Bonjour tout le monde. Non je ne suis pas morte; simplement terriblement en retard dans la publication de mes fics.
J'ai eu pas mal de contretemps depuis ma dernière publication, sans parler de ma difficulté à mettre ce chapitre en oeuvre. Je savais ce que je voulais y mettre, le problème était que je ne savais pas comment m'y prendre.
Je ne répondrais pas aux reviews maintenant, mais sachez que comme d'habitude, elles m'ont fait très plaisir.
Comme d'hab, mis à part Maxence, aucun des personnages ne m'appartiennent.
Je vous souhaite à tous une très bonne lecture.
Autre information très importante. S'il vous plaît, allez faire un tour sur mon profil, en bas de pages, il y a une note importante (du moins pour moi). Il s'agit juste de se rendre sur une page web, mais plus d'info sur mon profil.
Bisous à tous
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Chap 12 : pénible nouvelle
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Un étrange climat s'était, depuis une semaine, installé au Manoir inconnu. En effet, depuis une semaine que Severus s'était livré à elle en tout état d'esprit, sans aucune arrière-pensée, Hermione passait le plus clair de son temps à tenter de l'éviter. Elle ne savait que penser de l'attitude de l'homme qui pendant six longues années n'avait fait que la rabaisser, l'humilier, l'ignorer en cours. Elle ne savait que penser de sa nouvelle attitude. S'agissait-il d'une mascarade de sa part, destinée à la rabaisser par la suite ou au contraire, avait-il été réellement sincère dans ses propos ? Elle ne savait que penser à ce propos, et le fait de ne savoir que penser l'ennuyait au plus haut point, d'autant plus qu'il était bien connu qu'elle détestait ne pas savoir quelque chose !
A plusieurs reprises au cours de cette semaine, Severus avait tant bien que mal tenté d'engager un dialogue avec elle. Mais à chaque fois, il s'était retrouvé confronté ou à un mur ou à des monosyllabes en terme de réponses. Il fallait pourtant reconnaître qu'il avait fait de nombreux efforts afin de pouvoir avoir avec elle une conversation… civilisée, déployant des trésors de patience face à son manque de réaction lorsqu'il tentait d'engager une conversation sur n'importe quel sujet susceptible de lui plaire. Ses tentatives s'étaient, tout le temps, soldées par de cuisants échecs.
Severus savait pertinemment que la jeune sorcière ne savait que penser de sa nouvelle attitude envers elle. Il avait parfaitement conscience qu'elle devait se poser des questions. Dans un sens, il comprenait sa réaction. Ce n'était quand même pas tous les jours que l'on pouvait voir une personne qui pendant plus de six vous avait haï, vouloir sans raison du jour au lendemain, devenir votre ami ou du moins, une personne en qui vous pouvez avoir une certaine confiance. Une personne qui dit vous ressembler sur plusieurs points, et donc pouvoir vous comprendre. De même qu'il savait qu'elle devait se demander s'il jouait un quelconque jeu ou s'il était des plus sincère. Severus savait qu'il faudrait du temps à la sorcière pour qu'elle accepte de lui faire confiance. Pour qu'elle accepte de ne plus voir en lui un être abject, dur ; froid, cynique, qui n'avait fait que la haïr pendant un peu plus de six ans. Néanmoins, il espérait que ce temps dont elle aurait besoin ne serait tout de même pas trop long.
D'une certaine façon, Severus souffrait de cette attente qui lui paraissait interminable. Il souffrait de devoir attendre une réponse, une réaction de la jeune sorcière, qui lui ferait comprendre qu'à défaut de tout oublier, elle acceptait de repartir sur de nouvelles bases avec lui. Même si pour le moment, il ne voulait pas se l'avouer, il savait qu'il souffrirait encore plus en cas de refus de la part d'Hermione, dont il avait apprit à apprécier la compagnie.
Comme quelques semaines plus tôt, Severus éprouvait une lassitude quant au fait de devoir perpétuellement se constituer un masque, cachant ses moindres émotions. Il était las de devoir agir en tant qu'espion pour l'un comme pour l'autre camp. Las de devoir obéir aux ordres d'un Maître assoiffé de pouvoir comme de vengeance qui le répugnait au plus haut point. Las de devoir surveiller ses fréquentations pour ne pas que ce Maître découvre qu'il était passé dans le camp adverse et qu'au moment de la bataille finale, il se battrait dans le camp de la Lumière et non des Ténèbres ! Il était fatigué de tout cela, réellement fatigué. Il n'avait qu'une envie, que tout cela stoppe une bonne fois pour toute. Alors à ce moment-là, il pourra penser à lui, sans se soucier des conséquences que cela engendrera !
Cependant, ce que ni Hermione ni Severus ne savaient pour l'heure, c'est qu'un événement bien que tragique, jouerait en la faveur du Maître des Potions !
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Une nouvelle matinée identique aux autres s'éleva sur le Manoir Inconnu. Les deux résidents du Manoir s'éveillèrent lentement en cette belle matinée d'août. Rien en cet instant n'aurait pu laisser prévoir qu'avant la fin de cette merveilleuse journée qui s'annonçait, quelque chose de tragique bouleverserait à tout jamais la vie de l'un des deux résidents !
Tandis que Severus contrairement à son habitude s'éveillait tout juste dans l'aile Nord du Manoir, une jeune sorcière s'éveillait à son tour dans l'aile opposée à celle de son hôte.
Chacun de leur côté se levèrent avant de passer dans la salle de bain, pour l'habituelle toilette matinale. C'était une matinée identique aux précédentes… enfin presque.
Ce matin-là en se levant, Hermione fut prise d'un étrange pressentiment. Quelque chose qu'elle ne savait comment interpréter. Une sorte de pressentiment qu'elle ne saurait expliquer. Comme si elle savait dès à présent que quelque chose, dont elle ignorait la nature allait se passer. C'était vraiment très étrange, et en plus, cela la gênait très fortement. Elle se sentait impuissante face à quelque chose qui, elle en était malgré tout, certaine, allait se produire. Quelque chose qu'inexorable, qu'elle ne pourrait empêcher.
Elle ne put alors s'empêcher d'avoir une pensée pour ses parents. Elle ne savait pas s'ils allaient bien, si quelqu'un, comme le lui avait assuré Dumbledore, les surveillaient sans relâche, pour éviter toute attaque possible envers eux. Ses parents lui manquaient cruellement, d'autant plus qu'elle n'avait aucun moyen de les contacter. Dumbledore avait préféré qu'elle ne tente pas de les joindre d'une quelconque façon que se soit, afin de minimiser tout risque pour l'ennemi de découvrir l'endroit où elle se cachait. A cette pensée, une vague de tristesse la submergea, la laissant pendant un instant vide de toute envie de se battre.
Elle se reprit pourtant bien vite, décidant de ne pas se laisser démoraliser par ce genre de pensées. Pour le bien d'Harry comme pour son propre bien, elle ne souhaitait pas se montrer faible, car montrer sa faiblesse à l'ennemi, c'était en quelque sorte signer son arrêt de mort !
Ce fut sur ces pensées positives que la jeune sorcière sortit de ses appartements une petite demi-heure plus tard. Comme elle le faisait désormais depuis une semaine, elle avait avant de sortir regardé où se trouvait son hôte, grâce à l'horloge magique qui ornait maintenant le mur de ses appartements. Cependant comme tous les matins depuis maintenant une semaine, elle savait pertinemment que ce geste ne servait à rien dans la mesure où elle tombait toujours sur Severus dans la salle à manger. Elle se doutait bien que ce dernier devait attendre qu'elle sorte de ses appartements et prenne la direction de la salle à manger pour à son tour venir la rejoindre. Elle le devinait, puisqu'il arrivait toujours quelques minutes après elle.
Cette matinée-là n'échappa pas à la règle puisque cela ne faisait que quelques minutes qu'elle se trouvait là, qu'à son tour, il apparut dans la salle.
« Bonjour Hermione ! » Lui dit-il chaleureusement en venant prendre place en face d'elle, une esquisse de sourire se dessinant sur ses fines lèvres.
« Bonjour » répondit-elle d'un ton neutre.
« Et bien ça n'a pas l'air d'aller ce matin. Quelque chose vous tracasse ? » S'inquiéta-t-il de la voir pâle.
Elle avait l'air un peu malade, et cela inquiéta grandement Severus plus qu'il ne voulait se l'avouer. Pour une raison qui lui demeurait encore inconnue, il ne supportait pas de la voir comme cela. Il voulait être à ses côtés si elle en avait besoin, l'aider s'il le fallait. Le seul problème était bien évidemment que la sorcière ne semblait pas très disposée à lui faire confiance, à remarquer qu'il voulait réellement l'aider et non lui jouer une mauvaise blague comme elle semblait encore penser que c'était ce à quoi il s'adonnait. Cela le chagrinait qu'elle ne voit pas en lui une personne sur laquelle elle pouvait compter si besoin était.
« Allez-y Hermione, dites-moi ce qui ne va pas. Vous pouvez tout me dire, vous savez que je ne me jouerais jamais de vous » l'encouragea-t-il à se confier.
« Très bien, mais vous allez sûrement me prendre pour une folle. Depuis que je me suis levée ce matin, je me sens bizarre, j'ai une sorte de pressentiment que je ne saurais expliquer. Je suis presque persuadée qu'il va se passer quelque chose contre quoi je ne pourrais pas lutter, et cela me gêne terriblement » avoua-t-elle soudain.
« C'est compréhensible ce que vous ressentez. Comment vous expliquer ? Ce que vous ressentez, c'est l'un des effets générés par la guerre. Vous êtes anxieuse, parce que vous ne savez si pas ceux qui comptent pour vous sont bien à l'abri. Ce à quoi je vous répondrais que, oui. Des gens, digne de confiance, veillent sur leur bien être. Vous n'avez pas à vous faire de tracas. »
« Je le sais bien, mais je ne peux m'empêcher de me faire un sang d'encre pour eux. C'est plus fort que moi. Quoi que je fasse, il y a toujours un moment où je me retrouve à penser à eux. »
« Je comprends, mais une fois de plus, je vous rassure, rien ne peux leur arriver autant qu'ils demeurent sous la protection de l'Ordre. Si vous le souhaitez Hermione, je peux tenter de me renseigner auprès de Dumbledore afin d'avoir quelques nouvelles à vous transmettre » proposa-t-il sincèrement.
« Vous feriez vraiment cela pour moi ? » Demanda la jeune femme qui ne parvenait pas totalement à y croire.
« Bien sûr ! Je prends donc cela pour un oui ! Dites-moi qu'avez-vous l'intention de faire aujourd'hui ? »
« Et bien, je comptais prendre un livre dans la bibliothèque du salon. J'en ai remarqué quelques-uns qui me semblent fort intéressant. Et après cela, je ne sais pas encore. »
« Si vous avez besoin de quoi que se soit, demandez aux elfes de maison de vous indiquer le chemin de mon laboratoire. C'est là que je serais si vous me cherchez. Il me reste quelques potions à tester, puis à établir le programme de cette année. »
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Comme le lui avait dit Hermione, elle se trouvait confortablement installée dans le salon, allongée sur le canapé, un épais livre dans les mains. D'après l'expression de son visage, son livre semblait des plus passionnant. Un sourire tendre se dessina alors sur ses lèvres, ce qui aurait pu conforter n'importe qui dans le fait que le livre qu'elle tenait entre ses mains, était passionnant. A première vue, on aurait pu penser qu'il s'agissait là de l'un de ces vieux grimoires regorgeant de toutes sortes de formules. Des formules d'enchantements ou de métamorphoses ou encore l'un de ses gros livre comme celui qu'elle avait jusqu'à maintenant lu une bonne dizaine de fois intitulé 'L'Histoire de Poudlard'. Cependant, nul n'aurait ne serait-ce que soupçonner que ce livre était en réalité d'un tout autre genre.
'Carmillia se tenait devant la fenêtre à réfléchir aux révélations que l'homme qu'elle avait aimé lui avait fait. Elle l'avait considéré comme un lâche pour l'avoir abandonnée alors que, plus que jamais, elle avait eu besoin de son aide, de son soutien, de sa simple présence, qui suffisait à l'apaiser. Disait-il la vérité ou cherchait-il simplement un moyen de l'amadouer afin qu'elle oublie cette tenace rancune qui la saisissait depuis qu'il l'avait retrouvée. A vrai dire, elle ne savait que penser. Ses paroles paraissaient des plus sincères. Mais comment faire confiance à un homme qui pendant plus de vingt ans avait du apprendre à mentir afin de survivre. Lui qui disait l'avoir recherchée pendant de long mois, sans aucun résultat. Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Elle était fatiguée de devoir se demander que faire. Elle désespérait, et personne ne pouvait lui venir en aide.
Deux bras puissant l'enlacèrent, tandis qu'un corps se serrait contre le sien. Les deux bras s'enroulèrent autour de sa taille, la serrant plus étroitement contre ce corps chaud et rassurant. Une tête vint se nicher au creux de son cou. De doux baisers furent exquisément déposés le long de ce cou, offert de son plein gré aux mille baisers promis par cette bouche, et jusqu'à son épaule nouvellement dénudée. Ce fut toute une pluie de baisers, plus sensuels les uns que les autres qui la firent à moitié fondre, tandis que cette voix chaude, qui avait toujours provoqué chez elle, des frissons exquis l'implorait de lui pardonner. Une vague de désir déferla brusquement en elle, la laissant à demi-pantelante entre les bras de l'homme, dont elle sentait que le désir qu'il éprouvait égalait le sien. Elle pouvait sentir dans son dos l'intensité du désir que son amant éprouvait pour elle.
- Ne m'abandonne plus jamais mon amour. J'ai tellement besoin de toi. Tu es toute ma vie.
- Plus jamais, je te le promets.
C'était sa façon à elle de lui pardonner, de l'accepter de nouveau dans sa vie de future maman.'
Effectivement, il ne s'agissait ni plus ni moins d'un roman sentimental qui captait toute l'attention de la jeune sorcière. Hermione l'avait découvert un jour en fouillant dans la grande bibliothèque du salon. Quelque chose, elle ne savait quoi avait attiré son attention dans ce livre, du coup, elle n'avait pu résister à la tentation. C'est ainsi qu'elle s'était retrouvée en la possession du livre de Manuella Nero célèbre auteur sorcière, dont le livre Un amour pourtant impossible se trouvait entre les mains de la jeune sorcière.
Et tout comme l'avait annoncé Severus, ce dernier se trouvait dans son laboratoire. Il ne lisait pas de roman sentimental, trouvant cela d'un puérilisme inimaginable. Non, le grand Severus Rogue avait mieux à faire que de perdre son temps avec ce genre de roman. Il était comme il l'avait fait savoir à sa jeune invitée occupée à tester quelques potions. Ensuite, il avait l'intention de s'attaquer au programme de cette année, même s'il savait pertinemment qu'il perdait un temps fou, ses cours ne parvenant jamais au cerveau de ces cornichons sans cervelles, qui généralement ne comprenaient pas un traître mot de ce qu'il leur racontait.
Severus tout absorbé à sa tâche qui constituait à tester diverses potions, ne s'aperçut pas immédiatement qu'il était sujet à une observation poussée depuis le grand miroir identique à celui qui se trouvait dans l'autre pièce du sanctuaire, lui-même en tout point identique à celui qui se trouvait dans le refuge d'Hermione.
Ce ne fut que lorsqu'il releva la tête de sa potion, qu'il s'aperçut de la présence de son elfe de maison par l'intermédiaire du miroir. L'elfe, voyant qu'il avait toute l'attention de son maître, prit la parole :
« Winky sait qu'elle ne doit pas déranger son maître lorsqu'il se trouve dans son laboratoire… » s'excusa-t-elle en se parlant plus à elle-même qu'à son maître.
« Dans ce cas-là pourquoi le fais-tu ? » Demanda-t-il fermement.
« … Pourtant Winky l'a fait » continua-t-elle sans tenir compte de l'intervention de son maître ; « Pourtant Winky le leur a dit que le maître n'aimait pas être dérangé lorsqu'il se trouvait dans son laboratoire, mais ils ont insisté pour que Winky dérange le maître. Winky s'excuse, elle ne voulait pas le faire, mais devant leur insistance, Winky a du se résoudre à le faire. Winky est désolée maître, terriblement désolée. »
« Winky ! Cesses de parler comme si je n'étais pas là, et expliques-moi un peu plus clairement ce qui se passe. Je ne comprends absolument rien à ce que tu tentes de me faire comprendre. Et d'abord, ce sont qui 'Ils' ? » Demanda-t-il sur un ton conciliant.
« Ce sont le professeur Dumbledore qui est accompagné de votre frère Maxence, Maître. Ils viennent d'arriver à l'instant, et désirent vous voir de toute urgence. Ils sont dans le parc, près de l'écurie. Maxence dit que c'est là que vous devez les rejoindre. »
« Très bien Winky, j'y vais immédiatement. »
La connexion s'interrompit ensuite, laissant Severus plus que perplexe. Il se doutait que le fait que le directeur se soit personnellement déplacé jusqu'ici pour s'entretenir avec lui, n'annonçait rien de tellement bon. De même que le fait que le directeur soit accompagné par son frère, n'annonçait vraiment rien de bon. Devait-il s'attendre au pire ? Peu importe la situation à laquelle il allait être confronté, il était prêt à y faire face, de la meilleure façon qui soit. Du moment que le directeur ne lui demandait pas d'assurer la protection de Potter, il était prêt à tout affronter.
Sans réellement savoir pourquoi, il eut une pensée pour Hermione, alors que ce qu'elle lui avait confié quelques heures plus tôt lui revenait en mémoire. Un étrange malaise le saisit, alors qu'un pressentiment faisait son apparition. D'instinct, il sut que la présence et de son frère et du directeur avait pour une raison inconnue, un seul et unique motif : Hermione Granger.
Décidant d'en avoir le cœur net, il fit rapidement disparaître les restes de chaudrons qui traînaient ici et là, au moyen d'un efficace 'Evanesco', avant de ranger ses précieuses potions. Alors seulement lorsque son laboratoire fut complètement rangé, il disparut dans un petit 'pop' sonore, caractéristique d'un transplanage.
Severus réapparut quelques petites secondes plus tard, juste devant les écuries, là où comme l'en avait informé Winky, se trouvaient Albus Dumbledore et son frère Maxence, qui arboraient des mines désolées.
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Hermione se trouvait toujours au même endroit, son fameux livre entre les mains. Elle était tellement absorbée par sa lecture, qu'elle ne se rendit même pas compte qu'elle n'était désormais plus la seule occupante des lieux. Elle ne se rendit pas compte de la présence des trois nouveaux arrivants, qui la regardaient un air désolé dans le regard.
Ce fut seulement lorsqu'elle eut la désagréable sensation d'être observée qu'elle se décida enfin à lever le nez de son livre. Et là, elle rencontra trois paires d'yeux, deux d'un noir profond, tandis que le troisième n'arborait plus ce pétillement qui lui était propre.
Un malaise s'empara aussitôt d'elle. Avant même que l'une des trois personnes n'ouvre la bouche, elle savait déjà que c'était pour lui annoncer une bien triste nouvelle.
« Bonjour professeur Dumbledore, bonjour Maxence. Je suis extrêmement ravie de vous revoir ! » S'exclama-t-elle sur un ton qui se voulait gaie, malgré le malaise qui se développait.
« Bonjour Miss Granger » lui répondit le directeur, tentant de rendre sa voix agréable, ce dont il ne parvint qu'à moitié.
« Professeur, je suis désolée si je vous ai fait déplacer pour rien, et encore plus désolée si vous avez dû passer une bonne partie de votre été à faire des recherches, mais je crains que cela ne se soit avéré inutile en fin de compte. Voyez, cela peut vous paraître difficile à croire mais… »
« Miss Granger, de quoi parlez-vous ? » La coupa le directeur qui n'avait pas la moindre, idée de ce qu'elle tentait de lui dire.
« Vous m'aviez dit la dernière fois que nous nous sommes vus, que vous alliez vous mettre en quête d'un nouveau protecteur. Mais voyez-vous, il s'est passé pas mal de chose depuis la dernière fois, et comme il ne reste plus que deux semaines avant la reprise des cours, il n'est plus nécessaire que vous changiez de protecteur. Je sais que cela peut paraître très difficile à croire ou même à concevoir, mais il se trouve que le professeur Rogue et moi-même nous sommes découverts pas mal de points communs, qui n'ont rendu notre cohabitation que plus agréable. » Dit-elle d'une seule traite, parlant même pour ne rien dire, afin de ne pas laisser le malaise qui l'avait saisit gagner sur elle.
Elle se sentait tellement anxieuse, que le fait de parler pour ne rien dire, l'aider un peu à se calmer, et surtout l'aidait à ne pas penser au pire. Au fond d'elle-même elle avait conscience que quelque chose n'allait pas, elle savait qu'il était arrivé quelque chose, sans savoir ce que cela pouvait être. Pourtant elle refusait catégoriquement de se l'avouer. Elle refusait de voir la vérité en face, sachant que la vérité faisait la plupart du temps mal. Elle préférait se voiler la face, sachant que cette attitude pouvait être qualifiée d'égoïste, si cela pouvait l'empêcher de souffrir.
« Hermione, Hermione, ce n'est pas de cela que je souhaitais vous parler. » Lui dit le directeur d'un ton conciliant, lui offrant un pauvre sourire.
« Ah bon ? Je pensais que c'était le motif de votre présence ici. Comme quoi, cela prouve que je n'ai pas tout le temps réponse à tout. » Tenta-t-elle de plaisanter, bien que le cœur n'y était pas.
« Je souhaiterais m'entretenir avec vous d'un sujet plus important. »
« Ah ! Et bien dans ce cas, je vous propose de prendre une tasse de thé, et ensuite nous discuterons de ce que vous vouliez me dire » dit-elle pour masquer l'anxiété qui la gagnait. Puis sans attendre une quelconque réponse de leur part, elle enchaîna. « Bien, ne bougez pas je reviens tout de suite. Je vais aller voir les elfes de maison qui sont en cuisine, pour qu'ils nous préparent du thé, ainsi que des petits gâteaux pour l'accompagner. Je sais que vous ne pourrez pas y résister, ils les font tellement bien. »
Disant cela, elle s'était levée, et se dirigeait vers la porte du salon, qu'elle passa se parlant toujours à elle-même, car depuis qu'elle leur avait proposé de boire une tasse de thé, les trois adultes avaient cessé de l'écouter.
Ils savaient que ce que le directeur avait à lui révéler serait difficile à accepter pour la jeune fille qu'elle était. Cela sera un véritable choc pour elle, une épreuve difficile à surmonter. Il leur faudra y aller en douceur pour ne pas causer un trop gros choc. Même s'il répugnait à devoir jouer les messagers de mauvaise augure, Albus n'avait malheureusement pas d'autres choix que de s'en acquitter personnellement. Il lui faudra procéder tout en douceur, bien que cela sera terriblement dur. Il la savait intelligente, au point d'avoir déjà compris qu'il se passait quelque chose qui la concernait.
Mais comment lui annoncer une telle nouvelle que celle qu'il s'apprêtait à lui apprendre. Comment lui dire qu'est arrivé le pire ? Comment lui dire que pour elle, le bonheur s'est en parti éteint, que sa jeunesse est finie, qu'il ne lui reste que des amis, comment lui dire qu'elle va souffrir ?
Comment lui dire qu'aujourd'hui elle se retrouve orpheline de mère ?
Et c'est lui Albus Dumbledore qui se retrouve avec cette pénible tâche sur les bras !
Severus plus que quiconque comprenait la jeune fille qui venait de sortir du salon sans qu'aucun des trois adultes ne l'en empêche. Il la comprenait parfaitement, pour être lui-même passé par cette terrible épreuve, à un âge plus jeune que le sien.
Il savait d'ores et déjà qu'elle sera anéantie à l'annonce de la funèbre nouvelle ? Qui pouvait sortir indemne d'une telle épreuve ? Personne ! Même la plus solide des personnes en garde des séquelles plus ou moins importante tout au long de sa vie.
Alors elle, si jeune, si fragile, c'est sans nul doute qu'elle sera effondrée.
Mais il sera là, lui. Contrairement à lui, elle ne sera pas seule pour affronter cette épreuve. Il sera là lui, pour lui apporter soutient et réconfort. Même si la plupart des gens ne comprendraient pas son geste, lui il sait que puisqu'ils se ressemblent sur tant de point, il est le plus à même à la comprendre, donc par conséquent le plus à même à la soutenir, à être là à ses côtés.
C'est pour cela qu'il se proposa d'aller la rechercher. Il sortit à son tour du salon avant même que son frère ou le directeur n'aient eu le temps de réagir, encore moins le temps de répondre quoi que se soit.
Severus n'eut pas à aller loin pour la retrouver. Elle était assise sur l'avant dernière marche du monumental escalier, les genoux remontés contre sa poitrine, les bras passés autour dans un geste de défense. Son regard absent paraissait vide.
« Hermione » l'appela-t-il doucement.
Elle n'eut aucune réaction, elle ne semblait même pas avoir fait attention au fait qu'il se trouvait devant elle.
« Hermione ! Miss Granger ! » Appela-t-il plus fermement.
Cette fois-ci il eut plus de succès que la fois précédente. Cependant le regard qu'elle tourna vers lui, le bouleversa profondément. Dans son regard l'étincelle de vie semblait s'être à tout jamais éteinte. Elle le regardait sans réellement le voir.
Quand elle lui parla ce fut d'une voix blanche :
« J'en étais certaine, j'en étais sûre. Ce pressentiment que j'ai eu ce matin, ça c'est confirmé. Il s'est passé quelque chose, et je n'ai rien pu faire ! »
Intérieurement, il admit qu'elle avait parfaitement raison, seulement elle ne savait pas encore à quel point elle avait raison.
« Hermione, il faut que vous veniez, le directeur va vous expliquer la situation. »
« Je ne veux pas, je ne peux pas, j'ai peur de ce que je vais apprendre. » Lui répondit-elle.
« Il le faut pourtant Miss Granger. »
« Est-ce que… vous resterez là ? »
« Bien évidemment, je vous l'ai dit, vous pourrez toujours compter sur moi » lui dit-il d'une voix que se voulait rassurante.
Tel un automate, Hermione se releva et le suivit dans le salon où les deux autres hommes les attendaient, le regard triste, une peine qu'ils ne pouvaient cacher malgré leurs efforts, déformait leurs traits.
Docilement la jeune sorcière reprit sa place sur le canapé. Tandis que Maxence et Severus prenaient place dans les fauteuils qu'ils placèrent devant le canapé, Albus s'assit à côté de la jeune fille.
Doucement, il prit ses mains dans les siennes, et se décida enfin à parler :
« Miss Granger, il faut que vous sachiez qu'il s'est passé quelque chose aujourd'hui qui nous a, tous, bouleversé. Pour être franc avec vous, je ne sais même pas comment vous le dire. »
« Dans ce cas, ne dites rien » supplia la jeune sorcière dont le visage blanchissait à vue d'œil.
« Je n'ai pourtant pas d'autres choix que de le faire. En revanche je vais tenter de le faire de façon à vous ménager. Miss Granger, Hermione… ce matin, Londres a été, comment dire, témoin d'un événement d'une rare violence. Des membres de l'Ordre comme vous le savez assurent la protection de vos amis et de vos parents. Cependant l'un des groupes a été trompé par un sort d'illusion de magie noire, qui a trompé leur vigilance. Un groupe de mangemorts a sévi en matinée en plein cœur de Londres. Quand nous nous sommes aperçus de la supercherie, il était malheureusement trop tard, le mal avait été fait. Cette attaque de mangemorts a fait des victimes. Je suis désolé Hermione… »
« Non ! » S'écria-t-elle. « Ne dites rien, vous vous trompez, il ne s'est rien passé, tout le monde va bien » dit-elle inutilement.
« Je suis tellement désolé Hermione… Ce sont… vos parents qui étaient la cible des mangemorts. »
« NON ! » Hurla-t-elle. « Vous mentez !!! Mes parents vont bien ! »
« J'aimerais pouvoir vous dire que c'est vrai, qu'ils vont bien, malheureusement ce n'est pas le cas. Hermione… je suis au regret de vous annoncer le décès de votre mère, Elisabeth Granger… »
« NONNNN !!!! » Hurla-t-elle, laissant libre court à ses larmes. « Non, pas ma mère ! »
« … Quant à votre père John Granger, nous l'avons fait entrer à Ste-Mangouste. Son état est très critique. Les médecins se refusent à tout diagnostic définitif. Je suis sincèrement désolé Hermione. »
« Pourquoi ? Pourquoi ? Ils n'avaient rien fait, rien. Ils n'avaient pas le droit de s'attaquer à eux. »
Elle se leva brusquement du canapé, les larmes coulant en abondance sur son visage, sans qu'elle ne puisse les arrêter. Elle fit un pas en avant, puis s'immobilisa brusquement, son regard se posant sur son Maître des Potions qui n'osait la regarder, la peine se lisait sur son visage. Il savait parfaitement ce qu'elle endurait en ce moment.
Aussi soudainement qu'elle s'était levée, elle fondit sur lui. Severus eut tout juste le temps de se lever afin d'éviter qu'elle ne lui tombe dessus. Le chagrin avait soudainement fait place à la haine lorsqu'elle s'adressa à lui. Sa voix était glaciale, le mépris plus que palpable :
« Tout ça c'est de votre faute ! Vous êtes content j'imagine. Sale Mangemort. Quel plaisir cela vous fait-il que de vous attaquer à des gens sans défense qui ne vous ont strictement rien, fait ! Qu'ont-ils fait pour mériter ça ? Hein ? Ils étaient moldus c'est ça ? Vous les méprisiez tellement qu'en plus vous étiez obligés de les assassinés ? Vous êtes lâches, vous m'entendez ? Vous êtes lâches ! Je vous déteste, non je vous Hais, vous m'entendez je vous hais !!! » Lui hurla-t-elle tout en martelant la poitrine de Severus de ses petits poings.
« Miss Granger je vous prie ! » La réprimanda Albus.
« Non, Albus, laissez-la extérioriser sa peine. » Lui dit doucement Maxence.
« Allez-y Miss Granger, défoulez-vous sur moi ! » L'encouragea Severus qui ne tenta rien pour empêcher ses petits poings fragiles de l'atteindre.
« JE VOUS HAIS ! JE VOUS MEPRISE ! VOUS N'ETES QU'UN MEPRISABLE MANGEMORT ! QUEL EFFET ÇA VOUS FAIT DE TUER DES GENS AUSSI INNOCENTS QUE L'ETAIENT MES PARENTS ! VOUS SAVIEZ N'EST-CE PAS ! VOUS SAVIEZ PUISQUE VOUS ETES DES LEURS ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS VOUS VOIR ! POURQUOI ? » Supplia-t-elle.
Elle cessa de marteler sa poitrine de coups. Elle se laissa choir au sol, toutes les forces de son corps la désertant soudainement. Elle n'avait plus la force de le rendre responsable de la mort de ses parents. Elle n'avait à présent plus que la force de pleurer encore et encore.
« Pourquoi ? Pourquoi eux ? Ils n'avaient rien fait. Pourquoi ? » Répéta-t-elle sans cesse.
Severus s'agenouilla devant elle, et dans un geste qui lui semblait tout à fait adapté à la situation, l'attira contre lui, refermant ses bras rassurant contre son corps secoué de spasmes. Doucement, il lui caressa les cheveux pour l'apaiser, le temps que les spasmes disparaissent, le temps que la colère disparaisse elle aussi, pour laisser place à la peine, au chagrin, à la tristesse.
« Je sais Hermione qu'ils n'avaient rien fait. C'est ainsi nous n'y pouvons rien. Ce sont des mangemorts, seul la mort les rend heureux. Je ne savais pas ce qu'ils avaient l'intention de faire, autrement croyez bien que j'aurais tout fait pour éviter cela. Il faut vous calmer Hermione maintenant. C'est dur, très dur même, mais il va falloir apprendre à vivre avec. Mais il ne faut pas que vous vous inquiétiez, il y aura toujours quelqu'un à vos côtés pour vous soutenir dans cette difficile épreuve. »
Tout en murmurant ces paroles, il n'avait cessé de lui caresser les cheveux puis le dos. Cela la calma considérablement, au point qu'elle sombra dans une douce léthargie.
Si Albus et Maxence s'étonnèrent de ce geste, ils n'en firent aucun commentaire, le laissant agir au mieux. A vrai dire, Maxence était sérieusement dérouté. Il s'était attendu à ce que son frère pique l'une de ses habituelles, colère froide, vu la façon dont la jeune fille lui avait parlé. D'autant qu'il se souvenait parfaitement que lors de sa précédente visite, lors de laquelle il avait amené la jeune fille, les piques et insinuations, fusaient de toutes parts. Son frère s'étant même refusé à protéger la sorcière, Hermione de son côté le suppliant de ne pas la laisser seule en sa compagnie. Or là, son frère lui parlait avec douceur, chose extrêmement rare chez lui, la consolant du mieux qu'il le pouvait. Là, il reconnaissait le frère qui avait veillé sur lui lorsqu'il était petit, le frère qui avait tout fait afin d'éviter leur père de le rallier à sa cause, l'éloignant volontairement pour le protéger. Il était tout de même un peu heureux qu'une personne soit parvenue à le rendre tel qu'il était avant. Pour cela, il sera éternellement reconnaissant envers Hermione Granger !
Albus quant à lui, n'était pas tellement surpris de cette soudaine marque d'affection de Severus envers la sorcière la plus intelligente de Poudlard. Lorsqu'il avait demandé à Severus d'assurer sa protection, il l'avait fait en tout état de cause, sachant pertinemment que la sorcière réveillerait en lui d'anciens souvenirs, pas forcément agréables, mais qui néanmoins lui feraient prendre conscience qu'on lui offrait une seconde chance, pour pouvoir offrir à quelqu'un ce qu'on lui avait refusé dans la même situation.
Pendant que les deux hommes étaient occupés avec leurs pensées, Severus souleva doucement la jeune fille dans ses bras. Cette dernière ne lui offrit pas la moindre résistance. Elle était trop fatiguée pour lutter contre lui. Elle se laissa totalement faire. Avec des gestes lents et précis, Severus la déposa précautionneusement sur le canapé, que venait juste de quitter Albus en comprenant son attention. Severus fit ensuite apparaître une fine couverture avec laquelle il la recouvrit jusqu'aux épaules, avant de se tourner vers son frère :
« Maxence, il me faudrait une potion de sommeil sans rêve ; Tu peux t'en charger ? »
« Pas de problèmes. Je dois en avoir au labo » répondit-il avant de sortir du salon.
Pendant que son frère allait chercher la potion, Severus resta aux côtés d'Hermione, à lui caresser tendrement les cheveux, sous le regard indulgent d'Albus qui se contentait de les observer, son regard, retrouvant un semblant d'éclat de la malice qui l'abritait autrefois.
Severus se contentait par son geste de lui apporter un minimum de soutien. Il ne parlait pas, se contentant de répéter inlassablement son geste. Parfois, les mots étaient inutiles, les regards ou les gestes comme dans cette situation, en disaient bien plus que de simples paroles.
C'est ainsi que les trouva Maxence en revenant quelques minutes plus tard, sa précieuse potion entre les mains. Il se contenta de tendre la fiole à son frère, puis de se reculer de quelques pas.
Severus déboucha la fiole, puis tandis que d'une main il soulevait légèrement la tête de la sorcière, de son autre main, il approcha la fiole des lèvres de cette dernière.
« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-elle d'une voix inaudible, rendue un peu rauque par le chagrin.
« Une potion pour vous aider à vous reposer. »
« Je n'en veux pas, laissez-moi tranquille ! » Implora-t-elle.
« Prenez-là Hermione » insista-t-il en faisant couler quelques gouttes de la potions au travers des lèvres entrouvertes de la sorcière.
Celle-ci n'eut d'autres choix que d'obéir, elle entrouvrit un peu plus les lèvres permettant ainsi à Severus de lui faire boire tout le contenu de la fiole.
Quelques instants plus tard, elle sombrait dans un sommeil sans rêve.
Les trois hommes sortirent lentement de la pièce, comme pour éviter de la réveiller.
« Si jeune, et déjà confrontée au malheur. La vie est tellement injuste » soupira Maxence en s'asseyant au bout de la longue table de la salle à manger.
« La vie est tout le temps injuste Max ! » Rectifia Severus, le visage plus pâle qu'à l'ordinaire.
« Il nous faut malheureusement repartir. Après cette attaque nous devons plus que jamais renforcer la sécurité des autres. » Annonça tristement Dumbledore. « Severus, dans la mesure où vos rapports semblent s'être améliorés avec Miss Granger, je vous demande de veiller attentivement sur elle. »
« Craignez-vous quelque chose en particulier ? »
« Peut-être. Un désir de vengeance peut amener une personne à faire bien des choses qu'elle pourrait regretter par la suite. Je vais tenter de m'arranger pour qu'elle réintègre le château le plus rapidement possible. »
« Je pense au contraire qu'il s'agit là d'une bien mauvaise idée. Si vous la faites revenir plus tôt au château, je serais forcément obligé de la suivre. Ils comprendront alors qu'elle était avec moi tout l'été, et comprendront par la même occasion que je suis un espion, puisque je ne leur aurais rien dit sur l'endroit où elle se trouvait. »
« Je pense que Severus a raison Albus. Mieux vaut la laisser ici pour le moment. Étant donné qu'à part nous trois, personne ne connaît ni l'existence, ni la localisation du manoir, elle ne risque rien ici. Et puis si je ne me trompe pas, elle est entre de très bonnes mains ici ! »
« Je comprends parfaitement où vous souhaitez en venir tous les deux. C'est pour cette raison que j'accepte que vous la gardiez ici Severus. Cependant, au moindre problème que vous rencontrerez, j'exige d'être aussitôt informé ! »
« Vous pouvez compter sur moi Albus. »
Les deux visiteurs partirent quelques minutes plus tard, après s'être assuré que tout allait bien pour Hermione, que quelqu'un veillait sur elle.
Durant toute la journée, Severus resta dans le salon, à veiller sur celle qui se reposait sur le canapé. Assis dans un fauteuil face au canapé, il restait là, à la regarder continuellement dormir, le visage empreint de tristesse.
Lui mieux que quiconque comprenait la douleur que causait la perte d'un être cher. Il était passé par cette douloureuse épreuve à un âge où justement plus que jamais, il avait eu besoin de cette protection parentale. Alors oui, il pouvait aisément dire qu'il comprenait la douleur de la sorcière.
.oO§Oo.
Il devait être 21 heures lorsqu'il fut tiré de ses pensées, non pas par un elfe de maison, ceux-ci devaient certainement être dans la cuisine, ni par Hermione, cette dernière sommeillait toujours, mais par quelque chose de bien plus désagréable.
Par la chose la plus désagréable qui soit, qui depuis de longues années maintenant l'horripilait à un point, qu'il lui arrivait parfois d'en avoir des nausées rien qu'à imaginer ce qu'on attendrait cette fois-ci de lui !
Par… La marque des Ténèbres !
Elle était d'un noir d'encre, elle paraissait plus noire que noir ! Il savait parfaitement ce qu'il devait faire dans ces cas-là : transplaner directement au repère de son maître. Enfin si l'on pouvait appeler Maître, une chose hideuse et repoussante, ayant une face de serpent comme visage. Un Maître bien trop lâche pour accomplir lui-même ses basses besognes. Un Maître qui pendant plus de 12 ans avait été réduit en une loque humaine, ressemblant plus à s'y méprendre à une larve humaine qu'à un être humain.
Un Maître qui ne lui inspirait qu'un seul et unique sentiment lorsqu'il le voyait : la vengeance. L'envie de commettre un meurtre, une vengeance, et pas n'importe laquelle. Venger son brave père qui contrairement à lui, avait su dire non, avait su se battre ouvertement pour ne pas passer du mauvais côté. Venger son père pour son meurtre accompli avec lâcheté. Oh oui, l'envie de meurtre était grande lorsqu'il se trouvait face au Lord Noir ! Si grande, qu'il devait faire des efforts surhumains pour ne pas la laisser éclater au grand jour. Si grande enfin, que le Lord lui-même pouvait en sentir la puissance magique qui émanait de lui, confondant l'envie de meurtre qu'éprouvait si souvent Severus, qu'il la confondait avec un débordement de satisfaction à l'idée de massacrer de pauvres moldus sans défenses, ignorant même parfois leur existence !
Mais là, il se trouvait confronter à un dilemme de taille ! Que faire ? Pouvait-il laisser Miss Granger seule pendant qu'il allait rejoindre le Maître ? Risquait-elle quelque chose à rester seule ici, d'autant plus qu'elle pouvait se réveiller après qu'il soit parti.
Cependant, s'il ne s'y rendait pas, le Lord ne manquerait certainement pas de soupçonner quelque chose à son propos. Et qui dit soupçons, dit forcément interrogation, enquête, heures de tortures afin de savoir la vérité. Ce n'était vraiment pas le moment de risquer sa couverture.
De même que plus il restait là à se demander que faire, plus la marque le brûlait, la douleur ne tarderait pas à se faire insoutenable. C'est pour cette raison que Severus prit la décision de se rendre au repère de son Maître, espérant sincèrement que la réunion ne s'éterniserait pas. Il ne pouvait pas laisser la sorcière seule longtemps. Merlin seul savait ce qui pouvait lui passer par la tête en ce moment.
C'est pourquoi après s'être résolu à y aller, il laissa un mot écrit rapidement sur un morceau de parchemin, qu'il laissa bien en évidence épinglé sur le fauteuil qu'il venait de quitter.
« Je reviens le plus rapidement possible Miss Granger. Ne faites rien de stupide pendant mon absence » dit-il comme si elle pouvait l'entendre malgré son sommeil.
Sur ces quelques mots il transplana !
Quelques minutes à peine après son départ, la jeune fille qui se trouvant allongée sur le canapé, remua légèrement sans se réveiller. Elle remua de plus en plus jusqu'au moment où ses paupières se soulevèrent, signe qu'elle venait de se réveiller.
Sa première réaction fut de regarder tout autour d'elle afin de savoir où elle se trouvait. Elle reconnut presque aussitôt l'endroit en voyant la grande bibliothèque, la cheminée, ainsi que la grande baie vitrée donnant sur le parc du manoir.
Par contre, il n'y avait aucune trace des occupants de la demeure. Où pouvaient-ils bien se trouver ? C'était la question qu'elle se posait !
La première chose qui lui vint naturellement à l'esprit fut :
« Severus ? »
À suivre...
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