Mea culpa mes publications sont de plus en plus longues. Pardon à toutes mes lectrices : travail, travail.

Bref, bonne lecture.


Non, mais il se foutait de nous le Moyashi !

Je dois avouer que son comportement me rendait perplexe. Mais je n'arrivais pas à avaler le fait qu'il ait pu fouiller dans mon passé de cette manière, et ça me mettait dans une rage folle. D'un autre côté l'avoir vu pleurer devant moi me faisait me sentir mal à l'aise. Son changement d'humeur avait été trop brusque pour que je puisse m'adapter. Malgré tout, sa dernière question avait ravivé ma colère à son égard.

- Tu te fous de nous ! hurlais-je, à bout de patience en me levant et en l'attrapant par le col pour le plaquer contre le mur. Et ne crois pas que tu puisses t'échapper aussi facilement que la dernière fois, le prévins-je.

Pour une fois, Lenalee ne réagit pas, si ce n'est un léger sursaut. Elle aussi voulait savoir, quitte à nous laisser, à Lavi et à moi, le champ libre pour déverser notre fureur sur le blandin.

- Qu'est ce que tu nous racontes encore, grinçais-je. Ne nous prend pas pour des imbéciles, tu nous suffisamment mené en bateau comme ça ! Maintenant nous voulons des réponses, claires et précises. Peut importe tes mises en garde, je veux savoir ce que tu caches !

Je le sentis trembler dans ma poigne et je regardais attentivement son visage. Il riait. Comme un imbécile, il riait alors qu'il n'était pas dans une position qui prêtait à rire. J'accentuais ma prise sur son col, et de mon autre main j'attrapais son bras bandé. Il ne grimaça même pas, mais cessa de rire pour me regarder dans les yeux avec un large sourire sur le visage.

- Vous ne me croirez jamais, si vous ne répondez pas à cette simple question, lâcha-t-il.

- Eh bien, non je n'y crois pas, répliquais-je avec acidité.

- Nous, non plus, renchérit Lavi dans mon dos, ayant gardé un peu plus de sang froid que moi.

Je revins vers le visage du Moyashi. Il soupira avant de dire :

- Je crois que je vais laisser tomber les longs discours et vous montrer la réalité, fit-il avec fatalisme. Kanda, veux tu bien retirer mes bandages ? Ou alors tu me lâches pour que je puisse le faire moi-même…

Je le laissais revenir au sol, tandis qu'il retirait habilement les bandages qui recouvraient son bras de son épaule jusqu'au bout des doigts de son bras gauche. Alors que les pansements tombaient au sol, nous vîmes apparaître d'étranges signes sur son épaule puis son bras d'un noir d'encre, comme s'il l'avait plongé dans du pétrole, et enfin sa main gauche. Un crucifix vert luisait doucement, inséré dans le dos de sa paume alors que ses doigts ressemblaient plus facilement à ceux d'une poupée qu'à ceux d'un humain. Chaque articulation saillait comme si ses doigts étaient un assemblage de plusieurs parties fixes. Mais ce n'était pas ça que cachaient les bandages, mais l'affreuse entaille qui barrait profondément son bras, comme s'il avait paré une lame tranchante avec son bras. Je devais avouer que l'apparence de son bras me surprenait plus que je ne l'avouerais.

- Normalement, je devrais attendre encore un peu avant de l'activer, pour que les nerfs soient bien remis en place, mais une démonstration vaut mieux qu'un long discours, n'est ce pas ? déclara Allen avec calme avant de murmurer : Innocence, activation !

Aussitôt son bras, ou plutôt ses doigts s'allongèrent pour laisser place à une énorme main griffue dont chaque griffe constituait une longue lame tranchante, chacune faisant facilement 20 cm de long. Allen grimaça, l'opération semblant ne pas s'effectuer sans douleur.

J'étais muet de stupeur, tout comme Lenalee et ce fut Lavi qui demanda :

- Mais qu'est ce que c'est que ça ?‼!

- Mon arme, répondit simplement Allen en faisant disparaître son bras aussi vite qu'il l'avait montré.

Il ramassa ses bandages et entreprit de refaire les pansements, en grimaçant assez. La plaie s'était mise à saigner relativement abondamment, mais Allen n'avait pas l'air de s'en soucier particulièrement.

- Elle me sert à exorciser les âmes qui restent ici au lieu d'aller au ciel. Je suis un Exorciste.

- Tu te moques de nous, bégaya nerveusement Lavi. C'est une blague !

- Non. Vous m'avez demandé ce que je faisais et je vous ai répondu, après libres à vous de me croire ou pas. Mais sachez néanmoins que si vous refusez de me croire et de me suivre, vous aurez la mémoire effacée, car moins il y a de personnes au courant de l'existence de notre existence, plus nous serons protégés. Surtout en ce moment où nous devons faire face à un ennemi extrêmement agressif. Ils ont déjà tué une dizaine d'Exorciste, sans compter un de nos chefs, un Maréchal.

- Co-comment ton bras est-il devenu comme ça ? fit Lenalee, proprement effrayé.

Il lui fit un sourire las :

- Je suis né avec. Du moins c'est ce que je crois. D'ailleurs je suis le seul exorciste dans ce cas, les autres sont confrontés à l'Innocence, la matière dont est faite mon arme, que lorsqu'ils entrent à la Congrégation. Il existe différent types d'armes, la mienne étant intégrée à mon propre corps, on appelle ça une arme symbiotique. C'est relativement rare, le type équipement étant plus courant. Les personnes ayant disparues au lycée sont reliées à notre organisation. Chaoji Han était un nouvel exorciste, de même que Mlle Lotto, ils ont disparus sans qu'on sache ce qui est advenu d'eux. De même que M Chan, il faisait partie de la section scientifique qui fait des recherches sur l'Innocence. M Dark est mort, nous avons retrouvé son corps dans une ruelle il n'y a pas si longtemps, son innocence détruite et retiré de son corps, puisqu'il était, comme moi symbiotique. Si je crois que les Jasdavid sont impliqués dans cette histoire, c'est tout simplement parce que certains exorcistes avaient parlé de jumeaux maléfiques. De plus les choses bougent de plus en plus au QG et il ne fait pas bon d'en faire partie par les temps qui courent.

Nous prîmes le temps d'assimiler les informations qu'il venait de nous fournir.

- Non, fit Lenalee d'une toute petite voix, je voulais dire, comment as-tu reçu cette horrible plaie qui barre ton bras ?

- Oh, ça ? fit-il en haussant les épaules. Les esprits frappeurs sont assez habiles pour déplacer les objets s'ils se concentrent suffisamment dessus. Manque de bol pour moi, le propriétaire de la maison qui était hanté par cet esprit frappeur possédait une belle collection de katanas et cet énergumène s'en est servi contre moi. Je n'ai fait que parer la lame pour pouvoir l'attraper et l'exorciser au plus vite.

- Tu n'as toujours pas répondu à ma question, lui rappelais-je soudain avec colère. Comment es tu au courant pour mes parents ?

- Je t'ai déjà répondu mais tu ne m'as pas écouté, répliqua mollement Allen. Je peux voir l'âme des morts aussi bien que je peux vous voir. Je peux aussi détecter autour d'une personne vivante si elle eut des décès dans sa famille. Plus la mort est traumatisante et revient régulièrement hanté l'esprit de la personne, plus je peux avoir de détails sur cette mort. Quand je regarde quelqu'un c'est la première chose que je vois chez lui et c'est comme ça que j'ai appris pour vos familles respectives. Quant à toi, ajouta-t-il en s'asseyant à nouveau sur sa chaise tandis que je restais debout, il semblerait que récemment la mort de tes parents te tourmente plus que de coutume… C'est d'autant plus flagrant pour moi que tu ne dis rien le reste du temps et que tu gardes beaucoup de choses renfermées : ça augmente ton ressenti des choses et donc la vision que je peux avoir de la mort de tes parents, reprit-il en croisant les bras. Vous avez eu les réponses que vous vouliez, maintenant qu'est ce que vous comptez faire ?

Un silence pensif répondit à sa question avant d'être troublé par la porte de l'appartement qui venait de heurter le mur.

- Où es tu baka deshi ? beugla un homme dans l'entrée.

Je vis Allen froncer les sourcils, agacé, une veine palpitant le long de sa tempe, mais il ne bougea pas d'un pouce.

Puis nous vîmes débouler un homme à la forte carrure. Il avait de longs cheveux flamboyant qu'il laissait libres dans son dos, et portait un long manteau noir qui allait jusqu'à ses chevilles. Un chapeau à large bord était posé sur sa tête. S'il n'avait pas eu un demi-masque lui mangeant la partie droite de son visage, laissant une fine paire de lunettes apparaître malgré tout, cet homme n'aurait pas été particulièrement étrange. Toujours est-il qu'il débarqua sans autre forme de procès dans la pièce qui était jusqu'à présent plongée dans le silence.

- Qu'est ce que vous me voulez ? répliqua agressivement Allen sans daigner le regarder.

- Il me faut tes yeux, maintenant, déclara l'homme avant de s'arrêter pour nous dévisager.

Un fin sourire, que je qualifierais de carnassier, s'étira sur ses lèvres lorsqu'il vit Lenalee, à qui il s'empressa de venir baiser la main. La chinoise rougit tandis qu'Allen se levait prestement pour donner un coup sur la tête de l'intrus.

- Arrêtez de faire ces idioties, lança fermement le blandin.

L'autre lui lança un regard noir, qui n'avait rien à envier aux miens, avant de répliquer :

- Un bon à rien comme toi ne devrait pas à avoir à répliquer quoi que ce soit. Tu viens avec moi immédiatement. Tu continueras ton recrutement plus tard.

Et il empoigna Allen sans lui demander son avis ou le nôtre et ressortit de l'appartement aussi vite qu'il était arrivé.


- Qui c'était ce type ? demandais-je à mes amis qui restaient bouche bée.

- Je n'en sais rien, avoua Lavi. Je crois que ça peut être son parrain, Marian Cross mais je n'en suis pas sûr car je n'ai aucune information précise sur Allen.

Lavi resta un moment silencieux avant de demander :

- Alors qu'est ce que vous pensez de l'explication d'Allen ?

- Sa main était réelle, fit Lenalee d'une toute petite voix. Le sang qui coulait était réel, ajouta-t-elle en désignant une goutte de sang qui était tombée par terre à côté d'un masque argenté et d'une cape blanche.

- J'ai du mal à croire qu'il se soit donné tout ce mal à mentir, renchérit Lavi pensif. Mais son histoire est vraiment tirée par les cheveux, je ne sais pas comment le prendre…

- J'ai du mal à l'accepter, mais il savait pour mes parents et même si je dois entrer dans son organisation de pacotille pour savoir la vérité, je veux savoir comment il est au courant. Je n'y crois pas à son histoire de fantômes. Même si je dois avouer que c'est trop tiré par les cheveux pour être le fruit de son imagination…

Nous restâmes longtemps silencieux avant que Lavi ne se décide à se lever. Il alla vers les pièces que nous n'avions pas visitées.

- Qu'est ce que tu fais ? demanda Lenalee.

- Il nous a laissé son appart', autant en profiter pour en apprendre le plus sur lui par nos propres moyens…

- Tu ne vas tout de même pas fouiller ! s'écria-t-elle alors qu'un sourire de loup se dessinait sur le visage du borgne.

- Tu ne crois pas si bien dire…

Un sourire vint étirer mes lèvres alors que je le suivais aussi vers les chambres. De mauvaise grâce, Lenalee nous suivit.

La première porte que nous ouvrîmes fut celle de la salle de bain. Rien de particulier, mais en ouvrant les placards nous vîmes plus de bandages et autres compresses que de serviettes. Après ce fut une chambre, apparemment rarement utilisée, puisque le lit était fait et ne semblait jamais avoir été défait. Une valise pleine de poussière traînait dans un coin de la pièce et l'armoire était vide, en dehors de quelques cadavres de bouteilles, elles aussi recouvertes de poussières.

La dernière place restante semblait plus vivante. Le lit n'était pas fait, un sac de cours gisait à côté d'un bureau rempli de papiers et cahiers de cours. Quelques livres ornaient une minuscule étagère en tête de lit et l'armoire était pleine de chemises et pantalons qui appartenaient à Allen. Après un examen minutieux nous trouvâmes sous le lit, une petite boîte à chaussure.

Après un instant d'hésitation Lavi décida de l'ouvrir. A l'intérieur nous trouvâmes trois balles de jonglerie, une boîte de maquillage et une vieille montre cassée. Aucune photo, aucun message. Le mystère d'Allen ne s'éclaircissait pas mais au contraire se complexifiait. Il n'y avait rien de plus personnel dans la pièce, aussi nous revînmes dans le salon. Lavi se précipita alors dans le vestibule et prit la pile de courrier. La plupart des lettres n'étaient pas ouvertes, mais celles qui l'étaient contenaient de nombreuses factures, dont les prix étaient assez prohibitifs. Toutes pour de l'alcool ou des hôtels, toutes au nom d'Allen.

- Ca en fait de l'argent…murmura Lenalee. Toutes sont des lettres de créances ?

- Si tu te souviens bien, il a dit quelque chose du genre quand nous avons croisé les jumeaux, fit remarquer Lavi. Comme quoi il était ravi que les Jasdavid aient diminué ses dépenses… Il semble que son parrain s'amuse à lui laisser ses dettes.

- Rien, marmonnais-je. Il n'y a rien qui puisse nous expliquer ce qu'il fait. Cet appart est vide…

- T'as l'air d'être déçu, fit Lavi avec un sourire en coin. Tu veux à ce point en apprendre plus sur l'anglais ?

- Ferme-la, répliquais-je sèchement. Il sait des choses qu'il ne devrait pas savoir, et nous ignorons toujours ce qu'il fait exactement.

- Et… et s'il disait la vérité ? fit pensivement Lenalee. Je sais c'est parfaitement abracadabrant mais je n'avais pas l'impression qu'il nous mentait, se justifia-t-elle.

- Mouais, lâcha Lavi. Mais je vais te dire une bonne chose, je suis comme St Thomas, je ne crois que ce que je vois. Donc tant que je ne verrais pas ses soi-disant fantômes, je ne croirais pas à son histoire.

- Alors qu'est ce qu'on fait ? demandais-je aigrement. Tel que c'est parti, il y a peu de chances qu'il revienne de suite, et personnellement je n'ai pas envie d'attendre des lustres qu'il rentre.

- Il a dit que demain il reviendrait en cours, fit Lavi. On avisera demain et s'il ne vient pas on revient ici jusqu'à ce qu'il se pointe, ça vous va ?

Lenalee acquiesça et je fis de même. D'un commun accord nous partîmes, non sans jeter un dernier regard dans l'appartement.


Je ne suis pas totalement satisfaite de ce chapitre parce que ça traîne en longueur mais je voulais absolument placer Cross qui débarque en plein milieu de la discussion et qui embarque Allen sans lui demandé son avis.

J'espère malgré tout que ce chapitre vous a plu !