Blabla de l'auteur : Bonsoir à tous. Je suis réellement désolée. Je devais poster dans la journée mais ça m'est sorti de la tête. Comme je l'ai expliqué sur facebook, je bosse sur une nouvelle fic et elle me prend tout mon temps libre. Bref, encore désolée du retard. Tout de suite les rars. Merci énormément à Pamou (Hello miss. Oh dis donc, si ça continue je vais devoir rembourser tes mouchoirs dis donc. :( ! Euh donc je dois m'attendre à ce que tu me détestes ? Me voilà pas rassurer. Bisous), Maggie-Lovely, coco-6-3-9-1, Guest (Hello. Oui effectivement le plateau existe mais je n'ai pas pensé à l'enlever. Ouais étrangement, personne n'aime la fin du chapitre. Lol Oh bah tu sais dans mon idée, Mitchie mourrait et Shane retombait amoureux de quelqu'un d'autre. Un personnage inventé mais ma correctrice n'a pas aimé l'idée alors j'ai du changer d'idée. Exit le personnage inventé… Le reste par contre, réponse en fin de chapitre lol Mais prépare les paquets de mouchoirs. Je dis ça comme ça… Bises miss), Angèle (Hello miss. Ah je te remercie. C'est toujours agréable de lire que j'arrive à faire ses passer les émotions dans mes chapitres. =) C'est le but que j'essais d'atteindre. Sinon pour la décision de Mitchie, tu le sauras dans ce chapitre, elle lui écrit une lettre adorable. Lettre à laquelle Shane va répondre naturellement. Bisous), Mlle M', nouna et LittleFlicka pour leurs reviews. C'est vous qui me donnez envie de poster régulièrement la suite.
Disclaimer : Alors celui-là de disclaimer va être long. L'univers et tout ce que vous reconnaissez, appartient à Disney, je ne fais qu'emprunter un peu. Ensuite, l'idée elle est de moi of course et ce que vous ne reconnaissez pas (tel que les persos secondaires ou les lieux) sont à moi, également. Dernier point, les corrections sont de chris87 Oui, ce point est même carrément essentiel. Donc merci à elle. Merci également à nouna pour ses commentaires, tous trop drôle.
Je remercie Jessy qui m'a rappelé que je devais poster aujourd'hui. =)
Chapitre 11
Lorsqu'il se réveilla le samedi matin, Shane eut, l'espace d'une seconde, l'impression de flotter. Seulement, il pensa à Mitchie et le calme qui l'avait envahi s'évapora. Se souvenant de l'appel de la veille, il se leva d'un bond et observa l'heure. Il n'était que huit heures du matin. Il se sentait parfaitement réveillé alors qu'il s'était couché bien après minuit. « La force de l'habitude, songea-t-il en filant sous la douche. » Dès qu'il fut propre, il descendit à la cuisine et prit de quoi déjeuner, en silence. Assis dans la salle à manger, il regarda par la fenêtre, sans voir le décor, préférant s'abîmer dans ses pensées. Il n'avait rien de prévu le matin, les visites ne commençant qu'à quatorze heures. Le calme dans la maison l'aida à réfléchir, et à revoir ses priorités. Pour le moment, Mitchie était en tête de liste. Il souhaitait savoir comment elle allait, puis ensuite, il irait voir Lorélis pour lui demander de les laisser vivre leur histoire. A ses yeux, elle n'avait aucune raison d'interférer dans la vie sentimentale de sa sœur, seulement Mitchie avait été claire. S'ils devaient vivre quelque chose, ce serait avec l'accord de sa sœur jumelle. « Si on doit vivre, songea-t-il amer. Mais Piccolina, on vit déjà quelque chose toi et moi ! Sinon comment tu expliques ces deux baisers ? Presque une semaine, heure pour heure que je t'ai embrassé pour la première fois. Approximativement sept jours que tu as répondu à mon baiser, avant de me dire non. Cent soixante huit heures que je me demande pourquoi tu ne veux pas qu'on soit ensemble. Et autant de jours que j'attends une réponse, parce que je ne la trouve pas. » Une porte claqua à l'étage, le sortant de ses pensées et la quiétude de la maison disparu. De l'eau coula dans la salle de bain de Nate, alors que Jason faisait les cent pas dans sa chambre. Il sourit, en se demandant ce que pouvait avoir son plus vieil ami. Il se leva, alluma la chaîne du salon, pour diffuser un fond musical. Moins de cinq minutes plus tard, Jason descendait le rejoindre. Ils se saluèrent d'un signe de tête puis, alors que Shane repartait dans ses pensées tournées vers Mitchie, son ami s'assit et commença son petit déjeuner.
Dix minutes plus tard, Nate arriva. Les voyant tout deux en pleine réflexion, il s'assit et les observa. Il ignorait ce qui les occupaient, mais depuis l'appel de la veille, l'ambiance n'était pas vraiment à la fête. Shane devait penser à sa nouvelle amie, il se concentra donc sur Jason. Il avait le regard mélancolique, et fronçait les sourcils. Le jeune homme se demanda quel jour on était, puis comprit. Il y aurait cinq ans, demain, que sa mère était partie, emportée par un cancer, et il devait simplement penser à elle . Chaque année, durant une semaine, il était mélancolique et souvent absent, trop concentré à se souvenir de celle qui l'avait mis au monde. Habituellement, Shane l'aidait à se souvenir de tout, pour le remettre à flot, malheureusement cette année , il serait les yeux et les oreilles des trois . Secouant la tête, Shane revint à lui et salua son ami d'un signe de tête, avant de quitter la pièce.
Il passa une partie de sa matinée, à tourner en rond, s'asseyant au piano, où il jouait quelques notes, avant de se lever pour aller au jardin où il ne restait guère plus de deux minutes avant de remonter à l'étage. Nate observa donc son petit manège, amusé puis rapidement, il en eut assez et l'envoya dehors.
« - Ecoute sors et va lui acheter quelque chose, pour le lui offrir quand tu la verras tout à l'heure ! Non, parce que là, tu me donnes le tournis mec !
Acquiesçant, il prit sa voiture et fit le tour de la ville, sans avoir vraiment d'idée. Il finit par se garer devant une boutique qui l'inspirait. Il entra, fit le tour du magasin, puis ressortit, sans rien acheter. Aucun des articles ne lui plaisait. Il reprit donc la route, et continua jusqu'à la ville voisine, juste pour rouler. Lorsque midi approcha, il fit demi-tour et arriva chez lui sous les coups de treize heures.
« - T'étais où ?
« - A Winona. J'avais besoin de conduire , se crut-il obligé d'ajouter devant leurs regards étonnés.
Ils acquiescèrent, se retenant de faire une quelconque remarque. Il y eut un léger silence, puis Nate lui demanda ce qu'il allait faire de son après-midi. Il le savait déjà, mais voir son ami triste et muet le mettait mal à l'aise, sans qu'il n'en comprenne la cause. Souriant, Shane l'informa qu'il allait sûrement le passer à l'hôpital, avec Mitchie mais qu'elle choisirait ce qu'ils feraient. Au fond de lui, il espérait la convaincre d'oublier qu'il était sorti avec Lorélis, mais, il savait que ce n'était pas gagné d'avance. Contrairement à son ex-copine, Mitchie avait un sens aigue de la famille et serait incapable de faire quoi que ce soit dans le dos de sa jumelle. « Du moins, si je l'ai bien cernée, pensa-t-il. » Ce dont, malheureusement, il ne doutait pas.
Trente minutes plus tard, il reprit la route, direction l'hôpital et plus précisément, la chambre que Mitchie y occupait. La matinée ne lui avait jamais parut aussi longue et il pria que la jeune femme soit éveillée quand il arriverait . I l n'était pas sûr de pouvoir la regarder dormir, sans chercher à la sortir du sommeil, simplement pour s'assurer que tout allait bien . Il ne mit que vingt minutes pour y arriver mais ce fut sans doute le trajet le plus long de sa vie. Il avait passé son temps à prier pour qu'elle aille bien, et espérant qu'elle lui expliquerait qu'elle avait simplement fait un malaise, sans gravité , la nuit d'avant. Cependant, il patienta dix minutes dans sa voiture, réfléchissant à une attitude à avoir. Il ne pouvait décemment pas arriver, affolé dans sa chambre, sans risque qu'elle ne s'inquiète à son tour. Il pensa donc à des choses agréables, comme les deux baisers qu'ils avaient échangés, puis quand ce fut l'heure, il rejoignit le service d'un pas tranquille.
Arrivé dans le couloir, il ne put s'empêcher d'appréhender ce qu'il allait voir. Il s'imaginait, malgré lui, la jeune femme entouré de machines qui l'aideraient à se maintenir en vie. Aussi, lorsqu'il fut devant la chambre, il écouta, cherchant à entendre un bip régulier, mais ce fut le silence qui l'accueillit. « Elle doit dormir, songea-t-il. » Rassuré, il frappa avant d'entrer dans la chambre. Seulement un spectacle auquel il ne s'attendait pas, lui fit face. La chambre était entièrement vide. Le lit même avait disparu et on ne voyait aucune trace du passage de la jeune femme. Il déglutit, se demandant ce qu'il s'était passé. Incapable de bouger, il resta dans l'entrée de la chambre, fixant l'endroit où aurait du se trouver le lit.
« - Shane ?
Se tournant, il fit face à une Connie plus que surprise. Un sac à la main, elle ouvrit le placard et en sortit les vêtements.
« - Je… Connie, que s'est-il passé ? Où est Mitchie ?
Il avait conscience que sa voix trahissait son anxiété, mais il n'en avait cure. Tout ce qu'il voulait était des réponses. Seulement, elle soupira longuement, et ouvrit le sac, avant de répondre.
« - Elle a eut une attaquer hier soir. Violente, ajouta-t-elle.
« - Je sais, j'étais au téléphone avec elle quand c'est arrivé.
« - Je l'ignorais, fit-elle peinée. Rassure-toi, ils ont réussi à la ranimer mais… Pour la protéger, ils ont dû la placer dans un coma artificiel, expliqua-t-elle.
Il acquiesça, digérant lentement l'information, puis se reprit.
« - Et maintenant, où est-elle ? Elle a changé de chambre ?
Elle secoua la tête et il nota, son air anxieux et ses yeux tristes. Refusant de penser que la jeune femme n'avait pas passé la nuit, il la fixa avec une rare intensité, refusant de formuler à voix haute, l'inquiétude que ses yeux trahissaient. Le voyant, Connie sourit.
« - Non, c'est toujours sa chambre, dit-elle en rangeant des vêtements repliés dans l'armoire. Simplement… L'hôpital nous a appelés ce matin, un greffon était disponible. On a donné notre accord et elle est entrée au bloc opératoire il y a une heure, soupira-t-elle.
« - C'est vrai, demanda-t-il soulagé. Alors tout devrait bien se passer ?
« - Et bien rien n'est gagné. Mais si son organisme accepte le greffon, on pourra dire qu'elle est sortie d'affaire.
« - C'est bien, acquiesça-t-il… Mais une opération de cette envergure… C'est long non ?
« - Il faut compter entre quatre et douze heures, lui expliqua-t-elle. Après elle ira en salle de réveil, donc, on ne la verra pas de la journée. Je suis désolée Shane, ajouta-t-elle au moment où entrait une infirmière.
« - C'est vous Shane, demanda-t-elle en le regardant.
« - Euh oui. Enfin, je m'appelle comme ça. Après peut-être que…
« - Non. Marcy m'a dit que Mitchie ne lui avait dit connaître qu'un seul Shane. Attendez, je reviens. On a quelque chose pour vous.
Aussitôt, elle repartit sous les regards perdus des deux adultes. Elle revint une minute plus tard, et lui tendit une feuille soigneusement pliée, où son nom était écrit. Il trouva qu'elle avait une belle écriture et déplia le papier.
Salut Shane,
Comment vas-tu ? Parait que c'est une question d'usage, selon un très bon ami. Tu dois le connaître, non ? Il sourit à cette phrase. Tu dois trouver bizarre que je t'écrive une lettre non ? Je viens de relire la tienne en fait et comme j'ignorais quand tu reviendrais, (je ne t'en veux aucunement, je sais que tu es très pris rassure-toi), je me suis dit que t'écrire une lettre serait un peu comme discuter avec toi. Même si tu ne peux pas me répondre. En écrivant ces mots, j'ai un peu l'impression que tu es avec moi, dans la chambre et ta présence me réconforte, je dois l'avouer. D'ailleurs, c'est le but de cette lettre ! Une sorte d'aveu par écrit de ce que je suis incapable de te dire quand tu es face à moi. Parce qu'il est vrai que tu es non pas intimidant, mais… Impressionnant, je dirais. Je veux dire, ce jour-là, quand je t'ai envoyé un message avec une partie des explications de l'attitude de Lorélis, je ne pensais pas que tu répondrais. Alors, tu te doutes bien que j'étais à des miles de m'imaginer que ce simple message, nous rapprocherait. Et puis, tu as répondu, et j'ai pris un vrai plaisir à te parler, de Lorélis, de moi, de ce que je faisais, sans pour autant te raconter mes problèmes. Lors de notre première conversation téléphonique… Entendre ta voix, c'était… Je ne sais pas trop. Je veux dire, je t'avais déjà entendu à la télé (Lorélis étant fan aussi) mais tu restais une personne inaccessible, sur lequel, je rêvais parfois, mais t'avoir au téléphone m'a fait prendre conscience que tu étais comme moi. Enfin, normal, on va dire. Tu ne vivais pas dans une dimension parallèle, et tu semblais tellement « vrai ». Ni prétentieux, ni imbu de toi-même, rien de ce que je m'étais imaginé en fait. Bref, on a beaucoup discuté, et on a pris le pli de se parler souvent. Pour ne rien dire, quand on y réfléchit. On se plaignait de notre vie, enviant celle de l'autre, mais j'aimais ces moments. Et puis, ce fameux samedi est arrivé. Je revenais de chez mamie, et toi d'un concert. Je suis tombée en panne, et tu as préféré rester avec moi, pour discuter, d'un sujet que j'aurais été incapable d'aborder si on avait été en plein jour, et quand je suis sortie de la limousine, je me sentais tellement bien. Ma maladie était le cadet de mes soucis, malgré ma crise, (qui n'avait rien d'asthmatique comme tu t'en doutes à présent) j'avais l'impression d'être normale, comme ma sœur. En juste moins jolie. La semaine d'après, tu m'emmenais à cette soirée VIP qui ne ressemblait à rien. Je ne te l'ai pas dit, mais j'ai apprécié chaque seconde passée en ta compagnie, même lorsqu'on dansait au clair de lune. J'étais tendue mais ce n'était pas à cause de l'environnement. Mais à cause de toi. Ne le prends pas mal surtout. C'est juste qu'être dans tes bras, c'était… Je suis encore incapable de mettre un nom sur ce que j'ai ressenti. C'est la définition du bonheur, je crois. Quand on est incapable de nommer ce qui nous rend heureux ? Enfin bref, même si je ne te l'ai pas dit, j'ai aimé être contre toi, à danser, voir tes yeux briller quand tu me regardais. J'avais l'impression d'être belle ce soir-là et c'était très agréable. Tu as clôturé cette soirée de la plus belle des manières, en m'embrassant. C'était magique, sentir tes lèvres sur les miennes… Indescriptible ! Tout comme ce baiser dans ma chambre, mais… Il faut qu'on y mette un terme. Je suis désolée, tu dois m'en vouloir. Je sais qu'on me cache l'avancement de ma maladie, mais je ne suis pas idiote. Je me sens devenir faible, et je sais lire vos regards. J'ignore combien de temps me donne les médecins et c'est la raison de ma lettre, qui commence à ressembler à un roman. J'ignore depuis quand c'est arrivée mais je n'ai pas pu te le cacher, je crois que je suis tombée amoureuse de toi, malgré que je m'étais promis de ne sortir avec personne. C'était à cause de ma myocardite. Je ne voulais pas qu'un garçon me pleure. J'ai toujours détesté faire souffrir les gens et pourtant, je n'ai rien fait pour m'éloigner de toi. Ou toi de moi. C'était mon intention pourtant, seulement quand tu es près de moi, je… Je suis incapable de garder mes distances. J'avais besoin d'une épaule, de sentir que quelqu'un me soutenait dans cette épreuve, sans savoir ce que je vivais et c'est tombé sur toi. Tu sais, tous ceux qui me connaissent, s'inquiètent toujours dès que je mets le nez seule dehors, ou dès que j'ai du mal à respirer. Mais pas toi ! Certes, tu n'étais au courant de rien, et c'était ce que j'aimais. Si je toussais, ou que j'avais mal aux poumons, tu ne t'inquiétais pas, mais du coup, je me suis trop rapprochée de toi, non que je ne regrette mais… Si jamais je ne me réveillais pas demain… Tu souffrirais, par ma faute. Et c'est dur, je dois dire, de savoir que malgré toutes mes promesses, j'aurais rendu quelqu'un de malheureux. Surtout une personne aussi géniale que toi. Ne doutes jamais de ça. Tu es un garçon, pardon un jeune homme, vraiment génial, et j'ai vraiment de la chance d'avoir pu te connaître, malgré tout ça, mais s'il te plait ne t'attache pas à moi. Je vais mourir Shane, c'est une certitude. Bien avant vous ! Je le sais, au fond de moi. Par cette lettre, je te montre qui est la véritable Mitchie. Celle qui aurait aimé, plus que tout, vivre une belle histoire avec toi. Celle qui sait qu'elle ne ressortira pas de cet hôpital vivante. Et pourtant, je le souhaite. Du plus profond de moi. Je te l'ai dit, j'aurais voulu me marier, avoir des enfants, et les voir grandir. Comme ma mère. Leur apprendre à cuisiner, juste pour avoir des moments rien qu'avec eux, les voir s'épanouir, et pleurer le jour de leur mariage, mais ça m'est interdit. C'est pour ça que je veux que tu cesses de vouloir être avec moi. J'ai aimé te savoir près de moi, et chacun de tes cadeaux m'a touchée bien plus que tu ne l'imagines mais il faut être réaliste. J'espère que tu ne m'oublieras pas, mais va de l'avant. C'est mieux pour toi. Je ne supporterais pas de te savoir malheureux par ma faute. Même si je meurs, je veux que tu saches que j'ai aimé chaque seconde passée en ta compagnie et je les emporte avec moi, comme le plus précieux des cadeaux. Je ne t'oublierais jamais, sois-en sûr.
A toi pour toujours.
Mitchie.
A la fin de sa lecture, il la replia soigneusement, et la rangea dans sa poche, les yeux perdus dans un spectacle qu'il était le seul à voir. Les mots de son amie raisonnaient en lui comme si elle lui avait lu la lettre. Elle l'aimait mais elle voulait qu'il s'éloigne pour ne pas qu'il souffre. « Et toi Piccolina, qui va t'empêcher de souffrir de mon absence ? Qui sera là pour te comprendre et te faire rire ? Pour t'écouter critiquer le monde, les gens ? On a tous besoin d'une épaule pour pleurer, et je veux être la tienne, Mitchie. C'est une certitude ! Alors pardon… Parce que je ne partirais pas. Pas loin de toi ! Ni sans toi ! »
« - Tout va bien Shane ?
« - Oui, oui Connie, ça va, sourit-il. J'ai juste un appel à passer, je reviens.
Il sortit rapidement de la chambre, et quelques minutes plus tard, il était sur le parking. S'enfermant dans sa voiture, pour être tranquille, il appela la villa.
« - Ouais ?
« - Jay ? C'est Shane.
« - Ah. Comment va mon porte-bonheur, demanda-t-il en souriant.
« - C'est elle qui en a besoin. Elle est au bloc pour le moment, et y en a encore pour plus de deux heures… Je voulais juste savoir… Elle m'a écrit une lettre, soupira-t-il, dans laquelle elle me demande de l'oublier. Elle est sûre de ne pas s'en sortir. Mais j'en suis incapable.
« - Alors ne l'oublie pas, rit-il. Ecoute, rien ne t'oblige à être d'accord avec elle. Au contraire, continue d'être présent, pour elle. Avec Nate et les filles, on va prier pour qu'elle s'en sorte, toi retourne dans sa chambre, parce que j'imagine que t'es plus dans l'hôpital, là ?
« - Dans ma voiture, grimaça-t-il.
« - Ok. Alors tu remontes et tu attends qu'elle revienne du bloc et de la salle de réveil. Tu l'embrasses pour moi et… Et pour Nate, ajouta-t-il, et nous on attend ton prochain appel. Tiens-nous au courant.
« - Ouais… Je… Merci Jay.
« - De rien. Allez file.
Sur ces mots, il raccrocha et Shane sourit. Jason avait beau paraître excentrique, aux yeux de certaines personnes, pour rien au monde il ne se passerait de son ami. Lui obéissant, il remonta retrouver Connie, qui était avec Steve. Tout deux, assis dans la chambre, la télé en sourdine, aucuns mots ne venant troubler la quasi quiétude de l'endroit. Faisant comme eux, Shane prit place sur le dernier fauteuil, les yeux dans le vague. Il repensait à la lettre qu'elle lui avait écrite. Lettre qui avait réveillée un tas de souvenir. Son premier message, notamment. Durant un instant, il chercha à imaginer ce qu'il se serait passé s'il n'avait pas donné suite à ce message. Il l'aurait peut-être rencontré en venant voir Lorélis. Il y avait brièvement pensé. Aller la voir, pour comprendre pourquoi elle l'avait trompée, mais Mitchie lui avait envoyé ce message, qui avait tout changé. Elle lui avait épargné une visite qu'il n'aurait sûrement pas appréciée. A la place, il avait rencontré une fille géniale. « Qui me demande d'aller de l'avant, de ne pas l'attendre, soupira-t-il. C'est impossible ! J'en serais incapable. Tu m'entends Mitchie Torrès ? Tu vas supporter cette greffe, et te remettre. Une fois que tu seras sortie de ce bloc, je viendrais te voir. On se passera de l'accord de ta sœur. Je compte bien t'embrasser aussi souvent qu'on le voudra. »
Au bout de deux heures d'attente, Connie soupira.
« - Venez. On va aller boire quelque chose à la cafétéria, et on revient dans une heure. De toute façon même si l'opération est terminée, elle ne sera pas là avant plusieurs heures.
Les deux hommes acquiescèrent et tous trois se dirigèrent vers les ascenseurs, quand Shane se stoppa. Ils étaient devant le service de maternité.
« - Je vous rejoins, les prévint-il avant de s'y diriger.
Il n'eut pas conscience de leurs regards amusés, et se concentra uniquement sur sa destination finale. Se souvenant grossièrement du chemin, il finit par atterrir devant la nursery, et observa les nourrissons. Ils semblaient minuscules, emmaillotés dans des vêtements qu'il trouva vraiment petits. Il sourit en voyant la petite Shynie, qui avait charmé son amie, agiter ses bras et entendit, Mitchie s'exclamer devant les mains si minuscules.
« - Vous cherchez votre petite sœur, lui demanda une infirmière.
« - Non, répondit-il sans quitter la petite des yeux.
« - Je vois que vous l'avez trouvé. Elle est vraiment mignonne.
« - Oui, mais… Je ne suis pas son frère, soupira-t-il en regardant la jeune femme. Je ne viens voir aucun bébé en particulier, c'est plus compliqué. J'ai une amie qui est hospitalisée dans le service d'à côté et en ce moment, elle est au bloc. Comme elle adore les nourrissons, je leur rends visite pour elle… Vous devez être en train de vous demander si vous devez appeler la sécurité ou bien le service psychiatrique non ?
« - Non, rit-elle. Bien sûr, habituellement, ce sont les femmes qui viennent regarder ces êtres minuscules. Je vais vous laisser les regarder.
« - Merci… Attendez, se reprit-il. La petite Shynie, demanda-t-il. Elle vient de naître, non ?
« - Elle a deux jours. Demain, elle quitte le service pour découvrir sa prochaine maison.
« - Vraiment ? Mais elle est toute petite !
L'infirmière acquiesça en souriant puis s'en alla alors qu'il reportait son attention sur le bébé. Il resta quelques minutes à les regarder puis sourit.
« - Au revoir Shynie. Je repasserais te voir petit bébé.
Rapidement, il rejoignit les parents de Mitchie et s'assit avec eux, sans commander quelque chose à manger pour autant. La peur qu'il se passe quelque chose, lui nouait l'estomac et lorsque Steve lui proposa de manger avec eux, il déclina l'invitation expliquant qu'il avait mangé avant de partir. Il vit, à leurs regards, qu'ils n'étaient pas dupes de son mensonge mais les remercia de ne pas insister. Voulant créer une conversation, Connie lui demanda s'il avait digéré la trahison de Lorélis, puis s'excusa de sa curiosité.
« - Non, rassurez-vous, j'ai fait mon deuil. Notamment grâce à Mitchie. A présent, je n'ai plus aucune rancune envers Lorélis. En plus Brad semble la rendre heureuse, non ?
« - Oui, peut-être. Il est très différent de toi, je dois dire. Plus aventureux, avec un goût du risque qui me fait un peu peur. Il l'initie au saut à l'élastique, au parachute, et tout un tas de sport du même acabit. J'ai parfois peur qu'elle se casse quelque chose… Dis-moi Shane, cette lettre que Mitchie t'a écrite ?
« - Oui, demanda-t-il en souriant amusé par sa curiosité.
« - Que dit-elle ?
« - Rien d'important. Simplement qu'elle me remerciait de mon soutien, et de mes cadeaux et… D'autres choses plus personnelles. De souvenirs qu'on a en commun… Vous devez être fiers d'elle ! Vous avez raison, ajouta-t-il en les voyant acquiescer. C'est une fille géniale et courageuse, malgré ses peurs.
Ils restèrent près de deux heures à parler de la jeune femme, de ses nombreuses qualités et de souvenirs d'enfance. La première fois qu'elle avait réussi à faire du vélo seule, ou sa première journée à l'école, si bien que Shane apprit beaucoup de choses à son sujet. Notamment, qu'elle adorait cuisiner, que son aliment préféré était le poivron rouge, et son plat les lasagnes au saumon. Cependant, avisant l'heure, il s'excusa et sortit pour appeler ses amis.
« - Allo, répondit une voix féminine.
« - Sadie ? C'est Shane, tu peux me…
« - Hey tout le monde, Shane appelle ! Ramenez-vous hurla-t-elle dans le combiné. Voilà tu peux parler, je viens de mettre l'ampli. Comment va Mitchie ?
« - Elle est toujours au bloc, soupira-t-il. Mais l'intervention dure entre quatre et douze heures en moyenne donc aucune raison de s'inquiéter, pour le moment. Et vous, tout va bien ?
« - Tranquille. On patiente en discutant entre-nous. On pensait partir en vacances à quatre pendant deux semaines, mais peut-être que Mitchie pourrait venir avec nous, qu'en penses-tu ?
« - Je lui proposerais à son réveil, sourit-il. Mais préviens Coralie qu'elle refusera de faire du shopping… Elle a été claire hier !
Ils rirent, et le jeune homme décrocha de la conversation en se rendant compte que la journée lui paraissait longue. Il avait l'impression que ça faisait des semaines, qu'il ne l'avait pas entendu parler, ni vu sourire.
« - Shane, cria une voix.
« - Hein ? Oui Coralie, demanda-t-il perdu. Désolé, j'ai été légèrement absent.
« - Pas grave. Je te disais juste de dire à Mitchie que si elle était d'accord, je lui promettrais de ne pas l'emmener avec moi quand j'irais faire les boutiques.
« - Je transmettrais… Dites-moi, il est quelle heure ?
« - Pas loin de dix-sept heures, pourquoi ?
« - Par curiosité, répondit-il tout en se rendant compte qu'elle était au bloc depuis déjà quatre heures.
Ils discutèrent encore quelques minutes, puis il raccrocha, pour rejoindre Steve et Connie qui l'attendaient avant de remonter doucement. Ils espéraient avoir des nouvelles en arrivant dans sa chambre, seulement, personne ne les attendaient pour leur dire que l'opération était terminée. Ils se réinstallèrent, dans un silence aussi agréable que pesant et angoissant.
Peu avant que dix-huit heures ne sonnent, une jeune femme entra dans la chambre.
« - Mitchie n'est pas là, demanda-t-elle.
« - Non, elle est au bloc, expliqua son père. Vous êtes ?
« - Oh, excusez-moi. Je m'appelle Marcy, je travaille dans l'équipe de nuit, et j'ai promis à Mitchie de venir la voir avant le début de mon service, chaque soir. Voulez-vous que j'aille me renseigner pour vous ?
Les trois acquiescèrent et elle fixa le jeune homme quelques secondes avant de sourire.
« - On vous a donné sa lettre ?
« - Euh oui, merci.
Elle sourit et disparue. Ils n'eurent pas à attendre longtemps. Dix minutes plus tard, elle revint, habillée de la blouse obligatoire, les cheveux attachés et leur annonça que l'opération suivait son cours, sans problème pour le moment. Ils hochèrent la tête, et elle s'excusa avant de partir commencer son service. Restés seuls, ils se regardèrent puis, alors que les parents de Mitchie discutaient entre eux, Shane repensa à ses amis. Amis qui avaient acceptés la jeune femme sans poser de questions, et qui souhaitaient apprendre à la connaître. « Partir en vacances tous les six serait génial. Loin de Lorélis, de cet hôpital, et de tout ça. Juste nous. Trois amis unis comme les doigts de la main, avec leurs copines, pensa-t-il. » Sans s'en apercevoir, il eut un petit sourire rêveur, en imaginant déjà les filles s'entendre à merveille.
Une heure plus tard, ils n'avaient pas bougés, et le silence régnait toujours en maitre dans la pièce. Les bruits de couloirs étaient toujours les mêmes. Des gens allaient et venaient, rendant visite aux malades, des médecins ou infirmiers apportaient soins et réconforts, des chariots étaient roulés, bercé par le tic tac incessant des secondes qui s'égrenaient. Shane ne se souvenait pas d'une journée qui lui avait paru aussi longue. Il avait l'impression que le temps se jouait d'eux, s'amusant de leur attente. Le jeune homme captait certaines bribes de conversation. Une infirmière se plaignait d'un patient qui n'avait pas demandé le bassin, un docteur de l'antipathie de la famille, et des visiteurs qui se plaignaient de l'odeur de l'hôpital, du vacarme du couloir, ou encore du manque de bonne foi de l'équipe soignante. Finalement, une démarche pesante s'arrêta devant la porte et frappa avant d'entrer. Anxieusement, Shane observa le chirurgien, avec la peur qu'il leur annonce que Mitchie n'avait pas supporté l'intervention, ou que l'organe n'était finalement pas compatible. L'homme qui venait d'entrer l'ignorait, mais il tenait entre ses mains, le cœur du jeune homme. Sa seule raison de rester debout et de se battre.
« - Vous êtes les parents de Mitchie Torrès, finit-il par demander.
« - Oui. Est-ce qu'elle va bien docteur, demanda son père.
« - Rassurez-vous, pour le moment, tout se passe comme prévu. Elle a supporté l'opération et son organisme ne semble pas rejeter la greffe, mais nous serons fixés quand elle se réveillera. Ça va prendre beaucoup de temps, je vous conseille donc de rentrer chez vous. Elle ne se réveillera pas avant plusieurs heures.
« - Mais elle devrait s'en sortir, s'enquit Connie.
« - Je ne peux pas vous répondre. Pour le moment, on va déjà attendre que son nouveau cœur soit assez chaud pour le remettre en marche avec un électrochoc. Quand elle se sera réveillée, nous serons plus à même de savoir comment se comporte la greffe. Rentrez chez vous, et reposez-vous. Si tout se passe bien, elle sera heureuse vous voir reposés.
Ils acquiescèrent, et le chirurgien commença à partir, sans que Shane ne bouge. Il avait tout écouté, et retenu, seulement, il ne savait pas quoi en penser. Le chirurgien le regarda quelques secondes, puis il s'adressa aux parents leur apportant un peu d'espoir. Quittant enfin la chambre, il descendit rapidement jusqu'au rez-de-chaussée et ralluma son portable. Aussitôt qu'il le put, il appela ses amis, qui répondirent à la première sonnerie.
« - C'est Nate, prévint ce dernier, t'as des nouvelles ?
« - Ouais… L'intervention vient de se terminer. Pour le moment, tout va bien, il nous reste qu'à attendre qu'elle se réveille pour savoir comment elle va, et si le greffon est accepté par son organisme.
« - C'est vrai ? Alors elle devrait s'en sortir ?
« - Je ne sais pas Coralie, sourit le jeune homme. On l'espère, c'est certain… Je… Je vais rester encore un peu, si ça ne vous ennuie pas.
« - Aucun problème Shane. Embrasse mon porte-bonheur, et reviens quand tu le voudras. Nous on t'attend.
Il les remercia, et souffla après avoir raccroché. Il n'était que dix-neuf heures, mais il sentait que la journée n'était pas encore finie. Le ventre vide, il remonta à l'étage et passa par la maternité, manquant ainsi le départ des deux adultes. Arrivé devant la nursery, il chercha la petite des yeux, sans la trouver, si bien qu'il demanda à une infirmière où se trouvait la petite Shynie.
« - Avec sa famille. Voulez-vous que je vous y conduise ?
« - Je… Non, je voulais lui annoncer une bonne nouvelle mais… Oubliez ça !
« - Mais non venez !
Elle le prit par le bras et l'emmena dans une chambre. Embarrassé, le jeune homme les regarda. La maman était à peine plus âgée que lui. Elle le fixa les yeux écarquillés puis rougit si rapidement qu'il sut qu'il était face à une fan du groupe. L'infirmière expliqua ce qu'elle savait, soit très peu de chose, puis les laissa.
« - Vous vouliez annoncer une bonne nouvelle à notre fille, demanda le jeune papa.
« - Je… Oui. Je sais que ça doit vous paraître vraiment étrange, mais j'ai une amie qui est hospitalisée ici et elle a eu un coup de cœur pour votre fille le jour de sa naissance. Aujourd'hui elle se faisait opérer, et je… Quand je vois votre petite fille, c'est un peu elle que je vois, et je voulais juste…
« - Tenez, prenez-là, la coupa la jeune maman. Portez-là et annoncez-lui la nouvelle que vous vouliez lui dire.
Se levant de son lit, la jeune femme lui mit sa fille dans les bras, et il observa l'enfant. Il la trouvait toujours aussi minuscule mais encore plus fragile maintenant qu'il la portait. Avec mille précautions, il la serra contre lui, tout en soutenant son regard bleu, puis chuchota :
« - Merci Shynie. Tu nous as porté chance aujourd'hui, et je t'en suis extrêmement reconnaissant. Grâce à toi, elle a tenue le coup durant toute l'intervention. T'es un vrai porte-bonheur et une vraie petite princesse à mes yeux.
Il ponctua cette phrase d'un baiser sur une de ses mains puis remercia les parents en leur rendant leur enfant. Il resta quelques instants avec eux, puis repartit, direction le service voisin. La chambre, comme il s'y attendait, était vide, mais il croisa un médecin dans le couloir. Il semblait être perdu et le docteur s'approcha de lui.
« - Je peux vous aider, jeune homme ?
« - Je l'espère, soupira-t-il. Ecoutez, ma requête va vous sembler folle et je sais que c'est impossible, mais j'ai une amie qui occupe cette chambre, dit-il en désignant la porte, et… Je sais que c'est interdit, et je le comprends, mais j'aimerais la voir. S'il vous plait.
« - Bien sûr. Où se trouve votre amie ?
« - En salle de réveil, marmonna-t-il.
« - Je regrette, c'est impossible.
« - Je le sais, soupira-t-il, mais cette jeune femme… C'est la femme de ma vie, docteur ! Je ne peux pas continuer à vivre sans elle, je le sais, et… Il faut que je la voie, supplia-t-il. C'est ma seule raison de me lever le matin, l'inspiratrice de chacun de mes sourires, elle se cache derrière chacun de mes rires. Je sais que c'est dur à croire, mais croyez-moi l'expliquer l'est tout autant. Je ne peux pas vous dire pourquoi, parce que je n'en ai aucune idée, mais je dois la voir. J'ai besoin de voir son visage calme, et sa respiration régulière, dit-il le regard suppliant.
« - Ecoutez jeune homme, je regrette mais c'est interdit par le règlement, et je ne peux pas vous permettre de la voir. Maintenant, excusez-moi.
Sur ces mots, il entra dans une chambre, alors que le jeune homme soupirait. Il n'avait pas réussi à le convaincre, seulement, il ne partirait pas tant qu'il ne l'aurait pas vu. « Quitte à dormir, dans ce couloir, songea-t-il. »
« - Excusez-moi.
Se tournant, Shane regarda l'infirmière, et fronça les sourcils.
« - C'est vous qui êtes venue voir Mitchie tout à l'heure, non ?
« - Oui. Je m'appelle Marcy, sourit-elle. Ecoutez, je viens d'entendre ce que vous avez dit à Richard. Le médecin, ajouta-t-elle avant qu'il n'acquiesce. Et il a raison : en théorie , on ne peut pas vous laisser entrer dans la salle de réveil, cependant… Restez dans les parages durant encore dix minutes. C 'est ma pause, et je vous emmènerais la voir .
Il hocha simplement la tête, et entra dans la chambre, pour ne pas que le dénommé Richard ne le voit. Celui-ci s'enquit d'ailleurs de savoir où il était et Shane reconnut la voix de Marcy qui lui indiquait qu'il était parti. Il sourit devant ce mensonge, et en attendant observa la pièce. Fouillant dans le tiroir, il trouva son bloc et lut ce qui était marqué sur la page. Elle y avait fait une liste des choses qui lui manquaient. « Courir dans les rues » « Faire du vélo » « Danser comme une folle dans ma chambre » « Faire les boutiques entre filles pour essayer un tas de tenue que je n'achèterais pas » juxtaposait ces rêves. « Me marier et avoir des enfants » « Visiter Washington » « Faire le tour du monde en maillot de bain avec Sierra ». Il eut un sourire en notant cette phrase et se promit de lui en reparler. Parcourant la liste, il nota qu'elle y avait mentionné qu'elle voulait le revoir, et fut touché. En bas de la page était écrit « Les appeler pour les remercier de la dédicace et leur dire que je pense aussi à eux » Juste dessous était noté qu'elle devait également les prévenir qu'elle acceptait que Nate et Jason viennent la voir, mais elle l'avait rayé avant de faire une parenthèse où était noté « Visite dimanche ». Tournant la page, il prit le stylo et commença à écrire.
Cinq minutes plus tard, Marcy entra. Elle lui sourit et lui tendit une blouse d'infirmier, avant de lui demander de se laver les mains. Elle lui montra la technique, en lui expliquant qu'il fallait aller dans un endroit aseptisé où il fallait éviter les microbes. Durant une minute, il se frotta les mains, passant entre ses doigts, nettoyant ses ongles remontant jusqu'aux coudes, puis quand ce fut bon, la jeune femme lui tendit la blouse, qu'il enfila. Ainsi paré, ils ressortirent de la chambre, et il la suivit dans un dédale de couloir, puis enfin, ils se retrouvèrent devant une porte.
« - Attendez là, je vais arranger ça, sourit-elle.
Elle entra, et il patienta sagement, en priant pour qu'il puisse entrer. Une jeune femme rousse lui ouvrit avec un sourire.
« - E ntrez. Marcy m'a tout raconté, mais si jamais on vous demande, vous n'êtes jamais venu, le prévint-elle . La voilà, dit-elle en désignant son lit. On vient de remettre son cœur en fonction, vous n'avez que deux minutes, après il faudra sortir, c'est bien compris ?
« - Parfaitement. Merci, ajouta-t-il avant de rejoindre la brunette.
Quand il fut près d'elle, il lui prit la main, observant son visage paisible. Elle avait encore sa perfusion, et une machine contrôlant son rythme cardiaque était reliée à elle, mais hormis ces deux détails, elle semblait simplement assoupie.
« - Mitchie, chuchota-t-il par égard pour les autres patients. C'est Shane, tu m'entends ? J'ose croire que oui Piccolina. Ecoute, je n'ai pas beaucoup de temps pour te parler malheureusement mais c'est plus que je pouvais espérer. Marcy m'a aidé à venir, expliqua-t-il. Tu sais, j'ai vu Shynie. La petite fille que tu trouvais adorable, et elle l'est. Ses parents également… Ecoute, je… J'ai lu ta lettre en arrivant, une infirmière me l'a donné, mais je ne suis pas d'accord. Tu comptes énormément pour moi, et je refuse de te laisser. Je te l'ai dit lors de ma première visite. Je ne t'abandonne pas ! Encore moins maintenant alors que tu as besoin de soutien. Nate et Jason sont d'accord avec moi. Tu sais, ils t'apprécient tous les deux, ainsi que leurs copines, ajouta-t-il en souriant, et on souhaite tous que tu te réveilles en bonne santé. Moi surtout. Je… Tu sais, j'apprécie vraiment ta compagnie, et savoir que ma présence te fait du bien, c'est… Je ne te laisse pas Piccolina, c'est certain. Tout ce que je te demande, c'est de t'accrocher, d'accord ? Pour toi, pour moi, pour qu'il puisse exister un nous. Parce que je t'aime aussi Mitchie. Tu m'as aidé à me sortir de cette rupture difficile et tu as reconstruis toute ma vie autour de tes sourires. J'aime ton rire et le son de ta voix, tes sourires et tes jeux de mots si délicieux. Tu m'as écrit que ma présence te faisait du bien mais la tienne m'est précieuse Piccolina. Alors s'il te plait, accroche-toi !… Bon, je dois te laisser te reposer maintenant, mais je reviens demain, d'a ccord ?
Il sourit et se pencha pour embrasser son front avec le plus de délicatesse possible. Lâchant sa main, il commença à partir puis se retourna :
« - Non dimenticarmi* !
Marcy ressortit et le reconduisit dans le service. Dans l'ascenseur, il lui rendit la blouse, et la remercia de ce qu'elle venait de faire pour lui. Il retourna dans la chambre, termina son petit mot, puis se décida à quitter le service. Il fit cependant, un arrêt au bureau des infirmières et demanda à la doyenne de l'équipe si elle serait d'accord pour prévenir Mitchie qu'elle avait une réponse, dans son bloc. Celle-ci acquiesça et lui souhaita une bonne nuit.
Une demi-heure plus tard, il se garait chez lui. Il n'était pas descendu de voiture que les deux filles lui demandaient déjà comment elle allait. Souriant, il garda les lèvres closes, jusqu'à ce qu'ils soient au salon où il raconta sa journée.
. . .
* : C'est de l'italien et traduit ça donne « Ne m'oublie pas »
Et voilà. Pour aujourd'hui, c'est fini ! Bon avouez, le chapitre est quand même plus léger à lire, non ? J'espère qu'il vous a plu ? Moi je vous avoue, l'histoire avec Shynie, j'adore tout comme son petit laïus à la fin. Même s'il me tire encore quelques larmes.
Miss Tagada (L)
