Bonjour, bonsoir à tous et bienvenue dans ce nouveau chapitre (et une nouvelle fois ma fic a rattrappé la réalité en terme de moment de l'année...)

Comme d'hab, aucune idée de quand le prochain chapitre sortira, mais la fic n'est pas en pause.

Je continue à éprouver une grande affection pour les gens qui me mettent en follow ou fav, et j'adule presque ceux qui entrent en communication avec moi via les reviews. La force est grande en vous.

Sur ce, place au chapitre. Enjoie.


Je m'éveillai au terme d'une longue nuit où je n'avais que peu dormi, quelque peu courbaturée. J'avais passé beaucoup de temps, la veille, à essayer de peser et évaluer chaque action d'Albus lors de sa visite, à essayer de comprendre son comportement et à anticiper son prochain coup, mais je n'étais arrivée à rien. J'étais confuse. Il s'était montré amical et bienveillant, et rien dans son comportement ne laissait penser qu'il était en réalité opposé à ce que je m'occupe de Harry. Essayait-il de séduire mon protégé par des bonbons et des sourires? De le convaincre de lui faire confiance? Était-ce une nouvelle machination d'Albus Dumbledore, le grand manitou de la lumière? Ou était il vraiment venu en paix, comme il l'avait affirmé? J'étais incapable de trouver la réponse. Néanmoins, ç'aurait été mal connaître Harry que de penser qu'une après-midi sympathique pourrait être assez pour lui faire accorder sa pleine confiance à quelqu'un, et je lui faisais confiance pour rester prudent. Comme il n'avait pas encore connaissance de mon plan pour lui permettre d'échapper aux Dursleys, Albus n'avait pas pu le lire dans son esprit, si tant est qu'il aurait pu oser avoir recours à la légilimancie contre lui.

À cette pensée, j'eus un sourire amer. Pourquoi avais-je du en venir à me méfier tant de mon mentor, à le soupçonner de telles choses? Je le connaissais trop bien, lui et son idéalisme totalitaire... Et aussi, comment allais-je expliquer à Harry que la seule chose que mon plan pouvait lui garantir serait d'échapper aux Dursleys, mais pas que j'aie sa garde?

Ces pensées en tête, je me levai, m'habillai et descendis à la cuisine pour préparer le petit-déjeuner. Je le fis sans baguette, car garder mes mains occupées m'aidait à apaiser un peu mon esprit. Je n'eus pas besoin d'aller réveiller Harry car il apparut sur le seuil de la cuisine tandis que je finissais de mettre le couvert, les cheveux encore plus ébouriffés que d'habitude, si cela était possible. Il semblait encore à moitié endormi mais fit un grand sourire en me voyant et je lui rendis spontanément, attendrie.

Nous nous assîmes et commençâmes à manger tranquillement, ne parlant presque pas pour prendre le temps de nous réveiller pleinement. Finalement, alors que j'entamais la vaisselle, Harry me demanda: « Le vieux monsieur qui est venu hier, c'est le directeur de Poudlard dont tu m'as parlé, celui qui ne veut pas qu'on passe du temps ensemble? »

J'interrompis mon nettoyage pour me retourner vers mon protégé et répondis par l'affirmative.

« Pourquoi il ne veut pas qu'on reste ensemble ? Il avait l'air gentil pourtant, je l'aimais bien…

-Je vais finir rapidement le nettoyage, pendant ce temps va t'habiller, puis retrouve moi dans le salon, on en discutera, d'accord ? Je dois aussi te parler de comment je compte te sortir de chez ton oncle et ta tante. »

Harry obéit immédiatement et je lançai quelques sorts de nettoyage avant de préparer un peu de thé. Je ne savais pas combien de temps la discussion durerait, et même si nous venions de manger, du thé ne pouvait jamais faire de mal lors d'une grande discussion. Mes tâches finies je rejoignis le salon où Harry arriva un instant plus tard avant de s'asseoir sur le sofa à côté de moi après que je l'y aie invité.

Je laissai passer un instant avant de commencer.

« Tu te rappelles de ce que je t'ai expliqué à noël, sur la mort de tes parents ?

-Oui.

-Et bien, en mourant pour toi ta mère a, d'une façon ou d'une autre, créé une sorte de protection reliée à ton sang, qui fait que lorsque tu es chez ta tante tu es plus dur à atteindre pour des personnes mal intentionnées à ton égard, parce que ta tante partage le même sang que ta mère et toi, et ce aussi longtemps que tu es chez toi là bas. C'est pour ça que Dumbledore a choisi de te placer chez elle, entre autre. Ça va Harry ? »

Il semblait un peu mal à l'aise, voire triste, et je réalisai que même si je voulais m'adresser à lui comme à un adulte, lui parler ainsi de la mort de ses parents relevait probablement d'un certain manque de tact. Je savais que je n'avais pas le choix mais j'aurais pu trouver une façon plus délicate de m'exprimer peut-être… Néanmoins, lorsque Harry parla mes craintes fondirent.

« C'est juste que ma mère, c'est toi, et j'ai peur que tu meures aussi. Tu vas pas mourir hein ?

-Oh, Harry. Je ne peux pas te promettre que je ne mourrai pas, étant donné que personne n'est éternel, mais je te garantis que je ferai en sorte que ça soit le plus tard possible. Et je ne t'abandonnerai pas, compris ? »

Je passai mon bras autour de ses épaules et le serrai contre moi pour rajouter du poids à mes propos. Lorsque je sentis qu'il se sentait mieux je poursuivis mes explications.

« Dumbledore pense aussi que personne ne pensera à te chercher chez les moldus, d'autant que peu de sorciers sont capables de vraiment passer inaperçus là-bas, la majorité vivant à part, dans le monde sorcier. Pour toutes ces raisons il a choisi de te faire habiter là bas. Mais je pense différemment, comme tu le sais. Je pense que la maltraitance dont ta famille se rend coupable est bien plus dangereuse que de te laisser habiter dans ce monde, pour peu qu'on prenne quelques mesures de sécurité. Par exemple en ce moment personne ne sait où tu es, à part Dumbledore et nous. Je pense que c'est une bonne garantie de sûreté. »

Je pris le temps d'inspirer calmement à une ou deux reprises avant de me lancer dans la suite de mon explication. Harry gardait le silence.

« Comme je te l'ai dit, je pense savoir comment faire pour que tu sois retiré de la garde des Dursleys. Dumbledore est peut-être sévère, mais loin d'être stupide. Sans la protection de ta mère, je pense que tu serais placé sous la garde de sorciers, car aussi méconnu que soit le monde moldu et appréciable l'anonymat qu'il offre, un moldu et un enfant de dix ans ne peuvent lutter contre un sorcier expérimenté. Je pense même qu'Albus pourrait décider de te placer directement à Poudlard, au plus proche de son pouvoir.

-Comment tu vas faire pour briser la protection ?

-Je ne vais pas la briser moi-même Harry. Je suis désolée, mais il va falloir que ta tante te rejette. Si elle le fait, la maison qu'elle habite ne sera plus la tienne et la protection disparaîtra. J'aurai voulu éviter d'avoir à faire ça, car ça va te mettre en danger, mais te savoir exposé en permanence à tout ce que ta famille pourrait te faire m'effraie trop. Je ne veux pas qu'il t'arrive malheur. Je pense que si j'explique à ta tante pour la protection, ça pourrait suffire pour qu'elle la brise. De fait, il est possible qu'elle en aie déjà entendu parler, mais qu'elle ne sache pas pourquoi la protection existe. J'avais pensé au début que si tu faisais quelque chose qu'elle considérerait comme une grosse bêtise, ça pourrait fonctionner, mais je pense que lui expliquer pourra suffire. »

Une fois que j'eus fini de parler, nous gardâmes le silence pendant quelques temps. Je pouvais presque sentir Harry réfléchir à côté de moi. Finalement, il prit la parole, mal assuré :

« Comment tu sais que c'est toi qui va me garder après ? »

Je tressaillis. Il réfléchissait presque trop bien. Mais je savais que je devrais lui expliquer ça à un moment ou à un autre de toute façon.

« Je ne peux pas le garantir. C'est possible, mais absolument incertain. Mais l'essentiel est déjà de te sortir de là, te savoir en sécurité est le plus important. Si je n'ai pas ta garde… On pourra essayer de négocier à ce moment, et au moins je te verrai quand tu étudieras à Poudlard. Et puis, si Dumbledore décide de te garder au château et de devenir ton tuteur on se verra tout le temps quand même. »

Je sentais bien que Harry n'était pas d'accord avec tout ça, mais il ne disait rien, sans doute conscient qu'échapper aux Dursleys était mieux que de ne rien faire. Mais je tenais vraiment à ce qu'il comprenne que je ne voulais pas me débarrasser de lui, alors je lui répétai doucement. Il se serra contre moi et se décida à parler.

« T'inquiète pas Minie, je sais qu'au moins je serai libéré des Dursley. Et peu importe ce que Dumbledore fera ou dira, c'est quand même toi ma maman.

Je serrai mon… fils dans mes bras pour dissimuler les émotions qui m'assaillaient. Il me faisait tellement confiance ! Il était si attaché à moi ! À ce moment là je pensais juste très fort : « J'espère que je serai à la hauteur ». Et je me demandai combien de parents, avant moi, avaient dû penser ces mots.

Une fois que nos émotions eurent commencé à s'apaiser, je proposai une petite marche sur la lande.

Nous fîmes le tour du loch sans nous hâter, profitant simplement du beau temps et de la présence de l'autre. Je lui racontai la fois ou les jumeaux avaient décidé de fabriquer en secret une potion pour faire pousser des tentacules, en prévision de l'une de leurs blagues. Je ne l'avais appris que parce que Severus m'avait réveillée à trois heures du matin, avec deux rouquins remorqués par baguette dans son sillage. Harry voulut en savoir plus sur Severus, et j'hésitai un instant, avant de me lancer.

« Il est le professeur de potions du château, comme je tu dois déjà le savoir. Il est assez jeune, une trentaine d'années. Il n'est pas très apprécié des élèves, il est extrêmement injuste, il favorise toujours les Serpentards, et aime particulièrement humilier mes Gryffondors.

-Il est méchant alors ?

-Je ne pense pas. Il peut être extrêmement agaçant, mais d'un autre côté, tout le monde est contre les Serpentard. Alors il ne fait peut-être que montrer aux autres ce qu'est le quotidien des serpents. Il n'empêche qu'il y aurait des moyens bien plus diplomatiques de faire.

-Tu l'aimes bien ? »

J'eus un soupir. Severus… Si agaçant et complexe à la fois. Je savais que Dumbledore lui faisait confiance, et avec cette nuit, il y a des années, où j'avais vu ce que la mort de Lily lui avait fait, je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'il était, d'une certaine façon, de notre côté.

Avec le temps et nos joutes verbales, je pense que oui, malgré moi, j'en étais même venue à l'estimer, et à l'apprécier. Je répondis donc à Harry :

« Je pense oui, quand il ne cherche pas à empêcher à tout prix ma maison de remporter ses matchs de Quidditch. »

Harry sourit. Il avait déjà commencé à comprendre à quel point j'appréciais ce sport et tenais à ce que l'équipe de ma maison soit la plus efficace possible. D'ailleurs, je commençais déjà à réfléchir à une stratégie pour qu'on autorise Harry à rejoindre l'équipe dès la première année, s'il atterrissait à Gryffondor… À cette pensée, je secouai la tête. J'étais incorrigible. Et puis je me souvins du fait que Harry aie manqué de mourir noyé à cause de sa témérité, et me demandai si mon idée était vraiment très sage. Je fus cependant contrainte de remettre ma réflexion à plus tard, car Harry, après une intense réflexion, repris la parole :

« Et Minie, es ce qu'il a connu mes parents, le professeur Severus ?

-Il était à Poudlard en même temps qu'eux. Mais je crains qu'il ne se soit très mal entendu avec ton père et ses amis. » Je n'ajoutai rien de plus, parce que je ne savais pas trop quoi dire. Je n'étais vraiment pas sûre que mon comportement en tant qu'enseignante, en ces temps-là, ait été exemplaire. Harry dut sentir que je ne souhaitais pas approfondir, et demanda :

« Et ma mère ? Il la connaissait ?

-Oui, ils s'entendaient même plutôt bien au début. C'était étrange. Une Gryffondor et un Serpentard… Mais ils ont fini par se disputer je crois, ils ne se parlaient plus dans leur dernières années à Poudlard. Néanmoins, je crois qu'il ne l'a jamais détestée, malgré tout.

-Tu pense qu'il sera gentil avec moi ?

-Je n'en ai pas la moindre idée. Nous verrons bien je suppose. Mais s'il te fait quoi que ce soit, je le métamorphoserai en table et ce sera bien fait pour lui ! »

Harry rit et nous poursuivîmes notre chemin, évoquant les autres professeurs, le château...

Quand nous fûmes rentrés, nous cuisinâmes ensemble pour le repas du soir, et après le repas nous disputâmes une partie d'échecs sorciers. Harry s'améliorait.

Il fallut ensuite reprendre notre sérieux pour une dernière discussion, car Harry partait le lendemain. « Je pense mettre en œuvre notre plan dans deux mois, j'aurai à nouveau quelques jours de vacances à ce moment là, ça nous donnera une plus grande liberté d'action. Je suis désolée de devoir te laisser encore chez eux si longtemps…

-Sans toi j'aurais continué à habiter chez eux de toute façon, alors ça ira.

- Si il y a un problème, que tu te sens en danger chez ton oncle et ta tante, va voir Mrs Figgs, elle pourra t'aider.

-Mrs Figgs ? Tu la connais ?

-C'est une vieille amie à moi.

-C'est une sorcière ?

-Non, une cracmole. Ça veut dire qu'elle vient d'une famille magique mais qu'elle est née sans pouvoirs, ou sans pouvoirs suffisamment puissants pour pratiquer la magie.

-J'aurais jamais deviné qu'elle connaissait le monde magique. J'allais chez elle chaque année pour l'anniversaire de Dudley, comme ça ils pouvaient tous aller faire la fête tranquillement. Je m'ennuyais avec elle, elle est gentille mais elle ne faisait que me montrer des photos de ses chats…

- Elle n'en a pas l'air comme ça, mais en cas de crise elle est d'un grand secours. Elle m'a sauvé la vie pendant la dernière guerre contre Tu-sais-qui. J'étais pourchassée par des mangemorts et elle m'a cachée, sous ma forme animagus, parmi ses chats.

-Ouah, ça c'est cool !

-Je suis d'accord avec toi. Donc c'est bien compris, s'il y a un problème tu vas la voir, d'accord ? Elle a les moyens de contacter Dumbledore ou moi en cas d'urgence.

-D'accord » fit Harry en souriant, voulant sans doute me rassurer.

Comme il se faisait déjà tard j'aidai Harry à empaqueter ses affaires pour un départ le lendemain matin avant de le mettre au lit pour lui raconter une histoire. Je restai ensuite avec lui sous ma forme animagus jusqu'à ce qu'il s'endorme. Je l'observai un instant de plus avant de quitter la pièce. J'espérais vraiment que je saurais me montrer à la hauteur des espérances que mon… fils plaçait en moi. Une chose était certaine pour moi alors que je regardais son visage détendu par le sommeil : je me battrais jusqu'au bout pour le protéger.

Je tentai de corriger les copies de retard que j'avais avant de m'endormir, mais je me rendis vite compte que j'étais trop fatiguée. Je me couchai donc en réfléchissant à ce que je dirais aux Dursleys le lendemain pour m'assurer que Harry soit laissé en paix jusqu'à ce que je le sorte de là.


Bon euh déjà bien trop de guimauve à mon goût, mais les personnages sont trop émotifs, j'peux pas lutter, ils font leur vie. J'espère que le chapitre vous aura plu.

Pour ceux que ça intéresse, quand Minerva fait référence à "la nuit, il y a des années" où elle avait vu ce que la mort de Lily avait fait à Severus je me réfère au one shot que j'ai fait sur Severus ("Sa raison de vivre") en considérant que les événements que j'y décris se sont vraiment produits dans cette fic. (Libre à vous d'aller jeter un coup d'oeil, ça pue le mélodramatique mais je renie pas le texte pour autant).

Sur ce je vous laisse, j'ai du feu sur le feu et je crois qu'il est en train de cramer.

Girouette à vous

Signé: Kuro, la larme phosphorescente de l'espace infini entre les virgules.