"Good evenig, ladies and gentlemen. I am tonight entertainment!"Mon copain est en alternance et quand il est sur Toulouse, il vit chez moi... Ce fut le cas ces deux dernières semaines et en sa présence impossible d'écrire :/
Je suis désolée pour l'attente avant ce chapitre, je vous embrasse et souhaite de tout coeur qu'il vous plaise!
« Luna ! Te voilà libre ? » demanda Poison Ivy en entrant dans l'appartement de Lunacy Crack et du Joker.
« Oui, et j'ai besoin de toi. Il faut sortir le Joker de prison. »
« Ce taré a sa place dans ce trou, je ne vois pas pourquoi je t'aiderais… »
« Premièrement parce qu'au lieu de réfléchir à un plan avec lui pour me faire évader, tu as préféré l'envoyer dans la gueule du loup en le manipulant. Ne me regarde pas comme ça, tu savais très bien qu'en attaquant son ego, il agirait. Deuxièmement parce que j'ai besoin d'aide pour le faire sortir et que c'est ton rôle en tant qu'amie. »
« Parce qu'on est amies ? » demanda Pamela en arquant un sourcil.
« Pourquoi pas ?! » sourit Lunacy avec un sourire forcé.
« Tu as un plan ? » céda la rouquine.
« Non. »
« N'attends pas de moi que j'en trouve un. J'utilise les plantes et leurs vertus dans absolument tous mes coups et ces jolies princesses ne seraient d'aucune utilité dans cette situation. »
« Débarquer au commissariat avec des rosiers et ordonner à Gordon de libérer le Joker s'il ne veut pas qu'on lui jette des pétales dessus… Effectivement, ton talent n'a pas sa place ici. » railla Lunacy.
« Baisse d'un ton, Crack ! Tu as besoin de moi, alors je te conseille d'être aimable. » siffla l'Empoisonneuse, visiblement affectée.
« Une criminelle avec un petit cœur fragile, on aura tout vu. Arrête de geindre, Ivy, tu es du côté des vilains, bon sang ! »
« Tu as un plan ? » demanda à nouveau la rouquine, ignorant les provocations de son interlocutrice.
« Le Batman a les plans du commissariat sur son bureau. »
« Et que font-ils encore sur son bureau si tu sais qu'il les a ? »
« Je n'ai pas voulu les prendre. C'était trop facile. »
« Tu veux sauver le fou qui te sert d'ami, ou tu veux relever un défi ? »
« Je ne veux pas corrompre le Batman, il est le seul adversaire de taille que nous ayons. S'il bascule de nôtre côté, l'équilibre se rompt. Sans justicier, on n'est plus des vilains, je te rappelle. » bougonna Lunacy.
« Bla, bla, bla. »
Poison Ivy se baissa pour éviter un sheken.
« Tu as ce genre de matos, maintenant ? »
« Désolée. » s'excusa platement la jeune polonaise, priant pour que la botaniste ne quitte pas la pièce.
« Parle-moi de ces plans, y'a-t-il un moyen qu'on les récupère ? »
« Je n'en sais trop rien. On n'a que trois jours avant le procès. »
« Procès auquel tu dois assister c'est ça ? »
« Je dois témoigner. Ils ne veulent pas l'enfermer à Arkham, ils le veulent en taule. Je dois pourtant m'arranger pour qu'ils l'envoient à l'asile, ça sera plus facile de le faire sortir, tu en es la preuve.»
« La prison est plus éloignée du tribunal qu'Arkham. Et la route passe sous un tunnel pendant presque deux kilomètres. »
Lunacy dévisagea son acolyte un instant.
« Tu veux attaquer un fourgon blindé et surveillé ? »
« Tu veux attaquer un commissariat dont nous ne connaissons rien plein de flics ? »
« Pourquoi ne pas agir pendant l'audience ? »
« Parce que tu seras obligée de bien jouer ton rôle. Sinon c'est retour à la case prison. Ne crois pas que tu es libre, ils attendent que tu fasses tes preuves. »
« On n'a donc pas le choix ? »
« Tu m'as appelé à l'aide, oui, ou non ? » demanda Ivy sur un ton dur.
« Et d'ici l'audience, on fait quoi ? »
« Qui êtes vous et qu'avez-vous fait de Lunacy Crack ?! Prends deux jours de repos, voilà tout ! Et arrête un peu de t'inquiéter autant. Tu sais, si on échoue et qu'il reste en prison, ça vaudra mieux pour la sécurité des citoyens et pour la santé mentale des gens qui le côtoient. »
« Je ne comprends pas pourquoi tu le détestes autant. »
« Je ne comprends pas pourquoi tu l'aimes autant. »
Lunacy haussa les épaules.
« Nous devons établir un plan pour attaquer le fourgon. Il nous faudra beaucoup d'hommes, d'armes, et de voitures. Il va falloir assaillir le convoi, ça sera dangereux. » répondit-elle en reprenant naturellement son rôle de leader.
« Occupe-toi de l'audience, je m'occupe de tout ça. On va le sauver, ton Joker ! » répondit Pamela avec un sourire qui s'évanouit face au regard meurtrier de Lunacy.
[…]
Le Joker resserra sa cravate d'un geste machinal et quitta sa cellule.
« T'es nerveux, Joky ? » le provoqua l'agent qui l'accompagnait.
Mais le clown ne broncha pas. Il n'était pas nerveux. Il était en colère. Très en colère. Lunacy aurait dû le faire sortir depuis trois jours qu'elle était libre, et voilà qu'elle allait témoigner contre lui. Elle l'avait trahi, et cela, contre toute attente, ne l'amusa pas. Il entra dans le fourgon qui le conduisit au tribunal, et fut amené sans ménagement à travers le Palais de Justice. Sur son passage, les gens lui lançaient des regards noirs. Les quelques téméraires qui étaient venus assister à l'audience se risquèrent même à lui lancer des injures quand il fut amené à la barre. Le juge demanda une audience à huis-clos et fit évacuer le public. Le Joker regarda la salle se vider, et se retrouva finalement face à une dizaine de personnes.
« Et eux ? » demanda-t-il au Juge en faisant un signe de tête dans la direction du groupe encore présent.
« Eux, sont les représentants de vos victimes. » expliqua durement l'interpellé. « Si vous voulez bien, commençons. Vous êtes amené à comparaître aujourd'hui devant cette Cour pour recevoir la peine adéquate à vos crimes. »
Le Joker passa sa langue sur ses lèvres, et écouta la liste des crimes qu'il était « suspecté » d'avoir commis.
« Suspecté ? » demanda-t-il sur un air de dédain à son avocat sans écouter la suite du réquisitoire.
« Ils n'ont aucune preuve matérielle de votre culpabilité dans tous les coups dont ils vous accusent. Seul le témoignage de Mademoiselle Clausevitz pourra vous envoyer en prison. »
« Elle est là ? »
« Je l'ai croisée ce matin dans le hall, oui. »
Les deux hommes cessèrent tout chuchotement et reportèrent leur attention sur le discours du juge. Le Joker retint un petit rire quand il se rendit compte que le Président de la Cour présentait encore les crimes dont on l'accusait. Tout ça ?! Il était vraiment trop fort.
« Monsieur White, nous écoutons votre déclaration. »
Le Joker se leva avec flegme, montrant à la Cour qu'il se moquait du verdict. Il arrangea son gilet vert et se racla la gorge.
« Je n'ai absolument rien à dire et je n'aime pas qu'on m'appelle Monsieur White. » lâcha-t-il enfin avant de s'avachir à nouveau sur sa chaise.
« Bien. Messieurs et Dames les jurés, cher Jury, si vous n'y voyez pas d'objection, passons au témoignage ? »
Lunacy sentit une main la pousser en avant et elle se planta devant le Jury, sans lancer un coup d'œil au Joker. Elle était stressée et cela ne lui arrivait pratiquement jamais.
« Mademoiselle Nita Clausevitz, vous êtes ici pour témoigner en tant qu'ancienne collègue et victime du Joker. »
« Je n'aime pas qu'on m'appelle Nita Clausevitz. » bougonna-t-elle en écho aux propos de son acolyte. »
« Voilà qui vous fait un point commun. » plaisanta l'avocat du Joker en chuchotant à l'oreille du concerné. Mais ce dernier ne répondit pas, se contentant de fixer la jeune femme devant lui.
« Mademoiselle, prêtez-vous le serment de ne dire devant cette Cour que l'absolue vérité ? »
Lunacy leva sa main droite en miroir avec le Juge qui s'était levé et répéta les paroles apprises lors de son briefing juridique, la veille.
« Vous avez affirmé avoir été le témoin d'actes criminels perpétrés par le Joker. Confirmez-vous ces propos ? »
« Oui. »
« Le Joker était-il présent lors du vol de bijoux chez Chris Roman il y a de cela neuf mois ? »
« Oui. »
« Est-ce bien lui qui a assassiné froidement la femme de chambre ? »
« Oui. » mentit-elle.
« A-t-il monté le plan du vol de bijoux par la suite chez Monsieur Wayne ? »
« Oui. »
« Est-il la tête pensante du braquage de la Gotham National Bank ? »
« Oui. »
« Et est-ce bien lui qui a assassiné les employés alors qu'il essayait de s'introduire dans la salle des coffres ? »
« Oui, Vôtre Honneur. »
« Bien. Messieurs et mesdames le Jury, il ne faut pas oublier tous les crimes perpétrés par cet individu alors qu'il n'y avait pas de témoin. »
« Objection. » cria l'avocat du clown en se levant. « Aucun autre crime ne peut être attribué à mon client sans preuve. »
« Nous allons cependant alourdir davantage les charges, Maître Layer. Ce n'était que le début. Mademoiselle Clausevitz, le commissaire Gordon a affirmé que le Joker semble être la tête pensante au sein de votre duo. Pouvez-vous nous informer davantage sur sa façon de travailler et de prendre le dessus sur ses associés ? »
Lunacy entendit l'imperceptible ricanement du Joker derrière elle mais elle ne cilla pas quand elle répondit.
« Je travaillais aux côtés de Maroni, de Gambol et du Chechen, quand le Joker est arrivé à Gotham. Il s'est immédiatement intégré à notre groupe mais dès les premiers jours j'ai senti qu'il était différent de nous. Nous faisions des affaires par le crime alors que lui tuait et semait le chaos par simple jeu. Le Joker est psychologiquement instable même si je pense qu'il n'a pas sa place à Arkham. Il devrait être derrière des barreaux pour le restant de ses jours. »
« Quand Messieurs Maroni, Gambol et Chechen ont été amené en prison, la police a perdu toute trace de vous. Que s'est-il passé pendant cette période ? »
« Le Joker m'a amené dans l'appartement d'un homme qu'il a tué autrefois. Je voulais aider les parrains à s'évader mais il voulait que je reste avec lui, pour pouvoir me surveiller. Il lui arrivait souvent d'être violent avec moi. Il m'a frappé à plusieurs reprises et me menaçait de mort sans arrêt. »
Elle fit une pause, surprise de ne pas raconter que des mensonges à la Cour. Elle n'aurait pas su expliquer comment, mais elle devinait que derrière elle, le Joker avait serré les poings. Cela l'amusa mais elle se retint de sourire.
« Quel genre de violences ? »
« Il a essayé de m'étrangler une fois, et a plusieurs fois mis son couteau dans ma bouche pour me mutiler à son image. Heureusement j'ai toujours pu m'en sortir, mais à chaque fois, il avait dans les yeux cette haine qu'ont les meurtriers quand ils regardent leur victime avant de la tuer. »
« Avez-vous entendu parler du Syndrome de Stockholm ? »
« Pardon ?! »
« Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer de la sympathie pour ces derniers. »
« Je sais très bien ce que c'est. » coupa Lunacy.
« Le Commissaire Gordon et les agents qui vous ont gardé alors que vous partagiez tous deux une cellule au commissariat ont mentionné une possible relation amoureuse entre vous. Le commissaire a notamment parlé de contacts physiques. Êtes-vous sûre de ne rien nous cacher, en raison des sentiments que vous éprouvez pour lui, sur les activités du Joker ? »
Leur baiser sous les caméras avait donc eu l'effet escompté. Lunacy réfléchi à sa réponse et reprit la parole lentement, pour ne pas faire de faux pas.
« Les… sentiments que j'éprouve pour le Joker sont, je le sais, en lien direct avec le syndrome dont vous parlez. Mais ma conscience veut le voir en prison. Je veux qu'il soit enfermé, qu'il paie pour ce qu'il m'a fait. »
Là, c'était convaincant, pensa-t-elle avec fierté.
On la remercia et le jury délibéra. Quelques minutes plus tard, elle était conduite hors de la salle, sous les insultes du Joker déclaré coupable et envoyé dans le couloir de la mort. Elle se dirigea vers les toilettes et se passa de l'eau sur le visage. Il fallait qu'elle rejoigne Poison Ivy. Elles n'avaient pas le droit à l'erreur, ou le Joker serait tué. Remise de ses émotions, elle sortit et quitta le tribunal.
J'aime tellement inventer l'histoire de Lunacy Crack et du Joker... !
J'espère que ça vous plait également !
Peace!
