Chapitre 12
Snape rentra chez lui et jeta ses clés sur la table en soupirant un bon coup. La prochaine étape sera la conversation avec Harry Potter et il pressentait que cela n'allait pas être facile. Il allait quand même laisser passer quelques semaines, le temps que tout se mette en place.
Pour l'instant il devait attendre des nouvelles de Tony et bien que Jared lui avait facilité les choses, un délai de trois ou quatre semaines allait être nécessaire pour valider ou signer tous les documents lui donnant la jouissance de l'orphelinat, et les pleins pouvoirs sur les employés et le directeur véreux.
Le financier laissa un texto à Tony sur son portable lui disant que tout était ok, il comprendra, pensa-t-il en posant son téléphone sur la table lui aussi.
Harry, pendant ce temps, n'avait pas perdu sa journée. Une heure après que Severus soit parti il était sorti de l'appartement et s'était rendu dans son squat, deux jours s'en y aller était risqué, n'importe qui pouvait le trouver et le mettre à sac, car bien qu'il avait pris des précautions il n'était pas à l'abri d'un vandale ou d'un voleur.
Harry jura tout haut quand il vit avec stupéfaction que son habitat avait été visité, et que le peu d'argent qu'il avait mis de côté avait complètement disparu. Démoralisé il s'assit sur le lit que les voleurs avaient retourné, et mit sa tête entre ses mains pour se reprendre avant de perdre le peu de raison qu'il lui restait.
Maintenant il ne lui restait plus qu'une chose à faire, retourner au travail et au plus vite. Il devait faire face, il aurait dû se douter qu'un jour ou l'autre on lui ferait ce coup-là, même pas la peine de chercher qui, il ne trouvera pas son ou ses voleurs qui devaient être loin à l'heure qu'il était.
Le jour même le jeune homme était retourné sur le chantier et avait tenté de négocier avec le contremaître afin qu'il le reprenne.
-Pas question ! Avait tonné l'autre. Deux jours que tu ne te présentes pas au boulot en comptant aujourd'hui, si tu n'es pas de paroles, gamin, alors je n'ai plus besoin de toi.
-J'étais malade, argumenta le squatteur, en vain.
-Raison de plus, je ne veux pas d'un faiblard dans mon équipe. Oust ! Dégage d'ici.
Harry n'insista pas et il partit en soupirant chercher un autre emploi aléatoire, et comme de bien entendu quand il rentra le soir dans son squat il n'avait rien trouvé.
Demain, pensa-t-il, il devra aller voir si du côté des halls il n'y aurait pas besoin de bras supplémentaires. Il faudra juste qu'il se lève de très bonne heure pour être là-bas à quatre heures, et ainsi être un des premiers sur place. Fort de cette résolution il remit en état son pathétique logement et se coucha avec un goût amer dans la bouche.
Le jeune homme y alla quinze jours de suite, aux halls, et à chaque fois il revenait bredouille, et la faim se fit de nouveau sentir malgré le sandwich que Tom lui donnait chaque soir. Harry se faisait l'effet d'un mendiant et sa fierté fut mise à rude épreuve.
Lucia devenait folle d'angoisse. Voilà des jours qu'Harry n'était pas revenu, avant de partir elle avait bien tenté de le retenir, lui disant qu'il avait encore besoin de repos. Mais non ! Monsieur n'en avait fait qu'à sa tête comme d'habitude. Il lui avait juste demandé si Severus avait passé les deux nuits dans le même lit que lui. Ne voulant pas mentir elle avait répondu que oui, pour le maintenir au chaud, avait-elle précisé, inquiète de la réaction d'Harry à cette nouvelle. Puis il l'avait remercié et là il était parti et depuis aucune nouvelle. Rien ! Nada !
Même pas une petite colère, ou de l'étonnement de sa part sur le fait que Severus ait dormi avec lui. Elle aurait pourtant pensée qu'il aurait voulu en discuter avec elle, mais bon il le fera le moment voulu, pas la peine de le presser et de lui sauter dessus pour avoir le fond de sa pensée. Harry devait avoir paniqué, ce qui était compréhensible après tout.
Deux mois et demi plus tard Severus Snape apposa enfin sa signature sur tous les documents que lui présenta un de ses avocats, et qui faisait de lui le nouveau propriétaire de l'orphelinat. Les pourparlers avaient été rudes, certaines personnes ayant tentées de lui mettre des bâtons dans les roues, et pas qu'un peu. Il n'avait pas eu une minute à lui pour rendre visite à Lucia et à Harry, ce qu'il regrettait amèrement. De plus ce voyage obligatoire en Afrique pour ses affaires n'avait pas arrangé son humeur déjà bien grincheuse. Un certain petit brun aux yeux verts ensorcelants lui manquait atrocement.
Son caractère s'en ressentait horriblement, comme le lui avait fait remarquer Tony en ricanant.
Maintenant il pouvait rendre visite à Harry, libre de toutes contraintes, rugit-il en maudissant ces maudits papiers et tous les hommes de loi indélicats. Il voulait avoir avec lui une conversation sérieuse. Il voulait savoir ce que le gamin avait dans le ventre avant de lui donner la responsabilité de l'institut.
Gamin qui faisait encore des siennes d'après Lucia, puisqu'il n'était pas revenu chez elle depuis des semaines, dix pour être exact, et qu'elle s'en inquiétait énormément. C'était-il passé quelque chose ? Harry voulait-il l'éviter, lui ? Avait-il pris conscience qu'il avait partagé son lit pendant deux nuits et deux jours et lui en voulait-il pour ça ?
On était presque début mars, déjà, le temps filait à une vitesse impressionnante. Néanmoins il voulait le revoir, là, tout de suite, il voulait le sentir près de lui et le dévorer des yeux. Un vrai calvaire d'être si loin de lui, une torture de tous les instants et pourtant il n'avait pu faire autrement.
L'homme prit une douche puis il enfila un pantalon noir et un pull couleur ivoire avant de terminer par un long manteau et de monter dans sa Maserati de couleur blanche. Le trajet fut rapide jusqu'au quartier des cinémas. Le trafic était fluide malgré la pluie qui tombait à nouveau sur la ville et qui avait chassé la neige. Le froid était parti, un certain redoux c'était installé malgré les averses, et c'était tant mieux.
Le financier s'arrêta devant le grand bâtiment, il sortit de sa voiture avec dextérité et héla un des gamins de la rue qui avait l'habitude de faire le gué autour de son véhicule.
-Salut, m'sieur !
-Bonsoir, gamin, tiens voilà pour toi, personne ne touche, compris ?
-Ouais, dit le gosse en empochant les livres qui disparurent aussitôt dans la poche de son pantalon. Vous faites pas d'bile, m'sieur, personne touchera à votre voiture.
-J'y compte bien,
Snape fit le tour du cinéma et s'engouffra dans l'ouverture en s'assurant que personne ne le voyait, puis il passa dans le sombre couloir et ressortit de l'autre côté pour atterrir dans la cour où se trouvait le squat du jeune Harry Potter.
-Toujours aussi discret ! Se moqua le garçon qui était en train de rajouter du bois dans son poêle de fortune malgré le radoucissement du temps.
-Je ne cherchais pas à passer inaperçu, répondit l'homme en entrant dans la cabane faite de tout et de n'importe quoi.
Snape fut consterné de voir les cernes que le gamin arborait, il n'avait pas pris soin de lui à tous les coups.
-J'ai téléphoné à Lucia avant de venir, elle dit qu'elle ne t'a pas vu depuis des mois, je peux savoir pourquoi ?
-Je ne vais pas me tourner vers elle à chaque fois que j'ai des ennuis, elle n'est pas là pour subvenir à mes besoins et je suis assez grand pour m'occuper de moi. Et puis je cherchais du travail, le gars du chantier n'a pas voulu me reprendre après mes absences.
-Tu lui as expliqué que tu étais malade ?
-Si tu crois que ça l'intéresse comme explication, lui ce qui lui importe c'est que je sois là en temps et en heure, le reste il n'en a rien à foutre !
-J'irai le voir si tu veux.
-Hors de question ! Je te répète que je suis assez grand pour me débrouiller seul, je n'ai besoin de personne, Snape.
-J'aurai pu t'aider, argua l'homme en se renfrognant.
-Je te le répète, c'est hors de question ! Je m'en sors très bien….
-Je vois ça oui, tu vis dans un taudis, tu n'as pas mangé de la journée je paris, et tu trembles de froid malgré une température clémente. Maintenant dis-moi d'où tu t'en sors convenablement ?
-Si tu es venu pour me dire ça après tout ce temps ce n'était pas la peine que tu te déranges, grogna le squatteur en s'assombrissant.
-Nous devons parler, Harry.
-De quoi ? Je n'ai rien à dire moi.
L'homme prit place sur l'unique chaise car le fauteuil de cinéma était dans un coin complètement lacéré, et fit signe à Harry d'en faire autant, mais le jeune homme resta debout par défi.
-J'ai fait faire une enquête approfondie sur toi, annonça abruptement le financier de la city.
Harry se raidit et ses yeux flamboyèrent de colère.
-De quel droit ?
-Du droit que tu fréquentes ma nièce.
-Je ne suis pas un danger pour elle, Severus, lança Harry avec force.
-Je n'étais pas censé le savoir au début de votre amitié.
Le jeune homme souffla bruyamment et croisa les bras pour faire voir qu'il était mécontent, mais ça Snape l'avait déjà compris.
-Le résumé ne t'a pas plu, donc tu es venu me dire de ne plus la voir, je présume ?
-Je veux des réponses à mes questions, tu t'en doutes, mais d'abords enlève-moi ta veste complètement déchirée et dis-moi où se trouve la neuve ?
-L'ai plus, on me l'a piqué avec le reste de mes affaires quand j'étais chez Lucia et malade.
L'homme se leva et enleva son long manteau qu'il mit sur les frêles épaules du squatteur.
-Je me demande comment tu peux avoir froid, as-tu de la fièvre ?
-Aucune idée, répondit Harry qui enfila les manches du manteau beaucoup trop grand pour lui et qui ramena les pans sur son corps frigorifié.
-Je peux savoir ce qui c'est passé ce jour-là il y a six ans exactement ? Je ne cherche pas à t'incriminer mais je veux entendre la vérité de ta bouche, demanda Severus alors que dans sa tête défilaient des images de Harry et de lui allongés sur un lit.
-J'ai tué un homme, Severus, pourquoi tu demandes puisque tu le sais déjà ? Et puis à quoi bon remuer tout ça, c'est tellement loin maintenant !
-C'est important pour moi, Harry.
-Comme le fait de m'avoir tenu deux nuits dans tes bras ? Lâcha le squatteur qui voulait lui aussi avoir des réponses sur le geste de l'homme.
-Tu grelottais de froid, se défendit Snape. Que voulais-tu que je fasse d'autre ?
-Je ne sais pas moi, rajouter une couverture ou augmenter le chauffage.
-Pardonne-moi si sur le moment je n'y ai pas pensé, ma priorité était de te garder au chaud.
-Pourquoi ? Je veux dire pourquoi avoir choisi de me tenir contre toi ? J'aurais été une fille j'aurai compris, mais je suis un garçon, insinua Harry pour savoir ce que l'homme allait répondre à ça.
-J'ai bien vu la différence, le railla le financier. Crois-tu que je sois aveugle ?
L'homme se leva et fit les cent pas dans la cabane pendant qu'Harry, assis sur le lit dans le manteau trop grand, attendait une réponse.
Le jeune homme était superbe et si fragile à la fois, pensa le financier. Les horribles lunettes sur son nez ne lui rendaient pas justice naturellement, mais à ses yeux il était le plus magnifique jeune homme qu'il n'avait jamais vu. Severus Snape savait qu'il venait de tomber amoureux du squatteur avec une force incroyable et irrémédiable.
Il savait qu'il l'avait dans la peau mais là c'était beaucoup plus que cela, Harry était sa douce moitié, il n'avait plus aucun doute sur ses sentiments.
Des yeux verts le regardaient, perplexes.
Cet homme si beau et si inaccessible l'avait serré dans ses bras pendant deux nuits et probablement aussi deux journées, et il n'en ressentait aucune gêne, pourquoi ? Il avait apprécié son corps contre le sien, il s'y était senti bien et au matin quand il l'avait quitté il avait ressenti un grand vide. Il ne cachait pas qu'il s'était posé des questions pendant les mois écoulés, et il en avait conclu que l'homme ne le laissait pas indifférent mais qu'il n'était pas pour lui, en aucun cas.
Et puis que dire de sa longue absence qu'il avait ressentit comme une trahison sans savoir pourquoi. Dix semaines, deux jours, et quatre heures sans le revoir, et aujourd'hui il revenait comme s'ils s'étaient quittés hier…bah ! Aucune importance après tout.
-Est-ce que tu es gay ? interrogea le jeune homme connaissant à peu près la réponse, mais ignorant que dans le monde de Severus on ne posait pas ce genre de question.
-Tu es direct, murmura Snape.
-Autant que tu peux l'être.
-Est-ce que la réponse à beaucoup d'importance pour toi ?
Harry réfléchit et finalement en conclut que non.
-Tu as raison ça ne me regarde pas, après tout tu es libre d'être ce que tu es, excuse-moi je crois que je me suis montré impoli….
-Je suis gay, avoua l'homme, et si jamais tu en es dégoûté j'en suis désolé pour toi.
-Pourquoi penses-tu que je serai dégoûté ? Je voulais être sûr c'est tout !
-Sûr ! Tu n'es pas…..
Le financier s'arrêta de marcher et se retourna vers Harry. Puis alors qu'il ne s'y attendait pas il se retrouva avec un corps collé contre le sien. Le garçon avait envoyé ses principes et ses résolutions dans la poubelle, il agissait sur un coup de tête et il espérait ne pas le regretter un jour, mais il était certain que non.
Severus l'enveloppa dans ses bras et il soupira de bonheur de sentir le squatteur frémissant se serrer timidement contre lui. Deux mains menues se glissèrent autour de sa taille et des cheveux humides chatouillèrent son menton.
-Je…j'ai aimé tu sais, la nuit, quand tu étais avec moi, souffla Harry. J'ai passé des jours et des jours à me poser des questions, tu ne peux pas savoir à quel point ! J'ai cru que j'allais faire une overdose, sourit-il contre le torse de Severus.
-C'est pour ça que tu n'es pas retourné voir Lucia ? Tu sais qu'elle s'est faite du souci et qu'elle me téléphonait chaque jour pour savoir si j'avais de tes nouvelles ? Elle voulait même savoir l'adresse de ton squat.
-Tu ne le lui as pas donné au moins !
-Non, tu me l'avais interdit, tu te souviens ?
-Oui, l'endroit est très dangereux, affirma le jeune homme, je ne veux pas la voir prendre des risques inutiles pour moi.
-Mais tu l'as sciemment évité, n'est-ce pas ?
-Non, et puis j'étais occupé, se défendit Harry, et puis elle est trop perspicace, elle aurait deviné de suite que je…..
Severus Snape souleva le menton du jeune homme et lui retira ses lunettes pour admirer ses jolis yeux verts prairie, puis son regard descendit sur la bouche aux lèvres pleines à peine entrouverte. Sans pouvoir s'en empêcher le financier baissa la tête et happa les lèvres pour en savourer la douceur, et quand il sentit que Harry ne reculait pas il les mordilla légèrement et mêla sa langue à celle du squatteur qui gémit contre sa bouche.
Merveilleux son, pensa-t-il, et sublime baiser qu'il n'avait pas envie de cesser, pourtant les deux hommes reprirent leur souffle l'un contre l'autre n'ayant nullement le désir de se séparer.
-C'était waouh ! Chuchota le plus jeune des deux tandis que Severus recommençait l'expérience avec autant de félicité et de désir.
-C'est aussi ce que je pense, finit par susurrer Severus en cessant le baiser et en caressant le dos de Harry d'une main longue et tendre. Je t'emmène, garnement, allons chez Lucia pour la rassurer, veux-tu ?
-Ouais, bougonna le garçon. Elle risque de m'écharper, Severus ! se plaignit-il en faisant une moue adorable.
-Mais non, elle ne pourra jamais être en colère contre toi, elle t'aime trop pour ça, répondit l'homme en souriant tout en caressant la joue de son tendre amour.
Les deux hommes se séparèrent à regret et allèrent à la voiture qui n'avait subit aucune sorte de préjudice. Harry n'arrivait pas encore à réaliser qu'il avait embrassé un homme et qu'il y avait pris du plaisir, mais dans sa tête une légère alarme résonna quant à sa condition. Que pouvait bien avoir à faire ensemble un financier de la city puissant et riche, et un squatteur miséreux ? La véritable question était là et pourtant elle n'effleurait qu'à peine son cerveau.
C'est Harry qui descendit le premier de la voiture et qui entra dans l'immeuble de Lucia, bien mal lui en prit.
-Vous ! hurla le concierge en l'apercevant, dégagez d'ici avant que j'appelle la police, vous n'avez rien à faire dans cet immeuble, suppôt de Satan ! Un mendiant dans mon immeuble, on aura tout vu, il doit puer, ces gens-là ne se lavent jamais c'est bien connu !
Harry s'arrêta sur la première marche de l'escalier en regardant avec embarras les deux vieilles dames qui descendaient vers lui.
-Allez-vous laisser ce jeune homme tranquille, monsieur Salamy, n'avez-vous pas d'autres choses à faire comme vider les poubelles par exemple ?
-Vous, les vieilles pies, on ne vous a pas causé, allez-donc faire vos courses et laissez les honnêtes gens faire leur boulot !
-Oh ! s'écrièrent-elles indignées. Vous êtes…..un horrible bonhomme, espèce de concierge…..
-Que ce passe-t-il ici ? demanda Severus Snape en s'approchant du jeune homme qui semblait vouloir se cacher dans un recoin.
-Ce…ce….. Cet homme là, désignèrent les deux vieilles demoiselles ensembles, a insulté ce gentil garçon.
Le financier se plaça devant le concierge et le toisa avec colère.
-Harry a le droit de venir ici voir ma nièce, je ne tolèrerai pas que vous l'insultiez gratuitement parce que vous êtes étroit d'esprit, Salamy, est-ce bien clair ?
-C'est encore moi le gérant de cet immeuble, vous n'avez pas d'ordres à me donner, Snape !
-Ah ! Non, eh bien c'est ce que nous allons voir, ricana Severus en sortant un document de sa poche qu'il voulait donner à Lucia mais qui finalement allait remplir son office plus vite que prévu.
L'homme au caractère exécrable blanchit en lisant le contenu du document officiel qui faisait de Lucia Snape la nouvelle propriétaire des appartements.
-Dorénavant vous pouvez vous considérer comme renvoyé, je vous laisse deux jours pour faire vos valises et déguerpir d'ici au plus vite, Salamy.
Le concierge releva le nez avec fierté et rendit son papier à Severus avec dégoût.
-Ce n'est pas vous qui me jetez dehors, Snape, c'est moi qui part de mon plein gré !
-Bon débarras, ricanèrent les deux femmes qui ne purent s'en empêcher tellement le type était infect avec tout le monde dans l'immeuble.
Le financier prit la main d'Harry qui n'avait pas bronché, et le tira vers les étages.
-Lucia est partie en cours, jeunes gens, les avertie une des gentilles grands-mères. Elle ne reviendra que ce soir, enfin c'est ce qu'elle nous a dit en partant ce matin au cas où l'un de vous viendriez lui rendre visite.
-Partons, Severus.
-D'accord, mais nous devons toujours parler, acceptes-tu de venir chez moi ? demanda l'homme alors qu'ils remontaient tous deux dans la voiture.
-Est-ce vraiment nécessaire de remuer le passé alors qu'on s'entend si bien maintenant ?
-Oui c'est vital, Harry. Et puis nous serons plus au chaud pour discuter et tu pourras le faire devant un bon dîner, soupira Severus en étreignant le jeune homme pour le remettre de ses émotions.
Snape gara la voiture sous le porche et invita Harry à le suivre dans la maison.
-Il faudrait que tu te changes, lui proposa Severus en entrant chez lui suivit du jeune homme qui n'en revenait pas de voir cette superbe maison cachée dans ce coin de verdure.
-Désolé je n'ai plus rien à moi, on m'a tout pris.
-Suis-moi, je vais bien trouver de quoi t'habiller là-haut.
Le jeune homme longea des couloirs derrière Severus. La maison était immense et très belle, pensa-t-il, mais une fois à l'intérieur il ne s'y sentit pas à l'aise, trop de meubles chers et chics, ça manquait de chaleur humaine et de vie. Ce n'était pas accueillant, tout était trop bien rangé, chaque chose à sa place et une place pour chaque chose, comme si personne ne vivait dans ces lieux. C'était comme dans un hôtel, impersonnel et froid.
