12. Triplement défié
Harry avait fait la grasse matinée dans la tente, mais il n'y avait aucun signe de Draco et il y avait un remarquable manque de café. Est-ce qu'il avait dû faire des heures supplémentaires ? Est-ce qu'il n'était pas du tout allé travailler la nuit dernière ? Harry avait l'impression d'être revenu en Sixième Année, passant la Carte des Maraudeurs au peigne fin pour trouver le petit point Draco, en vain.
Le sommeil n'avait pas enlevé ce sentiment désagréable dans sa poitrine de la nuit dernière. Au contraire, ça l'avait amplifié. Maintenant, il savait pourquoi.
Les lettres. L' « abonnement » comme Draco les avait appelées. Le blond n'était pas encore au courant. Draco était là, avouant ses meurtres, et Harry ne pouvait même pas se résoudre à admettre quelque chose d'aussi simple qu'avoir ouvert une lettre. Draco avait raison. Il était hypocrite.
Etant donné le récent fiasco cauchemardesque, il pouvait probablement culpabiliser Draco pour ne pas étriper George. Il perdrait peut-être son autre oreille. Harry était toujours assez en colère contre George pour rire à cette pensée, pendant quelques secondes, au moins. En y réfléchissant bien, George aurait probablement apprécié cette réaction.
Harry se calma, pensant à ce que Draco pourrait dire sur le fait qu'il lui ait menti pendant des mois. Pourquoi est-ce que ça avait une importance ? Ils avaient échangé des insultes pendant la plupart de leur vie. La seule différence maintenant, était qu'ils les appelaient les préliminaires.
Puis il y avait cette première lettre…
Peut-être que Draco saurait d'où elle vient.
Lorsqu'Harry arriva au travail, il trouva un Vin Rouge sur son bureau avec une note « Pour les relations entre meilleurs amis ». De l'autre côté de la pièce, Ron leva les yeux des papiers sur lesquels il travaillait et lui offrit un sourire.
Aucun d'eux ne réussit à travailler pendant toute l'heure suivante. Au lieu de travailler, ils ensorcellèrent la plume de Brian à écrire « Tarte à la Noix de Pécan » chaque fois qu'il essayait d'écrire le mot « Auror ». Ils espionnèrent le remplaçant de Gregson, Lestrade, enregistrant toute activité suspecte au cas où il se révélerait être un psychopathe. Leurs deux farces entrèrent en collision lorsque Lestrade força un Brian horrifié à cirer ses chaussures après que l'interne l'ait appelé « Tarte à la Noix de Pécan Lestrade » dans une note pour la troisième fois.
Même alors qu'Harry riait aux côtés de Ron, Harry se rendait compte avec difficulté qu'il y avait une autre personne à qui il avait menti pendant des mois. Alors que Ron alla aux toilettes, Harry prit note de remédier ça le plus rapidement possible. Demain, peut-être. Si on prenait les choses du bon côté, si Draco l'avait plaqué, ça aurait rendu les choses plus faciles.
Il marqua un temps d'arrêt lorsqu'il repéra le blond hors de son bureau, armé de son sourire caractéristique.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Harry.
Il était un peu inquiet mais toujours aussi incapable d'empêcher un sourire d'envahir son visage à la vue de Draco. Il semblait mieux que la nuit dernière. Peut-être était-ce l'uniforme. Ridicule ? Ha.
- Je travaille, répondit Draco en montrant son kit à outils. Ils m'ont promu à un job de journée.
- Je ne savais pas que tu avais donné ta candidature. Félicitations ! s'exclama Harry alors que les pièces s'assemblèrent dans sa tête. C'est pour ça que tu étais au Ministère l'autre jour ! Euh, comment tu as entendu ce que j'ai dit dans mon bureau, je veux dire. Pas la – l'autre partie.
Draco hocha la tête, puis regarda avec appréhension derrière lui.
- A propos de la nuit dernière… commença Draco.
- Pas maintenant, coupa Harry. Pas ici. Ce soir. Nous pouvons fêter ta promotion. Tourner la page. Avouer toutes les autres choses qui nous posent problème.
Il espéra que ça ne sonnait pas trop inquiétant.
Le silence prit la suite de la conversation. Même si Harry savait qu'il ne restait plus beaucoup de temps avant que Ron ne revienne, il ne voulait pas que Draco parte déjà. Un sourire s'étendit sur son visage.
- Hé, fit Harry. On n'aura pas à petit-déjeuner pour le dîner, pour une fois.
- Merci Merlin, répondit Draco en levant les yeux au ciel. Je ne sais pas si j'aurais pu supporter encore longtemps cette infernale nourriture pour chiens Moldue que tu me donnais à manger.
- Les Coco Pops sont délicieux !
Hermione avait la théorie selon laquelle son choix de céréales était une triste tentative à reprendre son enfance des Dursley plutôt que le reflet de ses vrais goûts culinaires. Harry avait la théorie selon laquelle avoir des parents dentistes disqualifiait leurs enfants de faire des commentaires à propos d'enfants privés de sucre.
- On a l'impression que tu manges ta propre merde, répondit Draco, plein de dignité.
Voilà pour les Coco Pops. Il n'en mangera plus jamais.
- C'est pour ça que Weasley s'est précipité aux toilettes ? Tu l'as aussi empoisonné ?
- Disons seulement que je n'aurais probablement pas dû lui faire goûter le Vin Rouge, dit Harry. Tu devrais y aller. On ne voudrait pas que tu te fasses virer pour ton tout premier jour.
- Je ne sais pas, lança Draco par-dessus son épaule alors qu'il quitta le bureau. Plusieurs façons assez tentantes me sont venues à l'esprit.
Lorsque Ron revint, ce fut au tour d'Harry d'aller aux toilettes.
Il était à peine cinq heures lorsqu'Harry entendit la Cheminée s'allumer.
- Tu es arrivé tôt, appela-t-il, lançant un œil à l'horloge. Pourquoi tu as utilisé la Cheminée ? Les barrières sont activées, c'est – Il tourna au coin et trouva Ron et Hermione, debout au milieu de son salon, Hermione avec un plat couvert de papier aluminium posé sur son ventre arrondi. Gombo. Le dîner qu'ils avaient planifié deux semaines auparavant. Oh. – ça ?
- Je te l'ai dit, ce n'est pas bien de transplaner durant les trois derniers mois, répondit Hermione en humant l'air. Kreattur ne s'est pas embêté à faire quoi que ce soit pour nous, si ?
[En anglais, il n'y a pas de différence entre « tu » et « vous », du coup, Ron et Hermione n'ont pas remarqué qu'Harry pensait parler à Draco.]
- Non, dit Harry. Je me suis essayé à – bah, ça n'a aucune importance. Pourquoi est-ce que vous ne rentreriez pas ?
Peut-être qu'il aurait le temps d'envoyer un hibou à Draco avant que le blond ne parte du Ministère.
- Par Merlin, s'écria Ron les yeux écarquillés, Harry, tu as cuisiné ?
- Euh, en quelque sorte.
Comment avait-il oublié leurs plans ? Pour être honnête, ces deux semaines avaient été délirantes, d'abord avec la mission qui était allée de travers, puis la visite de Teddy, puis, eh bien, tout ce qui s'était passé avec Draco. Il avait presque l'impression d'avoir vécu une double-vie les quelques derniers mois. Ce n'était pas comme s'il l'avait intentionnellement caché à Ron et Hermione, mais au début, il ne savait pas si quelque chose en ressortirait, et il n'était pas nécessaire de prendre la tête de Ron juste pour quelques dîners. Il aurait difficilement pu parler de leurs dispositions pour dormir sans mentionner les cauchemars de Draco, et ça aurait certainement mis fin à leur relation. Et après ça – eh bien, il ne pouvait pas y avoir une fin sans un début, si ?
- Et tu as rénové la maison ! s'écria Hermione en regardant fixement le nouveau décor d'un air incrédule. Je t'ai harcelé pendant des années pour que tu te débarrasses de ces horribles têtes d'Elfes, ajouta-t-elle en lui lançant un regard pénétrant. Quelque chose s'est passée. Je t'ai dit qu'il avait quelque chose de différent !
- Ça ne veut pas dire qu'il voit quelqu'un, soutint Ron. Elle s'est mise l'idée dans la tête que tu vois quelqu'un. Je lui ai dit que je l'aurais remarqué.
Pauvre Ron. Harry avait le sentiment que le rouquin s'attendait encore inconsciemment qu'il demande Ginny en mariage lors de son mariage à Dean Thomas l'été dernier. Ou peut-être Charlie. Les compétences d'entremetteurs de Ron étaient assez limitées, mais ça ne l'empêchait pas d'essayer. Pour rendre Harry heureux, qu'il prétendait.
- Ronald, la table est mise pour deux, dit Hermione, exaspérée. Et ce n'est pas la veste d'Harry sur le porte-manteau là-bas.
- Alors à qui elle est ? demanda Ron en fronçant les sourcils.
Ils le fixaient tous deux du regard maintenant, attendant une réponse. Harry ouvrit la bouche.
La porte d'entrée claqua.
- Tu as encore oublié de vérifier le courrier ! Celui-là semble avoir été dehors pendant des jours.
Ron fronça les sourcils, essayant de remettre la voix familière. Hermione se contenta de lancer à Harry une version résignée de son regard de Je-Sais-Tout. Harry décida d'étudier ses lacets de chaussures.
La voix de Draco devenait plus forte alors qu'il approchait.
- Peux-tu croire que je suis en fait payé moins pour travailler dans la journée ? Promotion ? Ha ! Et il ferait mieux de ne pas y avoir de cornflakes qui m'attendent sur la table parce que j'ai eu beaucoup de temps pour trouver des métaphores qui vont te dégoûter de ta nourriture pour – oh, fit Draco alors qu'il entrait dans la cuisine pour trouver Ron et Hermione le regardant bouche bée. Tu aurais dû me dire que Weasley passait. Il fait le boulot pour moi.
- Non. Pas. Possible, dit Ron, ayant l'air sur le point de rendre son repas. Pas lui. Dis-moi que ce n'est pas lui, Harry !
- Peut-être que vous devriez vous asseoir, dit Harry.
- Putain, Harry ? s'écria Ron en tapant du poing sur la table. Tu es devenu fou ? Il t'a ensorcelé ou quelque chose ?
- Il ne m'a rien fait.
- Je ne dirai pas vraiment ça, dit Draco, passant son bras sur les épaules d'Harry et fit un sourire de mépris à Ron, comme lorsqu'il était de nouveau en Quatrième Année, portant un de ses badges Potter Pue.
- Pas maintenant, Draco… fit Harry en réprimant l'envie de lever les yeux au ciel.
- Depuis quand est-ce que – ça – ça dure ? dit Ron, après avoir eu un haut-le-cœur.
- Deux semaines, répondit Harry alors que Draco disait « Septembre. »
Ils échangèrent un regard. Le sourire de Draco ne s'effaça pas, mais Harry put voir un éclair de doute passer sur son visage. Oups.
- Septembre ! explosa Ron, ne se rendant pas compte de l'échange silencieux. Tu couches avec le furet depuis – Il compta sur ses doigts, marmonnant dans sa barbe, - six, sept, sept mois !
- Je dors avec lui depuis trois mois, mais je ne couche avec lui que depuis deux semaines, corrigea Harry, alors que les doigts de Draco se serrèrent sur son épaule. C'est une assez longue histoire.
[en anglais « sleep with him » signifie à la fois « dormir avec lui » et « coucher avec lui »]
- Peut-être qu'on pourrait régler ça en mangeant, suggéra Hermione, remarquablement calme pour quelqu'un qui venait juste de découvrir que leur Némésis d'école, le neveu de la femme qui l'avait torturée sortait avec son meilleur ami. D'un autre côté, elle a toujours été perspicace.
- Comme s'il mangerait quoi que ce soit que tu as cuisiné, se moqua Ron.
- Je mangerai le plat de Granger.
Draco fourra une fourchetée de gombo dans sa bouche.
- Tu vois ? Mmmm – hmph –
Il cracha la bouchée et commença à s'étouffer.
- Oh, c'est mature, dit Ron en levant les yeux au ciel. De quoi tu as peur, des cooties Moldues ?
[Vous vous souvenez, Scorpius en avait parlé, lors de l'incident avec Gregson, maladie imaginaire que les enfants s'imaginent avoir au contact de personnes différentes]
- Ron ! le gronda Hermione.
Harry leva les yeux au ciel alors que Draco continua à tousser.
- Ok, Draco, on a compris. C'est ass – Draco !
La langue de Draco enflait. Il tomba à genoux, se griffant la gorge. Harry lançait déjà un sort sur le gombo pour vérifier la présence de poisons, lorsqu'il sentit Draco s'agripper à ses robes, secouant la tête et pointant vers un bout de nourriture sur le sol. Crevette. Quelque chose que Draco lui avait dit lors de leur premier dîner, quelque chose à laquelle il avait levé les yeux au ciel, lui revint à l'esprit : Je suis allergique aux crevettes.
Le souffle d'Harry fut coupé. Dans le fond, il entendait Hermione suffoquer soudainement. Est-ce qu'elle savait ? Elle disait quelque chose presque trop doucement pour l'entendre – « Prends une profonde inspiration. » A Ron ?
De sa position au sol, Draco la regardait avec une envie de meurtre. Harry pouvait lire la réponse dans ses yeux : Bien sûr, Granger, une profonde inspiration va me sauver d'un étouffement mortel.
- Tu as un EpiPen? demanda Harry en l'attirant plus près de lui.
[Marque d'adrénaline auto-injectable, je pense que peu de gens connaissent ? Ou alors il n'y a que moi…]
Même en s'étouffant, Draco réussit à créer un regard Qu'Est-Ce Que Par Merlin Est un Stylo, et Pourquoi Est-Ce Qu'On Est En Train De Parler De Ses Problèmes de Vessie Pendant Que Je Suis Occupé à M'Étouffer ?
[Alors, dans Epipen on a « pee » qui signifie « pipi » et « pen », je pense que vous le savez, est un « stylo ».]
- Harry, commença Hermione.
Il aida Draco à se lever et rencontra le regard d'Hermione.
- Nous devons aller à Ste Mangouste, dirent-ils en même temps.
- Il est allergique aux crevettes, expliqua Harry.
- J'ai perdu les eaux, dit Hermione.
Ron faisait les cent pas avec agitation dans la salle d'attente. Hermione, d'un mouvement qui rappela à Harry, Molly Weasley, avait chassé son mari de la salle d'opération après les cinq premières minutes. Harry ne savait pas ce qui s'était produit durant ce temps, et avait, très judicieusement, décidé de ne pas demander à Ron ce que signifiaient les tulipes qui sortaient de ses oreilles.
Un pas. Un pas. Un pas. Virement à gauche.
- Je jure que si l'allergie aux crustacés de ce connard fait que mon bébé soit déformée d'une façon ou d'une autre…
- Hermione va bien, dit Harry automatiquement.
Ron fit quelques pas de plus, puis secoua sa tête.
- C'est tellement aristocrate d'être allergique aux crevettes ! Je veux dire, qui a déjà entendu parler d'une réaction allergique aux crevettes ?
- Pas les docteurs, marmonna Harry, les mains pressées contre ses jambes.
- Si seulement on avait su à Poudlard, on aurait pu… s'interrompit Ron en jetant un œil à l'expression d'Harry. Euh, essayer le Crache-Limaces avec une baguette qui marche vraiment ?
- Les limaces ressemblent beaucoup aux crevettes, non ? dit Harry en se redressant.
- Ils n'ont sûrement pas le même goût, ça c'est sûr.
- Tu crois qu'il aurait pu avoir une réaction allergique aux limaces ?
Ron le regarda bizarrement.
- C'est sérieux entre vous, non ? demanda Ron.
Lorsqu'Harry hocha la tête, Ron s'écroula dans le siège à côté de lui.
- Quand est-ce que tu allais nous en parler, Harry ?
- Ça va sembler vraiment horrible, tressaillit Harry, mais demain.
- Ça semble horrible peu importe ce que tu dis, fit remarquer Ron.
Harry laissa ses mains glisser le long de ses jambes.
- Je n'avais pas l'intention de te le cacher Ron. Je ne savais juste pas ce que ça c'était. Tu as tourné autour d'Hermione pendant des années.
- Ne compare pas Draco Malfoy à ma femme, avertit Ron. Comment c'est arrivé ? demanda-t-il avant d'écarquiller ses yeux. S'il-te-plaît, ne me dis pas qu'il est le « quelqu'un » qui a avoué avoir tué vingt-cinq personnes.
Avant qu'Harry ne puisse parler, Ron répondit lui-même à sa question.
- Attends. Tu as dit que je ne connaissais pas la personne. Donc ça ne peut pas être lui.
Harry ne corrigea pas son erreur. Même s'ils étaient dans un hôpital, ce n'était en aucun cas nécessaire que Ron fasse un arrêt cardiaque.
- Comment c'est arrivé, alors ? continua Ron ? C'était les lettres ?
- Il, euh, n'est pas vraiment au courant.
- Qu'est-ce que tu veux dire, il n'est pas au courant ? demanda Ron, paraissant choqué. Il a écrit ces foutus trucs !
- Non, soupira Harry, ton frère les a écrits.
- Par Merlin ! Je savais que George riait trop fort lorsque je lui ai montré la première lettre. J'aurai dû savoir qu'il se moquait de moi.
- En fait…
- Ne me dis pas que c'est Percy ! s'écria Ron en le regardant bouche bée. Il ne peut même pas faire des blagues toc-toc.
- Non, c'était George. Seulement, pas la première lettre.
- Tu veux dire que Malfoy a en fait envoyé cette lettre ?
- … Peut-être ?
- Peut-être ? Tu vis avec lui depuis des mois, et tout ce que tu peux répondre est peut-être ? fit Ron en secouant la tête. Et tu croyais qu'Hermione et moi étions bouchés !
- Je croyais qu'on était pas supposé comparer Draco à Hermione, dit Harry, un sourire moqueur sur son visage.
- Je suis pas – il – écoute, bredouilla Ron, je n'aime ni ne déteste même particulièrement ce connard, tout ce que je veux c'est que tu sois heureux. Tu sais ça, pas vrai ?
- Si tu es un père à moitié aussi bon que tu n'es un ami, tu auras une enfant chanceuse, dit Harry en lui donnant une tape dans le dos.
- Peut-être deux, dit Ron. J'ai toujours cru que deux était un bon chiffre. Et je ne crois pas qu'Hermione me pardonnerait si on en avait sept.
- Au moins, c'est une chose dont je n'ai pas à me préoccuper, fit remarquer Harry d'un ton sec.
Plus tôt, dans sa vie, si le Miroir du Riséd lui avait montré Cho et lui entourés de hordes d'enfants, il aurait peut-être pris cela pour une malédiction. Plus maintenant. Il y avait déjà tant de choses à se préoccuper.
Ce n'était pas la première fois qu'il avait vu Draco presque mourir – merde, il en avait même été la cause, certaines de ces fois – mais Harry était déterminé à ce que ce soit la dernière. Penser à la réaction de Draco lorsqu'il apprendrait l'existence des lettres, n'était plus autant angoissant, pas après avoir entendu Draco s'étouffer. Évidemment, ça pourrait être parce que Draco ne pouvait pas vraiment lui crier dessus avec une langue enflée.
Quelque chose se froissa derrière lui. Au moment où Harry se tourna, Ron avait enlevé l'aluminium du plat d'Hermione et était en train de fourrer des fourchetées de gombo dans sa bouche. Il haussa les épaules sans conviction.
- T'en veux ? demanda Ron.
Harry leva simplement les yeux au ciel.
Une heure auparavant, la dernière Weasley avait fait son entrée dans le monde. Ron, lors de son tour de piste victorieux, avait marqué une pause pour hurler quelques chiffres – « Six pouces, huit livres, le plus beau bébé que tu ne verras jamais » - avant de se précipiter – « Je ne peux pas risquer de manquer une de ses premières fois – elle m'a souri, Harry, elle a souri ! »
Et Harry sourit aussi. Comment aurait-il pu ne pas sourire ? Il était parrain pour la deuxième fois. C'était presque aussi bien que d'être un petit-ami pour la troisième fois.
- Harry !
De toutes les personnes, Harry s'était le moins attendu à voir George Weasley courir vers lui. Il croyait que Molly Weasley serait la première à faire la queue pour dorloter Rose. A sa surprise, George ne suivit pas Ron dans la maternité, mais se planta plutôt à côté d'Harry.
- J'ai entendu que Malfoy était à l'hôpital. Je voulais juste te dire que je n'avais rien à voir avec ça –
- Je sais, coupa Harry. C'était Hermione.
- – parce que je prenais un café avec Angelina ! finit George avec un air triomphant, avant de marquer une pause. Hermione ?
- Un accident. Angelina, tu disais ?
- Tu avais raison, dit George qui, probablement pour la première fois de sa vie, parut modeste. N'importe quoi peut arriver.
- N'importe quoi ? demanda Harry en haussant les sourcils.
- Peut-être, dit George.
Harry le comprit complètement.
- Tu ferais mieux d'aller voir le bébé avant que Ron ne défile dans tout l'hôpital avec elle.
- En fait… Ce n'est pas que pour ça que je suis venu. J'ai écrit ça ce matin, dit George en tenant une lettre à contrecœur.
Cher Harry Potter,
Est-ce que ça te tuerait de répondre à une de mes lettres ? Peut-être que tu voudrais que je transmette cette information au Seigneur des Ténèbres – Père jure qu'il est toujours en vie, et un jour, je serai son Mangemort le plus loyal – non, ça me donne l'air d'un Poufsouffle – son Mangemort le plus important, responsable d'ouvrir les veines des Sang-de-Bourbe et de transformer leur sang en saleté.
Mais je pourrai être ton Mangemort, si tu tuais le monstre sous mon lit. Ou il pourrait te tuer, et alors je deviendrai le bras droit du Seigneur des Ténèbres. Dans les deux cas, je suis gagnant.
Viens, alors. Je te défie triplement.
Sincèrement,
Draco Malfoy
[En anglais, il est écrit « I triple-Crup dare you », on peut dire « je te défie triplement » mais il n'y a pas d'expression avec le Crup]
Harry laissa la lettre glisser de ses doigts.
- Tu as des problèmes de maîtrise de soi, dit Harry.
- J'imagine, répondit George, paraissant gêné. Je n'en avais pas l'intention, je le jure. C'était supposé être une liste d'ingrédients pour le labo.
Autant George détestait Draco, autant Harry ne pensait pas que le rouquin mentait. Peut-être que les lettres n'étaient pas aussi simples qu'elles ne le semblaient. Peut-être que George n'avait pas du tout été derrière tout ça – ou du moins, pas entièrement. Peut-être que quelqu'un d'autre influençait ses actions. Comme la personne qui a envoyé la première lettre. Les yeux d'Harry se centrèrent sur un seul mot de la lettre.
- Tu fais des expériences sur des Croup ?
- J'utilise des oiseaux principalement, répondit George en secouant la tête.
Harry soupira. N'était-ce pas le travail de l'Artiste Animalier ? Il ne comprenait pas. A quoi ça pouvait bien lui servir d'envoyer des lettres perturbantes pour quelqu'un qui voulait la mort de Draco. Malgré ça, il ne pouvait écarter la possibilité. Il ne pouvait pas non plus écarter la possibilité que c'était encore une autre personne que Draco avait réussi à emmerder.
Avant qu'il ne puisse demander plus de renseignements, une Médicomage l'interrompit.
- M. Potter ? appela-t-elle, regardant fixement son porte-bloc d'un air incrédule. M. Malfoy – il est sous votre garde, est-ce correct ?
- Je l'ai amené, dit Harry, mettant la lettre dans sa poche. Il n'est pas sous ma garde.
- Évidemment, dit-elle, ne semblant pas le croire. Il vous demande. Ou, du moins, je crois qu'il vous demande. C'est un peu difficile, avec sa langue… s'interrompit-elle, s'éclaircissant la gorge. Dois-je lui dire que vous êtes occupé?
- Ça fait une bonne heure que j'ensorcelle mon lacet de chaussure à se nouer et à se dénouer. Est-ce que j'ai l'air occupé ?
- Si vous voulez bien venir par ici, alors, dit-elle.
Elle le fit monter plusieurs escaliers jusqu'à l'aile où Draco se faisait traiter. Harry hésita près de la porte assez longtemps pour que la Médicomage comprenne que sa présence n'était pas requise et que non, Sorcière-Hebdo n'était pas les plus proches parents de Draco et par conséquent, n'avait aucune raison d'être notifié de la présence de Draco ou d'Harry à Ste Mangouste.
Draco essaya de s'asseoir, au moment où il repéra Harry.
- Harry !
Évidemment, avec sa langue encore enflée, ça sortit comme « Huwy ». Harry aurait ri si le blond n'avait pas un air si fragile, avec des aiguilles plantées dans ses bras et de l'urticaire sur son visage. Harry s'imagina que le blond serait mortifié s'il se regardait dans un miroir. D'une certaine manière, ça le rendait encore plus attirant.
- Comment tu te sens ? demanda Harry. Tu as faim ?
Draco arracha une de ses intraveineuses de sa peau et donna un petit coup à Harry avec.
- Pas la bonne question, désolé... euh, écoute, ils disent que tu vas… euh, que tu vas devoir rester cette nuit.
Draco ne réagit pas, mais Harry le connaissait assez bien pour reconnaître la panique qui s'entassait derrière ses yeux. Harry essaya de prendre la situation à la légère.
- Ne t'inquiète pas, s'il y a une chose à laquelle je suis vraiment bon, c'est rester la nuit à Ste Mangouste.
Les débuts d'un sourire apparurent sur le visage de Draco. Il fit un son qui était supposé être un mot.
- Qu'est-ce que c'était que ça ?
Draco croisa les bras et fit comme s'il berçait quelque chose dans ses bras alors qu'il répéta le son.
- Oh, le bébé. Non, le bébé va bien, le rassura Harry. Tout comme Hermione.
Au même moment, il fit fonctionner son esprit à toute vitesse. Draco Malfoy ? Inquiet pour Hermione Granger et son bébé ? Harry se demanda quels médicaments l'hôpital lui donnait.
- Sexe, dit Draco.
- Draco, commença Harry, les yeux écarquillés, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Pas ici. Pas dans ta condition.
Sérieusement, quels médicaments ils lui donnaient ?
- Bébé, dit Draco en levant les yeux au ciel. Le sexse tu bébé.
- Oh. Euh, c'est une fille. Rose.
- Beau nom, fit Draco en hochant la tête.
Harry eut un petit rire. En comprenant de travers, Draco lui lança un regard sur la défensive. Il avait tendance à se mettre sur la défensive lorsqu'il suspectait que des gens se moquaient de son nom. Une des multiples raisons pour laquelle ils avaient pris un départ instable, plusieurs années auparavant.
- Je ne doute pas de ton jugement. Je pense juste que c'est drôle que tu te préoccupes du nom du bébé alors que tu te moquais de son père, il n'y a même pas quelques heures.
- Si Ros afait la moitié t'un cerfeau, i' sauraient qu'e'e tient ça te sa mère, dit Draco en haussant les épaules.
- De sa mère Née-Moldue, fit remarquer Harry.
Draco haussa les épaules poliment, puis trembla. Il gémit un peu lorsqu'Harry retira son manteau pour l'étendre sur Draco comme s'il s'agissait d'une couverture, mais même une langue enflée ne pouvait empêcher ce fameux sourire d'auto-satisfaction. De l'autre côté de la pièce, deux chevaliers dans un portrait ronflaient fortement.
La Médicomage entra dans la pièce.
- Nous avons sorti les restes de la crevette de votre système. Vous pouvez boire ça maintenant. Ça devrait réduire l'enflure.
Draco avala la potion de bon cœur. La Médicomage fit ensuite signe à Harry de la suivre :
- M. Potter, je voudrais vous parler un instant.
- Je reviens vite, promit-il à Draco.
Draco hocha la tête, mettant ses mains dans les poches de la veste d'Harry pour les réchauffer.
Il s'est avéré que le « vite » n'était pas assez tôt. Harry revint et trouva Draco en position assise sur son lit, lisant une page de parchemin. Le parchemin tremblait dans ses mains. Il ne pouvait sûrement pas encore avoir aussi froid, pas avec la veste.
Harry jura, comprenant soudainement ce que Draco lisait. La lettre de George.
Il ne pouvait voir l'expression de Draco derrière le parchemin. Sa voix, monotone et inexpressive, ne donna pas le moindre indice.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Draco.
- C'est… C'est… fit Harry, en se mordant la lèvre. Compliqué ?
- J'ai toujours été plus intelligent que toi. Peut-être que je peux le « décompliquer ».
Il lâcha la lettre afin qu'Harry puisse voir sa grimace mal dissimulée. Harry espéra que c'était une conséquence des médicaments.
- J'espère, répondit Harry. J'allais te montrer ça –
- Il y a deux semaines ? coupa Draco. C'était pour ça que cette lettre était cachée dans le tiroir de ton bureau ?
Harry se rappela être revenu à son bureau après l'incident avec Gregson et avoir trouvé la première lettre grande ouverte sur son bureau. Il avait présumé que Brian avait fait ça, mais il avait oublié l'autre groupe qui avait accès à son bureau : les agents d'entretien.
- Tu as fourré ton nez dans mes affaires.
- S'il-te-plaît, dit Draco en laissant échapper un rire incrédule. Si tu n'avais pas voulu que je la trouve, tu l'aurais protégée de barrières. De plus – sa voix coupa les protestations d'Harry. – tu étais porté disparu depuis trois jours. Je cherchais des indices pour savoir où tu aurais pu être parti.
- C'est vrai. Je… hésita Harry en baissant ses yeux. Je voulais vraiment t'en parler. J'avais juste tellement peur de tout faire foirer…
- Tout ce que je ne ferai pas pour avoir un Épouvantard maintenant, songea Draco, n'avalant clairement pas son excuse. J'adorerais voir comment ça agirait dans ce scénario particulièrement.
- Je ne dis pas que c'était une bonne excuse, mais c'est vrai, dit Harry en traînant les pids.
- Oh, maintenant tu veux parler de vérité ?
Le large sourire de Draco était effrayant. Ses mains disparurent sous les couvertures. Trop tard, Harry réalisa que cette bosse sous les couvertures était sa baguette, pas ses doigts, ni aucune autre partie de son anatomie d'ailleurs. Une brume grise s'effondra sur Harry, formant un nuage orageux au-dessus de sa tête. Un coup de tonnerre plus tard, Draco se pencha en arrière dans son coussin.
Plutôt que d'essayer d'éviter la pluie, ce qui aurait sans aucun doute amusé Draco au plus haut point, Harry métamorphosa un des magazines du blond en un parapluie.
- Je sais que j'ai foiré, et je suis désolé. Je ferai n'importe quoi pour me rattraper.
Un autre coup de tonnerre. Un chevalier dans le portrait se réveilla d'un seul coup, lâchant sa lance sur l'autre chevalier par surprise. Draco ne réagit pas.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? demanda Harry.
- C'est plus ce que j'aurai voulu que tu dises il y a longtemps.
Harry se retint de lever les yeux au ciel.
- Je comprends. J'aurai dû te parler des lettres…
- Je me fous du fait que tu me parles ou non de ces fichues lettres, tu aurais dû m'écrire en retour!
Un éclair jaillit du nuage, faisant tomber le parapluie de la main d'Harry. Le nuage grossit rapidement alors que le grondement fit trembler la pièce. Harry attrapa la colonne de lit pour assurer son équilibre, puis essaya de faire disparaître le nuage. Ça ne marcha pas entièrement, mais au moins, la tempête se calma en une bruine inoffensive.
Il se tourna et trouva Draco fixer du regard le parchemin trempé, son masque inexpressif parti. Des gouttes de pluie coulaient sur ses joues.
- Pourquoi tu ne m'as pas écrit en retour? répéta Draco, plus doucement.
- Pourquoi est-ce que je t'écrirais en retour alors que je pouvais juste te parler ? demanda Harry en fronçant les sourcils.
- Non, tu ne pouvais pas, se moqua Draco. Et même quand tu pouvais, tu étais à peine sympa.
[« hardly nice »]
A peine sympa ? Harry lui donnerait la partie « dure » [jeu de mot avec « hardly » qui veut plus dire en français « à peine » ou « difficilement »], mais « à peine sympa » n'était certainement pas la façon dont il aurait décrit leurs premiers dîners.
- C'est vrai, nous nous sommes disputés, mais ces disputes n'étaient rien comparées à celles qu'on avait à Poudlard.
Draco lui lança encore le regard Un Veracrasse A Un Plus Gros Cerveau Que Toi.
- Est-ce que cet éclair t'a grillé le cerveau ? De quoi tu crois que je parle ?
- Poudlard ? dit Harry en le fixant du regard d'un air ahuri.
- Oui, espèce de demeuré ! Quand j'étais plus jeune, j'ai cru que mes lettres s'étaient perdues dans le courrier parce que mon stupide hibou s'était avéré être un paon que mon père avait métamorphosé. Mais tu les avais toutes, depuis le début ! Et tu ne les as mêmes jamais mentionnées ! s'écria Draco, faisant des gestes avec emphase, faisant tomber une de ses aiguilles de son bras. Si tu m'avais écrit des lettres, je t'aurai sans aucun doute taquiné à ce propos. Crabbe adorait entendre mes reproductions de cette dissertation de Potions que j'ai piquée dans ton sac à dos, l'heure précédant celle du rendu. C'est-à-dire, si tu m'avais écrit des lettres sans que je ne t'aie écrit, parce que si tu avais vraiment répondu aux miennes, les choses se seraient passées bien autrement.
Harry posa sa paume contre son front alors qu'il essaya de comprendre la tirade de Draco. Quelque chose sur son hibou qui est un paon ? Et merde, Draco avait été derrière cette dissertation de Potions disparue lors de sa Quatrième Année ? Il se força à se concentrer sur le vrai problème.
- Attends… Tu dis que tu as écrit ça ? demanda Harry.
- C'est mon nom sur la lettre, non ?
- Mais… bredouilla Harry.
- Oui, j'ai écrit des lettres à Harry Potter quand j'étais un enfant, remets-toi s'en, dit Draco en se renfrognant. J'en ai écrit.
Draco lui avait écrit des lettres ? Lettres qui étaient restées sans réponses, jusqu'à ce qu'Harry l'insulte sur le train ? Harry commença à comprendre pourquoi Draco l'avait détesté autant lorsqu'il était enfant. La première lettre avait été de lui, alors. Néanmoins…
- Mais tu n'as pas écrit ça, affirma Harry.
- Oh, est-ce que j'ai rêvé ça aussi ? Sérieusement, Potter, tu ne peux pas continuer à rejeter la responsabilité de toutes mes erreurs sur les cauchemars.
Ça fit souffrir Harry que Draco croie que lui écrire était une erreur. Ça le fit d'autant plus souffrir que Draco en revienne à l'appeler Potter, mais il n'allait certainement pas riposter en faisant de même.
- Je ne dis pas que tu ne m'as pas écrit. Je dis juste que tu n'as pas écrit cette lettre en particulier. Regarde. Tempus !
Des lettres brillantes apparurent au-dessus de la lettre, révélant qu'elle avait été écrite quelques heures auparavant.
- Mais… fit Draco, semblant à court de mots, avant de se tourner vers Harry. Tu as écrit ça ?
- Pourquoi est-ce que je m'écrirais des lettres à moi-même ?
- Je m'écris des lettres des fois, dit Draco avec indignation. Ça rendait Pansy jalouse. Ça ne marche pas avec toi, par contre.
- Eh bien, commença Harry en enfouissant son visage dans ses mains, je ne m'écris pas de lettres. Quelqu'un a vu la lettre que tu m'as envoyée – que j'ai, soit dit en passant, reçu cette année, et non lorsque j'étais enfant – et m'a envoyé celle-ci pour me faire une farce.
- Quelqu'un ? insista Draco. C'était George Weasley, n'est-ce pas ?
- Ça m'a pris des mois pour trouver ! s'écria Harry, restant bouche bée.
- Ça t'aurait pris quelques secondes pour trouver si tu m'en avais parlé, se moqua Draco. Je savais qu'il n'était pas arrivé au pas de notre porte par hasard pour te montrer un tour. Laisse-moi les voir, dit Draco en faisant un geste avec sa main.
- Quoi ?
- Les autres lettres, dit Draco. Si celle-ci a été écrite aujourd'hui, et que ça t'a pris des mois pour trouver, George a dû t'envoyer d'autres lettres.
- Je ne crois pas que tu veuilles les lire.
- Pardonne-moi si je ne me fie pas actuellement à ton jugement, dit Draco, lui offrant un sourire condescendant.
Harry traîna des pieds. Lire les lettres ne pouvait que le faire souffrir davantage. Pourtant, quel droit avait-il pour l'en empêcher ? C'était ce qui lui avait attiré des ennuis pour commencer. Ça ne recommencerait plus.
- Bien. Laisse-moi les chercher.
Il revint avec les copies des lettres que George avait envoyées. (Avec un peu de chance, les originales étaient maintenant alignées dans la litière d'un Boursouflet.) Un sentiment désagréable l'envahit alors qu'il reprit sa précédente tâche de nouer et dénouer ses lacets de chaussures.
La première lettre fit trembler Draco. La deuxième le fit pleurer. Il forma une boulette avec et la lança à Harry.
- Sors, dit Draco, les dents serrées.
- Draco…
- Infirmière Atwood, il me fait mal ! cria Draco.
Ne voulant pas se donner en spectacle, Harry se saisit de sa veste sur le sol.
- Je vais revenir, promit-il.
- Essaie, dit Draco d'un air méprisant. Je te défie triplement.
[On retrouve encore le « triple-Crup dare »]
Je ne rentre que vers le 11/ 12 donc je pense que le prochain chapite sera posté vrrs le 15, peut être avant.
