Le nombre de reviews pour cette histoire me dépasse ! Je ne sais pas comment vous remercier pour tout ça !
J'aimerais remercier Keep Calm And Love Reading, elle m'aide énormément afin que ces chapitres aient un sens et soient plus agréable à lire !
Bonne lecture à vous ( en espérant que vous m'excuserez pour l'attente )
CHAPITRE 12 :
Tobias POV
Je reçois une réponse quelques secondes plus tard.
-Comment ça « libre » ?
- Nita est partie
Je n'ai pas besoin d'attendre longtemps avant que Zeke ne m'appelle.
« Allô ?
- Comment ça elle « est partie » ? »
Je lui raconte tout ce qu'il s'est passé depuis la seconde où j'ai posé le pied dans cette maison.
« Enfin ! T'en as pris du temps mec ! Attends, j'arrive ! »
Il ne raccroche pas tout de suite quand je l'entends parler à Shauna.
« Chérie, je vais chez Tobias. Il a largué le boulet ! »
En y pensant, je suis certain que Zeke doit être très content. Et mes parents... Ils vont être encore plus heureux. Tout comme moi en fait, parce que je suis heureux. Je n'aurais jamais pensé que ce sentiment d'étouffement venait d'elle et de ma conscience qui pensait que je lui devais quelque chose. J'aurais dû mettre un terme à cette relation bien plus tôt, car même si cela paraît égoïste, c'est pour mon bien.
Quelqu'un tambourine à ma porte mais je n'ai pas besoin de demander pour savoir qu'il s'agit de Zeke. J'ouvre la porte et il me saute littéralement dans les bras.
« Tu l'as fait ! Je suis trop fier de toi ! »
Je le laisse tomber en riant puis ferme la porte.
« Où sont les bières ? Il faut fêter ça !
- Je t'en prie, tu sais où elles sont. »
Il disparaît dans la cuisine pendant que je m'assieds sur le canapé et me détends. J'ouvre les yeux à la sensation de quelque chose de froid sur ma joue qui n'est rien d'autre que la bouteille de bière. Je la prends de la main de mon meilleur ami et il s'installe à côté de moi.
« Alors, comment tu te sens ?
- Bien... très bien. J'ai l'impression d'avoir pris la meilleure décision de ma vie.
- Je suis tellement content pour toi. Tu sais où elle est allée ?
- Chez sa sœur sûrement.
- En tout cas, on va fêter cette soirée comme il se doit ! Tu es de nouveau célibataire, mon pote. »
On sourit puis on boit notre première bière.
Quelques heures plus tard, Zeke et moi avons bien bu et il reste dormir ici dans la chambre d'amis, même saoul je ne le laisserai jamais prendre le volant après avoir bu. Il est déjà parti se coucher alors que je mets toutes les bouteilles vides dans la cuisine. J'entends un bruit à la porte d'entrée qui m'intrigue. Ensuite, la porte s'ouvre et Nita apparaît. Elle a des larmes dans les yeux puis se jette dans mes bras. Elle touche mon cou, mes joues, mon front, ma nuque.
« Je suis tellement désolée, bébé. J'étais stupide, je n'aurais pas dû dire tout ça. »
Je l'écarte en titubant un petit peu et en retirant ses mains de moi.
« Oula... qu'est-ce que tu fais ? Marmonné-je sous l'effet de l'alcool.
- Mais dans quel état tu es ? Je te manquais tellement que tu as noyé ton chagrin dans l'alcool. Tout va bien je suis là maintenant. »
Je fronce les sourcils. Elle m'a manquée ? Pas du tout. C'est tout le contraire même.
« T'm'as pas manqué... j'étais avec Zeke et on faisait la fête ! C'était cool !
- Tu faisais la fête ?
- Ben ouais... t'es partie enfin étais partie parce que là... t'es rentrée.
- Tu fêtais mon départ ?
- Ouais. Je suis libre maintenant !
- Espèce de salopard ! Je t'ai tout donné et toi tu me remercies comme ça ? Je t'aimais Tobias.
- Ah...Moi pas !
- Qu-quoi ?
- Je suis fatigué, pleurniché-je comme un enfant. Je vais dormir.
- Mais... et moi ?
- Hum... tu pars ? De toutes façons, tu habites plus ici ! »
Je sens une douleur lancinante sur ma joue puis la porte d'entrée qui se claque pour la deuxième fois ce soir. Je touche ma joue endolorie avant de décider que je suis vraiment fatigué et de m'affaler sur le lit. Je m'endors immédiatement.
La sonnerie du réveil n'a jamais été plaisante mais aujourd'hui, c'est encore pire que d'habitude. J'ai l'impression d'avoir un marteau piqueur dans la tête et que mes bras et mes jambes sont immobilisés. Je n'arrive pas à bouger.
J'ouvre les yeux pour voir le réveil qui affiche 6h 45. Les événements de la veille me reviennent à l'esprit et je suis partagé entre être heureux et m'en vouloir. Je suis heureux d'avoir rompu mais ce que je lui ai dit sous l'effet de l'alcool n'était pas correcte. Je sais que je devrais m'excuser. Je me lève difficilement mais avant d'aller dans la cuisine, je vais chercher des médicaments contre le mal de tête dans la salle de bain. Toutes les affaires de Nita sont là et je me rends compte qu'elle prend énormément de place. Je lui parlerai quand elle viendra tout récupérer.
Zeke est assis à la table en train de lire le journal et de prendre son petit-déjeuner.
« Je ne savais pas que tu avais emménager, dis-je en me dirigeant vers le frigo mais rien ne me donne faim donc je m'assieds en face de Zeke.
- T'as une sale tête.
- Je me sens vraiment mal, t'es sûr qu'on a bu que de la bière ?
- Oh, tu ne te souviens pas du reste de vodka que tu as bu cul sec ?
- J'ai fait ça ?
- Oui, après ta quatrième bière je crois. Tu sais que tu deviens très honnête quand tu es bourré ?
- Il faut croire parce que Nita est venue hier soir.
- Quand ?
- Tu dormais déjà. Elle pensait que c'était une simple dispute et que je ne pensais pas ce que j'ai dit. Je lui ai bien fait comprendre que j'étais heureux de m'être débarrassé d'elle.
- Attends, tu te souviens de ce que tu as dit à Nita mais pas de ce que tu m'as dit ? Intéressant... »
Je sens les couleur quitter mon visage. Qu'ai-je bien pu lui dire pour qu'il ait ce sourire malicieux ?
« Qu'est-ce que j'ai dit ?
- Tu veux vraiment savoir ?
- Est-ce que j'ai dit quelque chose à propos de Nita ?
- De Nita ? Non. D'une certaine petite blonde avec qui tu travailles ? Tu ne la fermais plus. »
Je frappe mon visage avec ma main. Je secoue la tête alors que Zeke rit.
« C'est pas drôle, Zeke.
- Tu aurais dû t'entendre, c'était vraiment mignon la façon dont tu parlais d'elle. Je ne savais pas que mon petit Tobias était amoureux. »
Je lève la tête de mes mains et le fixe, incrédule.
« J'ai dit quoi ?
- Ce ne sont pas les paroles exactes mais tu as dit un truc du genre 'Elle est magnifique et je crois que je l'aime.' et ensuite tu m'as demandé mon avis. Quand je t'ai répondu qu'elle était jolie mais que je ne la trouvais pas magnifique non plus, tu m'as lancé ton regard de tyran en criant que je mentais.
-Tout ce qu'il s'est dit ici hier soir ne quitte pas cette maison, on est d'accord ?
- Je ne peux même pas le dire à Shauna ?
- Tu ne le dis même pas aux jumeaux.
- D'accord, mais tu devras parler à Tris à un moment ou à un autre.
- Laisse-moi d'abord régler cette histoire avec Nita. Bon, je vais bientôt devoir aller travailler.
- Tu me fous dehors ?
- C'est un peu ça. »
Je le laisse finir de manger pendant que je me prépare. Comme tous les jours, je mets mon costume mais laisse ma cravate dénoué. Je n'aime pas cette sensation d'étouffement qu'elle procure donc je la noue toujours dans la voiture. En retournant dans la cuisine, je vois que la table est nettoyée et que Zeke est parti. Je prends quelques morceaux de brioche au cas où j'aurais faim plus tard dans la matinée et emmène une grande bouteille d'eau. C'est la meilleure solution contre la gueule de bois.
Le bureau est trop illuminé et il n'est même pas encore 8 heures. Je garde mes lunettes de soleil dans le bâtiment car je ne supporte pas ce mal de tête qui me vrille le cerveau. J'entre dans mon bureau, mon comportement est l'opposé de celui de hier matin. Je ferme les stores pour n'avoir que quelques rayons de soleil dans le bureau et ainsi pouvoir retirer mes lunettes. Je bois de l'eau alors que Lauren entre doucement dans mon bureau.
« Toc, toc. Je peux entrer ?
- Fais comme chez toi. »
Elle ferme la porte derrière elle et s'avance doucement, comme si elle appréhendait ma réaction.
« Est-ce que ça va ? Tu es venu sans dire bonjour et on se demande tous si ça va.
- Oui, ça va. J'ai juste eu une dure soirée.
- Tu t'es encore disputé avec Nita, dit-elle comme si elle en était certaine.
- Plus ou moins... On a rompu. »
Son expression est indéchiffrable, je ne sais pas ce qu'elle ressent.
« Tu... Et tu penses que c'est définitif ?
- Je vais faire en sorte que ça le soit.
- Si c'est toi qui a largué Nita, pourquoi est-ce que tu ressembles à quelqu'un que l'on vient de sortir de son cercueil ?
- J'ai l'air si mal que ça ? J'en ai parlé à Zeke et il est venu pour célébrer. J'ai super mal à la tête. »
Son rire résonne dans toute la pièce et je sens ma tête qui tremble, à la limite de l'explosion.
« Lauren !
- Pardon. », s'excuse-t-elle en souriant.
Je presse la bouteille froide sur mon front alors que je l'entends marcher derrière moi puis poser sa main sur mon épaule.
« Je suis fière de toi. Tu as réussi à voir qu'elle n'est pas celle qu'il te faut.
- Il n'y a vraiment personne qui appréciait Nita ?
- Pas que je sache non. Ce sont tes parents qui vont être contents. »
Elle se dirige vers la porte.
« Je te laisse seul pour te reposer. Bon courage.
- Merci Lauren. »
Je me retrouve seul dans mon bureau presque plongé dans le noir complet. Je sens que je commence à somnoler mais je suis réveillé par mon téléphone.
« Allô, dis-je d'une voix rauque.
- Bonjour Tobias ! Annonce Nita d'une voix très forte qui m'oblige à écarter le téléphone de mon oreille.
- Parle-moi, j'ai mal à la tête.
- Oh mais je m'en doute bien, continue-t-elle sur le même ton alors je baisse le son du téléphone pour que ça soit moins fort.
- Qu'est-ce que tu veux ? Je travaille.
- C'est ça. Me prend pas pour une conne non plus.
- Nita ! Qu'est-ce que tu veux ?
- Quand est-ce que tu déménages ?
- Pardon ? Mes parents ont acheté cette maison pour moi avant que tu n'emménages.
- Peut-être mais on sait bien que lorsqu'un couple divorce, c'est la femme qui garde la c'est ma maison.
- Tu rêves ! Dans ton monde c'est peut-être comme ça mais pas dans la réalité. Et on était pas marié donc je vois pas pourquoi tu me parles de divorce. Tu peux venir récupérer tes affaires ce soir mais je rentre plus tard.
- Tu vas voir ta pute, hein ?
- Il n'y a personne Nita mais même si c'était le cas, ça ne te concerne plus. C'est fini entre nous. Je sais que hier soir j'étais plus qu'horrible avec toi et je suis vraiment désolé pour ça mais ça sera plus facile si tu ne t'accroches pas.
- Je te déteste. »
Elle raccroche, je soupire. C'est mieux comme ça.
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé après, mais je sais que je me suis endormi sur mes papiers. Je suis réveillé par quelqu'un qui me secoue l'épaule. Je relève rapidement la tête, Tris me sourit.
« Je pensais que tu voulais manger quelque chose, il est déjà midi et demi.
- Merde... j'ai dormi toute la matinée.
- C'est pas grave, personne n'est au courant.
- Comment tu le sais toi ?
- Lauren m'a dit que tu as un peu forcé sur la bouteille hier soir mais elle ne l'a dit à personne d'autre. Comment ça va ?
- Mieux merci. »
C'est à ce moment que je remarque que sa main caresse le haut de mon dos et ma nuque comme si elle voulait détendre mes muscles. Je ne sais pas si elle s'en rend compte mais ça me fait un bien fou, je ne savais que j'étais si tendu. Je me sens si bien ici, je ne fais rien de mal, je suis juste un homme en compagnie d'une femme qu'il apprécie énormément et c'est tout. Nita ne fait plus partie du tableau.
« Tu viens avec moi ? Je dois rejoindre les autres au bistrot.
- J'arrive .», dis-je en souriant.
Je replace ma veste sur mon dos et vérifie que mon porte-monnaie se trouve bien dans la poche intérieure gauche.
Le bureau est vide, même mon père n'est pas là. On entre dans l'ascenseur et en jetant un coup d'œil à Tris, je vois que quelque chose la tracasse.
« Qu'est-ce qu'il ne va pas ?
- Hum ? Oh rien.
- Allez, dis-le moi.
- Je m'inquiétais pour toi.
- Il ne faut pas, je vais très bien.
- C'est juste que tu n'as pas la tête de quelqu'un qui se saoûle tout les lundi soir. Quelque chose ne va pas, je me trompe ?
- Ce qu'il s'est passé, c'est que Nita et moi on a rompu.
- Oh... »
Elle baisse les yeux, elle ne doit pas trop savoir quoi dire. Moi-même, je ne sais pas pourquoi je lui ai dit.
« Je suis désolée.
- Il ne faut pas, c'est moi qui ai mis fin à notre relation. »
Nous sortons de l'ascenseur et marchons vers le bistrot.
« Est-ce que je peux te demander ce qu'il s'est passé ?
- On se disputait beaucoup ces derniers temps et nous n'étions pas aussi proches qu'il y a deux ans. Hier soir, c'était la dispute de trop. Elle était persuadée que je la trompais. Je ne sais pas comment mais elle a entendu parler de la rumeur et qu'on a dansé au mariage. Elle est devenu complètement folle et j'en ai eu assez.
- C'est à cause de moi votre rupture ? », demande-t-elle avec une petite voix.
Je la regarde et elle a l'air complètement paniqué au fait qu'elle puisse être la cause de ma rupture. Elle est une des causes mais je ne lui avouerai jamais ça.
« Non, bien sûr que non. Je t'ai dit que ça ne marchait plus ces derniers temps.
- Si tu le dis... »
Elle ne dit plus rien jusqu'à ce qu'on entre dans le bistrot. Lauren nous fait un grand signe de la main pour nous appeler. Je m'installe à côté d'Edward au bout de table alors que Tris s'assied à côté de Lauren, de l'autre côté de la table. Et merde !
« On vous a commandé un plat du jour pour tous les deux ça vous va ? »
Je rassure Myra en lui disant que ça me convient alors que Tris hoche simplement la tête. Lauren s'inquiète immédiatement et passe un bras autour des épaules de Tris pour la réconforter. Elles chuchotent entre elles pendant quelques secondes avant que Tris retrouve un petit sourire.
Je suis soulagé de voir que Al n'est pas des nôtres pour le repas et en sachant que tout le monde a entendu parler de ce qu'il a fait à Tris, il ne risque pas de revenir de si tôt.
Malheureusement, j'ai parlé trop vite car il vient juste d'entrer dans le bistro et s'avance vers nous. Il me surprend en se dirigeant vers moi plutôt que vers Tris. Il s'assied en face de moi avec un sourire satisfait plaqué sur le visage. Il intercepte la serveuse et commande quelque chose avant de me refaire face. Il s'adosse dans sa chaise et avec ses mains l'une contre l'autre, placées sur la table, il sourit encore.
« Alors Tobias, comment ça se passe à la maison ? Aucune tension entre ta belle et toi ? »
Son sourire s'agrandit à chaque moi ce qui m'oblige à froncer les sourcils. Comment sait-il ? C'est étrange... tout comme le fait que Nita soit au courant de la rumeur. Finalement, rien n'est étrange parce qu'il est responsable.
« Tu lui as dit ! C'est toi qui lui a parlé de la rumeur et de la soirée du mariage.
- Est-ce que je ferrais ça ? »
Je sais qu'il attend que je m'énerve alors à la place, je souris et comme lui, m'adosse à ma chaise.
« Je devrais te remercier car sans ça, je n'aurais jamais eu une raison de rompre avec elle. »
Son sourire satisfait s'efface alors que mes mots entrent dans son esprit. Il ne dit rien de plus alors que je hausse les sourcils avec un sourire. Il me jette un regard glacial puis son regard se dirige vers Tris. Il sait que à cause de lui, si Tris et moi décidions de laisser une chance à une probable relation, rien ne nous en empêcherait. Je le sens bouillir de rage. La serveuse arrive avec une boisson, sûrement celle qu'il lui a commandée en entrant, mais il se lève brusquement et bousculant la jeune femme au passage. Elle renverse le contenu du verre sur Al avant de s'excuser encore et encore. Al la pousse pour qu'elle s'écarte et lui hurle dessus sous les regards choqués de tous les clients du bistrot. Edward est le premier à réagir et à s'approcher de la jeune serveuse pour s'assurer qu'elle va bien. Cependant, je suis le premier à réagir et à attraper Al par le col de sa chemise puis le plaquer contre le mur. Il faut trois hommes pour me séparer de lui avant que je ne fasse quelque chose qui puisse me nuire. Lorsque nous sommes séparés et qu'il est escorté vers l'extérieur, je remarque que tous les regards sont posés sur moi. La serveuse est en larmes malgré le fait que Myra tente de la rassurer. Je croise le regard de Tris, je sens mon estomac se tordre. Je n'ai jamais voulu qu'elle voit cet aspect de moi. Je sais qu'elle m'a déjà vu perdre mon calme très rapidement mais je n'ai jamais été à deux doigts de frapper quelqu'un d'autre devant elle.
Je m'avance vers le propriétaire et m'excuse pour mon comportement avant de sortir. Je retourne au cabinet puis m'enferme dans mon bureau. D'abord, je passe ma matinée avec une gueule de bois puis je fais n'importe quoi en face d'elle. Je peux affirmer que c'est une sale journée. Je décide alors de travailler pour me changer les idées. Je sens mon estomac qui grogne mais en aucun cas je ne retournerai là-bas. Tant pis, je peux survivre en sautant un repas.
Aux alentours de 14 heures, quelqu'un toque doucement à ma porte.
« Entrez. »
Je lève les yeux de mes papiers. Tris se tient face à moi. Elle s'approche et pose un sac en papier sur le bureau. Je fronce les sourcils en essayant de regarder à l'intérieur.
« C'est un sandwich. Tu n'as rien mangé tout à l'heure et avec Lauren, on se disait que tu aurais peut-être faim. C'est rien de fou non plus.
- Merci Tris. »
Je pensais qu'elle allait partir après ça, au contraire elle s'assied en face de moi.
« Pourquoi es-tu parti ? Tu aurais pu rester.
- Je ne pouvais pas, j'avais honte de moi.
- Pourquoi ça ? Tu as su garder ton calme alors qu'Al a avoué être celui qui a brisé ton couple, ensuite tu l'as remis à sa place parce qu'il a dépassé les bornes envers la serveuse. Tu n'as pas à rougir de tes actes.
- J'ai perdu le contrôle. Ça, ça n'aurait pas dû arriver.
- En tout cas, sache que personne ne trouve que tu as exagéré. Al t'a poussé à bout et c'est normal que tu ais réagi. Et il a eu de la chance de sortir intacte, à ta place j'en aurais profité. »
Elle m'offre un clin d'œil et mon estomac se vrille à nouveau mais cette fois, une boule de chaleur se répand en moi jusqu'à mes joues. J'espère vraiment qu'elles n'ont pas changé de couleur.
Elle reste assise encore quelques secondes, nous sommes engloutis par un silence confortable. Malheureusement, elle considère à un moment qu'il est temps de retourner travailler. Je ne veux pas qu'elle parte. Je veux qu'elle reste avec moi le plus longtemps possible, même si on ne se dit rien. Mais je la regarde partir sans rien dire puis toute la tension quitte mon corps et je m'affaisse dans mon siège. C'est alors que mon regard se pose sur le sachet sur mon bureau et mon ventre se met automatiquement à gargouiller.
Avant de rentrer chez moi, je décide d'aller chez mes parents pour aller chercher un lit pour enfant que je sais qu'ils ont gardé. Je me gare devant la maison, remarquant que mon père n'est pas encore arrivé. Je laisse ma cravate dans la boîte à gants et ma veste sur le siège passager de la voiture. Je déboutonne deux boutons de ma chemise pour être plus à l'aise et remonte les manches sur mes avant-bras. Je toque à la porte de la maison, il ne faut que quelques secondes à ma mère pour répondre. Elle me prends dans ses bras à la seconde où elle me voit.
« Je suis tellement contente que tu viennes nous voir ! Entre ! »
Elle me tire à l'intérieur en gardant une main sur mon bras.
« Est-ce que tu veux boire quelque chose ?
- Non merci.
- Il fait chaud dehors. Tu dois boire quelque chose sinon tu vas être malade.
- Je peux me servir si j'ai soif, maman. Ne t'inquiètes pas. »
Elle sourit et s'assied sur le canapé. Elle m'invite à m'asseoir à côté d'elle.
« Je suis heureuse que tu sois venue. On ne se voit pas souvent ces derniers temps.
- Tu exagères, maman. Je viens au moins une fois par semaine.
- C'est toujours insuffisant pour un parent. Tu verras quand ça sera ton tour.
- Ah oui... à ce propos... »
Le visage de ma mère passe d'un sourire à une expression de déception.
« Oh... C'est pour ça que tu es venu ? Tu as une grande nouvelle à nous annoncer ?
- Si on veut oui. J'ai rompu avec Nita. »
Ma mère retrouve son sourire puis me serre fermement contre elle. Avant de tout de suite me lâcher et de m'observer.
« Et toi, ça va ?
- Tu avais raison. Je refusais de voir la vérité en face et j'en avais assez de me mentir.
- Ça n'aurait rien à voir avec cette ravissante jeune femme qui travaille avec toi ?
- Maman...
- Je te taquine. Mais elle est vraiment très jolie et très gentille.
- Quand elle veut oui...
- Et quand tu ne te moques pas d'elle. Je n'ai pas compris ta réaction.
- Je ne me moquais pas d'elle et je lui ai dit. Je rigolais à la réaction d'un collègue quand ils nous voyaient parler ensemble. Il est dingue d'elle et pense que s'il la demande en mariage, elle dirait oui. »
Je lui parle aussi de la fin de soirée jusqu'au moment où j'étais à deux doigts de perdre le contrôle à midi.
« Et ce collègue avait-il des raisons d'être jaloux ?
- Elle n'est ni sa copine, ni sa fiancée ni rien du tout. Il n'a pas à réagir comme ça.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. As-tu des sentiments pour cette fille ?
- Je ne vais pas parler de ça avec toi. »
Je décide d'aller me chercher à boire pour écourter la conversation qui devenait très gênante. Elle me suit dans la cuisine et récupère sa tasse de café.
« Je voulais emprunter mon ancien lit. C'est possible ?
- Bien sûr mais pourquoi en as-tu besoin ?
- Je vais garder Manon et Lucas demain soir et je n'ai pas de lit pour eux.
- Tu veux la protection pour les empêcher de tomber aussi ?
- Je pensais que ça venait avec automatiquement. »
J'entends le vrombissement de la voiture dans l'allée, signe que mon père est rentré puis la porte d'entrée qui s'ouvre. Il embrasse ma mère puis me salue comme quand j'avais encore 16 ans, en m'ébouriffant les cheveux.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Je réussis à le convaincre de m'aider à démonter le lit pour pouvoir l'emmener plus facilement pendant que ma mère cherche la fameuse protection qui s'accroche au bord du lit. Ils m'aident à tout charger dans la voiture et ma mère insiste pour venir avec moi à la maison et m'aider à tout installer.
« Tu peux venir demain soir pour voir les jumeaux et j'aurais sûrement besoin d'aide.
- D'accord, j'emmènerai de quoi manger aussi pour ne pas laisser ces pauvres enfants mourir de faim.
- Merci maman. À demain. »
Elle m'embrasse sur la joue et me serre contre elle encore une fois.
Arrivé à la maison, je vois Nita de loin qui place des sacs dans une voiture et avec un dernier regard noir, monte dans le véhicule. Je suis plutôt heureux que tout se fasse assez rapidement et qu'elle ne fasse pas d'histoires. Mais je la connais, elle n'a pas fini de faire parler d'elle. Je n'oublie pas non plus que le regard qu'elle m'a lancé me montre à quel point elle me déteste. Elle est capable de tout.
Sans prêter attention à ce que Nita puisse faire ou non, je sors tous les éléments qui constituent le lit et les place dans l'entrée. Ensuite, je dépose tout dans la chambre d'amis. Je pousse le lit qui est à l'intérieur sur le côté puis commence à monter le lit pour enfant à côté du mur. Je ne pensais pas que monter un lit puisse prendre autant de temps mais je finis par y parvenir. J'installe la protection avant de regarder mon œuvre. Je vérifie que ça tient puis sourit, fier de moi. Je place les draps que ma mère m'a donné ainsi que deux coussins.
Je jette un dernier coup d'œil à l'intérieur de la pièce en me disant que cette chambre à beaucoup de potentiel pour une nurserie.
Plus tard, je m'endors en pensant que, maintenant que Nita est partie, mon rêve de paternité s'éloigne aussi mais d'un côté, je sens qu'il se rapproche. Qu'il est presque sous mon nez et qu'il est à ma portée. Je sais qu'un jour je serai père et que mes enfants aient mes gènes ou non je les aimerai tous de la même façon.
