Bring me to the light
Chapitre XII : Soirée pizza très épicée…
Auteur : Shizuka Kurai
Genre : Yaoi !!!
Série : Gravitation
Pairing : Yuki X Shûichi
Persos :Nakano Hiroshi, Fujisaki Suguru, Sakano-san, K, Rage
Disclaimer : Persos de Maki Murakami
Commentaires : Que de nostalgie ! Cela déjà 2 ans que j'ai commencé cette fic, et nous voilà au chapitre 12. Quand je pense qu'au début, ça devait être un one-shot, j'ai moi-même du mal à y croire. Je m'excuse d'avoir tardé à poster la suite de mes fics en cours. J'ai voulu commencer une fic en cross-over assez complexe, et j'avais perdu mon désir d'écrire pour diverses raisons d'ordre personnel. Cependant, je pense quand même à vous, mes lectrices (et lecteurs s'il y en a), et je travaille sur mes fics en cours, et je vous en prépare même de nouvelles !!! (dont une de Naruto intitulée « Un amour de kitsune » et une de Gravitation appelée « Le Temple des Brumes », dont je pense poster le 1er chapitre en même temps que celui-là). Alors j'espère vous vous plairez à lire les aventures de Shûichi et Yuki que j'écris modestement pour votre plus grand plaisir.
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Résumé du chapitre précédent : Shûichi a retrouvé le chemin du studio, cependant la reprise est difficile, l'artiste devant faire face à ses peurs et aux inconvénients de son handicap, mais surtout Suguru se montrant inflexible et bourru avec lui. Après une bagarre entre Nakano et Fujisaki qui a valu aux 3 compères de détruire accidentellement du matériel, les Bad Luck se retrouvent tous convoqués dans le bureau de la présidente pour y recevoir une nouvelle inattendue…
(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)
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Chapitre XII : Soirée pizza très épicée…
_ « Donc, reprit la jeune présidente après un silence pour que les trois musiciens méditent ses paroles. Bad luck donnera un grand concert dans trois mois, et ceci est absolument non négociable après vos exploits de tout à l'heure. Quand à toi, mon cher futur époux, ajouta-t-elle à l'adresse de Fujisaki. Tu es prié de la fermer, compris ? Car tu es sous contrat avec XMR, et il existe dans ledit contrat, de certaines clauses qui pourraient t'être fort préjudiciables en cas de litiges avec ton adorable patronne. Et alors, même ta parenté avec l'illustre président de N.G. Productions ne pourra te protéger. »
_ « Glups… » déglutit bruyamment le claviériste avec un frémissement.
_ « Quelqu'un a-t-il quelque chose à dire avant que nous ne débutions cette réunion ? » demanda Rage sur un ton qui ne souffrait aucune réplique. Non ? Personne ? continua-t-elle devant le silence qui l'entourait. Trèèès bien ! » fit-elle alors d'un ton satisfait avant de commencer. Je viens d'avoir l'estimation des dégâts matériels que vous avez si stupidement causé, et il s'avère que le montant s'élève seulement à quelques milliers de dollars. Vous savez sans doute que la filiale XMR Japan vient à peine d'être créée, mais que ses crédits fournis par la maison-mère américaine sont très limités. Or, en tant que présidente de cette filiale, j'ai décidé de tout miser sur quelques groupes d'exceptions qui devaient me permettre de la rentabiliser très rapidement. Cependant, l'espoir d'obtenir la reconnaissance et les crédits que j'escomptais, est en passe d'être réduit à néant à cause un trio d'abrutis congénitaux que je n'ai certainement pas besoin de vous nommer. Donc la moindre des choses que vous puissiez faire maintenant, serait de m'aider à renflouer le Titanic. »
_ « Le Titanic ? chuchota Shûichi à Hiro. C'est quoi le Titanic ? »
_ « C'est un bateau, Shu… lui répondit le bassiste aussi bas que possible. Tu sais bien, comme dans ce film avec Léonardo Di caprio. »
_ « Ah d'accord. Mais… Pourquoi elle nous parle de bateaux ? »
_ « C'était une image, Shu… » grinça le brun, agacé, un peu plus fort qu'il ne l'aurait voulu.
_ « Dites, les deux comiques, fit soudain la voix cassante de Rage. Ça vous intéresse pas ce que je dis peut-être ? »
_ « Si, si, Rage-san ! Gomen nasaï ! Shu n'avait pas très bien entendu alors il me demandait de lui répéter. »
_ « S'il n'a pas compris quelque chose, il n'a qu'à me demander, je peux très bien lui ré-expliquer, rétorqua froidement la présidente. Je veux être sûre et certaine qu'il comprenne bien, car après tout, il est celui sur qui tout va reposer. »
_ « He…hein? » s'inquiéta aussitôt le chanteur.
_ « Shindô, commença gravement Rage. Tu es le leader du groupe, et tu en es le chanteur attitré. Sans chanteur, un groupe n'est rien. De même qu'un chanteur n'est rien sans son groupe. On peut changer les membres défaillants d'une équipe aussi facilement que l'on change de chemise, mais le temps d'adaptation à ce changement peut parfois mettre en péril la survie du groupe. Bad Luck doit rester tel qu'il, avec les trois membres qui le compose depuis ses débuts. C'est pourquoi Fujisaki est ici aujourd'hui, malgré son caractère de cochon. Quant à toi, Shindô, tu es un chanteur de talent. Mais si tu veux faire revenir ton groupe sur le devant de la scène, tu vas devoir bosser deux fois plus que les deux autres membres. Premièrement, pour rattraper ton retard et te remettre à niveau avec Nakano et Fujisaki. Deuxièmement, tu devras travailler ta voix et tes textes. Et enfin, troisièmement, et c'est là le plus important, tu devras travailler plus parce que tu es aveugle. »
_ « … » écoutait en silence Shûichi.
_ « Travailler plus ne veut pas dire te tuer à la tâche. Mais tandis que tes partenaires s'amuseront à entretenir leur matériel, faire les vérifications des partitions, composer les mélodies et autre, toi tu devras apprendre à te débrouiller seul, à lire et écrire le braille pour les partitions et les textes que nous te retranscrirons et que tu devras écrire, travaille ta voix, étudier les dernières tendances musicales et faire part à tes compagnons du style que tu veux donner au groupe. Et tu devras aussi t'entraîner à te mouvoir sur scène. Tout cela, Shindô, ce sera ta part de travail. C'est pourquoi, à partir de la semaine prochaine, nous allons organiser ton emploi du temps afin que tu puisses réaliser tout cela sans pour autant te surmener. On ne peut décemment pas t'écraser de travail alors que tu reprends à peine. »
_ « Alors pourquoi prévoir un concert si tôt ? s'écria le chanteur d'une voix désespérée. En si peu de temps, je n'arriverai jamais à faire tout ça ! Je ne pourrais pas réussir à… »
_ « Je pense au contraire que c'est une très bonne opportunité pour toi, Shindô, le coupa sa patronne. Ce dont tu as besoin, c'est de reprendre confiance en toi. Tout sera mis en œuvre pour que tu n'ais aucun problème. Nous organiserons une conférence de presse annonçant votre grand retour et, juste au début des vacances d'été, Bad Luck donnera une série de trois concerts sur trois jours consécutifs. Le Pelshana me semble le lieu idéal. La salle n'est pas trop grande, mais suffisamment connue pour avoir accueilli vos débuts et ceux de ce fichu groupe de Nittle Grasper. Le public sera avec toi, Shindô, tu verras. Les sondages montrent que ton groupe n'a rien perdu de sa popularité depuis ton accident. Au contraire, tes fans ont été émus par tes malheurs, et leurs lettres d'encouragement se comptent par millier chaque jour. »
_ « Wow ! Ça doit faire un sacré tas de papier ça ! » s'exclama alors l'adolescent.
Tout le monde pouffa brusquement, stupéfaits par l'incongruité toute "shûichienne" de la remarque.
_ « Hum ! toussota Rage en reprenant son sérieux. Oui, effectivement, ça fait beaucoup de papier, et c'est même plutôt encombrant. Tu vois donc que tes fans ne t'ont pas oublié. Ensuite, le reste ne dépend que de toi, Shindô. Alors, qu'est-ce que tu en dis ? Tu es prêt à relever le défi ? »
_ « Heuuu… je… » balbutia Shûichi, pris d'angoisse.
_ « Je suis convaincu que tu en es capable, Shûichi-kun, reprit la jeune femme. Tu as en toi la force et l'enthousiasme des grandes stars de ce monde. Tu fais parti de cette élite rare d'artistes qui possèdent en eux le "feu sacré" de la musique. Tout comme Sakuma… C'est ton idole, n'est-ce pas ? »
_ « Oui, mais… »
_ « Renonceras-tu donc à ton rêve de l'égaler ? Et même de le surpasser ? »
_ « Je… »
_ « Sakuma n'est-il pas ton ami ? Ne serait-il pas triste d'apprendre que tu abandonnes tout parce que tu es aveugle ? »
_ « … »
_ « Crois-tu que Sakuma renoncerait, lui ? Même s'il perdait la chose la plus importante pour un chanteur, sa voix ? »
_ « … Non… répondit Shûichi après un long silence d'intense réflexion. Il se battrait… Il se battrait pour son rêve. Il ne renoncerait jamais… »
Rage laissa encore quelques instants au musicien pour méditer. Elle savait qu'en utilisant l'atout Sakuma, elle avait frappé un grand coup. Maintenant, elle préférait laisser Shûichi cogiter sur ça, plutôt que d'utiliser d'autres arguments qui pourraient au contraire déstabiliser l'artiste. À présent, tout le monde attendait la décision de Shûichi, avec anxiété pour certains, avec patience pour d'autres, et avec une confiance absolu en son jugement pour la jeune femme assise derrière son bureau. Les minutes s'égrainèrent lentement avant que l'adolescent ne demande timidement :
_ « Vous ferez quoi pour m'aider ? »
_ « Tout ce qui sera nécessaire, Shindô, répondit la présidente. Tout ce dont tu jugeras avoir besoin. »
_ « … C'est vrai ? »
_ « Oui, Shindô-kun. C'est vrai. »
_ « Je sais que pour l'instant, je travaille très mal. Mes repères ont complètement changés depuis que je suis aveugle, et y faut que je m'habitue à chaque nouvel environnement. C'est vraiment pas facile pour moi… Surtout quand… quand on me crie dessus… balbutia-t-il, gêné, en baissant la tête sans vouloir nommé personne. Je sais que ce que je vais dire n'est pas une excuse, mais étant aveugle, je peux pas travailler comme avant et… »
_ « Là, je suis d'accord avec toi sur ce point, Shindô, le coupa Fujisaki. Tu te sers de ta cécité juste pour te faire mousser auprès de Rage et travailler encore moins qu'avant. Déjà que tu foutais pas grand-chose. »
_ « Ça suffit, Sushi ! s'écria Rage. Laisse Shindô tranquille et nous expliquer ses difficultés ! »
Un silence s'installa. Tout le monde (sauf Shu qui regardait encore dans la mauvaise direction) dévisageait la présidente comme si elle avait dit une énorme absurdité.
_ « Qu… Quoi ? » balbutia-t-elle, embarrassée.
_ « Heu… Je crois que vous venez d'appeler Fujisaki, "Sushi", présidente… » hasarda Sakano-san en toussotant d'un air gêné.
_ « Heiiiiiin??? » s'exclama la jeune femme en virant au rouge pivoine.
_ « Rage… Je t'avais dit de ne plus m'appeler comme ça… » la toisa glacialement ledit pianiste. On n'est plus des gosses. Tu voudrais que je t'appelles par ton surnom aussi ? Power Ra… »
_ « Non non non !!! Stop, c'est bon ! l'arrêta aussitôt sa fiancée. On va pas les embêter avec un truc aussi futile, ce n'est pas là le sujet… »
_ « On vous appelait Power Ranger quand vous étiez petite ? questionna brusquement Shûichi. C'est marrant ça, comme surnom. »
_ « C'est pas marrant du tout, Shindô ! hurla la présidente. Et puis, ne te moque pas du rêve de carrière d'une petite fille ! »
_ « Carrière ? Vous voulez dire… que vous vouliez être Power Ranger étant enfant ? » fit K avec un rictus amusé aux lèvres.
_ « … Oui, et alors ? » grommela la jeune femme.
_ « MWAHAHAHAHAHAHAHA !!! » se mirent à rire tous les mecs présents.
_ « Mais arrêtez de vous marrer comme des baleines, bande de demeurés !!! » protesta Rage.
_ « Et encore ! Hahahahaha ! lança Fujisaki entre deux fous rires. Vous avez pas vu sa super chorégraphie de Power Ranger. Ça donnait un truc du genre…»
Le brun se leva alors et entama une sorte de danse ridicule au possible mais très "power rangienne".
_ « C'était pas comme ça, d'abord ! s'écria soudain la directrice. C'était comme ça ! Alors prends-en de la graine, Sushi ! »
Sur ce, Rage grimpa sur son bureau et exécuta sa fameuse chorégraphie du "chat-fou-qui-danse-sous-le-clair-de-lune" (Oui, manifestement, elle a lu trop de manga dans sa jeunesse, la pauvre petite américaine). Tout le monde se mit à hurler de rire, malgré les protestations véhémentes de la jeune fille qui rougissait de plus belle. Seul l'un d'entre d'eux avait cessé de rigoler à partir du moment où l'objet de la rigolade ne lui était plus accessible. Shûichi restait donc là, silencieux, avec un vague sourire amusé, s'interrogeant encore et encore sur la raison de l'hilarité de ses camarades. Soudain, le chanteur sentit qu'on l'attrapait par la main, avant de l'entraîner hors de la pièce. La porte claqua violemment sur les rires incessants, et le pauvre musicien, qui ne savait plus où il était, ne pouvait que se laisser guider par cette main d'une finesse extrême.
_ « A… Attendez ! » tenta-t-il de protester, en vain.
Bientôt, il se retrouva assis sur ce qui semblait être un sofa, une canette de soda entre les mains. Shûichi n'était pas très rassuré, mais en même temps, il savait qu'il ne risquait rien dans les locaux de XMR. Du moins, c'était ce qu'il espérait…
_ « On sera plus tranquille ici, fit soudain une voix féminine. C'est pas avec cette équipe de ploucs qu'on arrivera à discuter sérieusement. »
_ « Rage-san… »
_ « Ne t'inquiète pas, Shindô-kun, le rassura la présidente. Je conçois que mes exigences peuvent te paraître excessives et effrayantes dans ta situation, mais je sais que tu en es capable. Crois-moi, je n'aurai jamais proposé ça si je n'avais pas confiance en toi, en mon équipe ainsi qu'en Bad Luck. Le tout maintenant, c'est de reprendre confiance en toi, Shûichi. Je mettrai tout en œuvre pour que tu puisses réussir, et je suis persuadée que tes camarades te soutiendront dans cette épreuve. »
_ « Mais… je croyais que le budget était limité, et en plus avec les dégâts qu'on a causé, vous… »
_ « Ne te préoccupe pas de ces détails, Shindô, l'interrompit la jeune femme. Ça, c'est MON travail. Je n'ai peut-être pas les moyens financiers, mais j'ai des atouts non négligeables dans ma poche. Et quand je dis que je peux t'aider, c'est que j'en ai vraiment la possibilité. Je ne suis pas du genre à faire des promesses en l'air. »
_ « Rage-san… »
_ Ne t'inquiète de rien, Shu-chan, fit affectueusement sa patronne. Tu es la star vedette de XMR Japan, et mon p'tit préféré aussi… huhuhu… ricana-t-elle vicieusement avant de se reprendre. Bref, pour moi, tu es un élément essentiel, et surtout un ami cher. Tu as les capacités pour devenir une grande star, et moi les moyens de promouvoir ton image. Rien ne saurait me faire plus plaisir que de te voir accéder au rang d'idole mondiale. »
_ « I… Idole ? balbutia Shûichi, embarrassé par l'enthousiasme de la présidente. Heuuu… C'est pas plutôt les filles qui sont des idoles? » (1)
_ « Ah ? Dans ce cas, je te trouverais un adorable costume d'écolière (2). Huhuhu»
_ « … » rougit Shûichi à cette pensée, autant par honte qu'en se remémorant une nuit torride passée avec Yuki un jour où il avait mis ce genre de costume.
_ « Allons, Shindô ! Ne te vexe pas ! s'esclaffa la demoiselle en lui donnant une grande tape dans le dos. Je plaisantais ! »
« À moitié, j'en suis sûr… » pensa l'artiste en toussant parce qu'il avait avalait sa salive de travers.
En voulant boire un peu pour faire passer sa toux, Shûichi ressentit une vive douleur à son poignet foulé, et il échappa sa canette. Confus, il bredouilla des excuses maladroites tout en essayant de récupérer sa boisson qu'il entendait se vider sur le sol. Compatissante, Rage vint à son secours et ramasse le cylindre métallique tout en épongeant le soda avec des serviettes en papier. Quand elle eut fini de nettoyer, puis jeté la canette, elle revint vers l'artiste et s'agenouillât devant lui en prenant délicatement sa main dans les siennes.
_ « Shûichi, commença-t-elle d'une voix douce. Tout se passera très bien, j'y veillerai personnellement. Je suis bien plus que ta patronne, je suis ton amie. Et en tant qu'amie, je serai toujours là pour veiller sur toi et ta carrière, mais aussi sur ta santé et ton bien-être moral. Alors maintenant, tu vas rentrer chez toi, et je te donne quartier libre jusqu'à lundi. »
_ « A… Arigato, Rage-san… balbutia le chanteur, embarrassé. Mais… Pour Hiro et Fujisaki ? »
_ « Ah ! Eux deux ? Je vais les faire bosser, les deux zouaves ! Tout comme toi, ils doivent s'adapter à ton handicap. Surtout Sushi… Nyark nyark nyark… » ricana sadiquement la présidente.
_ « Heu… héhé… Haï… » opina Shûichi, peu convaincu que Fujisaki puisse changer d'attitude envers lui.
_ « Tout ira bien, Shindô-kun, » répéta encore une fois Rage en caressant doucement la chevelure fuchsia de son poulain.
Sans comprendre tout à fait pourquoi, l'émotion étreignit soudain Shûichi. Sa décision de reprendre sa carrière, ainsi que son retour au studio avaient été si rapides que c'en était effrayant. La tâche s'était avérée beaucoup plus ardue que son enthousiasme l'avait poussé à croire, mais le plus difficile était de faire face à ses peurs. Le monde extérieur était tellement effrayant, d'autant plus qu'il risquait d'y rencontrer ce qui le terrorisait jusque dans son sommeil : Seguchi Tôma. L'artiste secoua brusquement la tête pour chasser cette pensée désagréable. Il était très entouré quand il quittait l'appartement de Yuki : K, Hiro, Sakano-san, et aussi Fujisaki, même si celui-ci ne cessait de bougonner. Tout le monde était là, alors il n'avait rien à craindre. Il devait continuer à faire des efforts et se concentrer sur son travail en oubliant le passé. À présent, l'avenir lui ouvrait grand ses bras, pourvu qu'il le regarde en face avec courage.
Rage avait laissé au musicien quelques minutes de réflexion, sans toutefois lui lâcher la main. Elle voulait que Shûichi prenne conscience qu'il n'était pas seul, et qu'il avait la force et la capacité d'y arriver. Tout ce qu'elle pouvait faire pour l'instant, c'était le rassurer et lui apporter son soutien. Finalement, après de longues et silencieuses minutes, elle sentit la main du chanteur étreindre un peu plus fort la sienne.
_ « J'y arriverai, Rage-san, fit Shûichi d'un air décidé. Tant que vous serez tous là à mes côtés, je sais que je pourrai y arriver. Vous êtes tous de vrais amis pour moi. Avec Yuki, vous m'avez sorti des ténèbres et vous avez tout abandonné pour me suivre et remonter Bad Luck. Alors, le moins que je puisse faire maintenant, c'est de ne pas me laisser décourager et de tout faire pour réussir. Pour vous tous, mes amis. Arigato. »
Rage ne savait plus quoi dire. Shuichi était sa petite idole japonaise préférée, et l'entendre prononcer ces mots la comblait au plus haut point. Émue, la présidente se jeta au cou de l'adolescent en lui bavant qu'elle le trouvait trop adorablement kawaï avec son petit air sérieux mais enthousiaste et passionné. Un peu effrayé et surtout pas très à l'aise le cou serré entre les bras fins de la jeune femme, le musicien la priait de se calmer un peu, mais ça ne faisait que rendre la groupie encore plus hystérique. Shuichi n'échappa au viol que grâce au portable de Rage qui sonna juste à ce moment-là. En femme d'affaires appliquée qu'elle était, la demoiselle lâcha aussitôt sa peluche et s'empara du téléphone en repassant en mode sérieux, laissant le chanteur en plan dans la pièce.
_ « Heuuuu… Rage-san ? appela Shuichi quand il n'entendit plus un bruit dans la pièce. Je sais pas où je suis ! Me laissez pas tout seuuuuuuul !!! »
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Fort heureusement pour Shuichi, au bout d'une heure où il avait disparu avec Rage, Hiroshi avait fini par s'inquiéter, et il était parti en quête de son ami. Il l'avait finalement trouvé dans la pièce où la présidente l'avait abandonné à son sort, appelant timidement à l'aide d'une voix sanglotante derrière la port entrouverte. Soulagé, le chanteur s'était jeté dans les bras du guitariste en le remerciant chaleureusement. Les deux musiciens avaient ensuite K-san, qui devait reconduire Shuichi chez Yuki, comme lui avait ordonné Rage après avoir quitté le garçon aux cheveux roses, et Hiro avait insisté pour accompagner son camarade. Malgré quelques embardées effrayantes du chauffard de manager américain au volant, la petite troupe arriva à bon port en un seul morceau.
Alors que le bassiste guidait son ami vers l'ascenseur pour monter chez l'écrivain, quatre autre personnes pénétrèrent avec eux dans la cabine, des gens particulièrement bruyants et manifestement bien imbibés, qui effrayèrent Shuichi. Terrorisé par leurs éclats de voix, le chanteur se planqua derrière Hiroshi en s'agrippant à lui, et bien que les importuns descendirent un étage avant eux, le jeune Shindô resta cramponné à son camarade, et Hiro dut presque le traîner pour rejoindre l'appartement de Yuki. Quand ce dernier vint enfin ouvrir la porte après les coups de sonnette insistants du guitariste, il fut passablement surpris de voir son amant accroché de toutes ses forces à Hiro. Une lueur de jalousie extrême brilla un instant dans son regard mordoré, avant qu'il ne s'approche de Shuichi et lui caresse les cheveux. Le reconnaissant aussitôt à son toucher, le chanteur leva la tête et vint se réfugier contre son aimé, tandis que celui-ci demandait au brun :
_ « Que s'est-il passé ? »
_ « Oh, trois fois rien, Yuki-san, répondit le bassiste sans se laisser impressionner par le regard glacial du romancier. Des fêtards sont montés avec nous dans l'ascenseur, et Shuichi a pris peur »
_ « Mais pour quelle raison rentrez-vous si tôt ? continua Yuki. Il est à peine 2 heures de l'après-midi . »
_ « L'enregistrement ne s'est pas tout à fait déroulé comme on l'aurait voulu… » avoua le bassiste, un peu confus.
_ « … »
_ « Mais Shuichi a été très bien, c'est juste que… »
_ « Entre, » coupa le blond en entraînant son amant à l'intérieur.
_ « Hein ? Attendez, Yu… » commença Hiro, croyant que Yuki allait le laisser dans le couloir.
_ « C'est à toi que je cause, baka de guitariste, grommela l'écrivain. Dépêche-toi d'entrer et ferme la porte. On discutera à l'intérieur. »
_ « Ah ! Heuuu… Haï ! » obéit Nakano en franchissant la porte à la suite des deux autres jeunes hommes, oubliant complètement son chauffeur.
Quelques minutes plus tard, Hiroshi était assis sur le canapé du salon, une bière à la main. Shuichi était allé prendre une douche. L'ambiance était un peu tendue entre le froid romancier et le jeune bassiste. Mais Yuki voulait obtenir de plus amples explications sur les événements de la journée, et il allait les avoir. Après avoir aboyé un vague « raconte » , le blond avait laissé la parole au musicien.
_ « Fujisaki-kun est toujours sur le dos de Shuichi, à lui faire des reproches constants sans essayer de comprendre sa situation. Alors ça m'a mis hors de moi, et nous nous sommes un peu bagarrés. Shuichi a tenté de nous arrêter. Seulement, on a cassé du matériel et Rage-san n'était vraiment pas contente. On a tous été convoqué dans son bureau, et il semble qu'elle ait décidé de prendre des mesures radicales. Du coup, elle laisse Shu se remettre de ses émotions jusqu'à lundi, le temps qu'elle prenne des dispositions pour l'aider dans son travail, et nous, elle va sans doute nous faire faire des heures sup'. On dirait qu'elle a bien travaillé la question. Shuichi ne devrait pas avoir trop de souci à se faire pour la suite. Rage-san tient vraiment à l'aider… »
_ « … »
Le romancier n'avait pas prononcé un seul mot. Il avait écouté en silence les paroles de Nakano, un peu comme s'il semblait au courant d'une partie des informations que lui livrait le musicien. Intrigué, le bassiste s'était tû.
_ « Votre patronne m'a contacté afin d'établir l'emploi du temps de Shuichi, ainsi que lui choisir un institut où il suivra des cours de braille, expliqua le blond, devançant la question qu'allait lui poser Hiro. Pour le reste, tu verras avec elle, je ne m'occupe que de la partie concernant Shuichi, pas celle de votre groupe. »
_ « Ha, heuu… Très bien… »
Le téléphone les interrompit à cet instant-là, et Yuki alla décrocher.
_ « Moshi-moshi ? »
_ « Excuse-me, but il me semble que vous retenez contre sa volonté un de mes musiciens, qui ne va pas tarder de se faire massacrer s'il ne ramène pas ses fesses vite fait, fit une voix connue à fort accent américain à l'autre bout du fil. Je vous prierais de bien vouloir me le renvoyer par la fenêtre, je l'attends en bas. »
_ « Ok, » répondit simplement l'écrivain en raccrochant, avant de se diriger vers Hiro.
_ « Qu… Qu'est-ce qu'y a? » balbutia le guitariste, se demandant ce que lui voulait le blond.
_ « Ton manager t'attend, » répondit Yuki en l'attrapant par le col de veste pour l'entraîner vers le balcon.
_ « Quoiii ? Ah mince !!! J'avais oublié K-san ! Hé mais !!! Attendez !!! s'exclama Hiro quand il comprit ce qui allait lui arrivait. Je vais pas descendre par là, ça va pas la tête ? Lâchez-moi ! »
Sans tenir compte des protestations du brun, le romancier ouvrit la baie vitrée, s'approcha du bord du balcon où il aperçut un gigantesque matelas gonflable au pied de l'immeuble. L'Américain déjanté debout juste à coté lui adressa un grand sourire, auquel Yuki répondit par un rictus sadique qui fit frémir Hiroshi. Mais ce dernier n'eut pas le temps d'échapper à la poigne du blond que déjà il basculait dans le vide dans un grand hurlement de terreur, avant d'atterrir pêle-mêle dans le matelas. K attrapa son musicien à moitié évanoui par un bras et l'entraîna dans le van avec un salut amical à Eiri, puis il démarra en trombe.
Quand le romancier revint dans le salon, il s'étonna que son amant ne soit pas encore sorti de la salle de bain. Il se rendit dans la pièce d'eau dont la porte n'était pas fermé à clé, et il fut surpris de la trouver plongée dans l'obscurité.
_ « Oï, baka ! lança-t-il en appuyant sur l'interrupteur de la lampe. Qu'est-ce que tu fous dans le noir ? »
_ « Hein ? s'étonna le musicien qui s'enroulait dans un peignoir de Yuki trois fois trop grand pour lui. Ah, tu veux dire que j'ai pas allumé la lumière ? Ben tu sais, je suis forcément dans le noir tout le temps puisque je suis aveugle. Alors ça fait pas une grande différence pour moi si j'allume ou pas, et du coup, je pense pas à le faire. »
La réplique cinglante qu'allait faire le romancier mourut sur ses lèvres, Shuichi ayant finalement dit une chose beaucoup plus censée que l'ânerie que le blond attendait de lui. Yuki se sentit soudain très, mais alors très con. Il toussota pour se donner contenance, et bougonna qu'il s'agissait juste d'un détail qu'il lui était sorti de l'esprit tellement Shuichi se débrouillait bien à présent. Le compliment déguisé fit sourire l'adolescent en peignoir, qui étouffa un petit rire en feignant de tousser. Eiri s'approcha du chanteur pour le punir d'une tape sur la tête, mais la vue du cou fin de son amant nu sous le peignoir fit monter en lui un feu d'une intensité qu'il ne connaissait que trop bien, et il renonça à frapper Shuichi. Son désir naissant lui fit serrer son compagnon contre lui, au grand étonnement du musicien.
Cependant, Shuichi ne réagit pas tout à fait comme Eiri s'y attendait. L'artiste pensait que Yuki allait lui demander de lui parler de sa journée, mais le blond ne fit rien d'autre que l'étreindre tendrement, en jouant avec ses mèches de cheveux roses encore humides. Toute la journée, l'artiste avait tâché de retenir ses larmes et de se montrer fort, mais le geste de Yuki fit soudain craquer sa carapace et il s'agrippa à la chemise de son compagnon en sanglotant.
_ « Tout va bien, mon ange, je suis là… » fit doucement le blond sans relâcher son étreinte, un peu décontenancé du brusque changement de comportement du chanteur.
Surpris des mots qu'il venait d'entendre, Shuichi renifla et leva la tête.
_ « Yu… Yuki ? Comment tu m'as appelé là ?»
_ « Hein ? Je… T'as du rêver, baka ! » balbutia l'écrivain, confus.
Le musicien comprit à la voix de son compagnon qu'il était trop gêné pour répéter le mot qu'il venait de dire. Mais il était heureux que le romancier l'ait dit spontanément, sans que Shuichi ne le lui demande. L'artiste passa ses bras autour du cou du blond et lui dit :
_ « Tu as changé, Yuki… »
_ « … Je t'ai déjà dit de m'appeler Eiri, baka… » grommela l'écrivain en guise de réponse.
_ « Hahahaha ! C'est vrai ! se mit à rire le chanteur en serrant son amant contre lui avec amour. Gomen, gomen ! »
_ « Ne m'appelle plus Yuki ou je ne te ferai plus de bisous. Ni de cochonneries… » le menaça sur un ton mi-sérieux, mi-moqueur son compagnon.
_ « HEIIIN ??? Non non non !!! Je t'appellerai toujours Eiri !!! Je veux mon câlin, Eiri chériiiii ! »
_ « Hum… Tu éviteras le "Eiri chéri" par contre… » grinça le blond d'un ton cassant.
_ « Haiiii ! » répondit le musicien tandis que l'écrivain le soulevait dans ses bras pour l'amener jusqu'à la chambre.
Ils n'arrivèrent à la chambre que 10 minutes plus tard, le baiser qu'ils échangèrent dans le couloir s'éternisant beaucoup plus que prévu. Eiri ne se contenta pas de déposer son bonbon rose sur le lit, il se laissa tomber dessus avec lui. Une jambe passée entre les cuisses du musicien, le blond exerçait une savante pression sur son entrejambe, tout en en continuant à l'embrasser. Shuichi répondit aux petites provocations du romancier par des gémissements plaintifs aussitôt étouffés par la langue avide de l'écrivain. L'ambiance devenait de plus en plus chaude à mesure que les secondes s'égrenaient. Yuki avait écarté les pans du peignoir dans lequel le chanteur s'était enroulé, et il glissait lentement sa main le long d'une jambe lascivement écartée, pour remonter vers la friandise qui l'intéressait.
Le musicien se laissait aller peu à peu entre les bras chauds et rassurants de son amant. Il était tellement bien là, qu'il aurait aimé pouvoir y rester éternellement, à dormir paisiblement dans ce cocon réconfortant. Dormir… C'était ce qu'il commençait à faire, bercé par la voix douce du blond qui lui ordonnait d'écarter les jambes ou de rejeter la tête en arrière pour qu'il puisse l'embrasser dans le cou. Encore conscient des choses agréables que lui faisaient son compagnon, il tentait de rester éveillé, mais après la journée éprouvante qu'il avait vécu, il était complètement vanné. Il eut juste le temps de murmurer un vague "gomen Yuki" , avant de s'envoler vers le Pays des songes.
Surpris, l'écrivain se redressa et c'est là qu'il constata que son partenaire n'était plus vraiment avec lui pour continuer à batifoler. Le juron qui lui vint aux lèvres y mourut aussitôt devant le visage d'ange du jeune garçon assoupi entre ses bras. Avec un soupir mi-agacé, mi-amusé, Eiri retira le peignoir à Shuichi avant de lui enfiler un pyjama et de le mettre sous les couvertures. Le romancier resta un instant assis au bord du lit à contempler le jeune musicien. Il trouvait toujours que c'était une mauvaise idée que Shuichi reprenne si vite sa carrière. A son humble avis, il aurait plutôt dû se consacrer à l'apprentissage du braille et s'habituer à sa nouvelle vie d'aveugle. Là, le chanteur devait tout gérer à la fois, et cela lui compliquait d'autant plus la tâche. Mais finalement, peut-être que l'écrivain se montrait trop protecteur avec son amant et qu'il se contentait de le laisser faire tout en le soutenant de son mieux.
_ « Je deviens complètement gâteux, maintenant… marmonna Eiri en caressant doucement les mèches fuchsia. Mais à trop vouloir te protéger, je pourrais finir par t'étouffer… Dis-moi ce que je dois faire, Shuichi… Tu me rends complètement dingue… »
C'était peut-être ainsi qu'il trouverait la réponse à ses interrogations : en parler avec Shuichi. Il n'avait jamais vraiment parler avec personne auparavant, il n'y arrivait pas. Mais avec Shuichi, il savait que ce serait différent. Il n'y avait qu'avec lui qu'il réussissait à ouvrir son cœur.
_ «Watashi no tenshi… » (3)
C'était le seul mot qui lui venait à l'esprit quand il regardait Shuichi. Il était son ange, son sauveur. L'écrivain déposa un léger baiser sur les lèvres de sa belle au bois dormant, puis se leva et rejoignit son bureau où il écrivit jusqu'au soir…
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
L'adolescent dormit d'un sommeil profond et réparateur, et c'est de bien meilleure composition qu'à son réveil, il partit en direction de la cuisine pour remplir son estomac vide. Il trouva beaucoup plus rapidement qu'il ne l'aurait cru un paquet de gâteaux qu'il identifia en l'ouvrant comme étant… Des pookies à la fraise !!!! Yuki était décidément très prévenant depuis que Shuichi était aveugle. Il avait tout fait pour faciliter les déplacements du musicien dans l'appartement, allant jusqu'à changer des meubles de place pour qu'il ne soit pas dangereux en cas de chute, et mettant tout objet de première nécessité à porté de ses mains (4).
Shuichi alla s'installer sur le canapé pour grignoter ses gâteaux préférés. En traversant le couloir, il avait entendu le bruit des touches du clavier de l'ordinateur dans le bureau d'Eiri, et il savait que son amant était là, en train de travailler. Il n'avait pas voulu le déranger, et avait dépassé la porte du bureau sans bruit, en longeant le mur opposé. Il savait également qu'il ne valait mieux pas déranger le romancier quand il écrivait, au risque de se faire méchamment rembarrer. Le chanteur ignorait quelle heure il pouvait bien être. Il éprouvait encore quelques difficultés à déchiffrer l'heure sur sa montre à aiguille sans cadran de verre. A priori, il devait être entre 4 et 5 heures de l'après-midi, mais il n'en était pas vraiment sûr.
Le temps lui semblait tellement long quand il se retrouvait seul, comme maintenant. Quelque part dans la pièce, une horloge égrainant lentement les secondes rendait le silence ambiant extrêmement angoissant. Tout était sombre autour de lui, comme une nuit éternelle qu'aucune lumière ne parvient à éclairer. La peur prit soudain le musicien à la gorge, et il avala bruyamment un morceau de pookie avant de délaisser le reste du gâteau. Yuki était pourtant là, à quelques mètres à peine, mais Shuichi se sentait soudain prisonnier de l'étau de son angoisse grandissante. Il aurait voulu appeler son compagnon, mais il savait qu'il ne pouvait l'inquiéter et le déranger à chaque fois qu'il était un peu effrayé. Effrayé ? Le mot était faible. Il était terrorisé, tétanisé au point même qu'il ne parvenait pas à se lever du canapé pour aller chercher son mp3 ou allumer la télé pour briser ce silence menaçant.
La seule chose qu'il pouvait encore faire, perdu dans son monde de ténèbres, c'était chanter. Même si personne ne l'entendait, même si personne ne le féliciterait, il pouvait au moins tromper sa peur en chantant. Car c'était là toute sa vie, mais bien entendu tout après Yuki. Il ne pouvait à présent plus le voir, pourtant l'écrivain était son soleil. Et Shuichi entama une chanson, une balade vibrante d'amour et d'émotion, où il clamait l'amour de son insignifiante personne pour un astre aussi lumineux que cette étoile du nom de Yuki… La voix claire et suave du chanteur s'éleva à travers tout l'appartement, semblant figer la noirceur même de l'obscurité. En pensant à Yuki, l'artiste sentait son cœur se remplir de chaleur et de joie, et ses paroles s'envolaient dans un sourire. La chanson s'achevant, le jeune Shindô monta graduellement dans les aigus pour finir une note à peine murmurée qui se perdit dans l'immensité de la pièce.
_ « Aï shiteru, Eiri… » conclut-il dans un souffle, en s'abandonnant au confort de sa sérénité retrouvée.
Ses paupières se fermèrent doucement, et il soupira comme une amante songeant à son bien-aimé.
_ « Aï shiteru, watashi no tenshi… » entendit-il soudain près de son visage.
Il rouvrit les paupières mais les referma aussitôt pour savourer le baiser profond que son compagnon lui offrait. C'était vraiment le Paradis. D'ailleurs, Eiri ne l'avait-il pas appelé « mon ange »? Si c'était un rêve, il aurait aimé ne jamais se réveiller. Mais il ne dormait pas, et ce qu'il lui arrivait était bien vrai et donc, ô combien plus merveilleux, car c'était la réalité…
Les mains de l'artiste s'agrippèrent à la chemise du blond, tandis que la langue de ce dernier se frayait un passage entre les lèvres de son amant. Des gouttes d'eau salées se mirent à couler sur les joues du musicien. Était-ce de la joie ? Ou bien du soulagement de ne plus être seul dans cette immense salon ? Peu importait à présent que Yuki était ici, et que sa bouche se montrait si avide. Leurs langues se mêlaient l'une à l'autre en une danse sensuelle qui leur faisait tout oublier. Inconsciemment, Shuichi avait écarté les jambes, où une bosse indécente commençait à poindre sous le pyjama.
Remarquant les larmes de l'adolescent, Yuki avait voulu s'écarter pour lui demander la raison de son chagrin, mais il s'était vu rappelé à l'ordre par le musicien qui avait attiré son visage à lui pour continuer le baiser. Pas contrariant pour deux sous, le blond avait obtempéré, et glissait à présent sa main entre les cuisses écartées de Shuichi. Il adorait cette façon naïve qu'avait son amant de se livrer inconsciemment aux crocs des plus féroces prédateurs sexuels, mais en même temps, cela lui rappeler un lointain passé dont il ne voulait pas se souvenir. Et il avait peur pour le musicien. Il se demandait même parfois si c'était pour Shuichi qu'il avait peur, ou pour lui. Perdre Shuichi, retrouver sa mémoire perdue, autant de choses qui l'effrayait plus encore qu'il n'osait l'admettre. Reportant son attention à son bonbon rose, Eiri glissa sa main vers l'entrejambe du chanteur qu'il entreprit de masser doucement. Shuichi se raidit brusquement en resserrant les cuisses, mais le romancier l'obligea à les garder écartées.
_ « Non… Yuki… » gémit le pauvre musicien quand les doigts de son compagnon se faufilèrent dans son caleçon.
_ « Tu m'as déjà fait faux bond tout à l'heure alors ne crois pas que je vais te laisser te défiler maintenant. Ton corps tout entier me réclame, Shuichi, murmura l'écrivain à son oreille. Cesse de résister stupidement… »
_ « Mais… Huuum…»
Quand le blond commença à le masturber énergiquement, Shuichi céda complètement, et invita son amant d'un gémissement lascif. Tandis que leurs lèvres semblaient ne plus vouloir se séparer, un pantalon de pyjama tomba, et un jean commença à être dégrafé pour laisser sortir un membre plein de désir qu'une petite main vint saisir avec délicatesse. Une jambe se leva pour se poser sur le dossier du canapé et laisser le champ libre vers un charmant orifice offert en sacrifice.
Eiri s'accroupit alors au pied du sofa, puis plaça sa tête entre les jambes du musicien et s'empara de sa virilité avec la bouche, commençant un lent et sensuel mouvement de va-et-vient. Il arrêta quand la hampe fut bien gonflée d'ardeur, et lécha un instant l'anneau étroit qu'il allait pénétrer. Sentant la chair se détendre, l'écrivain se redressa avant de pénétrer d'un seul coup son amant.
Surpris, Shuichi poussa un bref cri qui fit place très vite à ses habituels lamentations alanguies quand son compagnon commença à le pilonner sauvagement. L'artiste s'agrippa au cou du blond en essayant de ne pas crier trop fort pour épargner ses pauvres oreilles. Mais évidemment, le talent naturel du romancier fit rapidement monter le musicien au Nirvana, et celui-ci se libéra abondamment tandis que son amant continuait ses coups de boutoir, faisant pleurer le chanteur de plaisir. Shuichi se resserra alors à tel point que le blond se libéra à son tour, déversant un flot bouillant qui les combla tous deux.
Shuichi serrait tendrement la tête de son aimé au creux de son cou, ainsi que son membre chaud entre ses reins. Il pouvait sentir son cœur battre aussi fort que le sien et, il l'espérait secrètement, avec autant d'amour. Le musicien ne pouvait plus voir avec ses yeux, mais il pouvait désormais ressentir le plaisir et le bonheur de son compagnon bien plus distinctement qu'il ne le faisait auparavant. Le visage d'Eiri ne souriait jamais ou presque, mais en cet instant précis, le jeune Shindô était persuadé que son âme le faisait. L'artiste s'apprêtait à savourer encore un moment cet instant de douce quiétude quand un grondement stomacal fort disgracieux vint rompre le silence.
_ « Ah gomen Yu… » commença le avant d'être interrompu par la voix grave du blond.
_ « Gomen nasaï… » fit celui-ci, embarrassé.
Shuichi écarquilla grand ses mirettes invalides. Ce n'était pas son estomac qui venait de se manifester mais bel et bien celui d'Eiri ! Pressentant que son bougon compagnon n'apprécierait guère qu'il se moquât de lui, le chanteur lui lança dans un sourire :
_ « Je crois qu'il commence à faire faim, là, tu ne crois pas ? »
Et comme pour confirmer ses dires, le ventre de l'artiste se mit à son tour à émettre des gargouillis discourtois. Shuichi se mit alors à rire, et réclama un petit câlin qui Yuki agrémenta d'un baiser profond qui manqua étouffer le musicien, petite vengeance bien méritée pour avoir osé ricaner. Et c'est une véritable guimauve rose fondue que Eiri abandonna sur le fauteuil, avant d'aller préparer le repas après avoir fait un détour par la salle de bain.
_ « Bon… murmura Shuichi quand il reprit à peu près conscience. J'ai plus qu'à changer de pyjama et à reprendre une douche… »
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Pendant que le musicien prenait sa deuxième douche de la journée, le romancier vint lui demander si une pizza pour le dîner lui convenait, étant donné qu'il avait complètement oublié de faire les courses. Le musicien répondit par l'affirmative, et une demi-heure plus tard, les deux amants étaient attablés devant leur maxi pizza pepperonni olives chorizo. Tandis qu'Eiri la coupait en larges tranches, il fit au musicien :
_ « Il y a de la sauce piquante dans le frigo, si tu veux. Dans la porte, 2e étagère en partant du haut. C'est une petite bouteille allongée en verre. »
_ « Haiiiiii ! s'exclama le chanteur en se levant aussitôt. Alors, dans la porte, 2e étagère… YATTA !!! Trouvé !!! »
_ « Hein ? Déjà ? » s'étonna l'écrivain.
_ « Je me débrouille bien maintenant, hein Yuki ? J'ai trouvé du premier coup. »
_ « Ouais ouais, c'est ça, dépêche-toi de l'apporter, j'ai faim moi. »
_ « Haï, Eiri chéri ! »
_ « Ne m'appelle pas "Eiri chéri" !!! »
_ « Haï mon Yukiki ! »
_ « Urusai baka ! »
_ « Hihihi !!! » gloussa le musicien.
_ « Ferme-là, et ramène cette fichue sauce ! Et sans te vautrer, espèce de baka d'andouille congénital. »
_ « Hai ! »
_ « BONK ! » fit la hanche de Shuichi contre la table.
_ « Aaaah ! Itaï itaï itaï !!! »
_ « Bien fait, ricana le blond. Maintenant, assis et passe-moi la sauce. »
_ « Ok…. » gémit le gamin aux cheveux en s'asseyant, tout en donnant la bouteille à son amant.
L'écrivain arrosa abondamment la pizza de sauce piquante, et en donna la moitié au chanteur, avant d'entama sa part. Il avait déjà englouti deux morceaux et entamait son troisième, tandis que Shuichi attaquait à peine son deuxième bout, sur lequel il avait rajouté de la sauce. La part suivante connut le même sort, tandis que le romancier entamait son quatrième morceau. Ce fut à ce moment-là que le blond lança à son compagnon :
_ « Je trouve que cette sauce a vraiment un goût bizarre… »
_ « Ah bon ? s'étonna Shuichi. Moi j'aime bien ce goût fraise. Mais je trouve qu'elle pique pas assez. »
_ « Qu… quoi ? Qu'est-ce que tu as dis ??? »
_ « Heuuu… Elle pique pas assez ? »
_ « Non, avant ! »
_ « Beeen… "Goût fraise" ? »
_ « C'est pas vrai…. » souffla le romancier, interloqué, après avoir avalé bruyamment sa dernière bouchée.
Un rapide coup d'œil à ladite bouteille lui confirma aussitôt ses craintes : elle était bien en verre et de forme allongée, mais l'étiquette, elle, était sensiblement différente de celle de la bouteille de sauce piquante.
_ « Eiri… soupira le chanteur en reposant son bout de pizza à moitié terminé. Je sais pas pourquoi, mais j'ai vraiment très chaud tout d'un coup… »
_ « Tu m'étonnes que tu aie chaud, baka ! s'écria le blond. Tu t'es trompé de bouteille !!! Et arrête de te déshabiller ! »
En effet, l'adolescent aux cheveux roses avait commencé à déboutonner son pyjama déjà trempé de sueur.
_ « C'était pourtant super bon ce truc, fit remarquer l'artiste qui posait à présent son haut de pyjama, ignorant totalement l'interdiction du blond. On aurait dit des pookies à la fraise. »
_ « Je savais bien que ça te plairait… Je l'avais pris exprès pour toi… expliqua Yuki qui commençait lui aussi à avoir chaud. Mais on devait seulement l'utiliser lundi… Pour ton anniversaire… »
_ « Ah ? C'était un cadeau pour moi ? s'enthousiasma le bonbon rose. Super !!! Et c'était quoi alors, cette bouteille ? »
_ « … aque à boire… » murmura le blond, les joues en feu.
_ « Hein ? »
_ « C'était… un… hum… aphrodisiaque à boire… parfumé à la fraise…»
_ « Ah ? fit Shuichi qui sentit plein de choses lui monter aux joues, dont la rougeur, la confusion et l'excitation. Ah… »
Son deuxième "ah" tenait presque plus du gémissement orgasmique que de la simple constatation. Le musicien avait aussitôt plaqué la main contre sa bouche, un peu gêné de cette manifestation involontaire. Ce soupir n'avait bien entendu pas échappé au blond, qui s'efforçait de résister au désir croissant qui l'envahissait. En achetant cette boisson, il avait pensé en donner à Shuichi seulement, mais il n'avait jamais envisagé une seule seconde d'en prendre, de peur se laisser emporter par son désir et de devenir trop fougueux avec son amant.
_ « Bon, écoute, Shuichi… commença le romancier en détournant la tête pour ne pas voir le visage rougi du musicien. Je vais aller aux toilettes, et toi tu n'as qu'à utiliser la salle de bain pour… enfin en attendant que les effets passent… »
_ « Mais, Eiri… J'ai envie de toi… » gémit le chanteur.
_ « Ce ne serait pas raisonnable, Shuichi… tenta de se dérober le blond. Et puis, j'avais prévu qu'on fasse ça seulement lundi, pour ton anniversaire, ça va gâcher ta surprise et… »
_ « Urusai, Eiri… » murmura une voix alanguie tout près de son oreille.
Pendant que Yuki parlait en regardant le mur, l'artiste s'était levé et, longeant le bord de la table, était venu près de l'écrivain. Le blond n'eut pas le temps de se retourner que déjà, la langue particulièrement avide du chanteur vint se glisser dans son oreille. Yuki poussa une plainte étouffée, incapable de résister à cette stimulation de la zone la plus érogène de son corps. Galvanisé par la drogue qu'il avait ingéré, il se sentit très vite à l'étroit dans son jean, et il se cramponna à la table tandis que Shuichi s'accrochait à lui sans lâcher son oreille. Il haletait, et sa capacité de réflexion passa de 100% neurones, à 300 % pure testostérone. Eiri sentait le feu monter en lui, comme un torrent de lave en fusion qu'il était absolument incapable de contrôler, et auquel, il le savait, il n'allait pas pouvoir résister.
Cependant, on aurait dit que les rôles étaient inversés aujourd'hui. Shuichi faisait preuve d'une audace et d'une ardeur peu commune, tandis que le blond semblait fuir la confrontation, et se trouvait actuellement à la totale merci du musicien. Il devait reprendre le dessus, maîtriser le chanteur et le prendre avec toute la puissance de sa virilité. Il en allait de son honneur de " seme ". Mais c'était sans compter sur l'excitation du musicien. En effet, même s'il avait mangé moins de pizza, celui-ci avait absorbé deux fois plus d'aphrodisiaque que l'écrivain car il avair forcé sur la sauce, ce qui lui donnait beaucoup plus d'assurance, et surtout de force, qu'à l'ordinaire, tandis que Yuki, lui, était devenu tellement sensible que la moindre caresse le faisait presque défaillir. Eiri se sentait vraiment de plus en plus serré dans son pantalon, mais il agrippait tellement fort la table, qu'il ne pouvait pas le dégrafer. Soudain, il sentit une main se poser sur son entrejambe gonflé, et commencer à ouvrir la fermeture éclair.
_ « AH ! NON ! s'écria le blond quand les doigts du musicien se glissèrent dans son caleçon. Non… aah… aaah…»
_ « Chuuut… chuchota le garçon aux cheveux roses au creux de son oreille."Ton corps tout entier me réclame, cesse de résister stupidement"… » ajouta-t-il en reprenant mot pour mot les paroles de son amant.
_ « … aaah… Non… Arrête… aaaah… » gémit le blond quand le musicien se mit à le masturber avec une lenteur calculée.
L'écrivain était complètement dominé, son oreille entre les lèvres et son pénis entre les doigts de son compagnon. Sentant que le blond ne résistait plus, Shuichi attira son visage avec son autre main pour l'embrasser tendrement. Les lèvres du romancier avait un étrange goût de sel, et ses joues étaient toutes humides.
_ « Eiri ? Tu pleures ? »
_ « I…Iie… nia l'écrivain, le plaisir lui faisant monter les larmes aux yeux. Je… je veux… je veux jouir, onegaï… Laisse- moi jouir… en toi… Aaaah ! »
_ « Haï, mon amour, tout à l'heure… Pour l'instant, c'est mon tour… Laisse-toi faire… Tout ira bien… »
La voix de Shuichi s'était faite étonnamment sensuelle, même provocatrice, et sans savoir tout à fait pourquoi, Yuki y ressentait une once de menace pour lui. Soudain, il comprit où Shuichi voulait en venir, et il se redressa d'un coup en s'écriant :
_ « Ton tour ? Me laisser faire ? Il n'en est pas question ! Je ne te laisserai pas me… Aaaaah ! »
La poigne du musicien s'était resserrée sur la virilité du romancier, l'empêchant d'échapper à son jeune tortionnaire. Eiri s'écroula alors sur la table, envoyant valser sur le sol presque tout ce qui se trouvait dessus.
_ « Lààà, doucement, Eiri… Je ne te ferai pas mal…» lui susurra le chanteur à l'oreille tout en lui retirant lentement son pantalon.
_ « Non… Arrête… supplia le blond bien inutilement, remarquant enfin que l'adolescent était déjà complètement nu. Raaah, fichue… drogue…»
Effectivement, l'aphrodisiaque faisait perdre à Yuki tous ses moyens. Enfin, disons plutôt que sa sensibilité était tellement exacerbée qu'il ne pouvait que se rendre aux caresses du musicien. Et même quand un doigt de Shuichi s'introduisit dans son anus, le blond ne trouva pas la force de protester, et c'est un gémissement plaintif qui dépassa ses lèvres au lieu d'une véhémente protestation. Tout son corps frémissait de bien-être, et quand le musicien glissa un deuxième doigt en lui, il se détendit instinctivement pour que cela soit agréable. Le chanteur profita alors aussitôt de ce relâchement.
_ « Hugn… Non... Enlève tes doigts… le supplia le blond quand il sentit autre chose le pénétrer. Enlève-les, onegaï… »
_ « C'est pas mes doigts, Eiri chéri… »
_ « Qu… quoi? Aaaah ! NON ! gémit le blond quand il comprit ce qui était en lui. Enlève-le ! Ça fait mal ! C'est… AAAAH ! »
_ « C'est agréable non ? lui demanda le musicien à l'oreille. Moi je suis tellement bien en toi, Eiri… C'est tellement doux et chaud… »
_ « Non, c'est pas agréable… Ne reste pas immobile, baka… Bouge, onegaï… »
_ « … Haï, Eiri… »
Obéissant aussitôt à la supplique de son amant, Shuichi se retira à moitié, avant de s'enfoncer à nouveau, très doucement, ne voulant pas faire souffrir l'écrivain. L'artiste connaissait la théorie, mais il n'avait encore jamais expérimenté la pénétration, car il n'était jamais sorti avec une fille avant de connaître Yuki, et c'était le blond qui le pénétrait et non le contraire. Mais si le musicien allait si doucement, c'était aussi pour ne pas venir trop vite. La drogue avait certes décuplé son ardeur, mais il craignait aussi quelle ne le fasse jouir encore plus vite que d'habitude, déjà qu'il était éjaculateur précoce…
Mais finalement, il se laissa emporter par le pouvoir du nectar interdit, et oubliant ses appréhensions, il augmenta le rythme et la puissance de ses coups de reins. Était-ce dû à la potion magique au goût de fraise ? Sous lui, le romancier semblait réellement apprécier d'être pénétré malgré l'inexpérience du chanteur, et les gémissements qu'il poussait auraient pu rivaliser avec ceux de Shuichi quand Yuki lui faisait l'amour. Mais à cet instant même, les deux amants ne se souciaient guère de savoir qui dominait ou apportait du plaisir à l'autre, seul la satisfaction de leur désir mutuel importait.
Moins endurant que le blond, Shuichi vint le premier et libéra un jet brûlant en poussant un "Ouiiiiii !" suraigu, avant de se laisser tomber sur son compagnon. Yuki, qui n'avait pas encore joui, put reprendre assez ses esprits pour repousser le musicien qui tomba fesses par terre. L'écrivain ne lui laissa pas le temps de réagir, et vint aussitôt s'asseoir sur lui, une jambe de chaque côté de ses hanches.
_ « Décidément, tu es toujours aussi égoïste, Shuichi… fit le blond à mi-voix en maintenant le chanteur au sol, tandis qu'il se débarrassait de sa chemise. Tu as encore joui tout seul sans m'attendre… »
_ « Go… gomen, Eiri… » répondit Shuichi d'une voix éteinte, encore hagard de plaisir.
_ « Quand on commence une chose, on doit aller jusqu'au bout, mon ange… » murmura le blond avec un regard carnassier dont Shuichi put percevoir l'intensité même s'il ne le voyait pas.
Un peu hébété, le musicien ne comprenait pas ce que Yuki voulait dire. Croyant que son amant parlait du fait qu'il n'avait pas encore joui, l'artiste se prépara mentalement à recevoir son membre en lui, et se détendit en fermant les yeux. Mais au grand étonnement du chanteur, le romancier vint soudain s'empaler sur sa virilité, retenant d'une main ses deux poignets pour qu'il ne se débatte pas.
_ « Yuki ? Yuki ! Qu'est-ce que tu fais ? AAAH !!! »
Le blond ne répondit pas, concentré sur sa prostate qu'il essayait de positionner le mieux possible pour ressentir le maximum de plaisir. Shuichi, quant à lui, était totalement dominé par le blond alors que pourtant, c'était lui qui le pénétrait.
_ « Eiri ! Doucement, onegaï ! Je vais… Je vais… AAAH ! »
Malgré les supplications désespérées du musicien, le romancier ne ralentissait pas la cadence, semblant axé sur un seul but : sa propre jouissance avec Shuichi en lui. Pendant que Yuki allait et venait sur la verge du musicien, celui-ci connut un certain nombre de mini- orgasmes, mais il s'efforça de résister jusqu'à ce que son compagnon jouisse à son tour. Et puis, cette sensation de bien-être que lui procurait la pénétration de son amant était tellement douce et agréable, que Shuichi voulait en profiter un maximum, d'autant plus que le blond ne le laisserait certainement pas recommencer quand la drogue ne ferait plus effet.
Au bout d'un court instant, l'artiste sentit le romancier faiblir, et ses sursauts devenir moins frénétiques. Il tremblait de plus en plus, et ses gémissements se faisaient soupirs de plaisir. Pour se caler tout à son aise, Eiri lâcha soudain les poignets du musicien, et s'appuya sur les cuisses de son amant en rejetant la tête en arrière. Shuichi en profita pour poser ses mains sur le membre de son compagnon. La verge de l'écrivain était dure et gonflée, semblant presque sur le point d'éclater, et le blond poussa un cri plaintif en sentant les doigts de l'artiste. Et alors que Yuki essayait de repousser les mains du chanteur, ce dernier se redressa d'un coup, enlaça la taille du romancier d'un bras tout en gardant une main sur sa virilité, de façon à pouvoir le masturber sans qu'il résiste.
Eiri était sur le point de jouir, Shuichi le sentait. Pour l'aider, le musicien le renversa au sol et se mit à donner de grands coups de bassin tout en massant vigoureusement son membre. L'écrivain passa alors ses bras autour du cou du chanteur, et se laissa conduire jusqu'à l'orgasme qui l'inonda tel un flot de magma incandescent. Quand les premières gouttes de sperme jaillirent de la hampe du blond, le jeune aveugle céda lui aussi à sa passion et jouit une nouvelle fois, entraînant son amant dans la dérive merveilleuse de la jouissance. Ils se laissèrent ensuite tomber l'un sur l'autre, haletants.
_ « Eiri ? » fit Shuichi en glissant ses doigts dans les mèches blondes de son amant.
_ « Hum ? » grommela vaguement l'écrivain.
_ « Prends-moi, onegaï… »
En effet, le blond pouvait sentir en lui la virilité de son compagnon durcir à nouveau. La drogue agissait encore, mais cette fois-ci, Shuichi voulait reprendre son rôle habituel de « uke ». Ravi de retrouver son statut, Yuki se redressa en obligeant son amant à se retirer, puis il le souleva pour l'emmener dans la chambre, ponctuant leur périple par de nombreuses haltes toutes plus brûlantes les unes que les autres. Quand ils échouèrent sur le lit, les deux amants avaient perdu tout contrôle et laissaient la drogue déchaîner leur passion avec une intensité animale. Toutes les positions du Kama-sutra furent explorées durant cette nuit des plus torrides dont l'extase était le but ultime.
Combien de fois jouirent-ils? Cela, seuls les voisins durent le savoir en entendant leurs cris bestiaux résonner à travers tout le bâtiment. Personne ne dormit vraiment cette nuit-là dans l'immeuble. Shuichi et Eiri se donnèrent l'un à l'autre sans retenue aucune, échangeant leurs rôles à plusieurs reprises, s'aimant comme jamais encore ils ne s'étaient aimé. Les effets de l'étrange mixture au parfum de fraise s'éternisèrent une bonne partie de la nuit, et l'autre partie, les deux amants n'étaient plus portés que par leur amour commun. Les courtes pauses qu'ils s'accordaient dans leur joute sensuelle n'étaient que le prélude à de nouveaux ébats enfiévrés. La pointe du jour les trouva tendrement enlacés, le souffle court mais le cœur ravi.
_ « Eiri… » murmura le chanteur quand il retrouva sa respiration.
_ « Hum ? »
_ « Laisse-moi te prendre une dernière fois, onegaï… »
Ce furent les lèvres du romancier qui lui accordèrent sa demande, et une fois le baiser terminé, Shuichi vint se glisser entre les jambes du blond. Il le pénétra avec une délicatesse extrême contrastant son ardeur de la nuit, mais en réfrénant ainsi son rythme, il voulait montrer à l'écrivain toute la douceur de son amour pour lui. Le musicien ne se doutait alors pas que derrière la porte de la chambre, quelqu'un les observait…
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À SUIVRE …AU PROCHAIN EPISODE : Les graines de la discorde
(1) « Idoles » : J'avoue ignorer s'il existe ou non des idoles masculines, mais je trouvais que la réplique était bien dans la bouche de Shuichi
(2) « Un adorable costume d'écolière » : Pour celles qui suivent mes écrits, vous vous rappellerez sans doute ma fic « L'écrivain et l'écolière ». Pour les autres, si vous aimez le bon yaoi biiien chaud, allez vite la lire
(3) « Watashi no tenshi » :Si je ne me trompe pas, ça veut dire « Mon ange », et si je me trompe, faites-le moi savoir
(4) « Les objets de première nécessité à porté de ses mains » : Ben oui, les pookies à la fraise, c'est un objet d'absolue première nécessité !!! Comment survivre sans ???XD
Commentaires de fin : J'ai viré pas mal de japonais dans le texte, puisque ça a l'air de déranger pas mal de monde. A force, je ne vais plus écrire du tout, comme ça, y aura pas de mécontents… Enfin si, celles qui attendent la suite de l'histoire. Bref, de toute manière, je continuerai d'écrire ce que j'aime comme je l'aime, et puis voilà. Je vais essayer d'envoyer le prochain chapitre plus rapidement. Redonnez-moi mon envie d'écrire, montrez-moi que vous aimez cette histoire, et que vous aimez Shuichi et Yuki !!!
Lexique :
Ai shiteru : Je t'aime
Arigatô / arigatô gozaimasu : merci
Baka : imbécile, idiot, crétin
Gomen / Gomen Nasaï : pardon, désolé, excusez-moi
Haï : oui
Iie : non
Itaï : Aïeuh ! Ça fait mal !
Kawaï : Mignon, adorable
Moshi-moshi : allô ?
Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît / s'il vous plaît
Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » = attaquer
Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » = recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme
Urusaï : Ta gueule, ferme-la, tais-toi (une amie étudiant le japonais me dit qu'il faudrait l'écrire « urusei » et non « urusai », adjectif qui veut dire « bruyant », mais je me fous de son avis en fait)
Yaoi : genre apparu dans les années 70 au Japon, c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.
- serait l'acronyme de « Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi » = « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français = sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP = Plot what plot)
- viendrait aussi de l'expression « YAmete Oshiri ga Itai » = littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ? héhéhé…. Nyark nyark nyark…
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