Chapitre 12- A ma place

Pourrait il faire encore
Encore un effort
Un geste un pas
Un pas vers moi…

Axel Bauer & Zazie

Un mois ! Un mois à attendre, un mois pendant lequel j'avais patienté tant bien que mal que l'ami de Jeff, Jonathan, se décide à ne plus être malade. Qu'il se décide à réfléchir un peu quand je pourrais faire mon escapade dans le couloir. Qu'il se décide à contacter Jeff pour dire que : « Finalement, pas cette semaine peut être la suivante, faut voir aussi à quelle heure, et pourquoi et t'es certain qu'elle ne va pas lui faire de mal parce que sinon, je vais me faire virer et… » A la fin, il m'énervait à un point incroyable alors que je ne l'avais pas encore vu une seule fois !

J'avais également reçu un mail par semaine de Fred qui disait toujours la même chose et que je lisais uniquement dans le but de me rappeler les raisons pour lesquelles je l'avais quitté. Les filles m'écrivaient régulièrement aussi et je leur en étais reconnaissante car elles me permettaient de garder contact avec ma vie de l'autre coté de l'Atlantique. Même Nikky m'avait écrit, mais ce mail là, je préférais l'oublier. Elle n'avait pas pu s'empêcher de faire ses réflexions sur, je cite : « ton manque de capacités affectives et que tu aurais pu au moins revendre ton histoire aux tabloïds, ça t'aurait permis de t'arranger un peu ! Mais évidemment, il faudrait pour cela que tout ce que tu as raconté soit vrai…Ce dont je doute vraiment. Mais je comprends parfaitement que tu soies obligée de raconter de telles histoires pour te rendre intéressante» La seule réaction de Jeff quand il m'avait retrouvée chez moi en larmes et avec le mascara qui coule fut : « Non mais quelle pouffiasse cette fille !!! J'espère que tu ne crois pas à ce qu'elle raconte ? Tu sais ce que tu vaux et c'est largement suffisant ! Ce serait un mec, je dirais qu'il souffre du syndrome dit de la petite bite mais là je peux pas donc, elle est juste très conne ! Arrête de te morfondre chez toi, sors, bosse et tu l'oublieras cette abrutie première catégorie ! »

Ce n'est pas que j'étais restée inactive durant cette période loin de là. Je ne perdais pas de vue que je n'avais pas été envoyée ici juste pour courir après une star de cinéma qui m'avait peut être déjà oubliée. N'empêche que, régulièrement, c'est-à-dire trois fois par jour, je vérifiai sur le net que le tournage n'était pas encore fini et que Rob se trouvait toujours dans la même ville que moi. Je ne l'avais plus jamais revu dans le bar où je l'avais rencontré la première fois et j'étais cependant devenue une habituée des lieux. Jimmy, le barman, m'avait pourtant confié que Rob venait régulièrement ici avant mais qu'un soir, un photographe l'avait attendu à la sortie et que depuis, il n'était plus jamais revenu. C'était bien ma veine !

Pour m'empêcher de sombrer dans la déprime a plus totale, je m'étais donnée à fond pour mon job et j'avais déjà écrit une bonne partie de ce qui devait être mon article. J'avais eu un peu peur quand j'avais vu la longueur du papier que j'avais écrit pour relater ma visite à Staten Island et de la Statue de la Liberté. Mais Jacqueline m'avait rassurée en m'expliquant que mon reportage serait découpé en quatre parties de cinq pages chacune et que je n'avais pas à m'inquiéter pour ça. Elle partait toujours du principe qu'il «vaut toujours avoir trop que trop peu ». Et ça, à propos de n'importe quel sujet, que ce soit des fringues, de la nourriture…Ou de la taille des articles de ses journalistes !

C'est ainsi que j'avais visité le Métropolitan Muséum sans en voir le dixième tellement ce musée est immense. J'avais descendu la Cinquième avenue où j'avais admiré les boutiques de luxe et m'étais perdue en contemplation totale devant Tiffany. Jeff m'avait emmenée manger dans le restaurant de la tour Marriot Marquis, The View, qui tourne à 360°. J'avais traversé le pont de Brooklyn à pied et avais passé la journée à regarder le panorama, en trouvant un encore plus beau que le précédent dès que je faisais vingt mètres. Je m'étais baladée le long de l'East River et de l'Hudson. J'étais restée plantée des heures sur Time Square à regarder les écrans géants. J'avais pris pour habitude d'aller à Union Square me placer devant la statue de Georges Washington. Là, j'écrivais mes brouillons ou je rêvassais mais mes pensées m'amenaient toujours au même point : ce que j'allais dire à Rob quand je le reverrais…Une fois que Jonathan se serait décidé à m'aider évidemment. J'étais également devenue une habituée de chez Max Brenner ou le choix est tellement immense que j'avais l'impression, à chaque fois que j'y entrais, que Willy Wonka allait arriver. J'étais montée en haut de l'Empire State Building et après une file effrayante de par sa longueur, j'avais pu admirer New York dans toute sa splendeur. Jeff m'avait conseillé d'aller voir une pièce à Broadway et je l'avais invité à m'accompagner. Nous devenions de plus en plus proches. On était tous les deux fans de Sex and the city et je pensais qu'il était devenu mon « Stanford » mais en mieux habillé ! Il avait, sous ses allures d'analyste financier de Wall Street, un vrai cœur de midinette et il nous était arrivé plus d'une fois de nous retrouver en train de pleurer devant le dernier Meg Ryan. Il m'avait expliqué une fois la raison de sa gentillesse envers moi. On venait de regarder une fois de plus « Quand Harry rencontre Sally » et nous étions tous les deux en larmes, quand je lui demandais pourquoi il se donnait tout de mal.

« Je te l'ai déjà dit, j'ai une âme de chevalier ! »

« Tu ne peux pas être sérieux deux minutes s'il te plait Monsieur le chevalier ? Si à la limite, on se connaissait depuis des années, ok, ça tiendrait la route mais là…Il y a quelque chose qui cloche dans ton explication ! »

« Ok, j'avoue ! En fait,…Ne te moque pas hein ! Il y a déjà de cela pas mal de temps, j'étais amoureux. Un homme…parfait…Du moins pour moi. Sauf que je n'ai jamais osé lui dire ce que je ressentais pour lui. Et quand enfin je me suis décidé, ben, il était trop tard. Il avait rencontré quelqu'un et il parlait déjà de faire sa vie avec. Et moi, je me suis retrouvé là comme un con, avec en tête tout ce que je voulais lui dire mais j'ai pas osé. Je ne voulais pas gâcher son bonheur. Résultat, cet abruti est parti vivre à Hawaï avec l'autre. »

« Jeff, je suis désolée, vraiment, j'aurais pas du être si curieuse… »

« Bah, ça ne fait rien, je me suis habitué maintenant. Mais tu vois, il n'y a pas un jour où je me lève sans que je me demande ce que ça aurait pu donner si j'avais osé. Et c'est horrible, Élisa, parce que même si ça n'avait pas fonctionné, j'aurais été fixé mais, là, c'est presqu'impossible. »

« Je comprends, tu l'as tellement idéalisé que tu te dis qu'aucun autre n'arrivera à être aussi bien que lui ? »

« Oui, voilà et je sais que c'est ridicule, mais je ne veux pas que tu te retrouves comme moi. Alors, si je peux t'aider à revoir ton Rob, même si ça ne te mène nulle part, tu pourras passer à autre chose par après. »

«Merci Jeff, vraiment ! »

« Allez, c'est bon, le quart d'heure émotion est passé, rentre chez toi et on ne parle plus jamais de ça tu veux ?! »

Enfin, Jonathan s'était décidé et j'avais rendez vous avec lui cet après midi. Rob m'avait dit que s'il travaillait, il terminait à 17 heures. Comme je ne savais pas s'il était prévu dans le planning du tournage, je ne voulais pas prendre le risque de poireauter toute la journée sur son paillasson.

A 14h, je me présentai à l'entrée du personnel et je vis un homme fumant une cigarette à l'extérieur.

« Excusez moi mais, pourriez vous me dire si Jonathan est là ? »

« Ah ! Élisa je suppose ? » Je hochais la tête « Je suis Jonathan, je veux bien rendre service à Jeff mais si vous vous faites attraper, je ne suis responsable de rien, on ne s'est jamais vu, on ne se connaît pas ! D'accord ? » Non mais il croit quoi lui ? Que je vais me mettre à danser la macarena dans les couloirs ou que je vais me mettre à poil dans le hall ?

« Ok, pas de soucis, je ne compte pas me faire remarquer de toute façon ! »

« Oui ben ça, j'espère bien ! » Ooooh qu'il me gonfle déjà lui !

Nous pénétrâmes dans un couloir de béton et je suivais Jonathan de près, je ne voulais pas prendre le risque de me perdre ici. Enfin, nous arrivâmes devant une porte sur laquelle était inscrit « emergency exit » Il l'ouvrit et je pu apercevoir une volée d'escaliers. Euh…Non…Pas CA quand même ?!

« Je pensais que je pourrais utiliser l'ascenseur réservé au personnel… »

« Certainement pas ! Si un de me collègues vous voit, c'est fini et c'est le service de sécurité qui vous ramènera à la sortie. »

« Mais sa chambre est au 39e étage !!! » m'exclamais je

« Ca, c'est pas mon problème, c'est le votre ! Mais si vous voulez, on peut laisser tomber ! » Non mais ça va pas !?

« Bon ben, ça fera travailler mes jambes au moins » dis-je dans une tentative d'humour

« Ouais, ouais, c'est ça,...bon vous y allez ou pas ? » Bon, ok, toi t'es dans la catégorie « Gros Con » ! J'inspirais profondément et commençait mon ascension.

Il me fallut deux heures pour y arriver. Et une fois en haut, je me dis que plus jamais je ne le ferais. J'avais des crampes aux jambes et seule la pensée de revoir Rob m'avait motivée. Enfin, j'arrivais à son étage. Je poussais la porte et avançais tant bien que mal dans le couloir. Je m'arrêtais devant un miroir qui se trouvait là et je fus effrayée devant l'image qu'il me renvoyait. J'avais les cheveux en bataille, j'étais rouge, transpirante et débraillée. Bon, ok, le sport et moi ça fera toujours beaucoup plus que deux. J'essayais tant bien que mal de me refaire une beauté…enfin, plutôt de retrouver une apparence plus ou moins normale. Après quelques vaines tentatives, je renonçai à l'espoir d'apparaître sous mon meilleur jour, inspirai profondément et frappai à sa porte. Bon, il n'a peut être pas entendu. Deuxième fois…Toujours pas de réponse. Bon, allez, jamais deux sans trois…Toujours rien. Je collai mon oreille sur la porte, espérant entendre le moindre signe de vie qui me prouverait qu'il était là mais tout était silencieux. Je sortis mon téléphone de mon sac et appelai Jeff.

« Allo, Jeff ? »

« Ben non, c'est Georges Clooney et là je suis un peu occupé alors si tu… »

« Je ne suis pas d'humeur s'il te plait, j'ai besoin de ton aide là ! »

« Ok, ok, qu'est ce qu'il y a ? Il t'a claqué la porte au nez ? »

« Non pire ! »

« C'est Megan Fox qui a ouvert la porte ? »

« Non, pas du tout et si c'était le cas, je te signale que je serais à l'heure actuelle en taule pour lui avoir péter les dents ! »

« Ben alors dis moi ce qui se passe, je suis encore au boulot là et j'ai pas vraiment de temps pour… »

« Il n'est pas là ! Jeff, il n'est pas là, je fais quoi ? »

« Mais t'es bête ou quoi ? Tu l'attends évidemment ! Il est surement parti boire un verre après son boulot ou il a tout simplement été retenu sur son tournage ! Élisa, tu me fais quoi là ? Une crise subite d'imbécillité ??? »

« Je…Je suis désolée, j'ai paniqué, je suis tellement stressée que…Et puis, 39 étages à pied…Je dois manquer d'oxygène ! »

« Attend, Jonathan t'as vraiment fait grimper les 39 étages à pied ??? »

« Oui, il avait peur que quelqu'un me remarque et alerte la sécurité ! »

« Mais quelle andouille ! Attend un peu que je lui cause à celui là ! Bon, ma chérie, tu restes là, au besoin, si tu entends du bruit, tu te planques dans la cage d'escaliers mais tu ne quittes pas cet hôtel sans l'avoir revu…Ca fait un mois que tu attends ça, tu ne vas pas tout faire foirer à la dernière minute ! On est d'accord ? » Oui Ellen !

« On est d'accord, écoute, je t'appelle dés que j'ai du neuf, ok ? »

« Alors, t'as pas intérêt à m'appeler avant demain matin ! » dit il en raccrochant.

Au début, je restai debout, en étant attentive au moindre bruit mais au bout de deux heures d'attente, je décidai de m'installer un peu plus confortablement. J'étais vraiment sur le paillasson de Robert Pattinson…Non mais quelle gêne ! Après encore une heure, la gêne était partie et je jouais avec le bouchon de ma bouteille d'eau qui était vide depuis longtemps. Après avoir compté le nombre de ligne qui garnissaient la moquette, j'appuyais ma tête contre la porte et fermai les yeux…Histoire de réfléchir une fois de plus à ce que j'allais lui dire quand il me trouverait avachie devant sa porte.

La première chose qui me vint à l'esprit quand je m'éveillai fut que la moquette du Four Seasons était vraiment confortable. La deuxième fut que je n'étais pas sur la moquette du Four Seasons. La troisième, quand j'ouvris les yeux, que je n'étais pas chez moi non plus.


Merci à aleex16(on va bientôt le savoir !)annecullen69(Jeff est quand même mieux fringué qu'Huggie ! ^^)Twilight007, mamoure21,carice21(quand il s'agit de Rob, l'obsédée qui sommeille en moi resort aussi ;-))Samara83,Emma555(Mouahahaha, je suis la reine du supspense !!!XD)ZsaZsaZsu1986 (je ne le prend pas mal, moi, du moment que c'est constructif, et ta remarque l'est donc, je vais essayer d'améliorer ça pour le prochain lemon ^^)et labelle7711 (elle a peur la pauvre, c'est tout ^^) et ainsi qu'à tous les autres qui m'ont ajoutées en story alert, même s'ils ne me laissent pas de reviews...Vous avez pas encore compris que j'adorais ça ??? ;-)