12.
Sous le feu de trois Drakkars, le Karyu avait fait front, projetant son toujours redoutable et irrésistible Feu de Saint-Elme, provoquant des dommages à ses adversaires, mais pas suffisamment pour s'en sortir !
- C'est chaud, commandant ! avertit Unabara.
- Nos boucliers de coque faiblissent, renseigna Battlyzer. On va être vraiment mal !
- Je lance un SOS à notre Flotte ? hasarda Axéluteur.
- Personne ne nous viendra en aide dans un tel laps de temps… Aucune chance que les Observatoires du coin comprennent et relayent la nouvelle à notre hiérarchie ?
- Non. Ils ne verront rien, murmura Grenadier. Vous êtes sûr qu'Albator est là tout près pour nous aider ?
- C'était notre rendez-vous ! Il est là !
- Canon de Saint-Elme rechargé, renseigna Battlyzer.
- Et feu ! rugit Warius en pressant la détente de son pistolet.
Bien qu'invisible, l'Arcadia avait bien causé des dégâts aux Drakkars assaillant le Karyu. Et le cuirassé Pirate avait fait feu de toutes ses pièces !
- Merci, Albator ! fit Warius, non sans soulagement, passant le bras sur son front ruisselant de sueur sous la casquette. Tu en as proprement dégommé un, d'un seul tir, quasi ! Il faudra que tu m'expliques, un jour ! ?
- Comme si je le savais…
Un nouveau cuirassé apparaissant, l'Arcadia se remit en position de combat.
- Où que tu sois, lâche Pirate, je suis là et je te traquerai à jamais ! aboya l'Ergul. Ma Jenkrode est programmée pour te tuer !
- Ah, vous donnez soudain des noms à vos Drakkars ?
- Ne ricane pas, Pirate. Tu es mal embarqué ! Tu es invisible, mais je te repère au croisement de tes tirs !
- Il a raison ! s'affola Warius. Bats en retraite, Albator !
- Jamais. Et tu es toujours en délicate position.
- Albator, nous avons quatre Drakkars devant nous, jamais nous… Je ne crois pas que nous puissions…
- La ferme ! rugit le grand Pirate balafré alors que ses tourelles de canons et autres sections de tirs propulsaient leur feu rageur.
- Ca ne suffira pas, soupira Raï, désolé.
Clio vit soudain Alérian devenir lumineux, rejetant la tête en arrière sur un cri de souffrance néanmoins silencieux.
- Alie…
Le jeune homme hurla sans un son, la bouche ouverte, un interminable moment, avant de s'écrouler au sol, inanimé.
L'Arcadia invisible fonça de plus belle sur deux Drakkars, Tranchoir de Proue sorti, les ouvrant comme des boîtes de conserves, les transperçant après les avoir percutés de plein fouet.
« Un nouveau miracle… Je comprends désormais. Et je crois que ton père le réalisera lui aussi à présent… Je suis tellement désolée ! ».
Pourvu de son petit sac à dos, Alérian s'était dirigé vers le spacewolf devant l'amener sur la station spatiale de Gromech.
- A ce soir, papa ! fit-il avec un geste du bras à l'adresse de ce dernier.
Prenant place, le jeune homme sourit à Yattaran et Beebop.
- Mes gardes du corps attitrés !
- Nous avons beaucoup d'affection pour toi, Alie. Pour moi, je commence à te connaître, j'apprécie ton génie et plus simplement encore ta gentillesse naturelle. Quant à Beebop, il t'a accompagné depuis bien plus longtemps, il te vénère quasi, pour être passé de la casse au Karyu puis à ce bord où il ne sera jamais démantelé ! Nous t'emmenons sur Gromech. Profite de ta sortie, jeune homme !
- Merci, Yattaran. Je n'en abuserai pas. Je veux juste pouvoir disputer un tournoi de golf ! Ensuite, je rentre. Vu que Warius est sauf, nous pourrons nous retrouver plus tard !
- Ça ira, Alie ? Je ne dois pas t'accompagner ?
- Non, j'ai l'intention de faire du shopping du simple regard, de goûter à tout ce que l'on me proposera de gratuit, à bien manger au resto de plantes en marinades, et à donc m'éclater au golf ! A ce soir, Yattaran !
- A ce soir, jeune homme. Amuse-toi !
- Mais, j'en ai bien l'intention !
Le spacewolf posé, Alérian se précipita hors du pont d'envol pour rejoindre le cœur de la station spatiale, s'y amuser, s'y perdre.
