Ko' dévoile : Salut mes p'tits choux !
Comment vous dire que j'avais complètement zappé notre rendez-vous bihebdomadaire ? Oui, je sais. Ça ne se dit pas. M'enfin, je vous rappelle qu'à la base on était censé poster un chapitre toutes les deux semaines… u.u Vive les paroles en l'air ! On se croirait en politique. Bref, tout ça pour vous dire, désolée. T.T
Aujourd'hui, je vous propose un truc que j'aurais jamais pensé écrire. Quand j'ai eu l'idée, j'en étais très sceptique. Je le suis toujours un peu, mais sans doute pas assez pour effacer ce chapitre. Quoi qu'il en soit, il est là, pour vous, aujourd'hui. Alors je m'excuse d'avance à ceux que je décevrai peut-être, et vous souhaite tout de même une bonne lecture ! :)
Au fait, je vous l'ai pas redis, mais vous vous en souvenez, hein ! Vous n'êtes pas des poissons rouges. Vous savez très bien que One Piece ne m'appartient pas.
Pause réponse à la review : Merci beaucoup, petit guest sauvage, mystérieux et charmant, qui est venu, a vu et a reviewé nos deux premiers chapitres. Merci à toi ! Je suis très contente que, malgré tes réticences face au paring ZorRobin, tu aies quand même lu et laissé un petit mot. Merci encore, et à la prochaine, peut-être ! :)
Aveu
Il ne sait pas quoi faire. Il les a bien compris, il sait ce qu'ils veulent, tous. Il se sent rejeté, et accepté en même temps. Une sensation qu'il n'avait encore jamais connu.
Il ne sait pas quoi faire. Parce qu'il est conscient que tout va se jouer bientôt, sous ses yeux, et qu'il faudra qu'il prenne son courage à deux mains s'il veut qu'on l'entende. Il faudra qu'il donne de la voix, qu'il montre ce qu'il veut réellement, s'il veut enfin pouvoir tourner une page de son existence, pour tenter d'aller chercher son rêve. Il sait tout ça.
Et malgré tout, il ne sait pas quoi faire.
Accoudé à la rambarde du pont supérieur du Baratier, Sanji expire la fumée de sa cigarette. La soupe qu'il avait préparée avec amour vient d'être rejetée à l'unanimité. Tous ses compagnons cuistots l'ont envoyée valser. Et lui avec. A croire que plus personne ne le différencie de sa bouffe, maintenant.
Il se prend la tête dans les mains. Il a bien conscience que tout ça n'était qu'une mascarade. Il a bien compris que tout ce qu'ils voulaient, c'était qu'il prenne son envol, enfin. Mais quelque chose le tracasse. Il sait très bien ce que c'est, mais n'ose pas se l'avouer à lui-même. C'est une vérité qu'il a encore du mal à accepter, et qui a pu, déjà, lui causer quelques soucis.
Il relève la tête vers le ciel. De toute manière, il n'y a plus grand-chose à faire, maintenant. Il se fait renvoyer, et n'a d'autre porte de sortie que l'équipage de cette tête de nœud qu'est celle de ce bonhomme élastique. A-t-il vraiment le choix ? Est-il vraiment maître de la situation ? Non, bien sûr. Mais à quoi bon ? Il sait que c'est là le meilleur pour lui.
Il sait que cet équipage le mènera vers des horizons nouveaux. Il sait que ce sera grâce eux s'il parvient, un jour, à trouver All Blue. Alors pourquoi se poser tant de question ? Le chemin est tout tracé, la route droite. Il fait ses valises, remercie Zeff, retient ses larmes, et monte sur le bateau. Point. Rien d'autre ne devrait compter pour lui, à présent.
Mais ça n'est pas si simple. Il y a une tâche noire au tableau. Elle paraît petite, presque insignifiante. Si pâle, si invisible. Mais en fait, tout le problème est là.
Tout d'abord, parce que la tâche est tout sauf insignifiante. Elle est d'une importance capitale, elle est déterminante. En fait, c'est elle qui fausse tous les calculs de Zeff et de tous les cuistots. C'est parce qu'ils n'ont pas pris cette tâche en compte, que Sanji hésite.
Ensuite, parce que cette tâche si petite n'est que la partie visible de l'iceberg. Sanji est conscient que dès qu'il plongera un peu, la tâche deviendra plus grosse, de plus en plus grosse, toujours plus imposante. Et il sait aussi que plus la tâche grossira, plus il ne pourra s'en passer. C'est pour ça, qu'il ne veut pas partir. Il sait très bien que dès qu'il commencera à plonger, il voudra toujours aller plus profond, il voudra toujours découvrir un peu plus, toujours plus, cette tâche qui se feutre dans le paysage.
Et enfin, et surtout, parce que cette tâche n'est pas noire. Mais verte.
« Tu devrais pas hésiter aussi longtemps. T'as peur de quoi ? Qu'on te mange ? »
Sanji tourne la tête vers le nouvel arrivant.
Zorro. Roronoa Zorro. Bretteur et pirate. Second du capitaine Monkey D. Luffy à son actif. Visage neutre, yeux perçants. Bestial et sauvage. Mortel. Cheveux verts.
C'est la tâche du tableau.
« Nan, pas le moins du monde. Je suis cuisinier. Je suis au moins assuré que vous ne me mangerez jamais. Pour votre propre survie. »
Zorro sourit face à cette réponse pour le moins inattendue. Il vient s'accouder, à côté du blond, pendant que celui-ci prend une bouffée de nicotine.
« Alors, de quoi t'as peur ? »
Sanji se retourne pour se mettre dos à la barrière de bois. Il souffle la fumée de sa cigarette. Dans cette position, il ne voit plus le visage du bretteur. Et accessoirement, la tête de mousse ne voit pas le sien non plus. Position stratégique, imparable et nécessaire, dans la situation présente.
« Je n'oserais même pas te le dire. »
Il devine au silence qui suit que le pirate doit arquer un sourcil. Sanji soupire. Il ne peut quand même pas lui dire que c'est lui, son problème ! Si ? De toute manière, même s'il le lui disait, l'autre ne comprendrait rien. Il serait alors contraint de développer. Et ça, il en est hors de question.
Il imagine déjà la scène. L'autre le regarderait avec des yeux mi-dégoûtés, mi-méfiants. Il partirait, sans rien ajouter. Il irait en toucher deux mots à son capitaine. Et ils seraient revenus sur leurs paroles. Peut-être auraient-ils pris peur, peut-être auraient-ils été déçus. Pas le capitaine, non. Il est trop idiot pour comprendre ce genre de chose. Mais Zorro, lui, aurait tout de suite saisi l'idée. Après tout, il est logique que ce soit lui, le premier concerné. Oui, c'est bien lui, la première cible.
Si Sanji lui faisait vraiment cet aveu, il est certain que le bretteur ne le considèrerait plus pour ce qu'il est vraiment. Il est certain que cet homme, aussi sûr de lui, et aussi insensible, ne saurait pas comment réagir, et se cacherait derrière un masque d'indifférence, ou de méfiance, envers Sanji pour se protéger. Et le jeune homme n'a aucune envie de monter sur un navire dont les membres le discriminent.
« Si c'est de l'ordre de ta vie privée, ça ne me regarde pas, effectivement. Mais ça regarde indirectement le capitaine. S'il y a un truc qui te dérange, tu as le droit de nous le dire. On fera en sorte de le régler. On essaiera, tout du moins. »
Sanji a envie de lui répliquer qu'il n'y a rien à faire. Que c'est ancré en lui, et que rien ne peut changer le regard qu'une personne pose sur vous. La nature humaine est souvent bien plus forte que la meilleure volonté du monde.
Le bretteur s'éloigne de la rambarde. Son visage est maintenant dans le champ de vision de Sanji. Il le regarde du coin de l'œil. Il se prend alors à espérer. C'est insensé, mais brutalement, Sanji pense à cette possibilité qu'il n'avait même pas encore envisagée.
Et si, lui aussi, partageait ce même problème ? Et si, lui aussi, partageait ce même sentiment ? La neutralité et l'insensibilité qui émanent de lui ont forcément leur faille. Est-ce seulement possible que ces failles soient les mêmes que celles qui étreignent Sanji ? Est-ce vraiment possible ? Ce corps si viril cache forcément des fissures. Il ne peut tout bonnement pas être cet homme imperméable à longueur de vie !
Est-ce vraiment possible…
« On va pas tarder à y aller. Tu devrais préparer tes affaires, le capitaine n'est pas du genre patient. Surtout qu'on a une navigatrice à aller récupérer, alors… »
Ce dernier point à l'air de l'ennuyer franchement. Sanji grimpe d'un échelon sur l'échelle de l'espoir. Il a presque envie de lui balancer le fond de sa pensée, comme ça, sans prologue ni préambule. Sans le prévenir de quoi que ce soit. Après tout, il pourrait jouer le tout pour le tout. Lui livrer ses doutes, et voir sa réaction. Soit il gagne la partie, et il monte sur le navire, avec certaines promesses au fond des yeux, soit il perd, l'autre le rembarre, et il continue de vivre sa vie de cuisinier sur un bateau restaurant, où s'arrête toujours toutes sortes de proies, plus alléchantes les unes que les autres. Au final, cette dernière optique semble aussi agréable que la première.
Mais Zorro ne lui en laisse pas le temps. Il passe devant lui, sans lui adresser un regard. Sans s'arrêter. Il part rejoindre son capitaine, encore en train de s'empiffrer dans la salle de restaurant. Laissant Sanji seul, remuer ses idées noires.
Le jeune homme se retourne alors vers l'océan. La mer est calme, et les faibles vagues n'ont même pas la force de remuer le grand navire. L'océan semble s'être mis sous son meilleur jour, comme s'il appelait Sanji, comme s'il l'invitait à venir le parcourir. Comme s'il lui soufflait de suivre ces gens, cet équipage de pirates, plus fous les uns que les autres.
Il prend une dernière bouffée de cigarette, expire la fumée après l'avoir ingérée, et jette le reste de sa clope à la mer.
On verra bien…
Et Sanji monte dans ses quartiers, faire ses affaires, laissant à l'océan les quelques mots qui auraient pu jouer sur son destin s'ils avaient passé la barrière de ses lèvres.
« Je suis gay, Zorro… »
NdK Sérieusement… Je ne pensais pas que j'écrirais un jour sur le couple Sanji/Zorro… Et je ne sais toujours pas quoi penser de mon chapitre ^^' En fait, je ne les vois toujours pas ensemble, ces deux-là. Et en vérité, je ne sais même pas si je considère vraiment Sanji gay. M'enfin… Ce chapitre vaut ce qu'il vaut.
A vous de me dire la valeur que vous lui donnez… :)
NdZ Pour ceux qui connaissent Zuzu, vous savez donc qu'elle ne se prononcera pas sur ce chapitre. Il est de Ko', donc il est bon. Un point c'est tout. Je remercie aussi notre petit Guest pour son adorable petit passage :)
