Note de
l'auteur : Me
revoilà extrêmement en retard et j'en suis la première navrée ! Je n'ai
pas encore répondue aux reviews et je n'aurais pas le temps de le faire vu que
je commence directement à écrire le prochain chapitre afin que vous n'ayez pas autant
d'attente. Pour ceux qui doute, non je n'ai pas abandonné cette histoire mais
je n'ai pas beaucoup de temps.
Encore désolée.
Chapitre 11 : Hors de la rue
Il était prêt à rentrer à Poudlard lorsque son regard croisa deux billes d'argent…
Severus
n'en croyait pas ses yeux, devant lui se tenait un chien, plus
grand que la moyenne, d'un noir profond et d'une maigreur à
faire pitié. Mais ce n'était pas vraiment dans sa
nature d'avoir pitié de quelque chose, ou en l'occurrence,
de quelqu'un.
Il fixa le chien du regard et ne bougea pas. Il le
jugeait. En regardant fixement le chien, on sentait que ce n'était
pas un chien normal. Ses yeux brillaient d'intelligence, ou plutôt
de bêtise si on demandait à Snape.
Sirius
de son côté observait Snape. Allait-il alerter les
autres sorciers ou attendrait-il ? Serait-il curieux ou au
contraire trop heureux de l'attraper ? Tant qu'ils étaient
dans une rue piétonne, il ne risquait pas grand-chose. Snape
n'oserait jamais sortir sa baguette devant autant de Moldus, mais
si Sirius décidait de l'emmener auprès d'Harry
n'allait-il pas le stopper avant qu'il ait pu l'atteindre ?
Snape
n'ayant fait aucun mouvement, Sirius décida de faire le
premier pas et partit doucement en direction de la 'maison' de
l'enfant. Après avoir passé quelques croisements de
rues il se retourna pour voir si Snape le suivait.
Lorsque Severus vit le chien partir doucement il s'était dit que Black tentait de s'échapper discrètement sans attirer l'attention sur lui. Mais il constata bien vite que là où le chien aurait pu se mettre à courir pour le semer, ce dernier n'en fit rien. Intrigué, il continua de le suivre et s'aperçut que le chien regardait s'il arrivait à suivre.
'''Alors Black, où me promènes-tu ? Piège ou vers Harry ?'''
Sa
main n'était pas très loin de sa baguette et il avait
en tête quelques sorts bien sympathiques à l'intention
de sa Némésis. Ils finirent par déboucher dans
une des rues que Severus avait déjà visitées. Il
avait sillonné le quartier et n'avait rien trouvé. Il
ne comprenait pas ce que Black cherchait dans cet
endroit.
Brusquement, le chien prit un ange à quatre-vingt
dix degrés et se retrouva dans une petite ruelle qui avait
échappé à sa vigilance. Il était même
persuadé que cette rue n'existait pas. Mais il se trompait
puisqu'elle était bel et bien là.
Plus on se rapprochait d'Harry, plus Sirius doutait de son geste. Certes, c'était la meilleure chose à faire pour Harry, mais lui, qu'allait-il devenir ? Une fois Harry en sécurité, il ne se faisait aucune illusion, ce serait un ticket simple pour Azkaban, voir pire, pour un baiser. Il n'avait pas envie de mourir et il n'avait certainement pas envie de retourner là bas, mais il aimait Harry, il ne voulait pas l'abandonner. Encore moins après l'avoir retrouvé et l'avoir connu, même si cela n'avait été que très bref. Il arriva enfin près de la grille et se faufila dans le trou. Il regarda Snape passer au travers du grillage. Non il ne regrettait pas sa décision, il avait fait le bon choix, il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour qu'Harry soit heureux et en sécurité, quitte à s'échapper d'Azkaban à nouveau si cela s'avérait nécessaire.
Severus regarda la maison avec un froncement de sourcil. Comment cette maison pouvait-elle encore tenir debout ? Harry avait-il vraiment vécu ici pendant tout ce temps ? Comment faisait-il pendant l'hiver avec les trous béants qui ornaient la maison ? Il suivit le chien à l'intérieur et vit un petit paquet tremblant enroulé dans une sorte de couverture, du moins ce qu'il en restait. Lorsqu'il s'approcha un peu plus près, il vit une petite chose toute tremblante qui délirait doucement. Ses paroles étaient incompréhensibles, même en l'écoutant attentivement Severus n'y comprenait rien. Il se retourna vers le chien qui semblait très inquiet.
« Black, tu ne crois pas que tu aurais pu nous prévenir plus tôt ? Idiot. »
Pendant que Snape l'abreuvait de tous les noms d'oiseaux, Sirius ne bougea pas et se prit ce qu'il méritait dans la figure. Il l'avait peut-être un peu cherché. À attendre le dernier moment pour prévenir quelqu'un, il avait mis en danger Harry.
Severus prit presque tendrement le petit paquet et regarda le chien qui ne semblait pas aller très bien lui non plus.
« Accroche-toi je transplanne à Poudlard. »
Sirius prit un bout de la couverture dans sa gueule et sentit la sensation bien connue du transplannage. Une fois arrivé, il reconnu Pré au Lard. La ville n'avait pas tant changé que cela. La dernière fois qu'il y était passé, c'était pour espionner les enseignants de Poudlard, maintenant il la regardait avec un nouveau visage. Il tenta de se faire petit lorsqu'ils traversèrent le village. Personne ne sembla remarquer le maître des potions et son précieux fardeau. Une fois les grilles de Poudlard dépassées, Sirius prit le chemin de la forêt interdite.
Severus marchait le plus rapidement possible, sans toutefois trop secouer son précieux paquet. Comme à son habitude, les gens ne lui jetèrent aucun coup d'œil. Il passa les grilles et fonça directement vers l'infirmerie. Ce fut uniquement une fois devant les portes de l'antre de Pomfresh qu'il s'aperçut que Black n'était plus avec lui. Depuis quand n'était-il plus dernière lui ? Il n'aurait su le dire.
« Severus,
qu'est-ce que vous m'amenez là ?
-Un enfant
Pomfresh, il est tremblant de fièvre et bien trop léger
pour son âge. »
Severus installa l'enfant sur un lit et ouvrit doucement la couverture. Pomfresh commença à l'examiner lorsqu'elle remarqua la fameuse cicatrice en forme d'éclair sur le front de l'enfant.
« Mais,
mais c'est, c'est…
-Oui, c'est lui Pomfresh, dites-moi
tout sur son état.
-Eh bien, à part une malnutrition
évidente et surtout de longue durée ainsi qu'une
fièvre carabinée, il semble bien aller. Je vais lui
administrer plusieurs potions, mais je crains que sa croissance ait
été altérée et qu'il n'atteindra
jamais la taille qu'il aurait dû avoir. Être plus petit
n'a jamais tué quelqu'un de toute manière.
-Prenez
soin de lui, je dois aller prévenir le directeur.
-Pas la
peine Severus, je suis là, comment va-t-il ?
-Il ira
mieux d'ici quelques semaines en ce qui concerne sa fièvre
et son hygiène, par contre il est fort à parier qu'il
aura peur de nous. Il ne connaît aucun d'entre
nous.
-Attendons déjà qu'il aille mieux, et après
on essayera de gagner sa confiance.
-Ce ne sera pas aussi simple
que cela Dumbledore, répliqua Severus, cet enfant s'est
débrouillé seul pendant un an et neuf mois, il sera
méfiant, et si on connaît le père, on sait
comment sera le fils.
-Vous ne le connaissiez pas du tout Severus,
s'exclama Pomfresh.
-Si vous le dîtes. »
Severus partit en direction de ses cachots et alla prendre le paquet de copies qu'il devait absolument corriger et remonta dans l'infirmerie. Entre temps, Dumbledore était déjà repartit et Pomfresh s'occupait d'Harry. Elle l'avait déjà déshabillé et lui enfilait une de ces horribles blouses qu'elle donnait à ses patients lorsqu'ils dormaient à l'infirmerie.
« Que
faîtes-vous là Severus ?
-Je vais veiller sur
lui, répondit-il d'une voix polaire.
-Il a besoin de
repos et aucune visite n'est…
-J'ai trouvé ce garçon
et je compte bien veiller sur lui jusqu'à ce qu'il aille
mieux, je reste là, de plus je ne le dérangerais pas vu
qu'il dort déjà.
-Je lui ai donné une
potion pour qu'il dorme. Il ne se réveillera que lorsque son
organisme aura récupéré, cela prendra sûrement
des heures voir des journées.
-Eh bien dans ce cas, je
resterais là des heures voir des journées. »
Pomfresh ne comprenait pas le comportement de Severus Snape. Jamais il n'avait aimé les enfants, mais celui-ci semblait faire exception. Pourtant, c'est cet enfant en particulier qui devrait attirer sa haine, mais manifestement, elle s'était trompée.
Severus
était complètement abasourdi par les bêtises que
certains étudiants pouvaient marquer sur leurs copies. On
pouvait à la rigueur comprendre les premières années,
mais les copies des septièmes années étaient
encore catastrophiques. Il ratura une copie et mis un beau P rouge
dessus. Au moment de passer aux copies des deuxièmes années,
il entendit un bruit venant de la porte de l'infirmerie. En
regardant l'heure, il s'aperçut qu'il avait passé
plusieurs heures sur ses copies sans s'en rendre compte. Il était
dix heures passés et il n'avait ni déjeuné, ni
dîné.
En se rapprochant de la porte, il sortit sa
baguette par habitude tout en se disant que ce n'était qu'un
élève qui s'était sûrement battu quelque
part. En ouvrant la porte, il vit un grand chien noir entrer et se
diriger directement vers le lit d'Harry. Etonné du culot de
Black d'arriver ici, il alla se réinstaller dans son
fauteuil et regarda le chien.
Sirius
avait été inquiet toute la journée, se trouver
une cachette dans la forêt interdite était bien
difficile, connaissant toutes les étranges créatures
qui y vivaient. Il avait songé à retourner dans la
cabane hurlante, mais ce serait bien trop évident comme
cachette. Lorsque la lumière du jour avait commencé à
baisser, son impatience avait grandi. Il avait hâte de
s'infiltrer discrètement dans le château et d'aller
directement à l'infirmerie.
Il sortit de sa cachette
uniquement lorsque la nuit fut bien noire, il rentra sans grandes
difficultés dans le château et éviter les gens
avait été l'un de ses passe-temps favoris lorsqu'il
était encore un élève.
Il avait été
très étonné de constater que Snape surveillait
Harry alors que la nuit était déjà tombée,
de plus ce dernier ne semblait pas du tout vouloir bouger.
« Il est faible à cause de la longue durée de sa malnutrition, la fièvre devrait tomber rapidement, mais son corps mettra plus de temps à se remettre. L'infirmière dit qu'il aura un retard de croissance à cause du régime alimentaire qu'il a eut toute sa vie. »
Sirius
regarda bizarrement Snape. Venait-il de lui dire l'état
d'Harry ? C'était un geste plutôt…sympathique.
Mais associer Snape et sympathique ne collait pas vraiment dans la
tête de Sirius. Pourtant, il avait eu besoin de ces
informations, c'était pour cela qu'il était
venu.
Il monta sur le lit du garçon et se coucha à
ses pieds. Il savait que Snape ne dirait rien, sinon il l'aurait
déjà fait depuis bien longtemps. Cela ne voulait pas
dire qu'il lui faisait confiance, mais il savait seulement que ce
dernier ne dirait rien. Il n'arriva pas à s'endormir et
lorsque la lumière commença à se montrer, il
fila rapidement rejoindre sa cachette.
Severus n'avait pas non plus dormi, bien qu'il sache que Black ne ferait aucun mal à Harry, il voulait être éveillé au cas où le garçon se réveillerait lui aussi. Mais cela n'arriva pas. Aux premières lueurs de l'aube, le chien fila en quatrième vitesse et quelques minutes plus tard Pomfresh entra dans l'infirmerie.
« Comment
va notre grand malade aujourd'hui ?
-Il ne s'est pas
réveillé.
-S'il s'était réveillé
je l'aurais su, me prenez-vous pour une mauvaise infirmière ?
Je sais encore poser des sorts d'alerte au cas où la
personne se réveille ou si au contraire son état
s'aggrave. Allez vous reposer Severus, vous semblez ne pas avoir
dormi de la nuit.
-Je préfère rester ici.
-Et
lors de vos cours, ou lors des repas, vous comptez aussi rester
là ?
-Lors de mes cours non, mais les repas, je ne
vois pas ce qui m'empêche de les prendre ici.
-C'est une
infirmerie et non un réfectoire, vous irez prendre vos repas
dans la grande salle ou je vous interdis complètement l'accès
ici. »
Contraint
et forcé d'abdiquer, Severus accepta le marché de
Pomfresh à regret. Il eut la satisfaction de pouvoir rester à
l'infirmerie toutes les nuits.
Les repas dans la grande salle
était d'un ennui et d'un bruyant incomparable. On aurait
pu penser que Severus s'y habituerait depuis le temps qu'il y
mangeait, mais non, rien n'y faisait, cela l'ennuyait toujours
autant.
Remus était passé voir Harry dès qu'il avait su que ce dernier avait été retrouvé. Il n'y avait d'abord pas cru, Harry semblait encore plus mince que la dernière fois qu'il l'avait vu et surtout beaucoup plus fiévreux. Le voir ainsi lui avait fait mal, il savait que Severus veillerait sur lui. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi Severus était autant attaché à Harry, mais il en était très content ! Ayant des cours à donner, Remus était reparti rapidement de l'infirmerie mais il y passait le plus souvent possible. Seul Severus avait obtenu l'autorisation par Pomfresh d'y rester toute la nuit.
« Comment
va-t-il ? Demanda discrètement Remus à
Severus.
-Aucune amélioration, tu comptes me le demander
toutes les cinq minutes ?
-Excuse-moi, je suis juste un peu
sur les nerfs. Comment l'as-tu retrouvé ?
-J'ai
juste eu une aide venant de Ted et voilà.
-Tu pourrais
développer.
-Je n'ai pas vraiment envie que cela se sache
dans la gazette dès demain.
-Je vois que cela n'a pas
changé ton caractère.
-Comme si j'allais changer
de caractère. Le seul moment où cela pourrait se passer
c'est dans tes rêves Lupin. Maintenant, j'aimerais finir de
manger tranquillement.
-Je trouve que tu faiblis en insulte,
dit-il en souriant.
-Enlève-moi ce sourire débile de
ta figure, je n'ai jamais entendu autant de bêtises.
-Tu
finis par te répéter, ça en devient presque
lassant. »
Severus
ne répondit pas à la pique de Lupin et finit rapidement
son dessert. Il prit tout d'abord le chemin des cuisines et prit
une assiette pleine puis retourna vers l'infirmerie. Il prit soin
de bien cacher l'assiette afin que personne ne lui pose de
questions indiscrètes dessus.
A la nuit tombée, le
chien re-rentra dans l'infirmerie et alla se coucher au pied
d'Harry, comme s'il veillait sur son sommeil. Severus sortit
l'assiette et la posa au pied du lit. Sans rien dire il retourna
s'asseoir dans son fauteuil et surveilla Harry.
Sirius ne savait comment interpréter le geste de son ennemi. Est-ce qu'il s'agissait de nourriture normale ou l'avait-il empoisonné ? Il renifla plusieurs fois, mais ne fut toujours pas convaincu.
« Je n'ai pas empoisonné cette nourriture, j'ai juste pitié de toi Black. Mais si tu veux mourir de faim, pas de problème pour moi. J'ai la conscience tranquille et à bien y réfléchir, un monde sans toi ne peut être qu'un monde meilleur. »
Le chien lui lança un regard meurtrier mais commença à manger, ou plutôt à s'empiffrer.
« Je sais bien que tu n'as jamais eu de cours de bonne conduite mais là c'est vraiment dégoutant, tu me fais pitié Black. »
Sirius
ne releva même pas à la tête à la pique de
Snape, il préférait manger ce qu'il y avait dans
l'assiette. La bonne nourriture lui avait manqué. On ne
pouvait pas dire qu'à Azkaban on mangeait bien, et même
une fois dehors les repas n'étaient pas de bon petits plats
chauds.
Une fois terminé, il s'allongea à nouveau
aux pieds d'Harry et attendit. Comme la nuit précédente,
il partit dès que l'aube arriva.
Ce
même manège dura une longue semaine, Severus tenait à
peine debout et était de plus en plus fatigué, mais il
ne voulait pas abandonner Harry. Beaucoup de monde s'inquiétait
pour lui, mais il se contentait de les envoyer voir ailleurs.
Au
bout d'une semaine, Harry montra des signes de réveil et ce
fut en plein après midi qu'il ouvrit enfin les yeux. Sa tête
ne tournait plus et il se sentait en meilleure forme. Mais il
commença à paniquer en constatant qu'il était
dans un lieu complètement inconnu. Les murs étaient en
pierre et tout était blanc. Il paniqua complètement
lorsqu'il vit Pomfresh entrer dans cette grande salle.
« Oh Harry, tu es réveillé. Ne bouges, je dois d'abord regarder si tout va bien. »
Sans
savoir réellement ce qu'il se passait un voile gris et
opaque apparut entre l'infirmière et lui. Pomfresh tenta de
passer ce voile mais en fût incapable. Elle alerta aussitôt
Dumbledore qui arriva très rapidement.
Harry le reconnut
immédiatement, son physique était assez inoubliable, et
cela lui rappela qu'il ne devait parler en aucun cas des Dursley.
Il décida alors de ne pas parler du tout, avec un peu de
chance, ces personnes ne le reverrait pas là bas et peut-être
qu'elles seraient d'accord pour qu'il retourne dans sa cabane.
« Harry, je m'appelle Albus Dumbledore et tu te trouves à Poudlard, c'est une grande école où il y a pleins d'élèves. Tu te trouves à l'infirmerie. Voici l'infirmière, elle s'appelle Mme Pomfresh et elle souhaite t'examiner. Mais pour t'examiner il faut que tu enlèves ce voile Harry. »
Harry avait appris une chose dans la rue, les gens ne sont pas ce qu'ils semblent être. Le vieux Bob en était une preuve formelle.
Flashback
Harry
et Ted étaient à nouveau au centre de survie. La
principale raison étant la douche hebdomadaire d'Harry, mais
un bon repas ne pouvait pas faire de mal au petit. Ted n'avait pas
gagné assez d'argent pour acheter de la nourriture à
Harry, ils allaient devoir se contenter de bouts de viande dont on ne
connaissait pas vraiment l'origine et de riz un peu trop bouilli.
Mais Harry aimait bien le centre de survie, toutes les personnes
qu'il rencontrait se montraient gentilles avec lui.
Ce soir là,
Harry vit un vieil homme, sûrement le plus vieux de tous ceux
qui étaient présents.
« C'est
qui ? Demanda doucement Harry à Ted en montrant du doigt
le vieil homme.
-Lui là bas ? C'est l'ancêtre,
on l'appelle le vieux Bob. »
Son
apparence de vieil homme avec sa petite barbe blanche lui faisait
penser au père noël. Il semblait avoir du mal à se
déplacer, alors porter un plateau et avancer en même
temps lui prenait un certain temps.
Harry alla à sa
rencontre et lui proposa de prendre son plateau pour l'aider.
« Qu'est-ce que tu crois être entrain de faire gamin ? Tu crois que je ne te vois pas me voler ma nourriture ? Va te chercher un plateau. Non mais j'hallucine, la jeunesse de nos jours, aucun respect pour nous. »
Les paroles du vieux Bob avaient été sèches, brutales et méchantes. Le ton de colère qu'il avait prit avait fait paniquer Harry ayant pour conséquence une explosion de plusieurs paquets de chips.
« C'est le gamin, je suis sûr que c'est la gamin qui a fait ça, hurla le vieux Bob. Va t'en morveux et que je ne te revoie plus traîner dans mes pattes. Démon, les jeunes d'aujourd'hui ne sont que des démons. »
Harry, paniqué par la manifestation de sa magie et par les paroles blessantes du vieil homme, se réfugiât derrière Ted qui semblait amusé par la situation.
« J'ai oublié de te dire que c'est un vieux grincheux. Il ne faut jamais se fier aux apparences, quelqu'un de souriant et gentil peut avoir une idée derrière la tête, crois moi, en matière de manipulation ce sont les meilleurs. Si jamais tu dois hésiter entre deux personnes, prends toujours celui qui te paraît le plus naturel, qu'il ait l'air méchant ou gentil. »
Fin du Flashback
Harry, face à l'attitude soit disant gentille du vieil homme préféra ne rien faire et surtout ne rien dire.
« Il
ne semble pas vraiment convaincu.
-J'en ai bien peur Pompom,
j'en ai bien peur. »
Dumbledore sortit sa baguette et lança quelques sorts contre le voile qu'Harry avait conjuré.
« C'est
un voile puissant pour un enfant si jeune, je peux bien sûr le
casser mais j'ai peur de perdre complètement sa
confiance.
-Disons que pour le moment il ne semble pas malade, dit
Pomfresh à regret, je vais aller lui chercher un plateau repas
pour qu'il mange. Quand croyez-vous qu'il arrêtera ce
sort ?
-Je ne sais pas, tant qu'il n'est pas en danger
direct ne tentons rien. »
Lorsqu'Harry les vit quitter la pièce, il fût rassuré et le voile tomba de lui-même. Il allait sortir de l'infirmerie quand subitement Pomfresh entra à nouveau, Harry courut jusqu'à son lit et le voile réapparût.
« Je ne te ferais aucun mal Harry, dit-elle doucement, je ne veux que ton bien. Regarde je t'ai apporté à manger. Tu ne veux pas me dire quelque chose ? »
Harry ne dit toujours rien et regarda l'infirmière lui apporter un plateau où il semblait y avoir de très bonnes choses. L'infirmière tenta une approche plus directe et tenta de forcer le voile. Harry, paniqué à l'idée qu'elle y arrive, ferma les yeux et se mit en boule. Un coup de vent violent percuta l'infirmière qui se fit éjecter loin du petit garçon mort de peur.
« Vous
apprenez à voler Pomfresh ? Je pensais que vous n'aimiez
pas cela, se moqua Severus.
-Très drôle, aidez moi
plutôt à me relever. Si ce gamin ne souhaites pas manger
tant pis pour lui. Il enlève ce bouclier seulement quand il
est seul. Cette nuit je ne pense pas que vous allez dormir à
l'infirmerie.
-Je pense au contraire que j'y dormirais.
-C'est
un ordre Severus, je veux que ce garçon se repose.
-Et il
le fera, que je sois là ou pas ne l'empêchera pas de
dormir. »
Severus
coupa la conversation et alla s'installer dans son fauteuil afin
d'y étudier le petit garçon. Pour un enfant de
presque huit ans, Harry était vraiment trop chétif et
petit. Si jamais il avait la famille du gamin sous la main…
Il
avait encore pas mal de sortilèges de torture en mémoire
pour leur faire regretter ce qu'ils avaient fait à ce pauvre
garçon.
« Très bien, vous êtes aussi têtu l'un que l'autre. »
Pomfresh, blessée dans sa dignité préféra partir avant de se ridiculiser davantage.
« Malgré son apparence un peu gardienne de prison c'est une bonne infirmière. Bien sûr, si tu dis quoi que ce soit à quelqu'un, je nierais tout en bloc. »
Harry observait cet homme étrange. Il l'avait déjà vu une fois, c'était la dernière journée qu'il avait passé avec Draco. Il avait une apparence assez froide, mais Harry connaissait des sans maison comme lui qui semblaient méchants mais qui en réalité étaient gentils. Ted lui avait toujours dit de ne jamais se fier aux apparences.
« Oh, tu joues à celui qui ne parle pas ? Très bien, moi ça ne me dérange pas, bien au contraire. Je déteste les enfants qui parlent tout le temps. A ce jeu je suis plus fort que toi. »
Harry
regardait l'homme depuis quelques heures et ce dernier ne parlait
toujours pas. Le plateau repas lui faisait bien envie et son estomac
commençait à se faire entendre.
Severus voyant Harry
en plein dilemme approcha le plateau du voile et se recula assez
loin. Il avait apporté avec lui plusieurs autres tas de copies
qu'il commença à corriger.
Harry avait vu le geste de l'homme et ce dernier ne semblait plus le regarder. Pendant un court instant, il enleva son voile prit le plateau et le voile réapparut. La nourriture était froide mais Harry y était habitué. Prendre un bon repas lui fit du bien. Il s'endormit comme une masse.
Severus
souriait devant l'air méfiant du garçon. Il avait
entendu dire qu'il s'était même méfié
de Dumbledore, comme quoi tout pouvait arriver. Le vieil homme avait
sûrement été déçu du comportement
du petit et Severus aurait payé cher pour voir sa tête.
Quant à celle de Pomfresh après avoir fait un vol
plané, toutes ces années d'effort pour rester
impassible avait failli passer à la trappe.
Il comprenait
Harry. Après avoir vécu dans des conditions difficiles,
il ne pouvait en être autrement, cela aurait été
trop étrange que le garçon se jette dans les bras du
premier inconnu.
Tous les soirs, Sirius rejoignait discrètement l'infirmerie, mais cette fois-ci il découvrit un plateau repas à côté du lit d'Harry.
« Toujours à l'heure, Black, à croire que tu as avalé une montre. Il s'est réveillé aujourd'hui et nous a fait une belle démonstration de ces pouvoirs. Il a refusé de parler. »
Sirius
trouva étrange qu'Harry, qui était si bavard, ait
décidé de ne pas parler. Mais il est vrai que parler
avec un chien quand on est seul et parler avec des étrangers
dans un lieu inconnu étaient deux situations bien différentes.
Hélas pour Sirius, Harry ne se réveilla pas de la nuit
et il dût partir sans voir l'enfant éveillé.
Lorsqu'il
rejoignait sa cachette, il s'endormait mais ses cauchemars ne le
laissaient jamais tranquille. Du coup, il se réveillait
souvent et n'avait pas eu une seule nuit reposante depuis bien trop
longtemps.
Le lendemain, à la seconde où Harry fut éveillé, le voile fit son apparition. Severus, qui n'avait dormi que d'un œil, fut surpris par le fait que sa magie accidentelle reproduise le même phénomène. D'habitude, la magie accidentelle ne se manifestait pas du tout systématiquement, et jamais les enfants pouvaient refaire les mêmes choses.
« Etrange n'est-ce pas ? »
Dumbledore avait surgit de nulle part et Severus, au prix d'un grand effort de concentration, parvint à ne pas paraître surpris.
« De
quoi parlez-vous ?
-De sa magie, j'ai l'impression qu'il
la maîtrise, qu'il sait ce qu'il veut.
-Vous voulez dire
qu'il fait de la magie sans baguette.
-La magie accidentelle
marche sur le même principe.
-Sauf que la magie sans
baguette demande un effort de concentration et de puissance.
-Les
enfants sont parfois si imprévisibles, Harry a puisé
dans sa magie pour survivre seul dans les rues et aujourd'hui je
pense qu'il la maîtrise même s'il n'en est pas
conscient. Il n'a pas parlé pendant la nuit ?
-Non,
aucun progrès de ce côté-là.
-Peut-être
devrions-nous laisser Minerva et Pompom lui parler.
-Je doute que
ce gamin accorde sa confiance à Pompom, pas après ce
qu'il s'est passé hier.
-Laissons Minerva faire
alors. »
Severus,
ayant l'obligation d'aller prendre son petit déjeuner dans
la grande salle, quitta l'infirmerie contre sa volonté et
laissa Minerva avec Harry.
Cette dernière sortit deux
heures plus tard de l'infirmerie les bras ballants.
« Rien,
il n'a rien voulu me dire, il est muet comme une carpe. À se
demander s'il n'est pas muet.
-Quand je l'ai ausculté
alors qu'il était inconscient il ne présentait aucun
symptôme. Il ne veut simplement pas parler, sinon il aurait
tenté de se faire comprendre autrement.
-Peut-être
devrions-nous lui parler de la magie et de notre monde, il serait
alors plus enclin à parler, tenta Minerva.
-On peut
toujours essayer. »
Ce fut Dumbledore qui tenta cette nouvelle approche, mais il ressorti plusieurs heures après avec une petit moue boudeuse.
« Il ne veut rien entendre. Il a tout de même parût impressionné par les tours de magie, mais il n'y a rien à faire, il ne veut pas parler. »
Severus
tenta de ne pas éclater de rire devant la mine boudeuse du
directeur, après tout Dumbledore avait toujours été
aimé par tout le monde, et voilà qu'un gamin de
presque huit ans n'avait pas confiance en lui.
Pour la fin de la
journée, Severus se réinstalla dans son fauteuil avec
un bon paquet de copies de septième année et se mit à
les corriger sous le regard perçant de l'enfant.
Harry
ne comprenait pas grand-chose à sa situation, apparemment ces
personnes disaient qu'elles ne lui voulaient que du bien et qu'il
devait parler et leur raconter ce qu'il avait vécu, mais il
n'en avait aucune envie. Ce qu'il voulait, c'était de
retourner dans sa maison, là où il se sentait en
sécurité et retrouver Ted et Sauveur, ses deux amis. Il
aimerait aussi beaucoup revoir Draco encore une fois et même
Isabelle lui manquait. Ces personnes étaient bizarres. Le
vieux monsieur faisait comme lui de la magie, mais il avait déjà
vu des magiciens avant. C'était lors du dernier anniversaire
de Dudley, il avait dû rester enfermé dans son placard,
mais il pouvait voir ce qu'il se passait dans le salon. Les Dursley
avaient engagé un clown et un magicien, ce dernier avait été
fantastique et Harry avait été émerveillé
par le lapin qui sort du chapeau. Mais tout cela n'avait été
que tromperie. Lorsque les enfants étaient partis, le magicien
avait révélé les secrets de sa 'magie' et
Harry avait vite comprit que tout n'avait été que
tromperie.
Il était persuadé qu'il en était
de même pour le vieux monsieur. Il n'y avait que lui qui
était capable de faire de la vraie magie.
Severus
releva la tête lorsqu'il entendit quelques sanglots. Le petit
semblait trembler, sa tête était cachée dans son
oreiller et il était roulé en boule. Il pleurait et
cela déchira le cœur du maître des potions, il ne
pouvait rien faire.
La seule idée qui lui vint à
l'esprit fût d'apporter un plateau repas avec des desserts
variés.
« Tiens Harry, tu dois être mort de faim. J'ai même demandé à ce qu'on te serve une part de gâteau au chocolat, dit-il d'un ton doux que personne ne lui connaissait. Je ne savais pas ce que tu aimais comme dessert alors j'ai pris plusieurs choses. Il faudra que tu me dises ce que tu préfères pour que je puisse t'en apporter demain soir. »
Harry regarda le plateau avec envie et comme la vieille l'homme en noir déposa le plateau près du voile et se recula. Sans expliquer pourquoi, le regard de cet homme semblait le protéger, il se sentait en sécurité lorsqu'il était présent. Après le repas, Harry s'endormit et le voile disparut.
Sans
se l'expliquer, Severus alla border l'enfant et récupéra
le plateau où Harry avait mangé uniquement l'éclair
au chocolat ainsi que sa viande. Il n'avait pas touché aux
légumes. Severus leva les yeux au ciel à cette
constatation et ramena le plateau aux cuisines. Il remporta avec lui
une gamelle qu'il prit soin de bien cacher. Il n'osait même
pas penser à ce geste devenu quotidien, cela le dépassait
totalement. Comment pouvait-il aider Black à survivre ?
Il lui avait pourri toute sa scolarité, alors pourquoi l'aider
maintenant ? La pitié ? Il n'avait jamais eu pitié
de quelqu'un, enfin à part Harry et encore.
Voir sa
Némésis aussi décrépie et plus bas que
terre aurait du le rendre heureux et il aurait du le faire payer à
Black. Mais au lieu de ça, il le nourrissait et ne parlait pas
de sa présence à Poudlard. Bien qu'il se doute que
Dumbledore soit au courant, le vieux fou savait toujours tout. Le
plus frustrant était de ne pas savoir comment il faisait.
Sirius ne dormait jamais devant Snape, il était hors de question que ce dernier voit qu'il faisait des cauchemars, cela lui donnerait un prétexte pour rire de lui. Il ne comprenait d'ailleurs pas vraiment l'attitude de son ennemi mais il lui en était reconnaissant, même s'il continuait de se méfier…enfin un petit peu, pas tant que ça au final.
« Ce n'est pas un grand bavard, je me demande combien de temps il va tenir. Le vieux fou est d'ailleurs mécontent de ne pas avoir sa confiance. »
Sirius
remarqua que Snape semblait content de sa dernière remarque.
Dumbledore lui avait toujours inspiré confiance. Qu'avait
subit Harry pour qu'il ne la lui accorde pas ?
L'aube
arrivait toujours trop vite, après un petit coup de tête
affectueux envers le petit, Sirius partit tête basse. Encore
une fois où il ne verrait pas les deux émeraudes qu'il
affectionnait tant.
Le silence d'Harry demeurait alors que ça faisait maintenant trois semaines qu'il était à l'infirmerie. Tous semblaient désespérés sauf Severus qui voyait bien que le gamin commençait à tous bien les connaître. Mais rester enfermé ainsi n'était pas bon pour lui, même s'il ne se plaignait pas beaucoup.
« Toujours
aucun progrès, demanda Dumbledore habitué à la
réponse qui allait suivre.
-Non, il reste toujours enfermé
dans son mutisme, mais il comprend parfaitement tout ce qu'on lui
dit. Et ce voile est toujours présent, soupira Pomfresh
-Je
ne sais plus quoi faire Pompom, murmura Dumbledore.
-Il faut le
laisser sortir, dit alors une voix bien connue.
-Vous pensez que
c'est raisonnable Severus ? Demanda Minerva.
-Cet enfant
est habitué à vivre seul dans la rue. Il a besoin
d'espace sa liberté lui manque.
-Très bien
Severus, emmenez le dans le parc, on verra bien ce qu'il se
passe. »
Severus choisit un horaire où il était sûr qu'aucun élève ne traînerait dehors et emmena un Harry prudent avec lui.
« Viens, tu ne crains rien avec moi, lui dit-il. On va aller se promener un peu dehors, parce que je trouve qu'on reste beaucoup trop enfermé. Tu vas voir Poudlard de l'extérieur, c'est un grand château. »
Harry se tenait un peu derrière Severus, son bouclier toujours présent, mais il était curieux.
'''Les tableaux bougent, c'est magique. J'arrive pas à le croire.'''
Harry
ne voulait surtout pas se perdre parce qu'il ne connaissait rien à
ce bâtiment. Une fois qu'il fut, dehors il fut émerveillé
par la vue. Sans s'en apercevoir et avec l'excitation, son
bouclier disparût.
Il se mit à courir vers le lac et
observa la vue du château. Tout lui paraissait si grand.
Severus
souriait intérieurement de la joie du petit garçon, il
faisait un peu plus son âge que le garçon si sérieux
de l'infirmerie. Pourtant il semblait si petit et fragile qu'on
ne pouvait pas avoir envie de lui faire du mal. Si jamais il tombait
sur son oncle, il ferait des bêtises qui le mèneraient
directement à Azkaban et il ne le regretterait pas.
Après
quelques heures où Harry avait cueilli quelques fleurs et
avait joué avec les différentes créatures qu'il
avait vu, Severus dû le convaincre de rentrer.
« Il faut rentrer Harry, je sais que tu ne veux pas dit-il en voyant la tristesse dans les petits yeux émeraudes de l'enfant. Mais on peut revenir demain qu'en dis-tu ? »
Harry hocha de la tête et donna les fleurs à Severus.
« Merci beaucoup, on va les mettre à l'infirmerie pour que ça sente meilleur d'accord ? »
Harry
fut d'accord et ils rentrèrent tous les deux. Mais comme à
son habitude, Harry remit le bouclier en place et suivit Severus de
près.
Une nouvelle semaine s'écoula ainsi, Harry
ne mettait plus son bouclier en présence de Severus et il
connaissait maintenant le chemin vers l'extérieur sans se
tromper, mais le retour à l'infirmerie l'emplissait d'une
tristesse que Severus avait de plus en plus de mal à
supporter.
« Que
proposez-vous, Severus ?
-Qu'on le place ailleurs, ainsi on
ne mettra plus en place le sortilège qui le rend invisible aux
yeux des élèves, et puis il n'est plus malade.
-Mais
chez qui peut-on le mettre ? demanda Dumbledore avec un petit
sourire en coin.
-Il a le plus confiance en Severus, intervint
Remus.
-C'est vrai, il ne met plus du tout le bouclier lorsque
vous n'êtes que tous les deux c'est cela ?
-Exactement,
je pense que le changer d'environnement ne peux que lui faire du
bien. Je pense qu'il n'aime vraiment pas l'infirmerie.
-Très
bien, mais on attendra une nouvelle semaine avant ce changement, je
préfère que les élèves ne soient plus
présents, ainsi vous pourrez l'avoir sous votre garde tout
le temps.
-Le ministère le cherche toujours ? Demanda
Minerva.
-Oui, ainsi que Sirius Black, où en sont vos
recherches ?
-Il est introuvable, dit Remus, j'avais pensé
qu'avec la présence d'Harry, il serait ici mais il n'y a
aucune trace de lui.
-Il ne peut pas disparaître ainsi,
s'écria Minerva. »
Severus regardait la conversation de loin. Lui savait que Black se cachait tout près. Avec son odorat de loup-garou Lupin, ne l'avait pas trouvé. Soit Black se cachait bien, soit le flair des loups-garous n'était plus ce qu'il était.
Remus savait qu'il avait raison. Sirius était sorti de prison pour Harry, il devait forcément être dans le coin. Il avait vérifié toutes les salles, les passages secrets, leurs salles secrètes mais rien. Il était même allé dans la forêt interdite et y avait senti son odeur, mais Sirius était très bon pour se cacher et surtout masquer son odeur. Il fallait qu'il le piège mais il ne savait pas encore comment. Il avait senti son odeur surtout au niveau de la cabane hurlante, quelle meilleure cachette que celle-ci ? Mais Sirius n'y était pas souvent, voir même rarement. Il fallait qu'il place son piège dans la cabane hurlante…
Sirius
commençait à désespérer sur le cas
d'Harry. Il ne comprenait pas pourquoi il refusait systématiquement
de parler. Même s'il constatait certains progrès, tout
allait beaucoup trop lentement. Lui commençait à
s'énerver et pourtant Snape semblait toujours aussi calme,
il ne savait pas comment ce dernier faisait pour être ainsi
dans une telle situation. Il voulait qu'Harry ait une enfance plus
ou moins normale, qu'il ait des parents et un foyer et tant qu'il
ne parlait pas, il n'aurait rien de tout cela.
Quand il avait un
gros coup de cafard, Sirius ne pouvait s'empêcher de venir
dans la cabane hurlante. Il s'y revoyait lui et ses trois autres
amis, tous si unis et invincible. Voilà où tout cela
les avait menés, aujourd'hui il ne lui restait que Remus et
ce dernier le détestait et lui vouait sûrement une haine
très forte.
Il avait eu l'espoir de voir Remus, sous sa
forme animale, le soir de la pleine lune mais il n'était pas
venu. Peut-être avait-il trouvé un autre endroit plus
sûr dans le château ? Il l'avait aperçu
quelque fois, il savait que Remus pouvait le sentir, dans ces cas là
il se précipitait dans un endroit où les odeurs étaient
fortes et se roulait par terre afin de s'imprégner de cette
odeur. Remus ne pouvait pas faire la différence et il était
sauvé…enfin, pendant un moment.
Une autre semaine à l'infirmerie, voilà ce qui l'attendait, Severus ne voulait pas voir la tête que ferait Harry lorsqu'il l'apprendrait. Il allait être sûrement très déçu. Mais il n'y resterait qu'une petite semaine et ensuite, si Dumbledore était de son côté, Harry pourrait vivre dans son appartement. Bien sûr il fallait encore aménager une pièce pour lui, mais rien n'est bien difficile grâce à la magie.
« Harry, tu vas devoir encore rester une semaine à l'infirmerie, pour qu'on soit sûr que tout va bien et ensuite tu pourras vivre avec moi dans ma maison, j'espère que tu es content. »
Harry
soupira, rester ici ne lui disait rien du tout, mais en contrepartie
aller vivre avec Severus était une bonne nouvelle. Pourtant,
il ne voulait toujours pas parler, il avait voulu avec Severus mais
il avait si peur que tous l'envoient chez son oncle. Il était
terrifié à cette idée et il voulait aussi
vraiment devenir ami avec Severus, il était si gentil avec
lui. Il avait remarqué qu'il était gentil uniquement
avec lui, il parlait aux autres avec une voix froide mais jamais il
n'avait élevé la voix et cela rassurait Harry. Il ne
supportait pas quand quelqu'un haussait la voix, cela lui rappelait
bien trop son oncle.
Il lui arrivait de faire encore quelques
cauchemars à propos de son oncle, il le voyait toujours aussi
grand et gros s'approcher de lui et l'accuser de tout ce qui se
passait dans sa maison. Tout allait toujours de travers à
cause de lui. Il savait qu'il était un magicien maintenant
et son oncle avait raison, il n'était pas normal.
Ce soir là, Sirius décida d'apporter un objet qu'Harry aimait par-dessus tout : son livre de potion. Peut-être qu'elle était simplement là la solution, si Harry apprenait que Snape était un professeur de potion, peut-être s'ouvrirait-il à lui bien plus facilement et pourrait alors enfin parler. Il transplanna dans la petite maison en ruine qu'Harry avait trouvée et constata que rien n'avait changé, il y avait juste un peu plus de poussière. Il prit le livre avec lui et alla directement à Poudlard. Transporter le livre sous sa forme canine n'était pas le plus facile et il décida alors de se montrer tel qu'il était face à Snape. Ce dernier se moquerait sûrement de lui, mais il le ferait pour le bien d'Harry.
Severus s'était endormi paisiblement dans son fauteuil à côté du lit du petit garçon et s'éveilla brusquement lorsqu'il entendit des pas qui se dirigeaient vers le lit d'Harry. Pomfresh était partie se coucher depuis une heure et Dumbledore ne passait jamais si tard. Il ne restait que Lupin sur la liste des personnes susceptible d'entrer à cette heure-ci.
« Lupin,
ce n'est pas une heure pour les visites.
-Ce n'est pas Remus
dit une voix rauque. »
Severus se retourna vers l'étranger et ne parut pas le reconnaître.
« Tiens Snape, je pense qu'il parlera avec son livre. C'est la seule chose qui puisse l'aider. Il n'aime que les potions, je pense que c'est une passion que vous avez en commun. »
Sirius posa le livre au pied du lit d'Harry et partit de l'infirmerie non sans lancer un regard vers son ennemi qui semblait surpris. Pour une fois que Snape ne portait pas de masque, cet évènement devait se fêter dignement.
« Black ? »
Sirius lui offrit un pauvre sourire et quitta l'infirmerie sous sa forme canine.
Severus
n'en revenait toujours pas, cet homme squelettique et sale ne
pouvait pas être sa Némésis. Il se rappelait de
Black tel qu'il était à Poudlard. Grand, bien bâti,
toujours ce maudit sourire séducteur qui faisait tomber toutes
les filles et certains garçons sous son charme et surtout
cette lueur de défi dans les yeux. Aujourd'hui, cet homme
avait disparut, il ne restait qu'un corps meurtri par la
malnutrition et une lueur de tristesse ancrée dans ses yeux.
Jamais il n'avait envié le sort de Black mais aujourd'hui
il comprenait à quel point cet homme avait souffert.
Il
passa le reste de la nuit à lire le livre que Black lui avait
donné, il le reconnaissait bien qu'il soit sale et déchiré
et de nombreuses annotations tremblantes y avaient été
rajoutées. C'était un crime d'abîmer un livre
de potion mais les petits points d'interrogations à côté
de nombreux ingrédients avec des noms compliqués le
faisait sourire, il savait ce qu'il allait faire pour qu'Harry se
confie enfin à lui.
Le lendemain lorsque le petit se réveilla, Severus lui avait apporté son petit déjeuné et regarda Harry le dévorer.
« Tu sais Harry que je suis professeur ici n'est-ce pas ? »
Le petit hocha positivement la tête apparemment intéressé par le début de conversation.
« Eh bien, il faut que j'aille préparer mes cours et j'aimerais que tu viennes avec moi, tu es d'accord ? »
Harry
lui sourit et s'habilla rapidement.
Ils déambulèrent
tous les deux dans les couloirs vides de l'école et
arrivèrent dans le laboratoire de Severus.
Au milieu de la
salle trônait un grand chaudron et on voyait des étagères
sur tous les murs de la pièce. Ces dernières étaient
remplies de bocaux où plusieurs choses non identifiées
y avaient été placées. De nombreuses étiquettes
renseignaient sur ce que les bocaux contenaient.
« On
va faire quelques potions, ça te dis de m'aider ?
-Pour
de vrai, s'exclama Harry sans se rendre compte qu'il venait de
parler à haute voix.
-Oui, dit Severus en souriant face à
l'enfant qui semblait transporter de joie. Quelle potion veux-tu
faire ?
-Celle que je veux ? Je peux choisir ?
-Oui
puisque je te le demande, dit-il gentiment. Tiens, j'ai quelque
chose qui t'appartient. »
Severus tendit le livre de potion à Harry qui lui fit un grand sourire. Il s'empressa d'ouvrir le livre et de choisir celle qu'il aimait bien.
« Celle-là
pour guérir contre les petites coupures.
-D'accord, dit
Severus en sortant les ingrédients nécessaire à
la réalisation de la potion. »
La
potion en elle-même était très facile, mais
c'était la première potion d'Harry et Severus prit
son mal en patience devant la maladresse de l'enfant. Il ne pouvait
pas vraiment lui en vouloir, Harry semblait vraiment passionné
par la potion, il tentait de faire aussi bien que le pouvaient ses
petites mains.
Severus lui montra plusieurs fois comment couper
certains ingrédients et comment réduire en poudres
d'autres. Harry écoutait religieusement tout ce qu'il
disait et semblait intégrer les notions assez rapidement.
Ils passèrent toute la journée sur cette potion jusqu'à ce qu'Harry la réussisse parfaitement tout seul.
« J'ai
réussi, dit Harry le sourire aux lèvres en voyant que
la potion était lisse et de la bonne couleur cette
fois-ci.
-C'est très bien Harry, dit Severus en mettant
la potion dans plusieurs petits bocaux. Tiens je t'en donne un je
donnerais le reste à Mme Pomfresh pour l'infirmerie, elle
sera très contente de toi. Je suis moi aussi très fier
de toi Harry, tu n'as pas baissé les bras même quand
c'était difficile au début.
-On pourra en refaire
alors ?
-Dans deux jours parce que demain je donne des
cours.
-Et je pourrais venir dans tes cours ?
-Pas encore
Harry, mais bientôt tu pourras vivre dans mon appartement. »
Harry fut joyeux toute la journée et Pomfresh sembla heureuse de le voir ainsi, il ne mettait plus le bouclier quand Severus était autour avec d'autres personnes. Par contre lorsque ce dernier n'était pas là, Harry continuait de se protéger. Pomfresh l'avait même entendu parler avec Severus lorsque le garçon ne l'avait pas vu. C'était un bon progrès et elle était heureuse de constater que Severus semblait aussi changer au contact du garçon.
Cela faisait maintenant trois jours qu'Harry avait recommencé à parler et il ne parlait que de potion avec Severus, jamais il n'évoquait sa vie dans la rue ou chez son oncle. Il n'osait pas aborder le sujet de peur de s'y faire envoyer et plusieurs fois il avait demandé à voir Sauveur. Tous avait bien sûr comprit qu'il s'agissait de Black, et tous lui avaient dit que le chien était méchant, enfin tous sauf Severus.
« Pourquoi
ils me disent tous que Sauveur est méchant Severus. Je sais
qu'il n'est pas méchant, il a été gentil
avec moi. Ils connaissent même pas mon chien, dit-il les larmes
aux yeux.
-Ils ont peur pour toi.
-Tu crois que Sauveur il est
méchant toi ?
-Non, je ne pense pas qu'il le soit,
sinon il t'aurait fait du mal dès qu'il en avait
l'occasion.
-Tu sais c'est lui qui m'apportait à
manger quand j'étais trop malade. Et en récompense je
lui lisais pleins de potions, il est comme toi tu sais, je crois
qu'il adore les potions.
-Ça par contre j'en doute,
souri-t-il en imaginant Black forcé à écouter
toute la journée un petit garçon lire un livre de
potion. C'en était presque jubilatoire.
-Tu le
connais ?
-Si tu restes éveillé un peu plus
longtemps ce soir, je suis sûr qu'il viendra te voir.
-Pour
de vrai ? S'écria le petit garçon ravi.
-Mais
après il faut que tu me promettes de bien dormir
d'accord ?
-Oh oui, promis. »
Sentant qu'Harry ne tiendrait pas jusqu'à dix heures, Severus lui posait des questions sur toutes les potions du livre et Harry répondait tout le temps très juste, sauf aux mots qui avaient des points d'interrogations.
« Tu
veux que je t'apprenne tous les mots que tu ne connais pas
Harry ?
-Tu veux bien ? Parce que c'est dur, et des
fois eh bien même quand je sais lire je ne sais pas du tout ce
que c'est.
-Attend moi ici je vais chercher un livre pour que tu
vois tout ce que tu ne comprends pas. »
Ils passèrent une bonne partie de la soirée ainsi jusqu'à ce qu'ils se fassent dérangé par le bruit d'une porte qui s'ouvre.
Sirius
était un peu en avance ce soir là, il savait qu'Harry
avait recommencé à parler et il avait hâte de
connaître son état psychologique. Un enfant n'était
pas vraiment destiné à grandir dans la rue, et encore
moins son filleul. Il entendit la voix d'Harry qui semblait amusé.
Il semblait lire et feuilleter un livre. Ce ne pouvait être que
son livre de potion. Il savait que c'était une bonne idée
d'apporter ce livre.
Il entre-ouvrit la porte doucement sans
faire de bruit et observa un spectacle qu'il n'était pas
prêt d'oublier. Severus était assis sur le lit
d'Harry, l'enfant confortablement installé entre ses
jambes et il souriait à chaque fois qu'Harry comprenait ou
arrivait à lire un mot. Ensuite il lui montrait apparemment
l'image du mot, des ingrédients de potions bien sûr,
et Harry rigolait et souriait.
Il n'arrivait pas à croire que Snape puisse sourire, encore moins à Harry Potter et c'était un spectacle attendrissant.
'''Attendrissant ? Tu parles de Snape quand même, Azkaban a tué tous mes neurones valides. Attendrissant en parlant de Snape, je crois que je ne vais pas m'en remettre. Bon c'est vrai qu'il a été vraiment très sympa, ce qui d'ailleurs est très louche. Mais il semble vraiment aimer beaucoup Harry…'''
Il ouvrit la porte en faisant du bruit cette fois et deux regards, l'un émeraude et l'autre noir, se posèrent sur lui. La gentillesse et le sourire disparut subitement du visage de Severus et Sirius se surprit à le regretter. Il était vraiment un autre homme quand il souriait.
'''Mon pauvre Sirius, tu es finalement devenu complètement fou, cinglé, voir pire…'''
« Sauveur, s'écria Harry, fou de joie. »
Il sauta hors de son lit et serra le chien très fort.
'''Ce serait sympa si tu ne me tenais pas aussi fort, je risque de m'étouffer si tu continues. Azkaban n'a pas réussi à me tuer, un gamin de sept ans ne va pas y arriver tout de même.'''
« Je savais que tu n'étais pas méchant. Tu sais les autres ils disent tous que tu es méchant sauf Severus, lui aussi il est gentil. »
Sirius regarda Severus qui levait les yeux au ciel.
'''Snape gentil, c'est à mourir de rire, faudra que je lui ressorte ça un jour, je suis sûr qu'il adorerait.'''
« Tu m'as manqué tu sais, j'étais inquiet mais je disais rien. Et puis tu sais eh bien avec Severus on fait pleins de potions, tu veux que je t'en lise d'autre ? Parce que maintenant je connais mieux les mots, Severus il me les a apprit. Viens je vais te le présenter. »
'''Oh chouette, une présentation avec mon pire ennemi…quelle ironie.'''
« Regarde
Severus c'est Sauveur, il est beau hein.
-C'est beau chien,
dit-il d'une voix sarcastique, plein de puces et un peu trop
maigre.
-Tu sais c'est parce que dans la rue on ne se lave pas,
alors Sauveur il peut pas se laver mais on peut le laver ici.
-Une
douche froide lui ferait sûrement du bien, dit Severus avec un
sourire machiavélique sur le visage. »
'''Quoi ! Une douche froide, non mais ça ne va pas la tête ! Il est hors de question que Snape me jette un sort, en plus je n'ai même pas de puce, espèce de vieux menteur.'''
« Mais
y a pas de douche ici, dit Harry d'une voix triste.
-Je te l'ai
déjà dit Harry, tu es un sorcier, et les sorciers
peuvent faire de la magie, regarde. »
Snape, avec une immense joie, pointa sa baguette sur le chien qui s'était couché et poussait des petits cris plaintifs.
« Aqua. »
Un jet d'eau sortie de la baguette et arrosa le chien qui aboya, surpris par la température glaciale de l'eau. Il grogna vers Snape.
« Oh
non, grogne pas, Severus et moi on veut juste te laver, et puis c'est
pas bien de grogner.
-C'est vrai, un bon chien ne doit surtout
pas grogner, il doit obéir à son maître, dit
Severus qui jubilait sur place. La vengeance est si douce. »
Harry alla vers l'armoire de la pharmacie et en sortit un savon.
« Je l'ai déjà vu en prendre un pour me laver le visage mais j'ai pas voulu alors j'ai mit le voile en place. »
Il se mit à laver avec application le chien qui semblait prendre ce lavage forcé comme une torture. Le pire étant qu'il ne pouvait rien dire, si jamais il faisait quelque chose à Snape Harry serait triste et lui en voudrait. La vie est si injuste parfois…
« Voilà
un chien bien plus propre s'écria Harry plus joyeux. Tu peux
l'arroser encore une fois Severus.
-Avec plaisir. »
Un second jet d'eau froide arriva sur Sirius qui ne dit rien cette fois ci et ferma bien ses yeux.
« Plus d'eau parce que il a encore plein de savon. »
'''Non, pas plus d'eau, Harry tu veux ma mort !'''
Sirius
se fit rincer ainsi trois fois, puis Severus sécha le sol qui
ressemblait à une mare, il sécha aussi Harry qui avait
les pieds et le bas de pyjama trempé.
Harry sécha le
chien avec une serviette et retourna sur son lit.
« Tiens, dit Snape en tendant la gamelle au chien. »
Le chien jeta un regard noir au maître des potions mais n'ayant plus vraiment d'orgueil, il alla se nourrir. Pendant ce temps, Harry ouvrit son livre des potions et posa la question fatidique.
« Alors Sauveur, une potion drôle ou une potion utile ? »
'''Au risque de me répéter, une drôle par pitié…'''
« Moi
je préfère les potions utiles, j'en ai une qui
désinfecte les petites plaies. Tu veux la lire avec moi
Severus ?
-D'accord, dit-il en se posant à côté
d'Harry. »
Sirius
s'allongea au bout du lit et fit mine d'écouter, alors que
ses pensées étaient entièrement dirigés
vers le petit garçon et l'homme assis à ses côté.
En
plein milieu de la lecture, Harry épuisé par sa journée
finit par s'endormir contre Severus. Ce dernier ne tardant pas à
faire de même sans oser bouger de peur de réveiller
l'enfant.
Sirius n'oublia pas l'heure et partit à
l'aube, heureux d'avoir constaté qu'Harry ne l'avait
pas oublié et qu'il était en bonne santé,
aussi bavard et fringuant qu'au moment de sa rencontre. Il espérait
que le temps effacerait la malnutrition dont il avait souffert toute
son enfance.
A suivre...
