RAR ZONE
Hey, les gens, j'sais pas ce qui s'est passé avec le précédent chapitre, là O.O J'ai eu 5 reviews ! CINQ ! O.O J'en revenais pas devant mon écran. Pourtant, il se passe rien... Bref, ca m'a quand même fait plaisir tout ça !
Chupa14 : Chouchou, ne t'inquiètes donc pas. J'espère que tes soucis d'internet sont définitivement réglés (je sais ce que c'est, rassure toi, et moi aussi j'ai HORREUR de ça). Tu trouves qu'elles se ressemblent, Cersei-de-GoT et Cersei-de-AoS ? La première est blonde aux yeux bruns, la seconde est rousse aux yeux gris. La première est méchante, ambitieuse et cruelle tandis que la seconde est relativement gentille, amoureuse de son mari et prête à tout pour lui. Ouais, bon, d'accord... Elle t'a fait peur, Daenerys ? Elle te refera peur, bientôt. Pour ce qui est de jouer les infirmières, c'est tout à ton honneur. Mais non. Il en a déjà une =) Et puis c'est pas un cauchemar, il est inconscient ! A la base, je comptais lui faire bien pire et le laisser conscient jusqu'à la fin. Là, il aurait morflé. Mais paraît que c'était cruel... -_- Bref. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira, petite sucette !
So-dark-Corleone : Tiens, une nouvelle ! Dona Corleone, tu as un bon goût cinématographique =) Ca m'fait toujours bizarre, les gens qui disent avoir lu toute ma fiction d'un seul coup. Elle n'en mérite pas tant O.O J'suis contente si elle t'a fait flipper, c'était le but ! C'était pas si mauvais que ça, donc XD Merci, enfin quelqu'un qui note que c'est pas que pour le style, les cheveux blancs ! XD Ses yeux te plaisent ? *ronronronronron*. Ouais, on aime toutes Thorïn, et bla bla bla, MAIS IL EST A MOI CHERIE ! PAS TOUCHE ! J'l'ai prêté à Frerin dans une autre fiction mais là, non. Que pour Daenerys. Frerin n'a aucune chance, et il le sait (d'autant qu'il est mort). Du coup, il tente rien. Pour le moment... Je suis contente que le rêve t'aie plu. Je te l'ai déjà dit, mais j'ai galéré à l'écrire -_- La suite now, Marraine ! J'espère que ca te plaira.
Silriadys : Pourquoi diable tout le monde est volontaire pour le soigner ? Il a DEJA reçu des soins, laissez le tranquille ! Merci pour tes compliments, qui me font toujours chaud au cœur. Un jour, Ori se fera flinguer à cause de son grand cœur -_- J'essaierai de lui épargner ça. "D'ailleurs quand j'y repense je dois t'avouer que malgré avoir commencé plusieurs fics sur Thorin/OC, c'est la tienne qui me passionne le plus et que je lis avec une très grande impatience à chaque fois!". Oh... Alors là, c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire. Tu vas finir par me faire pleurer... J'espère que la suite te plaira toujours =) Bisous.
Lily : Ah, ok XD Parce que j'ai une copine qui se fait appeler "Lily" (de son vrai nom Liliane) parce qu'elle le trouve trop ringard. Ca m'a fait tilter. Lysis, moi je trouve ca joli =) Pour le chapitre précédent, c'est un chapitre charnière avant d'arriver chez notre bon Beorn. Qui est absolument horrible à travailler, soit dit en passant. Je peux pas diaboliser Ori (j'ai essayé - on s'refait pas !) il est trop mignon pour ça. Comment se fait-il que tu sois heureuse que Daenerys soit cassée de partout ? O.O Serais-tu aussi sadique que moi ? Nan, c'est pas une Mary-Sue (c'est duuur, mais je fais tout pour, en tout cas). C'est vrai que Fili est mignon... Quel dommage qu'il appartienne à Kili (navrée, la place est prise, game over, try again XD). Bisous à toi, merci de me suivre avec autant d'enthousiasme. La suite is HERE. Encore charnière, comme chapitre, mais j'espère que tu seras pas trop déçue par les retrouvailles - car oui, c'est ENFIN les retrouvailles. Les vraies, en plus.
Ayuki : Ah, Ayuki, ton sadisme me plaît de plus en plus. Je crois qu'il n'y a que nous pour nous réjouir d'une cautérisation... -_- Nan, t'as raison, pour Daenerys. C'est pas trop grave. Juste que si elle fait un seul mouvement, elle restera infirme pour le restant de ses jours ; mais à part ça, pas d'quoi en faire une pendule à 13 coups XD Frerin ne reviendra pas à proprement parler de la même manière que dans "Paradis Blanc". Mais il va venir titiller son frère une fois de temps en temps. Parce que je l'aime *.* Suis d'ailleurs en train d'écrire une sorte de fiction alternative où tout ce joli p'tit monde est bien vivant et réuni =) Y a même une guest-star ultra connue sur le fandom =) Bref. T'as raison, être nulle en anglais, c'est naze. Si tu n'as pas peur de te brûler les mirettes, y a toujours Google Trad. C'est dégueulasse, comme traduction, mais ca reste relativement lisible... -_- Qu'est-ce qu'il faut pas faire, j'te jure... (T'as vu ? je ne relève pas le surnom. On applaudit l'effort, s'il vous plaît).
Ah que coucou, les gens !
Hey, devinez quoi. DEUX JOURS FERIES D'AFFILE ! YAAAAHOUUUU. Bon, par contre, je vais sévèrement morfler vendredi et samedi. Mais c'est un détail, ne nous gâchons pas la vie avec ça. Car il fait BEAU, ce soir je vais au RESTO puis voir IRON MAN 3 ! C'est beau la vie, les enfants. Faut profiter de la vie.
Bref. Vous noterez que je suis de bonne humeur, aujourd'hui.
Je ne m'éternise donc pas et vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 12 : La magie de Gandalf
Après le repas, auquel Daenerys n'avait pas voulu toucher, Gandalf s'estima suffisamment chargé d'énergie magique pour s'occuper de sa patiente attitrée. La magie de guérison n'était pas son fort, malheureusement (il laissait cela à son cher cousin Radagast) mais il s'appliquerait à la soigner au maximum de ses capacités. Heureusement que le petit Istari Brun lui avait inculqué quelques notions de ce courant de magie...
Il se rendit auprès de Daenerys, qui continuait à regarder le profil inconscient de Thorïn sans faillir. Le vieux mage Gris s'agenouilla près d'elle, ce qui ramena sur lui l'attention de la naine. Il appliqua délicatement sa large main sur les yeux de la jeune femme, les lui fermant doucement, tout en marmonnant des paroles qu'elle ne comprenait pas. Quelques secondes plus tard, Daenerys dormait profondément, tant et si bien que sa respiration était quasiment imperceptible.
Il commença par lui ôter son plastron de cuir, sans plus craindre de la faire souffrir inutilement.
Le processus de guérison était extrêmement long et véritablement épuisant pour le guérisseur. Le manque d'expérience, d'ordinaire, était fatal à ce genre d'opération fastidieuse et très risquée. Une mauvaise manipulation et Daenerys serait définitivement infirme.
La première chose à faire, et non des moindres selon le cas, était de lier son esprit avec celui de sa patiente. C'était nécessaire afin d'avoir une connaissance aigue et totale de la physionomie à manipuler. Aux yeux de Gandalf, cela ressemblait effroyablement à un viol, puisqu'il pénétrait l'esprit de quelqu'un sans son consentement. Il n'était vraiment pas très à l'aise avec tout ça. Mais si la petite voulait continuer le voyage...
Les yeux fermés, il entra en contact avec l'esprit endormi de Daenerys, qui le laissa faire sans broncher. Il effleura imperceptiblement sa conscience et s'en empara sans secousses. Il eut ainsi accès à toutes les émotions, tous les souvenirs, tous les désirs de la jeune naine. Gandalf fit de son mieux pour les bloquer. Il était là pour la soigner, lui permettre de marcher, pas pour cambrioler sa mémoire.
Il se projeta dans le corps martyrisé de la Naine. Fouillant avec attention, il repéra rapidement les endroits abîmés. La colonne était fragilisée en trois endroits. Outre cela, Les cervicales n'étaient que fêlées, ce qui était heureux, et n'auraient pas besoin de son intervention pour guérir.
Avec soin, il entreprit de reconstituer, lentement mais sûrement, la première section de colonne. Il chercha frénétiquement les esquilles d'os enchâssées dans la moelle épinière et les muscles et, une fois qu'il les eut tous retrouvés, les assembla comme un puzzle particulièrement difficile. C'était un travail qui nécessitait beaucoup de doigté et de magie. Cela lui prit donc longtemps, plusieurs heures, mais il réussit à réparer dans son intégralité la première section brisée. Il s'attaqua immédiatement à la seconde, la moins dangereuse. Il prit beaucoup moins de temps, puisqu'il ne s'agissait que de renouer deux morceaux d'os fendus. Mais cela acheva de le vider de ses forces.
Gandalf choisit cet instant pour faire une pause et demanda à boire. Il n'avait pas vu le temps passer, et, totalement concentré sur sa tâche, n'avait pas penser à s'hydrater régulièrement pour reconstituer ses forces au fur et à mesure. C'était une erreur, une erreur de débutant. Bilbo, toujours serviable, lui apporta une gourde d'eau qu'il vida en quelques gorgées avant d'en demander une autre. Regardant le ciel, l'Istari nota qu'il avait encore un peu de temps devant lui. Et Daenerys dormait toujours à poings fermés. Il prit sagement la décision de se reposer une petite heure. Le soleil déclinait à l'horizon quand il reprit son travail.
Cette fois-ci, cependant, il ne fit pas la même erreur et demanda à Bilbo s'il voulait bien le faire boire à intervalles réguliers, ce que le gentil Semi-Homme accepta de faire sans rechigner.
La troisième section était délicate, plus que la seconde, mais bien moins que la première. Néanmoins, la fatigue et la déshydratation refirent rapidement leur apparition, le déconcentrant. A deux reprises, il faillit perdre le contact avec le corps de sa patiente, ce qui n'aurait pas manqué d'aggraver les blessures déjà importantes de la Naine. Heureusement, la vigilance constante de Bilbo, qui lui glissait alors de longues gorgées d'eau fraîche dans la gorge, l'empêcha de bâcler son travail.
A bout de force, il acheva la reconstitution de la colonne vertébrale de Daenerys avant de s'effondrer. Il leva alors son emprise sur l'esprit de la Naine et la laissa se réveiller. Immédiatement, elle tenta de se redresser, par réflexe, et grimaça.
- Du repos. Et de la nourriture pour reconstituer vos forces, ordonna-t-il d'une voix hachée.
- Pour les vôtres aussi, Gandalf, vous avez l'air proche de l'apoplexie.
Le mage trouva la volonté de sourire. Le remerciement qu'elle lui adressa lui parvint à peine tant il était fatigué. Il but encore, beaucoup, et dormit jusqu'au lendemain.
Les Nains étaient assis en demi-cercle, tournés vers leur chef et la Dame des Monts de Fer.
Ils la fixaient sans vergogne, refusant d'y croire.
Assurément, il y avait une puissante magie à l'oeuvre, là-dessous. Ou des forces occultes. Ne disait-on pas que seuls les grands Mages Noirs pouvaient ressusciter les morts ? Radagast le Brun n'avait-il pas parlé d'un Nécromancien, reclus dans une forteresse de la Forêt Noire ? Peut-être était-ce son oeuvre. Peut-être que la Naine n'en était pas une, mais une créature démoniaque envoyée pour les détruire de l'intérieur, ou pour s'emparer de leur or à de mauvaises fins, ou pour les mener tout droit dans la gueule de son allié, Smaug le Dragon Rouge ? Le problème tenait surtout au fait qu'elle avait déjà attrapé Fili, Ori et Bilbo dans ses filets. Kili également, car il suivrait son frère jusqu'en enfer. Et maintenant, elle essayait de s'en prendre à Thorïn.
Oh, c'était très malin de revêtir l'apparence de Dame Daenerys pour mieux les piéger.
Tout le monde connaissait Dame Daenerys, mais pas toujours pour les mêmes raisons. Elle était la petite soeur de Daïn, Roi des Monts de Fer. Elle était la fiancée de Fili, future Reine d'Erebor et des Montagnes Bleues. Et puis, elle était aussi la petite gamine malade de Naïn, Daenerys la Marricide.
Ce démon avait même réussi à copier le fin cercle rouge, révélateur de la maladie qui l'affligeait, qui entourait ses iris d'un vert trop clair. Même l'arachnéen réseau sanguin sous la membrane fine de ses paupières. Il avait dû étudier la petite un long moment pour que la copie soit si parfaite.
Les nains de la Compagnie espéraient simplement que la gosse était encore en vie, que le démon ne l'avait pas tuée pour mieux prendre sa place. Quoi que, à la réflexion, elle était sûrement morte. mieux valait ne pas laisser de traces, n'est-ce pas ? De fait, il fallait la venger.
Tuer ce démon avant qu'il ne les tue tous.
Fili regardait les autres d'un oeil morne. Il pouvait presque voir le cheminement de leurs pensées. Ils étaient si prévisibles. Lui ne se sentait pas capable de réfléchir ad vitam aeternam sur les raisons du retour miraculeux de son amie. Il était simplement heureux qu'elle soit là, vivante, près de Thorïn, là où était sa place. Et qu'elle aie recouvré la raison. Les autres ne la connaissaient pas autant que lui. Ils ne comprenaient pas, et ne comprendraient sûrement jamais. Ce n'était pas de leur faute.
De toutes évidences, ils hésitaient entre tuer la Naine blessée sans preuves ou attendre d'avoir une bonne raison. C'était fort dommage que Gandalf soit endormi aussi profondément. Peut-être aurait-il pu leur expliquer, lui. Mais il ne fallait pas compter sur le mage. Fili soupira et changea de place, sous le regard étonné de Kili. Il alla s'assoir entre ses compagnons et son amie, qui dormait paisiblement près de son oncle. Comprenant la manoeuvre, parce qu'ils n'avaient pas besoin de mots pour communiquer, Kili vint le rejoindre, l'air de rien, et se mit à dessiner des runes dans la poussière du rocher. Ori s'accroupit près du jeune nain aux cheveux bruns et modifia ses dessins, arguant qu'il ne savait décidément pas écrire correctement. Les deux plus jeunes membres de la Compagnie entamèrent alors une dispute dont ils étaient coutumiers, sur les vertus bénéfiques de l'éducation. Bilbo s'approcha à petits pas de Fili et lui tendit une outre de vin, que le Nain refusa en souriant. Le petit Hobbit alla alors se poster près des deux blessés, inquiet quant à leur état.
- C'est louche, Fili. Très louche, marmonna Dwalïn d'une voix grondante.
- En effet. Cela dit, louche ou pas, je te déconseille de t'approcher d'elle.
- Et c'est toi qui va m'en empêcher, sale gamin ?
Le Nain aux cheveux blonds eut un sourire sarcastique et se pencha légèrement en avant pour regarder le guerrier droit dans les yeux. Dwalïn se figea.
- Je ne t'en empêcherai pas, non. Par contre, je raconterai tout à Thorïn. Je ne suis pas sûr qu'il te laissera le temps de faire tes prières.
- Tu te caches derrière ton oncle ? Grandis un peu.
- Tu n'as pas l'air de comprendre. Elle voyage avec nous, elle est donc sous sa protection. Sous la mienne.
- Personne n'est au courant.
- Qu'en sais-tu ? Prend garde, Dwalïn. Touche la, et tu ne verras plus le soleil se lever. C'est compris ?
Le guerrier au crâne rasé se demanda un court instant d'où venait cette autorité naturelle, dont Fili n'avait jusqu'à présent jamais fait preuve. Puis ses yeux tombèrent sur le corps inconscient de Thorïn, et il se rappela qu'en son absence, c'était bel et bien Fili, leur roi. Le gamin le savait très bien, et prenait son rôle très au sérieux. Abandonnant l'idée, Dwalïn inclina briévement la tête et s'en retourna discuter avec Oïn de l'état de santé de leur chef. Fili patienta quelques secondes, le temps de se remettre de sa confrontation avec son ancien maître d'armes. Il n'avait pas l'habitude d'agir ainsi, ca le troublait beaucoup. Il n'aimait pas spécialement ça. Mais si c'était ce qu'il fallait faire pour protéger son amie en attendant que cette bande de vieux grigous se raisonne d'elle-même, alors soit. Il murmura quelque chose à l'oreille de Kili et se leva quand il lui répondit d'un hochement de tête. En quelques enjambées, il rejoignit Balïn. Fili venait de prendre une décision importante, et il comptait bien la mettre en oeuvre dès que possible. C'est à dire dès maintenant. Il entraîna le vieux sage un peu plus loin, jusqu'au bord du vide où il s'assit sans crainte.
- Qu'est-ce qui t'inquiètes, mon garçon ?
Fili garda le silence quelques instants, le temps de mettre en ordre ses idées.
- C'est... à propos du contrat.
- Quel contrat ? Oh, celui de la petite ? C'est vrai que je ne lui en ai pas rédigé un. Je vais demander à Ori de s'y mettre rapidement, ne t'inquiètes pas.
- Non, pas celui-là.
- Lequel alors ? Le tien ? Je dois l'avoir quelque part...
- Le contrat de mariage, Balïn, coupa Fili d'un ton net. J'aimerais l'annuler.
Thorïn se réveillait par intermittence. La fièvre l'avait pris durant l'après-midi et le faisait délirer durant ces quelques phases de conscience. Il appelait Frerin et Daenerys, confondait les époques et les événements. Parfois, il demandait pardon à Cersei, mais c'était assez rare. Quand il ouvrait ses yeux brûlants, c'était souvent pour voir le visage d'un ange blanc penché sur lui. Il se sentait toujours bien, malgré la douleur qui broyait son crâne, en sa présence. Et puis l'ange ne vint plus pendant un moment, et il s'était mis à paniquer. Il voyait, distinctement, un dragon aux écailles dorées cracher des flammes dévorantes et était alors persuadé que le lézard avait tué l'ange. Il retombait alors rapidement dans l'inconscience, vaincu par la douleur et la fièvre.
Le temps passa sur lui sans qu'il n'en aie conscience.
Puis, enfin, la douleur s'apaisa.
Thorïn sentait quelque chose de frais sur son visage, sa gorge, son torse. Il ne parvenait pas encore à identifier ce que c'était, mais c'était bon. Un crépitement léger était audible, sur sa gauche et il tourna instinctivement la tête vers la source du bruit. Il ouvrit les yeux précautionneusement, et attendit qu'ils s'adaptent à l'obscurité. Un feu de camp, et de nombreuses silhouettes étendues tout autour. Endormies.
Encore cette sensation de fraîcheur bienfaisante. Il lui fallut plusieurs secondes, mais il finit par identifier un linge mouillé, qu'on passait délicatement sur lui pour faire descendre la fièvre.
Il tourna la tête dans l'autre sens, lentement, évitant au maximum de brusquer sa nuque fragilisée par son combat avec Azog.
Le bleu de ses yeux rencontra le vert des siens et le temps se figea.
Frerin n'avait pas menti. Daenerys était vivante. Bien vivante, et elle veilliait sur lui. Elle passa une dernière fois le linge humide sur ses cheveux, les écartant de son visage pour mieux le contempler. Elle eut son sourire spécial, très doux, très tendre et en même temps si triste. Un sourire qu'il était désormais seul à voir.
Il leva lentement les bras et entoura de ses mains le visage si pâle penché sur lui. Ses doigts effleurèrent délicatement le nez trop long pour être élégant à l'arète tailladée, les pomettes bleuies d'hématomes, les lèvres fendues rougies de sang séché. Ses doigts glissèrent sur les cheveux blancs, dénattés et pleins de noeuds, collés par le sang de ses ennemis. Elle souriait toujours, si triste et si belle, ses mains blanches caressant les longs cheveux noirs étalés sur la pierre. Sans s'en rendre compte, elle laissa ses doigts à elle suivre le même itinéraire sur son visage à lui. Accrochés par les yeux, ils redécouvraient les traits de l'autre même s'ils les connaissaient par coeur, comme des aveugles cherchant à voir par le toucher, comme si s'était la dernière fois.
Les autres dormaient. Eux n'avaient plus besoin d'être Roi sans Montagne ou Princesse maladive. Ils n'avaient plus besoin d'être Oakenshield, vainqueur du Profanateur, ou le lieutenant Tali de la Section 20. Ils n'étaient plus que Thorïn et Daenerys.
Il l'avait attendue toute sa vie, et elle était née pour lui. C'était aussi simple que ça.
Thorïn attira la jeune femme à lui et l'embrassa enfin avec une douceur peu coutumière. Leurs lèvres s'effleurèrent délicatement, s'éloignèrent aussitôt pour se retrouver immédiatement. Plus ardentes. Plus voraces. Il se redressa et enfonça ses mains dans les mèches blanches, les tirant doucement pour qu'elle penche la tête en arrière. Elle se laissa faire et passa ses bras autour de sa nuque. Les lèvres divines glissèrent sur sa gorge offerte, apaisant de leurs baisers l'irritation causée par la barbe rèche. Elle ferma les yeux quand les mains de Thorïn quittèrent ses cheveux pour caresser ses épaules, ses bras, entremêlant brièvement leurs doigts. A genoux, haletante, elle laissait les anciennes sensations l'envahir à nouveau, aussi brûlantes qu'autrefois. Elle tressaillit quand les mains expertes passèrent sur ses hanches. Obéissant aux injonctions délicieuses de ses caresses, elle l'enjamba précautionneusement et s'assit sur ses cuisses. Ses mains à elle quittèrent la nuque de Thorïn pour passer sur son torse, puis son ventre et se glisser sous la tunique bleue. Il traça une ligne de baisers sur sa mâchoire avant de passer lentement sa langue sur les lèvres abîmées, les persuadant de s'ouvrir pour lui sans leur faire plus de mal qu'elles n'en avaient déjà subi. Elle l'embrassa brutalement et mordit sa lèvre inférieure, lui arrachant un gémissement, le poussant à ignorer ses blessures. Elle n'était pas une petite fille fragile.
Elle le poussa à se rallonger sans cesser de l'embrasser et frissonna quand il passa les mains sous sa tunique. Elle arqua le dos et ses hanches frottèrent contre les siennes. Il gémit sourdement contre ses lèvres. Ses mains à elle remontèrent sur son ventre ferme et atteignirent sa poitrine. Quand ses doigts heurtèrent les bandages, elle ne réagit pas tout de suite et les laissa glisser latéralement jusqu'à ces côtes. Le cri de douleur qu'il poussa en s'arrachant à son baiser la ramena sur terre immédiatement.
Elle se redressa vivement, ce qui fit craquer son dos récemment reconstruit. Elle eut un hoquet de souffrance et se laissa tomber à côté de lui, incapable de bouger.
La brûlure s'estompa difficilement. Haletant, le front couvert de sueur, Thorïn essayait de reprendre son souffle. Quand il fut calmé, il tourna la tête vers Daenerys et la trouva immobile, le visage figé dans un masque de souffrance. Immédiatement inquiet, il se pencha sur elle, ignorant les tiraillements désagréables que le mouvement provoqua dans ses côtes malmenées et sa chair déchirée.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Daenerys, qu'est-ce qu'il y a ?
Les dents serrées, elle ne répondit pas tout de suite. Finalement, elle sourit, de son sourire si particulier qui n'appartenait qu'à lui, et secoua la tête.
- Je suis sensée rester immobile pour ne pas saccager le travail de Gandalf.
- Le travail de Gandalf ?
- Il a remis ma colonne vertébrale en état.
Ah oui. Si sa chute n'avait pas été mortelle, elle avait eu de lourdes conséquences. Elle effleura ses joues, doucement, pour le rassurer, et lui demanda de se rallonger. Déjà qu'elle s'en voulait de lui avoir fait mal, elle ne se le pardonnerait pas si ses blessures se rouvraient par sa faute. Décidant d'écouter la voix de la sagesse, il s'étendit près d'elle et observa les étoiles, la laissant entremêler leurs doigts.
- Tu n'as pas l'air étonné de me voir là... murmura-t-elle faiblement.
Parce qu'il ne l'était pas. Frerin lui avait assuré qu'elle était vivante, sauve à défaut d'être saine. Sa présence ne le surprenait donc guère, même s'il avait été très satisfait d'en avoir eu confirmation.
- Je suis simplement heureux, préféra-t-il répondre.
Il sentit plus qu'il ne vit le sourire qui étira les lèvres de Daenerys, reflet du sien. Faisant fi de toute prudence, comme à son habitude, la jeune Naine roula sur le côté et se pressa contre lui, la tête nichée dans son cou, prenant toutefois garde à ne pas lui faire mal. Il la serra contre lui tendrement. La présence de Daenerys dans ses bras rendait au monde toute sa cohérence. Quand la respiration de Dany fut parfaitement régulière, il plongea à sa suite dans un sommeil peuplé de petites filles aux cheveux blancs.
Ils se réveillèrent le lendemain avec les premiers rayons du soleil, reposés. Quand Thorïn ouvrit les yeux, les souvenirs des deux derniers jours lui revinrent avec force, entrecoupés des visions fugaces d'yeux ambrés ou de dragon doré. Il tourna la tête et regarda Daenerys dormir. Il ne s'était jamais senti aussi bien de sa vie. Il caressa tendrement son visage, et elle s'éveilla tranquillement, s'étirant comme un chat. Joueuse, elle nicha son nez dans ses cheveux noirs et se mit à ronronner près de son oreille. Il la serra contre lui et envisagea l'idée de se rendormir.
- Je pourrais dire que tu es toujours inconscient. Les envoyer chasser, ou voir les alentours. On pourrait rester là encore un peu, profiter...
L'idée était tentante, très tentante. Et il était fatigué, moralement, de tout ça. Daenerys était morte, lui-même avait failli mourir et Azog ne cesserait jamais de leur mettre des bâtons dans les roues. Il n'avait plus la motivaion nécessaire à une telle quête, surtout qu'il savait très bien ce qui les attendait plus loin. La Forêt Noire, et les Elfes Sylvains. Les Terres Désolées. Et Smaug le Rouge. Revivre son rêve avec autant d'acuité avait réveillé une peur viscérale.
Il n'aurait jamais le courage d'affronter Smaug.
"C'est comme un four, avec des ailes"
Il avait souri aux paroles de Bofur, puisqu'elles étaient destinées à effrayer le Hobbit. Il se souvenait encore de l'attaque d'Erebor, mais il avait oublié la peur.
"Un éclair aveuglant, une douleur cuisante, et vous êtes réduit en cendres"
Et la nuit en plein jour, et la tempête brûlante ? Et la peur, Bofur ? La terreur insidieuse que personne n'en réchappera, qu'on n'est pas de taille face à une telle force de la nature ? Le feu n'est pas la seule arme des dragons, loin s'en faut. Et il avait peur. Il avait eu la peur de sa vie, autrefois, et avait vu mourir sa femme et son enfant à naître. Il ne voulait jamais revivre ça. Il ne voulait pas regarder Fili et Kili brûler vifs entre les griffes de Smaug. Il ne voulait pas regarder Daenerys mourir une seconde fois. La première avait été bien suffisante.
Oui, rester ici encore un peu puis retourner aux Montagnes Bleues, c'était vraiment une bonne idée. Et il avait très envie de dire oui.
"Ton destin, c'est de retourner là-bas, auprès d'elle, mon frère..."
Il n'avait pas le choix, n'est-ce pas ? On l'avait laissé revenir pour une bonne raison, et ce n'était certainement pas pour s'en retourner tranquillement aux Monts Bleus. Il n'avait pas le choix. Peu importaient sa peur, ses neveux et Dany.
- Non, répondit-il après un long silence de réflexion.
- Thorïn ?
- Si tu as assez récupéré, on se remet en route.
Elle le regarda avec une telle incompréhension qu'il s'en irrita. Il se rappela alors que Frerin n'avait pas eu l'air particulièrement heureux de lui annoncer la survie de Daenerys. Craignait-il qu'elle veuille l'empêcher de reconquérir Erebor ?
Thorïn soupira, lassé d'avance, et se leva.
Il leur fallu moins d'une heure, à tout les deux, pour réunir leurs affaires. Daenerys remit des cataplasmes sur les blessures de son Roi et changea ses bandages, presque aussi rapidement et efficacement qu'Oïn. Cela devrait suffire, pour le moment.
Kili ouvrit progressivement les yeux, maudissant le soleil trop ardent. Dans son sommeil, il avait roulé contre son frère et n'avait strictement aucune envie de bouger. Baillant à s'en décrocher la mâchoire, il observa les alentours et constata avec bonheur que tout le monde dormait encore. Il allait pouvoir sommeiller encore un peu, lui aussi. Malheureusement, il n'en eut guère le loisir.
Alors qu'il refermait les yeux avec délectation, plongeant rapidement dans un sommeil léger, il reçut un coup de pied aux fesses. Par réflexes, il chassa le pied criminel et marmonna à son oncle de le laisser dormir encore. Ce n'est qu'après qu'il se rendit compte de ce qui venait de se passer. Il se leva d'un bond et fixa Thorïn avec des yeux écarquillés. Ils se regardèrent quelques secondes sans rien dire, puis Kili poussa un véritable hurlement, qui réveilla tout le monde en sursaut, avant de sauter au cou du Roi déchu, qui recula sous l'impact.
Tout le monde semblait très heureux de voir leur chef sur pied aussi rapidement, et visiblement déterminé à continuer comme si rien ne s'était passé. Daenerys, près de lui, ne disait rien et se contentait de regarder l'horizon, où s'élevait la silhouette diffuse de la Montagne Solitaire. Mais il leur restait un long chemin à faire...
Une demi-heure plus tard, il ne restait plus aucune trace de leur passage sur le Carrock et Gandalf les guidait sur le domaine de Beorn.
Voilà, voilà.
La semaine prochaine, nous rencontrons notre ami métamorphe. Ca a pas été de la tarte, j'vous prie de me croire !
J'espère que ca vous a plu, même s'il ne se passe toujours pas grand chose.
Je vous embrasse.
A la revoyure, mes très chères !
Aschen (at your service)
