Et voila, le 12eme chapitre rien que pour vous. LA semaine prochaine, chapitre très spéciale ;)
En tout cas une chose était sure : quand Eric faisait quelque chose, il ne le faisait pas à moitié. Au début je croyais qu'il allait m'emmener dans un des fast-foods du coin, mais non. A la place il m'avait invité au « Little Paris », le restaurant le plus chic du coin. Mon entrée fut, comment dire ? Frappante, j'étais la seule à être vêtu toute en noir et avec si peu de… classe. La moitié des personnes présentes me regardaient avec de gros yeux vue mon apparence si commune. Tous ou presque devait venir de la haute société constituer de célébrités locales, de familles de médecins ou d'avocats, ou qui sait ? Peut-être des nobles.
- Viens, j'ai réservé une table.
Il me conduisit dans un des coins de la pièce, près d'une baie vitrée donnant sur l'opéra.
- C'est magnifique ! Tu payes combien pour rentrer dans un endroit pareil.
- Disons la moitié de ton salaire actuel. Comment s'est passé ton voyage ?
- Génial, tu aurais pus me prévenir quand même. J'ai passé le séjour à dormir par terre, à prendre des bains d'eau glacée et à manger des nouilles !
- On dit toujours ce qui ne te tue pas te rend plus fort.
- Génial, j'y penserai la prochaine fois.
- D'ici là tu as le temps de te reposer, tu ne dois repartir que dans un mois. Profite bien de tes vacances.
- Message reçu, il faut que je te fasse le compte-rendu de…
- Je l'ai déjà.
-Quoi ? Comment tu as fait pour rentrer chez moi ?
- N'oublie pas qui t'a offert cette maison. J'ai les doubles des clés.
- C'est rassurant.
- Oui, ton oiseau a pensé la même chose. Je n'ai plus d'oreille droite
- Brave bête. Rappelle-moi de le féliciter quand on partira.
- J'y penserai. En attendant je tenais à te dire merci. Ton aide m'a été très précieuse.
Il me tendit une de ses enveloppes en papier kraft bourrée de billets verts. J'avais l'impression qu'elle était encore plus lourde que la dernière fois.
- Ton salaire est à la hauteur de ton travail. Profites-en. Rares sont les patrons aussi généreux.
Tu m'étonnes. Qu'allais-je bien pouvoir faire de tout cet argent ?
- Le dépenser.
- Et si tu arrêtais de lire dans mes pensées.
- Tu n'as qu'à fermer ton esprit.
- Super ! Je m'en souviendrai quand tu voudras violer mes souvenirs.
- Bon ok! Je suis désolé. Ça te va ?
- Mmm. Oui, pour cette fois. Où irais-je la prochaine fois ?
- En Argentine. Rassures-toi ils ont des lits.
- Mon héros ! Dans ce cas, je suis partante !
- Bien, alors à une longue et belle collaboration entre nous deux.
Je choquais mon verre contre le sien.
- A une longue et belle collaboration.
ooooooOoooooo
Un an plus tard
C'était officiel : je détestais mon patron. A peine étais-je rentrée qu'il me demandait déjà de repartir. Je lui avais pourtant demandé des vacances, mais non. Monsieur n'était pas d'accord. Eh bien, Monsieur allait avoir de mes nouvelles. Je le retrouvais dans le parc au centre ville, près de mon ancien travail. J'avais choisis cet endroit car je devais retrouver Lucy moins d'une demi-heure après. Elle et moi nous voyions moins souvent à cause de mes voyages. Je ne lui avais toujours pas dit, mais je voulais garder ça pour moi encore quelques temps.
- Tu es en retard.
- J'avais besoin de fulminer ma rage loin des oreilles indiscrètes.
- Ta sœur n'est pas là.
- Je ne parlais pas d'elle.
Le long regard accusateur que je lui lançais le fit rire aux éclats. Il était de bonne humeur, temps mieux, j'allais pouvoir lui dire ses quatre vérités
- Comment s'est passé ton séjour en Egypte ?
- J'ai dus fuir des caïmans et combattre une armée de monstres rien que pour trouver un vieux parchemin tout moisi qui parlait des contre-sorts afin de pouvoir entrée dans l'une des pyramides.
- Rien que ça ? Tu as dus t'amuser alors.
J'allais l'étriper s'il continuait à se moquer de moi.
- Tu as pris le compte-rendu, je suppose.
- Quel sens de la déduction ! Très bon travail au passage.
- Je suis ravi que ça te fasse plaisir. Et tu sais ce que j'aimerais là tout de suite ?
- Laisse-moi deviner… Tu as eu l'argent ?
- Oui, ce matin. Gribouille était trop excité pour que je ne le remarque pas.
En effet, la petite bête savait que l'enveloppe brune lui permettait d'avoir plein de cadeau, et il aimait ça, les cadeaux. Il était décidément trop gâté.
- Alors je ne vois pas… Une autre virée à travers le monde ?
- Eric ! Je te l'ai dit juste avant de partir ! Je veux des vacances !
- Bon, bon très bien. Je t'offre un voyage tous frais payés en Angleterre. Alors heureuse ?
- Tu caches quelque chose.
- Moi ? Que vas-tu t'imaginer là ? Cherches pas tu ne sauras rien, je suis très doué en occlumentie.
Maudit soit-il !
- Et j'aurai le droit à combien de temps ?
- Mmm… Disons que je ne veux pas que tu reviennes avant minimum un an.
- Un an ? Mais tu es tombé sur la tête ! Comment je pourrais expliquer ça à Lucy.
- Un an ou deux. En faites le temps qu'il faudra. Quand à ta sœur, tu pourrais lui dire… Je ne sais pas moi, la vérité.
- Hors de question, pour l'instant. Le temps qu'il faudra pour quoi ?
- Disons que pendant ces…. années sabbatiques, tu devras apprendre certaines choses bien particulières.
- La magie anglaise est exactement la même que la nôtre.
- Ah mais je n'ai pas parlé de magie. Alors tu es d'accord ?
- Mais alors que dois-je apprendre ?
- Tu es d'accord ?
- Pas avant de me dire ce que je dois apprendre.
- Je te le dirais si tu es d'accord pour y aller.
Je connaissais son petit jeu, trop bien même. Je n'avais pas le choix de toute manière, après tout ça ne devrait pas être pire que les orangs-outans en folie, les caïmans ou Tsy.
- Très bien. J'accepte. Alors ?
- Génial ! Tu pars demain à dix heures au point de rendez-vous habituel. Ah et ta sœur arrive. Bon voyage.
- Eric attend ! Tu ne m'as même pas répondu !
Trop tard, il était déjà parti. Un de ses jours j'irais l'attacher dans un cachot avec Gribouille en guise de réveil. Il deviendra sourd, et peut-être moins arrogant. Oh oui ! Et une tortue pour oreiller. Carnivore de préférence. Et de petites araignées très gentilles d'une ou deux fois mon poids. Ou encore….
- C'est qui Eric ?
Adieu mon beau rêve, place à la réalité. Lucy, désormais diplômé de l'université, se tenait à mes cotés. Comme j'étais fière d'elle ! Dommage qu'elle soit aussi curieuse.
- C'est… un ami, qui veut que je l'accompagne quelque part, un certain temps.
- Il est mignon. Ça fait combien de temps que vous sortez ensemble ?
Mignon ? Eric ? Attendez une petite minute : Moi ? Sortir avec LUI ? Plutôt mourir !
- Lucy, que les choses soit bien clair entre nous : je ne sors pas avec cet… homme.
- Arrête de me mentir ! On ne la fait pas à moi. Je sais quand on me dit la vérité et quand on me ment.
Tu veux parier ?
- Lucy je te le promets, il n'y a rien entre nous.
- Bon, dans ce cas tu permets que j'aille lui dire un petit bonjour ?
Pauvre petite sœur ! Si tu savais ce qui t'attend…
- Ne te gêne surtout pas.
- Audrey, il y a quelque chose qui ne va pas.
- Quoi ?
- Ne fait pas l'innocente : à chaque fois que je te dis qu'un garçon me plait, tu t'arrange pour que j'en sois dégoûté.
- Lucy, je t'ai déjà dit qu'on était amis. Je le connais assez pour lui faire confiance.
Ou du moins pour me méfier de ses coups tordus.
- Et à moi tu ne me fais pas confiance peut être ?
- Lucy quelle mouche t'a piquée ?
- Quoi ? Tu crois que je ne vois rien ? Tu es partie toute l'année en me laissant des excuses bidon. On s'est vu quoi ? Trois fois ? Et tu as l'air changée. Je n'en peux plus ! Ton copain c'est la goûte d'eau qui fait déborder le vase !
Et voilà ! L'heure était arrivée.
- Lucy, calmes-toi et laisses-moi t'expliquer.
- Quoi ? Pour que tu me caches la vérité encore une fois ? Non merci.
- Lucy, je…
- Stop ! Je ne veux plus rien entendre.
- Mais je…
Je quoi ? Je ne voulais pas te mentir ? J'avais fait ça pour ton bien ? Au fonds de moi je savais que c'était faux. Que la seule raison pour laquelle j'avais agit ainsi était que je voulais garder jalousement ces instants de bonheur rien que pour moi. Oui, j'étais heureuse désormais. Même coursée par de gros lézards sortis du Nil, je me sentais libre. Je n'étais qu'une égoïste. Pendant tout ce temps je l'avais négligée. Elle, ma seule famille, je l'avais délaissée pour vivre ses instants de pur plaisir seule. Comment pouvais-je me racheter ? Honnêtement je ne voyais pas. Eric m'en aurait voulu si je l'emmenais avec moi. Dépitée, je rentrai à la maison pour réfléchir.
A mon arrivée mes bagages étaient faites. Comme d'habitude, la seule chose que je devais préparer c'était un cahier. Les billets étaient sur la table, un aller et un retour. Chose étrange puisqu'en règle générale, j'avais toujours droit à un seul billet pour les deux trajets. Le départ était prévu pour demain, dix heures. Le retour, lui, était valable durant quatre ans. A croire que le jeune homme voulait se débarrasser de moi. J'étais trop triste pour m'en offusquer. Tout ce que je voulais, c'était un bon bain avant de me coucher.
L'Angleterre était un pays magnifique, si le gris était notre couleur préférée. Je devais loger à Londres, au Chaudron Baveur. Les gens ici n'étaient pas très bavards, la plus part ne faisaient pas attention à ce qui se passait autour d'eux. Chacun s'occupait de son assiette et discutait avec son voisin. Les rires résonnants dans toute la pièce donnait un côté chaleureux aux lieux. La décoration était rustique, mais néanmoins jolie. Une jeune femme aux cheveux blonds et lisses vint se poster devant moi avec un immense sourire plaqué sur le visage.
- Que puis-je pour vous ?
- Bonjour. Je suis Audrey Stone. J'avais réservé une chambre.
- Oui, bien sûr. Suivez-moi. .
La dame, qui ne devait être autre que l'aubergiste, me conduisit au premier étage. La porte qu'elle ouvrit donnait sur une charmante chambre avec un lit en bois, une commode ancienne et quelques tableaux accrochés aux murs.
- Si vous avez besoin de moi n'hésitez pas à m'appelez. Je suis Mme Londubat.
Je hochais la tête. Le décalage horaire faisait que j'étais épuisée. Je n'avais qu'une envie : dormir. Au moins ici, il y avait un lit.
Alors, ça vous a plus? A la semaine prochaine =)
