Pardon, pardon, pardon... Mais voyez le bon côté des choses : j'ai quand même pensé à vous l'envoyer avant de partir pour l'Espagne comme une voleuse !
Plus qu'un chapitre, alors savourez bien celui-là. :)
SOUVENIRS FUTURS
Chapitre Douze
Adieux
Lorsqu'ils entrèrent dans la maison, Ed fronça les sourcils d'un air confus. Il s'était attendu au chaos ou au moins à un minimum de bruit, mais il n'y avait rien de tout ça. Au contraire, la maison était étrangement silencieuse.
« Il y a quelqu'un ? » appela Trisha.
Pas de réponse.
« Hey, enfoi... » Il s'interrompit, lança un coup d'œil à sa mère, puis cria à la place : « Colonel ! Major ! Al ! Minus ! »
Il eut un petit rire quand sa mère lui fit les gros yeux et secoua la tête. Il commençait à comprendre pourquoi tout le monde semblait tant aimer l'asticoter à propos de sa taille. Taquiner son jeune double était vraiment tordant.
« Je me demande où ils peuvent être… » murmura Trisha.
Ce fut alors qu'Ed réalisa où ils devaient très probablement être, s'ils étaient bel et bien dans la maison. « Je parie qu'ils sont dans la remise », dit-il en commençant à marcher dans cette direction. Il entendit sa mère le suivre de près.
Dans un léger soupir, Ed sourit doucement pour lui-même. Ca s'était bien passé ; pas de la meilleure manière qui soit, mais bien quand même. Tout lui avouer avait été très dur, ça l'avait laissé complètement vidé, mais leur discussion lui avait fait du bien. Maintenant, tout ce dont il avait vraiment envie était une bonne douche chaude et une sieste, bien qu'il ne soit que midi à peine.
Lorsqu'il atteignit la porte de la remise, Ed tourna la poignée et passa sa tête dans l'entrebâillement. Se trouvaient là, assis sur le sol, le colonel et le major, ainsi que les deux gamins. Ils levèrent tous les yeux vers lui d'un air surpris, et il éclata de rire en entrant complètement dans la pièce.
« Vous ne pensez tout de même pas pouvoir y arriver sans moi, si ? » demanda-t-il avec arrogance. Le colonel ferma le livre qu'ils étudiaient auparavant, marquant la page d'un doigt, et répliqua : « Tu n'aurais représenté qu'une petite addition à ce groupe, Fullmetal.
- Espèce de... ! » grogna Ed, mais il s'interrompit en voyant le major ramasser un verre avec quelques glaçons et le secouer légèrement.
« Hmm... ça se vide à une vitesse... » Il tendit son verre vers son jeune double et ajouta : « Le plein.
- Hors de question ! cria Edward. Va chercher ton eau toi-même ! »
Le major haussa un sourcil et reprit, levant les yeux vers Trisha : « Saviez-vous, Mme Elric, qu'Edward a dit ce matin quelque chose de hautement intéressant … »
Le petit garçon se leva soudainement, saisit vivement le verre et prit la direction de la porte avec raideur. « Pourquoi ne prendrais-tu pas le verre du colonel en passant ? » demanda le jeune Mustang d'un air amusé. Dans un grognement, Edward se retourna et attrapa l'autre verre avant de sortir d'un pas lourd.
« Al, fit l'autre Mustang, tu devrais probablement l'accompagner pour vérifier qu'il ne casse rien. Tu sais comment il est parfois. »
Une fois que le garçon aux cheveux blond roux eut acquiescé puis disparu hors de la pièce, Ed grogna : « Et je peux savoir ce que vous voulez dire par là ? »
Au lieu de répondre à sa question, le colonel dit : « On a assez bien avancé, je pense que ce qu'on a trouvé devrait t'intéresser. »
Ed hocha la tête, puis se tourna vers sa mère. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, elle se pencha et l'embrassa sur la joue, puis dit : « Je vais faire le déjeuner. » Elle fit une pause, et murmura : « Merci… »
Il acquiesça et la regarda sortir et fermer la porte derrière elle, avant de s'asseoir sur le sol avec les deux autres hommes. « Alors, qu'avez-vous trouvé ? »
Le colonel ouvrit le livre, le passa à Ed pour le laisser y jeter un œil, puis esquissa un sourire. « J'aime bien la manière de penser de ton père », lança-t-il avec amusement.
Ed lui jeta un bref regard noir avant de se concentrer sur les notes manuscrites du livre. Tout en lisant, l'adolescent dut retenir une forte envie de lever les yeux au ciel ; il s'exclama finalement : « C'est n'importe quoi ! »
Quand les deux hommes se mirent à rire, Ed plissa les yeux et dit : « Je ne vois pas en quoi c'est drôle. Je veux dire… » Il laissa échapper un bruit d'exaspération. Il semblait que son père avait cherché un moyen de se dédoubler afin d'échapper aux corvées ménagères que Trisha lui donnait à faire.
« C'est sûr que vous, ça vous intéresserait ! » grommela-t-il d'un ton irrité, puis en tournant la page, il remarqua que quelques unes avaient été déchirées, et il fronça les sourcils. « Il en manque… » murmura-t-il en touchant du doigt les bases des pages arrachées.
« Ouais... fit le major. On suppose que l'information vous concernant se trouvait dans cette partie... parce que si tu lis tout de bout en bout, tu verras que ce cercle, dit-il en montrant le sol, n'est nulle part ailleurs dans le livre.
- Ah bon ? » demanda Ed d'un air confus. Il n'avait pas vraiment eu le temps de parcourir le livre en entier avec tout ce qui s'était passé avec sa mère.
« Oui, dit le jeune Mustang, puis il montra du doigt la page suivant les arrachées. Et jette un œil là-dessus. »
Au premier abord, Ed n'était pas sûr de ce qu'il était censé regarder, puis il le vit. Le fantôme du cercle en question s'était imprimé sur la page voisine au temps où Hohenheim l'avait dessiné sur l'une des pages manquantes. Sa version plus jeune devait avoir remarqué le motif et l'avait redessiné pour voir à quoi il ressemblait. L'adolescent leva le livre à la hauteur de son nez. En plus du cercle, il y avait des mots, mais ils étaient difficiles à déchiffrer.
« Hmm... marmonna-t-il, prononçant ensuite les mots à voix haute à mesure qu'il les comprenait. Londres… autre côté… » Ed secoua la tête. « Ca ne veut rien dire… » Il leva les yeux. « Il a emporté tout ce qui concernait ce cercle… »
Les deux autres hommes acquiescèrent, puis le colonel déclara : « Nous allons donc devoir nous débrouiller tous seuls pour modifier le cercle de transmutation et rentrer chez nous. »
Ed baissa les yeux sur le livre dans un soupir, puis ouvrit la bouche pour parler lorsque la porte s'ouvrit en claquant, Edward entrant d'un pas raide avec deux verres. Quand le garçon tendit violemment le premier verre au major, de l'eau déborda sur sa main et éclaboussa l'uniforme du jeune Mustang.
Le major sourit et dit : « Ca n'est pas comme ça que l'on fait. Tu te rappelles ce que j'ai dit à propos des bonnes manières ? »
L'enfant blond roula des yeux et fit d'une voix traînante et sarcastique : « Paaaardon. »
Le sourire du jeune homme de vingt-et-un ans s'élargit, et il prit le verre avant de s'adresser à l'Ed plus âgé. « Je pense que si je commence tôt, il ne finira pas aussi grossier et mal élevé que toi. »
L'adolescent poussa un grognement, puis se retourna pour fusiller du regard le colonel qui échappait un léger rire en montrant son approbation d'un signe de tête.
« Espèce de...
- Maman dit que le déjeuner est prêt et que tout le monde doit aller se laver les mains, annonça Al en passant sa tête dans l'entrebâillement de la porte.
- D'accord ! s'exclama Edward d'un air excité avant de courir hors de la pièce.
- Eh bien, je ne suis pas contre un bon déjeuner non plus », fit le major en se levant et en prenant la direction de la porte.
Ed le regarda sortir, hésitant lourdement. Il devait parler avec le colonel à propos de la nuit dernière…
Le plus jeune Flame Alchemist se retourna pour les regarder, fronçant légèrement les sourcils, mais ne dit rien en se glissant hors de la pièce.
Le blond déglutit difficilement, essayant de trouver le courage de dire ce qui le préoccupait.
« Roy... commença-t-il doucement. A propos de ce que j'ai dit hier s...
- Je pense qu'on devrait se préparer pour aller déjeuner », dit le colonel en se levant et en évitant le regard d'Ed. L'adolescent regarda l'homme plus âgé marcher jusqu'à la porte et s'arrêter. « Tu ne voudrais pas la faire attendre ? » demanda l'homme aux cheveux d'ébène, la gêne transparaissant de manière évidente dans sa voix.
Ed soupira et se leva à son tour. Pourquoi esquivait-il cette conversation ? Peut-être que sa mère avait raison… Peut-être que Mustang ne retournait vraiment pas ses sentiments…
« Non... » répondit-il lourdement, puis il suivit le colonel hors de la pièce.
« Oh ! Maman, la corde de la balançoire s'est encore détachée de l'arbre... », geignit Edward.
Trisha poussa un soupir, légèrement agacée. Apparemment, rien ne pouvait lui faire tenir cette balançoire en place… C'est Hohenheim qui l'avait installée à l'origine, mais une violente tempête avait un jour brisé quelques unes des branches de l'arbre, celle à laquelle était suspendue la balançoire comprise. Elle avait depuis essayé de la mettre sur une autre branche, sans succès…
« Très bien, j'irai y jeter un œil après déjeuner », murmura-t-elle.
Soudain, le major repoussa vivement sa chaise en souriant et dit : « Ne vous embêtez pas. Je peux m'en occuper. »
Elle lui lança un regard reconnaissant, puis fronça les sourcils quand le petit garçon de sept ans répondit en faisant la moue : « Pas toiiiiiii !
- Edward, le prévint sa mère. »
Le petit garçon fronça le nez, puis se leva. « Bon, d'accord ! Mais je te surveille pour que tu ne fasses pas n'importe quoi ! » dit Edward. Le jeune homme brun se contenta de secouer la tête avec un petit rire. « Tu veux venir, Al ? » demanda Edward, d'une voix un peu plus douce.
Le garçon aux cheveux blond roux le regarda un moment avant de refuser d'un signe de tête. Cela laissa l'aîné hésiter un instant. Al le suivait presque toujours partout. « Bon… alors d'accord…, dit-il, incertain.
- Allez, on y va », fit le major, puis il partit, Edward traînant derrière lui.
Alphonse les regarda partir, puis il se retourna et dit : « J'ai fini. Puis-je sortir de table, s'il vous plaît ? »
Trisha sourit. Son cadet avait appris les bonnes manières presque aussi facilement qu'un poisson apprend à nager, et il était tellement adorable à chaque fois qu'il demandait la permission. « Oui, tu peux », répondit-elle, puis elle le regarda prendre son assiette et celle d'Edward pour les mettre dans l'évier avant de sortir dans le couloir menant vers la remise.
Elle lança un coup d'œil à son fils adolescent et son sourire s'effaça. Il était resté si silencieux durant tout le repas, et maintenant il fixait son assiette d'un air abattu… L'autre militaire n'avait pas dit un seul mot non plus…
« Ed... dit gentiment Trisha. Pourquoi ne prendrais-tu pas une pause ? Tu as parlé de faire une sieste et de prendre une douche, tout à l'heure… Peut-être devrais-tu en profiter pour faire ça avant d'aller passer des heures à travailler sur toute cette alchimie… »
L'adolescent leva les yeux vers elle, puis après quelques instants lui offrit un demi-sourire et hocha légèrement la tête. Cet Edward prit son assiette et la posa dans l'évier avant de quitter la pièce. Cela faisait du bien de voir qu'il avait appris un minimum de bonnes manières…
Son regard resta posé sur le colonel tandis qu'il prenait une dernière gorgée de sa tasse et déclarait, faisant mine de se lever : « Bon, eh bien il faut bien que quelqu'un aille se mettre à bosser sur ce cercle…
- Colonel Mustang, j'aimerais vous dire un mot », l'interrompit Trisha, s'efforçant de garder une voix égale. La seule pensée de cet homme lui était insupportable, causant chez elle un déchaînement de colère et de peine.
L'homme de vingt-neuf ans la regarda un instant, puis se rassit lourdement sur sa chaise en reposant l'assiette sur la table. « Très bien… », dit-il lentement.
Presque deux minutes s'écoulèrent, et Trisha ne dit rien. Elle avait du mal à rassembler ses pensées. Elle avait promis à Ed d'essayer d'envisager les choses de son point de vue, mais il lui était difficile de même imaginer accepter une relation où elle le voyait souffrir.
« Parlez-moi de votre relation avec mon fils », finit-elle par dire d'une voix hésitante.
C'était à son tour de l'observer en silence pendant qu'il réfléchissait. Elle commençait à se demander si sa question n'était pas trop large lorsqu'il répondit : « C'est en réalité assez simple… Je suis son officier supérieur, il est mon subordonné, mais nous sommes également autre chose. Vous pourriez nous appeler des amis ; vous pourriez très certainement nous appeler des amants, bien que cela soit un développement plus récent.
- Comment en est-ce arrivé là ? » demanda-t-elle prudemment.
Il leva les yeux en réfléchissant un moment, puis réorienta son regard vers elle dans un soupir. « C'est une longue histoire, une histoire que je ne désire pas développer, mais je vous dirai qu'une telle évolution ne m'a jamais traversé l'esprit à l'époque, et je n'ai jamais eu aucune raison de l'imaginer. Je n'irai pas mentir en disant que ça ne me fait pas bizarre de penser avoir ce genre de relation avec un individu de quatorze ans mon cadet, mais comprenez bien que s'il a l'air jeune, Ed est véritablement très mature pour son âge, et il fait face à la situation sans problème. »
Trisha serra les dents un moment pour tenter de retenir la colère qui bouillait en elle, et comme elle ne disait rien, il poursuivit : « Il a traversé beaucoup d'épreuves pour quelqu'un de son âge. Je suis sûr qu'il a dû vous en confier une partie, mais il n'a certainement pas pu avoir le temps de vous donner tous les détails de sa vie, il… »
Elle le coupa : « Il m'en a dit beaucoup. Je sais à propos… » Sa voix se mit à trembler. « …à propos… d'Alphonse… et je sais pour moi, et je sais pour son bras et sa jambe… »
Il hocha la tête d'un air compatissant, et fit : « Donc vous en savez déjà pas mal…
- Mais, continua-t-elle, l'interrompant de nouveau, il reste un enfant. Il n'a que quinze ans. »
Le colonel acquiesça. « Oui, c'est vrai. Il a quinze ans, mais il n'est plus considéré comme un enfant. Il a renoncé à l'enfance en s'engageant dans l'armée.
- Et ça vous donne le droit de coucher avec lui ? » demanda-t-elle, incapable de contenir la colère dans sa voix.
Il poussa un soupir exaspéré. « Je vous ai dit que ce n'était pas comme ça. Il…
- Est-ce que vous l'aimez ? » demanda-t-elle à brûle-pourpoint. Quand l'homme brun se contenta de la dévisager, elle ajouta : « Je ne veux pas que vous jouiez avec ses sentiments. Si vous ne l'aimez pas, alors vous devez mettre un terme à cette relation. Aussi mature qu'il puisse être, il reste naïf et très vulnérable. »
Il souffla et passa une main dans ses fins cheveux noirs. « Mme Elr…
- Mais, dit-elle, le coupant à nouveau dans sa phrase, si vous l'aimez vraiment, vous devez le lui dire. Je veux le voir heureux, et si être avec vous le rend heureux, alors j'essayerai de m'y faire, mais pas si vous continuez à jouer avec ses sentiments. Là, maintenant, il n'est pas heureux. Il fait tout pour agir en tant qu'« adulte », pour montrer qu'il va bien, mais nous savons tous les deux que ce n'est pas le cas. »
L'homme acquiesça d'un air pensif, mais ne dit rien. Elle attendit, espérant qu'il ajoute quelque chose, ou peut-être qu'il lui dise ce qu'il ressentait pour son fils, mais devant son silence prolongé, elle finit par conclure : « Voilà. C'est tout ce que j'avais à dire. »
Le colonel hocha de nouveau la tête, et mit son assiette dans l'évier. Il resta un moment dans le couloir à regarder en direction de la remise, puis prit silencieusement la direction opposée, celle de la porte d'entrée.
Après une douche et une petite sieste, Ed se sentait bien mieux. Il avait mal dormi la nuit précédente et il n'avait pas réalisé combien le stress de ces derniers jours avait pu l'affecter. Tournant la poignée de la remise, l'adolescent blond s'attendait à voir les deux Mustang et probablement également Edward et Alphonse en train de travailler sur le cercle de transmutation, mais ce qu'il vit à la place le surprit.
La pièce était vide, à l'exception d'Alphonse. Le petit garçon aux cheveux blond roux était agenouillé sur le sol, une craie à la main et quelques livres ouverts par terre à côté de lui. Son petit frère leva les yeux et sourit en voyant de qui il s'agissait.
« Regarde, grand-frère ! » s'exclama Alphonse en montrant le cercle du doigt.
Ed entra dans la pièce et contempla le cercle modifié avec émerveillement. « Je n'y crois pas… » murmura-t-il pour lui-même. Il embrassa rapidement l'œuvre du regard, puis baissa les yeux sur une feuille de papier posée sur l'un des livres. Le ramassant, Ed étudia les équations écrites de manière grossière, puis reporta son regard sur le petit garçon d'un air stupéfait.
« Je crois que tu as réussi, Al ! »
Le sourire de l'enfant s'élargit, puis il bailla et se frotta les yeux. Secouant la tête, Ed reposa le papier puis, dans un même mouvement, tendit ses bras vers Alphonse. Le petit garçon posa la craie et enroula ses bras autour du cou de l'adolescent, se laissant soulever.
Ed se rappelait assez bien qu'Al avait l'habitude de faire des siestes vers cette heure sans même y être invité. « Tu ne cesseras jamais de m'étonner, Al… » chuchota-t-il dans l'oreille de son frère.
Le garçon dans les bras, Ed quitta la pièce pour aller trouver le colonel et le major.
« Vous devez vraiment partir aujourd'hui ? » demanda Trisha d'un air déçu.
Son fils et le colonel acquiescèrent, bien qu'Ed semblât plus hésitant.
« On ne devrait même pas être là, dit l'homme plus âgé.
- Moi aussi je dois y aller..., ajouta le major.
- Tout le monde s'en fiche de toi », fit remarquer Edward d'un air sournois, dans un effort pour dissimuler le fait qu'il ne s'en fichait pas du tout.
Le major se baissa et lui ébouriffa les cheveux. « Ne t'en fais pas, on se reverra, morveux. »
Le garçon croisa les bras et détourna les yeux en prenant l'air grincheux.
Poussant un soupir, Trisha fit un pas et entoura Ed de ses bras, le serrant fort. « Tu vas me manquer », dit-elle, essayant de retenir ses larmes ; elle avait assez pleuré pour aujourd'hui.
Il lui rendit son étreinte et murmura : « Toi aussi… tu n'as pas idée combien… » Ils restèrent ainsi un long moment avant qu'Ed ne redresse légèrement et murmure : « Maman… est-ce que… pourras-tu un jour me pardonner ? » Sa voix céda et il baissa les yeux en essayant de garder contrôle de ses émotions.
« Pour quoi, Ed ? » demanda-t-elle, confuse. Il n'y avait d'après elle rien qui pût requérir son pardon.
Il leva deux yeux pleins de larmes et répondit dans un murmure tourmenté : « Pour… pour tout. Pour avoir rejoint l'armée, pour ce que j'ai fait à Al, et… toi… avoir essayé de… »
Trisha posa un doigt sur ses lèvres en faisant 'chut'. « Edward… tu es mon fils, et je t'aime quoi qu'il arrive. Bien sûr que je te pardonne. »
Il cilla et une larme roula doucement le long de sa joue. « C'est vrai… ? »
Elle hocha la tête, des larmes lui montant aux yeux.
Un sourire s'épanouit sur son visage et il l'enlaça de toutes ses forces. « Merci ! murmura-t-il. Merci ! J'avais tellement peur que tu me haïsses après tout ce que je t'ai dit… »
La brune secoua la tête. « Non… Je ne pourrais jamais te haïr, Edward. Jamais. » Elle se recula un peu et poursuivit : « Je serai toujours avec toi. » Elle toucha sa poitrine. « Juste là. Je serai toujours dans ton cœur, et tu seras toujours dans le mien. »
Il hocha la tête et essuya la larme.
« N'oublie pas de dire à Alphonse que je l'aime aussi, dit-elle, et il hocha de nouveau la tête.
- Je le ferai. Promis. »
Lorsqu'ils se séparèrent, elle regarda les deux petits garçons le serrer dans leurs bras chacun leur tour, puis elle tourna son regard vers le colonel qui observait la scène l'air impassible.
« N'oubliez pas ce que j'ai dit, colonel. »
Il poussa un lourd soupir, puis acquiesça avant de se placer sur le cercle de transmutation. Quand Ed l'eut rejoint, Trisha se recula, entrainant Alphonse avec elle. Le major et Edward s'agenouillèrent au bord du cercle et le premier déclara : « A trois. »
Edward hocha la tête et dit : « Un. »
Trisha leva les yeux pour rencontrer ceux de son fils – l'adolescent qu'elle n'aurait jamais l'occasion de voir son petit Edward devenir.
« Deux », poursuivit le major Mustang.
Des larmes lui montèrent aux yeux et elle battit rapidement des paupières, ne souhaitant pas le manquer durant ces quelques dernières secondes.
« Trois », dirent-ils à l'unisson et elle entendit leurs mains frapper le sol.
Soudain une lumière encercla son fils et le colonel ; à cet instant elle aperçut Ed lui sourire, puis la lumière envahit sa vision et elle ne put plus les voir.
« Maman... » résonna une petite voix dans le lointain.
Trisha ouvrit les yeux pour voir un ciel bleu ainsi que la mine inquiète d'Alphonse – toujours barbouillée des dessins d'Edward – penchée au-dessus d'elle.
« Maman », dit-il à nouveau en la secouant légèrement.
Elle se redressa et regarda autour d'elle. Elle était allongée dans l'herbe à côté du panier à linge et… et… et quoi ?
« Ca va, maman ? » demanda son cadet, un peu inquiet.
La brune le regarda et lui sourit d'un air rassurant. « Je vais bien, Alphonse. Il fait tellement beau que j'ai juste eu envie de faire une petite sieste, comme toi. »
Cette réponse sembla le satisfaire et il demanda : « Où est grand-frère ? »
Elle réfléchit quelques instants, son cerveau prenant un peu de temps pour se réveiller. Les dessins sur son visage lui rappelèrent ce qu'il s'était passé et elle dit : « Il est dans la remise. Pourquoi n'irais-tu pas lui dire qu'il peut sortir maintenant ? »
Le petit garçon aux cheveux blond roux détala et Trisha se rallongea pour regarder le ciel. Le rêve qu'elle avait fait s'effaçait déjà. Elle se souvenait… de son fils, Edward, étant plus âgé, et de deux alchimistes d'Etat… et…
La brune secoua la tête et se releva péniblement. La tête lui tourna un instant, le monde semblant danser devant ses yeux, puis tout se clarifia. Peut-être devrait-elle voir un médecin… après un temps de réflexion, elle décida de rejeter l'idée. Elle était juste fatiguée, c'est tout…
Edward et Alphonse sortirent de la maison en courant et crièrent : « On va chez Winry ! »
Trisha leur fit un signe de la main puis se sentit soudain très mélancolique. Peut-être était-ce dû à son rêve, elle ne pouvait savoir…
Trisha secoua la tête ; non, ce n'était qu'un rêve. Elle avait déjà eu des rêves étranges… La brune commença à décrocher le linge sec des cordes. Par exemple, il y avait eu ce rêve où Alphonse lui parlait depuis
l'intérieur de l'armure qu'ils gardaient au fond de la cave, mais lorsqu'elle l'avait ouverte, il n'y avait que des chatons à l'intérieur.
Ca, ça avait été un rêve étrange…
