J'aime te détester je hais t'aimer

Le bonheur … il paraît qu'on s'y habitue. En ce qui me concerne, j'ai l'impression qu'on peut me l'arracher à tout moment. Deux mois se sont écoulés depuis ce jour magique où, dans un couloir sombre et rassurant, Drago a fait de moi officiellement sa petite amie. Par les chaussettes de Merlin, que ce mot me paraissait niais et synonyme d'emprisonnement avant, mais à présent il est synonyme de bonne humeur.

La nouvelle a fait le tour du château comme une traînée de poudre, le légendaire Drago Malefoy, coureur de jupon qui collectionne les conquêtes, officiellement en couple ? De plus avec la gothique et asociale Hermione Granger ! Comment un chaud lapin pouvait-il sortir avec cette fille qui se laissait pas approcher ? Voilà les principales questions qui circulaient dans les couloirs, du moins pour les personnes qui étaient surprises, la majorité concluait que c'était la suite logique de ce qui se déroulait actuellement.

Drago et moi sommes toujours aussi souvent que possible ensemble, Blaise est devenue un ami important pour moi. Les Serpentards ne m'acceptent toujours pas mais en même temps ce serait décevant s'ils le faisaient.


Les jours passaient et Blaise et moi nous étions toujours pas concertés à propos de Hermione. Sa sensibilité et sa fragilité me donnaient certains remords, mais le pari avec Blaise était clair, je devais la faire souffrir et pour ça je devais donc la quitter. Mais avant toute chose je devais parvenir à coucher avec elle. Je crois que c'était la première fois qu'un pari avec mon ami se révélait aussi complexe.

Je soupirais, une longue journée commençait et je sentais que comme tous les jours depuis deux mois je ne la verrais pas défiler.

Je sortis machinalement de notre salle commune perdu dans mes pensées. L'influence de Voldemort s'étendait de plus en plus, les Mangemorts voyaient leurs rangs se gonfler de nouvelles recrues. Mon père était mort, ma mère était sans doute auprès du Lord comme le reste de ma famille, et moi qu'allais je faire ? Nous sommes en avril, il ne reste que deux mois avant la fin de cette année, deux mois avant les vacances d'été. Et pendant ces vacances je ne pourrais rester à Poudlard, je devrais faire un choix, le Lord et les ténèbres ou ma liberté ?

Des bras enserrés autour de moi me sortirent de ses sombres préoccupations, je me retournais et embrassait la fille qui m'accompagnait depuis peu à mes rondes de préfet.

- Tu ne m'as pas trop attendu j'espère, lui soufflais-je entre deux baisers.

- J'aurais pu t'attendre toute la nuit Drago.

Mes rondes étaient devenues subitement beaucoup plus intéressantes, depuis qu'Hermione avait été nommé préfète à titre exceptionnel, avant elles n'étaient qu'ennui et fuite. Pourquoi fuite ? Parce que Pansy me courait toujours après. Mais à présent ce n'était plus qu'un agréable moment de détente, on marchait et parlait de tout, les baisers volés et les langues qui s'emmêlaient faisaient partis de nos occupations de temps à autre.

On partit, main dans la main, patrouiller dans notre secteur, le 7ème et 6 ème étage. Généralement, il ne s'y passait pas grand chose à part bien entendu quand Londubat oubliait une fois de plus le mot de passe de sa salle commune. Je me faisais réprimander par Hermione quand je l'embêtais à cette occasion, du coup je le laissais tranquille à présent.

Cette nuit on ne croisa pas âme qui vive. Et comme toujours on finit la nuit dans la salle sur demande.

Hermione s'effondra sur son lit en soupirant, tandis que je regardais toujours autour de moi, sa chambre morbide me rendait mal à l'aise je n'arrivais pas à m'y habituer. Des petites têtes de mort me regardaient et semblaient se moquer de moi, je secouais la tête parcouru d'un frisson. Je me tournais vers une créature plus agréable, Hermione. Elle finissait de refermer sa chemise qu'elle utilisait pour dormir, elle avait ajouté un mini short et une brassière à sa tenue afin de se dissimuler à mon regard avide.

J'ai pris conscience de ce désir ravageur qu'elle provoque chez moi et ne tentais même pas de me mentir à ce sujet. C'était vain, dès que je la voyais tout mon être se tordait sous les feux du désir. Jamais une femme n'avait réveillé autant de sensations en moi, mais je me refusais de penser à cela, juste penser au moment présent m'encombrait suffisamment l'esprit.

La tête légèrement embrumée par mes préoccupations, je la contemplais ranger soigneusement ses affaires et s'atteler aux nombreux devoirs que nous avaient donné les professeurs. Je pensais d'ailleurs que Rogue nous mettait davantage de devoirs depuis qu'Hermione et moi étions ensemble.

Je l'observais silencieux, installé confortablement sur son - notre – lit, ses cheveux noirs, sauvages et toujours aussi indisciplinés encadraient son visage rendu si pâle par les cosmétiques. Ses yeux chocolatés restaient sérieux, concentrés sur les notions de sorcellerie qui défilaient devant elle. Ses lèvres noires mordillaient un crayon de façon presque inconsciente, tandis qu'un de ses doigts se tortillaient inlassablement dans ses cheveux.

- Hermione ?

- Hmm ? Lâcha-t-elle absorbée dans sa lecture.

- Est-ce que tu ferais quelque chose pour moi ? Je ne t'oblige en rien …

- Drago, tu n'as pas les moyens de me forcer en quoique ce soit, me dit-elle en souriant,mais si c'est dans mes possibilités je le ferais.

- J'aimerais que tu arrêtes de te teindre les cheveux et de te maquiller.

Un silence de mort pesant, tomba dans la pièce. L'atmosphère d'insouciance qui était avant venait de se briser, Hermione ferma froidement ses livres, rangea ses affaires et replia ses genoux contre elle.

- As-tu une idée de l'énormité de la chose que tu me demandes Drago ?

- Je me doute bien que c'est dur pour toi, je connais les raisons qui t'ont poussé dans ton mutisme et cette carapace, mais maintenant tu es avec moi et heureuse je pense … alors j'espérais que ce nouveau départ soit une occasion pour toi de prendre une nouvelle direction dans ta manière de vivre...

- Et tu lui trouves quoi à ma manière de vivre ? Sa voix sifflait d'un ton sec et cassant, je m'aventurais sur un terrain miné.

- Je ne trouve pas sain de t'enfermer dans ce noir, d'être toujours maquillée comme un croque-mort, de ne pas avoir de couleur en toi et sur toi.

- Tu insinues que je suis dérangée !

Ses yeux se plissaient de fureur, elle s'approchait de moi à présent, furieuse et dangereuse.

- Je n'ai pas insinué ça, mon amour tu confonds tout.

- N'essayes pas de m'amadouer avec tes mots tendres ! J'ai très bien vécu jusqu'ici comme ça, tu es venu à moi alors que j'étais ainsi, je ne vois pas pourquoi je devrais changer maintenant.

- Ne t'énerves pas s'il te plaît ce n'était qu'une suggestion ...

- Une requête ! C'était une requête Drago, cela veut donc dire que tu aimes l'idée, que tu le veux ! Je … je ...

Je l'interrompis dans ses bégaiements par un baiser, c'était certes une attaque en traitre mais son état d'esprit jouait en ma défaveur, hélas, ce geste aussi.

Au lieu d'une réponse de ses lèvres, je fus repoussé. Un peu abasourdi par cette réaction je ne vis pas son talon écrasé mon pied d'un coup violent et net. Je serrais les dents en sentant la douleur affluer.

- Ne crois pas pouvoir m'avoir comme toute ces courges avec qui tu sortais par des baisers et des belles paroles.

- Mais Hermione …

- Il n'y a pas de mais ! Tu sors maintenant Drago j'ai besoin de réfléchir … seule.

Je n'eus pas le temps de protester ou autre que j'étais déjà mis à la porte sa chambre et me retrouvais comme un imbécile planté au milieu du couloir. La soirée avait tourné court pour moi mais je crois que le pire c'est que je n'avais pas compris comment j'avais pu autant me tromper dans ce qu'elle ressentait vis-à-vis de son accoutrement.

C'était plus qu'une armure, elle s'y était attaché et ça je ne l'avais pas vu.

Je repartis en grommelant, seul dans le noir, et rejoignis ma salle commune.


Une soirée agréable avec lui venait de tourner au vinaigre. Pourquoi voulait-il que je me dévoile à tous ? Je m'avançais vers le grand miroir en fer forgé situé au fond de la pièce et m'observait dedans.

Mes cheveux indomptables étaient noirs comme les jais alors qu'ils étaient sensés être châtain clair assortis à mes yeux. Ceux-ci étaient entourés de fard à paupière noir et rehaussés de trait rouges au crayon, l'effet était pour le moins … sanglant mais je ne pouvais me résoudre à redevenir « normal » même pour Drago, même pour celui qui m'avait appris à sourire de nouveau, à vivre de nouveau.

Quand tout le grand malheur m'étais tombé dessus, j'avait eu l'impression que tout pouvait se lire sur mon visage, les actes de cet homme, son acte mortel et toutes les horreurs qui avaient suivies. Mais je croisais pour la première fois de ma vie un gothique, une bande de racaille lui cherchait des poux, il les avait ignoré jusqu'à ce qu'un cherche à le frapper. Je me souviendrais toujours de ce spectacle qui m'avait fait devenir ce que j'étais à présent.

Son visage blafard impassible quand il virevoltait autour de ses attaquants, ses traits méconnaissables grâce au maquillage, cette assurance devant ses assaillants. moi, terrée, dans une petite ruelle regardais avec fascination cet homme qui partit après avoir mis une correction à la bande de malfrats.

J'avais recopier du mieux que je pouvais son attitude, son maquillage et j'ai gardé en mémoire sa force et son assurance pour me guider de mes six ans jusqu'à maintenant. Étais-je prête à abandonner tout ceci pour Drago ?

Mon regard se posa sur mon armoire ouverte, mes vêtements débordants, puis je fixais songeuse le maquillage posé par terre devant le miroir. Je pris du démaquillant et lentement je m'enlevais tout ce qui était sur mon visage. Sur une large bande, mes joues rosées reprirent leur couleur originale au passage du coton, le reste blanc contrastait étrangement avec cette bande. D'un geste décidé, j'enlevais le reste retrouvant un visage rose comme un bambin. Je me fixais indécise puis me laissa tomber mollement sur le lit.

- Y a pas moyen !

C'était la fin d'une époque ce visage découvert, mon visage à l'heure actuelle était celui d'une période où j'avais eu le moins d'ennui, il m'était impossible de me voir dans un futur sans tous ces artifices.

En même temps, Drago n'avait-il pas raison ? Serait-ce aussi un nouveau départ et une occasion d'oublier ? Non, je ne pouvais pas … Pendant que les questions se bousculaient en total opposition les une des autres, je m'endormis dans un sommeil comateux sans rêve.


Journal de Drago Malefoy

Je relis avec peine les mots que j'ai écrits et me rends compte en y repensant que je n'ai pas passé deux ans avec elle mais juste une malheureuse année … Comment ai-je pu me tromper à ce point ? Le bonheur a-t-il rallongé le temps ? Aujourd'hui je revisite un des moments clés de notre relation, je suis allé trop loin et j'en prends aujourd'hui conscience. Hélas trop tard, elle m'a quittée et j'ignore que faire pour la retrouver … Comment n'ai-je pas pu comprendre que ce que je pensais être un déguisement était très important pour elle ? Comment ai-je pu lui demander une tel sacrifice … Aujourd'hui encore mes collègues sont soucieux, selon eux je dépéris de jour en jour « comme une fleur privée de soleil » selon leur propre terme. Mon soleil est parti, je suis bloqué dans la nuit mais comment pourrait-il le comprendre.

Je me souviens après cette altercation avec Hermione, je n'étais pas décidé à abandonner, j'ai continué comme le fichu Malefoy prétentieux, arrogant et égoïste que je voulais être.


Je fus réveillée par le bruit de ma porte qui s'ouvrait, un coup d'oeil à mon réveil m'indiqua qu'il était 6h30. Je me relevais en jurant, ça ne pouvait être qu'une personne ici et à cette heure là et cette personne allait avoir droit à des reproches.

- Drago ! As-tu la moindre idée de l'heure qu'il est !

- Tout à fait, c'est indiqué à côté de toi, je voulais te dire bonjour.

- Abruti, rejoins moi si tu veux mais laisse moi dormir, râlais-je en lui balançant un coussin au hasard.

- Hmm, je ne peux rester de glace devant cette invitation.

- Drago ...

- Oui oui je sais je la boucle, mais tu sais je le pensais sérieusement, je veux dire ma requête d'hier.

Je me murais dans le silence et enfonçais ma tête dans le coussin. Je ne voulais pas m'aventurer de nouveau sur cette discussion.

Le matelas se creusa légèrement quand Drago s'installa à mes côtés, je me tournais à l'opposé de lui en faisant semblant de dormir, puérile comme une gamine. Je me raidis quand je sentis ses doigts légers comme des rêves m'effleurer le bras, il n'y allait pas par quatre chemins et je savais quelle serait la suite si je le laissais faire et je risquais bien de le laisser me convaincre malgré moi.

- Drago, je sais ce que tu comptes faire mais je t'arrêtes tout de suite je ne changerais pas d'avis.

- Je n'ai plus le droit de te câliner maintenant, murmura-t-il d'une voix boudeuse.

Comment résister quand l'homme que vous aimez fait pareil caprice ?

- Tu connais parfaitement la réponse, soupirai-je.

Ma réponse à peine achevé que je sentis ses mains emprisonner mes hanches. Je lâchais un gros soupir et me retournais face à lui, ses yeux me souriaient malicieusement débordant de satisfaction face à sa victoire. Un côté de sa personnalité qui m'énervait parfois, son envie de victoire constante.

Mes bras entourèrent sa nuque et ma tête se reposa contre son torse. J'aimais vraiment être contre lui. Je l'aimais tout simplement.

- Drago, je ne peux pas, vraiment … Je suis comme ça depuis que j'ai six ans c'est comme abandonner une part de moi-même que de m'habiller comme tout le monde de me mêler à la foule sans cette armure.

- Je ne te demande pas d'abandonner tout ça Hermione, juste ton maquillage et le noir de tes cheveux. Tu t'habilles comme tu veux, c'est ton choix.

- Mon maquillage et mes cheveux font partis de mes choix Drago.

- Je peux comprendre mais s'il te plait pour moi …

Je l'embrassais passionnément afin de clore le débat, je ne voulais plus en parler, c'était certes un peu un coup bas mais cela marcha et c'était le principal. Drago me renversa se mettant au dessus de moi et explora ma nuque de furtifs baisers. Je soupirais d'aise, j'étais si bien avec lui que j'en oubliais tout. Je sentais ses mains remonter le léger tissu de ma chemise et sa langue qui descendait au fur et à mesure. Toutes mes pensées s'embrouillaient comme souvent dans ces situations là mais par Merlin qu'elles étaient enivrantes. Je sentais mon corps frissonner quand ses doigts me touchaient remontant le long de mes cuisses, j'avais l'impression que j'allais exploser, je lui mordis tendrement l'oreille, il sursauta légèrement comme d'habitude, je savais qu'il aimait ça. Soudain je vis l'heure sur le côté et poussait Drago qui tomba du lit et j'en sortis moi aussi précipitamment.

- Ouch mais qu'est ce qu'il y a ? Je ne cherchais pas à te brusquer pourtant, se lamenta-t-il.

- Drago, il est 7h55 on a bientôt cours je dois me préparer et vite sinon on sera en retard.

Il me regarda interloqué se demandant sans doute si j'allais lui dire que c'était une blague, mais j'étais pourtant très sérieuse.


Tout se passait si bien ! Je me sentais me consumer de désir pour elle, l'excitation montait en moi et plaf je tombais du lit lamentablement poussé par la fille avec qui je m'apprêtais à faire l'amour parce que oui j'en avais belle et bien l'attention à cet instant ! Mais je crois que le pire fut quand elle me dit pourquoi on s'était interrompu en si bon chemin : les cours ! C'était frustrant au plus au point. Je pensais pendant un instant qu'elle plaisantait pour me faire languir davantage mais non elle était sérieuse. À contre coeur je me levais quand elle eut fini de mettre une tenue convenable, elle m'attendait devant la porte avec un regard plein de reproche pour ma lenteur.

Je la rejoignis en deux pas, elle me sourit et me tendit sa main. Je lui pris et l'amena à moi, je la tins fermement contre moi et l'embrassa à pleine bouche. Elle se laissa faire surprise partageant même avec ardeur ce baiser. Je m'interrompis et la poussa vers la sortie.

- N'avons nous pas cours ?

- Tu es vraiment ...

- Je te fais juste comprendre ma frustration.

- Ce que tu peux être immature parfois !

Voilà ce qu'elle dit seulement ! Parfois j'ai l'impression qu'elle est toujours aussi froide qu'avant mais quand je repense à la scène qui vient de se produire sur le lit je sais que c'est faux. N'empêche que je voulais vraiment qu'elle laisse tomber son maquillage. Alors je revint à la charge mais avec plus de douceur cette fois-ci.

- Hermione tu sais pour l'histoire du maquillage, ton visage et le reste.

- Drago recommence pas s'il te plaît, soupira-t-elle.

- Laisse moi finir ! J'ai écouté tes arguments, écoute les miens à présent.

Elle grommela quelques mots en tournant à un angle du château, nous étions arrivés dans le grand hall près à franchir les portes pour aller en botanique.

- Ce n'est pas une question de physique, comme tu l'as dit à juste titre je t'aime pour ce que tu es et je suis venue vers toi dans ton état actuel. C'est plus une question de mentalité, montre au monde extérieur que tu as changé, garde tes vêtements si tu le souhaites mais montre ton vrai toi aux autres, c'est un défi pour te délivrer de tes souvenirs ! Tu n'es plus une petite enfant, tu sais très bien te défendre maintenant. Combien de fois as-tu démoli le pauvre Geoffrey ?

Je la vis sourire devant cette évocation, bien elle n'était pas trop fâchée, mes arguments étaient vraiment pertinents.

- Je pense qu'en restant ainsi tu t'emprisonnes avec Lui, alors libère toi et je serais ton armure s'il le faut.

Mon petit discours avait un peu traîné en longueur et nous étions à présent devant la serre, tout le monde était déjà entré. On rentra discrètement sous le regard sévère de notre professeur. On se glissa à côté de Blaise qui s'enquit immédiatement de la raison de notre retard.


Je rougis en entendant la question de Blaise, la question me mettait mal à l'aise surtout que la raison n'est pas des plus catholiques …

- Oh d'accord j'ai compris, vous êtes enfin passés à l'étape supérieure vous deux !

Je me sentis encore plus gênée devant l'interprétation de Blaise.

- Qu'est-ce qui te fait penser ça voyons ? Marmonnais-je.

- Tes rougeurs sur les joues, ai-je raison ?

- Malheureusement non, lâcha Drago dans un soupir.

Mes yeux manquèrent de sortir de mes orbites, malheureusement ? Drago remarqua mon expression et je m'attelai avec une grande concentration à l'exercice à laquelle j'étais sensée donner toute ma concentration.

- Hermione tu sembles surpris de mon envie.

- Euh je n'y pensais pas disons.

- N'as tu pas envie d'aller plus loin avec moi ?

- Si ce n'est pas avec toi ce sera jamais.

Il sourit visiblement content de ma réponse. Je crus être enfin sortie de l'embarras quand il poursuivis sur un sujet délicat.

- Dis moi Blaise, si je te dis que Hermione arrête les colorations et le maquillage ?

- Sérieux ? Ça serait vraiment génial !

- Pourquoi ça répliquai-je avec ferveur.

- Parce que je te verrai enfin telle que tu es vraiment ma chère.

- Vous en faites exprès !

- Ah tu vois Hermione, il n'y a pas que moi qui pense comme ça !

Je lui balançais de la terre à la figure pour exprimer mon mécontentement. Certes les arguments de Drago étaient valables mais j'étais encore très réticente.

Les deux heures passèrent avec une rapidité déconcertante tellement j'étais dans mes pensées. Les paroles de Blaise et Drago n'atteignaient pas mes oreilles, le dilemme était la priorité absolue dans ma tête. Tant que la journée s'écoula et les reproches des professeurs arrivaient au fur et à mesure. En même temps je ne pouvais en vouloir à Mc Gonagall, j'avais quand même mis le feu à son chapeau alors qu'on était sensé transformer notre bras en bois … j'en voulais à Rogue en revanche, c'était pas de ma faute si le chaudron plein se renversa sur les Serpentards, ça encore ce n'était pas le plus grave. Non je pense qu'il m'en veut parce que c'était une potion Poussetout et qu'ils ont à présent des tignasses de rockers digne d'Europe... Jamais je n'avais été aussi distraite et tout ça pour une question d'apparence en plus ! On arrivait dans un des nombreux escaliers quand une solution envisageable m'apparut.

- Ok Drago, j'accepte si tu fais une chose en contre-partie.

Il grimaça légèrement mais hocha tout de même la tête.

- Tu promets que tu ne martyriseras plus personne dans ce château.

- Je vois pas le rapport avec nous ?

- Qui a dit qu'il y en avais un, c'est ce que je te demande c'est tout.

- Très bien alors j'accepte sans hésitation.

Il voulut venir avec moi dans ma chambre mais je lui fit comprendre gentiment que je voulais être seule. J'avais accepté, j'avais cédé à sa demande … une fois de plus. Je m'exaspérais moi-même et mon sens de la logique m'énervait aussi.

Je ne pouvais pas résister devant quelque chose que je trouvais logique. Une personne m'énerve je la frappe logique alors pourquoi je ne le ferai pas ? On est malade on va à l'infirmerie, logique ? Je m'enferme dans mes souvenirs avec ce maquillage, logique ? Pour combattre tout ça je dois assumer mon visage, logique ?

Je me démaquillais et me regardais immobile comme une statue devant mon miroir. Il avait raison, j'avais changé, je n'étais plus une gamine, je pouvais me défendre. Je me frappais doucement les joues des deux mains et me couchais, dormir évite de réfléchir.


Je ne pus m'empêcher de remercier Blaise pour sa remarque sur notre sexualité, celui-ci me regarda surpris.

- Dray, je n'ai pas fait ça pour te rendre service mais parce que j'y croyais vraiment !

- Mais Blaise, j'aurais été le premier à m'en vanter auprès de toi si c'était le cas !

- Drago ...

Je me figeais, il m'appelait rarement Drago en privé. J'étais Drago quand il était énervé, quand il était sérieux ou en public. Son ton m'indiquait qu'il voulait une conversation sérieuse.

- Ce qui s'est passé à Pré-au-lard ne sera pas sans conséquence, tu le sais.

- Je sais, que vas-tu faire ? On sera probablement puni pour la mort de mon père même si on dit qu'on ne voulait pas griller notre couverture auprès des profs.

- Je peux m'en sortir moi, je peux encore passer mes vacances chez moi, tandis que toi ...

- Je ne sais pas quoi faire en fait. Je t'envie Blaise, tu sais quoi faire, tu as toujours choisi ta liberté.

- Alors choisis la tienne et partage la avec moi et Hermione, elle sera aussi poursuivie pour son geste.

- Hermione saura très bien se débrouiller toute seule quand je l'aurais quittée.

Ses yeux s'agrandirent d'étonnement.

- Tu vas vraiment le faire ? Drago, jamais je ne t'ai vu aussi heureux, tu es métamorphosé et Hermione tu lui as fait redécouvrir la vie, abandonne ce pari, je considère qu'il n'existe plus !

- Un Malefoy ne perds jamais Blaise.


J'étais scié par les dernières paroles de Drago, il allait vraiment le faire … Il va détruire ce bonheur et détruire Hermione avec. Que puis-je faire pour empêcher cela ? Je n'ai malheureusement aucune idée.


Journal de Drago Malefoy

Je me maudis d'avoir penser et dite ces paroles, je n'étais vraiment qu'un pantin, manipulé par mon éducation et mon orgueil. Je ne me remets pas de l'avoir pensé mais surtout de l'avoir réellement fait. Il n'y a pas un jour où je ne la pleure pas. Je suis désespérément seul sans elle, moi le héros de la Guerre contre Voldemort, moi l'ancien Serpentard au coeur de pierre.


Le matin arriva vite, quand je quittai la salle commune des Serpentards j'avais de l'appréhension à comment je trouverais Hermione ? La discussion avec Blaise me revenait sans cesse en mémoire aussi, j'étais complètement perdu.

La porte s'ouvrit et le visage couleur chair d'Hermione apparut. Son visage fin et resplendissant de bonne santé, je ne voyais que ça. Sa tenue, encore plus provocante que d'habitude comme pour compenser le manque de maquillage, captait à peine mon attention, je ne voyais que son visage. Ses cheveux étaient comme d'habitude à la différence qu'ils étaient châtains. Cette couleur lui allait tellement bien, parfaitement assortie avec ses yeux. Elle était tout simplement jolie et tellement mieux.

- Je te préviens que si on se moque de moi aujourd'hui je te maudis.

- Aucun risque tu es magnifique.


En me levant ce matin, j'ai senti ma volonté faiblir quand j'ai vu ,à peine debout, ma trousse à maquillage. J'ai d'ailleurs faibli et ai commencé à me maquiller. Mais une voix en moi me disait de ne pas être lâche, de faire preuve de courage comme je n'en ai pas manqué ces dernières années. Alors j'ai tout enlevé et j'ai enfermé au fin fond de mon armoire cet objet de tentation. Quand je suis sortie pas très sûre de moi, je regrettais de ne pas m'être maquillée devant la tête que faisais Drago. J'étais monstrueuse aucun doute. Enfin jusqu'à ce qu'il me dise que j'étais magnifique et ajoute qu'il a juste été surpris.

On partit, main dans la main (j'avais besoin de sa force), vers les cachots afin de suivre d'aller à notre cours en commun de potion. Les réactions varièrent. Tout d'abord on arriva de justesse avant que Rogue ne ferme la porte. Il fit rentrer Drago puis me ferma la porte au nez. Je restais quelques secondes abasourdie la bouche ouverte comme une demeurée. Il venait de me claquer la porte au nez, j'en revenais pas !

Décidée, je tambourinais sur la porte, non mais on me mets pas à la porte comme ça ! Le visage crispé de mon cher professeur apparut, visiblement énervé par le raffut que je faisais.

- Mademoiselle lança-t-il sèchement, à moins que vous ne vouliez récolter des heures de colle partez vous n'avez rien à faire dans un cours qui n'est pas le vôtre.

- Alors ça c'est tout de même fort ! Je me fais virer d'un cours avant même d'y être entrer ! Faut vous achetez des lunettes et revoir votre liste parce que Hermione Granger, Gryffondor, a bien l'attention d'aller à votre cours ! Vous trouverez bien le moyen de me coller pour avoir séché.

- Pa Pa Pardon ? Miss Granger ? Je … Je …

Alors là je suis restée scotchée, j'avais déstabilisée Rogue et en plus ce crétin ne m'avait pas reconnue !

- Bon vous comptez me faire entrez dans combien d'année ?

- Euh oui entrez bien entendu ...

Il était tellement sous le choc qu'il ne relevait même pas mon irrespect ! Ma métamorphose était donc si choquante !

Je m'assis tranquillement à ma place habituelle à côté de Drago. Rogue me regardait persuadé que c'était une grosse farce.

Je pense que le summum fut quand Geoffrey (et oui encore lui) en ajouta une couche.

- Monsieur nous avons une nouvelle élève ?

Le reste de la classe, surpris, se tourna en un même mouvement vers moi. Et ils se décrochèrent la mâchoire dans un bel ensemble quand Rogue répliqua sèchement à Geoffrey qu'il n'avait aucun nouvel élève mais juste moi.

Le reste de la journée se passa comme ça, aucune réflexion mauvaise, juste des têtes surprises. Drago avait peut-être raison finalement, le changement avait du bon.


J'étais content, tout le monde était stupéfait du changement de Hermione, elle ne subit aucune moquerie et ne semblait pas m'en vouloir. Je l'enlaçais entre deux cours afin de la sonder.

- Alors ai-je eu raison d'insister ?

- Humm j'avoue que l'effet est plutôt marrant malgré que j'ai dû mal à me reconnaître dans un miroir.

Je l'embrassai tendrement dans le cou, endroit que je savais chatouilleux chez elle, elle rit et me repoussa gentiment. Soudain je me figeais, j'avais déjà vu cette scène … une scène débordante de bonheur … d'amour … avec Hermione comme maintenant si ce n'est les affaires, moi qui l'embrasse, elle qui rit. Oui j'avais rêvé ce moment au tout début du pari et je m'étais juré que je ne serais pas ainsi.

Un déclic se fit en moi. Il était temps de cesser tout ceci.


Voilà c'est la fin du chapitre ^^je suis désolée d'avoir mis autant de temps ça n'arrivera plus mais je n'avais plus de clavier T-T donc c'était dur d'écrire U-U Sinon j'espère que cela vous plaira, et je vous signale au passage que cette fiction devrait bientôt se terminer ^^ Encore merci à tout le monde pour vos reviews, les alertes et tout.

Bisous

Misa-or-Pigloo