pour le moins étonnante. Du sol au plafond et sur toute la circonférence, les murs étaient recouverts de tiroirs. Ils étaient tous de la même taille, de bois clair et vernis, et la seule chose qui les différenciait était le motif que chacun d'entre eux portait de chaque côté de sa poignée ronde.

Certains représentaient des animaux, d'autres des symboles géométriques. Il ne semblait pas y en avoir deux d'identiques. Et probablement que la boite se trouvait dans l'un de ces tiroirs, mais comment faire pour savoir lequel ? Il y en avait des centaines ! Il hésita à un ouvrir un, posa la main dessus, puis renonça. On ne savait pas trop ce qu'il pouvait y avoir à l'intérieur, et il valait mieux se méfier, surtout dans cette baraque tordue.

- Fye, on a un problème.
- Ah bon ? gloussa le mage qui essuyait toujours les tirs nourris de son adversaire. Je n'avais pas remarqué.
- Un autre problème…
- Oh…

Le blond se retourna à nouveau, le temps de jeter un regard à ce qui préoccupait son équipier, considéra les lieux avec une mimique étonnée, puis revint à sa barrière de protection. Il n'était pas encore fatigué, mais il ne tiendrait pas indéfiniment non plus. « Sakura » s'approchait de plus en plus, et ses attaques se faisaient de plus en plus puissantes, ébranlant sérieusement ses défenses.

- Dépêche-toi, Kuro-chan ! Je ne vais pas pouvoir maintenir ce sort très longtemps.
- Je veux bien mais…
- Un lion… cherche un lion !

Sans prendre le temps d'essayer de comprendre, le guerrier se mit à détailler un à un les tiroirs, à la recherche de l'animal. Le temps pressait, il le savait, mais il y avait tellement d'images ! Et il ne pouvait pas voir celles qui étaient en hauteur.

Une déflagration retentit, faisant même trembler les murs. La fausse princesse était passée à des attaques plus sérieuses. Fye grimaça sous l'impact, et renforça son bouclier. Quelle que soit cette créature, elle était bougrement puissante ! Il transpirait à grosses gouttes, qu'il sentait glisser dans son dos et sur son front.

Kurogane cherchait toujours. Un lion…

- Trouvé !

Sans hésiter, il ouvrit le tiroir et regarda à l'intérieur. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise en découvrant son contenu. C'était un foulard, en soie légère, couleur de miel aux reflets chatoyants. Il le sortit et l'examina longuement, avec perplexité.

- Oh… C'est pas une boite ça !

Mais quand il se retourna vers le magicien pour avoir plus d'explications, il le vit à genoux, haletant, maintenant à grand peine ses bras tendus devant lui pour garder son bouclier en place, tandis que « Sakura » déversait sur lui un océan de feu magique. Il se précipita vers lui.

- Fye ! ça va ?

Le blond lui était à bout de souffle, mais le rassura d'un signe de tête.

- J'ai trouvé ça dans le tiroir, dit le guerrier en lui montrant la pièce de tissu.
- C'est bon, c'est ça… Dépêche-toi, Kuro-chan… répondit le mage entre deux halètements. Un requin… avec le foulard.
- Quoi ?
- Fais vite, s'il te plaît…

Un requin maintenant… Il avait vu quelque chose dans ce genre-là, lui sembla-t-il alors qu'il refaisait le tour de la salle en examinant à nouveau tous les tiroirs. Mais où avait donc pu passer ce fichu poisson !?

Il lui fallut plusieurs minutes pour le retrouver, tout en bas d'une rangée. Des explosions de plus en plus nombreuses retentissaient à l'entrée de la pièce, et même de là où il était, il pouvait entendre la respiration difficile de son équipier. Fye s'épuisait, il ne tiendrait plus très longtemps.

Kurogane grogna. Cette maudite gamine, cette maison bizarre, et un certain nombre d'autres choses commençaient à lui taper sérieusement sur les nerfs.

Il attrapa la poignée du tiroir, et tira dessus. La boîte était là, bien sagement rangée. Il tendit la main pour la prendre, puis se souvint des instructions de son ami. Avec le foulard. Il enveloppa délicatement l'objet dans le carré de tissu qu'il serra étroitement autour de lui et noua de façon à ce que le couvercle ne saute pas. La Sorcière avait dit qu'il ne fallait surtout pas l'ouvrir.

Il la glissa dans sa tunique et se hâta de revenir vers le magicien, toujours agenouillé. Il était si fatigué qu'il ne maintenait plus le bouclier que d'une main, utilisant l'autre pour s'appuyer sur le sol et ne pas s'effondrer.

- Je l'ai. On s'en va, Fye.
- Cherche… un dragon…
- Quoi ?
- Un dragon.

Le guerrier se releva. Pas le temps de chercher à comprendre. Faire confiance et obéir. Dans ce monde de magie, il ne pouvait rien faire d'autre. Il se remit en chasse. Dragon… mais lequel ? Il y en avait plusieurs. Un dragon oriental, long serpent muni de pattes et de crinière, un dragon occidental, gros lézard avec des ailes, lequel ?

Un choc sourd sur le sol. Le mage s'était effondré. Un rire dément éclata dans le silence revenu sur la pièce quand les attaques magiques avaient cessé, le bouclier brisé. Kurogane se retourna vivement. Fye gisait à terre, et dans l'encadrement de la porte, la fausse princesse les regardait avec un sourire atroce.

- Dommage, dit-elle. Vous y étiez presque !

Oriental ! Bien sûr ! Le ninja se précipita sur le tiroir qu'il avait repéré et l'ouvrit. Quand il vit le contenu, il reçut comme un coup dans la poitrine. Ginryû ! Une fois de plus, il avait retrouvé son sabre, et une fois de plus grâce à Fye.

Mais il n'eut pas le temps de s'en réjouir. A peine avait-il empoigné l'arme qu'il sentit un puissant courant d'air envahir la pièce, et entendit un bruit étrange, comme un tremblement. Et soudain, sur un geste de la jeune fille qui était restée sur le seuil, l'enfer se déchaîna autour de lui.

Les tiroirs sortaient un à un de leur compartiment et volaient dans tous les sens, se heurtant violemment les uns aux autres et déversant leur contenu sur le sol. L'un d'eux vint frapper brutalement l'épaule du ninja, qui se baissa juste à temps pour éviter d'en prendre un autre en pleine tête.

Il brandit son sabre et commença à trancher tout ce qui passait à sa portée, tout en essayant de se rapprocher de son compagnon, toujours inerte. Il devait le protéger, et ils devaient trouver un moyen de s'échapper de cette pièce.

Il y était presque ! Plus que quelques pas et il serait auprès de lui. Mais alors qu'il pensait toucher au but, une brume apparut devant lui, et une silhouette se matérialisa. Sa silhouette. Il s'arrêta, pratiquement nez à nez avec son double. Double en piteux état, d'ailleurs, la gorge déchirée, du sang plein sa tunique. Le guerrier le toisa longuement, et ses yeux s'arrêtèrent sur la blessure. Un sourire carnassier naquit sur son visage : Fye n'avait pas fait dans la dentelle, certes, mais ça prouvait qu'il s'était vraiment battu pour survivre coûte que coûte, et ça, ça plaisait bien au brun.

Mais malgré son aspect pour le moins négligé, le clone souriait, et il brandissait son épée devant lui, prêt à en découdre. Kurogane se mit en garde et s'apprêta à se battre, tandis que les tiroirs volants continuaient leur manège infernal, orchestré par une « Sakura » qui ne cessait de rire comme une démente.

L'un d'entre eux heurta le ninja sur le côté de la tête, lui faisant voir trente-six chandelles. Son double saisit l'occasion pour attaquer et fondit sur lui avec un rugissement. Entre le vent, le ballet incessant de toutes sortes d'objets, et les tintements dans son cerveau, le guerrier faillit se laisser prendre et n'esquiva que de justesse l'assaut.

Mais le déplacement de son adversaire avait libéré son champ de vision, et il aperçut la jeune fille qui s'avançait vers le mage immobile, un poignard à la main.

- Très touchante, votre petite scène de tout à l'heure, dit-elle. Mais vous êtes vraiment méchants, tous les deux. Vous auriez dû la jouer jusqu'au bout.

Elle se tourna vers le ninja.

- Il t'a sauvé la vie, ce magicien, tu sais ? Sans son intervention, tu te serais tué après l'avoir poignardé. Ça aurait été tellement merveilleux comme scène. Lui, agonisant sur le sol, impuissant, te regardant retourner l'arme contre toi… J'avais beaucoup travaillé pour tout préparer. Vous m'avez gâché mon plaisir. Je crois que ça demande réparation.

Il devait faire quelque chose. Dans son dos, il entendit le souffle du clone qui le chargeait à nouveau. Il para sans regarder avec Ginryû, et lança Sôhi en direction de la jeune fille, avant de se retourner vers son adversaire.

Il entendit un hoquet, le choc sourd d'un corps qui s'effondre, et se concentra sur le « faux » Kurogane. L'affaire fut vite entendue, les imitations étant bien loin la réalité. Il le laissa attaquer plusieurs fois, restant en position de défense, puis, au moment où l'autre s'y attendait le moins, il prit l'initiative de l'assaut suivant. Il fonça, lame au-dessus de la tête, et abattit son arme sur l'ennemi, qui fut proprement découpé en deux jusqu'à la taille.

Sans attendre de le voir s'écrouler, il se retourna. « Sakura » était à genoux. Sôhi l'avait transpercée de part en part, et la pointe de l'épée enfoncée dans son abdomen ressortait dans son dos, tandis qu'elle vomissait des flots de sang.

Sans un frémissement, il s'approcha d'elle et retira son sabre. Elle s'avachit mollement et ne bougea plus. Les tiroirs et autres objets volants retombèrent tous en même temps sur le sol, dans un fracas épouvantable, puis le manoir replongea dans son silence habituel.

Ereinté, le ninja se laissa choir à côté du magicien, et lui fourra une main dans les cheveux.

- Eh, le mage, t'es mort ?
- A l'agonie… répondit le blond d'une voix faible, mais amusée.
- Bien.
- Kuro-chan ?
- Quoi ?
- Regarde au-dessus de ta tête.

Le brun leva les yeux et manqua s'étrangler. Le plafond était en train de se craqueler. Un gros carré menaçait de se détacher et leur tomber dessus. Du plâtre et des petits bouts de pierre l'avaient déjà précédé.

- Fye ?
- Quoi ?
- On se tire !