Titre : Life As Experienced Through Your Fingers.
Auteur : Gold-Snitcher
Rating : M
Ancienne traductrice : Cho3 ; Nouvelles Traductrices: Ju-can, Mimi-chan, La belle de caddix, Wanderin, Chaola, Barbotine, Yepa, Petit poisson rouge.
Correctrice : Tigrou19
Genre : Romance/Drama
État de la fic original : Fini (13) + séquelle
État de la fic Française : 11; Fini; Séquelle : en cours
Chapitre traduit par : Daiya
Bêta traduction : Vif d'or
&
Bonne lecture
Eni et Onarluca
&
Life Chapitre 12 : La trace du bout des doigts
Observer les gens amoureux était quelque chose de magnifique.
C'était ce que faisait Draco depuis le début de la matinée.
On était samedi et tout le monde était entassé dans la salle commune ; 'tout le monde' c'est à dire pas seulement les occupants habituels, excepté Crabbe et Goyle, mais également Pansy et Ginny.
Seamus et Dean étaient en train de taquiner Neville, qui était assis près de Ginny sur le sofa et qui rougissait sans arrêt dès que la jeune rousse lui lançait de petits regards timides et le frôlait de temps en temps 'accidentellement'. Pansy et Blaise, qui flirtaient ouvertement, partageaient l'un des fauteuils, la jeune femme étant assise sur les genoux de Blaise. Harry et Ron étaient en train de discuter pendant qu'ils jonglaient entre leurs devoirs et les conversations, donnant leurs avis sur tout et rien lorsque certains d'entre eux parlaient plus fort que les autres et ainsi, attiraient l'attention de Ron et Harry.
Pour être tout à fait honnête, Draco regardait davantage Harry qu'il ne regardait les autres. Draco était assis sur le sol, appuyé contre le sofa ; suffisamment hors de vue pour qu'il puisse regarder tout le monde sans que quelqu'un ne le remarque et n'essaye de l'inclure. Il parcourait la dernière sélection de morceaux que Rogue lui avait donné, et essayait de choisir quelque chose pour le concert du printemps ; mais d'une manière ou d'une autre toutes les musiques semblaient être inadéquates. Il était conscient d'être probablement irrationnel ; mais Draco avait en tête une idée de ce que devait vouloir dire le morceau qu'il voulait choisir.
D'un geste, il mit de côté un autre morceau qui ne lui semblait pas adapté et jeta un coup d'œil à Harry. Le brun abordait un air perplexe tandis que Ron était au milieu d'une quelconque conversation. Avec un léger froncement de sourcils, Harry ouvrit la bouche et prononça une courte phrase qui eut pour effet immédiat de donner à Ron l'air d'un poisson sorti de l'eau, et ils retournèrent tous les deux à leur manuel scolaire, cherchant sans doute la solution que Ron croyait à tord avoir trouvé.
Draco avait remarqué quelques petites choses à propos de Harry. Des petits éléments que Draco collectait comme des coquillages - juste pour se moquer, plus tard, de lui même à cause d'une certaine sentimentalité. Le façon dont Harry pouvait faire craquer ses doigts de pieds quand il était vraiment content, ou quand il mangeait quelque chose qu'il adorait particulièrement. Comment il mâchouillait le bout de ses stylos et les gommes de ses crayons à papier. Comment ses yeux pouvaient devenir brillants et d'un vert profond comme la malachite lorsqu'il était heureux ou tourmaline quand il était vexé. Des petites choses que Draco avait inconsciemment notées et qui le faisaient se sentir quelque peu stupide quand il se rendait compte de ce qu'il faisait.
Et Draco voulait désespérément que le morceau qu'il jouerait au concert soit le reflet de ce que Harry avait fait pour lui, de ce que Harry représentait pour lui. Mais jusque là, Draco n'avait pu trouver quelque chose qui était aussi étourdissant et grisant, aussi éclatant et déchirant que cette beauté.
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Harry frappa avec hésitation à la porte du bureau de son oncle. Il essayait désespérément de paraître calme mais il ne pouvait s'empêcher de se mordiller la lèvre et ses mains étaient enfoncées au fond des poches de son manteau sinon elles ne pourraient s'empêcher de trembler.
Sirius ouvrit la porte, fit entrer Harry dans le bureau et le prit dans ses bras. Il ferma la porte dans un geste empli d'aisance qui surprit Harry.
Sirius le poussa prestement vers les somptueuses chaises de cuir et lui fourra une bouteille de soda entre les mains.
« Je voulais te parler des vacances de Pâques. » dit Harry lorsqu'il retrouva ses moyens.
« Bien-sûr, Guppy. »
Sirius lui sourit et se calla au fond de son fauteuil.
« Je… Je me demandais… »
Ses mains recommencèrent à trembler au fond de ses poches.
Il les sortit et le posa sur ses genoux puis mordilla l'un de ses ongles un moment avant de les remettre dans ses poches.
« Euh, ce que je veux dire c'est que je me demandais s'il serait possible que… enfin que Draco reste avec nous pendant les vacances. »
Sirius le regarda durant un instant, et il ne put s'empêcher de rougir. Il aurait voulu tout expliquer à son oncle, mais il doutait de la réaction de Sirius, et Harry ne voulait pas prendre le risque de mettre son oncle en colère, ou de faire quoique ce soit qui pousserait Sirius à le séparer de Draco.
« C'est d'accord. » répondit Sirius après un silence insoutenable.
Harry soupira de soulagement et essaye de la cacher en buvant une gorgée de Soda.
« Harry » Son oncle s'interrompit et Harry fut surpris de vois que Sirius semblait aussi nerveux que lui. « C'est juste que… »
Sirius lui jeta un regard discret et leva un sourcil. Lorsqu'il reprit la parole, son ton était léger, mais Harry ne manque pas de remarquer le sous-entendu.
« J'aurai sûrement à quitter le manoir pendant un ou deux jours. Un de mes amis risque de passer en ville, et tu sais ce que c'est… »
Sirius le regarda comme à son habitude mais Harry savait que son oncle connaissait plein de choses sur son neveu, et bien qu'il rougissait furieusement, Harry remerciait intérieurement son oncle pour son tact.
« Merci, Sirius. » dit-il.
« Je veux juste que tu fasses attention, d'accord Guppy ? Je ne veux pas que tu souffres. » ajouta Sirius en se levant et en serrant Harry contre lui avant de déposer un baiser sur ses cheveux en bataille.
Harry sourit malgré lui. Il resserra son étreinte et soupira.
« Je t'aime, Siri. »
Il se sentait si bien, parfaitement compris. Harry n'arrivait pas à croire en sa chance. Il avait autour de lui des gens qui l'aimaient assez pour s'intéresser à sa vie et qui essayaient même de le comprendre.
« Je t'aime aussi, Guppy. » répondit Sirius.
Et après, parce que c'était presque obligatoire, et que Harry aurait été étonné son oncle s'était abstenu d'un tel commentaire, Sirius glissa un « Mon petit bébé a bien grandi ! ».
Harry se mit à rire et l'enlaça un peu plus fort.
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La musique coula comme une vague étourdissante.
Harry regarda Madame Pereskew avec anticipation et celle-ci donna le signal au violons.
Harry se mit à jouer avec violence, se retenant et se relâchant dans les crescendos avec goût.
Il construisit la musique autour de lui comme une barrière palpable, comme une œuvre d'art visible.
Harry aimait la façon dont le son des violoncelles se mélangeait avec celui des autres instruments, et le piano semblait tout le temps se déverser au dessus de tous les autres, comme si les cordes avaient façonné un pond sur lequel le piano pouvait danser.
Puis, tout aussi facilement, les cordes rattraperaient le piano et le noieraient dans une mort agréable. Chaque section se renverserait l'une sur l'autre, s'enflammant dans une vive distinction, travaillant cependant toujours ensemble, et n'effaçant jamais aucune des autres sections, restant toujours à l'unisson.
C'était ce que Harry aimait lorsqu'il travaillait avec les autres, les leçons privées étaient un challenge intéressant, mais il y avait une certaine satisfaction en jouant avec les autres qu'Harry n'éprouvait pas lorsqu'il jouait tout seul. Et ce morceau, Danza Ritual Del Fuego de Manuela de Falla, était un énergique mélange de tous les instruments. Et cela permettait à Draco de jouer du piano en classe, chose qui n'était pas arrivée depuis un certain temps.
Le morceau tira à sa fin et Harry se mit à sourire tandis qu'il donnait du repos à son genou et posait Susser près de lui.
« Félicitation ! » s'écria Madame Pereskew « L'auditoire est unanime ! Évacuation totale ! »
Harry renifla. C'était vrai que certains élèves avaient été un peu tremblants dans certaines sections, et par la façon dont Ron regardait fixement la violoncelliste à sa droite Harry pouvait dire que c'était elle qui avait été fausse.
« J'espère que se sera beaucoup mieux le prochain cours ! Maintenant, j'ai finalement choisi le morceau que nous jouerons pour le concert du printemps. Je vais vous distribuer les partitions et je m'attends à ce que vous vous entraîniez tous. L'entraînement, l'entraînement, l'entraînement, il n'y a que ça de vrai ! Pour que nous puissions faire une répétition respectable après avoir réussi à jouer correctement le morceau de de Falla. »
Elle attrapa une pile de partitions et commença à les distribuer à chaque section.
« Mais il y a deux morceaux. » indiqua l'une des basses.
« Tout à fait exact. L'explication est simple. C'est parce que nous allons jouer deux morceaux au concert. » dit Madame Pereskew « J'ai choisi Le Caprice n°24 de Paganini. Et ensuite, parce que je veux remuer l'auditoire qui sera apaisé dans un certain sommeil par les choix plutôt sombres des cordes juniors, nous jouerons aussi le morceau de Binder, l'Ouverture de Orpheus Aux Enfers, qui est un allegro." Elle tendit une partition à Harry qui l'accepta, et regarda la musique rapidement.
« Gardez les mêmes positions que pour Noël s'il vous plaît. Oh et Monsieur Malfoy, pour le Paganini, je vous demanderai de reprendre votre position d'alto, mais si vous cela ne vous dérange pas d'être au piano pour le Binder, j'en serais ravie. »
Draco hocha distraitement la tête tandis qu'il jetait un coup d'œil à la musique. Il leva brièvement les yeux pour échanger un regard excité avec Harry, regard que ce dernier lui rendit.
« Puisque nous avons quelques minutes, nous allons commencer à déchiffrer le Binder. »
Elle tapota son pupitre à musique et chacun se dépêcha de plonger dans sa partition.
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« Harry ! Traîne ton cul décharné ici que je puisse te dire au-revoir ! Je ne veux pas louper le bus, mais je ne partirai pas d'ici avant que tu ne m'aies souhaité de bonnes Pâques ! » dit Ron.
Il était debout avec Blaise et les autres sur les marches devant l'école, une multitude d'étudiants rentrant chez eux pour les vacances les dépassait et, parmi la foule, Ron pourrait discerner Harry et Ginny qui se créaient leur propre chemin.
« Excuse-moi Ron. Bonnes Pâques. » dit Harry au rouquin lorsqu'il l'eut enfin rejoint.
Ron roula simplement des yeux et attira Harry à lui pour l'étreindre avec force.
« Amuse-toi bien, mon pote. »
« Ne t'inquiète pas pour ça. » assura Harry à son ami. « Toi aussi. Passe le bonjour à Hermione de ma part. »
Ron avait décidé de passer les vacances de Pâques plutôt que de rentrer chez lui.
« J'espère que tu es content ! » bouda Ginny « Je vais être obligée d'être collée à Fred et George ! Je te parie que je serai complètement dingue à la fin des vacances. »
« T'inquiète pas, Ginny, Nev fera tout pour que tu ne deviennes pas folle ! » la taquina Seamus en passant un bras autour des épaules d'un Neville rougissant.
« Ils sont mauvais ? » demanda tranquillement Neville à Harry tandis que Seamus et Ron se querellaient à propos des implications sous-entendues dans le commentaire de Seamus.
« Nan. Les jumeaux sont super cool. Mais par contre, ne mange rien de ce qu'ils te donnent, ne bois pas ce qu'ils te proposent. Ou encore ne touche à rien de ce qu'ils te passent. Et ne fais rien s'ils semblent vraiment pressés que tu fasses quelque chose. Mais sois aussi sur tes gardes s'ils ne semblent pas vouloir que tu fasses quelque chose. Oh, et si j'étais toi, je ne m'assairais pas trop près d'eux, et je ne leur serrerais pas la main. » plaisanta Harry.
Neville essaya de rire lorsqu'il se rendit compte que Harry le taquinait, mais il resta un peu hébété.
« Tout ira bien, Neville. Tu devrais courir, Ron. » dit Ginny.
Ron jura, cria au-revoir, saisit ses sacs et sprinta jusqu'à l'arrêt de bus.
« Blaise, qu'est-ce que t'as prévu pour les vacances ? »
« Je reste ici. » dit Blaise avec désinvolture. « Pansy et moi avons beaucoup de chose à rattraper. » expliqua-t-il.
« Pourquoi, qu'est-ce que t'as manqué ? » demanda sceptiquement Draco.
« Pas grand chose, mais beaucoup trop en fait. » dit Blaise « Je suis juste ici pour dire à vous tous au-revoir d'une façon tout à fait joyeuse, avec l'espoir certain que, lorsque vous, chers enfants, vous aurez été rendus à vos propriétaires respectifs, je pourrai obtenir un bon baiser avant le déjeuner. » dit Blaise.
Harry renifla et roula des yeux face aux bêtises de son ami avant que Blaise ne le tire vers lui pour le serrer dans ses bras.
« Sois sage » chuchota Blaise en faisant un clin d'œil au plus petit garçon.
« Toi aussi » lui répondit Harry, et ils se mirent tous les deux à sourire, sachant qu'ils n'avaient aucune intention de suivre le conseil de l'autre.
« Les Finnigan sont déjà arrivés ? Et où est Dean ? » demanda Draco, en regardant autour de lui, essayant de reconnaître des visages familiers dans la foule.
« Ils sont tous les deux partis ce matin. Je veux dire très tôt ce matin. Seamus a été sorti du lit à six heure. Il regardait autour de lui prêt à tuer quelqu'un. Mais les parents de Dean sont arrivés vers neuf heure. » expliqua Neville.
« Je ne les ai pas vus partir. » déclara Blaise.
« Je ne serais pas étonné que tu sois encore dans ton lit, bavant gentiment sur ton oreiller jusqu'à dix heure. » murmura sarcastiquement Draco.
« Je t'ai entendu. » s'écria brusquement Blaise avant de frapper le dos de la tête de Draco.
« Maltraitance ! Maltraitance ! » cria Darco
« Madame Weasley, » salua Harry tandis que Draco continuait à hurler 'Maltraitance' sous les tortures de Blaise.
« Mon cher Harry ! » s'écria Madame Weasley avant de l'embrasser. « Comment vas-tu ? »
« Je vais bien. » répondit Harry.
« Et Sirius ? »
« Il va bien aussi. Il est prêt à quitter la maison. »
« D'accord. Bonnes Pâques » lui dit-elle en le regardant et en secouant la tête. « Tu as tellement grandi ! » ajouta la mère de Ron.
Harry regarda ses pieds, essayant de voir s'ils lui semblaient plus grands qu'ils ne l'étaient en décembre, c'est à dire la dernière fois qu'il avait vu les Weasley.
« Harry ! » le salua alors son mari.
« Monsieur Weasley. » répondit Harry en lui serrant la main.
« Ron est-il déjà parti ? » s'enquit l'homme.
« Ouais, il y a quelques minutes. »
« Oh, Ginny. » dit Arthur Weasley alors que Ginny s'approchait d'eux, traînant Neville derrière elle. « Qui est-ce ? » demanda-t-il, bien qu'il ait déjà vu Neville auparavant.
« Maman, Papa, je vous présente Neville Londubat. C'est euh… »
« C'est son mec. » termina Blaise en battant des cils et lançant un regard moqueur à Neville.
Ce dernier s'était éloigné de Blaise et rapproché de Ginny.
« Mon… Monsieur. » dit Neville avant de secouer la main de Monsieur Weasley. « Et euh… Madame Weasley » ajouta-t-il.
« Neville, j'ai tellement entendu parler de vous ! » s'écria Molly Weasley.
Elle était rayonnante, et elle ignora complètement Ginny qui semblait morte de honte et poussait des cris d'inquiétude.
« Je suis si heureuse de vous rencontrer, et nous sommes impatients de vous avoir à la maison. » chantonna la mère de famille.
Curieusement, cela sembla complètement détendre Neville.
Habituellement, Madame Weasley prenait quelques distances avant de s'habituer à quelqu'un, mais Neville semblait être directement accepté dans la maison des Weasley, du moins par Monsieur et Madame Weasley, mais il n'avait aucune idée de comment cela allait se passer avec les jumeaux.
« Bien, nous ferions mieux de partir. » déclara Arthur Weasley. « Harry, les garçons, je vous souhaite de très bonnes Pâques. » ajouta-t-il.
Madame Weasley étreignit Harry avec force avant de suivre sa fille, Neville et son mari qui descendaient les escaliers pour rejoindre la voiture.
« Voilà, je vous laisse enfin, petits démons. » dit Blaise en regardant Draco et Harry.
« Ferme-la Tu sais très bien que tu vas mourir d'ennui sans nous. » lui répondit le blond.
« Ouais c'est ça, t'as tout à fait raison ! Bon bah je ferais bien de me dépêcher alors, j'ai hâte de commencer à agoniser ! » répliqua Blaise.
Harry leva les yeux au ciel et Draco se moqua de son ami. Blaise et Draco se donnèrent une tape dans le dos pour se dire au-revoir et Harry fit un signe de la main à Blaise.
« Ne faîtes rien que je ne ferais pas ! » leur cria leur ami.
« D'accord ! Maintenant ça limite vraiment ce que nous pouvons faire, n'est-ce pas ? » répondit Draco à Harry.
Ce dernier se mit à rire puis traîna son sac jusqu'au camion.
« Prêt ? » demanda-t-il à Draco installé près de lui après avoir déposé leur affaire dans le coffre.
« Plus prêt que jamais. » répondit Draco.
Harry mit en marche le camion et sortit de l'allée.
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Le Manoir des Black n'était pas ce à quoi s'était attendu Draco. Il n'était pas vraiment conscient qu'il n'avait jamais eu aucune idée préconçue à propos de ce à quoi la maison de Sirius et de Harry pouvait bien ressembler, seulement une simple représentation assez vague. Mais tandis que Harry descendait la route privée qui menait au grand Manoir, Draco se dit qu'il n'avait pas du tout imaginé ça. Les propres expériences passées du blond à propos des grandes maisons contribuaient certainement à sa surprise. Le Manoir des Black était bien-sûr très grand et majestueux en apparence, mais il y avait quelque chose qui le faisait davantage ressembler à une maison qu'à un musée austère ou à un trésor.
Et alors que Harry se garait, Draco pouvait déjà voir Sirius qui venait en courant de la porte, descendant les escaliers rapidement et rejoignant la voiture.
« Vous êtes là ! » s'écria-t-il comme un enfant.
« Eh, Siri ! » lui dit Harry en sautant hors de la voiture avant de fermer la portière.
Draco fit de même et rejoignit Harry pour l'aider à vider le coffre.
Ils prirent leurs sacs et entrèrent dans la maison à la suite de Sirius.
« Bienvenu au Manoir des Black, Monsieur Malfoy. » déclara Sirius d'un ton solennel.
« Ferme-la. » le réprimanda Harry.
Ils traversèrent la salle de séjour et débouchèrent dans la salle à manger où les attendait un déjeuner improvisé sur une table d'acajou ciselée. Pour Draco, c'était une sorte de contradiction qu'il était certain de ne jamais voir dans sa propre maison, et il constata que cela lui plaisait beaucoup.
« Je suis affamé. » s'exclama Harry au bout d'un moment, s'installant à sa place autour de la table.
Draco sourit faiblement, et Sirius fit de même. Le blond se sentait comme s'il avait été simplement introduit dans la famille étrange que formait Harry et son oncle. Draco était venu ici en tant qu'invité, et malgré le fait qu'il connaissait Sirius et qu'il se sentait à l'aise avec lui, il avait éprouvé une sorte d'attente pleine de nervosité durant tout le voyage qui les avait menés jusqu'ici. Draco supposait que c'était un sentiment tout à fait normal pour quelqu'un qui s'apprêtait à rencontrer les parents de son petit ami. Après tout, il n'avait connu que Sirius à l'école, et l'homme devait être différent lorsqu'il était chez lui.
Et pourtant, c'était ici qu'il était, assis dans une magnifique salle à manger, mangeant un repas agréable et improvisé, parlant et riant des plaisanteries de Harry et Sirius, comme si les choses avaient toujours été ainsi. Draco s'interrogea un moment, entre le plat principal et le dessert, se demandant où était partie sa nervosité. Mais il écarta cette pensée de son esprit quand Sirius débuta une compétition officieuse avec son neveu, le but étant de construire l'exemple d'architecture le plus complexe avec de la Gelée, chose qui avait été servie à côté du gâteau de carottes à un Draco inquiet.
« Deux desserts ? » s'enquit le blond en regardant Harry construire une réplique de la Tour Eiffel.
« En fait, Harry n'aime pas la Gelée. » lui expliqua Sirius.
« Ça sert juste d'exercice pour l'inspiration créatrice. » continua Harry avec un sourire. « Ah ! » ajouta-t-il tandis qu'il plantait un cure-dent sur le sommet de sa Tour Eiffel et accrochait un morceau de laitue sur le bâton de bois représentant un drapeau.
« Fais mieux que ça ! »
Sirius regarda sa réplique en Gelée de Stonehenge.
« J'ai gagné. » déclara-t-il.
Draco roula des yeux et il écrasa soigneusement un peu de Gelée dans son plat.
« Comment c'est possible ? » demanda Harry avec inquiétude.
« Stonehenge est beaucoup plus complexe que la Tour Eiffel ! »
« Quoi ?! » s'écria Harry « C'est une bande de poteaux et de linteaux debout autour d'un champ ! C'est mystérieux parce que nous ne savons pas qui les a faits, ou quoi que ce soit d'autre. Et c'était sans aucun doute un exploit architectural pour l'époque, mais en termes de construction en Gelée, la Tour Eiffel dépasse de loin Stonehenge ! Tu n'as même pas construit ça avec précision ! Regarde, t'as juste utilisé les maudits cubes, et tu ne t'es même pas donné la peine de les cacher ! »
Draco sourit et poussa son plat. « Je pense, » dit-il calmement « qu'en termes de construction de Gelée, je suis le vainqueur. »
Harry et Sirius se tournèrent vers lui pour regarder son plat. Il avait créé un petit igloo.
« Génial ! » dit Harry avec un sourire.
« C'est un igloo ! » s'écria Sirius. « Stonehenge est bien plus dur à réaliser qu'un igloo ».
« Un Stonehenge imprécis n'est pas du tout dur à réaliser, n'est-ce pas ? » rétorqua Harry.
Draco rit et secoua la tête. Il était conscient que la Gelée était une tactique qui avait été utilisée pour qu'il se sente plus à l'aise. Et ça avait brillamment marché.
Et alors que Sirius et Harry se querellaient avec espièglerie, Draco se demanda qui avait été assez idiot pour créer la règle : 'Il ne faut jamais jouer avec la nourriture.'
§§§§§§
Harry se leva tôt le matin suivant. Il se lava avant de descendre préparer le petit déjeuner. Le petit déjeuner était toujours un repas fait à la va-vite parce que son oncle se réveillait d'habitude assez tôt contrairement à Harry qui aimait dormir. Ce matin il s'était habillé parce qu'il se sentait gêné, pour une raison inconnue, d'être en pyjama à la maison alors que Draco était ici, bien qu'il l'ait déjà fait lorsqu'ils étaient à l'école.
En poussant la porte de la cuisine, Harry se rendit compte qu'il était bien matinal et que, étonnement, son oncle était toujours couché. Avec un soupir, Harry traîna des pieds jusqu'au placard et en sortit un paquet de café. Il se retourna pour aller faire chauffer l'eau et remarqua alors que Draco était déjà en train de le faire.
« Quand est-ce que tu es rentré ? » demanda-t-il avec surprise.
« Bonjour à toi aussi. Je viens juste de me lever, et j'ai pensé que j'allais descendre pour voir si quelqu'un était réveillé. C'est la fin du monde ? Pourquoi t'es-tu debout si tôt ? »
« Je ne suis pas sûr. » répondit Harry en plaçant le paquet de café sur le comptoir et en posant un regard troublé autour de lui. « Effectivement c'est peut-être la fin du monde. »
Draco ricana doucement et attira Harry à lui. Il le serra dans ses bras et déposa un baiser sur sa joue.
« Je vais au moins commencer à préparer le petit déjeuner - tu sais, pour passer le temps avant l'apocalypse et tout. »
Draco rit de nouveau et servit une tasse de café à chacun, tandis que Harry commençait à préparer le repas.
Ils mangèrent un petit déjeuner composé d'œufs et de saucisses, aucun des deux n'ayant réellement faim. Lorsqu'ils eurent terminé, ils se rendirent compte que Sirius n'était toujours pas levé. Il était clair que l'homme avait décidé de bien dormir.
« Il y a un piano ici, si ça t'intéresse. » proposa timidement Harry à Draco.
'Nous n'avons jamais vraiment jouer ensemble' pensa Draoc.
C'était drôle de se rendre compte qu'ils n'avaient jamais fait ça. Bon, il y avait eu les fois en dehors des cours où ils avaient joué la Danse Macabre, mais il était tristement évident qu'il leur avait manqué des morceaux à jouer tous les deux.
Avec un sourire timide, Harry emmena Draco dans une grande pièce. Sur l'un des murs se trouvaient, du plafond jusqu'au plancher, de grandes fenêtres conçues avec une complexité évidente. Le reste de la pièce était composé de chaises somptueuses et de meubles ornés. Un jeu d'échec, qui semblait très vieux, avait été construit au milieu de deux vieux fauteuils près de la cheminée. Mais l'attention de Draco avait été retenue par le magnifique piano noir qui était placé dans un coin de la pièce.
« Vas-y » lui dit Harry avec un sourire alors que Draco dirigeait une main respectueuse vers les touches.
Voyant que Harry attrapait son étui à violon qui était posé sur une table et commençait à sortir l'instrument, Draco s'assit au piano et commença à jouer la Sonate au Clair de Lune. Harry installa son pupitre à musique près du piano, fermant les yeux et écoutant la musique.
« Taquin. » dit Harry en souriant alors que Draco était passé de la Sonate au Chopsticks (The Celebrated Chop Waltz), offrant un sourire éblouissant à son petit ami.
« Choisis un morceau. » lui proposa Harry en indiquant une étagère où les partitions de musique avaient été rangées au hasard. Draco monta et examina certains des morceaux avant de sourire et d'en choisir un. Il donna la partition du violon à Harry et posa celle du piano devant lui.
Draco remua ses doigts pour les réveiller et jeta un coup d'œil à Harry. Celui-ci regardait la partition et son visage exprimait une expression étrange que Draco ne savait comment interpréter.
« Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-il.
« Hum ? » s'enquit Harry, distrait. « Non, juste des souvenirs. » répondit-il avec mélancolie. « Des bons souvenirs. »
Draco ne sut pas quoi dire et, ne voulant pas le forcer, il inclina la tête.
« Prêt ? » demanda Harry en installant correctement son violon.
Draco revint à la musique et soupira, puis il se pencha en avant, jetant un coup d'œil à la partition pour s'assurer qu'il se souvenait du morceau.
« Tes doigts connaissent la musique, Draco. » lui dit doucement Harry sur un ton confiant. « Ça n'a rien à voir avec les notes. »
Sirius se réveilla tard. Il resta un instant couché puis, avec un soupir peu enthousiaste, il se dit que Harry et Draco étaient probablement déjà réveillés, t'attendant.
Soupirant de nouveau, il se lava et s'habilla avant de descendre les escaliers pour rejoindre la cuisine. Il se trouvait au milieu des escaliers quand il entendit la musique.
C'était doux, mélancolique et indescriptible. Sirius avait déjà entendu jouer ce morceau auparavant, il y avait très longtemps. Avec un sourire triste, il termina de descendre les escaliers et rejoignit la pièce d'où la musique s'échappait. La vue qu'il eut en entrant était presque parfaite. Draco était assis au piano, semblant appartenir depuis toujours à ce lieu, et Harry était debout et jouait, son violon entre ses mains.
Ils étaient encadrés par la lumière du levé du soleil qui entrait par les fenêtres.
Sirius sentit les larmes envahir ses yeux et il écouta davantage le duo. Il se souvenait d'un Harry bien plus petit assis dans une position identique dans cette même vieille maison, pendant que Lily jouait du piano. Elle disait toujours que c'était juste pertinent qu'elle apprenne ce morceau à Harry. Et ils pouvaient jouer ensemble. Sirius se rappelait que, même pour le petit enfant qu'il était à l'époque, il y avait tant de vie dans la musique de Harry. Il pouvait jouer en duo avec Lily, comme un musicien accompli et sans jamais sembler ne pas être à sa place. Ils semblaient respirer à l'unisson, tous les deux en accord avec la musique, et semblaient se balancer comme si les notes elles-mêmes les déplaçaient. Et la mère et l'enfant avaient tous les deux le même sourire mélancolique sur le visage, les yeux clos, semblant l'un comme l'autre complètement ailleurs. Et Sirius avait toujours été hypnotisé par cela.
Et d'une façon ou d'une autre, de voir Harry là comme ça, jouant avec Draco, réchauffait le cœur de Sirius. Même si les yeux de Draco étaient ouverts et son sourire plus faible, il était clair qu'il était aussi transporté que Harry l'était, comme Lily l'avait été elle aussi. C'était réconfortant de voir cette preuve indéniable qu'il existait une connexion certaine entre son neveu et ce garçon, au-delà d'un amour d'adolescent. C'était juste là, dans la façon dont ils partageaient leur musique l'un avec l'autre si ouvertement. Même si Sirius écarté de son esprit la façon dont Harry et Draco avaient agit réciproquement les fois où il les avait vus, il ne pouvait nier ça.
Ça ressemblait à ce qu'il avait vu si souvent avec James et Lily, cependant, peut-être, à un degré légèrement supérieur. Après tout, James et Lily n'avaient jamais partagé de moments créateurs, ils avaient toujours fait ça séparément. Et quoique Lily jouait pour James, et que James écrivait pour elle et le lui lisait ensuite, ils n'avaient jamais été transportés ensemble dans cet Autre Endroit où ils semblaient aller lorsqu'ils créaient. Mais Sirius pouvait toujours dire que James et Lily se ressemblaient à ce niveau là, parce que, chaque fois qu'ils étaient attrapés en pleine création, que ce soit en écrivant pour l'un ou en jouant de la musique pour l'autre, il y avait exactement la même expression sur leur visage.
La musique se dirigea doucement vers la fin, et Sirius cligna des yeux en même temps que Harry ouvrait les siens. Il baissa son violon et sourit à Draco. Le blond lui répondit de la même façon. Les mots semblaient inutiles, c'était comme s'ils comprenaient exactement ce que l'autre ressentait.
Sirius ne voulait pas interrompre le moment et, se sentant légèrement coupable, quoique toujours ému par ce qu'il venait de voir, il fit un pas en arrière.
« Sirius, je ne t'avais pas vu ! Bonjour ! » lui dit alors Harry.
Sirius sourit et, le moment ayant déjà été brisé, il fit quelques pas dans la pièce.
« Bonjour. C'était beau. Je n'avais pas entendu ce morceau depuis longtemps. » fit-il remarqué.
Et la lueur soudaine sur le visage de Harry lui prouva que le garçon aux cheveux sombres avait les mêmes pensées qui l'avaient dévoré quelques minutes auparavant.
« Maman disait toujours qu'il était approprié qu'elle me l'apprenne. » dit Harry avec un sourire. Ça l'amusait toujours, la façon dont sa mère pouvait s'agiter lorsque, à la fin de chacun de ses cours, elle prenait la partition et le rejoignait dans le duo. C'était un morceau de Dvorak intitulé « Songs My Mother Taught Me ». Harry se souvenait comment son père la taquinait parfois à ce sujet, mais elle reniflait toujours pour se défendre et disait que c'était seulement approprié.
Pour Harry, c'était devenu sa raison de pratiquer. Quand les choses devenaient difficiles ou quand il pensait qu'il serait peut-être meilleur à autre chose que la musique, il se rappelait que sa leçon se terminait toujours par ce duo. Parfois, il lui arrivait même d'ajouter un cours supplémentaire, voire deux, et sa mère lui ébouriffait toujours les cheveux et l'embrassait sur le front, mais elle jouait toujours le morceau avec lui.
« As-tu déjà pris ton petit déjeuner ? » demanda Harry, sortant de ses souvenirs. « Je suis sûr que non. Je vais te préparer quelque chose. » lui dit-il avec hâte.
Il rangea son violon dans son étui, mais ne le mit pas à part. « Nous reviendrons à ça plus tard, Draco ! » ajouta Harry au blond tandis qu'il sortait de la pièce.
Draco sourit et roula des yeux. Il était évident que le morceau avait fait revenir à la surface des souvenirs précis, et il savait quand il se tenir tranquille. Ce à quoi il ne s'attendait pas, alors qu'il sortait de la salle à la suite de son rebelle de petit ami, s'était à l'attitude de Sirius. Celui-ci posa une main sur son épaule et le regarda avec une expression remplies de tant d'émotion diverses avant de dire simplement : « Merci. », puis il quitta le bas des escaliers.
Il resta un instant debout là, puis il sourit largement et s'élança à la suite de son petit ami et de l'excentrique professeur d'art.
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« Crois-moi, c'est une tradition et tu n'as pas envie de toucher à ça. » avertit Sirius le lundi de Pâques alors que Draco observait Harry disparaître dans la cuisine. « Il refuse absolument toute forme d'aide. La fin justifie les moyens, je suppose. Nous avons toujours eu des mini-banquets vraiment merveilleux. »
Harry était parti pour commencer à cuisiner le 'Banquet de Pâques' et Sirius avait doublé Draco. Celui-ci se sentait toujours coupable de laisser Harry partir cuisiner tout seul, mais Harry avait été inflexible et, à la fin, Sirius lui avait assuré que c'était une tradition.
« Il fait ça depuis qu'il sait cuisiner. Il était arrivé au point où il poursuivait même Lily dans la cuisine. » expliqua Sirius avec un sourire. « Tout ce qui est important c'est de faire quelque chose qui nous amuse d'une façon ou d'une autre. »
« Nous le ferons pourtant ? » demanda Draco avec un sourire satisfait.
Il vit Sirius secouer la tête comme s'il battait la musique d'une chanson imaginaire. D'un seul coup, il se leva de sa chaise et se dirigea vers l'un des nombreux étages de la bibliothèque. Draco ne pouvait pas voir ce qu'il faisait mais il comprit lorsque, après un moment, une chanson s'éleva fortement, d'un groupe de chanteur que Draco ne connaissait pas.
« Je me souviens, pendant longtemps James considérait cette chanson comme la meilleure qu'il n'ait jamais entendue. Ce qui rendait Lily complètement folle. » lui dit Sirius alors qu'il commençait à danse.
Draco se mit à sourire, à la fois devant l'image d'un professeur dansant dans une salle de séjour si minutieusement décorée mais aussi à la pensée que l'ont pouvait considérer Popcorn comme une œuvre musicale légitime. « J'insiste absolument pour que tu danses. » lui déclara Sirius en s'approchant de Draco en dansant.
Il attrapa le bras du blond et le décolla de la chaise sur laquelle il était assis.
« C'est une autre règle à laquelle tu te dois de t'habituer. »
Draco pouvait danser. Il adorait ça. Mais ce type de danse, c'était juste pour ressembler à un idiot, non ? C'était quelque chose que Draco n'avait jamais fait auparavant, et il était certain que son père désapprouverait fortement.
Il réalisa que son père n'était pas ici et ne pouvait donc pas lui faire la morale, et qu'il ne serait plus jamais là.
Draco sourit, puis il se mit lui aussi à danser.
À l'embrasure de la porte de la cuisine, Harry eut un regard tendre en observant son petit ami et son oncle rivaliser dans de parfaits pas de danse plus ridicules les uns que les autres. C'était bizarre, mais il trouvait que ces vacances de Pâques était certainement parmi les meilleurs Pâques qu'il n'avait jamais eut. Il retourna dans la cuisine avant d'être découvert et se dépêcha de commencer le dîner.
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« Est-ce que ça te dérange ? » demanda-t-il en empoignant nerveusement les manches de son pull-over avant de crisper ses mains sur le tissus.
« Qu'est-ce qui me dérange ? » s'enquit Hermione.
Ils descendaient la rue marchande. La ville où se trouvait son école était petite et il y avait beaucoup de magasins de spécialités qu'ils continuaient d'explorer.
« J'sais pas, » Ron haussa les épaules. « Nous. Que nous soyons l'un avec l'autre. Que nous soyons ensemble pour peu de temps. »
« Tu veux dire la distance ? » ajouta Hermione pour clarifier les choses.
Ron confirma du regard et elle sourit. « Je pensais que si. Je pensais que nos sentiments ne pourraient pas durer à cause de ça. Mais je pense que l'on n'y arrive très bien. » Elle eut un nouveau sourire et serra la main qui était entremêlée à la sienne. « Et toi ? »
« J'sais pas. » admit Ron. « J'ai juste pensé que ça valait le coup d'essayer. Que quoi qu'il pouvait arriver, ça valait juste le coup d'essayer. »
Il détourna son visage cramoisi et regarda ailleurs. Hermione, souriant encore, tira sa main puis l'attira complètement à lui pour lui donner un baiser.
« Je pense que ce sont des petits chose que ça qui rendent tout possible. »
Ron ne voulait pas être d'accord avec elle, ne voulait pas dire ce qu'il avait toujours pensé par peur de ressembler à un idiot en lui disant ces choses là. Il pensa, tandis que les lèvres de la jeune fille se pressaient encore contre les siennes, que c'était peut-être autre chose. Même s'il avait vraiment ressemblé à un idiot, peut-être que ça valait le coup, ça aussi.
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Sirius était déjà parti depuis plusieurs heures, et Draco et Harry avait passé leur temps pelotonnés sur le canapé à regarder des vidéos. Harry n'avait, en réalité, prêté aucune attention à ce qu'ils avaient vus. Il avait pris une décision au début du moi, quelque chose qu'il n'avait dit à personne. Sirius l'avait peut-être deviné, mais ça ne comptait pas.
Il se retourna pour faire face à Draco tandis que le générique commençait. C'était au tour de sa réplique. Il respira calmement et, lorsque l'attention de Draco fut enfin portée sur lui, il feignit de bailler. « Je pense que je vais aller me coucher maintenant. » dit-il en essayant de paraître naturel mais, en réalité, il était de plus en plus nerveux à chaque seconde qui passait.
« Bien-sûr. » répondit Draco, et Harry craignit un instant que le blond reste ici. « Je vais me coucher aussi. » ajouta-t-il en se levant avant de se retourner et de sortir Harry du canapé. Harry espéra que Draco ne lui demanderait pas pourquoi il était fatigué à même pas dix heure du soir.
Il gravirent en silence les escaliers. Les pensées de Harry voltigeaient dans sa tête. Il continua de se demander quand il allait dire à Draco ce qu'il voulait. Ils parcoururent les couloirs obscurs, les battements de cœur de Harry s'accélérant à chaque pas. Il commença s'inquiéter que Draco puisse les entendre parce que son cœur battait tellement fort, comme un tambour, à ses tempes, et il était conscient qu'il ralentissait son allure.
« Eh bien… » commença Draco alors qu'il venait de rejoindre le couloir où se trouvait la chambre du brun. « Bonne nuit Harry. » termina-t-il en chuchotant. Ils se trouvaient devant la porte de la chambre de Harry. Draco se pencha vers lui et l'embrassa délicatement sur les lèvres avant de se retirer brusquement et de se retourner pour descendre le couloir, puisque sa chambre se trouvait quelques portes plus bas.
Avec un soupir encourageant, Harry saisit la main de Draco. Le blond s'arrêta et se retourna lentement, une expression de curiosité sur le visage.
« Harry ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » lui demanda Draco.
Harry réalisa qu'il ne pouvait pas vraiment parler, alors il lui répondit en entrelaçant ses doigts aux siens. Draco s'approcha tout près de Harry, le regardant toujours avec un air curieux, et Harry fut incapable de rencontrer les yeux gris tempête. Il rougissait furieusement, et il détestait ça. Peut-être que Draco ne le remarquerait pas ? Il fit deux pas vers sa chambre pour distraire le blond, tirant avec précaution la main qu'il tenait déjà.
Lorsque Draco suivit le mouvement, le regardant avec un air stupéfié et abasourdi, Harry comprit que le blond avait besoin d'une explication.
« Tu veux rester avec moi ? » demanda-t-il, parce que, sur le champ, c'était tout ce qu'il arrivait à faire. L'expression de Draco sembla se craquer, et son attitude contrôlée se transforma en la flamme familière du désir et de l'amour qui laissa le monde de Harry tourner sur un nouvel axe. Draco s'avança rapidement, comblant la distance qu'il y avait entre eux. Draco renversa ensuite la tête de Harry et, avec hésitation, il réunit leurs bouches dans un doux baiser. C'était le genre de baiser où la seule chose qui pouvait vous arrêter était la gravité ; tout le reste n'avait plus d'importance et tout ce que Harry pouvait ressentir c'était un crescendo de paix se construisant en lui.
Mais ce baiser ne devint bientôt pas suffisamment excitant. Quelqu'un devait être privé de ses cinq sens pour ne pas répondre à toutes ces choses que Draco avait commencer à soumettre silencieusement à Harry.
Une fois que le goût de Draco se fut répandu dans chaque recoin de la bouche de Harry et laissa ce qui ressemblait à une empreinte éternelle, leurs lèvres se séparèrent et Draco consacra toute son attention au corps de Harry du bout de ses doigts experts. Il vagabonda sur le tissus doux de la chemise du brun et Harry maudit le vêtement en même temps qu'il bénissait les doigts merveilleux.
Harry aima le léger froncement de sourcils qui marquait le visage de Draco comme lorsqu'il était complètement concentré sur quelque chose. Il eut la brusque envie soudaine de dire à l'autre garçon combien ces gestes étaient doux, mais il s'arrêta lorsque ses mots se changèrent en gémissements. Peut-être valait-il mieux laisser la conversation pour plus tard.
Harry gémit de nouveau et s'appuya sur son amant tandis que ses doigts habiles frôlèrent son estomac, où ils s'étaient glissés à travers la chemise lâche, taquinant la peau juste au-dessous de la taille du jean de Harry. « Draco, » ronronna-t-il « Encore ! »
Le baiser devint brûlant, comme un désir liquide, un amour torride - un besoin désespéré, devenu plus important que sa propre vie.
Le besoin de Harry qui montait en lui était si fort qu'il tremblait vraiment, et il chercha désespérément à ouvrir la porte à tâtons sans casser le baiser.
Lorsqu'il trouva la poignée de la porte il la tourna rapidement, trébuchant dans la chambre à coucher, l'étreinte de Draco étant la seule chose qui lui permit de ne pas tomber. Il se séparèrent, juste un peu, haletant pour reprendre leur souffle.
Harry ouvrit les yeux, se demandant, hébété, quand il les avait fermés. Son regard fut agrippés par une tempête grise, troublée par des émotions qui firent davantage suffoquer Harry. Draco poussa avec une main la porte derrière eux pour la fermer tandis que son autre main commençait à attaquer les boutons de la chemise du brun.
Harry n'était pas tout à fait sûr de ce qu'il était supposé faire, mais il savait que ce genre de choses arrivaient généralement sur un lit. Alors tandis que Draco se consacrait à boutons encore attachés et que ses lèvres cherchèrent sur le cou de Harry des endroits qui le faisaient gémir involontairement, le brun s'occupa à tirer Draco avec lui vers le lit.
Ils se laissèrent gauchement tomber sur le lit, mais Harry ne s'en souciait pas. Les doigts de Draco étaient sur lui, courant sur son corps, le touchant d'une façon dont il n'avait jamais été touché auparavant, et Harry essaya avec désespoir de simplement respirer, mais d'une façon ou d'une autre c'était vraiment difficile.
Draco mordilla l'oreille de Harry, et ce dernier fut étonné de se sentir se cambrer sur le lit, mouvement qui fut involontaire, et par le sanglot qui sortit de sa bouche. Et soudain, il lui fut intolérable que Draco soit couché près de lui mais qu'il soit toujours entièrement habillé.
Harry s'assit précipitamment, et pendant un instant Draco le regarda avec incertitude en se demandant s'il n'avait pas été trop loin, mais quand les mains de Harry tirèrent brusquement le tee-shirt pour le faire passer au dessus de la tête du blond avec hâte, Draco sentit un brusque sentiment de soulagement le parcourir.
Puis le brun baissa la tête vers la peau exposée et fit glisser une langue hésitante sur l'omoplate, goûtant la saveur de la peur du blond. C'était au tour de Draco de gémir, et cela choqua Harry. C'était étrange d'être aussi proche de quelqu'un. Il y avait une partie de Harry qui se demandait comment il pouvait confiance aussi facilement, et une autre partie de lui pensait qu'il devait peut-être s'inquiéter. Tom s'était-il occupé de lui comme ça et lui avait-il fait exactement la même chose ? Léché, pincé et sucé tandis que Harry se débattait débattu en criant ? Était-il possible que Draco devienne soudainement violent ? Le sexe ressemblait peut-être à cela.
Mais cette partie fut totalement écrasée par l'autre partie de lui qui se sentait parfaitement à l'aise avec cette intimité et cette partie savait que ce n'était pas étrange du tout d'avoir entièrement confiance en Draco, parce que Draco n'était pas comme Jedusor. D'une façon ou d'une autre, d'être aussi proche, d'être aussi intime avec Draco le faisait se sentir comme s'il rentrait à la maison.
Leur allure ralentit d'un commun accord pour pouvoir savoir savourer ce moment. Draco quitta son jean, puis se mit au travail sur celui de Harry tandis que le brun continuait d'explorer le cou et les épaules de son amant - n'importe quelle partie de la peau douce qu'il pouvait atteindre. Quand Draco eut terminé sa tâche, il remonta le corps de Harry, poussant le brun en arrière sur le matelas et, lentement, respectueusement, il fit glisser le bout de ses doigts le long du sourcil de Harry, continuant sur sa tempe avant d'échouer sur sa joue. Il se pencha en avant et frôla de ses lèvres la cicatrice de Harry, et il sourit quand il sentit le souffle de son petit ami se couper avant de se transformer en halètements affolés.
« Tu as… » commença Harry avant de s'arrêter et d'essayer de se calmer, tout du moins un peu. Il humidifia ses lèvres avec nervosité et se concentra finalement sur Draco. « Tu as déjà fait ça, avant ? » Il se sentait comme s'il était sur le point de traverser le seuil d'un royaume différent et, bien qu'il sache qu'il était près et qu'il le voulait, Harry était soudain inquiet de ce que cela impliquait.
« Non. » répondit Draco, et Harry fut surpris d'entendre que le calme apparent du blond sonnait à la fois incertain, excité et consommé par le même désir que Harry. « Je suis tout à toi. » ajouta Draco.
Harry sourit et renversa son amant pour un doux baiser, dans le but de cacher son sourire grandissant et de supprimer sa forte envie de rire bêtement, par peur de briser n'intensité du moment. « Je suis tout à toi aussi. » chuchota Harry en humant le coup de Draco. Il ne vit pas le petit sourire entendu de son petit ami, mais il put sentir ce sourire contre sa poitrine, avant que les lèvres du blond ne s'ouvrent permettant ainsi à sa langue de parcourir le corps de Harry.
Draco savoura son exploration de la peau lisse de Harry qui était entendu en dessous de lui. Il fit courir ses doigts sur les côtes de Harry, notant que la passion semblait l'engourdir mais il savait que cela rendait Harry particulièrement chatouilleux. Au lieu de cela, Harry se tortilla seulement un peu et prit une courte inspiration. Draco sourit d'un air satisfait et, tandis que ses mains caressaient légèrement les côtes de Harry, suivant le corps souple de haut en bas, il laissa sa langue s'immiscer dans le nombril du brun.
Toute pensée logique fut balayé de l'esprit de Harry. Lentement, chaque baiser que Draco déposait le long de son corps, chaque tendre morsure, chaque caresse de ses doigts, faisaient que Harry quittait un peu plus chaque seconde le monde raisonnable. Il était rempli de plaisir au point d'en être submergé, et cela continua. Il se demanda, durant un instant, s'il était possible de perdre la raison à cause du plaisir, mais il décida qu'il ne s'en soucierait pas tout pendant que Draco n'arrêtait pas de le toucher comme il le faisait. Son esprit était rempli de contradictions - l'agonie exquise, le plaisir douloureux - et Harry ne s'en souciait simplement pas, il voulait juste que ça dure toujours.
Ils faisaient jouer leurs doigts l'un sur l'autre, se frôlant avec provocation la peau douce, explorant les courbes et recherchant ces moments cachés qui, effleurés, pressés ou caressés, provoqueraient des soupirs doux les laissant sans défense, ou un crescendo de gémissements, d'implorations et de supplications désespérées.
Harry pensa que ce n'était pas comme s'il était perdu dans un autre monde. Comme ce qu'il ressentait lorsqu'il jouait du Vivaldi - brillant et joyeux. Ravissement. Extase. Il y avait des moments passagers, quand il n'était pas perdu dans ses sensations, dans le sentiment écrasant de leur intimité, d'avoir Draco si près, des doigts de Draco, de la voix de Draco - quand Harry était assez cohérent pour penser qu'il n'existait aucun mot pour décrire ce qu'il ressentait, ce que cela signifiait.
Mais après, Draco l'embrassait calmement ou sa langue explorait ce point sensible juste derrière son oreille, ou ses doigts longs et délicats -des mains de pianiste - frôlaient le bas du corps de Harry et le laissaient tremblant et incohérent une fois encore.
On avait dit à Harry que la première fois n'était pas forcément bien. Que ça faisait mal, que c'était maladroit et négligé. Mais, alors que Draco avait fini de le préparer et le pénétrait doucement, Harry constata que toutes ces rumeurs n'étaient que des mensonges.
Il y avait un peu de malaise, c'était vrai, mais ce sentiment disparut lorsqu'il se rendit compte que Draco était là, avec lui, en lui. Et la perfection de tout ça roula sur Harry comme une vague intoxicante. Lentement, Harry s'adapta aux sensations et se détendit. Ils bougèrent à l'unisson, leurs voix se mélangèrent jusqu'à ce que aucun ne puisse dire à qui appartenaient les gémissements.
Et cela n'importait simplement pas.
Le plaisir monta en lui jusqu'à ce qu'il soit choqué de son étourdissement, que sa tête se soit rejetée en arrière, pressée contre les oreillers, son dos arquées et sa bouche murmurant des mots silencieux. Et alors que son monde se restaurait, Harry sentit Draco se tendre, et la sensation étrange d'avoir en lui l'orgasme de son amant lui fit tourner la tête pendant un moment.
Ils haletèrent, les yeux perdus dans ceux de l'autre, jusqu'à ce que Draco chassa les larmes de Harry, qui ne s'était même pas aperçu qu'il pleurait. Draco secoua doucement le brun. « Je t'ai fait mal ? » demanda-t-il. Sa voix sonnait différemment, plus lourde, et Harry dut se mordre la lèvre pour s'empêcher le sourire qui voulut naître sur ses lèvres lorsqu'il s'aperçut qu'il pleurait parce que Draco avait crié pendant l'extase - une extase dont Harry était entièrement responsable.
« Non. » chuchota Harry, ne voulant pas quitter cet étrange rêve où il était encore. Il plongea son regard dans les yeux gris perçants qui le regardaient d'un air soucieux. Harry ne voulait pas admettre qu'il était enveloppé par toutes ces sensations, il ne voulait pas avouer que, après tout ce qu'il avait éprouvé durant sa vie, toutes les montagnes russes émotionnelles qu'il avait connu, que c'était ce qu'ils venaient de faire qui l'avait complètement submergé. « Tu ne m'as pas fait mal. » termina-t-il.
Seul un doigt relevant son menton et le forçant à regarder le visage du blond accentua la rougeur nerveuse qui colorait déjà son visage.
Lorsque Harry rencontra enfin le regard de son amant, Draco sourit avec tendresse et l'embrassa doucement, mais avec conviction. « Je t'aime. » assura Draco, et d'une certaine façon Harry sur que Draco avait compris ce qui se passait dans sa tête. C'était un tel soulagement d'être rassuré, d'être enlacé si tendrement et d'entendre ces mots.
« Je t'aime aussi, Draco. » chuchota Harry.
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Harry se réveilla en sentant des doigts dans ses cheveux et une main caressant sa hanche nue. Il refusa d'ouvrir les yeux, ayant peur que ce ne soit qu'un rêve. Lorsqu'il se rendit compte que les caresses ne s'arrêtaient pas, il se risqua à ouvrir les yeux.
« Hé » lui chuchota Draco avec douceur.
« Bonjour. » répondit Harry. « J'avais peur que ça ne soit pas réel. » dit-il avant de rougir, se rendant compte que ce qu'il venait de dire était incroyablement sentimental. Mais Draco lui sourit.
« C'était très très réel. » assura le blond « Est-ce que ça va ? » lui s'enquit-il en affichant une expression soudain sérieuse.
« Je vais bien. Pourquoi ça n'irait pas ? » demanda Harry. Draco détourna le visage et Harry était certain d'avoir vu une couleur rosée apparaître sur les joues habituellement pâles du blond. « Quelle heure il est ? » ajouta-t-il pour distraire son amant.
Au fond de lui, Harry pensait qu'il aurait certainement dû de sentir mal à l'aise. Après tout, il était couché, nu, dans un lit, en présence de quelqu'un avec qui il venait de connaître un moment très intime. Pourtant, d'une certaine façon, ça ressemblait à quelque chose de naturel. Et Harry ne pouvait pas se résoudre à être embarrassé.
« Il est tôt. » répondit Draco en attirant Harry contre sa poitrine. « Rendors-toi. »
« Hum. D'accord. » lui dit le brun en s'assoupissant déjà de nouveau. Draco sourit et embrassa la tempe du garçon avant d'autoriser ses propres yeux à se fermer aussi.
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« Est-ce que tu y penses ? » demanda-t-elle en jouant avec un petit oreiller avant de le caler entre ses genoux dans une attitude un peu défensive.
« A quoi ? » s'ensuit Neville en se demandant s'il n'avait pas manqué quelque chose.
« A avoir ton diplôme ? » demanda Ginny. Ils avaient la maison, ou tout du moins la salle de séjour, à eux. Neville avait remarqué qu'il appréciait vraiment la famille de Ginny, quoique Mme Weasley l'ait rendu parfois nerveux, et que certaines des taquineries bon enfant des jumeaux l'aient presque énervé.
« Bien-sûr. » répondit Neville, incertain d'où Ginny voulait aller. Il pensait à son diplôme tout le temps, de plus en plus tandis que cela approchait, s'inquiétant du pas léger qu'il adopterait lorsque s'approcherait pour recevoir son diplôme, se demandant si le professeur Rogue ne déciderait pas soudainement de ne pas le faire passer en piano, forçant ainsi Neville à refaire son année.
« Tu vas partir. » déclara Ginny, regardant au loin un coin de la pièce. Sa voix tremblait, bien qu'elle essayait de le cacher.
« Et c'est pour ça que tu es triste ? » demanda Neville. Ginny ne répondit pas, mais elle ne le regarda pas non plus. Neville avait appris à lire en elle, et il se rapprocha un peu plus d'elle sur le sofa qu'ils partageaient. « Je vais partir, Gin » confirma-t-il « Mais je ne vais pas te quitter. Il y a toujours les lettres et les visites du week-end. Je ne serai pas loin. Du moins, pas trop loin. »
Ginny se tourna vers lui pour lui faire face, et ses lèvres commençaient à sourire.
« Promis ? » demanda-t-elle.
« Promis. » acquiesça-t-il. Et ils se serrèrent la main. Et, juste pour s'assurer que le pacte avait été vraiment scellé, ils s'embrassèrent.
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Il était tard, le soleil était déjà couché et Sirius ouvrit la porte de la maison en se s'interrogeant s'il devait faire du bruit ou pas, se demandant si Harry et Draco dormaient déjà ou non.
Il retira d'abord ses chaussure et jeta son manteau vers la place habituelle du porte manteau, puis il se mit ensuite à arpenter le vestibule jusqu'à la cuisine avec l'intention de se faire un casse-coûte de minuit, mais la lumière s'échappant de la salle de séjour le dit s'arrêter.
Prudemment, s'assurant qu'il était vraiment silencieux, Sirius poussa la porte ouverts. Un feu brûlait dans la cheminée et il se dit que la pièce était vide avant de remarquer que qu'une chevelure blond-blanc maintenant familière attirait la lumière.
Draco était étendu sur le canapé, sa tête reposant contre le dossier du sofa et son corps était allongé devant lui. Il tenait un libre dans un main tandis que l'autre entourait Harry qui dormait lui aussi à poings fermés.
Avec un sourire, Sirius s'avança dans la pièce. La tête de Harry reposait sur le sternum de Draco, sa main droite était posée sur l'un des pectoraux du blond et l'autre tenait un bout de la chemise de Draco. Le blond était apparemment en train de lire lorsque qu'ils s'étaient endormis.
Avec un sourire diabolique, Sirius sortit de la pièce et alla fouiller son bureau, puis il retourna à la salle de séjour avec con appareil photo. Il prit rapidement une photo de la scène avant de reculer et de regarder le couple en fronçant les sourcils. Il s'était inquiété quand il avait deviné les projets de Harry. Il avait supposé que c'était la crainte de n'importe quel parent qui voyait son enfant commencer à grandir trop rapidement. Ou trop rapidement en apparence. Sirius ne voulait pas que Harry ait le cœur brisé, mais en même temps il savait qu'il était important qu'il supporte les décisions de son neveu, après tout le garçon était très mûr pour son âge, et leur confiance mutuelle en autrui était une des choses qui leur avaient de faire face à tout ce qu'ils avaient vécu.
Cependant, la crainte était une chose obligatoire. Et même si Sirius avait gentiment quitté la maison pour que Harry ne soit pas distrait par la pensée de possibles interruptions. Cela ne signifiait pas que Sirius n'était pas tourmenté, tandis qu'il avait passé la nuit, d'abord devant un film, puis dans un pub et enfin dans une chambre d'hôtel. Il avait réfléchi à tous les scenarii possibles, et d'autre qui eux semblaient impossibles.
Pourtant, la preuve était que, pour l'instant, tout allait bien. Harry et Draco semblaient être proches, voire même plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été, et Harry ne semblait pas blessé d'aucune façon, et ils avaient l'air heureux, voire satisfaits.
Il se sourit à lui-même tout en quittant la pièce, avant de faire glisser la porte et de grimper les escaliers. Ils dormiraient assez bien où ils étaient. Demain, ils prépareraient leurs affaires pour le voyage du retour. Pour le moment, ils pouvaient dormir. Ce serait honteux de briser une scène si paisible, de toute façon.
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« Vous n'avez pas trouvé quelque chose d'approprié ? » demanda Rogue d'une voix traînante à la fin de leur leçon. Draco essaya de ne pas remuer.
« Non, Monsieur. J'ai cherché, mais rien n'a vraiment attiré mon attention. » Cela sonnait comme étant incroyablement vain, mais c'était aussi près de la vérité que Draco qui était en train d'avoir cette conversation avec Rogue. Il voulait une pièce qui lui rappelle Harry et ce que son amant représentait pour lui. Il avait trouvé quelques pièces qui étaient vraiment jolies, et d'autres qui étaient très passionnées, mais rien qui ne correspondait à ce qu'il recherchait.
Draco était conscient que son professeur lui adressait un regard très circonspect, mais avant que Draco n'ait pu reformuler ses paroles, l'homme au cheveux bruns se leva de sa chaise. « Suivez-moi. Prenez vos affaires. »
Ils traversèrent les couloirs. Rogue marchait d'un pas brusque et Draco devait accélérer le pas pour pouvoir le suivre. Finalement, ils arrivèrent devant une massive en bois nu. Rogue sortit un jeu de clefs et ouvrit la porte avant de se décaler pour laisser entrer Draco. « Vous trouverez des partitions sur les étagères, aidez-vous de ça. » lui dit-il.
Draco posa son sac par-terre près de la porte et s'approcha prudemment des étagères. Il regarda les partitions, prenant parfois l'une d'elle pour y jeter un coup d'œil, interprétant le morceau dans sa tête, lisant parfois juste le titre et le compositeur puis passant à autre chose. Il y avaient quelques morceaux qui piquaient son intérêt, mais il était péniblement conscient de la présence de son professeur qui était assis à son bureau, faisant semblant d'écrire quelque chose.
Draco reporta son attention sur les étagères. Il caressa du bout des doigts les feuilles des partitions et les tranches des recueils de morceaux. Il laissa son esprit errer, le choix étant énorme, et il ne pouvait probablement pas tous les regarder. Il était sur le point d'abandonner et consentir à arrêter son choix sur l'un des morceaux qu'il avait mis de côté quand un des titres attira son attention. Il attrapa soigneusement la partition. C'était un morceau court, mais parfait. Il sourit et se tourna vers son professeur.
« Je suppose que vous avez fait votre choix ? » lui demanda Rogue en levant les yeux. Il tendit la main et Draco lui donna le morceau.
« Hum ! » fut le seul commentaire du professeur avant de lui rendre.
Draco ne put déchiffrer l'expression sur le visage de l'homme. « Vous commencerez à le travailler immédiatement, vous le jouerez à votre prochain cours. »
Draco, qui savait reconnaître le ton d'un renvoi quand il en entendait un, remercia son professeur et quitta ensuite rapidement la pièce, les partitions dans la main.
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Draco observa Harry alors qu'il posait le morceau sur le pupitre qu'il partageait avec Shaye, un des autres violonistes. Ça l'amusait toujours de voir combien Harry devenait concentré avant de jouer, comme s'il partait vers un autre monde - mais peut-être était-ce ce qu'il faisait vraiment.
Il détourna son regard de Harry et se concentra sur Pansy qui avait été choisie pour être la présentatrice du concert grâce à sa capacité à animer les débats et parce qu'elle ne jouait d'aucun instrument, ainsi elle était donc capable de présenter le concert en entier.
Elle annonça les deux morceaux, fit un clin d'œil au blond, puis regarda rapidement Harry qui observait déjà Pereskew, impatient de commencer à jouer. Pansy revint à Draco et roula des yeux face au comportement de Harry. Draco répondit par un discret haussement d'épaules et elle quitta le podium. Draco se tourna vers Pereskew, attendant son tour.
Ils jouèrent de Paganini en premier. Draco l'aimait parce que ce morceau donnait beaucoup d'importance aux violons, et Harry mettait vraiment le groupe en valeur. Il y avait un il y avait une sorte de mystique élégante et distante dans ce morceau. D'humeur changeante et séduisante. Et Draco ne faisait pas attention au fait qu'il jouait de l'alto, parce qu'il aimait l'accalmie rêveuse qui s'en dégageait.
Ils furent beaucoup applaudis, mais Draco ne put apprécier cela complètement puisqu'il devait courir du groupe des altos à celui des piano qui venait d'être installé. Ils commencèrent rapidement à jouer le Binder, et cela sembla attraper l'auditoire dès le début. Chacun jouait avec une sorte de plaisir sauvage, et ils se mélangeaient sans un merveilleux mélange d'humour, de joie extasiée, de liberté et de grands sauts, et le voyage des notes, à la fin du morceau, fit hurler avec approbation l'auditoire, et chaque étudiant sur la scène souriait comme un fou.
« Pas mal. » leur chuchota Pereskew avec un sourire, mais Draco nota qu'elle sortit un mouchoir et se tamponna le coin des yeux lorsqu'elle quitta la scène.
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« Draco Malfoy va maintenant interpréter son morceau solo, 'The Heart Asks Pleasure First' composé par Michael Nyman. » Draco était déjà assis au piano lorsque Pansy annonça son morceau. Il fléchit ses doigts et regarda la partition, bien qu'il l'ai déjà retenu depuis longtemps, puis il sourit tandis qu'il pensa à l'inspiration de ce morceau. Il était certains que Harry l'observait des coulisses, le regardant fixement à travers les rideaux.
Il ferma les yeux et respira à fond, se concentrant sur la pensée des doux yeux malachites et du petit sourire que Harry lui avait offert avant qu'il ne rentre sur scène. Il expira dans un souffle et laissa ses doigts voler.
Draco ne se souvenait pas d'une fois où il s'était senti aussi bien que maintenant en jouant. Il était transporté - projeté dans un monde où la seule chose qui existait était Harry. Il se rappela la première fois qu'il avait vu son amant, le balancement de ses hanches et ses doigts dansant sur les cordes de son violon. Il était dévoré par la pensée des souffles tremblants et des petits gémissements, et de la sensation exquise de ses doigts sur la peau de satin - de Harry saisissant sa main et lui adressant un regard timide, paraissant nerveux, incertain et beau.
La sensation de lui. Cambré sous lui. L'encerclant. Comment étaient ses doigts quand il avait caressé le dos de Draco.
Son goût à lui - chocolat et épicé et parfait parfait parfait. Draco pouvait sombrer là-dedans. S'y noyer.
« Je peux… Je peux t'embrasser ? »
Soudain, tout disparaissait. En un instant, le monde donna un petit coup dans ses perspectives. Il ne pensait ni à son père ou à sa mère, ou à son travail scolaire ni même à ce qu'il allait faire une fois avoir obtenu son diplôme, tout ce qui importait était qu'il était avec Harry.
« Comment aimerais-tu me toucher, Draco ? »
Harry qui était là. Harry qui était toujours là. Harry, qui l'attendait. L'attendrait toujours. Et la pensée était exaltante, le fait de savoir qu'il y avait d'autres souvenirs à créer, qu'il y aurait d'autre moments de paix et de bonheur.
« Reste avec moi… »
Soudain, tout semblait signifier tellement plus, être rempli jusqu'au débordement avec de nouvelles significations et tout devenait vivant et réel et la réalisation était à couper le souffle.
Le morceau arriva à son terme et Draco sourit. Il n'entendit pas les applaudissements ou le sifflement lorsque Blaise l'acclama ou quand Seamus lui cria des bêtises. Il n'entendit pas le rire, et ne remarqua pas que sa mère s'essuyait les yeux avec un mouchoir. Il ne soucia même pas du regard spéculatif que Rogue lui jeta des rideaux de la scène en direction de son nœud de cravate à moitié défait avec lequel il avait joué.
Draco quitta la scène, un peu étourdi, et fut confronté au sourire en coin qui l'avait transporté dans un monde de perfection pendant quelques courts moments. Et tout alla bien, alors que Harry l'avait tiré à lui et l'avait étreint avec force, avant de sceller leur lèvres.
C'était tout ce qui comptait.
Il gémit et trébucha avec Harry jusqu'à ce que le brun l'ai appuyé contre un mur. Et ils essayaient désespérément de se tenir tranquille, parce que quelqu'un d'autre était sur la scène au même moment, mais c'était merveilleux, d'être aussi proche, d'être autant une partie de l'autre. Et Harry soupira et retint un gémissement tandis qu'il bougeait et enveloppait ses jambes autour de la taille de Draco. Le blond sourit et se déplaça pour que les rideaux les cachent vraiment.
Ils restèrent ensemble derrière le rideau jusqu'à ce que quelqu'un se racla la gorge de façon significative pour la troisième fois. Harry sortit de son étourdissement et fit glisser ses jambes jusqu'au sol avant de sourire timidement à Ginny.
« Harry, j'ai pense que tu aimerais savoir que tu es le prochain à passer. » dit la jeune fille avec un petit sourire satisfait. Harry rougit profondément et Draco ne pouvait penser à rien d'autre qu'au fait qu'il ne s'était jamais senti aussi bien de sa vie.
« Bonne chance. » murmura Draco en serrant la main de Harry, avant qu'il ne la lâche pour que le brun puisse attraper son violon. Incapable de s'arrêter, il saisit la manche de Harry et le tira en arrière pour un autre baiser.
Quand ils se séparèrent, Draco essaye de remettre en place des cheveux et les vêtement de Harry, il voulait que son petit ami aille sur scène en étant présentable, et non ressemblant à quelqu'un qui vient de se faire embrasser, quoique le visage rosé et les lèvres rougies du garçon, soient peut-être déjà un indice. À la fin, cela n'avait plus d'importance, parce que Harry semblait toujours beau, et que les lumières de la scène étaient assez brillantes pour cacher la rougeur sur les joues du garçon pâle.
Il regarda Harry se rendre sur scène et il s'installa pour le regarder jouer.
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Harry essaya de ne pas faire claquer les serrures de son étui à violon et tenta de stabiliser sa respiration. Il avait quitté les pensées où il embrassait Draco et était maintenant tout à fait inquiet de ce qu'il était sur le point de faire. C'était idiot, vraiment, cette étrange crainte de se distinguer et d'être différent. Mais il pensa à quelque chose que Draco lui avait dit avant les vacances de Noël, et cela lui resta en tête jusqu'à ce qu'il succomba.
Il respira profondément avant d'ouvrir l'étui. Il détacha soigneusement son violon et attrapa l'archet. Il se demanda quelle allait être la réaction, puis il se décida enfin à la découvrir.
Avec un petit sourire, Harry prit son violon et se tourna vers le public. Pansy annonça son morceau, mais on pouvait à peine l'entendre à cause des acclamations et du bruit que ces camarades de section et ces amis proches faisaient. Harry sourit de nouveau et jeta un coup d'œil aux coulisses où il vit Draco le regarder.
Harry leva Little Mischief et essaya de se concentrer. C'était une décision quil avait pris il y avait quelques temps en février - s'il avait été honnête avec lui même, il aurait su que cette décision lui avait été inspirée par le jour de la Saint Valentin, et la soudaine réalisation que non seulement il voulait vraiment jouer un morceau sur Little Mischief pour le concert du Printemps, mais que c'était un plus quelque chose qu'il avait vraiment besoin de faire. Il était temps.
Il avait choisi 'Liebesleid' de Kreisler, sans réellement savoir pourquoi.
Pereskew lui avait donné la partition comme une sorte d'exercice et Harry en avait détesté chaque passage. Il avait trimé pendant la pratique, mais il avait cependant commencé à l'entendre différemment. Il n'était pas sûr de ce qui l'avait incité à essayer ce morceau avec Little Mischiel la première fois, mais à partir de là il avait abordé l'exercice autrement, et avait modifié quelque peu le morceau pour qu'il soit parfait pour jouer sur son électrique. Le tempo avait été augmenté, quelques embellissements et, bien sûr, un peu d'improvisation.
Lorsque Harry commença, il laissa ses yeux se fermer. L'improvisation rendait inutile les coups d'œil nerveux à la partition et le fait qu'il avait pratiqué ce morceau depuis le mois de mars voulait dire qu'il était imprimé dans sa tête.
Il en brisa la position banale et l'éleva dans un royaume différent, il laissa voler les notes, faisant saigner son cœur, trempé dans sa passion pour la musique et l'aspect sauvage qu'il ne pouvait jamais effacer lorsqu'il jouait sur son électrique. Ce n'était pas le même aspect sauvage que lorsqu'il jouait Susser, pas vraiment plus ou moins doux, mais c'était quelque chose qu'il avait gardé secret pendant longtemps et il sentait que c'était le moment de le libérer. Les flashes de la première fois qu'il avait vu Draco s'imposèrent soudainement dans son esprit comme s'il s'apprêtait à courir, et il pensa que Draco avait révélé cette sorte d'aspect sauvage en lui. C'était amusant, de penser que son amant avait inspiré en lui les mêmes choses que Little Mischief, que la musique. Mais à la fin, Harry ne l'aurait pas voulu autrement. Il y avait quelque chose de vrai en soi à propos de cette réalisation et une vague de contentement l'avait faite arriver de toute urgence.
Le morceau connut une fin dramatique, et Harry laissa son archet et son violon près de lui pour saluer le public. Cela lui prit un certain moment pour quitter la brume que la musique laissait toujours en lui, et il se rendit alors compte, quelque peu choqué, que le son des applaudissements et des sifflements rebondissaient sur les murs. Abasourdi, Harry dit un pas en arrière et jeta un coup d'œil nerveux vers les coulisses où Draco souriait comme un fou et applaudissait. Harry laissa son regard aller des spots de la scène à l'auditoire et fut choqué de voir que l'ensemble des étudiant, des enseignants et des parents était debout. Il entendit quelques « Encore », mais il se dit avec suspicion que ces voix ressemblaient à celles de Blaise et Dean.
Harry quitta la scène avec un sourire timide.
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« C'était sacrément génial ! » s'exclama Ron alors que Harry et Draco retournaient à la Pièce Bleue où les étudiants, parents et enseignants se rassemblaient pour le thé post-concert et les bavardages. Ils étaient partis pour mettre leurs instruments à l'abri et c'était là que Ron avait pu les apercevoir, puisqu'il avait été lui même occupé à ranger son propre violon.
« Tu as été super, Ron. » dit Harry, en ignorant le compliment et le sourire de son meilleur ami. Ron secoua la tête, amusé par la maladresse de Harry pour les compliments. Il sourit lorsqu'il remarqua à quel point les bras de Harry et de Draco étaient enroulés autour du corps de l'autre, et cela était la preuve qu'ils ne se quitteraient pas avant un bon moment.
« Je ne peux pas croire que tu as jouer avec Little Mischief, Harry ! » cria Dean tandis qu'il les rejoignait avec précipitation. « Tu aurais dû voir la tête de Rogue ! On avait l'impression qu'il allait mourir ! Mais McGonagall était vraiment extasiée ! »
« Ouais, aussi extasiée qu'elle peut l'être. » corrigea Blaise.
« Tu aurais dû nous le dire, Harry. » pleurnicha Seamus. Ils étaient maintenant tous agglutinés autour de Draco et Harry, complimentent et s'agitant à propos de ce qu'ils avaient entendu.
« Draco ? » appela une voix incertaine, et Draco se retourna, n'abandonnant pas son étreinte avec Harry malgré le fait que le brun devait étendre son bras en arrière.
« Maman. » salua Draco, notant la nervosité que montraient aussi bien chez Harry que ses amis.
« Tu as joué merveilleusement bien, Draco. » s'exclama Narcissa, rayonnante. « J'étais très fière. Vous avez tous merveilleusement joué. » Elle sourit à Ron, Harry et Neville et son regard se posa sur le bars de Draco qui était enroulé autour des hanches minces de Harry, elle regarda Draco derrière elle et sourit mystérieusement.
« Maman » dit Draco en jetant un coup d'œil à Harry avant de reporter son attention sur Narcissa. « Laisse moi te présenter Harry Potter. Il joue du violon et est un de mes camarades de classe. Il est aussi mon petit ami. » Harry se raidit et regarda Draco, choqué. Mais Draco garda fermement son attention sur sa mère, la défiant de montrer du choc et de la colère, de le rejeter comme il savait qu'elle pouvait le faire.
Narcisse se tourna vers Harry, un véritable sourire fleurissant sur ses lèvres.
« Bonjour, Harry. C'est vraiment formidable de vous rencontrer enfin. J'ai remarqué les effets que vous avez eu sur mon fils, et c'est merveilleux de pouvoir enfin vous remercier. » Elle saisit la main de Harry et la secoua, avant de se pencher en avant et de lui donner un baiser dur la joue.
Autant Draco que Harry, et aussi bien que Blaise et les autres, ont simplement cligné des yeux, surpris. Alors Harry se racla la gorge et sourit à son tour, timidement.
« Hum. Merci, Madame Malfoy. Je suis heureux de vous rencontrer aussi. »
Draco regarda successivement sa mère et son amant puis, avec un début de rire dans la gorge, il se pencha en avant et étreignit Narcissa. Il avait été tellement sûr qu'elle ne rejetterai. « Merci. » lui chuchota-t-il.
« Il est beau. » murmura-t-elle à son tour, et Draco recula, se retourna et saisit Harry contre lui avant de lui planter un ferme baiser sur les lèvres. Quand leur baiser prit fin, Harry sourit en reconnaissant Sirius dans la foule qui lui faisait des signes.
Draco rit alors que Narcissa et Sirius commençaient à plaisanter. Le reste du groupe s'était principalement dispersé, pensant que c'était le moment de laisser Harry et Draco seuls avec leurs figures parentales. Draco serrait la main de Harry dans la sienne et le brun lui adressa un sourire. Ils étaient tous les deux encore sous le choc de l'acceptation si facile de Narcissa.
« Harry, vous devez me dire comment vous êtes parvenu à modifier ce morceau comme vous l'avez fait. C'était tout à fait splendide. » lui demanda Narcissa, et Harry retourna à la conversation. Draco soupira de contentement et glissa son bras libre autour de Harry. Il était sur le point de se retourner et de confirmer le commentaire de Narcissa sur le fait que Harry était très doué quand les cheveux blonds presque blancs attirèrent son attention.
Le sang de Draco se glaça et il regarda fixement le grand Lucius Malfoy. Il devint soudainement conscient qu'il avait son bras autour d'un autre garçon, qu'il souriait et que le morceau qu'il avait joué n'était pas ce qui était considéré comme approprié par les normes imposées par les Malfoy.
Il fut étonné de remarquer qu'il n'éprouvait aucune honte, seulement un sentiment de satisfaction. Il avait fait ce qui était juste, il avait fait ce qui le rendait maintenant heureux. Mais tout de même, Draco souhaitait que son soit avec lui, qu'il soit fière de lui. Le rire de Harry le ramena à la conversation et Draco brisa le contact du regard avec son père pour sourire et acquiescer à sa mère et Sirius, faisan comme s'il suivait toujours la conversation.
Draco regarda rapidement de nouveau à l'endroit où était son père, mais il n'y avait aucun signe de Lucius. Il parcouru la foule du regard, mais les cheveux blond-blancs familiers, qui furent si facilement reconnaissables, n'étaient pas en vue. Draco sentit une immense douleur étreindre son cœur. Il serra davantage la main de Harry et revint à la conversation, faisant de son mieux pour tout oublier.
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« Vous devez être Severus Rogue. » dit Narcissa avec un sourire. « Draco m'a tellement parlé des leçons que vous lui avez données. » Severus se retourna, haussant un sourcil, et sourit légèrement, et il l'a regarda avec un sourire satisfait, ou peut-être même une grimace. « Oui, il a été un élève tout à fait intéressant. » dit-il d'une voix traînante en secouant la main de la femme.
« Oh, veuillez m'excuser. Je m'appelle Narcissa Malfoy, je suis la mère de Draco. »
« Vraiment ? » demanda Severus, soudainement intrigué. La femme était tout à fait charmante et Severus se sentit réchauffé par sa présence. « Vous devez être heureuse de ses progrès. »
« Oui, beaucoup. » répondit Narcissa en offrant un sourire tendre à son fils et son petit ami qui étaient entourés par leur amis et qui riaient. « Je suis très heureuse. »
Severus la regarda avec attention, notant l'expression affectueuse. Il jeta un coup d'œil au blond qui riait avec ses amis, ses bras enserrant Potter. Il aurait pensé qu'une famille telle que les Malfoy désapprouverait un tel rapport, aussi bien que les signes extérieurs d'affection. Mais le sourire de Narcissa était sincère et il pouvait distinguer l'éclat dans ses yeux.
Autre chose attira son attention. Sa main gauche était pâle et mince et sans aucun bijou. Pas même un anneau. Il fronça les sourcils tandis que ses pensées commençaient à résoudre cette énigme, et ceci même quand Narcissa était revenu et qu'ils avaient engagé la conversation. severus fut étonné de pouvoir répondre facilement aux questions légères.
Il parlèrent légèrement de beaucoup de sujets différents, assez longtemps avant que Narcissa ne s'excuse pour dire au-revoir à Draco avant de rentrer chez elle. Severus se retira dans ses appartements, se sentant curieusement détendu et attendant inexplicablement avec impatience la fête de la remise des diplômes.
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« Tu as joué ce soir, Draco. » chuchota Harry, frôlant la lèvre inférieure de son petit-ami du bout des doigts. Leurs fronts reposaient l'un contre l'autre et les bras de Draco entouraient Harry. Il étaient allongés dans le lit du blond, puisque aucun n'avait voulu se séparer de l'autre après une soirée si riche en émotions. « Je veux dire… Tu as vraiment joué. » reformula Harry. « C'est beau. » Draco sourit faiblement et embrassa le doigt de Harry qui caressait toujours sa lèvre.
« C'était une soirée de commencements, tu ne trouves pas ? » demanda le blond. Harry sourit, ses paupières commençant à tomber.
« De bons commencements. » corrigea Harry, les yeux presque complètement fermés.
« Shh… » chuchota Draco. Il bougea la tête pour embrasser la tempe de Harry. « Dors maintenant. » conseilla-t-il, souriant alors que Harry soupirait et se blottissait contre lui, dormant déjà à poings fermés. Draco ne pouvait pas s'endormir aussi rapidement. Il continua à penser comment il avait changé si rapidement. Il était là depuis septembre seulement, s'attendant à passer une année seul. Il n'y avait aucun indice qui aurait pu lui montrer ce qui allait arriver. Qu'il trouve quelqu'un qui serait capable de lui apporter autant que ce que Harry pouvait lui faire ressentir. Et cela associé au divorce de ses parents et le soutien si entier de sa mère. Il y avait tellement de changements, et Draco n'arrivait pas à croire à tous.
Il passa ses doigts à travers les cheveux doux et ébouriffés de Harry et il se demanda s'il devait abandonner tout ça pour retrouver son père. Il y avait un temps où son père était tout pour lui, mais maintenant…
Maintenant, tout avait un sens différent. Il aimait son père, et il lui manquait. Mais les choses avaient changé pour lui, les choses qu'il avait découvertes à propos de lui-même et les personnes qui étaient entrées dans sa vie étaient tout pour lui. Draco ne pouvait pas imaginer abandonner l'un d'eux pour quoi que ce soit. Et cela même pour le respect de son père.
À suivre
