Hey hey !

Comment va ? C'est jeudi, c'est nouveau chapitre !

Bonne lecture !


Chapitre 12 : Un marché funeste

Regina mit son plat de lasagne au four et entreprit de nettoyer le plan de travail. Ce soir, c'était dîner en famille au 108 rue Mifflin. Et avec Henry et Rose qui avaient un appétit de loup, elle avait dû doubler les proportions.

Une voix s'éleva de l'étage et la reine sourit en entendant son épouse chanter pour leur fille. Cependant, elle fronça les sourcils en découvrant que la Source chantait en français. Et souvent, quand elle utilisait cette langue, c'était que la chanson n'avait rien d'une berceuse pour enfants. Aussi, elle jeta rapidement le sortilège de traduction que Rose lui avait appris et elle quitta la cuisine pour s'engager dans les escaliers.

- Je vais vous raconter l'histoire d'une grand-mère, qui était passionnée par la flûte traversière. Elle avait un petit chat qu'elle appelait Lulu et sa flûte, une fois, elle la lui a mise dans le cul.

- HERMIONE ! aboya Regina. Ne chante pas ces horreurs à notre fille !

- Non, non non, non non, pardon ! C'est pas ce que je voulais dire, c'est une jolie chanson, Je vais me ressaisir !

La sonnette retentit dans la maison et la souveraine dut faire demi-tour. Elle traversa l'entrée en regardant sa montre. Que ce soit Rose ou Henry, ils étaient en avance.

- Ecoutez plutôt l'histoire de Caro et Matthieu, qui étaient jeunes et beaux, et très amoureux. Ils emmenaient leur filleul faire du bateau-mouche mais une fois seuls, ils se faisaient pipi dans la bou...

- HERMIONE ! Tu arrêtes immédiatement ! cria à nouveau Regina avant d'ouvrir brusquement la porte.

Elle découvrit Elsa et Clochette sur son perron et ferma tout aussi brusquement la porte avant de tourner les talons et de se diriger vers les escaliers.

- A nous deux, chérie... maugréa la brune alors que la chanson se poursuivait à l'étage.

Des coups vifs furent frappés à la porte et Regina sentit l'agacement poindre en elle.

- HERMIONE ! Tes deux groupies campent dans notre allée ! Tu es priée de nous en débarrasser ! Et vite, avant que je m'en charge de manière définitive !

La Source apparut en haut des marches, Elizabeth qui gazouillait dans ses bras.

- Et tu les laisses dehors ?

- Je ne les veux pas dans cette maison.

- Pourquoi ? s'étonna Hermione en descendant l'escalier.

- Elles sont blondes... grommela Regina.

- Et ?

- Et on sait que toi et les blondes... murmura dangereusement la souveraine.

- N'importe quoi ! soupira la médecin en se dirigeant vers la porte.

- Emma, Viviane, pour ne citer qu'elles. Il y en a sûrement d'autres dont je n'ai pas connaissance.

La Source ouvrit la porte et sourit aux deux femmes qui l'attendaient.

- Désolée de déranger votre quiétude, la Bonne Mère, mais je voulais savoir si vous étiez disposée à... commença Elsa.

- Lumière Eternelle, il n'y a que vous pour aider Elsa ! coupa Clochette avec son enthousiasme habituel. Sa magie est instable et cela a créé pas mal d'émois en ville aujourd'hui.

- Oui, j'ai senti.

- Evidemment, je ne voulais pas vous manquer de respect, Lumière Eternelle, répondit rapidement la fée avant de se jeter face contre terre sur le perron, se prosternant devant la brunette.

"Je compte jusqu'à trois et je la carbonise... " siffla la voix de la reine dans l'esprit d'Hermione qui n'avait aucun mal à sentir que sa femme serrait les dents.

- Clochette, je croyais qu'on était d'accord sur le côté culte de la Déesse... réprimanda gentiment la Source avant de porter son attention sur la Reine des neiges.

Tandis que Clochette se relevait précipitamment en piaillant des excuses et des louanges pour sa Créatrice, Hermione sondait l'esprit d'Elsa.

- Tu n'as pas réussi à détruire le mur de glace qui entoure la ville, fit Hermione.

- Non, je ne comprends pas. C'est moi qui l'ai fait mais la glace n'a pas répondu à mon pouvoir, avoua Elsa.

- Hmmm... Quelqu'un a consolidé ton oeuvre. Mais c'est un autre sujet. C'est d'accord, je vais t'aider à contrôler ta magie, annonça la brunette avec un mince sourire.

- Vrai ? s'étonna Clochette.

- Pardon ? s'étouffa Regina.

- C'est un immense honneur que vous me faites, ma Bonne...

Le reste de la phrase fut tué par la porte d'entrée qui claqua en se fermant. Hermione, surprise, se tourna vers sa femme qui lui jetait un regard assassin.

- Tu plaisantes, j'espère ? siffla la reine.

- Absolument pas. Sa magie est puissante et si Elsa ne la maitrise pas, cela pourrait virer au drame, expliqua patiemment la Source.

- Et moi je maitrise la mienne et ça pourrait aussi virer au carnage.

- Devant Lizzy ? Et toi qui ne veux pas que je chante en français, se moqua gentiment la médecin.

- Je ne veux pas que tu chantes ce genre de choses. Mais ne change pas de sujet. Je n'aime pas les regards que te lance Elsa.

- Elle ne me jette aucun regard ! souffla Hermione en levant les yeux au ciel.

- Tu es complètement aveugle, ma chère.

- Et toi tu t'imagines des choses ! Regina, ma chérie, je t'aime, j'adore discuter avec toi mais le débat est clos. Je donnerai quelques cours de magie à Elsa.

- Le débat est clos ? Le débat est clos ! Rends-moi ma fille, gronda la brune en attrapant le bébé des bras de l'Anglaise.

- Hey ! s'indigna la médecin.

- Tu veux jouer à la maîtresse avec Elsa alors qu'il y a trois nuits encore tu refusais de le faire avec Emma ? Soit ! Vas-y ! J'espère que tu trouveras le canapé très confortable en rentrant.

- S'il te plait ma chérie, tenta la brunette en posant sa main sur le bras de son épouse. Je suis maladroite et je n'aurais pas dû dire ça de cette façon. Je peux aider Elsa, et je souhaite le faire avant qu'il n'y ait des catastrophes. Et si tu veux, tu peux être là avec moi, demain. Mais ce soir, on devait être en famille, tout les cinq…

- Fais en sorte que les deux dindes débarrassent le perron et viens m'aider à mettre la table, finit par marmonner la reine avant d'aller mettre Elizabeth dans son transat.

- Bien sûr bébé, sourit la Source.

- Et ne m'appelle pas comme ça.

- Oui, ma puce.

- Toi, attends un peu ce soir que les enfants soient couchés... menaça la reine tandis que la médecin partait dans un grand éclat de rire.


Zelena soufflait son agacement sous le regard patient de Merlin. Tous deux étaient assis en tailleur dans le salon de la maison qu'avait investie la sorcière de l'Ouest et cette dernière, après quatre heures de méditation, n'en pouvait plus.

- Peux-tu m'expliquer à quoi ça sert ? demanda la rousse. Je m'ennuis, j'ai failli m'endormir trois fois.

- Et tu as réussi une fois, se moqua gentiment l'enchanteur. Tes ronflements m'ont réveillé. Et c'est pas en pionçant que tu vas trouver ta source de pouvoir.

- Et ça va me servir à quoi ? Je sais déjà me servir de ma magie ! Je me moque de savoir où se niche mon pouvoir !

- Tu t'en sers comme un manche, de ta magie. Alors tu obéis à papa et tu reprends l'exercice. Tu n'iras pas dormir tant que tu ne sauras pas ou se trouve ta source.

- Arrête de te prendre pour mon père, siffla Zelena, prête à jeter un sort à l'enchanteur. J'en ai eu un, adoptif, et je le détestais.

Merlin la regarda sérieusement avant de caresser sa barbe.

- Je n'ai jamais eu le plaisir d'avoir des enfants, confia le Sage. Enfin, si ça se trouve, j'en ai eu à droite, à gauche, mais jamais personne n'est venu me voir en me disant « Salut p'pa ! ». J'aurais adoré…

- Et ? pressa Zelena.

- Et bien, si tu veux quelqu'un qui est là pour toi et qui ne te jugera pas, je suis là. Maintenant, retourne à ta méditation. Quand tu auras trouvé ta source de pouvoir, on va passer à la vraie magie. Et là, ça va être le fun, comme le disait Pansy !


Hermione remplissait le lave-vaisselle pendant que Regina donnait un biberon à Elizabeth. La petite avait fait une nuit complète la veille, la première, et la Source espérait qu'il en serait de même ce soir. Elle attrapa un torchon pour s'essuyer les mains et le lança à Rose qui nettoyait la table de la cuisine. La Sage s'en saisit d'un geste fluide et passa le linge sur la surface vernie.

- Tu as l'air songeuse, fit remarquer la médecin.

- Hmm… Je suis contente que tu aies trouvé dans quoi enfermer l'âme de l'Initiale mais… dans quoi vas-tu déverser sa puissance ?

Le regard d'Hermione se troubla légèrement et la Sage fronça les sourcils.

- C'est bien ce que je pensais… tu as de la chance, je sais comment lancer le sort pour absorber la magie de l'autre conne. Mais peut-être préfèrerais-tu quelqu'un d'autre ? Regina, par exemple.

- Je n'y ai pas encore réfléchi… Mais nous avons encore le temps, elle ne remontera pas des enfers de si tôt…

La lumière s'éteignit brusquement et les deux sorcières lancèrent un lumos.

- C'est quoi ce délire ? grommela Rose.

- Bonne question, murmura Hermione. Ma chérie, tout va bien ?

- Je n'aurais jamais dû laisser la mairie à cette incapable ! répondit la reine, toujours dans le salon.

- Je vais voir en ville si tout va bien. Et surtout voir si les Charmants ne mettent pas trop de bordel… souffla Rose.

- Tu passeras le bonsoir à Emma.

- N'y comptes pas, je ne tiens pas à la voir plus que nécessaire. Merci pour le repas, Regina !

Rose disparut dans un craquement sonore et Hermione haussa les épaules.

- Ca va être sympa à Noel prochain…


Ingrid avait trouvé refuge dans son palais de glace et contemplait avec satisfaction le miroir maléfique qu'elle avait réussi à reconstituer. Il ne lui manquait plus qu'une chose à faire avant de lancer le sort des milles éclats : protéger Elsa et Emma de son maléfice qui allait pousser les habitants de la ville à s'entretuer.

- Je vais bientôt avoir ma fin heureuse avec ma famille, murmura-t-elle en caressant du bout des doigts la glace du miroir.

- On ne t'a jamais dit que les méchants n'avaient pas de fin heureuse ? se moqua une voix derrière elle.

Ingrid eut un geste dédaigneux de la main et ignora le Ténébreux qui s'approchait d'elle.

- Surtout depuis que la Source est en ville... ajouta ce dernier.

Un rictus glacial naquit sur les lèvres d'Ingrid tandis qu'elle se tournait vers le Ténébreux.

- Ah oui ? lança-t-elle, amusée, tandis que l'antiquaire s'appuyait sur sa canne. La Bonne Mère ?

- Oui. Mais j'ai un moyen de t'en débarrasser.

- Que veux-tu en échange ? Car tout est une histoire de marché, avec toi...

Rumpel lui rendit son rictus et sortit trois rubans de sa poche.

- Je te débarrasse de la Bonne mère et tu me laisses quitter la ville avec Belle avant que tu lances ton sort des milles éclats. Et je te donne ses rubans contre le moyen de me libérer de la dague.

- Deux marchés ? Voilà qui est surprenant mais tes requêtes sont accordées, répondit Ingrid.

Elle tendit la main et Gold lui lança les rubans.

- Et pour la Bonne Mère ? reprit la reine des glaces.

- Et pour me libérer de la dague ?

La reine des glaces s'approcha et se pencha à l'oreille de l'antiquaire pour lui murmurer sa réponse. Ce dernier eut un large rictus et hocha la tête.

- Je te promets que demain, la Source ne sera plus dans le paysage.

- Une fois cela fait, je t'ouvrirai un passage dans le mur de glace pour que tu puisses d'enfuir avec ton épouse.

Gold acquiesça et disparut dans un nuage de fumée violette. Ingrid afficha un air satisfait tout en caressant du pouce le satin des rubans. Il ne restait qu'à les attacher aux poignets de ses deux soeurs de coeur et elle pourrait lancer son sortilège.

- Bien, j'ai un magasin à ranger avant sa fermeture...


Emma tenait Elsa par la main et l'entraînait au pas de course dans les rues de la ville, se servant de l'obscurité de la nuit pour les dissimuler à leurs poursuivants. Le meurtre de Marianne, le mur de glace entourant la ville, le monstre des neiges et maintenant la coupure d'électricité causée par le froid qui se dégageait du mur et envahissait la ville, tout cela était trop pour les habitants de Storybrooke. Ces derniers, renouant avec leurs vieilles habitudes du monde des contes de fées, avaient décidé de se faire justice eux-mêmes en tuant Elsa.

Les clameurs se rapprochaient et, tournant légèrement la tête pour voir par-dessus son épaule, la shérif aperçut la lueur des torches.

- Merde… jura la Sauveuse en resserrant ses doigts autour du poignet d'Elsa qui peinait à la suivre. En plus, ils ne m'écoutent pas. Je sais que tu n'y es pour rien dans tout ça.

- Tes parents le savent aussi, mais ils n'ont pas réussi à convaincre leurs sujets.

- Ouais… J'en viens presque à regretter Regina. Je suis sûre qu'elle aurait réussi à faire entendre son point de vue.

Un craquement sonore résonna dans la rue et Rose apparut devant les deux blondes. Emma s'arrêta à temps, évitant de bousculer la Sage.

- Bon sang ! Tu pourrais prévenir ! gronda la shérif.

Rose attrapa le col de la veste de la shérif et l'avant-bras de la Reine des neiges pour les faire transplaner toutes trois. Une seconde plus tard, les jeunes femmes se matérialisèrent dans le bureau de la détective privée et Emma s'assit sur le sol, prenant de grandes inspirations.

- C'est vraiment désagréable, souffla la Sauveuse.

- Rappelle-moi de te laisser dans la merde, la prochaine fois, rétorqua sèchement Rose.

La shérif observa le visage de la Sage malgré l'obscurité qui régnait dans le bureau. L'air sombre et buté de l'Anglaise révélait les traits de son visage, carré et franc. Et l'éclat de lune qui créait la lueur dans les yeux verts mettait une intensité particulière dans ce regard qui la fixait. Emma se prit à aimer l'image. Elle sourit en coin.

- Merci.

- Je vais voir en ville ce qui se passe et je vais tenter de calmer le jeu. Restez ici, toutes les deux, murmura la Sage.

- Tu fais confiance à deux handicapés magiques ? On va peut-être saccager ton bureau ... s'amusa la shérif.

Rose lui jeta un regard glacial qui fit même frissonner la Reine des neiges.

- Qui m'a jetée à la vindicte populaire ? demanda cette dernière.

- La personne qui a tué Marianne et qui a renforcé votre mur de glace, répondit la Sage. Je vais mener ma petite enquête...

- L'enquêtrice, c'est moi. Alors si tu pars investiguer, je viens avec toi, fit Emma.

- Pas besoin, grogna Rose. Reste ici à faire ton boulot de Sauveuse avec sa Majesté.

- Mon boulot comme tu dis, c'est shérif. Le reste c'est des conneries de contes de fées, alors t'y mets pas aussi, merci !

Le maître des Chimères passa une main sur son visage las.

- Elsa, peut-on vous laisser seule ?

- Oui, je suis en sécurité ici, répondit la souveraine.

- Viens, Swan, et essayons de trouver qui fout le bordel en ville... soupira l'Anglaise.

- Tu vois quand tu veux ! Te reste plus qu'à sourire et…

- Continue à me faire chier et je te laisse ici.

Emma fit signe de se boucler la bouche, sourire aux lèvres. La Sage prit son téléphone et composa rapidement un numéro.

- Ouais... salut m'man. Je ne te dérange pas ? Peux-tu me dire si un sort rend particulièrement vindicatif les habitants de Storybrooke ? Rien ? Ok, ils sont juste cons, c'est toujours bien de le savoir. Tu m'en voudras si j'use de méthodes un peu musclées pour ramener le calme en ville ? Oui, effectivement, je ne dois pas trop brutaliser ma clientèle si je veux payer mes factures... La main de fer dans un gant de velours ? Tatcher n'est pas la meilleure de nos compatriotes pour prendre exemple... Oui, je t'appelle si ça merde. Bonne nuit m'man.

Elle raccrocha et se pinça l'arrête du nez.

- Ca va être sympa... maugréa-t-elle en se dirigeant vers la sortie. Tu viens, Swan ? Je ne vais pas t'attendre dix ans...

- C'est parti mon kiki, s'enthousiasma la blonde.


Regina remontait le couloir de l'étage et frappa avant d'entrer dans la chambre d'Henry. Ce dernier, une lampe de poche à la main, regardait attentivement son livre de contes. La reine sourit à son fils et alla s'asseoir à ses côtés sur le matelas.

- Tu ne le connais pas par coeur, depuis le temps ? se moqua gentiment la brune.

- C'est une plaie, cette panne d'électricité, maugréa l'adolescent.

Regina fronça les sourcils. Son garçon avait l'air soucieux, et ce n'était pas le manque d'électricité qui en était la cause.

- Quel est le problème ? demanda-t-elle doucement en caressant les cheveux bruns.

Henry montra le dessin qui ornait la page de conte, une image qui représentait une boule de lumière, une femme blonde qui avait la main plongée dedans, et une autre femme, châtain clair, qui arborait un visage ensanglanté.

- C'est une nouvelle page, expliqua l'adolescent. Je ne l'avais jamais vu avant.

- Je peux ? s'enquit Regina, faisant mine de vouloir lui prendre le livre.

Henry acquiesça et donna l'ouvrage à sa mère. Cette dernière observa le dessin sous tous ses angles puis tourna la page à la recherche d'un conte. Mais le feuillet suivant était vierge de toute inscription.

- C'est vraiment étrange, soupira Henry. Seulement un dessin, comme une énigme que nous devons résoudre pour connaître notre futur.

- On dirait Hermione... murmura Regina en désignant la femme brune. Quant à la blonde...

- Emma ? s'enquit Henry.

- Peut-être. Et la boule de magie... Pas besoin d'être devin pour deviner qu'il s'agit de la Source.

- Tu penses que m'ma deviendra l'autre moitié de la Source ?

- Je n'espère pas, grinça la reine, son regard devenant glacial. Je vais mettre la main sur cet auteur et je vais lui passer l'envie de me voler ma fin heureuse.

Regina se retint de jeter le livre à travers la pièce et dans un effort réussit à le poser sur le lit. Elle se leva et, serrant les poings, fit les cents pas dans la chambre de son fils. Qui était cet auteur mystérieux qui prenait un malin plaisir depuis des décennies à réduire son bonheur à néant ? Elle allait le trouver et le faire passer de vie à trépas le temps d'un claquement de doigts.

- Maman, on va retrouver l'auteur et on va lui demander de changer ton histoire, fit doucement Henry. Tu n'es plus la méchante après tout.

- Et comment allons-nous faire ? soupira la souveraine.

- On va lancer une opération et nous allons enquêter, sourit l'adolescent.

- Comme ton opération vipère avec Emma ? demanda la brune.

- Cobra, rectifia le jeune homme. Mais il va lui falloir un nom.

Regina réfléchit quelques instants et finit par afficher un sourire.

- Opération mangouste ? proposa-t-elle.

Henry répéta le nom, étudiant sa sonorité et acquiesça.

- Lançons l'opération mangouste ! fit-il, tout excité.

- Demain, le tempéra sa mère. Il est l'heure d'aller dormir.


Emma vérifia d'une main que son casque était bien accroché avant d'étreindre les hanches de Rose qui filait à toute vitesse dans les rues de Storybrooke. La blonde se demanda quand, et avec quel argent, la jeune anglaise avait acheté sa moto avant de se dire qu'elle n'obtiendrait probablement pas la réponse. Elle haussa un sourcil alors qu'elles prenaient la direction de la forêt et, les dernières maisons dépassées, la Sage fit rugir son moteur. La moto sembla bondir avant d'accélérer franchement sur le bitume légèrement humide.

"On va faire de l'aquaplaning et finir dans un arbre." songea Emma, une boule dans la gorge et le coeur au bord des lèvres.

Une dizaine de minutes plus tard, Rose arrêta sa Yamaha devant le mur de glace entourant la ville et cala la béquille avant de couper le contact. Elle ôta son casque et ébouriffa ses cheveux, un large sourire étirant ses lèvres.

- Ce que ça fait du bien, ça m'avait manqué ! lança-t-elle en accrochant son casque sur une des manettes.

Emma descendit de la moto et retira son casque, révélant au Maître des Chimères un teint cireux.

- Non mais t'es dingue de conduire à cette allure là ! la réprimanda la blonde.

- Ca va, j'avais la shérif avec moi, se moqua la brunette en lui prenant le casque. Mais tu as raison, on aurait dû mettre un gyrophare à l'arrière.

- Qu'est-ce qu'on fait là ? s'enquit Emma, changeant de sujet.

- Quelqu'un s'est construit un nid dans le mur. Ma théorie est qu'on a une deuxième frigide en ville. On va donc visiter l'igloo à la recherche d'indice.

La shérif observa l'épais mur de glace et fronça les sourcils.

- Je ne vois qu'une seule ouverture, là-haut, désigna-t-elle de l'index. A trois mètres de hauteur.

- T'es forte en escalade ? demanda Rose en sortant une paire de gant en cuir de sa poche qu'elle lança à la Sauveuse.

Elle n'attendit pas qu'Emma soit prête et commença l'ascension du mur de glace. La shérif avait rattrapé les gants au vol et les intervertissaient pour pouvoir les mettre, tout en ne manquant pas un seul instant du début de l'ascension de la Maitre des chimères, Et si au départ, elle focalisait sur les prises que la brunette prenait pour se hisser, elle laissa rapidement dériver son regard vers le britannique postérieur, un sourire évaluant le fessier en imaginant les muscles qui le dessinaient. Et, pour ne rien gâcher, la souplesse de la détective qui tirait parfois sur ses bras sans appui sous ses pieds laissait la blonde avec des envies de plus en plus précises.

La Sage finit par atteindre la corniche qui abritait l'entrée à la forteresse. Elle essuya son front sur sa manche et se retourna, fronçant les sourcils en découvrant qu'Emma n'avait pas commencé son ascension.

- Tu attends quoi, Swan ? Le déluge ? tança l'Anglaise avant de se glisser dans l'entrée.

- J'arrive... grommela la shérif en cherchant une prise à sa hauteur.

Une seconde plus tard, une explosion retentit et Rose fut expulsée de la grotte dans une tempête de neige et de glace.

Emma recula et leva les mains, cherchant le sort qu'elle pouvait jeter pour ralentir la chute du Maître des Chimères qui se rapprochait à toute vitesse du bitume. Un craquement sonore se fit entendre et Hermione apparut aux côtés de la Sauveuse. La Source claqua des doigts, immobilisant sa fille à deux centimètres du sol avant de la poser en douceur. Cette dernière claquait des dents et son visage était couvert d'une fine couche de glace.

- C'était un piège... articula difficilement la détective privée.

- De toute évidence, répondit sobrement Hermione tout en passant sa main au-dessus du Maître des Chimères, lançant un sortilège pour la réchauffer.

- Merci, m'man.

- Emma, va au bureau du shérif, ordonna l'Origine de toutes magies. Je t'amène la Reine des glaces dans le quart d'heure.

Sur ces mots, elle transplana, laissant les deux jeunes femmes en tête à tête.

- Et merde... Elle va la massacrer, gémit le Maître des Chimères.

- Remarque, quelqu'un s'en prendrait à Henry, je lui dévisserais la tête. Bon, on fait comment pour que la Source fonde pas un fusible ? questionna la blonde en posant son blouson en cuir sur les épaules de la Sage pour lui passer un peu de chaleur.

Rose la remercia d'un signe de tête et ôta dans une grimace une stalactite en formation dans son sourcil droit.

- Allons au bureau du shérif. J'ai appris qu'il ne servait à rien d'essayer de raisonner la Source.

Elle sortit les clés de sa moto de sa poche et les lança à Emma.

- Tu conduis ?

- Sérieux ? Tu me laisses ramener ta bécane ? sourit Emma.

- Tu sais au moins ? questionna la brunette en claquant encore des dents.

- Bah, c'est comme une bicyclette avec un moteur, répondit la blonde dans un haussement d'épaules.

- On n'est pas arrivées, soupira Rose.


Et voilà le travail !

Semaine prochaine, Hermione rencontre la reine des glaces ! A mon avis, la blondasse va pas aimer ! ^^

Bises et bon week-end,

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