Chapitre 12- Liberté
Prompt « Le vent se lève »
Les mois ont passé. Cela fait maintenant plus d'un an que Pansy est installée au Brésil et, pourtant, la jeune femme a l'impression que cela fait tellement plus. Après tout, elle a tellement changé, a fait tant de chose et s'est liée d'amitié avec tellement de monde qu'elle a du mal à croire que cela fait si peu de temps. A Londres, cela lui avait prit près de quatre longues années pour véritablement se rapprocher de Blaise, Drago et Daphné, sans compter Théo et Marcus. Elle ne peut s'empêcher de penser que les gens ici sont bien plus ouverts et agréables, ou peut-être sont-ils plus matures maintenant, rendant leurs réactions moins stupides et douloureuses pour certains.
En pensant à cela, elle se dit souvent qu'elle n'a pas été très adulte, en envoyant des orchidées à Blaise et Daphné pour la naissance de David. Elle ne regrette pas, pas vraiment. Depuis, Daphnée ne lui parle plus. Blaise lui a dit qu'elle est vexée, qu'elle aurait au moins pu faire semblant d'être ravie pour eux, en mémoire de leur amitié d'antan. Pansy n'est pas revenue là-dessus, parler de ce gamin lui faisant trop de mal, à l'époque. Blaise ne lui a rien dit, lui, mais Pansy a senti dans sa voix qu'il était déçu. Elle lui parle toujours, un peu, de temps à autre. Elle regrette d'avoir gâché leur amitié ainsi, mais elle sait que faire semblant lui aurait fait trop de mal.
Et puis, elle a toujours Drago. Il est venu à Rio, il y a un mois, pour son anniversaire. Pansy lui a présenté tous ses amis, la femme qui partage sa vie, l'endroit où elle travaille, la ville où elle se trouve, le monde totalement nouveau où elle s'épanouit. Drago a été charmé, tant par l'univers de Pansy que par sa gaieté et sa joie de vivre, par le bonheur qui s'étale sur ses traits et qui montre combien elle est bien ici. En riant, il lui a dit qu'il ne l'aurait jamais imaginé vivre dans un pays tel que celui-ci, où le luxe et les mondanités ne sont pas la priorité. Pansy lui a répondu qu'elle ne l'aurait jamais pensé non plus, mais que c'est la vie, et qu'elle ne s'en plaint pas. Elle aime ce nouveau monde, simple et presque bohème. Drago n'est pas resté longtemps, juste assez pour découvrir sa nouvelle vie et voir qu'elle est véritablement heureuse.
Pansy a reprit contact avec Théodore, ses parents, Marcus, pleins d'amis qui lui restait de Londres. Elle ne les oublie pas complètement et, souvent, cela lui fait du bien de savoir que son passé est encore là, près d'elle. Elle se sent entière, dans ces instants-là. Ses parents sont venus la voir, un weekend. Sa mère lui a murmuré au creux de l'oreille qu'elle est heureuse que sa fille vive sa vie comme elle le souhaite et que ses traits soient aussi relâchés elle est tellement plus belle lorsqu'elle sourit. Son père l'avait serré contre elle et s'était assuré qu'elle vive comme il faut, qu'elle se nourrisse chaque jour et qu'elle gagne suffisamment. Pansy a été touchée par ces attentions, anodines pourtant, mais qui changent de l'ordinaire. Ses parents se sont rapidement désintéressés d'elle lorsqu'ils ont découverts ses penchants sexuels et Pansy a vécu ses années les plus compliquées sans leur soutien. Pourtant, ils sont là, finalement, ils reviennent elle compte un minimum pour eux et cela lui réchauffe le cœur.
Son cœur s'est d'ailleurs apaisé, depuis quelque temps. Comme si il avait décidé de ne plus souffrir, de s'éclaircir. Le brouillard omniprésent qui pesait sur lui lorsqu'il battait pour Daphné s'est levé. Elle est comme libérée. Son être est plus paisible, plus heureux. Elle n'a plus mal, ne déteste ni n'aime Daphné. La naissance de David lui a fait réaliser qu'elle était une idiote à s'entêter, à faire souffrir tout ceux qui l'entourait pour un amour désespéré, sans aucun avenir. Ça lui a prit du temps, et s'être éloignée de Daphné l'y a surement aidée, mais elle sait maintenant que tout sentiment est révolu. Son cœur ne se serre plus lorsqu'elle pense à Daphné, lorsqu'elle réalise qu'elle ne l'aura jamais, lorsqu'elle sent que tout est fini entre elles.
Il serait idiot de penser autrement. Il n'y a plus d'amour, plus d'amitié. Elles se sont trop blessées mutuellement pour pouvoir tout surpasser. Pansy n'en a pas l'envie, elle ne veut pas renouer contact avec elle. Daphné est heureuse avec Blaise et David, elle l'est aussi avec Louna et le Brésil. Elle n'a pas besoin de Daphné. C'est étrange de se dire cela. Après tant d'années à vivre en fonction d'elle, des sentiments qu'elle lui portait, Pansy se retrouve un peu perdue, désarçonnée. Son amour s'est évaporé aussi subitement qu'il est apparu, provoquant la même surprise qu'autrefois en elle. Elle ne l'aime plus. C'est stupide, mais cela lui fait plaisir de se dire cela, et de savoir que c'est la stricte vérité et non pas un mensonge répété dans l'espoir d'y croire soi-même. Elle ne l'aime plus.
Cette simple phrase a levé le poids sur son cœur, dans son estomac, dans son esprit. Elle est libre d'aimer sans penser à Daphné, elle est libre d'être aimée sans culpabiliser, elle est libre. Son corps est plus léger, ces derniers temps ce n'est qu'une illusion, mais elle est la, et elle rend Pansy heureuse. Louna se moque d'elle tous les soirs lorsque Pansy s'allonge sur leur lit en soupirant de bonheur, murmurant combien c'est agréable de se sentir si vaporeuse. C'est comme si le vent s'était levé, soufflant toutes traces de souffrances sur son passage, ne laissant qu'un état de bien-être profond. Elle est libre.
