Un double chapitre compliqué à écrire pour moi. Car j'avais peur d'en faire trop ou pas assez. Pas toujours facile de trouver la juste dose -_-. Mon but a été d'essayer d'être réaliste. Deeks n'est ni un surhomme à la Rambo, ni une chochotte. Juste un homme de conviction, qui fait de son mieux pour affronter ce qui lui arrive. J'espère donc que ce sera le sentiment que vous aurez en lisant ce qui va suivre.

Je pense que la consigne : « Âme sensible s'abstenir » est de circonstance. Même si concrètement, je pense que je suis restée TRÈS light du coté des descriptifs. ^-^

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UNDER COVER


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Chapitre 11.

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D'un simple mouvement de tête Johnny Torrio venait de faire entrer un homme d'une carrure impressionnante. Voir ce type au ciné l'aurait fait rire aux éclats pour ce choix trop stéréotypé dans le casting. Mais l'idée de se faire briser par cette masse de muscles n'avait franchement rien de drôle.

Pour toute présentation, il n'obtient qu'un uppercut bien placé de l'homme en question.

Si ce premier coup asséné avec une rare violence, ne lui avait pas explosé la mâchoire. Il avait l'intime conviction que cela ne manquerait pas au second. Déjà pouvait-il sentir un relâchement du côté de sa molaire inférieure gauche.

- Comment puis-je seulement te faire confiance sur ton identité ? lui demanda posément Johnny Torrio.

Crachant un peu de sang au sol, Deeks ne perdit pas contenance.

- Pensez vraiment qu'un flic pourrait construire une couverture d'une telle envergure ? Je sais que vous vous sentez tout puissant dans votre tour d'ivoire. Mais ça ferait un peu beaucoup, même pour un homme comme vous. Ça fait tout de même sept ans que je bosse dans le milieu.

- Hum…

Un signe de tête de Johnny Torrio et un crochet l'asséna cette fois-ci par la droite.

- Hééé…. Veux pas vous apprendre votre boulot. Mais si vous voulez m'entendre chanter, va falloir indiquer à votre gorille que ce ne sera plus possible, une fois la mâchoire cassée.

- Tu as raison. Il serait d'autant plus dommage d'abîmer cette gueule d'ange. Très bien. Puisque tu souhaites conserver ta capacité à parler, nous pouvons partir du principe que tu n'auras aucun besoin d'écrire !

Craignant le pire, Deeks n'eut pas le temps de penser à ce qu'il sous-entendait par là, que déjà la masse de muscles le maintenait par le cou, tandis que deux autres types déplaçaient ses bras, de sorte à les fixer sur des accoudoirs. Ils n'allaient quand même pas lui couper le petit doigt, comme dans les films du Parain ?

L'idée même lui semblait si drôle, qu'il ne put retenir un ricanement en observant avec une curiosité morbide, l'homme de peine agir. Quand son majeur droit fut redoutablement plié à contre sens, il y eut un bref instant où son cerveau ne crut pas à l'image renvoyée par ses yeux. Cette fraction de seconde passée, il n'était plus question de rire. La douleur fulgurante le fit jurer à tout poumon. Tremblant en raison du choc, tant visuel que physique, il sut que ce n'était pourtant qu'une mise en bouche.

- Tout va bien ?

- Impeccable. avala-t-il douloureusement

- Tu m'en vois ravi. Oh. J'oubliais ! Si cela ne te dérange pas, nous serons filmés. Comme tu le sais toi-même de première main. J'aime garder traces de mes forfaits. Et quelque chose me dit que cette vidéo aura prochainement des vertus éducatives pour la formation de mes hommes.

- Génial. Faudra penser à m'envoyer les royalties.

- Nous aviserons… selon ta prestation.

S'attendant à une nouvelle tirade, Deeks n'eut pas une chance de reprendre sa respiration, quand les autres doigts de sa main subirent aussitôt le même traitement.

Ébloui de points noirs, incapable de retenir les frissons couvrant tout son corps, le jeune homme eut bien du mal à garder ses yeux ouverts. En tout cas, il n'était plus question de frôler ne serait-ce que du regard sa main maltraitée. La douleur fusait sur toute la longueur du bras jusqu'au nerf situé derrière son oreille. Le cœur battant, son sang pulsait en saccade faisant ressortir la veine principale de son cou…

Deeks eut bien du mal à retrouver ses esprits pour comprendre qu'on lui parlait. Ça allait trop vite, trop tôt. Il devait temporiser pour avoir une chance de laisser le temps aux secours de le retrouver. Secouant la tête dans l'espoir de disperser son malaise, il tâcha de se focaliser sur les lèvres en mouvements.

- Bien. Maintenant, que tu as compris que nous n'aurons pas besoin de tes conseils, en matière d'interrogatoire. J'aimerais que tu commences par m'expliquer ce qu'il s'est passé entre le moment où ma demeure a commencé à perdre ses fondations et ma perte de connaissance.

-Vous avez été assommé ?

Un nouveau signe de tête – à présent, clairement assimilé comme la Go pour action – et c'était à sa main gauche de subir les exactions de son bourreau. Mais en lieu et place des articulations brisées, c'est bel et bien un ongle qui lui fut arraché par une pince de mécano.

Oh mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…

La douleur était si dense, si intense…. Toute sa colonne vertébrale semblait paralysée par la contracture de ses nerfs. Les larmes coulant sans retenue, Deeks lutta contre la nausée.

Ses jambes incapables de rester inertes battaient contre le sol dans un vain espoir de minimiser l'effet. Tandis que les yeux fermés, il priait pour que l'ongle parte une bonne fois pour toutes, sans plus de résistance.

Putain ! C'était qu'un ongle, bon sang !

Et bordel de merde, qu'est-ce qui lui prenait de faire de l'humour ! Il avait décidé de temporiser ! Pas de les inciter à le punir pour dérision !

L'ongle enfin hors de son socle, Deeks put de nouveau respirer, bien qu'il lui soit impossible alors de calmer ses tremblements.

- Je n'apprécie pas le sarcasme, quand j'en fais les frais, Nicky. Alors, je répète : que s'est-il passé, avant que je ne perde connaissance ?

- Je vous ai frappé.

- Pourquoi ?

- La nécessité de vous mettre hors ligne, un moment.

- Bien. Nous avançons.

Un hochement de tête et un second ongle lui fut arraché sous un cri rauque.

- PUTAIN ! J'ai répondu, bordel !

- Oh, mais que tu répondes ou non, cela ne changera pas grand-chose, mon garçon.

- Dans ce cas, autant me taire ?

Au troisième ongle, celui du pouce - comme redouté, le plus dur à décoller - Deeks ne réussit pas à retenir son haut de cœur. Régurgitant à ses pieds la maigre pitance obtenue plus tôt dans l'ambulance, il crut bien perdre connaissance d'asphyxie à ne plus savoir quand respirer et quand vomir.

- Pauvre petite chose. Si peu et déjà à bout… Je ne saurais trop me répéter que d'exprimer ma déception.

- Désolé… pour le parquet… Si… me détachez… ferais un plaisir de… nettoyer.

- Inutile de s'en préoccuper. Les lieux sont conçus pour ce genre de désagréments.

Observant seulement le sol sous ses pieds, momentanément absent de ce qui se déroulait autour de lui, Deeks réalisa qu'il était effectivement assis au dessus d'une grille d'évacuation. Ça ne rendait pas moins humiliant le fait qu'il tenait si peu la douleur que son estomac se rebiffait toujours trop vite à son goût. Rappelé à l'ordre par une main qui lui tira les cheveux pour qu'il se redresse, Deeks attendit la question qui s'apprêtait à tomber. Bien qu'avant cela ses derniers ongles seraient sans doute jugés de trop…

Il était peut-être lent, mais il avait enfin compris le principe de base. Une torture précédait chaque question. Juste plus forte était la volonté de faire mal, s'il ne répondait pas à la précédente convenablement. Il n'y avait donc aucune échappatoire, juste une faible possibilité de restreindre – un peu – la violence des sévices à venir.

- Explique-moi comment tu as pu entrer dans la chambre forte ?

Étonnamment, se soustraire d'une partie du contenu de son estomac avait légèrement calmé ses spasmes. Crachant une dernière fois, il toussa un peu avant de retrouver suffisamment prise sur lui pour pouvoir répondre.

- Qui vous dit que ce ne sont pas les deux agents du NCIS qui en sont sortis ?

- J'aurais pu y croire… Si seulement je n'avais pas omis un détail, lorsque je t'ai présenté mon dispositif de protection. Il y avait des capteurs biométriques dans la porte. Si un autre que moi l'ouvre, cela déclenche aussitôt une alerte sur mon portable. Mes hommes venaient de me placer dans une voiture sécurisée pour m'évacuer des lieux quand l'alarme sonna. J'ai donc la preuve, s'il en fallait, que la porte fut ouverte de l'extérieur. Sachant que tu étais le seul présent sur place à connaître le dispositif d'ouverture. L'hypothèse d'une évasion des agents du NCIS n'est pas envisageable. Alors ? Tu comptes garder ta version ? Il n'est toujours pas question d'une couverture d'exception pour se saisir d'un homme de mon envergure ?

- Désolé. Toujours pas.

- Dommage. Mon admiration pour toi aurait pu retrouver une nouvelle source d'inspiration. Après tout, imaginer qu'un flicaillon puisse se faire passer des années durant pour le si célèbre tueur à gages Nick Hawkins aurait eu de la prestance…

- Désolé de vous décevoir. Mais je suis bien Nick Hawkins.

Un mensonge cruel de vérité pour Deeks. Il était réellement ce personnage. Plus que Max Gentry – qui ne représentait qu'un gamin paumé des bas quartiers. Nick Hawkins était son alter ego. L'exact contraire de ce qu'il aspirait à devenir dans la vie. Violent, égoïste, psychotique, exhibitionniste, sans respect pour rien, ni personne…

Sachant de l'homme ayant récupéré les disques durs que leur prisonnier avait de lui-même tué les ambulanciers, avant de les accompagner sans crainte quant à la raison de son rapt, Johnny Torrio doutait réellement. S'il était bien tueur à gages depuis tant d'années… Pourquoi avait-il aidé le NCIS ? Pourquoi l'avait-il volé ?

- Tu travailles pour le NCIS en échange d'une réduction de peine ?

- Vous ont rien appris vos avocats ? Y'a que les flics ou le FBI qui peuvent proposer ce genre d'affaires.

- Comment le saurais-tu ?

Amusé, c'est dans un dangereux éclat d'honnêteté que Deeks répondit.

- J'ai passé l'examen du barreau dans ma prime jeunesse.

- Tu m'en diras tant.

- Sérieux ! J'ai plaidé presque deux ans avant de tout lâcher. C'était pas pour moi…

Sachant qu'il était à deux doigts de se compromettre, en indiquant souhaiter combattre le crime à leur origine et non plus à leur terme, Deeks fit le choix de stopper là leur échange. À quoi bon, de toute façon ? Aucune vérité, mot d'esprit, remarque pertinente ou demande de pitié ne changerait ce qui l'attendait. Qu'il parle ou non, l'homme tenant une rancune à son égard assouvirait sans restriction sa frustration et déception sur lui…

Tachant d'occulter la douleur vive fusant de tous ses doigts, Deeks tenta de calmer sa respiration jusqu'alors erratique. Il devait se calmer pour tenir sur la longueur. Il paraissait qu'en glissant dans une bulle on réussissait à détacher son esprit du corps. Franchement, il n'en était pas persuadé. Mais dans sa position, toute tentative d'évasion était bonne à prendre. Aussi décida-t-il de se concentrer sur d'autres lieux, d'autres évènements. Comme cet instant fugace où Kensi s'était littéralement jetée sur lui pour l'embrasser avec passion, dans cet appart sordide qui lui servait de planque…

De son côté, Johnny Torrio n'était pas aveugle. Il voyait bien qu'Hawkins glissait doucement vers le mutisme. N'appréciant pas de voir la tête rousse chuter sur sa poitrine, il claqua des doigts. Il était temps de passer à plus sérieux pour lui faire reprendre connaissance. Plus d'un homme était passé sous ses mains. Il avait de quoi faire craquer les plus coriaces. Chacun avait sa limite, sa faiblesse, son endurance. Mais à la fin, ils craquaient tous, pleurant comme des bébés à prier la fin de leur calvaire. Le moment venu, il en serait de même avec le gamin. Comme ses prédécesseurs, il finirait par révéler tout ce qu'il savait et qu'il gardait encore pour lui.

Pour certains, il suffisait de tuer ou torturer un simple innocent devant leurs yeux pour qu'il craque. Mais cela ne serait clairement pas utile ici. Flic ou pas flic, Hawkins avait tué et battu à mort de sang-froid devant ses propres yeux, suffisamment souvent pour qu'il ne perde pas son temps sur cette option. Aussi insisterait-il d'abord sur son corps, avant de passer à sa tête.

Il savait d'expérience que l'homme le plus fort pouvait avoir la plus basse des faiblesses : la peur de décevoir ceux dont il recherchait l'estime et la reconnaissance. En attendant, il souffrirait à la hauteur de la déception qu'il avait engrangée.

- Tu sais, Nicky… Peu de personnes peuvent se vanter de profiter de mon hospitalité. Tu sais de première main que je préfère habituellement éliminer les traîtres et fouineurs d'une simple balle, sans attendre.

- Vous sentez pas obligé... pour le traitement de faveur.

- Crois-moi, je ne me force pas.

L'arme exigée arrivant, Johnny Torrio sentit une montée d'adrénaline gonfler en lui. La blessure à venir, il comptait bien s'en charger lui-même. Prenant en main, la lame de boucher apportée, il la soupesa, avide du pouvoir ressenti à manier un tel objet.

Repérant dans sa vision périphérique le reflet de ce qui devait être de l'inox, Deeks déglutit lui, péniblement. Ça n'était pas bon, ça. Un couteau… et de cette taille… Cela pouvait faire bien plus de dégât que n'importe quel pince ou marteau sur des os.

Quand il vit la lame s'enfoncer comme dans du beurre dans son flanc, Deeks fixa son attention sur les détails de la bague portée par son bourreau. À peine conscient que son tourmenteur était « Le renard » lui-même, le battement de son cœur s'affola au point de non-retour. Paniqué, glacé par la scène, couvert de sueurs froides, il se sentait subitement sourd à son environnement. Il n'y avait plus un son, plus une odeur autour de lui. L'atmosphère étouffante, le souffle absent, il ne restait plus que cette douleur jamais connue jusqu'alors. Quelque part, dans un besoin de rationaliser les faits pour ne pas devenir fou, il se crut plongé dans un cauchemar de série Z, à vivre une opération de chirurgie sans anesthésie. Mais bien loin d'un rêve éveillé, le malaise profond et la douleur sourde indescriptible éclatant dans ses entrailles ne lui offrirent pas même une chance de s'exprimer. Plus que toute autre blessure, la souffrance muette et explosive atteignit un niveau tel que le jeune flic – rendu aphone par le choc emportant son corps - perdit brutalement connaissance.

NCIS - LA

Il observait rêveur Kensi rire des facéties de Monty, ne perdant toujours pas patience aux lancés de balle exigé par son sac à puces, tandis qu'il tournait les steaks sur la grille du barbecue. Au loin, Sam, Callen, Nell et Éric s'affrontaient dans une partie de basket endiablée… L'image parfaite d'un repas dominical entre amis. L'image parfaite à un détail prêt : la douleur fusant subitement dans son flanc. Lâchant ses ustensiles, le jeune homme se surprit à découvrir une tache de sang sous sa chemise.

- Qu'est-ce que… ?

Plus que la douleur, c'est l'odeur de la viande brûlée qui le sortit de sa torpeur. Mais à peine ouvrit-il les yeux pour la sortir du feu, que le lieutenant Marty Deeks comprit que la viande en question n'était autre que son omoplate.

Réassimilant en une fraction de seconde son environnement, c'est d'un pur réflexe corporel qu'il vomit une nouvelle fois un magma de bile et de sang.

Il nota en observant les chaussures postées devant ses yeux que son bourreau bodybuildé avait laissé sa place à un second homme de main. Parce qu'il n'était pas logique de voir le gorille face à lui, si on lui brûlait le dos, derrière lui… C'était surprenant comme ce genre de détail pouvait occuper l'esprit désireux de s'échapper en d'autres lieux.

En attendant, les festivités étaient sympas… Mais là, il n'était pas contre l'arrivée imminente du NCIS. Il attendait depuis quoi ? Au moins trois heures, non ? Avec sa perte de connaissance, il n'avait plus trop la notion du temps passé.

Secouant sa tête, presque ignorant de ce qu'il advenait au même instant à son corps, Deeks réalisa avec stupéfaction qu'après avoir atteint un certain cap, la douleur n'était plus vraiment la même. Le plus incroyable est qu'il tombait de nouveau dans une léthargie presque bienfaitrice, quand on lui frappa les joues dans le but de le réveiller.

- C'est bon. Vous pouvez injecter la seconde ampoule.

Injectez ? Ça voulait dire quoi ça ? Perdu dans son brouillard entre l'inconscience et l'éveil brumeux d'un homme drogué par la peur, la douleur et les narcotiques administrés plus tôt, une vague de fraîcheur s'insinua subitement au fond de ses veines. Il ignorait de quoi il s'agissait, mais cela le frappa si fort qu'il se redressa aussi vivement que douloureusement.

C'était quoi ce produit miracle qui venait de l'éveiller aussi sûrement qu'un litre de café serré ?

- De nouveau parmi nous ?

- Votre hospitalité suce, vous savez ?

Toussant pour retrouver son souffle, il écarquilla les yeux en découvrant une entaille immense à son flanc droit. Ça venait d'où ça ? Sérieux, il ne s'en souvenait même pas. Le plus flippant était de voir qu'elle avait été refermée par une trentaine d'agrafes. De vraies agrafes de bureau ! Nul doute que s'il s'en sortait vivant, il était bon pour choper le tétanos.

De nouvelles gifles le ramenèrent au temps présent.

- Hum… ? En était où… déjà ?

Soupirant de lassitude, Johnny Torrio prit sur lui de se répéter. C'était un interrogatoire dont les rôles s'inversaient de plus en plus fréquemment à son plus grand énervement. Chaque fois, qu'il reprenait conscience après sa double injection de drogues et d'adrénaline, Hawkins semblait avoir complètement oublié leurs échanges précédents. Enfin… Peu importait tant qu'ils progressaient dans les aveux.

- Nous avions établi que tu m'as frappé, aidé les agents du NCIS à se sauver, récupéré la carte SD renfermant mon code de cryptage. Avant de repartir sur tes pas, récupérer le maximum d'informations sur mes activités dans les disques durs du bureau.

- C'est tout ?

- Disons que je reste plus sceptique sur la révélation comme quoi tu aurais été avocat pendant deux ans avant d'arrêter pour passer à ton activité actuelle.

- Et pourtant…

… c'était la seule vérité qui ne comportait aucune part d'ombre.

- Il ne te reste plus qu'à m'indiquer pour qui tu agis et je te promets que nous mettrons très vite un terme à tout ça.

- C'est plutôt tentant…

Sauf que s'ils mettaient fin à son calvaire, cela signifiait qu'il y passerait. Et s'il voulait vivre, il devait donner un peu plus de temps à ses équipiers pour qu'ils le retrouvent. Ils n'abandonneraient jamais sur lui. Éric saurait le retrouver. Sam et Callen les buteraient tous pour ce qu'ils lui avaient fait. Et sa Kensi viendrait le libérer. C'était certain. Ça se finirait ainsi. Mais pour cet happy end, il lui fallait tenir encore un peu plus longtemps !

- Il est quelle heure ?

Surpris de la question, Torrio ne lui répondit pas moins.

- Bientôt l'heure du dîner.

- …dans ce cas, je vais prendre le prochain train.

- Aurais-tu l'espoir insensé qu'on vienne à ton secours ?

- Ça vous poserait un problème ?

- Disons que tes amis auraient bien du mal à ne pas te décevoir. Car les lieux sont équipés de sorte à ce que rien n'y personne ne puisse filtrer

- Dommage.

- Donc tu parleras pour que nous puissions en finir là ?

- Nan… Si ça ne vous dérange pas trop, je préférerais vraiment mourir demain.

Deeks se surprenait d'avoir encore la force de faire de l'humour. Mais pour sa défense, il n'avait qu'une seule carte en main. Moins il parlerait et plus longtemps ils le garderaient vivant pour en savoir plus. Preuve en était jusqu'ici la somme de ses tournants qui - s'ils généraient une souffrance insoutenable - ne mettait pas réellement sa vie en danger de mort.

De son côté, Johnny Torrio bouillait de rage, devant ce visage toujours aussi confiant face à lui. Oui, le garçon hurlait, criait, pleurait et gémissait de douleur. Mais rien ne semblait casser son esprit. Il réagissait corporellement comme tout à chacun. Mais derrière cette façade de faiblesse physique, il ne perdait toujours pas prise sur les évènements. Toujours aucune pleurnicherie pour prier la pitié. Pire, il semblait accepter son destin avec autant de fatalisme que son espoir d'évasion lui semblait inéluctable.

En ces conditions, le chef autoproclamé de la mafia californienne n'eut d'autre choix que de passer à l'étape supérieure ! Après tout, il en allait de sa réputation.

À suivre…

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La suite en ligne demain soir au plus tard !

mimi yuy