Aaah mais j'aime trop vous lire ! J'ai toujours l'appréhension de poster un chapitre parce que j'ai peur que vous n'aimiez pas, mais vous réservez toujours un super accueil à ce que je poste. Je vous en remercie .. Visiblement le dernier chapitre vous a beaucoup plu, c'est cool ! J'espère que vous aimerez celui là ; un "nouveau" personnage entre en jeu :) Vous me direz si il/elle vous a plu ?
Ceci-dit je suis fière d'avoir pu vous livrer ce chapitre le jour J. Je vous embrasse tous très fort.

Dramionelove : Globalement vous avez tous aimé Hermione bourrée ! la pauvre (a)
Bérénice : J'avoue, je suis indéfendable sur ce sujet là mais je n'aime pas Ron, il en prend toujours pour son grade avec moi ahah
Luciole : Contente que tu aies aimé ! Je me suis un peu inspirée de mes réactions quand moi même j'ai un peu bu alors ça me fait rire. Merci pour tes mots !
Wen : Réponse tout de suite ! ;)


Vous connaissez ce moment où vous avez envie de littéralement fuir vos responsabilités ? Vous savez, ce moment où tous les tracas de la vie qui vous concernent personnellement et auprès desquels vous êtes engagés prennent tellement d'espace dans votre cerveau que vous avez un seul désir, avoir une télécommande pour tout mettre sur pause et respirer ne serait-ce que deux minutes. Le fait est que c'était exactement ce que vivait Drago. Pour comprendre, il fallait revenir un peu en arrière.

LE TERRIER, LENDEMAIN DE MARIAGE.

« Maintenant que je me suis brossée les dents, tu comptes m'embrasser pour me dire bonjour ? »

La bombe lâchée par Hermione venait de parcourir son cerveau comme une bille dans un jeu de flipper, cognant chaque recoin dans sa boîte crânienne. Il l'avait bien cherché, en lui tendant la perche avant qu'elle fuie pour se laver les dents, cependant il ne la pensait pas suffisamment téméraire pour saisir cette opportunité ainsi. Au pied du mur, pas le temps de tergiverser pendant trois plombes. Alors que sa main se glissait dans sa nuque, il s'empara des lèvres de sa voisine pour lui offrir un baiser des plus tendres. S'il sentit Hermione se crisper un peu sous son baiser, lui il se sentait bizarre. C'était la première fois qu'il embrassait une femme depuis la mort d'Astoria et en plus, la femme qu'il embrassait n'était autre que cette foutue Miss-je-sais-tout qu'il s'était tant plu à détester jusqu'à il y a quelques semaines en arrière. Donc bizarre d'avoir un nouveau contact labial avec une autre femme qu'Astoria et bizarre parce que ce baiser, étrangement, ne le dérangeait pas outre mesure.

Il rendit sa liberté à la bouche d'Hermione, cette dernière restant pourtant figée, les lèvres tendues et les yeux fermés. Il rit, moqueur, sortant la brune de sa rêverie. Elle piqua un fard monstrueux avant de se concentrer sur ses tartines à la confiture de fraise. Il avait retenu la leçon et savait qu'elle ne serait pas en forme sans sa collation habituelle. Il lui fit passer également un jus de fruits empli de vitamines ainsi qu'une boîte de dragées surprises de Bertie Crochue. En captant le paquet de sucreries, Hermione lui adressa un beau sourcil arqué.

« Tu m'expliques ? »

Il sortit de la boîte deux dragées de couleur verte et tapa un petit gauche droite rapide de la tête pour s'assurer que personne n'écoutait.

« Pomme et morve de troll. Celui qui a le mauvais goût gagne le droit d'avouer à Scorpius la vérité sur sa mère. »

« Pardon ?! » lâcha Hermione en haussant le ton et en s'étouffant avec la dernière bouchée de sa tartine. « C'est bien essayé Drago mais je marche pas dans ton plan. »

« Pourquoi ? T'es une femme, t'es plus délicate et t'es pas veuf de ta femme, ça sera plus facile pour toi de lui dire. En plus il t'adore. »

« J'en suis ravie mais jusqu'à preuve du contraire c'est pas moi le père de cet enfant. C'est à toi d'assumer tes responsabilités et de lui dire tout ça. Et puis d'abord ça te prend comme ça, au saut du lit ? »

« Mais non mais … »

La phrase qui ne franchit pas le pas de ses lèvres, et qui ne franchit peut-être même pas la porte de son cerveau était : « J'ai adoré t'embrasser, ma fierté de Malefoy veut pas se l'avouer mais il y a une possibilité que je veuille plus que ça, donc il faudrait que Scorpius soit un jour au courant que sa mère est morte avant que je refasse ma vie, tu crois pas ? »

Non, ce qui sortit fut d'une banalité plus déconcertante.

« Quand j'ai vu tout le monde si heureux aujourd'hui, tout le monde si proche alors que la plupart d'entre vous a perdu beaucoup de personnes très chères, George a carrément perdu son frère jumeau, ben je me suis dit que Scorpius avait lui aussi le droit d'être heureux et que lui dire la vérité sur sa mère serait peut-être dur au départ mais beaucoup moins que s'il l'apprenait autrement. »

« Tu es impressionnant de maturité quand tu dis des choses comme ça Drago … »

Et elle sourit simplement, touchée par ses aveux, avant de terminer son petit-déjeuner.

C'est après avoir salué tout le monde, et même remercié Harry, Ginny, Molly et Arthur Weasley pour leur accueil, que Drago et Hermione transplanèrent jusqu'à l'auberge.

L'AUBERGE.

« PAPAAAA ! »

A peine avaient-ils atterris de leur transplanage que Scorpius avait foncé droit dans les jambes de son père, accrochant ses bras au niveau de ses cuisses.

« Ma petite crapule ! »

Il attrapa son fils sous les bras et le porta contre lui, le fils en question s'empressant de se serrer fort contre son père qui lui avait visiblement beaucoup manqué en vingt-quatre heures.

« T'es revenu avec Hermione, c'est trop bien ! » fit Scorpius en même temps qu'il adressait un petit signe de la main à la jeune femme.

« J'allais pas la laisser seule là bas, elle se serait fait manger par les Nargoles … »

« C'est quoi des Nargoles papa ? »

« Je t'expliquerai … »

Dans son dos, Hermione pouffait de rire alors que lui peinait à se retenir, imaginant Luna Lovegood en train d'expliquer, vainement, à son fils, le premier fan des créatures magiques, ce qu'étaient les Nargoles.

Son fils lui racontant en long, en large et en travers ce qu'il avait fait avec Georgia en son absence, ce à quoi ils avaient joué, ce qu'il avait mangé et ce qu'elle lui avait lu comme histoire, il aperçut Hermione rejoindre discrètement, sur la pointe des pieds, le premier étage, probablement pour regagner sa chambre. Sans vouloir paraître oppressant, il lui laissa le temps de vaquer à ses occupations, pendant ce temps il prenait en main ses responsabilités de père. Et puis ce fut Scorpius qui en eut marre le premier et qui quitta volontairement les bras de son père pour aller aider Georgia à faire la vaisselle. Le paternel en profita pour rejoindre lui aussi le premier étage, toquant à la porte de la chambre qu'occupait Hermione.

« Je peux entrer ? »

« Oui oui bien sûr, viens ! Tu tombes bien justement.»

Il poussa la porte et fut accueilli par une Hermione contorsionniste qui essayait maladroitement de défaire le noeud qui retenait les deux côtés de sa robe.

« T'as besoin de mon aide pour te déshabiller ? C'est la partie que je préfère ! » avoua-t-il en se frottant les mains et en s'approchant d'elle avec une démarche de prédateur.

« Bas les pattes ! » rugit-elle en se tournant vers lui, les mains devant elle comme pour se protéger mais en riant à moitié. « On est plus que tous les deux, c'est plus la peine de jouer à l'amoureux transi. »

« Qui sait ! Peut-être que ça me plairait vraiment de te déshabiller. »

« Qu'est ce que tu racontes ? » fit-elle en rougissant, ne sachant pas comment prendre ce qu'il avançait.

« Bon alors, comment on s'y prend avec ton truc ? »

Il la fit tourner de lui même en la tenant par les épaules, commençant à trafiquer le noeud dans tous les sens.

« Drago t'as les mains glacées ! » cria-t-elle en se cambrant aussitôt le froid de ses mains eut touché son dos.

« Chochotte. Bon sang mais comment tu as fait ce noeud ? »

« Avec un sort. J'avais peur qu'il se défasse dans la soirée … Au moins avec tout ce que j'ai bougé pendant la nuit, lui, il n'a pas bougé d'un pouce. »

« Grand bien lui fasse à ce noeud, c'est vrai que ça doit le préoccuper. Bon, aux grands maux les grands remèdes. » ponctua-t-il en se saisissant de sa baguette.

« Qu'est ce que tu fabriques ? » demanda la brune en essayant de se retourner vers lui, même s'il la maintenait fermement immobile.

« Bouge pas ou tu vas morfler. »

« Drago tu .. AAAAH ! »

« Je rêve, mais quelle actrice ! Ça t'a même pas touché. »

Sauf qu'elle ne criait pas parce qu'elle avait été touchée par son sort, mais parce qu'en défaisant le noeud elle venait de se retrouver seins nus. Malgré tout dos à lui, mais les bras croisés sur sa poitrine pour cacher ce qu'il pourrait voir, elle n'arrêtait pas de hurler. Drago s'en rendit compte seulement après avoir levé les yeux, un sourire amusé se dessinant au coin de ses lèvres. Oui, il en profitait légèrement.

« Tourne toi ! Tu m'as vraiment déshabillée sombre crétin ! »

« C'est une manière de parler à son amoureux ça ? » se moqua-t-il alors qu'elle tapait du pied par terre.

« Tourne toi ! Vas t'en ! Cache tes yeux ! Fais quelque chose ! »

« Ça va, tout doux. »

« T'es tourné ? »

« Mais oui ! » s'agaça-t-il.

Mais en se tournant pour récupérer sa robe dans le but de se cacher avec, elle constata qu'il n'était pas du tout retourné et qu'au contraire, il se délectait du spectacle avec un sourire pervers logé sur sa bouche.

« 85C tu disais ? Effectivement, t'avais raison. »

« Espèce d'enfoiré ! »

Hilare, et effectivement en train de se rincer l'oeil sur son 85C, il la suivit du regard alors qu'elle fonçait dans la salle de bain pour se rhabiller. Peut-être qu'elle comptait sur lui pour foutre le camp, mais c'était mal le connaître parce qu'il s'était assis sur son lit, silencieux, les jambes croisées, attendant patiemment qu'elle sorte de sa tanière. Tanière qu'elle mit un bon quart d'heure avant de quitter, soupirant d'exaspération en constatant qu'il était encore là.

« Tu comptes m'enlever mon pantalon maintenant ? »

Il la dévisagea de la tête aux pieds, observant qu'elle avait troqué sa tenue de mariage combinant robe et pantalon cintré pour un jean un poil grand pour elle donnant l'impression qu'elle l'avait emprunté à son mec, un pull en mailles blanc cassé ainsi qu'une paire de bottes fourrées de la même couleur.

« Hum non, c'est beaucoup moins tentant là. »

Il se redressa et continua de parler, alors qu'elle rangeait ses affaires dans son placard.

« Bon, désolé d'avoir un peu maté tout à l'heure, mais ça compense avec la fois où tu m'avais reluqué en sortant de la douche … Hep hep hep, ne nie pas je m'en rappelle. En fait à la base je venais pour te remercier. »

« Me remercier de ? » le questionna-t-elle.

« Pour la journée d'hier. J'étais pas trop chaud pour tout ça, tu sais le mariage, tes amis, le faux couple … Puis finalement c'était hyper agréable. Globalement les gens me prennent pour un gentil maintenant. »

« Parce que t'es un gentil, il va falloir t'y faire. »

Il rit au clin d'oeil qui ponctuait sa phrase.

« Je sais, j'ai pas l'habitude mais je m'y habituerai. Et puis jouer au faux couple d'amoureux finalement c'était drôle et ça m'a plu. »

« J'ai compris que t'y prenais un malin plaisir. Comme pour ce baiser … »

Il jouait nerveusement avec son pied contre le sol, mains dans les poches, regard fuyant, attitude Malefoyenne à quatre cent pour-cent désinvolte, et puis releva brusquement les yeux vers elle quand elle mit le sujet du baiser sur le tapis. Agitant ses bras dans des gestes flous en direction de la porte et bafouillant comme un adolescent devant un professeur qui le terrorisait :

« Je … bah … euh … tu … A plus. »

Drago Malefoy fuyant ses responsabilités, acte un.

MANOIR DES MALEFOY.

Dix jours s'étaient écoulés depuis le mariage d'Harry et Ginny, dix jours pendant lesquels Drago n'avait fait que partiellement croiser le chemin d'Hermione pour ne pas avoir à se justifier sur ce baiser, craignant la tournure que prendrait cette conversation.

Encore dans les bras de Morphée, Drago faisait un rêve très agréable où sa seule préoccupation était de savoir s'il mettait des baskets ou des boots avec son jean noir. Mais c'était sans compter sur la voix, ou plutôt, le cri de Scorpius qui le fit bondir hors de son lit en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

« PAPAAAA ! C'EST NOËËËËËËL ! » hurlait le petit garçon depuis le pied du lit de son père.

« Par la barbe de Merlin Scorpius, tu vas me tuer à me réveiller comme ça ! Calme toi. »

Sauf que non, il n'avait pas envie de se calmer. Dans son pyjama vert orné d'un serpent sur le ventre, il courrait dans toute la chambre, ses petits pas résonnant contre le carrelage.

« C'est Noël ! C'est Noël ! Tu crois qu'il a neigé ? Et je vais avoir quoi comme cadeau, tu sais toi ? S'il a neigé, on ira faire un bonhomme de neige ? Ou une bataille de boules de neige ! Peut-être que j'aurais un balai comme toi papa. Ou un vif d'or ! Oh oui ! Un vrai vif d'or qui vole partouuuut ! Non, je sais, un serpent. Un vrai, mais un gentil. Il vivrait dans le jardin avec les paons de grand-père Lulu. On le voit grand-père Lulu aujourd'hui ? Et grand-mère Cissy ? »

Drago se laissa tomber en arrière sur son lit en se massant les tempes. Dès le matin, c'était très compliqué de gérer l'euphorie de Scorpius. Il prit une grande inspiration en se redressant.

« Bon, Scorpius. On va prendre la douche ? Et après on descend. »

« Nooon, je veux d'abord ouvrir mes cadeaux ! S'il te plaît papa ! »

« En pyjama ? »

« Bah … Oui ! »

Devant les yeux suppliants de son fils, et sa petite lèvre inférieure tremblotante, Drago fut obligé de craquer. Il se maudissait d'avoir si peu d'autorité sur son fils dans ces moments là.

« Bon. On descend. Mais ne cours pas dans les … escaliers » soupira-t-il alors que Scorpius était déjà en train de courir dans les escaliers jusqu'au rez-de-chaussée.

Vêtu en tout et pour tout d'un pantalon en coton gris chiné - dont il se servait comme pyjama - et sans avoir pris la peine d'enfiler un tee-shirt, il rejoignit son fils dans le salon, qui était déjà en train de sautiller partout devant le sapin et ses cadeaux de Noël s'y trouvant au pied.

« On commence par quoi papa ? Le gros ! »

Il s'agenouilla devant le gros paquet, arrachant vivement le papier cadeau tout autour. Installé dans son imposant fauteuil, Drago ne lâchait pas des yeux son fils qui prenait un plaisir monstre à déballer ses cadeaux. Comme chaque année, le paternel avait mis les petits plats dans les grands concernant les présents pour son fils. Il croulait désormais sous les jouets, peluches et autres amusements. Il se délectait de le voir jouer avec ce vif d'or animé qui voletait partout dans le salon. Il lui courait après en riant de son rire d'enfant si cristallin que Drago aimait tant. C'est dans ces moments là qu'il prenait pleinement conscience de la chance et du bonheur que c'était d'être père.

Il leva la tête, sourcils froncés en entendant toquer à la porte d'entrée. Ils n'attendaient pourtant personne.

« Tu attends la visite de quelqu'un ? » demanda le père à son fils en riant.

« Personne papa. Peut-être que c'est Hermione ! » répondit Scorpius avait les yeux pétillants, visiblement ravi d'imaginer qu'Hermione puisse venir.

Sa pudeur au placard, c'est torse nu et sans gêne que Drago alla ouvrir, ouvrant de grands yeux quand ceux-ci se posèrent sur une belle, ou plutôt sublime, jeune femme aux cheveux bruns impeccablement lisses lui arrivant sous la poitrine.

« Daphné ?! »

« Joyeux Noël Drago ! »

Après avoir déposé une bise sur la joue de son beau-frère, Daphné fit comme chez elle et entra dans le manoir. Trottinant sur ses talons hauts sans vaciller, elle hurlait le prénom de Scorpius, qui lui aussi se mit à crier de joie en voyant sa tante. Après la mort d'Astoria, Daphné et Drago avaient toujours été très présents l'un pour l'autre pour s'épauler et se soutenir dans cette dure épreuve. Physiquement, Daphné était la même qu'adolescente. Une longue crinière brune foncée, des yeux noisettes emplis de malice, et une silhouette fine, élancée et affreusement bien proportionnée. Elle était toujours tirée à quatre épingles et savamment bien habillée, d'une manière un peu provocante parfois. C'était une jeune femme du même âge que lui, moins arrogante, moins prétentieuse, mais très extravertie. Daphné savait qu'elle était belle, qu'elle plaisait aux hommes et elle en jouait énormément, autant dans son attitude que dans sa manière d'être ou de s'habiller. Ce genre de femme sûre d'elle, jouant souvent habilement de ses atouts, et qui peut vous piquer votre homme en un battement de cils. Elle s'entendait toujours aussi bien avec Drago, autant qu'à l'adolescence, et elle était une des rares personnes à ne pas avoir peur de lui tenir tête. Elle était même parfois un peu envahissante et là, le jeune homme n'était pas très enclin à supporter la tornade Greengrass. Il referma lentement la porte et rejoignit Daphné et Scorpius dans le salon. Ce dernier était toujours en train de courir après son vif d'or en rigolant alors que Daphné s'était improvisée maîtresse de maison et préparait le petit déjeuner.

« Fais comme chez toi Daphné, je t'en prie. »

« J'ai jamais demandé ton autorisation ici, c'est pas maintenant que je vais commencer. Où est-ce que tu ranges les bols ? »

« Placard de gauche, deuxième étagère. Et je peux savoir ce que tu fiches ici ? »

« Merci. Et les tasses ? J'ai quand même le droit de venir voir mon neveu pour Noël non ? J'ai plein de cadeaux pour lui. »

« Même placard, première étagère. Tu viens nous voir deux fois par an, à Noël et pour son anniversaire, et à chaque fois tu as quelque chose à me demander. Alors on va éviter trois heures de conversation : qu'est ce que tu veux ? »

« Merci. Et le chocolat en poudre ? Mais je veux rien Drago bon sang ! Je viens en tout bien tout honneur, profiter de mon neveu qui grandit trop vite. »

« Tu comptes vider mes placards ou bien tu apprends les emplacements par coeur parce que tu veux emménager bientôt ? »

« C'est pas une mauvaise idée, mais mon grand appartement en banlieue me convient parfaitement. Ceci-dit, il est où le chocolat en poudre ? »

« Placard de droite, à côté des assiettes. »

« Merci ! »

Alors qu'elle préparait du chocolat chaud pour Scorpius et du café pour elle et Drago, ce dernier venait de prendre la peine d'enfiler un tee-shirt pour ne pas s'exhiber encore plus devant Daphné. Il dut ruser habilement pour que Scorpius lâche son vif d'or et vienne s'installer à table pour déjeuner. Il s'assit en face de lui, Daphné à côté de son neveu.

« Tu t'es habillé ? Dommage, je me délectais pas mal du spectacle. T'as fait du sport ? »

« Pas plus que depuis la dernière fois qu'on s'est vu, c'était à dire au mois d'août pour l'anniversaire de Scorpius. »

« Si tu le dis. »

« Tu vas finir par me dire ce que tu me veux Daphné ? »

La Daphné en question fusilla Drago du regard dans l'instant. Alors oui, il se pourrait peut-être qu'à chaque fois ses précédentes visites étaient en fait un prétexte pour demander quelque chose à Drago. Mais pas là.

« Je viens vraiment pour voir Scorpius, parce que c'est Noël. Je sais que je suis toujours très opportuniste avec toi mais là c'est pas le cas, je te jure. »

Drago voulut la croire sincère, c'est pourquoi il passa outre. Il aida Scorpius à terminer de déjeuner avant de l'accompagner à l'étage pour le préparer et se préparer. Il avait laissé Daphné vaquer à ses occupations en bas. De toute façon, elle connaissait le Manoir par coeur. Il redescendit une demi heure plus tard, Scorpius à ses talons, impeccablement propre sur lui et lui également. Drago Malefoy et sa version réduite en quelque sorte. Ils trouvèrent Daphné dans le salon, installée dans le canapé, un livre entre les mains. Ses jambes habilement croisées pour ne pas filer ses collants noirs, une jupe patineuse grise qui lui arrivait au dessus du genoux et un chemiser blanc suffisamment boutonné pour laisser entrevoir le haut de sa poitrine sans trop en dévoiler. Aux pieds, des escarpins noirs d'une douzaine de centimètres - autant dire des pantoufles, pour elle.

Daphné Greengrass, le charme, la séduction et la provocation à l'état pur.

« Tata ! On va jouer dans la neige dehors, tu viens ? »

Daphné baissa les yeux sur sa tenue avant de les relever vers Drago et Scorpius.

« Je pense pas avoir la bonne tenue pour aller jouer dans la neige chéri, désolée. »

« Oh mais s'il te plait ! » supplia Scorpius en trottinant vers sa tante, « On fait un bonhomme de neige il a dit papa. »

« Navrée Scorpius mais je suis pas suffisamment habillée, je vais avoir froid. »

Resté en retrait, les bras croisés, Drago observait l'échange. Il savait très bien que Scorpius allait avoir le dernier mot, parce qu'il était encore plus têtu et obstiné que lui. Mais il voulait voir comment Daphné allait s'en sortir, combien de temps elle allait lui tenir tête avant de flancher.

« Tata, écoute. » commença le petit garçon d'une manière incroyablement adulte pour son âge, tout en grimpant pour s'assoir sur les genoux de Daphné, « On peut te prêter un manteau pour pas que tu aies froid, c'est pas grave. »

« Et les chaussures ? Tu me prêtes les tiennes ? »

« J'ai des trop petits pieds moi tata ! »

« Alors je ne peux pas venir dans la neige en talons chéri, je vais avoir froid et c'est pas pratique. »

« Il y a des chaussures à maman en haut ! Elle te les prête. »

Daphné rit jaune. Les chaussures de sa défunte soeur, qui était pourtant encore bien en vie aux yeux de son fils. Ça ne lui donnait pas envie de rire en fait.

« Maman a des petits pieds aussi, je rentrerai pas dedans. »

« C'est pas vrai ! » s'écria Scorpius avant de foncer en courant jusqu'à l'étage, redescendant comme une fusée avec, dans les mains, une paire de bottes fourrées qui appartenaient à Astoria.

Il tendit la paire de chaussures à Daphné.

« Tiens tata ! Essaye. »

Daphné serra les dents tout en marmonnant dans sa barbe qu'elle n'avait pas, et retira ses escarpins avant d'enfiler les chaussures de sa soeur qui, bien évidemment, lui allaient à merveille.

« Oh, ça alors, elles me vont … » s'exclama-t-elle, très mauvaise comédienne.

« Je te l'avais dit tata. Il faut m'écouter. Alors viens ! »

Il sautillait déjà jusqu'à l'extérieur, et Drago laissa échapper un petit rictus moqueur.

« Je sais que ce que tu penses. » maugréa Daphné.

« Que mon fils te mène par le bout du nez, comme il fait avec tout le monde. C'était obligé que tu craques, j'attendais juste de voir combien de temps tu allais résister. Mais je suis un peu déçu, tu as vite capitulé. »

« Ton môme a réponse à tout, c'est consternant. »

« Entre Astoria et moi, il a de qui tenir. »

« Malheureusement ! Et je constate d'ailleurs qu'il n'est toujours pas au courant pour sa mère. Tu comptes lui dire quand Drago ? Quand les gobelins auront des ailes ? »

« Dis lui toi, puisque tu es si pressée et que ça a l'air si important à tes yeux. »

« C'est pas à moi de lui dire Drago, c'est ton boulot de père ! »

« C'est vrai que c'est super facile de se lever un beau matin et d'annoncer à son fils que sa mère est morte. »

« Plus tu attends, et plus ça sera difficile. Et ça tu le sais très bien. »

« Je sais, mais c'est déjà difficile. Alors s'il te plaît, oublie ça pour le moment et contentons-nous d'aller jouer dans la neige, ça marche ? » s'adoucit Drago en désignant la porte d'un signe de la main.

« Tu fuis tes responsabilités Drago. »

« Je le sais ça aussi Daphné, c'est dans les gênes des Malefoy de fuir constamment dès que ça s'avère être une situation compliquée. »

Il attrapa sur le porte-manteaux une veste chaude, appartenant elle aussi à Astoria et la lança à sa belle-soeur.

« Enfile ça, il fait froid dehors. »

Drago Malefoy fuyant ses responsabilités, acte deux.

L'AUBERGE.

Rares étaient les fois où Georgia pouvait s'occuper d'elle et profiter d'un moment de calme sans avoir à s'attarder sur les besoins d'un client, sur le repas à cuisiner pour des ouvriers en mission ou sur les exigences de sa majesté Drago Malefoy. Cependant, en périodes de fêtes de fin d'année, l'auberge était toujours vide, les gens profitant majoritairement de ces moments en famille. Elle profitait donc tout le temps de ce petit repos hivernal pour ranger et nettoyer le lieu de fond en comble, mais également pour se reposer et prendre un peu soin d'elle. Cette année, la seule résidente de l'auberge était Hermione, mais elle la laissait mener sa vie comme elle le voulait, ce qui lui laissait le temps de faire la grasse matinée un matin sur deux. Enfin, sauf ce matin. Un gros bruit contre la porte en bois de l'entrée avait retenti à sept heures du matin pétantes, comme quelqu'un tambourinant dessus à s'en abîmer les mains. Georgia bondit hors de son lit, les cheveux hirsutes sur sa tête et descendit en robe de chambre et en pantoufles pour ouvrir. Elle tomba nez à nez avec Drago, lui frais comme un gardon quoi que la mine un peu assombrie, qui, sans demander son reste, était entré de lui-même dans l'auberge.

« Monsieur Malefoy, vous allez bien ? » s'inquiéta Georgia.

Drago était déjà derrière le comptoir en train de se faire réchauffer du café, sans pour autant prendre la peine de répondre à Georgia.

« Vous pourriez au moins me répondre monsieur, c'est la moindre des choses après m'avoir réveillée. » s'agaça la femme, constatant que visiblement il n'y avait pas matière à s'inquiéter.

« Vous dormiez ? Encore ? » demanda Drago en vérifiant l'heure. « Mais il est sept heures ! »

« Et ? Je n'ai pas de locataires en ce moment sauf Hermione, vous le savez très bien, donc je prends du temps pour me reposer un peu. »

« Sept heures c'est une heure raisonnable pour se lever, sachant que ça fait deux heures que je suis debout moi. Soutenez-moi un peu ! »

« Vous soutenir ? Personne ne vous a mis un couteau sous la gorge pour que vous vous leviez si tôt que je sache. »

« Pas un couteau, mais un talon haut de douze centimètres. »

« Oh. Je vois. » comprit aussitôt Georgia.

« Problème mondial de premier ordre. C'est pour ça que je suis ici. »

« Daphné Greengrass ? »

« Elle-même, en chair, en os et en mini jupe. Chez moi. Depuis deux jours. Et pour une semaine encore. »

« Oh. » répéta Georgia. « On va en parler. »

Georgia connaissait bien Astoria et, par extension, sa soeur Daphné. Elle connaissait leur histoire à elles et à Drago, leurs liens, leur relation à l'époque de Poudlard, tout. Et ce qu'elle savait aussi, c'était que Daphné ne venait jamais rendre visite à quelqu'un sans avoir une idée derrière la tête. Jamais. Même lorsqu'Astoria était encore vivante, l'aînée Greengrass venait systématiquement rendre visite à sa soeur et à sa petite famille quand elle avait un problème, besoin de quelque chose, ou envie qu'on lui rende service. Systématiquement. Ce qu'elle savait en plus de ça, c'était que Daphné avait un caractère particulier. Contrairement à la douceur de sa soeur cadette, Daphné était une jeune femme dynamique, parfois même survoltée, qui ne tenait pas en place. C'était aussi une personne déterminée, sûre d'elle - un peu trop parfois - exubérante, très expressive et sans aucune gêne. Si elle avait envie de quelque chose, elle l'exigeait et l'obtenait dans la seconde. C'était également une femme très provocatrice, autant dans ses tenues que dans ses paroles ou sa façon d'être.

Mais ce qu'elle savait surtout, et que tout le monde refusait de croire, c'était qu'elle avait le béguin pour Drago depuis toujours.

Le blond s'était assis dans son habituel rocking-chair, une tasse de café entre ses mains. Georgia avait pris place dans le canapé en face de lui, installant sur la table basse sa tasse de thé accompagné de biscuits qu'elle prenait en guise de petit déjeuner.

« Votre belle-soeur est donc chez vous depuis deux jours ? »

« Elle est arrivée le jour de Noël, la bouche en coeur, avec un cadeau pour Scorpius et même pas un pour moi. »

« Pauvre enfant. Si même votre belle-soeur boycotte votre Noël … » se moqua Georgia, faisant lever les yeux au ciel à son patron.

« Le problème n'étant fondamentalement pas là. C'est qu'elle est là depuis deux jours, qu'elle s'est installée pour passer une semaine de vacances sans me l'avoir demandé ni même m'avoir prévenu, et qu'elle ne m'a toujours pas dit la vraie raison de sa venue. »

« Peut-être que pour une fois, elle vient vraiment pour passer du temps avec vous. »

Drago arqua un sourcil.

« Vous savez comme moi que Daphné Greengrass ne vient jamais rendre visite à quelqu'un sans avoir quelque chose à lui demander. »

« Je sais, j'essayais de la défendre. »

« C'est pas la peine. Daphné est sournoise, elle manipulerait ses propres parents si sa vie en dépendait. Non c'est étrange. »

« Vous lui avez demandé plusieurs fois la vraie raison de sa venue ? »

« Environ vingt fois depuis qu'elle est là. Elle me soutient qu'elle veut juste passer du temps avec son neveu qu'elle voit rarement. Bah oui forcément, en nous rendant visite tous les trente-six du mois quand il lui tombe un oeil ! »

« Il faut lui faire cracher le morceau autrement. »

« Elle est forte, elle me tiendra tête jusqu'à ce que mort s'ensuive. »

« Bon, et bien dans ce cas là faîtes votre vie normalement sans en tenir compte ! Elle finira par craquer, et dans le pire des cas elle craquera dans une semaine avant de partir. »

« Ça fait quand même une semaine pendant laquelle je vais m'arracher les cheveux et me faire des noeuds au cerveau à essayer de comprendre pourquoi elle est là. »

« Mhm .. »

Georgia entra dans un mutisme, sourcils froncés, pendant lequel elle essayait elle aussi de trouver la vraie raison de la venue de Daphné. La seule raison plausible qui lui venait en tête, Drago refuserait tout bonnement de la croire.

« Je connais ce regard. » lâcha Drago, brisant le silence.

« Quel regard ? » questionna Georgia qui essayait de retrouver un visage neutre.

« Vos sourcils froncés et ce regard soucieux qui sait pas où se poser et qui ose pas me regarder dans les yeux. Vous savez quelque chose. »

« Mais non enfin monsieur ! » s'offusqua l'aubergiste, « Que voulez-vous que je sache à propos de votre belle-soeur, que vous ne savez pas ? »

« Vous savez toujours tout … et je sais pas comment vous faîtes d'ailleurs. Donc je me disais que là, vous deviez savoir aussi. »

« Et bien j'ai une petite idée mais je pense qu'elle ne vous plaira pas. »

En comprenant rapidement là où elle voulait en venir, le blond s'adossa complètement à son rocking-chair, manquant de peu de passer par dessus tellement il y était allé en peu fort, en soufflant. Il marmonna quelque chose dans sa barbe, joignit ses deux mains entre elle et posa son regard sur son employée.

« Vous allez me refaire le coup de l'histoire d'amour ? »

« Ça crève les yeux monsieur. Daphné a toujours été dans vos pattes, que ce soit à Poudlard ou après, même si vous étiez marié à sa soeur. Et maintenant qu'Astoria n'est plus là, paix à son âme, elle est deux fois plus collée à vos baskets. Elle a à chaque fois une nouvelle excuse plus tordue que la précédente pour justifier sa visite. Vous pensez qu'elle vient pour vous demander quelque chose, mais elle vient seulement pour vous voir. »

« C'est ce que vous dîtes à chaque fois mais je n'y crois pas. »

Il croisa ses bras sur son torse, comme un enfant boudeur, et il reprit.

« Elle ne m'a jamais clairement fait du rentre dedans en plus. »

« Ah oui ? Et les mini-jupes ? Les décolletés plongeants ? Les sous-vêtements affriolants sous des chemisiers transparents ? Les talons aiguilles ? Le maquillage outrageux ? Les collants résilles ? Les nuisettes arrivant juste en dessous des fesses ? »

Drago leva les yeux au ciel.

« C'est la définition même de Daphné. Sans ses talons hauts elle marche pas droit et elle se sent à poil sans maquillage. »

« Admettons. Et les sourires aguicheurs alors ? La démarche chaloupée ? Les hanches qui roulent à chacun de ses pas ? Ses habiles croisements de jambes ? Sa langue humidifiant ses lèvres à chaque fin de phrase ? »

Les soupirs de Drago redoublèrent. Comment était-ce possible d'avoir raison comme ça, tout le temps ?

« Je le reconnais. Mais elle ne le fait pas seulement à moi. Daphné aguicherait la totalité du monde sorcier, la moitié du monde moldu et un quart d'Azkaban seulement pour tester son pouvoir de séduction ! »

« Mais en entendant vous êtes le seul à qui elle le fait vraiment, et régulièrement. »

« Sauf que ça ne prend pas avec moi. Elle pourrait sortir l'artillerie lourde et se balader top less dans le Manoir, j'y prêterai aucune attention. »

« Je le sais monsieur, et c'est très éthique et correct de votre part sachant que c'est la soeur d'Astoria. »

Drago ravala sa salive lentement en pensant à Astoria. Il arrivait, parfois, à déposer l'image de sa défunte femme dans un petit coin de son coeur. Vous savez, ce coin qu'on réserve aux personnes qu'on aime, qu'on oublie pas, mais qui sont suffisamment mises de côté pour nous permettre d'aller de l'avant, sans pour autant l'oublier complètement. Et bien maintenant, Astoria était de ce côté là dans le coeur de Drago. Il aimerait cette femme jusqu'à la fin de ses jours, c'était certain. Il ne l'oublierait jamais mais il était prêt à aller de l'avant, en partie parce que si Astoria le voyait se morfondre encore longtemps, elle aurait été capable de revenir d'entre les morts pour l'engueuler et lui mettre un coup de pied aux fesses. Mais là, il s'agissait d'autre chose. Il refusait de croire que Daphné en pinçait pour lui mais quand on regardait les faits, c'était presque évident.

Vous me conseillez de faire quoi alors, Georgia ? »

« Rien. Continuez à mener votre vie normale avec Scorpius, elle craquera la première et vous n'aurez rien à vous reprocher. »

« Et si jamais il s'avère que vous avez raison et qu'elle me saute dessus comme un animal en rut, qu'est ce que je fais ? »

« Vous prenez vos responsabilités d'homme et agissez selon votre bonne conscience. »

« D'accord. Donc j'embarque mon fils et je fuis à l'autre bout de la planète. »

Drago Malefoy fuyant ses responsabilités, acte trois.

LE MANOIR.

Alors que Drago avait fui le Manoir comme la peste ce matin, en se dérobant à l'aurore avant que quiconque soit réveillé, Daphné allait regretter d'avoir investi la demeure Malefoy de la sorte. Le jeune homme comptait bien évidemment sur son fils pour lui réserver un réveil digne de ce nom, semblable à ceux qu'il subissait lui tous les matins.

Scorpius, justement, était sorti de son lit pour rejoindre à pas de loup la chambre de son père. Un peu inquiet de ne pas trouver son papa dans son lit, il sentit les sanglots lui monter à la gorge, puis aux yeux, avant de se rendre compte que son père n'était pas ingrat au point de le laisser tout seul dans cette grande maison. Il trottina doucement jusqu'à la chambre au bout du couloir qu'occupait sa tante. Il sourit et ravala ses larmes en constatant qu'elle, elle était bien là, endormie, enroulée dans ses draps chauds. L'air aussi sournois que son père quand il a une idée machiavélique en tête, il s'approcha du lit de sa tante lentement et les mains en avant, paré à l'attaque. Il grimpa doucement sur le lit sans se faire remarquer, tournant toutes les secondes la tête vers elle pour vérifier si son ascension ne l'avait pas réveillée. Une fois aux pieds de sa tante, il compta doucement jusqu'à trois avant de prendre son envol et de lui sauter dessus.

« DEBOUUUT TATAAAA ! »

« Douce mère de Dieu qu'est ce que c'est !? »

Daphné, le souffle court par l'assaut qu'elle venait de subir, les cheveux dressés sur sa tête, les yeux sortis de leurs orbites, essayait de comprendre malgré son cerveau endormi, ce qui venait de lui arriver. Et puis ses yeux se posèrent sur une tornade blonde qui riait à plein poumons. Elle soupira.

« Qu'est ce que je vais faire de toi pauvre enfant. Il est où ton père ? »

« Sais pas ! » répondit Scorpius en s'enroulant lui aussi au chaud sous la couette. « Il est pas dans son lit. »

« Pas dans son lit ? Il t'a laissé seul ici ? »

« Je suis pas tout seul, je suis avec toi tata. »

Il vint se blottir tout contre elle, refermant ses yeux comme prêt à se rendormir.

« Non non Scorpius, on dort plus. »

« Mais si tata ! On dort jusqu'à ce que papa soit reviendu. »

« Revenu chéri, revenu. » corrigea Daphné en se laissant finalement tomber en arrière, passant ses bras autour du petit corps de son neveu.

« Revenu alors. Tu sais tata, je suis content que tu sois là moi. »

« C'est vrai ? »

« Oui ! J'aime bien quand t'es là. Tu me fais du chocolat chaud. »

« Papa aussi il t'en fait, non ? »

« Oui, mais toi tu mets de la chantilly dans le chocolat, et c'est trop trop bon comme ça. »

Attendrie, Daphné se laissa sourire.

« Alors qu'est ce que tu dirais si on descendait tous les deux, préparer du chocolat chaud à la chantilly pour toi, papa et moi ? Comme ça on déjeunerait tous les trois. »

« Ouiiiii ! » rugit Scorpius en bondissant hors du lit.

« Ne cours pas dans les escaliers Scorpius, tu vas te faire mal ! »

C'est en nuisette en soie bleue roi avec de la dentelle noire tout en bas, lui arrivant tout juste à mi-cuisses, que Daphné descendit en trombe jusqu'au rez-de-chaussée, s'assurant que Scorpius n'avait pas fait de roulé boulé jusqu'à la cuisine. D'un coup de baguette elle alluma un feu de cheminée, afin de réchauffer les pièces, pour ne pas avoir froid dans la simple tenue qu'elle portait. En passant devant un miroir dans lequel elle se voyait en pied, elle eut quand même un petit remord en se disant que c'était peut-être pas la tenue la plus décente qui soit. Et puis elle se dit que Scorpius était trop petit, qu'il en perdrait pas la vue, et qu'au contraire, il y en avait un qui allait très sûrement apprécier la vue de ses cuisses nues et de sa poitrine dévoilée à travers la soie.

Elle rejoignit Scorpius dans le cuisine, qui était debout sur une chaise pour être à hauteur du mobilier.

« Fais le chocolat avec la baguette tata ! S'il te plait » supplia-t-il en battant des cils, comme il savait si bien le faire pour amadouer son petit monde.

« Comment il fait ton père pour te refuser des choses avec la tête d'ange que tu te payes ? » constata Daphné.

« Il refuse rien ! » rit le petit garçon.

« Je m'en doutais. Bon, alors, chaque chose en son temps … »

C'est en maniant sa baguette avec art qu'elle s'activa pour sortir tout le nécessaire pour faire les chocolats, ingrédients et ustensiles compris. Elle agitait habilement son instrument, faisant vivre les divers objets, sous les yeux émerveillés de Scorpius qui n'avait pas envie que cette magie se termine. Elle mit quand même fin aux sortilèges après avoir versé la chantilly dans les trois tasses, tasses que Scorpius s'empressa d'apporter à table. C'est ce moment là que Drago choisit pour rentrer enfin chez lui et rejoindre tout le monde dans le salon.

« C'est moi. Ça sent bon ici … »

« C'est le chocolat chaud de tata ! Bonjour papa. »

Scorpius trottina jusqu'à son père pour se jeter dans ses bras, Drago l'y réceptionnant amoureusement avant de l'embrasser sur le front.

« T'as bien dormi ? »

« Oui. J'ai eu peur quand je t'ai pas vu dans ton lit, et puis après je suis allé réveiller tata. »

« En lui sautant dessus ? »

« Oh bah oui ! » avoua le petit garçon en riant aux éclats, suivit par son père.

Quand Drago glissa son regard jusqu'à Daphné pour lui dire bonjour, il hoqueta de surprise en la découvrant penchée en avant, sa nuisette remontant à peine sous ses fesses, en train de ramasser quelque chose par terre. Ses yeux passèrent aléatoirement de ses cuisses dénudées à sa chute de rein cambrée à souhait, en passant par sa poitrine presque apparente sous le tissu de son vêtement ainsi que par ses épaules nues, recouvertes seulement de quelques mèches de cheveux. Il déglutit péniblement, la gorge sèche, cloué au sol par le spectacle qu'elle lui offrait.

« T'as vu un fantôme Drago ? » demanda Daphné d'une voix particulièrement suave.

« Non, juste une partie de ton anatomie que j'aurais préféré que tu gardes pour toi. »

Elle baissa les yeux sur sa tenue et dodelina de la tête.

« Tu perdras pas la vue tu sais, c'est qu'une paire de fesses comme t'as du en voir des centaines. »

« Jamais celle de ma belle-soeur, non. »

« Et bien tu pourras plus le dire ! » termina-t-elle avec un clin d'oeil aguicheur.

Essayant de calmer les battements de son coeur contre son thorax, Drago reposa son fils au sol, qui s'empressa d'aller s'installer à sa place à table.

« C'est pas une tenue correcte pour prendre un petit déjeuner d'ailleurs ! » insista Drago. « T'as pas froid ? »

« J'ai allumé la cheminée. Non il fait bon je trouve … »

Elle remonta sensuellement la fine bretelle de sa nuisette qui avait glissé sur son épaule.

« Ah bah je .. tu .. pas .. non .. mais .. tu .. ça ! »

Un sourire malsain venait de s'installer sur les lèvres de Daphné.

« Pardon ? Tu bafouilles chéri, je comprends pas ce que tu essayes de me dire. »

« Ne m'appelle pas chéri, et puis tu sais très bien où je veux en venir parce que tu fais exprès. Alors arrête tout de suite tout ce que tu entreprends. » il s'interrompit pour poser ses mains sur les oreilles de son fils. « Pas devant mon fils ! »

« Ah parce que quand il est pas là je peux ? » demanda-t-elle innocemment en portant sa tasse à sa bouche.

« Mais non, même pas ! Arrête ton petit jeu Daphné. Ça fait rire personne. »

« Détrompes-toi ! Moi ça me fait bien rire de voir tes réactions de jeune mâle en manque. »

« C'est moi le jeune mâle en manque alors que tu te trimballes à moitié à poil, chez moi, et que tu redoubles de gestes séducteurs pour que je flanche ? »

« C'est toi qui interprète ça comme des gestes séducteurs mon Drago. »

« Arrête tout de suite. Je te jure. »

« Sinon quoi ? Qu'est ce que je risque si je continue ? Que tu craques ? »

« Quand les centaures auront des plumes ma grande. »

« Alors quoi ? Dis moi ce qui te dérange. »

Il leva les mains des oreilles de son fils avant de le regarder dans les yeux.

« Chéri, tu vas jouer un peu dans le salon ? »

« Mais mon chocolat va être froid papa … » se plaignit Scorpius.

« Je te le réchaufferai promis, ou alors tata t'en préparera un deuxième. Oui voilà, elle mettra la main à la pâte un peu tata. »

« Bon, d'accord. »

Il se résigna et partit jouer dans le salon comme demandé par son père. Le père en question pouvait donc reprendre là où il l'avait laissé son échange effréné avec sa belle-soeur cruellement en manque de testostérone. Clairement, il ne pouvait plus nier l'évidence comme il le faisait jusqu'ici ; Daphné lui faisait vraiment du rentre dedans.

« C'est pour ça que t'es là cette fois ? »

« Pour quoi ? » demanda-t-elle en s'appuyant au dossier de sa chaise.

« Pour me tester ? Voir mes réactions quand tu me dragues ouvertement ? »

« Je te drague pas Drago, c'est toi qui prends ça comme de la drague mais ç'en est pas du tout. »

« Oh arrête bon sang Daphné, on me l'a fait pas à moi. »

« Tu t'es pris pour qui, Dom Juan ? »

« Pour ce que je suis. C'est pas au vieux gobelins qu'on apprend à faire la grimace ! Je l'ai fait avant toi le coup de la tenue indécente, ça marche pas. »

« Vu l'arrêt cardiaque que t'as fait tout à l'heure en apercevant à peine une paire de fesses, j'ai l'impression que si, au contraire, ça a plutôt bien marché. »

« Alors tu reconnais que t'es là pour me faire du rentre dedans ? »

« T'as quand même mis deux jours pour t'en rendre compte … »

« Deux jours ? Arrête, tu me fais du gringue depuis qu'Astoria est morte, pauvre fille ! »

« Là tu deviens blessant Drago, fais gaffe. » menaça-t-elle en le pointant du doigt.

« Je dis seulement la vérité ! T'as toujours été une séductrice, mais jamais avec moi parce que tu savais que j'avais d'yeux que pour ta soeur, même à quinze ans. Et bizarrement, ça fait huit mois que dès que tu viens, tu redoubles de tenues sexy et de sourires aguicheurs. Te fous pas de ma tronche Daphné. »

Le rouge commençait à monter aux joues de Daphné, qui se retrouvait prise à son propre piège par sa proie qui visiblement résistait à ses avances. Ça ne lui était jamais arrivé auparavant et à vrai dire, elle ne savait pas comment gérer la chose. Il avait raison sur toute la ligne. Elle avait toujours eu un faible pour lui, pour son sourire, ses yeux si perçants, son charisme et sa force, seulement lui n'avait d'yeux que pour sa petite soeur alors elle s'interdisait quoi que ce soit. Quand Astoria ne fut plus de ce monde, elle prit ça comme une aubaine pour se rapprocher de Drago. Alors elle avait été là pour lui, s'était rapproché de lui, l'avait soutenu, avait partagé sa peine, pour qu'ils deviennent proches. Elle savait que ce n'était pas politiquement correct ni très éthique vis à vis de la mémoire de sa petite soeur, mais c'était plus fort qu'elle. Elle avait essayé de faire ça en douceur, d'amener la chose progressivement mais ses sentiments et son instinct de prédatrice avaient très rapidement pris le dessus. Coincée comme un rat, elle essayait quand même de rester digne, sans pour autant nier l'évidence puisque de toute façon, il avait tout compris.

« Bon, admettons. » elle croisa et décroisa ses jambes comme une Sharon Stone à la fleur de l'âge. « Tu as raison, je te fais du rentre dedans depuis plusieurs mois. Mais par Merlin, pourquoi tu restes si insensible ? Tu me fais douter de mon pouvoir de séduction. »

« La réponse ne te paraît pas évidente Daphné ? J'aimais ta soeur comme un fou, j'aurais décroché la lune, les étoiles et toutes les constellations pour elle, et tu le sais parfaitement. Et du fait que tu sois justement sa soeur, c'est impossible. Quand je te vois, j'ai l'impression de revoir Astoria. »

« Abuse pas … »

« J'abuse pas ! A part la couleur de vos yeux, vous vous ressembliez comme des soeurs jumelles, c'était à s'y méprendre. C'est pour ça que ça me trouble. Tu es une femme divine, et ça aussi tu le sais très bien parce que tu en joues. Mais j'ai l'impression d'avoir une réplique d'Astoria qui me fait du charme, c'est hyper perturbant. »

« Justement, c'est beaucoup moins bizarre pour toi. Ça serait pas comme si tu passais complètement à autre chose vu que je lui ressemble tant. »

« Tu comprends pas. J'ai pas fait mon deuil Daphné, je suis en plein dedans, je remonte la pente grâce à .. peu importe. Je remonte la pente doucement, c'est impossible pour moi de céder à tes avances. Je suis désolé. »

« Bien. »

Elle termina d'une traite son chocolat avant de se lever.

« On a plus rien à se dire toi et moi, non ? »

« Arrête Daphné, ne le prend pas comme ça. »

« Comment veux-tu que je le prenne Drago ?! C'est peut-être difficile pour toi parce que t'as pas fait ton deuil, mais moi non plus figure toi ! T'es la seule chose qui me raccroche à l'image de ma soeur. Quand je te vois sourire, et quand je vois Scorpius si heureux, ça me donne moins l'impression que ma soeur est plus là ! »

Le jeune homme se leva aussi, contournant la table pour se retrouver près de sa belle-soeur, l'attrapant par les bras tout en douceur.

« Calme toi je t'en prie. Ça va être long mais je vais t'aider à faire ton deuil, comme moi j'ai été aidé. Alors s'il te plait, ne t'en vas pas. Oublions toute cette histoire et reste ici. J'aime bien quand t'es là, tu me fais rire … »

Il réussit à décrocher un semblant de sourire à Daphné.

« Tu dis ça pour me faire plaisir. »

« Non c'est faux. Je t'apprécie vraiment, comme quelqu'un de ma famille. Ça ira jamais plus loin entre nous mais on reste une famille. Scorpius a besoin de toi et moi aussi, comme d'une épaule sur laquelle m'appuyer, comme au début. »

« Quand tu débarquais chez moi à l'improviste avec les yeux aussi rouges que ceux d'un lapin atteint de myxomatose après avoir trop pleuré ? »

« Exact. » admit-il avec un petit rire. « On oublie cette histoire de drague, de rentre dedans et de sex-appeal, même si je conçois que ça va être difficile pour toi d'oublier mon image de Dieu grec, mais il va falloir t'y faire. Et on va de l'avant, ensemble. Astoria est morte, c'est un fait. Mais pas nous. »

« Maman est morte ? »

Une peluche serrée contre sa poitrine, la lèvres inférieure tremblotante, Scorpius se tenait droit comme un 'i' à quelques mètres de sa tante et son père.

Drago Malefoy fuyant ses responsabilités, fermeture du rideau.