Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : J'utilise les noms d'Harold et de Raiponce. J'adore « Hiccup » mais j'exècre « Rapunzel » à un tel point que la version française gagne haut la main.

J'utilise aussi le nom d'Harold Horrib'Haddoc, même si je préfère Horrendous. La raison apparaîtra vers le chapitre 4 (normalement).

Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Note 3 : J'utilise Severus Snape au lieu du francisé Severus Rogue pour conserver l'allitération en « s » de l'original.

Merci à Aangelik pour sa correction.

Merci à Were-Wouf, DeadlyFury, Philou, Isis Nephtys, Emmawh, Coralinda et Plume 1304, pour leurs reviews.

Philou : Merci pour tous tes compliments ! Pour ce qui est des Valkyries, j'avoue sans honte avoir été cherché le nom sur Wikipédia. Je connaissais ces divinités, mais de là à ressortir leur nom… ) Et la fanfiction d'Aangelik, c'est « Les légendes de Terre de Lune ».

Coralinda : Merci beaucoup pour ta review. Et oui, la mère d'Harold est une hamadryade. Enfin, pas tout à fait. Je ne l'avais pas pensée comme cela (je n'avais jamais fait la différence entre Hamadryade et Dryade) et surtout, j'ai pris beaucoup de libertés par rapport aux légendes de base. Et ce n'est pas grave si tu ne sais pas être ma seconde correctrice, Aangelik fait déjà un super boulot.

PS : tu es trop perspicace )

Et maintenant, place à la fiction !

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Chapitre 9 : Le Noël des Secrets, part 2

Au Pays de Galles aussi, Noël finit par arriver. Pour la plupart des enfants, Noël, c'était magique. On s'amusait, on recevait des cadeaux et surtout, on se reposait. Pour la plupart des enfants. Pas pour Jack.

Pour Jack, un an sur deux, Noël représentait juste une période de stress intense et d'épuisement. Et celui de cette année était un de ces Noëls.

« - Jack, celle-là n'est pas bien faite, constata Tatiana, avant d'arracher d'un coup sec une des roses de glace qui ornait la cheminée.

- Mais m'man ! Ca fait la troisième fois que j'en refais une, geignit le jeune adolescent.

- Et bien fait la une quatrième fois. Tout était parfait chez l'Héritière le jour du Solstice, alors hors-de-question que notre décoration de Noël compte une rose défectueuse. »

Jack souffla. Bien évidemment que la décoration de la maison de l'Héritière en titre avait été parfaite pour le jour du Solstice, vu qu'elle possédait des pouvoirs supérieurs aux siens. « Mais elle n'avait que ça », se dit le Serpentard. Lui, il était un Frost, comme l'Héritière, mais aussi un Sorcier.

Rassemblant ses mains en une coupe, il commença à se concentrer. Au creux de celles-ci, l'humidité ambiante se mit à se condenser, avant de geler, formant une rose de glace que n'importe quel badaud aurait qualifiée de parfaite.

D'un geste délicat, Toothiana cueillit la fleur gelée, puis l'inspecta sous toutes les coutures. Apparemment satisfaite, elle la plaça précautionneusement sur la cheminée.

« - Bien, ça devrait aller. Maintenant, allons nous occuper des stalactites de l'entrée. »

Une fois encore, Jack soupira. La journée allait être longue.

Deux heures trente plus tard, après avoir refait deux stalactites dans l'entrée, créé une statue de glace à l'effigie du Père Noël dans la cour, recouvert tous les carreaux de la maison de fleurs de givres et enseveli le jardin sous une couche de neige, Jack s'effondra sur son lit. « Heureusement que l'on n'a pas de voisins à moins de 3 km. Dur d'expliquer pourquoi votre maison est la seule à profiter de la neige. ». Sur cette réflexion, il ferma les yeux et s'endormit.

Tooth, qui était entrée dans la chambre de son fils une petite quarantaine de minutes après l'avoir vu disparaître à l'étage, s'assit au bord du lit à la couette ornée de gros flocons de neige. D'un geste tendre, elle dégagea les mèches brunes qui s'emmêlaient sur le front de l'enfant. Quand il était endormi, Jack perdait ce petit air arrogant qu'il avait gagné depuis qu'il était parti à Poudlard. Là, elle revoyait le petit garçon qui lui réclamait des histoires sur l'Homme dans la Lune et sur les être du Petit Peuple.

« - Maman, maman, tu me racontes une histoire ? demanda le petit garçon.

- Une histoire ? Mais n'es-tu pas trop vieux pour ça, Jack ? Après tout, tu m'as dit que tu étais trop grand pour les bisous, sourit Tatiana.

- Papa dit qu'on est jamais trop vieux pour une histoire !

- Je crois bien que ton père a raison, alors. Allez, viens là, répondit la jeune femme, en tapotant ses genoux. »

Le petit garçon de six ans ne se le fit pas dire deux fois, s'installa contre le ventre de sa mère, en mettant tout de suite son pouce en bouche.

Tooth soupira. Cela faisait maintenant quelques mois qu'elle et son mari essayaient de désapprendre à Jack cette mauvaise habitude. Ce serait idiot que son petit garçon s'abîme les dents à cause de ça. Mais Jack refusait d'écouter. Revenant au monde réel, la jeune femme interrogea son fils.

« - Alors, quelle histoire veux-tu ?

- Celle de Quenotte ! Je veux l'histoire de Quenotte.

- Encore ? Et on ne dit pas « Je veux », mais j'aimerai.

- Mamaaaan.

- Dis-le, Jack, et tu auras ton histoire.

- Pfff, souffla l'enfant. J'aimerai entendre l'histoire de Quenotte.

- Et bien voilà. Bon, comment cela commençait, déjà ? Tu t'en rappelles ?

- Oui ! Mais c'est mieux quand c'est toi qui dis, répondit Jack, faisant sourire sa mère.

- Il était une fois, dans un magnifique palais doré, une petite fée, qui vivait là entourée de ses milliers de sœurs. Elle était au service de la Fée des Dents. Cette petite fée bleue et verte se nommait Quenotte. Un jour, la petite Quenotte rencontra un enfant, qui s'appelait Jack…

- Comme moi ? demanda Jack, comme à chaque fois qu'elle racontait l'histoire.

- Oui mon cœur. Un petit garçon qui était exactement comme toi. Où en étais-je ? Ah, oui, Quenotte rencontra Jack… »

Jack avait cessé de demander des histoires quand son père, Elliot, était mort, tué par un mangemort encore en liberté. C'était il y a maintenant 5 ans. Jack en avait alors 8 ans et Emma venait à peine de naître.

Pensive, Tooth se demanda si les choses auraient été réellement différentes si Elliot n'était pas mort. Probablement. Elle n'aurait pas fait sa crise et n'aurait pas perdu le contrôle de ses pouvoirs. North n'aurait pas dû agir et il n'aurait pas perdu son statut d'Héritier à cause de cela. Et Jack aurait sûrement été un petit garçon bien différent.

Secouant sa tête pour chasser les idées noires qui commençaient à l'envahir, Tatiana se décida à réveiller son fils.

« - Jack ? Debout, Jack.

- Mmmm, lui répondit son fils, en remuant un peu.

- Nos invités vont arriver d'ici une petite heure. Aller, debout.

- Mmmmmm – mmm.

- Je tiens à te rappeler que c'est toi qui m'oblige à faire cela », dit la jeune femme en sortant sa baguette.

D'un geste sec, suivit d'un « aguamenti », elle fit sortir de l'embout en bois un filet d'eau froide, qui partit asperger la marmotte.

« - AAAAAH ! Mais t'es malade ? C'est glacé !

- Il fallait te lever plus vite. Maintenant, prend tes affaires et va te préparer. Ils ne vont pas tarder. »

En grommelant, Jack attrapa les affaires pendues à un cintre par sa mère, avant de se diriger vers la salle de bain.

Une vingtaine de minutes plus tard, le jeune Overland sortait de la pièce d'eau, complètement apprêté. En soupirant, encore et toujours, il se rendit dans le salon, où il s'affala dans le divan comme un morse sur sa plage. Pas bien longtemps, cependant, vu que sa mère le fit se relever dès qu'elle le vit, sous prétexte qu'il allait froisser ses vêtements. D'un coup de baguette, elle rafraîchit la chemise de son fils, avant de retourner à ses fourneaux.

Et puis, le carillon de la porte d'entrée résonna. Ils étaient arrivés.

« - Éric ! s'exclama la voix de son grand-père. Comment vas-tu, vieux frère ?

- Bonsoir, Nicholas. Je vais bien, et toi-même ? répondit une voix d'homme, beaucoup plus froide.

- Toujours aussi sérieux, hein ? Et je t'ai déjà dit de m'appeler North. Mais restez pas là, entrez, entrez. Tatiana est dans le salon. Vous êtes les premiers arrivés. »

« Les premiers mais non les moindres », pensa Jack. Éric et Élisa, des oncles et tantes éloignés, venaient d'entrer dans le salon, suivis de leurs deux filles. Anna, la plus jeune, qui était cracmole(1) et surtout Elsa, l'Héritière des Frost. Et rien qu'à voir sa tête d'enterrement, la soirée s'annonçait terrible.

Finalement, la soirée se révéla plutôt amusante. Après les d'Arrendelle, se furent les Fischer, puis les Cygnus qui firent leur apparition. À 20h, tout le Clan Frost était rassemblé chez Jack. Le début de repas fut particulièrement guindé. Les apéritifs et petits fours, période durant laquelle les adultes passèrent leur temps à discourir sur les réformes ministérielles et le devenir de leur progéniture, furent suivis, vers 22h30, par le repas principal et ses vins d'accompagnement. Ce fut là que cela devint drôle. Placé à droite d'Elsa et juste à côté de la jeune sœur de son Grand-Père, Hilda Overland, Jack put constater de visu l'effet désastreux que l'alcool pouvait avoir sur les êtres humains.

Ainsi, son oncle Marcus Fischer, habituellement plutôt froid et réservé, parlait maintenant à tort et à travers, en embrassant toutes les cinq minutes sa femme Martha dans le cou, ce qui faisait glousser cette dernière, assise sur les genoux de son mari. De l'autre côté de la table, Éric avait commencé à jouer à « Tape-moi-dans-les-mains » avec sa cadette et Emma, sur le rythme de « We Wish You a Merry Christmas », sous le regard réprobateur d'Elsa.

Mais le plus drôle était sans conteste Edward Cygnus, qui, debout sur une table, chantait maintenant la célèbre chanson du Hérisson, en duo avec le grand-père de Jack. Le jeune garçon savait que d'ici minuit, Edward passerait sûrement à la complainte d'« Odo le Héros »(2).

Son grand-père était parti mettre son costume de Père Noël, quand Hilda se tourna vers Jack.

« - Et alors, Petit Jack, comme ça s'passe, à Poudlard ? demanda la forte femme.

- Euh, plutôt bien, tante Hilda. À vrai dire, il ne se passe pas grand chose, répondit l'adolescent.

- Pas grand chose ? À Poudlard ? Tu vas voir bonhomme, je suis sûre que quelques chose d'incroyable va t'arriver dans pas longtemps. Tu peux croire Hilda. Je le sens dans mes mamelles ! s'exclama-t-elle en tapotant sa poitrine, comme North le faisait avec sa « bedaine ».

« Famille de fous », se dit Jack en lui-même.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Le 24 décembre au matin, sur la côte sud de l'Angleterre, Raiponce sentait qu'aujourd'hui allait être LA journée.

Depuis son retour de Poudlard, elle avait soigneusement préparé ce qui allait bientôt suivre. Elle avait fait ses devoirs, rangé la maison au moins une fois par jour, cuisiné les plats préférés de sa mère,… bref, tout pour mettre celle-ci dans de bonnes conditions.

Ce fut au diner qu'elle se lança :

« - Mère, commença la jeune fille, je sais que vous n'aimez pas fêter Noël mais…

- Raiponce, coupa Gothel. Nous en avons déjà parlé. Les sept jours qui suivent le Solstice sont gonflés d'une magie particulière, idéale pour la confection des potions de guérison. Je ne vais pas gâcher une opportunité pareille pour une chose telle que Noël.

- Je sais, Mère. Justement. Comme vous ne voulez pas fêter Noël en ma compagnie, j'aimerai pouvoir inviter quelqu'un à passer la nuit ici.

- Inviter quelqu'un ? Voyons, ma chérie, quelle est cette sottise ? Ne me dis pas que c'est cette fille dont tu me parles quand nous discutons via les miroirs ?

- Mérida ? Non, non, ce n'est pas elle. En fait, ce n'est même pas quelqu'un de Poudlard.

- Si cette personne ne va pas à Poudlard, je vois mal comment tu aurais pu la rencontrer, constata la plus âgée, tout en continuant à couper sa viande en des morceaux de plus en plus petits.

- Il… Il s'appelle Flynn. C'est un orphelin qui habite à quelques kilomètres.

- Il ? Un garçon ! Et un orphelin, en plus ! Raiponce, dis-moi comment tu l'as rencontré. MAINTENANT !

- Je…. Je….

- Tu sais que je déteste les gens qui marmonnent. Dis-moi comment tu as fait la connaissance de ce garçon.

- Il est… entré dans le jardin pendant les vacances. On a discuté par la fenêtre.

- Un orphelin cambrioleur, maintenant. Je refuse que tu t'approches encore de ce garçon. Tu m'entends ? Je refuse ! commença à s'emporter la sorcière.

- Mais, Mère….

- J'ai dit NON, Raiponce. Je t'ai laissé garder ce lézard plein de microbes, j'ai accepté que tu partes à Poudlard, loin de moi et j'ai même bien voulu te laisser entrer dans l'équipe de Quidditch. Mais tu ne t'approcheras pas de ce garçon. Maintenant que tu m'as coupé l'appétit avec toutes tes bêtises, je pense que je vais retourner dans mon laboratoire. Range un peu, et ne me dérange surtout pas, compris ?

- Bien, Mère », murmura la blonde.

Sur ce, Gothel partit, en laissant son assiette sur la table et en déposant sa baguette magique sur le guéridon de l'entrée.

Raiponce, quant à elle, se contenta de débarrasser la table, tout en refoulant ses larmes. Elle y avait vraiment cru, cette fois. Elle avait espéré passer les fêtes avec quelqu'un d'autre que le silence qui se faisait plus pesant d'année en année. Cela n'aurait pourtant pas été difficile de cacher tout ce qui pouvait sembler magique à Flynn, le temps d'une soirée, une soirée qui aurait été exceptionnelle pour elle et pour l'orphelin. Elle avait même prévu de se rendre sur la colline, pour voir le feu d'artifice que le maire de la petite ville de Corona organisait chaque année le soir de Noël. Elle rêvait de le voir depuis tant de temps. Mais sa mère était arrivée avec ses gros sabots, et avait tout gâché.

« - Moi j'ai un rêve. Oui au fond de mon cœur moi j'ai un rêve », murmura tristement la jeune fille, se souvenant de cette chanson de son enfance.

Le reste de la journée passa lentement. La blonde essaya tant bien que mal de faire comme d'habitude, c'est-à-dire s'ennuyer en refaisant des choses déjà faites la veille. Mais ce qui n'avait déjà pas grand intérêt hier semblait avoir perdu tout son goût aujourd'hui.

Pourtant, vers 6h, alors que le soir était déjà tombé, la fin de la journée venait de prendre un tournant inattendu. Car à 6h, un visage que la jeune fille connaissait fit son apparition à la fenêtre.

« - Flynn ? » s'étonna Raiponce.

Le garçon se contenta de sourire devant l'air étonné de la jeune fille, avant de lui faire un signe de la main vers la porte d'entrée.

La Serdaigle hésita. En effet, deux jours plus tôt, elle avait dit à son ami que si sa mère était d'accord pour qu'il vienne fêter Noël avec elle, elle lui ouvrirait la porte. Mais sa mère n'avait pas été d'accord et lui avait bien fait savoir. Cependant, lui souffla une autre partie d'elle-même, sa mère avait spécifié qu'elle passerait la nuit dans son laboratoire. Alors, peu importe que Flynn rentre ou pas, du moment que la potioniste ne l'apprenait pas.

Faisant appel à tout son courage, Raiponce se décida. Attrapant la baguette que sa mère avait laissée dans l'entrée, de peur que cette dernière n'entre en résonnance avec le champ magique d'une de ses potions, la blonde se dirigea vers la porte. Murmurant un « Alohomora », elle retint un son satisfait quand un déclic se fit entendre. Replaçant la baguette où elle l'avait trouvée, l'adolescente ouvrit la porte et laissa, pour la première fois depuis longtemps, entrer un étranger dans sa maison.

« - Ta mère n'est pas là ? demanda le garçon après être entré.

- Non… Elle n'aime pas trop Noël, mentit son amie. Je… Je n'ai rien de prévu, pour manger ou quoi que ce soit d'autre.

- Ce n'est pas grave, sourit Flynn. On va bien trouver quelque chose à faire. Ce sera toujours mieux que de discuter par bouts de papiers au travers d'une fenêtre. »

Et en effet, les deux adolescents avaient trouvé de quoi faire. Raiponce, qui pour une fois avait un camarade qui n'était pas à sang-froid, profita de la présence de l'orphelin pour sortir tous ses jeux de société, ceux-là même que sa mère lui offrait à chaque fois qu'elle se rendait sur le Chemin de Traverse sans sa fille mais auxquels elle refusait toujours de jouer.

La soirée passa vite. Vers 21h, la faim commença à se faire sentir, et même à se faire entendre à l'aide des borborygmes de Flynn, qui eut la décence de rougir. Ce qui décida Raiponce à emmener son ami dans la cuisine, où elle commença à sortir des ingrédients des placards.

« - Qu'est-ce que tu fais, demanda le garçon.

- Ben, je t'ai dit que je n'avais rien de fait. Alors il fait falloir cuisiner. Ça te dit une tarte aux pommes ? J'ai de la pâte au frais, il faut juste peler les pommes.

- Va pour la tarte ! »

Les deux enfants commencèrent alors à cuisiner. Pendant que Raiponce s'occupait d'étaler la pâte et de mesurer le sucre et la cannelle, Flynn, armé d'un petit couteau de cuisine, épluchait et coupait les pommes. Tout allait bien jusqu'à ce que…

« - Aïe !

- Ça va ? demanda son amie.

- Oui, ne t'inquiète pas. Je me suis juste un peu coupé.

- Un peu ? Il y a du sang partout ! » s'exclama l'apprentie-sorcière.

En effet, le doigt de Flynn était plutôt sévèrement entaillé et du sang s'écoulait de la plaie de manière continue. Raiponce commença à paniquer. Il fallait faire quelque chose, mettre un pansement ou un onguent. Mais cela signifiait appeler sa mère, et lui révéler qu'elle lui avait désobéi. Bien trop risqué. Il y avait pourtant une autre solution.

« - Flynn, tu sais garder un secret ?

- Euh, c'est pas vraiment le bon moment pour demander ça, tu ne crois pas ? dit le jeune homme en compressant son doigt avec une serviette.

- Tu sais ou pas ?

- Oui, je sais garder un secret. Tu n'aurais pas un pansement ?

- Ne bouge pas », lui ordonna la jeune fille.

Cette dernière commença à défaire rapidement sa tresse, avant de sélectionner une de ses mèches.

« - Raiponce, tu crois vraiment que c'est le moment ?

- Bouges pas, je te dis, répondit-elle en enroulant sa mèche autour du doigt, faisant fi du sang.

« - Mais qu'est-ce que tu…

- Fleur aux pétales d'or, répands ta magie. Inverse le temps, rends-moi ce qu'il m'a pris. Guéris les blessures, éloigne la pluie. Ce destin impur, rends-moi ce qu'il m'a pris. Ce qu'il m'a pris... »

À ces mots chantés, les cheveux de Raiponce commencèrent à s'illuminer, allant de la racine aux pointes, en passant par le doigt de Flynn. D'ailleurs, celui-ci regardait les cheveux briller en écarquillant les yeux.

Quand la chanson fut finie, Raiponce désenroula sa mèche, avant d'inspecter le doigt, qui semblait n'avoir jamais connu le tranchant d'une lame.

« - On dirait que c'est ok.

- Tu… Tu…Ils…, bégaya son ami.

- Flynn ? Ça … Ça va ?

- Tu…Tu es un genre de démon, c'est ça ? Comme ceux dont parles la Bible ? Je savais bien que c'était trop beau pour être normal… dit-il en reculant doucement.

- Quoi ? NON ! Je ne suis pas un démon, j'ai juste des cheveux magiques qui s'illuminent quand je chante.

- Tu ne m'auras pas, monstre », répondit-il avant de tourner le dos et d'essayer de s'enfuir.

Il avait presque atteint la porte quand un rayon argenté l'atteint en plein dos, le faisant s'effondrer au sol. Gothel apparu aux yeux de Raiponce, sa baguette, fraîchement récupérée sur le petit meuble, en main.

« - Mère ! Que… Que lui avez-vous fait ?

- Rien de bien grave, juste un petit sort d'amnésie. Quand j'en aurai fini avec toi, j'irai le déposer à son orphelinat, en précisant bien qu'il ne doit plus s'approcher de ma maison.

- Vous n'étiez pas obligée de… commença la jeune fille.

- Obligée de quoi, Raiponce ? J'aurai pu faire bien pire. Il allait révéler notre secret à tout le monde, ce qui nous aurait valu des problèmes avec les Ministère de la Magie. Et il allait surtout révéler ton Secret. Et je ne le permettrais pas.

- Oui Mère mais…

- Ne m'interrompt pas ! Ne t'avais-je pas interdit de le faire venir ici ? Il me semblait avoir été claire !

- Je sais Mère, mais… »

La claque arriva sans que la jeune fille la vue arriver, lui faisant partir la tête sur le côté.

« - C'est la dernière fois que tu me désobéis, Raiponce. Tu m'entends ? LA DERNIÈRE FOIS ! Avise-toi encore une seule fois d'aller contre mes ordres, et tu pourras dire adieu à Poudlard. Compris ?

- J'ai compris, Mère.

- Bien. Maintenant, file dans ta chambre. Que je ne te vois plus avant demain. Je vais me charger de reconduire ce bon-à-rien que tu as osé faire entrer chez moi.

- Oui, Mère, répondit Raiponce, des larmes dévalant ses joues, en se dirigeant vers sa chambre. Au loin, le feu d'artifice de Corona embrasait le ciel.

Le reste des vacances laissa à l'adolescente l'impression de vivre dans de la ouate. Comme si tout lui parvenait de manière étouffée. Elle venait de perdre un de ses rares amis. Et si elle se risquait à un tout petit pas de travers, sa mère la retirerait de Poudlard.

Le jour du Nouvel An, Gothel, contrairement aux années antérieures, ne prit même pas la peine de quitter son laboratoire, laissant sa fille seule une fois de plus.

Le jour de la rentrée, Gothel, pour la première fois depuis une bonne semaine, se tourna vers sa fille.

« - Je sais que je peux te paraître dure, ma chérie. Mais j'espère que tu sais que je fais tout ça pour ton bien ?

- Je sais, Mère.

- Bien. Je t'aime de tout mon cœur, Raiponce, dit la plus âgée en serrant sa fille dans ses bras.

- Et moi encore plus, Mère, murmura la jeune fille.

- Et moi bien plus que cela. Prends soin de toi, ma chérie. »

Sur ces mots, Gothel laissa sa fille monter à bord du train, les yeux humides. Pour la première fois, aucune larme ne tenta de s'écouler sur les joues de la petite Serdaigle.

Si la dernière semaine de vacances avait semblé cotonneuse à Raiponce, Poudlard ressembla à un retour au technicolor. Rien que le débarquement à Pré-au-Lard fut magique. Lieu soumis à de fortes explosions magiques, Poudlard avait droit à son propre climat déréglé. Et en hiver, cela se traduisait par une belle couche de neige, si rare en Écosse.

Mais la surprise ne vint pas de la neige. La surprise vint de Mérida, qui accosta la blonde moins de deux jours après la rentrée, dans le jardin ouest.

« - Dis, par rapport à ce que tu m'as proposée avant les vacances… commença la rousse.

- Oui.

- J'accepte. »

Raiponce sourit. Elle tendit la main à l'autre jeune fille, qui la serra, scellant leur partenariat nouveau-né. Les choses intéressantes allaient pouvoir commencer.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Quelques jours plus tard, ce n'était plus Raiponce et Mérida qui se trouvaient dans le jardin Ouest, mais Jack et Harold. Et pas tout à fait dans le même but.

Actuellement, Jack s'amusait à dessiner dans la neige à l'aide de sa baguette, tout en attendant Marius. Harold, quant à lui, ruminait un sort, caché derrière un coin de mur.

Soudain, le jeune Pouffsouffle tendit sa baguette vers celui qui n'avait eu cesse de le persécuter.

« - Perit Omnis », murmura-t-il, accompagnant sa formule d'un geste précis de la baguette.

Rien ne se passa.

« Non. » pensa Harold, au bord du désespoir. « NON ! ». Cela devait marcher. Cela avait marché sur les escargots, alors pourquoi pas sur lui. Il ne pouvait plus laisser ça continuer.

« - Perit Omnis », répéta-t-il. Toujours rien.

Si cela échouait, tout continuerait. Cela ne se pouvait pas. « M'est d'avis que tes dents tordues sont pas faites pour être montrées », « Un nul restera toujours un nul », « Pourquoi tu t'acharnes à vouloir être autre chose que la vermine que tu es ? ». Harold sentait la colère monter. Il s'était entrainé trop dur. Il avait attendu ce moment avec tant d'impatience. Il se rappelait encore du rêve fait quelques jours plus tôt. Le Serpentard était à genoux et l'implorait de le pardonner. Jack s'en voulait vraiment d'avoir fait du mal à Harold. Il ressentait de la haine envers lui-même. Le fait de s'être attaqué à quelqu'un de plus faible lui donnait l'impression l'impression d'être une personne monstrueuse. Mais cela n'arriverait jamais s'il échouait maintenant.

Avec la colère, maintenant devenue de la rage, le pouvoir semblait monter en lui, petit à petit. Un pouvoir primaire, quasiment animal. Puis, il se sentit être envahi par cette sérénité que l'on gagne quand on sait sa colère juste et implacable. Redressant sa baguette une nouvelle fois, il murmura :

« - Perit Omnis ». Un jeu bleu pâle quitta le bois de pommier à toute allure, allant percuter le Serpentard sans que celui-ci s'en aperçoive.

La rage d'Harold s'évanouit aussi vite qu'elle était apparue. Et avec elle, le pouvoir qui avait permis la réalisation du sort. Épuisé par sa dépense magique, le jeune garçon quitta le couloir d'un pas lent, se dirigeant vers son lit. Sa vengeance pouvait commencer.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

(1) La chanson du Hérisson est une chanson paillarde du monde de Pratchett, dont on entend jamais que de petits bouts. Vous pouvez en trouver des extraits sur le net. La chanson d'Odo le Héros est un chant traditionnel du monde sorcier, que l'on peut lire dans le tome 6 des aventures d'Harry Potter.

(2) « Cracmol » est un terme inventé par J.K. Rowling qui désigne un enfant né dans une famille sorcière en étant dépourvu de pouvoirs magiques.

Anna et Elsa d'Arendelle sont bien les deux sœurs de « La Reine des Neiges » (qui appartiennent bien évidemment à Disney). Normalement, elles ne devaient apparaître que dans très très longtemps (le Noël de la septième année de nos héros), mais j'ai finalement décidé de décrire ce Noël-ci un peu plus en profondeur.

Pour Hilda, et bien j'ai vu sur Tumblr ! une image où North et Jack était transformés en femme. Sur celle-ci, North, en femme plantureuse, disait « I feel it in my boobs ». Ça m'a tellement fait rire qu'il fallait que je le place quelque part.

Et j'ai profité de ce chapitre pour placer la petite phrase de DeadlyFury, qui avait gagné ce droit pour avoir postée la 15ème review (j'ai un tout petit peu transformé une petite partie, j'espère que tu ne m'en veux pas ) ). Au fait, on a dépassé, grâce au chapitre précédent, les 50 reviews. Alors, merci à tous !

A lundi !

4117 mots (histoire de voir, j'ai réuni les chapitres 8 et 9. Je suis arrivé à 16 pages words et 7600 mots. J'ai bien fait de couper en deux : ) )