***RAR :
Sylberia : Oui ben rebelle et romantique, je l'en crois bien capable ^^. T'as trouvé le côté chiwawa mdrr. Ah leur réaction t'étonne ? Pas vraiment moi, elle est perdue et lui la retrouve ivre morte à moitié nue et elle a peur en se retrouvant nue dans son lit… donc il est blessé ^^. Puis il ne faut pas oublier ce qu'il a vécu étant enfant, il n'a pas apprécié qu'elle pense qu'il ai profité d'elle pendant qu'elle était saoule et à l'ouest :p. Le rêve de Lisa… ahhh ça je dis pas, tu verras qu'il a beaucoup d'importance pour la suite ^^ Ben oui si y'a pas de suspens, c'est pô marrant XD
Nao04 : Oui tout à fait pour Ben, il confie à Adam sans vraiment le révéler qu'il a été abusé étant enfant –après que Mercy se fasse violer, c'est pour ça qu'ils deviennent plus proches d'ailleurs- mais Lisa l'ignore ça… pour le moment ^^. Pour le côté plat de l'histoire, t'en fais pas, là l'action va pouvoir commencer maintenant que tout le monde est en place :p. Contente que ça t'ai plu pour la scène du lit, un ptit délire qui me passait par la tête encore ^^
Le chapitre qui suit est pas mal important, avec plusieurs choses pour la suite de l'histoire. Ouvrez bien vos noeils :p
Je tenais à préciser que certaines phrases semblent être assez longues, ce n'est pas volontaire de ma part, apparemment FF bug un peu sur les points-virgules :p, donc quand vous trouvez qu'une phrase semble assez longue, c'est qu'il manque le point-virgule ^^
-12-
Je déprimai à vue d'œil. Pour quelles raisons ? Je ne saurai dire si c'était à cause de ce qui se passait autour de moi, ces histoires de loup-garou, ce cauchemar qui revenait assez souvent avec cette fille qui me foutait une frousse de tous les diables, ces histoires sur Ben et ces viols commis à Londres ou… tout simplement parce qu'il ne me parlait plus depuis cet incident au bar il y a quelques jours… Il avait vraiment été blessé par mon comportement, et encore plus par ce qui s'était passé dans sa chambre, c'est ce que j'en déduis. Mais rapidement, ce que m'avait dit Jake sur lui revenait dans ma mémoire et je frémissais de peur. Ethan essayait de me redonner le sourire ou me sortir de l'appartement, mais rien n'y faisait, je m'enfonçai dans un silence et une léthargie que je ne me connaissais pas. Je sortais uniquement pour aller travailler et aller courir, au moins ça je le faisais encore, ça me changeait un peu les idées –mais vraiment un peu. Je n'avais même plus envie d'aller chez Adam, et risquer de croiser Ben. Sam essayait bien de me parler aussi mais il se heurtait à un mur. Personne ne comprenait ce qui se passait chez moi, pourquoi un tel emmurement et un changement aussi radical de ma personnalité. Je pense que ce que m'avait dit Jake m'avait réellement atteint au cœur je ne faisais plus confiance à Adam ou à Ben à présent, en proie aux doutes. Mercy était venue me parler à la sortie de mon travail, surement envoyée par Adam pour en savoir un peu plus. Elle fut la seule à laquelle j'acceptai de m'ouvrir un peu. Je me souvins qu'il faisait nettement plus froid en cette fin de novembre les écharpes et les bonnets étaient de sortie. Je baillai car je sortais de ma nuit de boulot. Vivement que je retrouve mon lit.
- Laisse-moi te dire que tu as une tête à faire peur. Bon y'a aussi le boulot de cette nuit, ça aide pas…
Mercy me regardait avec un air très scrutateur alors qu'on était installées à un café pour prendre un chocolat chaud assises juste devant la fenêtre, nous laissant tout le loisir de voir ce qui se passait dehors.
- Alors…tu es décidée à parler ou bien tu continues à t'emmurer comme tu le fais ? Parce que entre Ben et toi, ça commence à faire beaucoup côté « je parle à personne, je préfère déprimer en solo »…
Je la regardai.
- Ouaip ma ptite dame…
Elle avait pris volontairement l'accent de Warren pour essayer de me faire sourire. Ce qui marcha, je souriais légèrement.
- Ben nous fait une tête d'enfer depuis deux semaines, c'est marrant ça correspond pile poil avec toi… Vous nous faites une crise de couple chacun de votre côté ?
Je perdis mon sourire. J'avais vraiment peur de ce que m'avait dit Jake. Etait-ce vrai ? C'est ça je pense, qui me rongeait de l'intérieur.
- Mercy ?
Elle me regarda et m'interrogea du regard.
- Est-ce que… est-ce que tu connais bien Ben ?
- Je commence à bien le connaître oui, c'est le dernier à être arrivé dans la meute avant ton frère… pourquoi ? Tu as des doutes à son sujet ?
- En fait…
Je jouais nerveusement avec l'anse de ma tasse de chocolat. Ce n'était pas évident de lui poser la question : au fait Ben a violé des filles avant de me connaitre il parait, c'est vrai ?
- Lisa… est-ce que tu es au courant de quelque chose sur lui ?
Je relevai les yeux vers elle, la voyant chercher une réponse dans mon regard.
- Ok… dis-moi ce qu'on a pu te dire sur lui et aussi QUI te l'as dit…
J'avalai ma salive et lui racontai tout ce que Jake m'avait dit, mais ne lui donnait pas l'identité de celui qui l'avait fait.
- Donc, Adam voudrait te garder et aurait fait appel aux services de Ben pour y parvenir…
J'acquiesçai. Elle éclata de rire je ne savais où me mettre à cet instant.
- Sérieusement… la personne qui t'as dit ça s'est mal renseignée. Adam ne ferait jamais une telle chose. Le seul truc qu'il a sûrement demandé à Ben de faire, c'est de te protéger et d'officialiser votre couple comme on en a déjà parlé, mais de là à forcer Ben… Et rassure-toi, Ben n'a pas fait ce que tu sais. C'est un malentendu, Adam l'a écouté longuement et crois-moi, il n'aurait pas pu mentir à son Alpha. Une fois de plus, c'est un mensonge pour essayer de vous séparer… Alors qui t'as dit tout ça ? Un des loups d'Adam, un jaloux ?
Je secouai nerveusement la tête. J'avais surtout peur que Ben ou même Adam aille voir Jake pour lui faire passer l'envie de raconter des mensonges, et je ne voulais plus que l'on se batte pour moi.
- Ok, tu ne veux rien dire. Mais saches une chose : Ben t'aime sincèrement, et ton silence le fait beaucoup souffrir.
- C'est lui qui ne veut plus me parler… pas après ce qui s'est passé dans le bar et ce matin-là…
- Hum j'ai cru comprendre qu'il avait failli casser le barman et un moustachu en deux… ton frère et Warren étaient là pour l'en empêcher. Il t'a juste portée ensuite –apparemment, tu étais pas mal éméchée et à moitié nue- pour te ramener chez lui et garder un œil sur toi, tu étais malade toute la nuit après ça. Il a parlé avec Adam, qui m'a ensuite parlé.
- Ben était vraiment en colère ce matin-là. Je n'ai pas osé l'affronter.
- Il était en colère parce que tu te refuses à lui et que tu as directement allumé un autre homme en petite tenue pendant son absence… ce qui n'est pas très malin.
- Je n'ai allumé personne ! Il m'a fait boire…
- Tu as voulu te lâcher un peu, c'est compréhensible… mais ne t'étonne pas de sa réaction, quand lui est frustré et qu'avec de parfaits inconnus tu es différente… Ca a beau être un loup… il n'en reste pas moins un homme avec des sentiments et des besoins. Tu sais au début, je ne pouvais vraiment pas le supporter et j'avais de l'appréhension comme toi, au sujet de ce que tu sais… j'ai même dit à Adam de ne pas laisser Jesse en sa compagnie, c'est pour dire. Mais au fil du temps, j'ai appris à le connaître et franchement, même avec ses manières qui laissent un peu à désirer et son côté misogyne –quoique ça s'est calmé depuis que tu es là- c'est un mec très sentimental et qui a vécu des choses assez semblables aux miennes, donc on se comprend tous les deux.
- Quelles choses ?
Je la regardai, absorbée par son récit.
- Ce n'est pas à moi de te le dire… un jour peut-être qu'il te le dira. Moi j'essaye juste de te dire de sortir la tête du sable et d'aller le voir pour t'expliquer avec lui. Et de commencer à passer à un stade un peu plus avancé dans votre relation, parce qu'à force il va vraiment nous griller son disque dur…
Je la suivis alors qu'elle se mettait à rire. Elle paya pour nous deux et elle me raccompagna chez moi. Enfin je pensais que c'est la direction qu'elle prenait mais en fait, elle me déposa au bas de l'immeuble de Ben, qui vivait non loin de chez Warren, environ dix minutes en voiture.
- Je n'aime pas jouer les entremetteuses mais là, ça affecte l'humeur de la meute aussi vos petites histoires, donc pour le bien-être général, sors de cette voiture et va te réconcilier avec lui… ou je viens vous mordre pour vous y pousser !
Elle me sourit d'un air ironique et je sortis de sa golf pour la voir repartir aussitôt, n'attendant pas de voir si je repartais ou non. C'aurait été idiot de ma part de prendre le bus pour repartir. J'entrai donc dans le hall de son immeuble et tentai de me souvenir de l'étage et du numéro de l'appartement où j'étais venue la dernière fois. Une fois arrivée devant sa porte, mon cœur se mis à cogner fortement dans ma poitrine. Et s'il ne voulait pas m'ouvrir ? Mon doigt appuya sur la sonnette et j'attendis, la peur m'envahissant. J'avais vraiment la trouille. La porte s'ouvrit et mon cœur manqua un battement quand je vis la tête d'une jeune femme apparaitre, un pot de yaourt dans la main et une cuiller dans la bouche. Et légèrement vêtue, si on pouvait qualifier un long pull et une paire de chaussettes de tenue. Je fronçai les sourcils.
- Je… Ben n'est pas là ?
- Nan, il est sorti. On l'a appelé j'sais plus où… Vous êtes qui ?
- Une…amie.
Je sentais que j'étais à deux doigts de pleurer en la voyant devant moi. Mais je tins bon en essayant de ne pas craquer et en gardant mon sang-froid.
- Ah ben, il m'a pas dit que quelqu'un viendrai, mais j'lui dirai que vous êtes passée. C'est quoi votre nom ?
A quoi bon lui dire que j'étais passée, je pense que Mercy avait tout faux, Ben m'avait vite oubliée. Je faisais demi-tour sans rien ajouter et je l'entendis m'appeler.
- Hey, vous m'avez pas dit votre nom !
- Ca ne fait rien…
Je l'entendis râler en refermant la porte. Cette fois, alors que je regagnai l'abribus, les larmes coulèrent sans que je les en empêche. Ah oui, Mercy avait raison, Ben était très malheureux, c'est sûr. Il avait vite repris le dessus en tout cas. Le bus arriva et je m'y engouffrai en cachant une grande partie de mon visage sous mon écharpe afin de me cacher aux yeux des gens. Arrivée chez moi, je ne m'arrêtai plus de pleurer, me traitant de fille stupide trop fleur bleue et trop aveugle. Qu'est-ce qui m'avait pris de me laisser séduire par un crétin pareil, capable de me remplacer en moins de deux semaines ? Et Mercy qui m'affirmait que je lui manquais ! Je n'oublierai pas de la remercier pour ça aussi ! De rage, je fis tomber tout ce qui se trouvait sur le meuble de l'entrée, le téléphone tomba et je le vis se décomposer, d'un côté le compartiment à piles, de l'autre, le combiné. Suivi tout ce qui se trouvait sur la table du salon puis les coussins que je balançai à travers la pièce, dont un qui vint frapper le vase qui trônait sur le vaisselier. Lui aussi, par terre en morceaux. Je retombai lourdement sur le canapé et allumai la télévision en continuant de pleurer comme une madeleine, ne regardant même pas les images et repensant simplement à la fille qui m'avait ouvert la porte chez Ben. Je m'endormais dans le sofa, la fatigue me rattrapant rapidement, quand j'entendis des coups frappés à la porte d'entrée. Je sursautai.
- Lisa ! Ouvre !
C'était la voix de Ben. Qu'est-ce qu'il venait faire ici ? Je me levai précipitamment et me dirigeai vers la porte lentement.
- Je sais que t'es là, ouvre !
Il rajouta :
- S'il te plaît…
Je ne répondis pas et pensai qu'il allait repartir mais il n'en fit rien. Au lieu de ça je vis la porte s'ouvrir avec fracas, la serrure arrachée et Ben s'engouffrer dans l'appartement, emporté par son élan. Il avait cassé ma porte ! Je le regardai, effarée.
- Ma porte ! Soufflais-je.
Ben regarda derrière lui et tenta de la refermer, en vain, elle ne fermait plus du tout.
- Désolé, me dit-il. Puis on s'en fout de la porte !
Il s'approcha de moi et me prit par les épaules.
- Mercy m'a prévenu chez Adam que tu venais chez moi…
Je souris sans joie.
- Ah oui, ta colocataire en pull et chaussettes m'a dit que tu étais absent… c'était donc chez Adam…
- C'est pas ma colocataire.
- Ah. Oui je vois, un coup chez elle, un coup chez toi en fait… lui répondis-je d'un ton morne.
Il fronça les sourcils.
- Hein ?
Mon téléphone portable se mit à sonner dans la poche de mon jean et je l'éteignais sans regarder l'appelant, répondant en même temps à Ben, énervée.
- Oui tu vis chez elle et une autre fois, elle vient chez toi… tous mes vœux de bonheur et je t'enverrais la facture pour la porte.
Je tentai de le repousser, en proie à une colère grandissante mais il me bloqua les bras.
- C'est une collègue de boulot !
- Oh ! Oui remarque, on trouve des filles plus facilement sur son lieu de travail…
- T'as rien compris, je la dépanne, elle a une fuite d'eau chez elle. Elle n'est pas toute seule, elle a sa copine avec elle.
Je le regardai, dégoutée.
- Ah un plan à trois, mais c'est génial ça ! Tu dois t'amuser maintenant, au moins, elles sont pas saintes nitouches celles-là !
- Je ne couche pas avec, elles sont lesbiennes ! Je les dépanne juste punaise ! 'Tain, j'aurai mieux fait de la laisser dans la merde…
- Arrête, tu t'enfonces là. Va voir miss pull/chaussettes et laisse-moi tranquille !
Il me relâcha et se mit à rire nerveusement.
- Ah c'est pas vrai ça. On fout tout en l'air à cause d'un couple de lesbiennes que j'héberge chez moi, merveilleux… c'est de mieux en mieux cette histoire.
Il regarda autour de lui et vit le bazar un peu partout. Il m'interrogea du regard.
- Tu refais la déco ?
J'étais toujours en colère. Pourquoi insistait-il, ça lui était égal ?
- Tu as fini ? J'aimerai me reposer si ça ne t'ennuie pas…
Je commençai à repartir vers le salon mais il me souleva du sol pour me prendre sur son épaule, à la manière d'un sac.
- Ben ! Lâche-moi !
Il me déposa sur le sofa et resta au-dessus de moi, me bloquant dans mes gestes, plongeant son regard dans le mien.
- Maintenant tu m'écoutes et tu la fermes !
J'allai protester mais il me fit taire en mettant son index sur ma bouche afin de me faire taire.
- La fille que tu as vue s'appelle Paola, elle bosse avec moi et je l'héberge parce que sa petite copine et elle ont une fuite d'eau énorme chez elles. Comme elles étaient dans l'urgence, j'ai proposé à contrecœur qu'elles viennent chez moi, leur laissant la chambre pendant que je dors sur le canapé. C'est l'affaire de deux ou trois jours, après elles repartent chez elle. J'ai su que tu venais chez moi quand Mercy me l'a annoncé tout à l'heure en arrivant chez Adam et comme on ne s'est pas parlé depuis deux semaines, je n'ai pas pensé à te prévenir avant ; j'ai engueulé Mercy car je savais que ça allait se passer comme ça, vu que toutes les nanas sont les mêmes, suffit de mettre une autre fille sur votre chemin et on a droit à une crise…
- Pardon ? Je retrouve une fille à moitié habillée qui fait comme chez elle et qui m'ouvre la porte chez toi, et je devrai rester de marbre ? Tant qu'on y est, pourquoi est-ce que je n'irai pas jouer au poker avec elle en petite tenue… Mets-toi à ma place, tu aurais fait quoi en voyant un homme torse nu venir ouvrir la porte ?
- Tu m'as déjà fait le coup, sauf que c'était pas pour faire semblant dans le bar…
Je pense que mes joues s'empourprèrent quand il me fit comprendre que je lui avais fait bien pire ce soir-là. Il marquait un point.
- Je t'ai retrouvée à moitié à poil en train de danser au milieu de types pas forcément nets et c'est moi qui ai droit à la crise de jalousie pour des filles qui se tapent même pas de mecs ! Elle est forte celle-là !
- Tu… tu n'avais qu'à me prévenir ! Mais je n'ai même pas eu un seul coup de fil ni aucun message en deux semaines, alors…
- Tu pouvais aussi m'appeler, c'était pas interdit.
En se renvoyant la balle chacun notre tour, on n'avancerait pas vite. Il soupira en me regardant.
- T'es vraiment difficile à suivre. Un coup ça va, un autre coup tu broies du noir et on te retrouve en train de faire la fête en solitaire dans un bar…
- Si je n'avais pas eu des doutes te concernant, j'aurai peut-être évité de faire ce que j'ai fait ce soir-là.
Il me regarda intensément.
- Des doutes ? Quels doutes ?
Je détournai le regard. Il me força à le fixer des yeux.
- Dis-moi. De quoi tu as peur ?
- On m'a dit des choses qui… qui m'ont faites peur.
Son visage blêmi et je vis la colère dans ses yeux.
- On t'as raconté quoi exactement ?
Je fermai les yeux et répondit.
- Des histoires de… viols…
Je le senti se relever du canapé et l'entendit lancer un meuble dans la pièce –une tablette qui se trouvait sur le côté du sofa. Je pris peur.
- Mais c'est pas vrai, ça va me suivre combien de temps encore ces conneries !
Il se rapprocha un peu trop vivement de moi et je vis ses yeux qui viraient doucement au doré.
- C'est qui l'enfoiré qui t'as parlé de ça ?
Je me reculai dans le siège pour essayer de fuir ce regard effrayant, mais était arrêtée par le dossier.
- QUI ?
Je sursautai et me mis à pleurer en me protégeant de mes bras : il m'effrayait encore plus que la fois où il m'avait plaquée dans le couloir pour m'embrasser méchamment. Je l'entendais respirer rapidement, et se reculer vivement. Je jetai un œil rapide et le vit me tourner le dos en se tenant la tête. Ma peur accentuai son côté prédateur. Il baissa la tête et revint rapidement vers moi, les yeux tournant au doré. Il me prit contre lui pour me serrer fortement.
- J'suis désolé. C'était pas contre toi… arrête d'avoir peur avant que je fasse une connerie là…
Je fermai les yeux en me sentant presque écrasée contre lui, comme s'il avait peur que je disparaisse. Il me caressa les cheveux et je passai mes bras autour de son dos en tentant de le calmer ainsi. Il m'effrayait mais m'attirait plus que de raison en même temps. Comment expliquer un tel sentiment ? Il se recula et me regarda en retirant quelques mèches de cheveux qui retombaient sur mes yeux.
- Je voulais pas m'emporter mais… l'enfoiré qui t'as dit ça… c'est faux. J'ai jamais violé personne !
Je fermai les yeux, laissant les dernières larmes qui stagnaient retomber sur mes joues.
- C'est ce que Mercy a dit...
- Tu crois… tu crois que j'aurai pu être capable de ne pas te toucher quand je t'ai ramenée chez moi l'autre fois ? J'ai pas abusé de toi pendant que tu étais complètement ivre et nue dans mon lit… un violeur se serait pas retenu.
J'entendis comme des sortes de sanglots dans sa voix quand il me dit ça. Il avait raison sur ce point. Je rouvrais les yeux pour tomber sur son regard brillant. Il avait mal, je le voyais. Surement parce que j'avais douté de lui sur quelque chose d'infondé. La seconde d'après, je sentais ses lèvres se poser sur les miennes, puis nous échangeâmes un baiser tendre qui se transforma vite en un baiser plus passionné. Il m'attira contre lui en m'enlaçant fortement, puis il s'occupa de faire courir ses mains dans mon dos pour me le caresser longuement. Je le repoussai sur le sofa pour venir me mettre à califourchon sur ses jambes et continuait de l'embrasser. La brèche s'ouvrait de plus en plus et je faisais tomber les dernières barrières autour de moi, n'ayant plus peur de céder à ses avances à présent. Je sentais ses mains se glisser sous mon pull pour venir caresser ma peau et je m'occupai de lui ôter le sien avant de repartir dans un autre baiser fiévreux.
- Mais c'est quoi ce bordel ! Lisa !
Nous nous arrêtâmes quand Ethan arriva dans le salon, suivi de Warren.
- Mais c'est pas vrai ! Gémit Ben en fermant les yeux.
- Euh, on vous dérange peut-être… lança Warren, un sourire amusé sur les lèvres.
- Lisa, qu'est-ce qui s'est passé ici ? Et la porte ? Pourquoi elle est fracassée ?
- J'ai déglingué la porte pour entrer et j'allai m'occuper de ta sœur mais vous avez tout fait foirer, ça te va comme réponse ? Lança Ben, quelque peu énervé d'avoir été coupé dans son élan.
- Ouai ben tu t'en occuperas plus tard, il a besoin de nous , t'as pas entendu son appel ? Et ton portable en mode silencieux, ça aide ! Et Lisa qui me coupe le téléphone… on est obligés de venir te chercher après avoir été voir partout…
- Allez-y sans moi, j'ai autre chose à faire…
Je regardai Ben en prenant un air déçu. Je n'aimais pas que l'on parle de moi de cette façon. Je me relevai.
- Vas-y. Je te retrouve plus tard…
Il dut comprendre que j'avais mal pris sa façon de parler car il se leva en soufflant.
- 'Commencent à me rendre dingue ces histoires…
Il remit son pull et alla se passer un coup d'eau sur le visage avant de revenir. Warren, pendant ce temps me mima un « désolé » en souriant quelque peu. Je souris à mon tour. Je sentais que calmer à nouveau Ben ne serait pas une partie de plaisir. Ils partirent rapidement, et j'entendis juste un « ça sent le roussi, tu vas devoir aller le chercher ».
Le téléphone sonna tard dans la soirée, alors que je dormais sur le sofa. Enfin quelqu'un allait me donner des nouvelles ! C'était Samuel, je décrochai.
- Sam ?
- Lisa… j'aimerai que tu viennes chez Adam s'il te plaît.
Il semblait nerveux, je m'inquiétai.
- Il s'est passé quelque chose ?
Il marqua un silence.
- Pas exactement. Dépêche-toi s'il te plait.
Il raccrocha, je remettais donc le portable dans mon sac. Je me dépêchai de partir en direction de chez Adam, quand même légèrement inquiète. Que s'était-il passé pendant cette fin d'après-midi ? J'arrivai et vit un nombre impressionnant de voitures garé devant la maison de l'Alpha, allant même jusqu'à l'extérieur de la propriété. Je jetai un œil sur les diverses plaques et remarquai que plusieurs venaient de Los Angeles. Mon cœur accéléra et je me garai à la hâte avant de descendre et de courir jusqu'à la porte d'entrée. Un des loups d'Adam m'ouvrit avant que je n'appuie sur la poignée et je me retrouvai à l'intérieur. Il y avait énormément de brouhaha au rez-de-chaussée. Je me frayai un chemin parmi les personnes présentes, croisant de nouveaux visages qui me considéraient attentivement. Je vis Sam en train de parler avec Adam et un homme plutôt grand que je ne connaissais pas. Ils se tournèrent vers moi quand j'arrivai à leur hauteur.
- Samuel ? Adam ? Qu'est-ce qui se passe ? Qui sont toutes ces personnes ?
- Ah… la fameuse Lisa. Enfin en personne… lança l'homme que je ne connaissais pas, avec une pointe d'accent espagnol.
Je le regardai attentivement et sentit une vague de puissance me caresser le visage. Adam grogna et le regarda avec ses yeux dorés.
- Pas de ça chez moi Conrad.
Je retins ma respiration. Ainsi, c'était lui le fameux Conrad, l'Alpha de Los Angeles ? Cette espèce de grand type basané avec ses cheveux plaqués sur le sommet du crâne ? Il avait un air hispanique qui ne donnait pas forcément envie de parler avec. Il fit une courbette en souriant d'un air qui se voulait charmeur, mais avec ses canines un peu trop longues, j'avais plutôt l'impression d'être sur la liste de son prochain repas.
- Ravi donc miss… Cornick a ce que j'ai compris ?
- J'ai gardé le nom de ma mère… mais je crois que vous le connaissez déjà, non ?
Il n'apprécia pas que je lui tienne tête en le regardant fixement dans les yeux. Il émit un grondement sourd, ce qui fit cesser les conversations.
- Lisa, s'il te plaît… me demanda Sam en me forçant à le regarder.
Je détournai les yeux. Ethan vint nous rejoindre sous sa forme de loup.
« Fais gaffe Lisa, il est assez malin et ne le cherche pas, on évite de les énerver depuis tout cet après-midi… »
Je regardai Ethan en fronçant les sourcils.
« Je t'expliquerai plus tard. »
- Vous communiquez par la pensée ainsi… vraiment très intéressant… continua Conrad avec son accent hispanique, en roulant les R.
Je ne prêtai pas attention à l'intérêt qu'il semblait porter au lien qui nous unissait avec Ethan et essayai de ne pas trop le regarder dans les yeux.
- Qu'est-ce que vous nous voulez ?
Il sourit.
- Disons que j'étais venu prendre mon bien mais le Marrock a une façon particulière de faire comprendre qu'il ne faut pas toucher à ce qui lui appartient…
Sympathique le grand-père, on n'était pas ses objets tout de même…
- Votre bien… rien que ça.
- Nous sommes liés par contrat ma chère…
Je le regardai en écarquillant les sourcils. Il sourit et sortit une enveloppe de sa veste qu'il me tendit ensuite. Je la pris en continuant de le regarder.
- Voyez-vous, je connaissais votre mère depuis pas mal de temps maintenant, en fait… depuis que votre frère se transforme je crois. Il a eu beaucoup de chance que je le laisse continuer ses meurtres sur ces sans domicile et que je ne contacte pas le Marrock pour ça…
Je décachetai l'enveloppe ayant déjà été décollée et l'ouvrit. Je reconnu l'écriture de ma mère.
- Et elle a été bien aimable de me donner son bien le plus précieux pour éviter que son fils ne soit tué…
Je lu la lettre, les mains tremblantes.
« Je soussignée, Marie Garner,
Désigne l'Alpha Conrad Moralès comme représentant légal de ma fille, Lisa Garner, lors de ma disparition. Il assurera sa sécurité ainsi que celle de son frère Ethan Garner. Quand le loup sera mis sous contrôle de Lisa Garner, l'Alpha aura tout droit sur son don et de tout ayant droit.
Fait à Los Angeles, le 12 avril 1998.
.»
Il y avait un sceau en dessous de sa signature, suivi d'un autre doré que je ne reconnaissais pas. J'eu un rire nerveux.
- C'est complètement stupide… je suis majeure, vous n'avez aucune autorité sur moi. D'autant plus que j'ai un tuteur légal, mon père est ici je vous rappelle.
- Il n'a pas été déclaré comme père légal il me semble… il n'était même pas au courant.
- Et après… je suis quand même majeure.
Je commençai à déchirer la lettre mais celle-ci résista. Je fronçai les sourcils et vit une lueur dorée l'entourer.
- Qu'est-ce que…
- Ah… la magie me surprendra toujours… C'est fou ce que le sceau magique peut faire sur une simple lettre, hum ?
Je regardai le sceau doré en bas de la lettre, il luisait. Magie ?
« Lisa, Bran est en chemin, il va venir l'exécuter, mais ne lui fait pas comprendre que tu le sais. On a tout fait dans l'urgence, Conrad nous a eus par surprise en arrivant avec sa meute ici. Il a sorti la lettre et contre ça, Adam ne peut rien faire. Il y a trop de vies à risquer. »
Conrad baissa les yeux vers Ethan et retroussa les babines.
- On fait des plans en cachette ? Lisa m'appartient et c'est scellé par la magie, personne ne peut rien contre ça car même si vous m'empêchez de la garder avec moi, la magie se retournera contre vous…
- On parie ? Lança Samuel en grognant.
- Samuel, non ! Tenta de l'empêcher Adam.
Mais trop tard, Samuel s'en prenait déjà à Conrad. Il lui assena un coup de poing dans l'estomac, ce qui surprit l'alpha de Los Angeles mais celui-ci se releva rapidement en grognant.
- Mauvaise idée.
Des grognements s'élevèrent un peu partout dans la maison et je sentis que cela allait virer au drame d'ici peu. Conrad commença à changer, juste après que Sam ait débuté, et ils furent bientôt suivis par les autres loups présents. On allait assister à un vrai carnage !
- Non ! Arrêtez ! Non !
Je sentis une main me tirer hors de portée des hommes en train de changer et je tentai coûte que coûte de rester là, pour les empêcher de s'entretuer.
- Lisa, si tu restes là, tu vas y passer, viens !
C'était Mercy. Elle me conduisait hors de la maison.
- Mais il faut faire quelque chose !
- Mercy, vite !
Jesse avait pris le 4x4 de son père et s'était garée dans l'urgence pour nous laisser monter.
- Mais ils vont s'entretuer, il faut aller les aider !
- Non Adam m'a dit de t'emmener loin de chez lui, Conrad doit être éliminé par Bran !
Je montai sur le siège passager alors qu'elle prenait le volant quand Jesse passa sur la banquette arrière.
- Ethan ! Où est Ethan ?
- Il reste les aider.
Elle démarra en trombe et sortit de la résidence. Que se passait-il ? J'avais créé un véritable chaos…
- Mais pourquoi ne l'ont-ils pas arrêté avant ? Et pourquoi m'avoir fait venir, ça aurait évité tout ça !
- Conrad leur a dit de te faire venir pour te montrer que tu lui appartiens. Mais entretemps, Ben est partit prévenir Bran de rappliquer.
Ben… je ne l'avais pas vu ce soir.
- Où est Ben ?
- A mi-chemin entre ici et Aspen Creek, il revient avec la cavalerie…
- Aspen Creek ? Mais ils ne seront pas là à temps !
- Conrad est arrivé cet après-midi, mais Adam a demandé discrètement à Ben d'aller chercher Bran avant qu'il ne revienne ici, Ben a contacté le Marrock je pense en même temps qu'il partait. Ils ont réussi à le faire patienter en disant que tu n'étais pas encore disponible et que tu serai là en fin de soirée. Une chance que cet Alpha soit un beau parleur et adore parler de lui, mais j'ai senti quelque chose de… bizarre chez lui. Par contre, on n'avait pas prévu que ça tournerai à la bagarre générale, Sam ne peut pas se contenir si on touche à sa famille… il a voulu te défendre. Adam n'a pas de contrôle sur lui. En gros, on est dans la mouise.
Je fermai les yeux, prise de panique. Je priai pour qu'il n'arrive rien aux loups d'Adam ni à Sam et Ethan. On aurait jamais dû venir ici, nous aurions évité tout ça.
- Oh ! ils ont fait vite ! Regarde !
Mercy tendait son doigt devant elle. Quatre voitures arrivaient, je reconnu même la camionnette de Ben en premier. Ils fonçaient vers la maison d'Adam.
- Ils ont du se retrouver à mi-chemin. Ils ont dû rouler comme des malades !
La camionnette s'arrêta à notre hauteur et Mercy descendit sa fenêtre, Ben en fit autant. Il me jeta un coup d'œil.
- Lisa va bien, mais dépêchez-vous, ils ont commencé à changer.
- Je le sais ça, on le sent de loin… lui répondit Bran, assis à côté de Ben.
- Restez à l'abri toutes les trois, nous dit Ben.
- Soyez prudents.
Ils continuèrent sans attendre et nous repartîmes de l'autre côté. Je tournai ma tête en arrière pour voir les quatre voitures et la camionnette de Ben poursuivre leur route jusqu'à la demeure d'Adam.
