Résumé global : Après sa 5ème année et la mort de son parrain, Harry revient chez les Dursley dans un état psychologique au plus bas, et le traitement de ses relatifs n'arrange rien. Enfermé, affamé et régulièrement insulté et battu, l'Elu s'enfonce de plus en plus dans la déprime, alors qu'il na aucunes nouvelles de ses amis et du monde sorcier en général.
Le jour de son anniversaire, et après une visite de Dumbledore accompagné d'un arrêt à Gringotts où il apprend qu'il est le seul héritier de Sirius et de quelques courses au Chemin de Traverse, Harry rentre chez lui et se voit battre pratiquement à mort par son oncle.
Un objet mystérieux qu'il tient à ce moment-là s'active et il disparaît alors pour ne se réveiller que plusieurs semaines plus tard en Russie et en Janvier 1976.
Harry est recueilli par Boris, un ancien espion russe et Vladimir, son meilleur ami vampire. Intrigués et intéressés par son histoire, ils décident de l'entraîner de façon à ce qu'il ne se fasse plus manipuler/battre/attaquer aussi facilement.
Ils découvrent que l'objet tenu est une sorte de Retourneur de temps amélioré et qu'il va falloir qu'Harry aille à Poudlard pour le recharger en magie et ensuite retourner à son époque.
6 mois passent pendant lesquels le jeune sorcier apprend à se battre, se soigner et à devenir animagus.
C'est sous l'identité du neveu mort de Boris que Harry intègre Poudlard. Il réalise rapidement que ses parents et son parrain sont aussi au château, qui plus est dans la même année que lui. Indécis sur la façon dont il doit réagir, il intègre Serpentard en forçant plus ou moins la main au choixpeau. Sa première journée de cours passe tant bien que mal et c'est avec stupeur qu'il Lucius Malfoy à la table des professeurs.
Décidé à avoir des réponses à ses questions, il envoie un hibou à ses mentors mais à sa grande surprise, ceux-ci apparaissent à la table des professeurs, apparemment engagés en tant que nouveaux professeurs de duel. Les questionnant ensuite, Harry apprend qu'ils sont là en mission et réagit de façon étrangement calme à leurs secrets. Face à toutes les émotions et surprises qui surviennent depuis son arrivée à Poudlard, Harry se renferme dangereusement sur lui-même jusqu'à se couper de la réalité et n'agit que par automatisme, comme un robot.
Finalement confronté par Boris, il perd pied et détruit le salon des Russes tout en libérant toutes les émotions qu'il réprimait depuis maintenant de longues années. Il perd ensuite connaissance.
Chapitre 11
C'est un rayon de soleil posé sur son visage qui fit émerger Harry de son sommeil. Lentement, il papillonna des yeux avec, pour la première fois depuis plusieurs semaines, autre chose qu'une impression de vide oppressant.
Cherchant à savoir à quoi il devait se changement, il commença à se rappeler des événements de la veille par brides.
Il se souvenait avoir été emmené jusqu'aux appartements de ses deux mentors sans toutefois savoir comment, et avoir commencé à parler avec le blond. Le reste était ensuite noyé par une succession de sensations et de sentiments.
Quand l'image du corps du blond projeté contre le mur du salon lui revint, puis quand il se revit en train de marteler le torse de l'espion et lui pleurer dessus, il ne put s'empêcher de rougir de honte.
Il avait blessé Boris, pire, il s'était mouché dans son pull !
Mortifié, il rabattit ses couvertures par-dessus sa tête et décida très sérieusement que de rester caché-là était un plan de vie particulièrement alléchant. Comment allait-il encore pouvoir faire face au russe après ça.
Curieusement, il ne lui en voulait pas pour ses paroles. De par les actes et la chaleur dont avait fait preuve Boris quand il avait finalement craqué, il savait que les mots durs de l'espion étaient nécessaires et ne reflétaient pas ce que pensait réellement l'homme. Il avait conscience de ne pas avoir été vraiment là pendant la semaine passée. La plupart de ses souvenirs des derniers jours étaient flous et il en manquait même de long moment. Il avait l'impression que tout s'était déroulé comme dans un rêve, ou plutôt un cauchemar.
Il resta ainsi enterré sous ses couvertures pendant un petit moment avant qu'une pensée ne le fasse se redresser d'un bond. Il était en retard !
Vu la hauteur du soleil qui filtrait à travers la fenêtre, il devait être plus de 8h et les cours avaient déjà débuté depuis un moment.
Se précipitant hors du lit, il attrapa sa baguette et couru vers la porte pendant que le Trix l'habillait de son uniforme. Il eut à peine un instant d'arrêt à la vue du salon qu'il avait dévasté la veille maintenant réparé et remis en ordre puis, attrapant son sac au vol, il sortit en courant sans même voir les deux russes attablés à la table de la cuisine et qui avaient suivi le départ éclair du plus jeune avec amusement.
« Tu crois qu'il se souvient de ce qui s'est passé hier soir ? demanda le vampire en buvant un grand verre de sang frais.
-Vu la vitesse à laquelle il vient de littéralement fuir, il y a des chances. Le connaissant, il va certainement tellement s'en vouloir qu'on va devoir de nouveau ruser pour l'attraper de façon à finir de tout mettre à plat et le rassurer. »
A ces paroles, Vlad hocha pensivement la tête, planifiant déjà le prochain enlèvement de leur protégé.
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Sans même prendre le temps de descendre jusqu'aux cachots, Harry se dirigea rapidement vers la Grande Salle, espérant pouvoir attraper un petit pain qu'il pourrait grignoter vite fait histoire de permettre à son estomac affamé de tenir jusqu'à midi.
Il était péniblement en train d'essayer de se souvenir de quel était son premier cours quand il pénétra dans la Grande Salle et se figea. La pièce, qui aurait dû être vide à cette heure, accueillait de nombreux élèves assis à ses tables, riants et bavardant avec insouciance, sans sembler être dérangés par l'heure avancée.
La réalisation frappa le brun à la vue des habits non-réglementaires d'un groupe de premiers années qui venait de le dépasser pour aller s'asseoir d'un air endormi à la table des rouges et or c'était Samedi.
Soudainement beaucoup moins pressé, Harry s'attabla machinalement à sa place habituelle et enterra sa tête dans ses bras en poussant un long soupir. Son « absence » l'avait totalement déboussolé et il allait certainement lui falloir un moment avant de s'y retrouver.
Il ne put empêcher un long gémissement de lui échapper quand il réalisa que sa fuite de l'appartement des russes allait lui rendre difficile toute prochaine approche envers ses mentors. Il n'en avait pas vraiment envie pour le moment, toujours mortifié de son comportement de la veille, mais il ne se faisait pas d'idée, il serait bientôt obligé de parler avec eux de ce qui s'était passé.
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Une main sur son épaule le sortit de ses sombres pensées. Face à lui, le visage du Préfet-en-Chef lui souriait. Un peu surpris de se faire aborder, et n'ayant toujours pas retenu le nom de l'autre jeune homme, il lui adressa un regard interrogateur.
« Bon retour parmi-nous, lui dit-il en lui tapotant l'épaule avant de commencer son petit déjeuner avec enthousiasme. »
A la phrase, Harry fronça les sourcils d'incompréhension. Même si la semaine passée lui restait floue, il était certain de ne pas avoir quitté le château. Après une mastication intense de la demi-tartine qui venait de disparaître dans sa bouche, le préfet repris la parole.
« C'est bien que tu es réussis à t'en sortir aussi rapidement. Beaucoup n'ont pas cette chance.
- De quoi tu parrler ? Je êtrre toujourrs ici, lui demanda le brun, complètement perdu.
- Je parle de ton « absence » bien sûr. Plus bas, il continua. Tu étais parti loin ces derniers jours, j'étais un peu inquiet pour toi. Tu n'aurais pas été le premier à te perdre.
-Comment tu savoirr je…, demanda-t-il en secouant les mains vaguement en direction de sa tête.
Avec un soupir le préfet repris.
-Malheureusement, tous les enfants de Sangs-Purs traditionalistes passent par là. Généralement l'apprentissage du contrôle de ses émotions se fait dès le plus jeune âge, les enfants ayant des émotions moins compliquées. Mais parfois, certain restreignent trop leurs émotions et finissent par ne plus en ressentir aucunes, ce qui finit par être dangereux pour eux même.
A la fois intéressé et surpris de découvrir cette face cachée de l'éducation des Sangs-Purs, Harry pris de nouveau la parole.
-Ce « chose », ce problème, ça arrrive souvent ? Je jamais voirr. Est-ce que c'est possible avec que jeune enfants ?
-C'est rare que les jeunes enfants aient ce problème. Leurs émotions sont plus simples mais parfois plus intenses. La plupart du temps ils arrivent à se tenir en publique et les colères, caprices et besoins d'affections se font loin des yeux étrangers. Non, c'est à l'adolescence que ça devient plus dangereux. Les émotions deviennent plus complexes, c'est les premiers amours, les premiers pas dans la vie d'adulte, et souvent les parents deviennent bien plus exigeants, mettant une pression importante sur les épaules de leur progéniture et en particulier leur héritier. Tous s'en protèges en accentuant la maîtrise de leurs émotions, mais certains s'y perdent, finit-il, un éclair de douleur venant traverser ses yeux avant qu'il ne détourne la tête et reprenne.
C'est très dur de faire revenir quelqu'un qui s'est perdu derrière ses barrières mentales, très peu en reviennent.
Gêné d'être témoin de la douleur manifeste de l'autre jeune sorcier, Harry hésita avant de se décider à parler.
-Ce tu êtrre arrrivé ? demanda-t-il doucement
A ces mots, le préfet se tourna de nouveau vers le russe.
-Non, pas à moi directement mais à quelqu'un de proche, dit-il avec un sourire douloureux. On n'a jamais réussi à le faire revenir.
Harry ouvrit et referma la bouche plusieurs fois, ayant peur que la question qui lui brûlait les lèvres ne paraisse impolie et déplacé, puis finalement la curiosité l'emporta.
-Quoi il êtrre arrrivé à lui ?
A la question, le jeune sorcier ferma les yeux, semblant plongé dans des souvenirs peut plaisants.
-Il est resté quelque mois à Ste Mangouste, dans le même état qu'une victime de Détraqueur, puis ses parents se sont finalement décidés à le laisser partir. Il venait tout juste de fêter ses 13 ans. »
Harry avait peur d'avoir été trop loin dans ses questions. Le jeune préfet avait maintenant les yeux dans le vague, certainement partit dans le passé, près de cette personne. La gorge serrée par l'émotion, et après plusieurs tentatives réprimées, Harry se décida à poser sa main sur l'avant-bras de l'autre, dans une tentative maladroite de réconfort.
Le geste sembla réveiller le jeune sorcier qui reprit son éternel sourire.
« Enfin bref, tu comprends pourquoi j'étais heureux de te voir revenu, et aussi pourquoi la plupart des gens t'ont laissé tranquille cette dernière semaine. Tout sorcier ayant un membre de sa famille ou un ami Sang-Pur connait quelqu'un qui s'est « perdu ». C'est une règle tacite de laisser la paix à la personne qui semble commencer à se perde, tout sentiments ressentit comme négatif par la personne pouvant le faire plonger encore plus loin.
Il n'y a que des imbéciles pour ne pas respecter cette règle, ou en tout cas pour faire comme si elle ne s'appliquait pas à certaines personnes finit-il en fusillant la table presque vide des Griffondors du regard.
Se retournant vers Harry, il continua, un air espiègle sur le visage.
-Par contre la trêve ne s'applique plus à toi maintenant. Fait attention, tu vas certainement bientôt te faire submerger par des demandes de confirmations de toutes les rumeurs idiotes à ton sujet, qui ont eu le temps de fleurir.
Harry, déjà mortifié à l'idée que tout Poudlard soit au courant de ce qui lui était arrivé, ne put que replonger la tête entre ses bras et pousser un grognement pour toute réponse. Il détestait les gens et leur esprit à l'imagination débordante. En particulier quand cette dernière était concentré sur lui.
Curieux, il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil circulaires aux élèves attablés avant de demander de nouveau.
-Il avoirr autrre élèves comme ça ?
-Malheureusement oui. Actuellement ils sont 6, dont 3 que nous surveillons de près.
-« Nous » ?
-Oui, nous les préfets en chefs, et certains de professeurs. Les 4 situés dans les maisons des Lions, des Aigles et des Blaireaux sont suivis de près par leurs directeurs de Maisons, et leurs préfets.
-Que eux ? Pas Serrpentarrd ?
Après une grimace de dégoût dirigée vers la chaise vide du professeur de potion actuel, le jeune préfet repris.
-Malheureusement, il s'avère que notre cher directeur de Maison trouve plus important d'amasser les proches de célébrités à ses côtés plutôt que s'occuper des élèves qu'il a sous sa charge. Nous donnant donc 10 fois plus de boulot, aux préfets et à moi. Mais même en faisant de notre mieux pour soutenir et aider les élèves, il y a des choses que l'on ne peut pas faire, et certains se renferment encore plus sur eux même.
-Il avoirr beaucoup de euh…gens comme moi, à Serrpentarrd ?
-Généralement c'est le cas. On a tous les ans au moins un ou deux cas. Maintenant que tu es revenu, il nous en reste encore deux, et j'ai peur que ce soit beaucoup moins rapide pour eux de « revenir », dit il en jetant un rapide coup d'œil vers un coin de table.
Automatiquement, Harry suivit son regard et eu la surprise de voir Snape, plongé dans la lecture d'une énorme livre.
-Snape êtrre comme ça ?
-Je pense. Il n'a jamais été très expansif et sociable, mais c'est encore pire depuis la rentrée. Je pense qu'il a du se passer quelque chose cet été, et les blagues de ces imbéciles de Griffondors n'arrangent rien. Mais à moins de lui demander directement, je suppose que l'on ne saura pas ce qui a été le déclencheur.
-Et pas êtrre possible d'aider ? demanda Harry. Il n'aimait pas le Snape de son présent, mais il ne souhaitait à personne de se perdre dans les méandres de son propre esprit.
Avec un soupir, le jeune Sang-Pur lui répondit.
-J'ai essayé, mais il se braque et ça ne fait qu'empirer les choses. Et personne ici n'est assez proche de lui pour réussir à l'attendre. Et comme il ne sent en sécurité nul par, merci à vos imbéciles de compagnons de dortoir et aux autres élèves, certains que « Serpentard, c'est le mal », il ne relâche jamais sa vigilance.
A ces mots, Harry hocha la tête avec compréhension. Il savait parfaitement ce que ça faisait de ne pouvoir faire confiance à personne et d'être entouré de personnes n'attendant qu'une occasion pour le blesser.
-Est-ce que il êtrre en danger ?
Il savait que Snape avait survécu jusqu'à son époque, mais aux vues de son comportement, il se demandait quand même si le bâtard sans cœur qui lui servait de professeur de potion n'avait pas perdu son âme, ou tout du moins en partie.
Après une petite réflexion, l'autre lui répondit.
-Hum, honnêtement pour le moment il n'en est pas encore au stade critique. Il a encore conscience de ce qui l'entoure, même s'il se renferme de plus en plus sur lui-même. Mais j'ai bien peur qu'il l'atteigne avant Noël, en particulier si certaines personnes continuent de s'en servir comme défouloir. »
Harry hocha légèrement la tête, comprenant parfaitement une partie des mots du préfet en chef, puis repris son petit déjeuner pensivement.
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Petit à petit, la Grande Salle se remplit jusqu'à résonner sous le brouhaha de centaines d'élèves en train de petit déjeuner à grand renfort de paroles et d'éclats de rire.
Tout en continuant son petit déjeuner et en suivant distraitement la conversation de Lein –il s'était enfin souvenu du prénom du préfet-, Harry avait passé en revue les nombreux élèves et les quelques professeurs présents. A l'exception de lui-même, rien ne semblait avoir changé pendant la dernière semaine. Il se surprit à de nouveau ressentir de la colère face à un Pettigrow mort de rire à une blague de son voisin, un mélange de répulsion et de curiosité face au rideau de cheveux graisseux assis en bout de table, ou encore un maelstrom indéfinissable à la vue de Lily en train de tranquillement lire un livre au-dessus de son petit déjeuner ou de James et Sirius et train de se donner de grandes claques dans le dos.
Contrairement à son habitude, il ne chercha pas à emprisonner tous ces sentiments derrière ses barrières mentales et se permit au contraire de fusiller –discrètement- le rat du regard ou d'observer réellement ceux qui deviendraient peut être ses parents pour la première fois depuis le début de l'année scolaire.
Instinctivement, il chercha les ressemblances entre son apparence d'origine, et celle de ses parents.
Contrairement à ce qu'on lui avait répété toute sa vie et qu'il avait fini par croire, il ne ressemblait pas à une copie conforme de son père. Malgré la difficulté d'essayer de repérer les différences entre son ancien lui et son père –il ne s'était après tout jamais regardé dans le miroir assez longtemps pour connaitre ses traits par cœur- il vit rapidement que, à par leurs cheveux en pétard et leurs lunettes, peu de choses étaient vraiment identiques.
Il lui semblait que ses sourcils et son nez étaient plus fin que ceux de son futur géniteur, tout comme la bouche et la façon de sourire étaient différentes, ainsi que les traits du visage en général. Un coup d'œil en direction de sa mère lui appris que les sourcils et le nez venaient plutôt de son côté tandis que d'autres venaient sûrement des grands-parents et arrière-grands-parents ou étaient propres à lui-même. C'était vraiment une sensation étrange de se retrouver en certaines personnes, et cela pour la première fois de sa vie.
Etant petit, il avait essayé de se comparer à sa tante et à son cousin, mais n'avait jamais pu trouver un quelconque point commun. A l'époque, ça l'avait rendu très triste, mais maintenant, avec les années et le recul, il ne pouvait que se réjouir de n'avoir aucune ressemblance avec eux.
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Petit à petit, et sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, plongé dans ses pensées, la grande salle fut pleine, étonnement tôt pour un Samedi matin.
De par son expérience en temps qu'élève à Poudlard depuis maintenant plus de 5 ans, Harry savait qu'habituellement, peu d'élèves se levaient avant 10 heures et, si c'était le cas, l'ambiance générale était au mieux, mal réveillée.
Là, des cris et chuchotement excités emplissaient la pièce dans un joyeux brouhaha. Les plus jeunes en particuliers, semblait agités.
Interloqué, le brun interrompit la mastication intensive de son voisin de table pour lui demander s'il y avait un événement particulier de prévu. Après avoir avalé sa bouchée avec difficulté, ce dernier lui répondit qu'aujourd'hui allait se dérouler le premier cours de duel de l'année. Il expliqua que les élèves de la 1ère à la 4ème année auraient cours toute la matinée, et que de la 5ème à la 7ème année, les élèves prendraient le relais de 13 heures à 17 heures.
A ces mots, Harry ne put s'empêcher de jeter un œil à deux sièges inoccupés à la table professorale et sentit une pointe d'appréhension se développer.
Il ne put empêcher le rose de l'embarras de lui colorer les joues en se rappelant quelques brides de sa crise passée. Il ne savait pas comment Boris allait se comporter avec lui après qu'il l'ait blessé et insulté. La pensée que celui-ci allait peut être décider de ne plus l'aider lui traversa l'esprit avant qu'il ne se morigène mentalement. Il faisait confiance au blond, et celui-ci n'était pas du genre à l'abandonner, en particulier une fois qu'il avait décidé de poursuivre la mission qu'il s'était donné.
Dans un élan de courage, Harry commença à se lever avant de se laisser retomber sur le banc, décidant qu'il pouvait bien attendre l'après-midi pour faire face aux deux russes. Il avait besoin d'un peu de temps pour réfléchir à tout ce qui était arrivé cette dernière semaine.
Avisant les nuages lourds ourlant le plafond de la grande salle et les grondements lointain d'un orage puis son voisin de table finalement rassasié, il hésita un instant quant à savoir s'il était préférable de s'isoler pour essayer de se remémorer la semaine passée, ou s'il valait mieux commencer à se sociabiliser un peu.
Peu enclin à aller s'enfermer à la bibliothèque ou dans le dortoir, mais n'ayant pas non plus envie de sortir alors qu'un orage approchait, il se décida finalement à un compromis. Curieux de savoir ce qu'il avait manqué d'important et de connaitre un peu mieux le préfet, il proposa à celui-ci d'aller faire un tour dans les serres. Semblant comprendre que le plus jeune souhaitait lui parler, Lein acquiesça et, après avoir dit à ses camarades qu'il les rejoindrait plus tard, suivit le russe.
Ils firent le trajet dans un silence confortable, ni l'un ni l'autre ne ressentant le besoin de parler dans l'immédiat.
Arrivés à la serre où les élèves pouvaient se balader sans risque de croiser une plante susceptible de les blesser, ils déambulèrent un moment, tous deux plongés dans leurs pensées respectives.
Quand ils se posèrent finalement sur un banc, Harry essaya de remettre un peu d'ordre dans ses idées. Après plusieurs minutes à avoir attendu que le plus jeune prenne la parole, Lein se décida à commencer.
« Je suppose que tu veux quelques explications, nan ? »
Soulagé que l'autre ait pris les devants, Harry lui répondit d'un simple « hum » affirmatif.
Suivi alors la description par le détail de tout ce qui avait pu se dérouler d'un temps sois peu intéressant pendant les jours passés, puis l'explication de tout ce qu'il pensait être important de savoir sur Poudlard.
Il lui narra l'histoire de Poudlard, de ses quatre fondateurs et des rivalités entre les maisons, lui décrivit les différents profs, ceux qu'il était facile de se mettre dans la poche et ceux avec qui il valait mieux filer droit, lui expliqua la malédiction qui touchait le poste de professeur de DCFM et les incapables à la pédagogie désastreuse qui se succédaient années après années. Pour finir, il lui parla des élèves. Il lui décrivit par le menu avec qui il valait mieux être ami et ceux dont il fallait se méfier. Il le mit d'ailleurs longuement en garde contre les Griffondors, et en particulier les Maraudeurs.
Harry, bien qu'il connaisse déjà parfaitement l'histoire et la topologie de Poudlard grâce à Hermione et à leurs nombreuses aventures au cours des dernières années, ainsi que certains professeurs encore présents à son époque, ne s'ennuya pas un instant pendant les explications de l'autre jeune homme. Il trouvait particulièrement intéressant de découvrir pour la première fois Poudlard et ses habitants du point de vu d'un Serpentard.
Il apprit par exemple que le professeur Mc Gonagall était crainte par une grande majorité de Serpentards, et que presque l'ensemble de l'équipe enseignante, malgré un semblant d'impartialité, étaient en général bien plus intransigeants et sévères envers les Serpents. A sa grande surprise, il découvrit aussi que les Aigles et les Serpents s'entendaient habituellement très bien.
Lein l'avertit aussi de se méfier de Dumbledore. Lisant entre les lignes, Harry comprit avec étonnement que les Serpentards étaient parfaitement au courant que le vieux directeur utilisait la légimencie ainsi que certaines potions douteuses en toute illégalité sur les élèves.
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Quand midi sonna, les deux jeunes hommes se décidèrent finalement à retourner au château. Sortant de l'espace insonorisé et ensoleillé magiquement, ils tombèrent en pleine tempête, l'orage éloigné du matin battant maintenant son plein. C'est donc sous des trombes d'eau et en courant qu'ils rejoignirent l'abri du grand hall.
Se séchant de quelques coups de baguette, ils se dirigèrent ensuite vers la grande salle, guidés par leurs estomacs insatiables d'adolescents en plein croissance.
A table, Lein présenta quelques-uns de ses amis à Harry et pour la première fois depuis la rentrée, ce dernier se présenta officiellement à son tour. A sa grande surprise, tous eurent au minimum un léger sourire ou en hochement de tête à son égard. Certains même le félicitèrent à mi-voix pour son « retour ». Touché, Harry commença à faire leur connaissance.
Il reconnut vaguement un ou deux noms liés à son époque aux activités des mangemorts mais, bien que décidé à rester sur ses gardes, il entreprit tout de même de les connaitre un peu mieux. Après tout, à côtoyer certains futurs mangemorts, il comprendrait peut être ce qui les avait poussé entre les griffes de Voldemort.
Au sein de la Grande Salle, le sujet sur toutes les lèvres était le prochain cours de duel, et c'est dans un climat de curiosité teintée d'inquiétude que la rumeur c'était répandue à travers les élèves que la moitié des plus jeunes avaient finis à l'infirmerie suite au cours de la matinée.
Tous attendaient avec impatience l'arrivée de ces derniers au repas, afin de savoir comment s'était vraiment déroulé ce premier cours de duel. Mais l'absence insolite de tous les élèves de la 1ère à la 4ème année sans exception au repas, ainsi que celle de l'infirmière enflamma l'imagination des plus vieux.
Même les Serpentards se mirent à chuchoter entre eux, essayant de deviner ce qui les attendait. Ayant fait la liaison entre la nationalité russe du nouvel élève et des nouveaux professeurs de duel, certains élèves vinrent demander à Harry s'il connaissait les deux hommes. Ce dernier n'eut heureusement pas besoin d'inventer un mensonge quelconque, Lein répondant à sa place que vu la taille de l'URSS, il était évident que tous les russes se connaissent, et cela avec ce qui était certainement le sourire méprisant breveté Serpentard n°3. Cela refroidit les curieux mais Harry put quand même sentir leurs regards posés sur lui durant le reste du repas. A ce fait, il retint un soupir désabusé. Il n'avait pas fallu bien longtemps avant que la curiosité maladive des habitants de Poudlard ne refasse surface. Et s'il avait été partiellement protégé d'eux pendant sa semaine d' « absences », le statu-quo semblait avoir été rompu par son réveil.
La fin du repas fut accueillie avec impatience par tous, et c'est en même temps qu'ils se dirigèrent tous en direction de la salle qui accueillait les cours de duel. Gardant leur flegme légendaire, les Serpentards se placèrent en fin de file et suivirent calmement tout ce beau monde.
Une fois que tout le monde fut dans la salle, ils se placèrent tous en petits groupes, les quatre maisons scindées en groupes distincts. Harry ne put s'empêcher de remarquer avec une petite pointe d'ironie que la salle avait été agencée comme celle de sa deuxième année. Sauf que contrairement à cette année-là, les deux futurs professeurs se trouvaient du côté des élèves. Il y avait aussi très peu de chance que les cours des deux russes ressemblent de près ou de loin à la farce qu'avaient été ceux de leur professeur de duel du moment.
Comme à leur habitude, les deux russes se firent attendre, augmentant encore plus l'appréhension et l'excitation des adolescents. Au bout de plusieurs minutes, des exclamations de mécontentement et de colère commencèrent à s'élever mais toujours aucun signe des deux professeurs. Harry vit sa future mère et deux autres élèves se diriger vers la porte afin de prévenir un professeur quand la voix grave de Boris s'éleva enfin, faisant taire petit à petit les discussions des élèves.
« -Bonjour à tous, bienvenue dans ce premier cours de duel de l'année. Je suis heureux de voir que vous êtes tous là. »
Une voix mécontente grommela assez fort pour être entendue que la prochaine fois, ils n'attendraient pas, mais un regard incendiaire de blond coupa court à la remarque. Certaines mains se levèrent rapidement, les élèves apparemment impatients de savoir ce qui était arrivé à leurs condisciples, mais Boris balaya les questions d'un geste de la main.
« -Je vous demanderais de garder vos questions pour la fin du cours. Vous pourrez alors les poser, si vous en avez encore la force. »
Sur ces mots énigmatiques, il reprit.
« -Tout d'abord, que ceux parmi vous qui ont déjà pris des cours de duel sorcier, à quelque niveau que ce soit lèvent la main. »
Des mains se levèrent un peu partout dans la salle. Harry remarqua qu'une grande majorité de Serpentards, ainsi que son futur géniteur et Sirius avaient la main levée, tous avec une certaine fierté. Il leva à son tour la main et réussi avec difficulté à réprimer le sourire ironique qui voulait lui monter aux lèvres. S'ils pensaient que d'avoir déjà eu des cours de duel allaient les avantager, ils allaient tous très vite déchanter. Il dut cependant faire une tête bizarre car il s'attira un coup d'œil interrogateur de Lein, auquel il répondit d'un clin d'œil.
Après avoir enregistré les visages des élèves à la main levée, Boris continua.
« Maintenant, j'aimerais que vous me citiez ce qui est, pour vous, la chose dont vous avez le plus besoin pour gagner un duel. »
A sa question, les mains fusèrent. Interrogés, les élèves citèrent la vitesse, la connaissance de sorts puissants, ou même la ruse et l'agilité sous le hochement de tête approbateur de Boris. Mais ce qui revenait le plus et qui semblait faire l'unanimité auprès des élèves était la puissance magique. Pour la presque totalité des jeunes sorciers, plus un sorcier était puissant, plus fort il était. Harry ne put s'empêcher de laisser échapper un « tss » amusé. Si la puissance magique était vraiment l'élément le plus important lors d'un combat, il n'aurait pas autant souffert lors de son apprentissage avec le russe.
« Comme certains semblent l'avoir compris, le fait d'avoir de grandes réserves de magie n'est pas forcement gage de réussite lors d'un duel. Si vous ne savez pas la contrôler, si vous ne pouvez pas physiquement tenir assez longtemps pour l'utiliser correctement, ou même si vous n'avez pas assez d'imagination pour l'utiliser à son plein potentiel, toute cette puissance ne sert strictement à rien. »
Des marmonnements s'élevèrent au sein des élèves. Beaucoup n'étaient visiblement pas d'accord avec le blond.
Voyant plusieurs mains levées, Boris interrogea l'un des Serdaigle prenant des cours de duel.
« Je ne mets pas en doute ce que vous dites, mais je prends des cours de duel avec un professeur particulier depuis quelques temps, et ce n'est pas ce qu'il m'a appris. Nous travaillons les sorts, les postures et les règles de duel. A aucun moment nous ne nous dispersons à voir autre chose. »
A ces mots, les différents élèves ayant déjà eu des cours de duel hochèrent la tête. Apparemment leurs professeurs à tous s'étaient à peu près concentrés sur les mêmes points. – Bien qu'Harry doutait fortement que les Serpentards se soient beaucoup attardés sur les règles de combats.-
Boris balaya les mots du septième année d'un geste de la main.
« J'ai le regret de vous annoncer qu'avec cette méthode, il y a peu de chance que vous sortiez vivant, ou en tous les cas vainqueur lors d'un vrai combat. Je vous demanderais d'ailleurs à tous d'oublier tout ce que ces personnes ont pu vous apprendre », dit-il en faisant fi de l'expression outrée du Serdaigle.
« Nous allons bien sûr travailler sur des sorts et votre magie, mais un bon duelliste ne se repose pas que sur sa magie et sur la puissance de ses sortilèges. En premier lieu, nous allons nous concentrer sur votre endurance. Connaitre une grande variété de sorts, tous plus puissants et dangereux les uns que les autres ne vous servira à rien si vous ne pouvez pas tenir 2 minutes.
Je voudrais maintenant que tous ceux qui ont déjà fait un sport moldu, quel qu'il soit, lèvent à leur tour la main. »
Cette fois, toutes les mains qui étaient précédemment levées à part celle de Harry restèrent baissées et d'autres se levèrent timidement. Contrairement à tout à l'heure, celles-ci appartenaient toutes à des nés moldus ou à des sang-mélés.
En les pointant du doigt, Boris leur demanda aux uns après les autres de citer les sports qu'ils avaient fait. Les plus populaires semblèrent être le football, le rugby et le cricket. Il y eut aussi le tennis, l'escalade, la boxe, l'équitation et d'autres sports divers et variés de cités. Quand ce fut au tour d'Harry d'être interrogé, il évoqua seulement l'endurance.
Le blond sembla satisfait des réponses données leur fit signe de baisser le bras à leur tour.
« Bien, vous avez maintenant 10 minutes pour vous échauffer. Je demanderais aux personnes connaissant les gestes à faire de les montrer à vos camarades. Je vous conseille de vous préparer correctement.
Ah, et une dernière chose, sachez que la magie sera interdite dès que l'entrainement aura commencé, et ce pendant une heure. »
A ces mots, une vague protestation s'éleva des élèves que le russe ignora superbement.
Tout en commençant à s'échauffer, Harry vit avec amusement que la plupart des élèves préféraient se plaindre de cette nouvelle règle plutôt que de débuter les étirements. Petit à petit, certains commencèrent, aidés par les né-moldus et les sang-mélés ayant déjà fait du sport, mais sans y mettre beaucoup de volonté.
Les autres les regardaient faire avec dédain, n'ayant aucune intention de se trémousser de façon ridicule, qui plus est avec des mouvements moldus.
Remarquant que Lein non plus ne semblait pas décidé à s'exécuter, Harry lui donna un léger coup de coude en lui conseillant de s'y mettre. Face à l'air dubitatif du préfet, le jeune russe lui assura qu'il le remercierait plus tard. C'est donc avec peu d'entrain que lui aussi commença à faire quelques gestes ressemblant vaguement à ceux faits par Harry.
A la fin des dix minutes, Boris demanda à tous les élèves de se regrouper et de le suivre. Imperceptiblement, Harry se jeta un sort de repousse-pluie puis rentra dans les rangs. Passant ensuite la porte de la salle, il sentit un léger tintement résonner avec sa magie, signe que Vladimir y avait posé un sort à destination des élèves.
Pendant le court trajet jusqu'à l'entrée du Grand Hall, les chuchotements reprirent de plus belle. Avec amusement, Harry entendit certain jeunes sorcier demander à leurs amis ayant un pied dans le monde moldu ce qu'était le « footmall » ou l' « équilition ». Il remarqua aussi que certains élèves le regardaient du coin de l'œil. Apparemment personne ici n'avait déjà vu un Serpentard ayant fait quelque chose relié de près ou de loin à des moldus.
Dès l'ouverture de la grande porte, une bourrasque de vent et de pluie s'engouffra violemment à travers les rangs des élèves, qui ne purent que reculer sous la violence du vent.
Haranguant les élèves, Boris continua à ouvrir la voie à travers le parc. Tous serrés les uns contre les autres, ils suivaient tant bien que mal leur professeur.
A l'arrivée, ils furent accueillis par un Vladimir enthousiaste et apparemment nullement ennuyé par la pluie diluvienne qui tombait.
Se plaçant aux côtés de Vladimir, Boris s'adressa aux élèves aux allures de chatons mouillés d'une voix assez forte pour couvrir le bruit de l'orage.
« Comme vous l'avez peut-être déjà deviné, la première partie du cours se déroulera ici, avec moi. Nous travaillerons ensemble sur vos capacités physiques. Pendant un combat, il faut savoir tenir sans fatiguer et courir vite et longtemps si on se rend compte que le vent tourne. Avoir une bonne condition physique est donc primordiale. Nous travaillerons votre endurance, puis votre vitesse et votre agilité. Nous survolerons aussi les bases de certaines techniques de combat.»
Désignant le vampire, il continua.
« C'est Vladimir qui s'occupera de la seconde partie. Elle regroupera tous ce qui a un lien avec la magie. Vous vous entrainerez aux informulés, aux sorts utiles de protections et d'attaques et aux duels lors de mises en situations.
A partir de maintenant et pour la demi-heure suivante, vous me suivrez dans une course d'endurance. Allez à votre rythme, sans forcer. Je vous demanderais juste de ne pas vous arrêter avant la fin du temps imparti. Au fur et à mesure de l'année, la durée de la course augmentera. »
A l'écoute de cette introduction très peu à leur goût, des murmures de désaccords commencèrent à s'élever à travers les rangs des élèves. Pour beaucoup, l'idée même d'une activité physique quelconque était aberrante.
« Il est hors de question que je m'abaisse aux rangs des moldus. Je vous préviens tout de suite que si vous m'obligez à m'abaisser au rang de ces animaux, vous aurez des nouvelles de mon père. Il fait partie du conseil administratif de l'école, dit la voix d'un Serpentard visiblement en 6ème ou 7ème année. »
Derrière lui, plusieurs élèves de toute Maison confondue, hochèrent la tête. Il était hors de question qu'ils fassent quelque chose comme ça. A ces mots, Boris ne fit qu'offrir un sourire glacial à l'intervenant tandis que Vladimir semblait très occupé à examiner ses ongles.
« Eh bien, jeune homme, si vous avez une remarque à faire sur ma façon de donner mon cours, faites en part à qui vous le souhaitez, ne vous gênez surtout pas. Il vous faudra néanmoins garder à l'esprit que si l'on m'a fait venir ici, si le Ministre lui-même a demandé ma présence, les plaintes immatures des quelques élèves trop paresseux pour apprendre à courir n'aurons que peu d'impact sur ma façon de travailler. »
Puis s'adressant maintenant à l'ensemble des élèves, il continua
« Sachez jeunes gens que je ne vous oblige pas à participer à ce cours. Vous avez parfaitement le droit de ne pas vouloir apprendre à être plus fort et à survivre aux événements qui se préparent. Si le simple fait de courir vous répugne, alors partez. Je m'en voudrais de perdre du temps à enseigner à des gens qui n'en ont pas envie et de pénaliser ceux qui souhaitent sincèrement être les futurs acteurs du monde sorcier.
Que ceux qui n'ont pas l'intention de faire l'effort de grandir partent maintenant, je ne vous retiendrais pas, soyez juste conscient que vous ne pourrez pas vous plaindre quand vous verrez vos camarades réussir là où vous n'avez même pas fait l'effort de commencer. Je comprendrais que certains aient peur de ne pas être à la hauteur et de ne pas réussir ce que des milliers de jeunes moldus font tous les jours. »
A la fin de son petit discours, un lourd silence s'était posé sur le petit groupe de sorciers. A aucun moment le blond n'avait élevé la voix, mais même à travers l'orage, et sans l'aide d'un quelconque sort, chaque élève avait parfaitement entendu les mots du russe et ce qu'ils impliquaient.
Boris observa fixement le groupe quelques longues secondes, attendant de voir si des élèves avaient l'intention de retourner vers le château, puis, voyant qu'aucun ne faisait mine de bouger, hocha simplement la tête avant de se retourner et de commencer à courir lentement.
Un instant interloqué par ce brusque départ, les élèves eurent un instant d'hésitation avant que quelques-uns ne commencent timidement à courir à la suite du professeur, faisant finalement s'ébranler l'ensemble du groupe.
D'abords incertains quant à la marche à suivre, certains élèves reprirent rapidement confiance en eux et, décidés à montrer leur valeur à ce professeur, se mirent à sprinter dans le but de dépasser le russe et les autres élèves.
Observant l'attitude des élèves, Harry eut un rictus à la vue de ces sorciers décidés à prouver leur valeur et le fait que jamais, ils ne pourraient échouer là où un moldu réussit. Après tout, pour la plupart d'entre eux, un moldu n'était rien d'autre qu'un être inférieur.
Il vit les sorciers ayant déjà eu un pied dans le monde moldu partir beaucoup moins vite, à leur rythme, et tenter d'expliquer à certains de leur amis qu'il valait mieux ne pas trop se dépenser dès le départ. A cette scène, le rictus d'Harry se transforma en vrai sourire. Avec un peu de chance, quelques élèves allaient peut être survivre à la fin de ce cours.
Voyant que la plupart des élèves mâles étaient partis en trombe, Harry se décida à rester en arrière afin de pouvoir superviser les élèves qui pourraient avoir le plus de mal. Il savait, pour l'avoir vécu, que cette demi-heure allait vite devenir un enfer pour certains, et que le temps qu'il faisait allait juste tout rendre encore plus difficile.
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Les premières minutes se passèrent tranquillement, personne ne s'était encore arrêté mais bientôt, Harry pu remarquer que certains élèves partis à toute vitesse s'étaient rapidement arrêtés, hors d'haleine, et avaient ensuite repris à un rythme bien plus lent.
Beaucoup de jeunes traînaient la jambe. Ils ne voulaient pas échouer à une activité moldu mais peu avaient déjà couru plus de quelques minutes dans leur vie, et certains n'avaient même jamais fait plus que marcher vite et n'auraient jamais pensé devoir un jour courir pour autre chose qu'une raison de vie ou de mort.
C'est donc sans surprise que de plus en plus d'élèves s'arrêtaient, vites forcés à reprendre leur course, ou tout du moins à continuer en marchant, par Boris qui semblait se matérialiser près des élèves à bout de force. Ils continuaient à courir autour de l'immense château, passant près du lac et de la forêt interdite. Certains voulurent s'éclipser discrètement entre les arbres, espérant que le mauvais temps pourrait couvrir leur fuite, mais Vladimir veillait et ramenait sur la piste tous les élèves s'étant malencontreusement « perdus ».
Les jeunes sorciers les plus lents étant pris en charge par Boris, Harry put accélérer l'allure sur un signe de tête de celui-ci. Il dépassa bon nombre d'entre eux avant d'arriver à hauteur de Lein qui semblait avoir toutes les peines du monde à continuer à respirer, à mettre un pied devant l'autre et à avancer droit, le tout en même temps. Le brun essaya de lui donner quelques conseil pour ré-oxygéner ses muscles et à mesurer son rythme, afin de pouvoir atteindre la fin des trente minutes mais il pouvait voir autour de lui que peu d'élèves avaient encore la force de faire plus que marcher à la vitesse d'un escargot neurasthénique. Seuls quelques élèves avaient réussi à garder le rythme et à ne pas s'arrêter.
Quand un gong sonore retenti, marquant la fin du calvaire, il fut accueilli avec un soulagement sans borne de la part des élèves qui se dirigèrent tous tant bien que mal vers les portes du château. A part les deux / trois élèves qui, comme Harry, avaient eu la présence d'esprit de se jeter un sortilège de repousse pluie avant de sortir, tous les autres étaient trempés et frigorifiés. Certains boitaient après avoir eu le plaisir de connaitre pour la première fois l'effet des crampes musculaires et des points de côtés.
Une fois arrivés dans la pièce où allait se dérouler la suite du cours de duels, beaucoup balancèrent leur règles de savoir vivre et leur fierté aux orties et s'affalèrent par terre.
Toujours frais comme un gardon et toujours parfaitement sec, Boris s'avança au centre de la salle et invita les élèves à se sécher et à boire avant de tous les forcer à se mettre debout pour refaire des étirements. Des lamentations et grognements plus ou moins distincts s'élevèrent à cette dernière demande. Il était hors de questions qu'ils ne se lèvent ou ne bougent pour autre chose que d'aller directement se coucher. Un « Maintenant ! » ordonné d'une voix forte par l'espion fit réagir certains élèves qui se mirent mollement en action tandis que les autres les regardaient faire d'un œil vide.
Harry, voyant que la plupart des autres élèves étaient déjà à bout de force après moins d'une heure de cours, sortit innocemment un petit pain de sa poche et se mit tranquillement à le manger sous le regard étonné des élèves l'entourant. Leurs regards firent un moment la navette entre Harry et les professeurs, s'attendant certainement à ce que l'un d'entre eux réprimande le nouvel élève. Voyant que rien ne se passait, l'un deux pris finalement son courage à deux mains et appela un elfe de maison pour que celui-ci lui apporte un encas. Ça agit comme un signal et de plus en plus d'élèves firent de même, reprenant lentement des forces avec plaisir.
Boris laissa les élèves se restaurer quelques minutes avant de prendre de nouveau la parole.
« Tout d'abords, félicitation à tous d'avoir fini achevé cette première partie du cours. Beaucoup d'entre vous ont eu énormément de mal à courir ne serait-ce que dix minutes sans prendre de pause, et j'attends de vous que d'ici Noël, vous soyez tous capable d'arriver à la fin de ces trente minutes d'endurance sans vous arrêter.
Je sais, et ce n'est pas de votre faute, que le monde sorcier s'appuie trop sur la magie et oublie bien vite que la forme physique est primordiale. Si vous êtes essoufflés avant même d'avoir atteints votre ennemi, je n'ai que peu d'espoir sur vos chance de gagner un combat. J'attends de vous que vous fassiez l'effort d'entretenir votre forme physique même en dehors du cours. Le peu de temps qu'il nous est octroyé chaque semaine ne sera jamais suffisant pour donner à vos muscles la force qu'ils devraient avoir pour des jeunes gens de votre âge.
Avant que d'autres cris d'indignations ne s'élèvent au sujet de ma méthode de travail, sachez que la plupart des jeunes moldus de votre âge peuvent courir pendant ces trente minutes sans s'arrêter et qu'en plus, ils le font plusieurs fois par semaine. Si l'un d'eux faisait une simple course avec vous, sachez simplement que vous auriez de grandes chances de vous faire battre à plate couture.
J'ai pu observer qu'un bon nombre d'entre vous rechigne à s'étirer, semblant penser que cette partie aussi est inutile. A cela, je répondrais simplement que j'ai demandé à Mme Pomfresh de ne vous donner aucune forme d'antidouleur que ce soit. Vous comprendrais ainsi rapidement pourquoi il est si important d'étirer vos muscles de sorciers atrophiés par l'inactivité physique. Sachant parfaitement que vous n'êtes pour le moment pas en condition pour plus d'activité physique, je passerais exceptionnellement le flambeau à Vladimir plus tôt. Ne vous attendez pas à autant de mansuétude de ma part la prochaine fois. »
Et sur ces dernières paroles, il recula et laissa la place à Vladimir, un sourire inquiétant aux lèvres.
Note de l'auteur: Oh Mon D...entier ! Deux ans de délais de parution ! Nouveau triste record.
Je suppose que beaucoup d'entre vous m'ont cru disparue de la circulation, et que bon nombre ont abandonné l'idée de voir apparaître un nouveau chapitre. Celui-là était pourtant bien avancé depuis quelques mois, mais la vie étant ce qu'elle est, j'ai eu énormément de mal à le finir. J'ai finalement pris mon courage à deux mains et y ai enfin mis un point final.
Originalement il était plus long, mais j'avais des scrupules à vous faire attendre encore, donc le voilà ^^
J'espère vraiment que le prochain ne prendra pas si longtemps à être écrit. D'ailleurs je remercie toutes les personnes qui m'ont envoyé des reviews et mis en favori/follow. C'est parce que je sais que des gens attendent la suite et doivent être frustrés de ne pas l'avoir que je continue d'écrire. C'est pour vous que je force mon petit cerveau à réactiver son imagination et j'espère sincèrement que ce chapitre vous aura plu.
Merci à tous.
PS: Juste pour information, ma meilleure amie a courageusement accepté de me servir de béta lectrice et reprend donc mes chapitres depuis le début pour me dire ce qui semble incohérent, de petites modifications (sans grandes importance pour la trame de l'histoire) se ferons donc. N'ayant pas pu la contacter à temps pour ce chapitre, il n'a donc pas encore été relu donc n'hésitez pas à m'en faire si vous voyez une incohérence.
