Salut !
Je sais que ça fait super longtemps que je n'ai pas posté et j'en suis désolée ! J'ai eu de gros soucis avec mon ordi et j'ai même été obliger d'en changer donc bon...
Espérons que ça aille mieux maintenant !
On va donc reprendre où on en était ! ;)
Dans le chapitre précédent Jushiro était transporté à l'hôpital à la fin de la représentation, celle-ci terminant un peu en queue de poisson du coup...
Laissant tout le monde sous le choc et un Shunsui dans tous ses états.
Disclamer: Les personnages sont toujours la propriéte de Kubo, seule l'histoire sort de ma tête. ^^
Je vous souhaite une bonne lecture ! :)
Lorsque Rukia, Shunsui et Kensei arrivèrent à l'hôpital, ils se précipitèrent vers l'accueil pour avoir des informations. Ils s'adressèrent alors à une petite blonde aux cheveux mi-longs qui leur expliqua d'un ton calme et doux que le
ur ami se trouvait toujours au service des urgences. Elle leur indiqua ensuite comment se rendre à la salle d'attente des urgences où ils pourraient patienter en attendant d'en savoir plus.
Face à l'inquiétude que renvoyaient les trois personnes, la jeune femme leur adressa un sourire encourageant. Elle aurait voulu leur assurer que tout allait bien se passer, mais cela aurait été déplacé. Ils la remercièrent et partirent en suivant la direction qu'elle leur avait indiquée.
Une fois arrivés à la salle d'attente attenante aux urgences, Shunsui fut surpris de n'y trouver personne. Kensei, Rukia et lui-même prirent donc une place, et rapidement un lourd silence s'abattit.
Shunsui était incapable de penser à autre chose qu'à Jushiro, et chaque minute qui passait ne faisait qu'augmenter son anxiété. Qu'était-il arrivé à Jushiro ? Et surtout qu'allait-il se passer maintenant ? Shunsui désirait plus que tout connaitre les réponses à ces questions. Ne pas savoir comment allait le jeune homme le rongeait d'angoisse.
Les minutes, puis les heures passèrent. D'autres personnes venaient parfois les rejoindre dans la petite salle d'attente, et certaines repartaient même avant eux. Et à chaque passage, un sursaut, l'espoir, puis la déception. Shunsui détestait ça, cela le rendait fou.
Le temps semblait passer avec une extrême lenteur. Lorsque Shunsui ne fixait pas le vide, il relevait son regard pour le poser sur l'horloge murale accrochée sur sa gauche. Elle était banale, ronde, un cadran blanc, de grandes aiguilles noires…
Seulement à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle, les aiguilles ne semblaient pas avoir avancé. A croire qu'elle était juste là pour se foutre de lui !
Pourtant le temps suivait bien son cours. Les aiguilles ne mentaient pas et bientôt la journée arriverait à sa fin. Shunsui ne trouvait pas cela rassurant de n'avoir toujours aucune nouvelle de l'état de santé de leur ami, alors que les autres personnes semblaient arriver et partir si rapidement… Tandis qu'eux restaient là à se morfondre.
Pour Shunsui, un seul nom, un seul visage, une seule présence hantait ses pensées.
Jushiro…
Oo0oO
Cela faisait de longues heures maintenant que tous les trois attendaient dans cette petite salle. Un lourd silence s'était définitivement installé, chacun étant plongé dans ses pensées, prenant son mal en patience.
Shunsui s'était mis un peu à l'écart, ne supportant plus de rester assis à se tordre sur sa chaise ou à fixer l'horloge qui le narguait. Pour contenir son agitation, il s'était adossé contre un mur au fond de la salle. Les bras croisés, le profil bas, la tête tournée pour regarder sur sa droite à travers une des petites fenêtres de la pièce.
À l'extérieur le soleil commençait à terminer sa course dans le ciel donnant une teinte orangé au paysage. Quelques uns de ces rayons venaient se refléter sur le visage hâlé et fermé de Shunsui.
Rukia elle, était assise à côté de Kensei sur l'une des chaises blanches qui ornaient les murs latéraux de la pièce. Son regard fixait vaguement le sol au carrelage blanc et aux reflets orangés. Elle priait intérieurement pour avoir rapidement des nouvelles, l'attente l'angoissait. Elle releva doucement son regard pour observer les deux personnes qui attendaient avec elle.
Maintenant qu'elle y pensait, la présence des deux PDG lui paraissait un peu étrange. Elle connaissait un peu Kensei puisque celui-ci était plus ou moins une connaissance de son frère. Il devait donc surtout être là pour veiller sur elle en attendant le retour de Byakuya. Mais Kyoraku, qu'est-ce qu'il faisait là ?
Après tout, il n'avait pas de réel lien avec la troupe. Alors pourquoi se donner la peine de venir attendre ici alors qu'il avait sûrement mieux à faire ? Ce n'était pas comme si cela le touchait directement...
Le regard de Rukia se fit plus suspicieux.
« Ou alors ça a un rapport plus direct avec Jushiro ? » s'interrogea-t-elle.
La brunette connaissait l'attirance du jeune homme aux cheveux blancs pour le PDG, mais elle n'avait eu aucun retour sur le rendez-vous qu'ils avaient eu et où Jushiro devait se déclarer. Elle en avait vite conclu en voyant l'air déprimé de son ami, que les choses ne s'était pas passée comme il l'aurait souhaité…
Alors pourquoi le brun était-il là ?
Rukia essaya de capter le regard de l'homme homme posté àla fenêtre. Elle pouvait y lire une forte inquiétude, celle-là même qui n'avait quitté aucun d'entre eux depuis leur départ du théâtre. Mais la brunette n'était pas complètement dupe, et voyait bien qu'il y avait quelque chose d'autre. Il y avait également comme une ombre dans son regard, et l'homme semblait tourmenté. Cette ombre dans son regard, était-ce… du regret ?
Rukia était perplexe. Est-ce qu'il tenait tout de même un peu à Jushiro ?
Rukia n'en pouvait plus de toutes ces questions restées sans réponse depuis déjà trop longtemps. Il fallait absolument qu'elle parle avec cet homme. Seul lui pouvait lui donner les explications qu'elle cherchait. Rukia se leva et se dirigea à pas déterminé vers Shunsui. Celui-ci ne sembla remarquer sa présence à ses côté qu'à partir du moment où elle l'interpela.
« Excusez-moi Mr Kyoraku, pourrais-je vous parler un instant ?
- Hm ? Oui, bien sûr.
- Dans ce cas allons dehors.
Shunsui fut surpris du sérieux de la jeune femme et comprit qu'il s'agissait de quelque chose d'important. Ils sortirent alors tous les deux du bâtiment. La fraicheur de début de soirée était pour l'instant supportable, et le Soleil offrait encore un peu de sa lumière. Ils s'arrêtèrent près d'un banc en pierres un peu à l'écart de l'entrée.
- Bien. Alors Rukia, de quoi vouliez-vous me parler ?
- Je pense que vous le savez rétorqua la brune.
- …
- Qu'est-ce qui s'est passé entre Jushiro et vous exactement ?
- Je ne vois pas de quoi vous parlez ; se défendit Shunsui.
- Arrêtez ! Je sais que Jushiro avait prévu de vous dévoiler ses sentiments il y a une semaine maintenant ! Et selon moi il l'a fait, sinon vous ne seriez pas là. » Trancha la Kuchiki.
A ce moment les yeux de Shunsui s'écarquillèrent à un tel point que s'en était effrayant. Il lui fallu plusieurs secondes pour accuser le coup. Elle avait vu juste.
Il n'avait pas pensé à la possibilité que Jushiro ait pu parler de ça à quelqu'un. Mais finalement, ce n'était pas si surprenant. Elle devait donc certainement aussi savoir pour le rendez-vous chez Jushiro. Enfin... Si on pouvait appeler ça un rendez-vous. Les choses avaient plutôt coupé court...
Shunsui réalisa que c'était quelque chose qui devait vraiment avoir de l'importance pour Jushiro et qu'il avait dû préparer avec attention…Et le comble était que c'était pour lui qu'il avait fait tout ça ! Et lui avait agit pire qu'un sale abruti égoïste.
À cette pensée le cœur de Shunsui se serra dans sa poitrine. Il avait tellement honte de lui, et tellement de regrets...
Rukia remarqua l'état de l'homme en face d'elle. Shunsui semblait se renfrogner et complètement se renfermer. Elle comprit que celui-ci ne lui dirait rien dans ces conditions ni ne prendrait pas la parole, alors elle continua plus calmement.
« Je sais que c'est plutôt indiscret de ma part, mais qu'est-ce qu'il s'est passé avec Jushiro ? Ne vous méprenez pas, je ne vous juge pas d'accord. Mais les jours qui ont suivi votre rendez-vous, Jushiro avait l'air… différent. Il était vraiment bizarre, et il semblait vraiment triste…
- C'est de ma faute ; coupa le brun d'une voix blanche.
- Pardon ?
- J'ai mal agit… Mais j'ai cru que ce n'était qu'une mise en scène ! J'ai vraiment pensé que ce n'était qu'un jeu pour lui... Je n'avais pas réalisé… qu'il était sincère… Et je l'ai blessé… » sa voix se brisa sur la fin.
Shunsui s'assit sur le banc en pierre à côté d'eux, et cacha son visage dans ses mains. Rukia resta pétrifiée devant l'attitude désespérée de l'homme qui lui faisait face. Elle voyait Shunsui perdre peu à peu pieds et comprit que c'était plus grave que ce qu'elle avait cru.
Mais Rukia était également partagée dans ses sentiments. Elle baissa la tête et ferma ses mains en poings. Elle ne savait pas exactement de quoi parlait l'homme au teint hâlé, mais elle avait bien comprit que son ami avait souffert par sa faute ! Elle s'en voulu alors de ne pas avoir insisté d'avantage pour parler avec Jushiro.
Rukia reporta alors son attention sur l'homme au costume sombre assis sur le banc. Ses poings tremblaient à cause de la force avec laquelle elle les serrait. Ses sourcils étaient froncés et son regard chargé de colère et autres sentiments contradictoires. Elle s'en voulait et en voulait aussi à Shunsui.
S'il avait eu de mauvaises intentions envers Jushiro, il était hors de question qu'elle lui laisse l'occasion de recommencer !
Cependant certaines choses n'étaient pas claires pour la brune. Shunsui ne lui avait pas paru être une mauvaise personne. Mais après tout, elle ne le connaissait pas. Il était le principal investisseur de leur spectacle, et ce qu'elle connaissait de Kyoraku Shunsui s'arrêtait à peu près là.
Concernant son caractère, elle ne savait que ce que Jushiro lui avait raconté. C'est à dire pas grand chose non plus, Jushiro étant très protecteur de sa vie privée. Il avait fallu beaucoup de patience à la brune pour qu'il se confie d'avantage à elle. Mais Jushiro semblait avoir confiance en lui, et si Rukia savait bien une chose c'est que son ami avait une bonne capacité à juger les gens.
Rukia ne savait plus trop quoi penser. Elle se méfiait désormais de Shunsui. Toute fois, elle ne pouvait rester insensible face aux remords qui semblaient le ronger.
La brunette soupira avant de finalement s'assoir à côté de Shunsui. Elle se détendit un peu et après quelques minutes, elle brisa le lourd silence.
« Vous regrettez ? demanda-t-elle simplement.
- Si je pouvais effacer ce que j'ai fait, je le ferais. »
Rukia sentit que les mots de Shunsui étaient sincères. Ils discutèrent encore un moment durant lequel Shunsui en profita pour vider son sac. Il raconta tout à la jeune femme, ce qu'il avait ressentit la première fois qu'il l'avait vu, ses moments passés avec Jushiro, leur balade au parc, heureuse rencontre né du hasard... Chaque moment étant plus merveilleux que le précédent. Puis il y avait eu les rumeurs, les moments de doutes…
Et il avait craqué.
Il expliqua à quel point il s'était senti trahi, manipulé. Puis ensuite à quel point il avait regretté d'avoir blessé le jeune homme. Il n'était pas un homme violent d'habitude... Il avait réellement honte de ses actes. Finalement, il n'avait été qu'un idiot jusqu'au bout.
Au fur et à mesure du récit, la colère que ressentait Rukia contre Shunsui s'estompait.A travers ses paroles, Rukia sentait la tendresse qu'éprouvait Shunsui pour Jushiro. Elle comprit également par quoi était passé le chef d'entreprise, et maudit intérieurement Grimmjow et sa bande pour leur bêtise et leur cruauté. En fin de compte, c'étaient eux qui avaient déclenché toute cette histoire.
« Vous n'êtes pas le seul responsable de ce qui est arrivé rassura la brune.
- Si ! J'ai cru ces mensonges au lieu de croire en Jushiro ! C'est moi qui l'ai forcé…et… j'étais à deux doigts de commettre l'irréparable. Je crois que je ne pourrais jamais oublier le regard qu'il a eu à ce moment là…
La voix de Shunsui était étranglée. Cela fit de la peine à Rukia. Les choses ne pouvaient pas rester ainsi.
- Jushiro sait-il ce que vous venez de me dire ?
- Non… Je ne lui ai pas reparlé depuis...
- Alors vous devez lui expliquer ! protesta Rukia
- A quoi bon…
- Je pense que ce serait mieux pour vous deux. Jushiro a aussi le droit de connaitre la vérité. Et puis c'est le seul moyen que vous avez pour vous libérer une bonne fois pour toute de cette situation malsaine.
- Je ne pense pas que…
- Vous devez vous expliquer et vous excuser ! le coupa Rukia d'une voix autoritaire.
- …
- Vous avez eu le temps d'apprendre à connaitre Jushiro. Vous savez quel genre de personne il est. Bienveillant, ouvert, parfois têtu, mais surtout honnête et gentil, peut-être trop.
Rukia eut un petit sourire. Elle leva ses yeux vers un ciel aux couleurs pâles et où la lumière s'évanouissait doucement, teintant les nuages de couleurs flamboyantes. Cette fois la nuit avait bien commencé à s'installer. Shunsui avait également relevé la tête pour écouter ses paroles, et finalement acquiesça silencieusement.
- Ça correspond plutôt bien en effet ; murmura-t-il finalement.
- Alors vous savez qu'il sera capable de comprendre.
- Peut-être, mais comprendre et pardonner sont deux choses différentes. Et je ne suis pas sûr qu'il soit en mesure de me pardonner... Je l'ai blessé et j'ai surtout trahi sa confiance.
- J'espère qu'il sera capable de vous pardonner. »
Rukia regarda Shunsui dans les yeux. Oui, l'homme regrettait déjà assez sans le blâmer d'avantage.
Les yeux ambrés de Shunsui s'agrandirent un instant, semblant jauger son interlocutrice. Il fut surpris de voir que la jeune femme ne le haïssait pas et encore plus, qu'elle ait été capable de comprendre si rapidement ce qui lui-même avait mis des jours à réaliser. Il referma doucement les paupières, écoutant attentivement et calmement la suite.
Rukia reprit alors la parole, le regard perdu en direction du ciel du crépuscule.
« Et puis Jushiro vous aime. »
Shunsui eut un sursaut à cet aveu et sentit ses muscles se raidir. Il regarda alors Rukia d'un air désarmé, les yeux pétillant, refusant presque de croire ces dires.
« Je suis certaine que même maintenant, il continue de vous aimer. A chaque fois qu'il me parlait de vous, il me disait quelle personne charmante et surprenante vous êtes. Et dans ces moments il était sincèrement heureux, ça se voyait.
Rukia se tourna vers lui avec un doux sourire.
- Et vous, vous l'aimez aussi n'est-ce-pas ?
Un petit sourire se dessina alors sur ses lèvres tandis que Shunsui posa lui aussi son regard brûlant sur le ciel où les premières étoiles commençaient à briller.
- Oui » finit-il par murmurer.
La réponse s'imposait d'elle-même. Shunsui n'avait pas besoin d'aller questionner son cœur en profondeur, c'était une évidence maintenant. Il reporta ensuite son attention sur son interlocutrice, et cette fois Rukia put voir que Shunsui semblait plus serein, apaisé.
Non loin de là, une ombre sortit des buissons dans un léger bruissement. Et ni Rukia, ni Shunsui ne s'aperçurent qu'ils étaient suivis et qu'on les avait écoutés…
Oo0oO
Après avoir profité un court instant encore de la fraicheur du soir, Rukia et Shunsui retournèrent à l'intérieur. Ils approchèrent de la salle où ils avaient laissé Kensei seul de longues minutes auparavant. Ils s'échangèrent un dernier regard mais juste avant que Rukia n'entre, ils entendirent soudain des pas derrière eux.
Se retournant, ils virent Kensei arriver avec des cafés à la main. L'homme aux cheveux gris était également accompagné d'Unohana. Rukia et Shunsui étaient presque déçus qu'il de s'agisse pas de la gentille femme de l'accueil venant leur apporter des nouvelles, mais la tension redescendit d'un cran.
Toute fois, Rukia ne perdit pas une seconde de plus et demanda à Unohana si elle avait des nouvelles de Jushiro. Cette dernière n'en savait malheureusement pas beaucoup plus qu'eux. Elle avait accompagné les médecins jusqu'aux entrées des urgences et une fois qu'elle eu dit tout ce qu'elle savait, elle fut obligée d'attendre de l'autre côté des lourdes portes battantes.
Kensei ajouta qu'il avait croisé la kinésithérapeute de la troupe par hasard alors qu'il allait prendre un café et qu'ils avaient un peu discuté avant de revenir avec des cafés pour tout le monde. Shunsui sourit. Ils en auraient bien besoin !
"Quoi qu'un bon saké aurait été de meilleure augure" ; pensa-t-il, encore secoué de la conversation qu'il venait d'avoir avec la brunette.
Kensei jeta un regard entendu à Shunsui comme s'il avait entendu ses pensées. Décidément son ami était irrécupérable.
Chacun leur gobelet à la main, ils entrèrent de nouveau dans la petite salle d'attente, résignés à prendre leur mal en patience. Mais une fois passée la porte Rukia se stoppa, surprise de voir plusieurs personnes dans la pièce. Aizen, Yoruihi, Urahara et son frère étaient là. Cela fit plaisir et rassura un peu Rukia. En revanche la présence d'un inconnu, un homme aux cheveux gris et à la blouse blanche la fit tressaillir. Elle s'avança pour aller se placer aux côtés de son frère.
Lorsque Shunsui rentra juste après elle, il comprit tout de suite que quelque chose n'allait pas en voyant la tête que faisait le médecin. Il vit également Unohana se diriger directement vers l'inconnu. Il la soupçonna alors de savoir quelque chose, cette dernière faisait face à l'homme plus grand.
Shunsui le détailla un peu : des cheveux blancs mi-long encadrant un visage fin et strict, des lunettes aux montures fines qui accentuaient l'air sérieux et froid de l'homme et des yeux bleus-gris semblant vous transpercer.
En bref, pas très drôle le personnage.
Mais Shunsui n'était pas d'humeur à plaisanter. Ils allaient enfin avoir des réponses, et il espérait que les nouvelles soient bonnes.
Il crû soudain voir quelque chose d'entendu dans le regard qu'échangeait Unohana avec cet homme. Ce dernier s'avança alors et se présenta à tout le monde.
« Je suis Ryuken Ishida, le chef du service de pneumologie et le médecin qui suit Monsieur Ukitake.
- Est-ce qu'il va bien ? demanda Rukia avec impatience.
- La crise a été violente, mais son état est actuellement stable. Il va donc quitter les urgences et être transféré dans mon service pour recevoir un traitement plus adapté.
- Qu'est-ce qui s'est passé docteur ? demanda Yoruichi.
Ryuken ne répondit pas et échangea un regard avec Unohana. Celle-ci acquiesça silencieusement avant de s'avancer et prendre la parole.
- Le docteur Ryuken est contraint au secret médical, quant à moi j'avais fait une promesse à Jushiro. Mais au vu des circonstances…
Cette révélation attisa la curiosité de toutes les personnes présentes qui attendaient maintenant la uite avec une impatience mêlée d'incompréhension, et de peur pour certains. Unohana ne fit donc pas plus durer ce silence pesant et commença à expliquer.
- Lors de notre entretient, Jushiro m'a avoué que son état de santé était fragile. Il souffre d'une grave infection des voies respiratoires basses, c'est-à-dire des poumons. Son corps est en permanence affaiblit et il doit suivre un traitement sévère. »
Unohana marqua une pause et leur laissa le temps d'assimiler l'information, se rappelant de sa propre réaction lorsque l'homme aux cheveux neige le lui avait avoué.
Le docteur reprit alors la parole pour apporter les réponses aux questions que tout le monde se posait maintenant.
« Il souffre d'une maladie rare, une nouvelle forme de mutation de la Tuberculose. Même si à proprement parler ses jours ne sont pas clairement comptés, l'impact et les conséquences d'une telle maladie sont malheureusement indiscutables. Et il faut savoir qu'à ce jour, aucun traitement curatif n'a été découvert.
Cette annonce venait peser sur les épaules des collègues et amis de Jushiro, faisant s'abattre un nouveau silence qui alourdit considérablement l'atmosphère.
- Pourquoi ne pas nous avoir prévenus ? demanda sèchement Byakuya
- Parce que c'était son souhait. Après que Jushiro m'ait tout expliqué, j'ai pris contact avec le docteur Ichida. Il m'a confirmé ce que m'avait dit Jushiro. Mais même avec la contre-indication, il voulait plus que tout faire partie de la troupe. Face à sa détermination, je n'ai pu me résoudre à le lui refuser. Donc s'il me promettait de faire attention au bon respect son traitement et de ne pas trop se surmener, en échange je ne disais rien.
- Mais sans parler d'être écarté du spectacle, il aurait été préférable de nous mettre au courant ! protesta Yoruichi.
- C'était aussi un terme de notre accord. Je pense que Jushiro ne voulait pas être vu comme un malade, mais bien comme un artiste. Il voulait être jugé pour ce qu'il est et pour son travail, je pense que tout le monde peut le comprendre. »
Tous restèrent sous le coup de cette révélation. Kensei paraissait désolé et observa les réactions de ses amis d'un regard qu'il voulait compatissant et réconfortant.
Seul Aizen ne semblait pas le moins du monde affecté par la nouvelle. La seule pensée qui traversa son esprit fut que tout ceci était "Intéressant...".
Autrement, la plus part d'entre eux prirent un siège pour se remettre de leurs émotions et digérer l'information. Rukia s'effondra dans le sien et joignit ses mains en les serrant fortement.
Comment Jushiro avait pu lui cacher ça ? Comment avait-il pu se présenter tout les matins avec le sourire en prétendant que tout allait bien ?!
Et comment elle-même n'avait pu se rendre compte de rien ?!
Cependant, la brune connaissait le côté obstiné de Jushiro ainsi que la passion qu'il nourrissait pour son métier. Elle pouvait donc plus facilement comprendre sa détermination à vouloir continuer et à garder le secret sur sa maladie. De plus Rukia connaissait le poids qu'avait le regard des autres, surtout dans leur milieu.
Mais bien que les raisons de Jushiro étaient compréhensibles, elle était en rogne que le jeune homme ait gardé un tel secret tout seul. Elle était son amie après tout, non ?! Alors oui, elle se serait fait du souci, mais certainement moins qu'à cet instant.
Elle aurait pu être là pour l'aider, le soutenir, ou juste l'écouter...
Rukia continuait à se demander comment Jushiro pouvait faire avec ça chaque jour…
A ce moment la brunette n'avait qu'une envie, celle de voir son ami réveillé et se remettre au plus vite. Maintenant elle voulait être là pour lui, comme elle n'avait pas réussi à le faire jusque là. Mais elle se promit que même si elle devait le frapper pour que ça rentre, elle lui montrerait qu'il pouvait compter sur elle.
De son côté, Shunsui avait blêmit au fur et à mesure du récit d'Unohana. Il ne pensait pas que Jushiro avait une vie si difficile et qu'il gardait pour lui un tel fardeau ! Jushiro était tout le temps si serein, joyeux, souriant et généreux… Comment se douter qu'il y avait aussi de la souffrance et de l'incertitude là dessous.
Shunsui comprit bien sûr son désir d'être traité normalement et non comme un malade mais… Merde ! Il avait failli y passer !
Shunsui était assis, la tête baissée et le regard ancré au le sol. Ses coudes étaient posés sur ses genoux et il avait joint ses mains qu'il serrait en poing pour tenter de maitriser ses tremblements ainsi que ce sentiment de colère qu'il sentait brûler dans ses veines.
Il en voulait à tout le monde ! A Jushiro pour avoir ainsi joué avec sa vie, et à son entourage pour n'avoir rien vu ou pour l'avoir laissé faire ! Mais une grande partie de sa colère était dirigée contre lui-même. Il ne connaissait le jeune homme que depuis peu, mais lui non plus n'avait rien remarqué…
Si seulement il avait su...
Shunsui se sentait tellement désolé et encore plus responsable. La culpabilité le rongeait, il était convaincu que, quelque part, tout ça était en partie sa faute. Il se dit que s'il n'avait pas déconné il y a quelques jours de cela, alors peut-être que le jeune homme n'aurait pas eu cette foutu crise et serait en ce moment à son boulot et en bonne santé !
"Enfin… en bonne santé, c'était vite dit" pensa-t-il amèrement.
Il se rendit alors compte qu'il ne savait finalement rien de cet homme qui lui était pourtant déjà si précieux. Il n'était vraiment qu'un imbécile !
« Docteur, je voudrais connaitre votre point de vue lança Urahara, interrompant Shunsui dans ses pensées.
- A quel sujet ? demanda platement le médecin.
- Tout d'abord, je voudrais en savoir plus sur cette maladie qu'à Jushiro. Et bien sûr savoir quelles en sont les conséquences.
Tout le monde regarda surpris le blond pour avoir posé une telle question. Qu'avait-t-il derrière la tête ?
- Cette nouvelle souche n'est pas contagieuse, c'est pour ça qu'elle est si rare. Nous ne savons pas encore non plus comment expliquer le fait qu'elle ne se déclare que chez certains individus. Jushiro n'a aucun antécédent qui laissait prévoir une telle chose.
Shunsui pesta doucement. C'était injuste ! Pourquoi ça devait tomber sur lui ? Jushiro était une bonne personne, il ne comprenait pas que de telles choses arrivent si injustement à des personnes qui ne les méritent pas !
Voyant son état, Rukia se rapprocha de lui et posa sa main sur son avant-bras en signe de réconfort et de soutient. Shunsui l'apprécia et essaya de se calmer un peu. Il ne devait pas être le seul à penser ainsi, il n'avait pas le droit de se laissait aller. Rapidement leur attention fut de nouveau captée par la discussion entre le médecin et le blond au bob vert.
- Et en ce qui concerne Jushiro ? Je m'explique, Unohana nous a fait comprendre que son travail constituait un risque. Mais si ça avait été d'une telle importance vous ne l'auriez pas laissé faire, je me trompe ? insinua-t-il.
- Non, en effet. A la base, la Tuberculose est une maladie facilement traitable de nos jours. Cependant avec cette nouvelle souche, ce n'est pas aussi simple et les crises sont plus variables… Toute fois, la prise des médicaments aide à maintenir la bactérie dans un état peu actif et donc à prendre le pas sur la maladie. Autrement dit, bien qu'imparfaite, si Jushiro suit bien sont traitement la situation n'est pas désespérée. Mais c'est important, le traitement et les consignes doivent absolument être respectés.
- Et en ce qui concerne son métier d'artiste ? insista le blond.
- Pour l'avoir suivit depuis le début, je peux en effet dire que ça a été difficile pour lui. Et plus encore lorsqu'il a décidé de s'engager dans cette profession. Car outre les efforts physiques répétés, le traitement et les exigences qu'il entraine sont déjà lourds à vivre au quotidien. Mais il a persévéré malgré tout. J'ai donc essayé de faire en sorte que tout soit compatible afin qu'il puisse faire ce qu'il voulait. S'il respectait les consignes, tout aurait normalement dû aller.
Dernièrement il était parfaitement stabilisé, et il m'avait semblé qu'il allait très bien grâce au meilleur dosage du nouveau traitement. »
Le récit du médecin toucha certaines personnes plus qu'elles ne le pensèrent. Tous comprirent le mérite qu'avait Jushiro d'être parvenu là où il en était. Les membres du staff l'estimaient déjà aux vues de ses qualités, mais c'était d'autant plus impressionnant quand on connaissait son parcours de vie. Ou du moins ce qu'ils pouvaient en imaginer.
Mais la dernière affirmation du médecin eut pour effet de rassurer tout le monde. C'était la première chose positive qu'ils entendaient, et cela leur redonna un peu d'espoir.
Ne voulant cependant pas les laisser sur de fausses idées, Ryuken reprit la parole.
« Sauf que comme vous avez pu le constater, les crises sont très aléatoires dans leur fréquence ou leur ampleur, et malheureusement, il n'y a pas grand-chose que l'on puisse faire. Le risque zéro n'existera jamais. Toute fois, je suis étonné de constater une rechute aussi brutale et soudaine.
Le médecin se mis à réfléchir. Il ne comprenait pas ce qui avait pu se passer. Le nouveau traitement qu'il avait mis au point semblait fonctionner. De plus il y aurait eu des symptômes pour prévenir une telle crise... Alors pourquoi ?
- A-t-il changé ses habitudes au travail ? demanda soudain le médecin. »
Les dirigeants se regardèrent et Byakuya mentionna l'entraînement qu'avait suivi Jushiro depuis plus d'une semaine. Le brun expliqua qu'afin être au point sur la nouvelle chorégraphie pour la représentation de tout à l'heure, ils avaient dû augmenter la quantité et l'intensité de travail avec Jushiro.
Après avoir écouté les explications de Byakuya, Ryuken eu une imperceptible grimace d'incompréhension et de doute. Il était plus que possible que le surmenage ait participé à déclencher une crise. Mais ce qui continuait d'inquiéter Ryuken, c'était que cela n'aurait jamais dû entraîner une rechute aussi spectaculaire... À moins que...
Il ne pouvait pas avoir de certitude pour l'instant. Il devrait attendre les résultats supplémentaires et de parler à Jushiro pour confirmer ses pensées.
« Donc si j'ai bien compris, si Jushiro suit bien sont traitement rien ne l'empêche de continuer son métier ? Parce que j'espère parler au nom de tous en disant que Jushiro a vraiment du talent. Ce serait dommage qu'il arrête en si bon chemin s'il peut en être autrement. Maintenant que nous sommes au courant, nous serons plus vigilants, car il est vrai que nous ne l'avons pas ménagé… Mais il est l'âme de notre production, et pour ma part, j'aimerai vraiment qu'il reste.
- Pour une fois, je suis d'accord avec lui ! le soutint Yoruichi. Comme quoi Kisuke, tu es peut-être moins idiot que tu en as l'air finalement.
- Quoi !? Attends Yoruichi, c'était super profond ce que je viens de dire ! Pleurnicha le blond. »
Les pitreries des deux amis eurent pour effet de détendre un peu l'atmosphère. Tout le monde était évidement d'accord avec le blond. Même pour Shunsui et Kensei qui n'avaient vu la représentation qu'une fois, ça sautait aux yeux.
Mais étonnamment ce fut Byakuya le premier à reconnaître le besoin d'avoir Jushiro avec eux. Lui qui l'avait vu se dépasser ces derniers jours pour devenir encore meilleur ne pouvait douter de l'influence professionnelle et humaine qu'avait Jushiro sur toute la production.
Mais ce que le brun n'aurait jamais avoué, était que lui aussi se sentait changer au contact de Jushiro. Pour la première fois il s'était confié à quelqu'un, qui en plus de l'encourager avait réussi à voir en lui comme personne auparavant.
Et à chaque fois qu'il pensait à cela, il sentait son cœur se serrer. Comme s'il se réchauffait à chaque fois qu'il se trouvait en présence de Jushiro et de son visage souriant avec sincérité. Mais ces sentiments naissants étaient encore incompréhensibles pour Byakuya.
Devant les confessions et l'enthousiasme dont tous faisaient preuve, Shunsui se tut. Dire quelque chose aurait été bien hypocrite. Il se rendit compte que Jushiro était vraiment une personne bien et semblait-il assez populaire.
"En même temps comment ne pas apprécier ce sourire chaleureux et sincère, cette générosité et cette bienveillance ?" Pensa-t-il.
Mais à travers toute cette solidarité, lui ne se sentait pas à sa place. Jushiro semblait avoir assez de personnes qui tenaient à lui et qui seraient là pour le soutenir. Et ils avaient raisons, il méritait mieux...
Le doute gagnait son esprit quant à sa présence et ses espérances. Le regard ambré de Shunsui se voila de peurs, de tristesse et d'un autre sentiment plus indéchiffrable...
Qu'espérait-il au fond ?
Oo0oO
Ryuken avait conduit tout le monde dans la salle d'attente attenante à son service, celui de pneumologie. A cette heure-ci, l'endroit était complètement désert.
Ils patientèrent encore de longues minutes dans la petite pièce éclairée par les lampes et la pâle lumière du croissant de lune. Les directeurs artistiques étaient réunis et discutaient du prochain programme, alors qu'Unohana discutait avec Ryuken tout aussi sérieusement.
Rukia, Kensei et Shunsui avaient également entamé une petite discussion amicale mais quelques fois entrecoupée de silences. Et dans ces cas là, les regards ne mentaient pas.
Soudain on frappa à la porte et deux personnes entrèrent, une jeune femme grande aux cheveux gris et court et l'autre était un jeune infirmier à l'air un peu gauche. Tous les regards se braquèrent sur eux, chacun espérant qu'on vienne enfin leur apporter des nouvelles.
« Docteur ! L'état de Mr Ukitake semble stable, mais ses constantes sont encore un peu en dessous de la normale. Il n'est pas encore réveillé mais nous l'avons placé dans la même chambre que la dernière fois. On attend également d'ici peu les résultats du labo.
- Merci Isane. Je vais prendre la suite, vous pouvez reprendre votre tournée. »
Sur ce, la jeune médecin partit avec son collègue après avoir salué son supérieur et avoir adressé un sourire réconfortant aux autres personnes présentes. Et là ce fut le soulagement général.
Même Byakuya s'autorisa un petit sourire. Il était content d'apprendre que son ami allait bien. Il porta une main à son beau visage pour frotter ses yeux, essayant ainsi de faire disparaître les dernières traces de stress et de fatigue.
Rukia, qui s'était levée, attendait maintenant nerveusement de pouvoir aller voir Jushiro. Et elle n'était pas la seule. Shunsui avait lui aussi relevé un regard brillant et soulagé. Il semblait aussi moins abattu et Kensei remarqua à quel point cette nouvelle semblait être une délivrance pour son ami.
Shunsui n'avait pas tout compris de ce qu'avait dit la demoiselle, mais apparemment Jushiro était à présent hors de danger. Rien que cette certitude lui retira un poids énorme des épaules et lui arracha un soupir de soulagement. C'était comme s'il pouvait à nouveau respirer. Et il ne savait pas si c'était la fatigue ou l'émotion, mais le grand brun devait lutter contre les larmes qui commençaient à lui monter aux yeux. Même lui n'aurait su mettre des mots sur les forts sentiments qui le gagnaient et faisaient battre son cœur si vite.
Soulagement ? Délivrance ? Joie ?
Pourtant, une seule émotion vint le frapper telle une évidence. Ce même sentiment qu'il avait pourtant mis si longtemps à admettre et à assumer...
Shunsui serra des poings. Cette fois il n'y avait plus de doutes. Il était bien déterminé à rester et à aller parler à Jushiro pour lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur.
Merci d'avoir lu ! :)
J'espère que ça vous a plu. La suite au prochain chapitre !
Une petite review ? :3
Un gros merci à Liim, Heroicfantasyfan, Ramen96, Yuko, Mina11, andgy et aussi à Iris-kun et Elerynna pour vos reviews et votre soutient depuis le début !
Vous êtes supers ! ;)
Je te remercie aussi tout particulièrement Coraz, merci pour toute ton aide et ton soutient !
