Coucou les loulous...

Désolée pour la semaine sans publication... Mais le déménagement était beaucoup trop intense pour que je puisse passer vite fait par ici.

J'espère que vous allez bien et que ce froid hivernal vous traumatise pas trop ^^ Perso, je me retrouve sans électricité depuis plus de 24 heures et quand il fait -4°C dehors et que tout est électrique, eh bien autant dire que si je m'en sors qu'avec la grippe, tout ira bien ! Merci aux voisins du dessous qui ont bien voulu que je charge PC et portable ! Qu'est-ce que je ne ferais pas pour vous !

Voilà ! Je vous laisse avec le chapitre 12. Rancard dans une relation pas tout à fait encore stable... M'enfin, elles sont adorables non ?

Après celui-là, il restera 11 chapitres ! De quoi nous émoustiller encore un peu...

Je vous souhaite à tous une très bonne lecture et un très bon dimanche.


Le rancard :

Emma marchait nerveusement dans tout son appartement, se sentant comme une adolescente, essayant de se préparer pour ressembler à la femme cool et confiante qu'elle se vantait d'être. Elle était encore en soutien-gorge et en culotte, après avoir essayé et jeté au moins une demi-douzaine de tenues ces trente dernières minutes. Isis s'assit sur le lit, sérieuse, la regardant entrer dans une panique totale. La pensée de revoir Régina provoquait un balancement fou d'anticipation dans sa tête, à l'idée que le temps qu'elles avaient passé ensemble n'avait été qu'un coup de chance.

Leur week-end avait été parfait. Sans aucun doute : parfait. Si elle avait pu, elle n'aurait même jamais quitté l'appartement de Régina, pour rester pour toujours dans le monde imaginaire qu'elles s'étaient créé. Pendant tout un week-end, elles seules avaient existé. Le sexe était une révélation, sa compagnie encore plus.

Mais maintenant elles étaient de retour dans le monde réel, et Emma n'avait aucune idée de savoir s'il était possible de reprendre là où elles s'étaient arrêtées. Elle s'arrêta devant le miroir de son armoire et vit « angoisse » écrit sur son visage.

Rien de si merveilleux ne pouvait durer. Après deux relations, dont l'une d'elle avait été assez sérieuse pour l'avoir brisée quand ça s'était terminé, Emma savait un fait indéniable : la vie était beaucoup plus immense qu'une nuit dans une cabine d'ascenseur, et elle n'hésitait jamais à se dérober.

Soupirant, elle essaya un autre jean.

- Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Demanda-t-elle à Isis. Et moi qui était inquiète à l'idée que Régina panique… Le chat noir leva la tête et bâilla. Je vais juste te montrer tout ce que je sais. Emma regarda le miroir. Tu penses qu'elle va aimer mon cul dans ce jean ?

Bien sûr que Régina aimerait son cul. Ce n'était pas vraiment la question.

Ce qu'Emma voulait vraiment savoir, c'était si Régina l'aimerait assez elle pour surmonter ses tendances solitaires à plus long terme. Et si la réponse était oui, était-elle prête pour une autre relation ?

Incapable de reprendre sa recherche vestimentaire devant tant de sincérité, Emma s'éloigna du miroir et se laissa tomber sur le matelas à côté de son félin bien-aimé.

- Quand on était dans cet ascenseur, j'étais juste sûr que tout irait bien, dit-elle, donnant de tendres caresses à Isis. Je pouvais voir qu'elle avait peur, mais je me disais - bien sûr qu'elle avait peur, elle était pratiquement vierge !

Emma ferma les yeux, souriant pendant qu'elle revoyait des images du samedi soir, leur première dans un vrai lit. D'une manière ou d'une autre, illogiquement, Régina était la meilleure amante qu'elle n'avait jamais eue.

- Je te le jure, murmura-t-elle, si je n'avais pas su que c'était presque sa première fois, sa performance ne m'aurait jamais mis sur cette piste. Isis miaula et Emma la prit comme un signe de protestation. Je sais, je sais. Je t'ai donné plus d'informations que tu ne l'aurais voulu.

Elle gratta la tête d'Isis et se releva pour retourner devant son armoire. Regardant son assortiment de débardeurs, Emma en choisit un autre. Celui-ci était un de ses préféré, il serrait ses seins d'une manière qui lui donnait l'impression de pouvoir conquérir le monde. Elle supposait que quand Régina la verrait, elle aurait probablement envie de faire autre chose que d'aller au restaurant. La pensée lui fit trembler les jambes. Se sentant instable, elle retourna immédiatement à sa place sur le lit.

Que diable faisait-elle ? Emma laissa tomber son visage dans ses mains et expira. Elle était au milieu de sa dernière rotation clinique, à quelques mois de l'obtention de son diplôme. Son rêve d'aider les animaux allait enfin se concrétiser. Et maintenant, après toutes ces années de lutte, à danser pour payer ses factures, à étudier à chaque fois qu'elle le pouvait, elle avait réussi à se lancer tête baissée dans quelque chose qui menaçait de la balayer entièrement.

Et si ça ne fonctionnait pas ? Était-elle assez forte pour faire face à un autre chagrin, avec tout ce qui s'était passé ? Voulait-elle s'apporter plus de complications en tombant amoureuse de Régina ?

- Je n'étais pas censée être celle qui a peur, murmura Emma, comme si elle se le rappelait. Je lui ai dit que je voulais être plus qu'un souvenir d'une rencontre sexuelle spontanée, et je le pensais. Pourquoi est-ce que je fais ça maintenant ?

C'était une question idiote. Elle avait peur parce qu'elle était absolument certaine qu'elle pourrait tomber amoureuse de Régina.

Et quand elle se sentait comme ça, après seulement un week-end, elle n'était pas sûre de vouloir risquer l'inévitable chagrin d'amour si cela ne fonctionnait pas. Il y avait une raison pour laquelle elle ne s'était investie dans aucune relation en ce moment, et c'était parce qu'elle ne voulait pas se sentir mal au moment où sa vie commençait réellement. D'autres personnes l'avaient laissée tomber assez souvent pour savoir qu'elle ne pouvait compter que sur elle-même.

- Mais j'ai dit à Régina d'être courageuse, alors je dois faire la même chose, non ? Emma chercha dans les larges yeux dorés d'Isis une réponse. C'est moi qui l'ai appelée. Je peux pas juste m'enfuir maintenant. Elle essaya d'imaginer ce que Régina penserait si elle reculait maintenant et se recroquevillait. Non, elle me plaît beaucoup trop pour que je lui fasse ça. Isis cligna des yeux, lui offrant peu de conseils. Bien, déclara Emma en expirant dans un éclat d'air. Alors, voici le plan. On ne couchera pas ensemble ce soir. Isis se laissa tomber sur le côté et s'étira langoureusement. Emma sourit et lui frotta le ventre. Je peux résister, je le jure.

Si ce n'était que sexuel avec Régina alors elle devait le savoir maintenant. Une connexion purement physique ne valait probablement pas le coup en ce moment. Mais si c'était plus, s'il y avait une possibilité que cela puisse se transformer en quelque chose d'aussi sérieux qu'elle le pensait, il n'y avait rien d'autre à faire que de fermer les yeux, respirer profondément et se plonger dedans.

La vérité, c'était qu'elle désirait fortement une vraie relation pleine d'embellissements.

Elle voulait la romance, le désir urgent, ainsi que le réconfort de l'amitié inconditionnelle qu'elle imaginait offerts par la femme parfaite.

S'il y avait une chance que Régina soit la femme de ses rêves, elle ne pouvait pas se permettre de la laisser partir.

- Ce soir, c'est un test, dit-elle. On va dîner, parler et voir comment ça se passe dans le monde réel, sans laisser le sexe troubler tout ça. Si, après ce rancard, j'ai toujours l'impression de me noyer chaque fois que je pense à elle, eh bien ... Elle expira. Alors je suppose que je vais juste devoir me laisser tomber amoureuse.

Avec ça, elle se leva et retourna devant son armoire. C'était un bon plan. S'y tenir serait difficile. Des images de toutes les façons dont elles s'étaient fait jouir l'une et l'autre continuaient de défiler dans son cerveau, et elle craignait que la seule vue de Régina lui fasse perdre le contrôle.

Au fond de son tiroir à sous-vêtements, elle trouva la pire culotte qu'elle possédait. Large, avec une coupe peu flatteuse, elle était réservée pour les jours où elle se sentait ballonnée ou quand elle mettait trop de temps à aller à la laverie. Emma enleva son jean, puis sa culotte bleue, soyeuse qu'elle pensait que Régina adorerait, et la remplaça par la culotte de grand-mère. Elle se regarda dans le miroir, souriant avec satisfaction du trou dans le tissu sur sa hanche gauche.

- C'est juste une petite assurance. Déclara Emma à Isis. Il n'y a même pas moyen qu'elle me voit un jour là-dedans !


À la moitié du dîner, Emma n'était pas aussi sûre que ça que l'Opération « Culotte de Grand-Mère » allait fonctionner.

Du moment où elle avait ouvert la porte de son appartement pour trouver Régina tenant un bouquet d'iris pourpres jusqu'à maintenant, la regardant persécuter un champignon perdu dans sa fondue de coq au vin, sa volonté s'amenuisait. A chaque mot, chaque regard, chaque moment drôle et doux, elle se rendait compte à quel point elle était attirée par Régina depuis le début.

Ce n'était pas seulement ses cheveux bruns, sa peau halée, ou même ses magnifiques courbes qui en donnait l'eau à la bouche à Emma. C'était un millier de choses intangibles, à commencer par sens de l'humour, de la façon dont elle se précipitait pour lui ouvrir les portes. Emma se rendait dingue pour la cicatrice de la brune sur sa lèvre supérieure, l'intelligence vive dans ses yeux, et la manière dont Régina était pendue à ses lèvres dès qu'elle disait quelque chose. Emma ressentait le même désir, celui de continuer à parler avec elle pour toujours sans jamais vouloir s'arrêter.

Mâchant ses raviolis, Régina leva les yeux et lui sourit timidement. Elle portait un chemisier vert foncé qui dévoilait un peu de décolleté, un choix courageux selon Emma. Même en essayant de toutes ses forces, elle ne parvenait pas à enlever ses yeux de la poitrine de Régina, imaginant ce qui se trouvait sous le tissu. Elle eut des flashs de Régina dans son soutien-gorge en dentelle noire et a senti son rythme cardiaque augmenter.

Peut-être qu'elle pourrait supporter l'humiliation de laisser Régina voir sa culotte très laide après tout.

- Emma ?

Emma détourna ses yeux des seins de Régina, passant son regard vers les lèvres qui répétaient son nom.

- Oui ? Pardon.

- Tu aimes ce que tu vois ?

Emma sourit.

- Prise en flag' ! Elle prit sa fourchette pour prendre un morceau de poulet. Je me suis dit que j'allais être bien, mais ... tu es magnifique ce soir.

- Merci, murmura Régina en baissant timidement les yeux sur la table. Même s'il est un tard pour essayer de préserver ma vertu.

- C'est un euphémisme, murmura Emma.

Leurs yeux se rencontrèrent et Emma sut instinctivement qu'elles se souvenaient toutes deux de la passion qu'elles avaient partagé la dernière fois qu'elles étaient ensemble. Elle essaya de maîtriser ses hormones.

- Je veux que ce soir soit quelque chose de plus que du sexe, dit-elle. Alors je me suis promis que je serais bien.

Régina semblait légèrement perplexe. Elle se réinstalla sur son siège, comme pour se préparer à une conversation sérieuse.

- Une raison particulière ? Je veux dire, au-delà de ne pas vouloir scandaliser tout le monde dans ce restaurant ?

Emma hésita, ne sachant pas comment expliquer sa logique à voix haute. Elle savait que cette conversation devait avoir lieu, mais maintenant que le moment était venu, elle n'était plus sûre d'être assez forte pour résister à la tentation.

La décision de ne pas avoir de relations sexuelles avait-elle un sens ? Elles avaient déjà fait l'amour pendant des heures, alors quel mal à le faire une nuit de plus ? Elle rejeta immédiatement cette pensée de sa tête, se rappelant qu'elle devait être forte, peu importe la difficulté. Elle était plus expérimentée que Régina.

C'était à elle de faire preuve de bon sens ou elles pourraient toutes les deux le regretter.

- Tu me plais tellement que j'arrive à peine à te regarder dans les yeux, dit-elle calmement. C'est comme si je ne pouvais pas penser à autre chose, et c'est ... pas bien.

- Pas bien ? Demanda Régina avec une expression aussi flattée qu'abattue. Qu'est-ce qui n'est pas bien dans le fait de me désirer ?

Emma ouvrit la bouche pour répondre, mais elle se rendit compte qu'elle ne savait pas comment le dire sans entacher les sentiments de Régina. Elle cherchait les mots justes, puis a finalement admis :

- Tu me donnes envie de jeter la prudence au vent.

- Je pensais que c'était ta devise. Régina prit une gorgée de son verre. Plutôt que de sembler contrariée par la démonstration d'honnêteté d'Emma, elle paraissait plutôt se détendre. Jeter la prudence au vent, vivre courageusement.

- Oui. Bien. Emma s'arrêta pour rassembler ses esprits. Elle n'avait jamais été aussi hésitante avec une femme auparavant. Mais est-ce qu'elle avait déjà ressenti ça aussi fortement avant ? Régina était son contraire à bien des égards, et pourtant il y avait quelque chose en elle qui la rendait folle.

- J'étais un peu nerveuse aussi, dit Régina avec désinvolture, en prenant un morceau de pâte de sa fourchette. Je m'étais décrit ce week-end comme quelque chose qui ne pouvait arriver qu'une fois… Quand tu m'as appelée.

Emma cligna rapidement des yeux. C'était une chose d'essayer de refreiner ses propres sentiments, mais entendre que Régina faisait la même chose la rendait un peu étrange.

- Tu m'aurais appelée si je ne l'avais pas fait ?

- Euh… Régina baissa les yeux sur la table, évitant son regard. Je ne sais pas. Peut-être. Probablement. D'ici peu.

- Je pense que c'est bien qu'on en parle. On dirait que nous avons toutes les deux beaucoup de choses en tête. Régina la regarda.

- Je suis très heureuse de te revoir.

- Moi aussi. Emma tendit la main vers la table et prit celle de Régina.

L'idée que Régina ne l'aurait peut-être jamais rappelée lui brisa le cœur dans une tristesse presque insupportable. Ça ressemblait beaucoup à un aperçu du chagrin que cette relation pourrait lui causer si ça ne fonctionnait pas. Luttant contre les difficultés pour expliquer ce qu'elle ressentait, elle finit par lâcher :

- Tu me plais vraiment beaucoup

Quelque chose sur le ton de sa voix devait sembler inquiétant, car les yeux de Régina se remplirent, et son visage prenait un air de pur chagrin.

- Attends. Est-ce que tu es … ? Est-ce que tu … ?

Emma se rendit compte que Régina pensait qu'elle était en train de la quitter. Et la dernière chose qu'elle voulait, c'était que tout ça se termine ce soir. L'angoisse lui saisit la gorge et elle secoua la tête rapidement, serrant la main de Régina.

- Non. J'essaie juste d'expliquer ce que je ressens.

- Mais ne fais pas peur comme ça ! Lui dit Régina alors que celle-ci prenait son poignet dans sa main. Mon Dieu, tu m'as fait peur !

- Vraiment ? Emma trouva la réaction de Régina presque réconfortante. Était-ce possible qu'elle ressentait tout ça aussi et aussi fortement qu'elle ?

- Vraiment, répondit Régina. Le week-end dernier était magique. L'idée de ne plus jamais le revivre est beaucoup trop dur à supporter.

- Je sais, dit Emma. Je ressens la même chose.

- J'admets que je n'étais pas vraiment sûre qu'on essaierait de continuer. Régina passa un doigt sur le poignet d'Emma, envoyant un frisson de désir entre ses jambes. Nous avons toutes les deux parlé du besoin qu'on avait de ne pas laisser ça comme une simple folie, mais c'était facile à dire dans quand on est dans une bulle.

- Tu as raison, dit encore Emma. Mais je le pensais.

- Moi aussi, j'espère que tu ne seras pas déçue quand tu auras mieux appris à me connaître. Lui dit Régina en serrant le poignet d'Emma.

- C'est une des raisons pour lesquelles je me suis dit que je n'allais faire l'amour avec toi ce soir, déclara Emma. Elle voulait que Régina comprenne qu'il y avait une raison derrière son autodiscipline. Je pensais que ce serait bien pour nous deux de faire en sorte que ce soit bien plus qu'un plan cul sans lendemain.

- C'est bien plus que ça. Les mots de Régina étaient sincères, et ses yeux brûlaient avec une intensité qu'Emma n'avait jamais vu auparavant. Pour moi, du moins.

- Pour moi aussi, murmura Emma. Elle n'avait pas besoin que ce rancard se termine pour le savoir. Tout à propos de Régina la faisait se sentir vivante. Pouvoir admettre ses peurs et avoir Régina à ses côtés pour les surmonter était tout ce dont elle avait besoin. Quand je me préparais tout à l'heure, j'ai réalisé à quel point tu avais le pouvoir de me briser le cœur. Quand je m'engage dans quelque chose, je mets tout ce que j'ai dedans. Et ça inclus les relations.

- Je n'ai jamais eu de relation avant. Dit Régina en déglutissant.

- Je sais et je suis désolée si je te fais peur comme ça. Mais comme je te l'ai dit, je t'apprécie vraiment. Très présomptueux pour un premier rancard, non ?

- Je pense que l'ascenseur était notre premier rancard, techniquement. Peut-être même nos trois premiers. Les yeux de Régina se plissèrent quand elle sourit. Son côté taquin qui se voyait si bien sur son visage était tout à fait charmant. Et je ne pense pas qu'il soit présomptueux de supposer que tout ça pourrait se transformer en une relation.

- Non ?

- Ne te méprends pas, le sexe était incroyable. Le regard de Régina était rempli de désir et Emma se sentit attirée. Mais ce n'est pas uniquement ce que je veux de toi. Et je dois admettre que voir ce côté de toi me fait beaucoup de bien.

Emma sentit une vague de libération émotionnelle, une levée du fardeau de toutes les suppositions qu'elles avaient eues toutes les deux. Vraiment ?

- J'ai l'impression que ça nous met sur un pied d'égalité. Déclara Régina. Nous sommes toutes les deux effrayées à mort… Et excitées comme pas possible. Tu te sens tout autant vulnérable que moi. Elle prit à nouveau la main d'Emma et la porta à ses lèvres pour l'embrasser. Je ne suis pas la seule à risquer mes sentiments.

- Non, effectivement.

- Merci de m'avoir dit ce que tu penses. Je suis prête à faire tout ce qu'il faut pour que tu sois bien.

- Même si ça veut dire ne pas faire l'amour ce soir ?

- Oui, bien sûr. Le haussement d'épaule de Régina ne semblait pas entièrement convaincant. C'est toi la nymphomane, tu t'en souviens ?

En riant, Emma se souvint des moments où elle somnolait dans le lit de Régina pendant le week-end, sur le point de s'endormir. Pour être réveillée une heure plus tard par une main désespérée sur sa cuisse ou par une langue glissant sur sa peau transpirante.

- En fait, ce n'est pas ce dont je me souviens. Dit-elle en levant un cil tout en regardant fixement Régina, essayant de lui faire comprendre ce dont à quoi elle pensait.

Régina rougit, pliant sa serviette pour la poser sur la table.

- Non, bien sûr. J'espère que ce ne sera pas un long moratoire sexuel.

- Ce ne sera pas le cas. Emma prit à nouveau la main de Régina, profitant de la douceur de sa peau. Crois-moi, je me sentirais chanceuse de n'y arriver que ce soir.


Plus tard dans le lit, Emma était sûre d'être la personne la plus stupide du monde.

Régina pourrait être à côté d'elle, là maintenant, au-dessus d'elle, en elle. Mais après un baiser aussi passionné à la porte de son appartement, Emma l'avait regardée s'éloigner. Contre tous ses instincts. Juste parce qu'elle avait besoin de se prouver qu'elle le pouvait.

Et quelle révélation cette plongée dans l'abstinence lui avait-elle apporté ?

Qu'elle voulait Régina et qu'elle se damnerait pour ça. Même s'il existait un risque de peine de cœur et de chagrin, elle ne se pardonnerait jamais de ne pas avoir essayé. Chaque moment passé avec elle était encore mieux que le précédent. Oui, c'était effrayant d'imaginer son implication dans cette relation. Et pourtant, elle l'était déjà.

Tout arrêter maintenant n'empêcherait pas le chagrin d'amour, il le garantirait.

Emma se coucha sur le dos, fermant les yeux à la sensation des draps caressant sa peau hypersensible. Elle était nue, comme à chaque fois qu'elle était couchée. Mais elle commençait à se demander si elle n'allait pas mettre un t-shirt, ne serait-ce que pour calmer ses hormones. Regarder Régina toute la soirée, puis avoir un avant-goût avec ce baiser à la porte l'avait laissée dans un état humide et insomniaque.

- Putain ! Murmura Emma en glissant une main entre ses cuisses puis expirant lentement. Peut-être pourrait-elle soulager sa propre souffrance. Qu'est-ce que je peux être conne parfois !

Quelque part dans la chambre obscurcie, Isis miaula doucement.

Emma se mit à rire, consciente du pathétique de la situation. Elle se mit sur le ventre, soulevant légèrement les hanches et ferma les yeux. Imaginant Régina agenouillée derrière elle. Elle glissa une main sous son ventre, puis entre ses jambes. Elle se caressa doucement, exhalant l'humidité qui recouvrait ses lèvres gonflées.

- Régina… Murmura-t-elle, gardant vivement le fantasme de son amante qui la regardait se caresser. L'idée d'avoir laissé Régina seule lui déclencha un nouveau flot d'humidité et elle tourna autour de son ouverture quelques secondes avant d'entrer lentement en elle.

Ding.

Emma sursauta au son de son ordinateur portable qui était sur sa table de nuit. C'était une alerte mail. Elle ne l'avait pas mis en silencieux, justement parce qu'elle avait donné son adresse mail à Régina pendant le dîner.

Elle jeta un coup d'œil aux chiffres rougeoyants de son réveil puis roula sur le côté. Il était presque une heure du matin. Régina était-elle encore réveillée ?

Emma savait qu'elle ne serait pas capable de s'endormir avant d'avoir lu ce mail.

Elle attrapa son ordinateur portable, faisant apparaître l'écran d'un simple coup de doigt sur le pavé tactile. Son cœur se mit à battre rapidement quand elle vit le nom de l'expéditeur du mail non-lu.

Régina Mills. Le sujet du mail était : « Est-ce aussi difficile pour toi aussi ? »

Respirant fortement, Emma cliqua sur le message.

« Emma,

S'il te plait, dis-moi que s'endormir après un tel baiser est aussi difficile pour toi que pour moi. Chaque fois que je ferme les yeux, je me souviens de la dernière fois que j'étais en toi. J'ai besoin de te voir demain. Et cette fois, je ne te laisserai pas aller au lit sans moi.

Régina. »