dsl pour la fausse annonce d'update ce week-end, j'ai juste fait une réorganisation. Voici la suite, pour de vrai!
Merci à toutes les reviews anonymes auxquelles je ne peux pas répondre! Merci merci merci, vous ne pouvez pas savoir comme ça me fait plaisir et comme c'est encourageant!
Merci à tous ceux qui ont mis une alerte sur l'histoire, ou qui l'ont mise en favori, c'est trop de bonheur ;)
Reviewez SVP!!! à bientôt!
Chapitre 5 : Hallucinations partie 2
Lundi matin. Je dois retourner au lycée. Mon cœur bat la chamade et j'ai la vague impression d'être dans un canot au milieu de l'Océan Pacifique, tant je stresse à l'idée du comportement qu'Edward va décider d'adopter vis-à-vis de moi. Le bon côté de la chose, c'est que désormais distribuer les invitations pour ma fête d'anniversaire me semble vraiment un parcours de santé.
Je retrouve Angela dans le bus, comme d'habitude. Elle porte une jolie robe, a fait attention à bien reproduire sa coiffure de samedi, et ses yeux pétillent au-dessus de ses joues rougissantes ; elle est perdue dans ses pensées et sursaute lorsque je m'assieds à côté d'elle.
- Toi, tu as l'air d'avoir passé une bonne soirée, lui dis-je en riant.
Elle acquiesce et rougit davantage encore.
- C'est le moins qu'on puisse dire ! Elle se met à chuchoter. Oh Bella, c'était merveilleux ! Ben a été si prévenant, si galant, si attentionné, si romantique, si drôle, si intéressant, si joueur, si cultivé, si…
- Tout ça en une soirée ! eh ben… et est-ce que ses baisers se sont montrés à la hauteur de toutes ces qualités, au moins ?
- Eh bien, ça oui. C'est le moins que je puisse dire !
Je crois que je n'avais encore vu personne prendre la teinte exacte d'un piment rouge. Maintenant c'est fait.
- Oh la la, c'est une grande nouvelle ! tu dois être ravie Angie !
- Chuuuuuuuut ! pas si fort ! Oh Bella, je ne sais pas comment ça va se passer au lycée. Est-ce qu'on fait comme si de rien était ? est-ce qu'on s'embrasse ? et s'il avait changé d'avis pendant le week-end ? si je vais vers lui pour l'embrasser et qu'il se détourne j'en mourrais de honte. Mais si je ne vais pas vers lui, c'est lui qui va penser que j'ai changé d'avis. C'est terrible Bella, je suis perdue !
Angela a passé la meilleure soirée de sa vie. Le garçon dont elle est folle amoureuse depuis plus d'un an l'a embrassée. Et elle ose me dire « c'est terrible, je suis perdue » ! on aura tout vu ! les adolescentes ne sont vraiment pas des humains comme les autres. Je tente de la rassurer alors que nous arrivons au lycée, et lui tends un paquet d'invitations pour la soirée, cela fera un excellent prétexte pour aller voir Ben. De mon côté, je commence la distribution auprès de mes camarades de classe, ce qui m'évite de chercher Edward du regard, c'est très bien. A ma grande surprise, personne ne me rit au nez lorsque je les invite. Ils ont même l'air content. Il est vrai que la soirée d'Halloween est encore loin, et la dernière grande fête date de juin. Une soirée festive est donc la bienvenue. Je rentre dans notre salle de cours et j'aperçois Ben assis sur notre pupitre, penché amoureusement vers une Angela resplendissante de bonheur et complètement sourde aux chuchotements surpris qui fusent dans la pièce. Tout va bien.
- Hey miss Swan, Angela m'a passé l'invit pour ton anniv. Merci beaucoup. J'espère quand même que c'est toi qui as pensé à m'inviter… Je viendrai évidemment. Tu sais, si tu m'acceptes, je m'engage à te faire passer une excellente soirée, la plus belle de ta vie, une soirée unique, inoubliable. Je désire… te rendre… heureuse, Bella Swan. Euphorique. Te faire perdre la tête. Je souhaiterais tant te faire passer le meilleur anniversaire de ta vie. Ce pourrait être le grand tournant de ta vie de jeune fille. Enfin, tu vas avoir dix-sept ans, je devrais dire « de jeune femme ». Tu vois ce que je veux dire ? Je serai à la hauteur, je te le promets. Si tu veux de moi, bien sur.
Oh mon Dieu, mais à quoi pense-t-il !!! il est dingue ! Il se pourrait bien que je sois la seconde personne à devenir rouge piment en moins d'une demi-heure, mais pas pour les mêmes raisons qu'Angela. Euh… Bon… Qu'est-ce que je fais là ? c'est trop gênant… Comment ose-t-il ? Hum. Bon bah je vais faire la cruche. Ca m'évitera de rentrer dans les détails.
- Bien sur, bien sur, Mike. je suis d'accord pour que tu apportes ton stroboscope et ce sera une fête sensas !
- T'inquiète, je ne louperai ton anniversaire pour rien au monde ma Belle. Mais je suis plus qu'un stroboscope tu sais ? je pourrais t'apporter mieux que ça.
Il commence à m'énerver là. Je vais lui faire sentir à quel point il est éloigné de mon idéal masculin, soit un jeune homme mystérieux, galant, attentionné, un artiste sensible et cultivé…
- Ah ? tu crois que tu pourrais m'aider à analyser l'évolution de l'œuvre de Paul Gauguin entre sa période Pont-Aven et sa période polynésienne ?
- C'est ça, moque-toi de moi, Swan, tu regretteras un jour. Je ne veux que ton bien moi. Tu es injuste.
- Je suis peut-être injuste Mike, mais tu es lourd là. Arrête de fantasmer sur moi s'il-te-plaît, et je serai plus aimable. Comment faut-il te le dire ?
A midi, je m'installe à la table d'Angela et Ben, où nous rejoint bientôt Alice. Mike me lance un regard furieux et part s'installer à une autre table, où Jessica l'accueille d'un sourire victorieux. A ma grande surprise, Jasper et Edward s'assoient ensuite avec nous. Alice a déjà provoqué l'occasion de lui tendre son carton d'invitation et sa présence à notre table est un encouragement pour elle. Jasper demande si nous avons fabriqué les cartons nous-mêmes et Alice se fait un plaisir de lui répondre. Je lève le regard de mon assiette pour voir Angela et Ben qui se chuchotent des mots doux à l'oreille, je tente un coup d'œil vers Edward qui me fixe tristement et plonge le regard vers son assiette, épaules voûtées, dès que je croise son regard. Je comprends donc qu'il était sérieux hier. Ça ne m'arrange pas du tout. Je ne vois pas pourquoi ce pauvre James m'en voudrait à mort. Par contre je vois très bien que cette histoire éloigne de moi le garçon de mes rêves. Le hic, c'est que je ne sais pas quoi faire pour remédier à ça.
Je passe le reste de la journée et le lendemain dans le brouillard, désorientée, trop concentrée à tenter de résoudre cet épineux problème. En cours d'art dramatique nous avançons sur l'écriture des textes, sur lesquels je travaille avec Jane et Erik. Sur nos six heures hebdomadaires, nous disposons de trois heures pour préparer le spectacle. Nous sommes les seuls à y travailler pour le moment, les autres équipes attendent que nous ayons avancé sur l'intrigue. Collaborer avec l'antipathique Jane n'est pas toujours facile, mais heureusement elle est professionnelle et ne passe pas son temps à nous lancer des piques. Elle a bien trop envie d'écrire quelque chose de grand!
Nous avons décidé de réadapter le mythe de Roméo et Juliette, mais en quelque chose de beaucoup moins dramatique. Pas de suicide. Pas de meurtre. Et pas de mariage entre ados de treize ans non plus. La haine ancestrale entre les familles deviendrait plutôt une rivalité de culture. Il y a tant d'histoires de ce genre autour de nous… il n'est pas difficile de trouver des sources d'inspiration : Heidi, la grande sœur de Jane, a vécu des années de galère incroyable parce que son petit ami n'avait pas la même religion… Eux le vivaient très bien, mais pas leurs parents ; la moindre sortie au cinéma devenait une histoire d'Etat. La société devient cosmopolite, mais les mentalités évoluent lentement. L'année dernière, alors que c'était sa dernière année de lycée, ses parents avaient refusé qu'elle participe au bal de fin d'année, se doutant bien de l'identité de son cavalier. Ils avaient fini par arriver, très en retard, après que Dimitri se soit quasiment battu pour l'enlever ! Et elle ne portait même pas de robe de soirée la pauvre… Elle était tellement heureuse d'être là malgré tout, elle rayonnait de bonheur et ça compensait le décalage d'élégance avec ses camarades. Heureusement elle a réussi à s'inscrire dans la même fac que lui. Ils peuvent enfin souffler ! Autant je n'ai jamais pu encadrer Jane, autant j'ai toujours eu une tendresse particulière pour Heidi, qui devait faire preuve de tant de courage et de détermination pour simplement vivre son premier amour ; paradoxalement je crois que ça les a beaucoup soudés. Peut-être qu'à présent qu'elle est heureuse, elle est devenue également un vrai monstre, qui sait !
Finalement, mademoiselle Lopez nous déconseille avec beaucoup d'insistance de centrer notre histoire sur un couple déchiré par des différences d'origine ou de religion. Justement, il y a trop de cas et certaines familles pourraient se sentir visées. L'école ne doit pas les froisser. Nous sommes douchés ! pour une fois que nous pouvions transmettre un vrai message, quelle frustration! Certes, notre travail n'est pas perdu, nous gardons l'idée de l'histoire d'amour contrariée, il faut juste trouver un nouvel obstacle. C'est réaliste en plus, parce qu'en pensant à Edward et moi, je confirme que des obstacles inattendus peuvent vraiment faire du mal à une histoire.
Nous décidons finalement de nous contenter de différences d'origine sociale ; le jeune homme d'origine modeste, très intelligent et plein d'ambition, qui tombe éperdument amoureux d'une jeune fille de bonne famille, prête à tout pour échapper aux clichés de son milieu et qui souhaite réussir par elle-même, sans l'aide du portefeuille ou du carnet d'adresses de ses parents. Evidemment les parents de la demoiselle vont considérer le garçon d'un mauvais œil, « ce pauvre garçon n'a rien à t'offrir et on ne peut pas être sur que ce sera le cas un jour, ne prends pas de risque avec ta sécurité matérielle et ne t'encombre pas d'un poids mort ». Et les parents du prétendant vont craindre de le voir abandonné « ces gens là sont tous les mêmes, ses parents vont tellement lui répéter qu'elle est une princesse et doit garder son rang, qu'elle finira par te regarder comme le vulgaire crapaud que tu es à leurs yeux ».
Pour mieux avancer, nous nous partageons le travail : Jane réfléchira au développement de l'histoire : les péripéties qui attendent nos héros, vers quelle fin on se dirige, les interactions avec les musiciens et les danseurs… en gros : le plan. Erik va commencer à rédiger les premiers dialogues, la mise en place de l'intrigue. Et moi, je vais travailler sur les caractères des personnages, quels sont leurs qualités, leurs défauts, leurs petites particularités… Il faut aussi inventer des personnages secondaires. Vu le nombre de devoirs que j'ai à faire cette semaine, je crois bien que je vais devoir y consacrer et mon prochain week-end.
Je croise Jacob en allant à la cantine et lui propose de déjeuner ensemble. On se retrouve avec Quill, Embry, Léah, Emily et Alice. Lorsque Jasper et Edward arrivent, je vois Edward marquer une hésitation mais Alice est un aimant bien trop puissant pour Jasper qui se précipite à ses côtés. Décidément nos tablées changent tous les jours ! L'objet de mes rêves s'installe le plus loin possible de moi. Ses yeux sont marqués de cernes et son regard semble hagard. J'en profite pour annoncer à Jacob mon changement de programme pour ce week-end :
- Au fait Jake, j'espère que tu ne vas pas être trop déçu, je sais que je t'avais promis de venir à la Push samedi, pendant que Charlie et Billy seront à la pêche…
A ma grande surprise, Edward sursaute et se met à fixer. J'en rougis.
- Mais finalement tu as un autre rendez-vous ?
- Non, non Jake, c'est moins glamour.
- Bien sur, tu as vu tes joues ? t'es rouge comme une tomate, Bella. Alors c'est qui ? ce bon vieux Mike ?
Je ne peux refreiner la moue de dégoût qui s'installe sur mon visage. Ca fait beaucoup rire la tablée.
- Vu sa tête, je suppose que ce n'est pas Mike, constate Quill avec beaucoup de sagacité.
- Les mecs, croyez-moi, ce n'est personne. Je n'ai pas de rendez-vous, je dois bosser sur notre projet d'art dra.
- Bah si ce n'est que ça, viens quand même, on bossera ensemble et on ira faire du rafting que si on finit assez vite. Mais franchement c'est quoi ces mecs dans ce lycée ! Une belle fille comme toi, personne ne t'invite ? C'est fou !
- Eh bien, si. Des propositions, j'en ai… Je vois du coin de l'œil Edward tressaillir et se prendre la tête entre les mains. Mais ce ne sont pas celles que j'attends, voilà tout. Edward ne change pas d'attitude, j'espère que mes dernières paroles l'auront rassuré. Jacob en revanche me lance un regard investigateur.
- Ca ne va pas Edward ? demande Emily, l'air inquiet, mais en papillonnant des cils.
- J'ai une migraine, bougonne-t-il sans relever la tête.
Je suis soulagée qu'elle ait pris la parole avant que Jacob n'ait ouvert la bouche pour demander quelle est l'invitation que j'attends, mais la jalousie m'étreint en constatant que le pouvoir de séduction d'Edward s'applique à Emily, une belle fille de terminale, dont aucun proche n'est mort dans des circonstances tragiques. Je frissonne en réalisant comme c'est méchant de regretter qu'elle n'ait perdu personne ainsi, afin qu'elle ne soit pas plus facile à fréquenter que moi pour Edward. La honte me submerge.
Je passe le reste de l'après-midi à culpabiliser et à me demander comment gérer l'omniprésence d'Edward dans mon esprit. Que vais-je devenir s'il m'obsède ainsi, davantage de jour en jour, mais qu'il décide qu'il ne peut rien avoir entre nous ? Car il faut bien voir les choses en face : pour le moment nous en sommes là. Et je me gorge de l'espoir que la situation évolue, alors que cet espoir repose sur du vent. Il n'y a aucun moyen d'être sûre que l'avenir ira dans mon sens. J'ai soudain l'impression de porter sur mes épaules toute la misère du monde. Je rentre chez moi découragée et peine à me concentrer sur mes devoirs. J'ai toujours admiré les personnes qui réussissent à se plonger dans le travail quelles que soient les circonstances. Les gens qui noient leurs problèmes dans le travail. Moi, alors que j'essaie de rédiger ma dissertation d'espagnol, mes pensées retournent vers Edward toutes les trois phrases ! Ce n'est pas très efficace.
Charlie remarque ma baisse de moral que j'arrive à mettre sur le compte de ma tonne de devoirs, et du fait que je doive renoncer à la sortie rafting que nous avions prévue avec Jake. Il me propose alors de rester tout de week-end à la Push. Hésitante au premier abord, des fois qu'Edward se décide à m'inviter quelque part, je réalise que justement ce sera bénéfique pour moi de m'éloigner de Forks et de ne pas passer mon dimanche à attendre un appel qui ne viendra pas. Je m'apprête à accepter, lorsque le téléphone se met soudain à sonner. Je me précipite dessus :
- Allo ?
- Hey Bella, c'est Alice. Comment ça va ?
- Oh, Alice. Rien de spécial depuis tout à l'heure.
- C'est cool. Ecoute, je viens de penser que j'ai oublié de te prévenir d'un truc ce midi, et j'avais peur que ça te cause un gros choc si tu l'apprenais par toi-même alors…
- Laisse moi deviner : ton frère a donné rendez-vous à Emily c'est ça ?
- Pff n'importe quoi, glousse Alice. Alors c'est pour ça que tu es toute grincheuse, toi aussi tu as vu son regard de Merlan frit, c'était ridicule ça m'a trop fait rire, jusqu'à ce que je réalise que je dois regarder Jasper comme ça. Finalement ce n'était plus si drôle… Bref, non, c'est bien une histoire de rendez-vous mais pas de ce genre là. Edward est collé avec Hunt.
- Ah bon ? Pourtant je croyais qu'il était trop malin pour se laisser piéger !
- Bah en fait il n'a pas apprécié qu'Ed fasse l'école buissonnière la semaine passée ; bref ne sois surprise de te retrouver avec lui demain.
- Ok, merci de me prévenir.
- Pas de quoi ! A demain la Belle ! bisous
- Ciao Alice ; mais elle a déjà raccroché. Cette fille est une vraie tornade…
Évidemment, je ne vois pas passer les heures qui me séparent de la colle. J'y arrive le ventre noué de trac et d'impatience. Finalement je vais en profiter pour commencer à travailler sur la comédie musicale, quelque chose me dit que je vais trouver l'inspiration, avec Edward dans la même pièce. Je m'installe dans le bureau et constate que le professeur a ajouté une chaise en face de la mienne, nous serons donc face à face sur ce petit bureau. Gloups. Je vais avoir du mal à détacher mes yeux de son visage. Edward arrive pendant que je sors des feuilles et mon stylo. Il a l'air contrarié de devoir s'asseoir en face de moi.
- Cullen. Aujourd'hui vous rattraperez le cours de la semaine dernière dans votre manuel. La semaine prochaine vous m'en ferez un résumé qui rentrera dans votre moyenne donc concentrez-vous bien. Swan, qu'avez-vous prévu pour vous occuper aujourd'hui ?
- Je dois travailler sur le scénario de notre projet d'art dramatique, professeur.
Le tortionnaire se contente d'un grognement désapprobateur, tandis qu'Edward m'adresse un regard surpris et plein de curiosité. J'ose un faible sourire mais il se reprend et plonge dans son livre d'histoire. Je suis son exemple et me mets à travailler, mais il m'aimante vers lui c'est incroyable les sensations que me procure sa présence, d'autant que nous ne sommes séparés que de quelques centimètres. Mes doigts viennent parfois frôler sa main malgré moi, lorsque je repose mon stylo au-delà des feuilles. Je réalise avec douleur qu'Edward, de son côté, a dressé un mur impénétrable entre nous.
J'ai l'impression d'enterrer mon cœur.
